dBURNZ : de Linstead à Las Vegas, la scène comme boussole

dBURNZ

Le 25 juillet 2026, dBURNZ attend au Ranny Williams Entertainment Centre. Il a défendu « I Love Jamaica » face à huit finalistes, mais refuse de croire à la victoire. Lorsque son nom est annoncé, Melbourne Douglas remporte la 60e Jamaica Festival Song Competition ainsi que le prix du meilleur interprète.

L’image est forte, mais elle ne raconte qu’un moment. Derrière ce succès se trouvent des années d’apprentissage et de travail scénique. dBURNZ n’est pas seulement l’homme d’une chanson patriotique. Il est un artiste jamaïcain construit par plusieurs disciplines et une idée constante : la scène doit transmettre quelque chose de personnel.

dBURNZ

De Linstead aux premières scènes

Melbourne Douglas grandit à Linstead, à St Catherine. Son père possède un sound system. Avec son frère, il utilise les versions instrumentales des disques familiaux pour improviser des textes et jouer avec la poésie. Avec ses frères et sœurs, une poignée de porte devient même un microphone imaginaire.

Ce détail d’enfance éclaire son rapport à la performance. Avant les studios, il apprend à créer un public avec presque rien. À Glenmuir High School, il devient chanteur de la chorale et découvre la dub poetry. Il participe aussi aux compétitions de la Jamaica Cultural Development Commission, où il obtient des médailles en musique.

La JCDC n’apparaît pas seulement lors de sa victoire de 2026. Elle accompagne sa formation depuis l’école. Son succès montre comment les concours culturels peuvent servir de laboratoire, révéler des talents et donner aux artistes un premier cadre professionnel.

dBURNZ
dBURNZ

Un artiste qui refuse une seule étiquette

En 2014, dBURNZ présente un style qu’il appelle « one beat », une fusion de sonorités jamaïcaines et d’influences électroniques. Ses références vont de Buju Banton et Damian Marley à Frank Sinatra. Il conçoit la musique comme un espace ouvert, sans abandonner son ancrage jamaïcain.

Cette logique traverse sa formation universitaire. À l’Université des West Indies, campus de Mona, il étudie l’Entertainment and Cultural Enterprise Management. Il ne se forme donc pas uniquement à chanter. Il apprend également à penser la production, les industries culturelles et la gestion d’une carrière artistique.

Ses déplacements élargissent son apprentissage. Il se produit au Royaume-Uni, au Suriname et en Haïti. Chaque scène demande d’adapter son énergie à un public différent. Cette circulation donne de la profondeur à son identité : dBURNZ ne représente pas seulement un genre musical, mais une capacité à traduire la Jamaïque ailleurs.

La télévision confirme cette polyvalence. Dans la série « Ring Games », il interprète Brandon. Habitué à projeter sa voix et ses gestes sur scène, il doit apprendre la retenue devant la caméra. Ce passage du spectaculaire au naturel devient une autre forme de maîtrise.

dBURNZ
dBURNZ

Las Vegas, le manque et la chanson

En 2025, dBURNZ passe six mois à Las Vegas dans la production immersive « Bob Marley Hope Road ». L’expérience lui offre une vitrine internationale, mais produit aussi un éloignement. Avec d’autres Jamaïcains de la distribution, il mesure ce qui lui manque : les plages, les rivières, les arbres et une lumière familière.

De ce manque naît l’idée de « I Love Jamaica », écrite avec Mark Anthony Reid et Dale Brown, puis produite par dBURNZ. La chanson n’est donc pas seulement un hymne conçu pour une compétition. Elle vient d’une expérience de déplacement, de comparaison et de retour. Cette genèse explique pourquoi le morceau dépasse le slogan. dBURNZ ne chante pas une Jamaïque abstraite. Il chante ce que l’absence lui a appris à regarder autrement.

Après le trophée, le véritable enjeu

La victoire de 2026 inscrit dBURNZ dans l’histoire d’une compétition lancée soixante ans plus tôt. Elle lui offre une reconnaissance nationale, mais ne garantit pas la suite. Le défi sera de transformer cette visibilité en catalogue durable, en rôles plus ambitieux et en projets réunissant musique, théâtre et transmission culturelle.

Son atout est visible : il sait relier formation, expérience populaire et mobilité internationale. Son parcours rappelle qu’une carrière caribéenne ne se construit pas toujours par une rupture spectaculaire. Elle peut avancer par accumulation, jusqu’au jour où une chanson rend visible tout le travail précédent. Après avoir chanté ce que la Jamaïque représente pour lui, dBURNZ devra montrer jusqu’où cette voix peut voyager.

📸 @dBURNZ

dBURNZ, de son vrai nom Melbourne Douglas, est un artiste jamaïcain originaire de Linstead, dans la paroisse de St Catherine. Son parcours réunit musique, théâtre, télévision et gestion des industries culturelles.

L’idée de « I Love Jamaica » est née après six mois passés à Las Vegas dans la production Bob Marley Hope Road. L’éloignement a ravivé son attachement aux paysages, à la culture et au quotidien jamaïcains.

En juillet 2026, dBURNZ a remporté la 60ᵉ Jamaica Festival Song Competition avec « I Love Jamaica », ainsi que le prix du meilleur interprète. Cette double distinction a donné une visibilité nationale à un parcours artistique construit sur plusieurs années.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

Logo Silver Magellan Award 2026 des Travel Weekly Magellan Awards, Silver Award Winner
ART CULINAIRE
Tolotra

Silver Magellan Award 2026 : la Martinique fait rayonner sa gastronomie à l’international

La Martinique vient de décrocher un Silver Magellan Award 2026 pour son patrimoine culinaire. Décernée par Travel Weekly, cette distinction récompense le Comité Martiniquais du Tourisme dans la catégorie des destinations gastronomiques de la Caraïbe. Une reconnaissance internationale qui met en lumière les saveurs de l’île, ses savoir-faire et une ambition grandissante : faire de la gastronomie martiniquaise une véritable expérience de voyage. Silver Magellan Award 2026 : une distinction pour la gastronomie martiniquaise Les résultats des Travel Weekly Magellan Awards 2026 sont désormais consultables sur le site officiel du concours. La Martinique y figure parmi les lauréats avec une médaille d’argent dans la catégorie Caribbean – Overall Destinations – Culinary Destination. La candidature du Comité Martiniquais du Tourisme (CMT), intitulée Martinique: Where Culinary Heritage Comes to Life, met en avant une destination où le patrimoine culinaire continue de vivre et de se transmettre. Organisés par le média professionnel américain

Lire la suite "
Cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, église anglicane en bois
TOURISME
Tolotra

Cathédrale Saint-Georges de Georgetown, 43,5 mètres de bois après la brique

La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, mesure environ 43,5 mètres et elle est construite en bois. Consacrée le 8 novembre 1894, elle succède à une cathédrale de brique, achevée en 1842, dont la tour était jugée trop lourde pour ses fondations. Son histoire est celle d’un édifice de greenheart, un bois dur du Guyana, que le diocèse doit encore protéger. En janvier 2015, le doyen Paul Andrew Carto, recteur de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, avertissait que les ennuis de l’édifice ne se régleraient pas avec des barbecues et des ventes de gâteaux. La phrase dit tout l’enjeu de ce monument. À Georgetown, l’église anglicane Saint-Georges est un grand monument de bois de 43,5 mètres, et le bois demande un entretien sans relâche. La cathédrale Saint-Georges, 43,5 mètres de bois à Georgetown La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, capitale du Guyana, se dresse sur Church Street et mesure

Lire la suite "
cinémas caribéens
Film et vidéo
Tolotra

S6/10 – Histoires des cinémas caribéens, dancehall, mémoire et satire cubaine. Textes : Guillaume Robillard. Ciclic, 2026..

Ainsi, l’histoire des cinémas caribéens ne commence que dans les années 1960 alors que des films sont tournés dans la Caraïbe depuis le début du XXe siècle, en particulier deux vues des frères Lumière en Martinique en 1902. En effet, il est courant de bien distinguer les films tournés dans la Caraïbe des films faits par des réalisatrices et réalisateurs des différentes îles de cet archipel. En toute évidence, cette frise commence par une œuvre du cinéma cubain dont le professionnalisme, la richesse et la diversité, qui ont déjà inspiré une riche bibliographie, le démarquent nettement dans cet espace géographique.Quant aux productions de la Jamaïque, de Trinidad-et-Tobago et de la République dominicaine, elles affichent une certaine régularité ponctuée de belles surprises tandis que du côté d’Haïti une production semi-professionnelle fut longtemps prolifique et honorée d’un public nombreux. Par ailleurs, en face, quelques petits pays produisent fragilement (Sainte-Lucie, Grenade) ou rarement

Lire la suite "

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande