La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, mesure environ 43,5 mètres et elle est construite en bois. Consacrée le 8 novembre 1894, elle succède à une cathédrale de brique, achevée en 1842, dont la tour était jugée trop lourde pour ses fondations. Son histoire est celle d’un édifice de greenheart, un bois dur du Guyana, que le diocèse doit encore protéger.
En janvier 2015, le doyen Paul Andrew Carto, recteur de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, avertissait que les ennuis de l’édifice ne se régleraient pas avec des barbecues et des ventes de gâteaux. La phrase dit tout l’enjeu de ce monument. À Georgetown, l’église anglicane Saint-Georges est un grand monument de bois de 43,5 mètres, et le bois demande un entretien sans relâche.
La cathédrale Saint-Georges, 43,5 mètres de bois à Georgetown
La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, capitale du Guyana, se dresse sur Church Street et mesure environ 43,5 mètres, soit 143 pieds. La liste indicative de l’UNESCO donne 43,59 mètres et précise que l’édifice est en bois, à l’exception de basses fondations en maçonnerie. Le bois principal est le greenheart, un bois dur et durable du pays. Du pitch pine importé d’Amérique du Nord s’y ajoute pour le plafond.
Le Guyana protège la cathédrale Saint-Georges de Georgetown depuis avril 2001, date de son classement comme monument national. Le pays l’a aussi inscrite, le 15 novembre 1995, sur sa liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, au titre du critère (i), celui du chef-d’œuvre du génie créateur humain.
Quand la brique a cédé
À Georgetown, les offices anglicans commencent en 1796. Sur le site de l’actuelle église Saint-Georges, une première chapelle est bâtie au début du XIXe siècle. Une cathédrale en brique lui succède, achevée en 1842, l’année de la création du diocèse de Guyane. L’évêque William Piercy Austin, premier évêque du diocèse, la consacre. Sa tour occidentale est jugée trop lourde pour ses fondations. La cathédrale de brique de Georgetown est ensuite démontée, après un défaut structurel. L’année exacte de cette démolition n’est pas établie. En 1877, la paroisse de Saint-Georges s’installe dans une église provisoire, la pro-cathédrale, sur les pelouses du Deanery, à Georgetown.
Blomfield, l'architecte qui n'est jamais venu
Les plans de la nouvelle cathédrale Saint-Georges de Georgetown viennent d’Angleterre. Leur auteur, Sir Arthur Blomfield, n’est jamais venu en Guyane britannique. Ses dessins se révèlent impraticables, et l’église bâtie entre 1889 et 1892 prend une forme gothique, avec arcs, colonnes groupées et arcs-boutants, construite surtout en greenheart.
La pierre de fondation de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown est posée le 21 novembre 1889. L’édifice ouvre au culte le 24 août 1892, encore inachevé. L’évêque William Proctor Swaby le consacre le 8 novembre 1894. Certaines publications guyaniennes donnent 1899 comme année d’achèvement, une date que les sources officielles ne reprennent pas. Le titre de plus haut édifice en bois reste disputé. On lit plus haut bâtiment en bois de l’hémisphère occidental, plus haut du monde entier, ou plus grande église en bois du monde. Ces formulations ne se recoupent pas, et l’édifice de Georgetown n’a pas besoin d’elles pour rester singulier.
La cathédrale Saint-Georges, une restauration et un toit en attente
En 2015, le doyen Paul Andrew Carto juge nécessaire une réhabilitation complète de l’église Saint-Georges, après 121 ans d’existence et de réparations. Le doyen signale aussi, la même année, une inondation en saison des pluies qui menace les fondations. Un cabinet d’architectes de la Grenade, TVA Consultancy, avait évalué l’édifice, et sa structure avait été jugée saine.
La restauration de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown est lancée le 26 avril 2015 sous l’évêque Cornell Moss. Les travaux démarrent en 2017. Les murs extérieurs et intérieurs, le sous-sol et le plafond sont restaurés, et l’installation électrique est reprise. La phase principale s’achève le 17 octobre 2020. Le greenheart de remplacement vient de la forêt d’Iwokrama, au centre du Guyana. Le chantier coûte plus de 200 millions, dont 177 millions viennent du diocèse du Guyana et du Suriname, selon l’évêque Charles Davidson en 2020. La devise n’est pas précisée ici.
À la fin des travaux, Carlton Joao, cadre de Banks DIH, entreprise qui soutient le chantier, se disait « aujourd’hui un fier Guyanien ». Le chroniqueur Ian McDonald, qui connaît le bâtiment depuis 65 ans, écrit qu’il « brille pour Dieu et pour les hommes ». Le toit principal de la cathédrale Saint-Georges, lui, n’était pas inclus. En novembre 2020, l’évêque Davidson l’évaluait à environ 150 millions et espérait des dons, tandis que le National Trust of Guyana attendait le budget national 2021 pour fixer sa contribution.
À Georgetown, la question du doyen Carto en 2015 n’a pas fini de se poser. Qui financera, année après année, pour que ces 43,5 mètres de greenheart tiennent debout ?
Questions fréquentes sur la cathédrale Saint-Georges
La cathédrale Saint-Georges de Georgetown mesure environ 43,5 mètres, soit 143 pieds. La liste indicative de l’UNESCO donne 43,59 mètres. Elle est en bois, sur de basses fondations en maçonnerie.
Sir Arthur Blomfield, architecte britannique, a conçu la cathédrale Saint-Georges de Georgetown. Il n’est jamais venu en Guyane britannique.
L’évêque William Proctor Swaby a consacré la cathédrale Saint-Georges de Georgetown le 8 novembre 1894. L’édifice avait ouvert au culte le 24 août 1892, encore inachevé.