À Sint-Eustatius, île néerlandophone de la Caraïbe, le cratère du Quill mesure 760 mètres de diamètre et plonge à plus de 300 mètres de profondeur. Ce volcan endormi depuis environ 1 600 ans est assez vaste pour abriter, à son fond, une forêt tropicale entière, invisible depuis la mer.
Le sentier principal du Quill, entretenu par la fondation STENAPA (St. Eustatius National Parks Foundation), grimpe sur 1,6 kilomètre avant d’atteindre le bord du cratère. Il faut compter entre une heure et deux heures aller-retour, selon l’itinéraire choisi. Sur cette portion sud-est de l’île de Sint-Eustatius, la végétation change en quelques mètres à peine. La broussaille sèche qui couvre la majeure partie de l’île cède la place à une paroi volcanique, puis, au sommet, à l’entrée d’une forêt humide qui n’existe nulle part ailleurs sur l’île.
Le cratère du Quill culmine à 601 mètres d’altitude, pour un diamètre de 760 mètres et une profondeur supérieure à 300 mètres, selon le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution. Ce volcan andésitique s’est formé il y a environ 22 000 à 32 000 ans et n’est plus entré en éruption depuis environ 1 600 ans, un événement daté au radiocarbone autour de l’an 250 de notre ère, avec une marge de 150 ans.
Le cratère du Quill, un volcan andésitique resté silencieux depuis 1 600 ans
Le cratère du Quill se trouve à l’extrémité sud-est de Sint-Eustatius, une île néerlandophone de la Caraïbe d’environ 21 kilomètres carrés. Contrairement à l’image du volcan classique surmonté d’un cône de cendres, le Quill présente un cratère large et profond, sans lave visible ni fumerolle active en surface aujourd’hui. Le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution date sa dernière éruption connue à environ 1 600 ans, avec des coulées pyroclastiques situées par datation au radiocarbone autour de l’an 250 de notre ère. Le volcan lui-même s’est formé entre 22 000 et 32 000 ans avant notre époque, selon la même source.
L’île voisine de Saba abrite le Mont Scenery, point culminant de l’ensemble du Royaume des Pays-Bas avec 887 mètres. Le Quill, avec ses 601 mètres, reste plus bas, mais son cratère est nettement plus large et plus profond que celui de son voisin.
Une forêt tropicale invisible depuis la mer
Au fond du cratère du Quill pousse une forêt humide qui tranche avec la végétation sèche du reste de Sint-Eustatius. STENAPA, l’organisme gestionnaire du parc national, y recense au moins 17 variétés d’orchidées, aux côtés d’acajous, d’arbres à pain, de bananiers, de figuiers et de fougères arborescentes. Des iguanes, des anolis, des serpents et plusieurs espèces d’oiseaux y vivent également. Le long du sentier principal, les randonneurs passent près de l’un des plus grands arbres de l’ensemble du Royaume des Pays-Bas, selon STENAPA. Cette humidité concentrée dans un cratère fermé, alors que le reste de l’île de Sint-Eustatius reste sec une grande partie de l’année, explique pourquoi cette forêt n’a pas d’équivalent ailleurs sur l’île.
Un parc national protégé depuis 1997 à Sint-Eustatius
Le parc du Quill/Boven National Park, à Sint-Eustatius, est créé en 1997. Il est ensuite reconnu, en 1998, comme le premier parc national officiel des Antilles néerlandaises, selon le plan de gestion publié par la Dutch Caribbean Nature Alliance (DCNA), l’organisation régionale qui appuie STENAPA. Le parc reste aujourd’hui géré par STENAPA, la fondation chargée des espaces naturels protégés de Sint-Eustatius. L’île de Sint-Eustatius a pourtant une histoire éloignée de celle de son volcan. Au XVIIIe siècle, Sint-Eustatius fut un port franc si prospère qu’elle était surnommée le Golden Rock, avant de retomber dans un anonymat qui a, paradoxalement, protégé son patrimoine naturel d’un développement touristique de masse.
Un volcan qui reste à l'écart des grands circuits
Le cratère du Quill continue d’attirer des randonneurs plutôt que des foules, sur une île de Sint-Eustatius qui n’a jamais cherché à rivaliser avec ses voisines de la Caraïbe néerlandaise. Avec ses 3 348 habitants au 1er janvier 2026, Sint-Eustatius reste l’une des îles les moins peuplées de la Caraïbe néerlandaise. Reste à savoir combien de temps ce volcan, resté largement en dehors des grands circuits touristiques de la Caraïbe, gardera ce statut de secret bien gardé.
Le cratère du Quill se trouve à l’extrémité sud-est de l’île de Sint-Eustatius, dans la Caraïbe néerlandaise, à quelques kilomètres de la capitale Oranjestad.
Le cratère du Quill mesure plus de 300 mètres de profondeur pour un diamètre de 760 mètres, selon le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution.
Non, le Quill est un volcan endormi. Sa dernière éruption connue remonte à environ 1 600 ans, autour de l’an 250 de notre ère, d’après une datation au radiocarbone.
Oui. Plusieurs sentiers balisés par STENAPA, l’organisme gestionnaire du parc national, permettent de rejoindre le sommet ou de descendre jusqu’au fond boisé du cratère, en une à deux heures selon l’itinéraire.
Le Quill/Boven National Park, à Sint-Eustatius, est créé en 1997 et reconnu en 1998 comme le premier parc national officiel des Antilles néerlandaises, selon la Dutch Caribbean Nature Alliance (DCNA).
Au petit matin, à La Ciénaga, dans la Cordillère centrale de la République dominicaine, les randonneurs chargent les mules avant de s’enfoncer dans la forêt. Le sentier grimpe vite. La végétation change avec l’altitude, du feuillage tropical aux pins, puis à la forêt de nuages, jusqu’à des nuits où le froid surprend en pleine Caraïbe. Après deux ou trois jours de marche, parfois davantage selon la forme des randonneurs et la météo, le Pico Duarte apparaît, point culminant de toute la Caraïbe.
Le Pico Duarte, en République dominicaine, culmine selon le relevé GPS de précision réalisé en 2021 à 3 101,1 mètres, quelques mètres de plus que le chiffre de 3 087 mètres longtemps cité par l’office de tourisme dominicain. Dans les deux cas, aucun autre sommet de la Caraïbe, à Cuba, en Haïti, en Jamaïque ou à Porto Rico, ne le dépasse. Un sommet, pas une plage, pour raconter la République dominicaine autrement.
Pico Duarte, point culminant de la Cordillère centrale
Le Pico Duarte se trouve à cheval sur deux parcs nationaux, le parc national Armando Bermúdez et le parc national José del Carmen Ramírez, dans la Cordillère centrale, la chaîne montagneuse qui traverse le centre de l’île d’Hispaniola. Ces deux parcs protègent l’essentiel des forêts de moyenne et haute altitude du pays, un massif que les Dominicains surnomment parfois leurs Alpes tropicales. Une partie des pins qui couvrent les pentes du Pico Duarte appartient à une espèce que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde, le pino criollo, Pinus occidentalis, endémique de l’île.
La montée traverse plusieurs étages de végétation, forêt tropicale, forêt de pins, puis forêt de nuages, avant d’atteindre un sommet où les températures nocturnes approchent parfois zéro degré, loin de l’image tropicale la plus répandue de la République dominicaine. Cette même Cordillère centrale donne naissance au Yaque del Norte, le plus long fleuve du pays avec 386 kilomètres, qui prend sa source sur ses pentes avant de traverser tout le nord de l’île.
Un sommet qui a changé trois fois de nom
Le Pico Duarte n’a pas toujours porté ce nom. En 1851, l’explorateur germano-britannique Robert Hermann Schomburgk réalise la première ascension recensée du sommet et le baptise Monte Tina. Plus tard, le botaniste suédois Erik Leonard Ekman, qui explore longuement les montagnes de l’île au début du vingtième siècle, distingue ses deux points hauts sous les noms de Pelona Grande et Pelona Chica.
Sous la dictature de Rafael Trujillo, la montagne devient Pico Trujillo, un nom que le régime impose à plusieurs lieux emblématiques du pays durant ces années. Après la mort du dictateur en 1961, elle est renommée Pico Duarte, en hommage à Juan Pablo Duarte, l’un des pères fondateurs de la République dominicaine, figure de l’indépendance du pays proclamée en 1844. Le nom du plus haut sommet du pays porte ainsi, à lui seul, une partie de son histoire politique.
Trois jours de marche pour atteindre le sommet
L’ascension du Pico Duarte part le plus souvent de La Ciénaga, via Manabao, avant de rejoindre les campements de Compartición ou de la Valle de Lilís. Compter deux à trois jours de marche selon l’itinéraire choisi et la condition physique du groupe. Un guide et des mules pour le matériel sont obligatoires, à organiser depuis les hôtels de Jarabacoa ou directement au poste de La Ciénaga.
Jarabacoa, surnommée la ville du printemps éternel pour son climat de montagne autour de 16 à 25 degrés toute l’année, sert de porte d’entrée vers le sommet. Cette organisation fait vivre toute une économie locale de guides et de muletiers autour du Pico Duarte, très différente des hôtels du littoral ou des complexes de Punta Cana.
Le Pico Duarte reste peu visité comparé aux plages du Nord ou de l’Est dominicain, malgré son statut de plus haut sommet de toute la Caraïbe. Mais son altitude continue d’être mesurée et remesurée, le relevé de 2021 l’a encore montré, preuve qu’un sommet, même le plus élevé de la région, n’a jamais fini de se laisser connaître. Trois noms en un siècle et demi, Monte Tina, Pico Trujillo, puis Pico Duarte, racontent aussi un pays qui a longtemps cherché comment se nommer lui-même avant de choisir d’honorer un de ses pères fondateurs plutôt qu’un dictateur. La République dominicaine se raconte-t-elle mieux depuis une plage, ou depuis un sommet où il fait presque froid ?
Le Pico Duarte, en République dominicaine, avec 3 101 mètres selon le relevé de 2021. Aucun sommet de Cuba, d’Haïti, de la Jamaïque ou de Porto Rico ne le dépasse.
Il s’est appelé Monte Tina après sa première ascension en 1851, puis Pico Trujillo sous la dictature de Rafael Trujillo, avant d’être renommé Pico Duarte en 1961 en hommage à Juan Pablo Duarte.
Compter deux à trois jours de marche depuis La Ciénaga, avec un guide et des mules obligatoires pour le matériel.
À Barbuda, le spectacle commence avant même d’apercevoir les oiseaux. Le sanctuaire de Codrington Lagoon ne se rejoint pas par une route. Il faut embarquer, avancer sur l’eau entre les mangroves, puis voir apparaître les silhouettes noires des frégates superbes, Fregata magnificens, dont la colonie compte parmi les plus importantes des Caraïbes.
Ce fait suffit à raconter une autre Barbuda. Au-delà de ses plages roses, l’île abrite une lagune où plus de 5 000 de ces oiseaux sont recensés, sur une colonie dont un recensement scientifique a compté 1 743 nids. Ici, la destination se découvre en levant les yeux, et en comprenant la place que cette lagune occupe dans l’équilibre de l’île entière.
Une lagune classée Ramsar, entre mangroves et récifs
La lagune de Codrington couvre 3 600 hectares et est reconnue comme zone humide d’importance internationale par la Convention de Ramsar depuis 2005. Elle borde Codrington, l’unique village de Barbuda, qui lui a donné son nom et dont les habitants comptent parmi les plus proches voisins du sanctuaire. Mangroves, herbiers marins, bancs de sable et récifs y composent un ensemble où nichent aussi des tortues imbriquées et tortues luth. Autour de la lagune, la pêche à la langouste et le tourisme d’observation font vivre une partie des familles de Barbuda, dans un équilibre que les guides locaux tiennent à préserver.
La frégate superbe, symbole de Barbuda
À Barbuda, l’oiseau n’est donc pas seulement une curiosité. Il est devenu l’un des symboles les plus reconnaissables du territoire. Le mâle attire tous les regards pendant la parade nuptiale, quand il gonfle sous son bec une poche rouge écarlate pour séduire les femelles de passage. L’envergure de l’espèce peut dépasser deux mètres. Malgré ses pattes palmées, elle se pose presque jamais sur l’eau, ses plumes n’étant pas imperméables. Elle passe alors l’essentiel de sa vie à planer, portée par les courants d’air au-dessus de la mer, et complète parfois son repas en poursuivant d’autres oiseaux marins jusqu’à ce qu’ils lâchent prise, un comportement bien documenté chez l’espèce.
Quand Irma a frappé la colonie
L’importance du sanctuaire est apparue plus clairement encore en septembre 2017. L’ouragan Irma frappe Barbuda et force l’évacuation de toute l’île vers Antigua. Une étude scientifique publiée en 2023 a montré que le cordon sableux qui protège la lagune, resté intact pendant 250 ans, s’est rompu en deux endroits sous la force de la tempête, une brèche encore ouverte quatre ans plus tard. La lagune a aussi perdu une partie de ses mangroves, au point qu’une association locale, la MEPA Trust, en replante depuis avec des bénévoles.
Vingt-huit jours après la tempête, l’écologiste barbudienne Shanna Challenger participe au premier comptage du sanctuaire depuis la catastrophe. Elle ne retrouve que 300 frégates. « Il y avait une baisse significative par rapport aux chiffres habituels », confie-t-elle alors à l’Antigua Observer. Personne ne sait encore si les oiseaux, comme les habitants, reviendront.
Le retour n’a pas effacé les pertes, mais il a révélé la capacité de la colonie à reprendre son cycle dans un environnement bouleversé. Aujourd’hui, le sanctuaire abrite de nouveau plus de 5 000 frégates. En 2025, un média spécialisé le décrit comme l’une des colonies les plus florissantes au monde, gérée par un conseil communautaire plutôt que par une agence lointaine, avec des guides qui transmettent ce savoir de génération en génération.
Plus qu'un décor de carte postale
Ce qui rend ce sanctuaire singulier n’est pas seulement la taille de la colonie. C’est la proximité entre un phénomène naturel majeur et une petite île dont l’identité entière est liée à ce paysage. La prochaine fois que Barbuda apparaît comme une simple carte postale de sable rose, il suffit de regarder vers Codrington Lagoon. Derrière la plage existe une autre histoire, celle d’une île devenue l’un des grands refuges de la frégate superbe dans cette partie du monde. Et si la vraie richesse de Barbuda se lisait d’abord dans ce qu’elle choisit de préserver pour demain ?
Plus de 5 000 frégates superbes vivent dans le sanctuaire de Codrington Lagoon, une colonie dont un recensement scientifique a compté 1 743 nids, l’une des plus importantes des Caraïbes.
Dans la lagune de Codrington, sur la côte ouest de Barbuda. Le site est classé zone humide d’importance internationale par la convention de Ramsar depuis 2005.
Oui, mais elle a été fortement réduite. Un comptage réalisé 28 jours après Irma en 2017 n’a retrouvé que 300 frégates, contre plus de 5 000 aujourd’hui.
À Saint-Laurent-du-Maroni, le voyage vers les Chutes Voltaire commence bien avant la première cascade. Depuis le bourg, la piste Paul Isnard conduit vers la forêt sur environ 70 kilomètres. Après plusieurs années de fermeture au public, le site vient de rouvrir après un programme de réhabilitation porté par la Collectivité territoriale de Guyane. L’objectif est triple : sécuriser le parcours, mieux accueillir les visiteurs et valoriser ce site naturel, sans faire disparaître ce qui donne à ce lieu son caractère particulier.
70 kilomètres avant le départ du sentier
Le chiffre donne l’échelle. La ZNIEFF « Cascades et crique Voltaire », référencée par l’Inventaire national du patrimoine naturel, débute au bout de la piste Paul Isnard, à 70 kilomètres au sud de Saint-Laurent-du-Maroni. Le Parc naturel régional de la Guyane indique également qu’il faut emprunter cette route depuis la ville, avant qu’elle ne devienne une piste.
Une fois arrivé, le trajet continue à pied. Le sentier des Chutes Voltaire est donné pour 5,3 kilomètres et environ trois heures de marche. Cette distance ne transforme pas le lieu en destination inaccessible, mais elle rappelle une évidence : ici, la découverte commence bien avant l’eau. La piste, la forêt et le chemin font partie de l’expérience.
Une réouverture pensée autour de la sécurité
La fermeture avait placé la question de l’accès au centre du problème. La réhabilitation devait donc agir sur plusieurs points. Une signalétique complète a été installée depuis le bourg de Saint-Laurent-du-Maroni, notamment le long de la piste Paul Isnard. Une nouvelle zone d’accueil comprend désormais une aire de stationnement, une place PMR, une barrière d’accès et un panneau d’information.
Le changement le plus visible est la reconstruction de la passerelle principale. Longue d’environ 21 mètres, elle permet de franchir la crique Voltaire. Elle a été conçue pour mieux résister aux épisodes de crue. Le sentier a également été réhabilité, avec plusieurs ouvrages destinés au franchissement des zones humides. Selon les informations communiquées lors de la réouverture, l’ensemble de ces aménagements a reçu les validations réglementaires et techniques nécessaires.
Chutes Voltaire : un paysage sans équivalent en Guyane
Les Chutes Voltaire ne se distinguent pas seulement par leur éloignement. C’est un secteur particulièrement accidenté, où la crique traverse des roches dures avant d’atteindre la zone des cascades. Sur environ 200 mètres, les Chutes Voltaire présentent un dénivelé de 35 mètres, qualifié de sans équivalent en Guyane par cette documentation officielle. Le site associe chutes d’eau, sauts, seuils rocheux, rapides et milieux forestiers. La zone est reconnue pour ses intérêts paysagers, géomorphologiques, écologiques, floristiques et faunistiques.
Un inventaire pluridisciplinaire mené en 2011 a notamment étudié la flore, les poissons, les reptiles, les amphibiens et les mammifères non volants. Cette richesse rappelle que l’ouverture au public doit aussi composer avec un environnement naturel sensible. La crique Voltaire appartient au bassin versant du Maroni et prend sa source dans un petit massif situé à l’est des montagnes de la Sparouine. Son cours s’étend sur environ 30 kilomètres. Dans sa partie amont, la vallée devient étroite et sinueuse : c’est là que se trouvent les cascades. Le relief explique ainsi la physionomie spectaculaire des Chutes Voltaire aujourd’hui.
Au pied des cascades, un accueil repensé
La réhabilitation ne s’arrête pas au sentier. Au pied des Chutes Voltaire, les visiteurs disposent désormais d’un grand carbet, d’un carbet feu, de carbets hamacs et de tables-bancs de pique-nique. Ces équipements doivent permettre une halte dans de meilleures conditions après la piste et la marche. La réouverture peut également soutenir l’attractivité touristique de l’Ouest guyanais. L’auberge située à l’entrée du site fait partie des activités locales susceptibles de bénéficier du retour des visiteurs. Ce lien entre patrimoine naturel et économie locale donne une autre dimension aux travaux réalisés.
Mais le défi ne sera pas seulement d’attirer davantage. Il faudra aussi préserver l’équilibre entre fréquentation, sécurité et respect du milieu. Aux Chutes Voltaire, la distance reste une donnée essentielle : 70 kilomètres de piste avant le sentier, puis la forêt et la crique avant les cascades. La réhabilitation rend le parcours plus sûr et plus confortable. Elle ne gomme pas l’éloignement. Et c’est peut-être précisément ce qui fait des Chutes Voltaire une destination à part dans l’Ouest guyanais.
Les Chutes Voltaire se trouvent dans l’Ouest guyanais, au sud de Saint-Laurent-du-Maroni. Leur accès se fait notamment par la piste Paul Isnard, sur environ 70 kilomètres avant d’atteindre le secteur du sentier.
Depuis Saint-Laurent-du-Maroni, il faut emprunter la route puis la piste Paul Isnard sur environ 70 kilomètres. Une fois sur place, le parcours se poursuit à pied par un sentier annoncé pour environ trois heures de marche.
La réhabilitation des Chutes Voltaire vise principalement à sécuriser le parcours et à améliorer l’accueil du public. Les travaux comprennent notamment une nouvelle signalétique, des aménagements d’accueil, la remise en état du sentier et une passerelle principale d’environ 21 mètres permettant de franchir la crique Voltaire.
Au sud-ouest de la République dominicaine, le paysage semble défier la géographie. Lago Enriquillo, présenté comme le plus grand lac des Antilles, se trouve dans une dépression dont la surface est située à 40 mètres sous le niveau de la mer. Un lac salé, immense, sans débouché vers l’océan, où vivent crocodiles américains et iguanes. Derrière cette scène très concrète se cache une question beaucoup plus vaste : comment un lac aussi singulier s’est-il installé ici, et que raconte-t-il du territoire qui l’entoure ?
Lago Enriquillo, un lac sans sortie vers la mer
L’une des clés se trouve dans la forme même du bassin. L’United States Geological Survey (USGS), organisme public de recherche spécialisé notamment dans les sciences de la Terre, décrit Lago Enriquillo et le lac Azuéi voisin, en Haïti, comme deux lacs salés installés dans la vallée de rift d’Hispaniola. Tous deux occupent une dépression fermée : leurs eaux ne disposent d’aucun exutoire naturel vers la mer.
Cette absence de sortie change tout. Le niveau du lac dépend fortement des pluies, du ruissellement et de l’évaporation. Lorsque l’eau arrive dans le bassin, elle n’est pas évacuée vers l’océan. L’évaporation joue alors un rôle majeur dans l’équilibre du système, tandis que les sels restent concentrés dans l’eau. C’est l’une des raisons pour lesquelles le lac est qualifié d’hypersalin par les chercheurs de l’USGS.
Le paysage n’est donc jamais complètement figé. Les images Landsat étudiées par l’USGS montrent des variations spectaculaires au fil des décennies. Entre 2002 et 2016, une forte montée des eaux a submergé des terres agricoles et déplacé des milliers de familles. À Lago Enriquillo, le fait géographique se manifeste aussi dans la vie quotidienne des communautés riveraines.
Un refuge pour les reptiles
L’autre singularité de Lago Enriquillo apparaît au bord de l’eau. La population de crocodiles américains de République dominicaine est restreinte à cette zone géographique. Dans un paysage sec et salé, la présence de ce grand reptile donne au lac une identité écologique particulièrement forte.
Les iguanes font également partie du décor. Deux espèces sont présentes dans cette région, dont l’iguane de Ricord, une espèce à distribution très limitée sur Hispaniola. Isla Cabritos, proposée parmi les visites du parc national, est l’un des lieux emblématiques pour observer cette faune et comprendre la richesse biologique du site.
Cette biodiversité explique aussi le niveau de protection du territoire. Lago Enriquillo figure depuis 2002 parmi les zones humides d’importance internationale de la Convention de Ramsar. Le lac appartient également à la réserve de biosphère Jaragua-Bahoruco-Enriquillo, désignée en République dominicaine en 2002 et intégrée depuis 2017 à une réserve de biosphère transfrontalière avec La Selle, en Haïti, sous l’égide de l’UNESCO.
Quand Lago Enriquillo raconte aussi le climat
Le lac intéresse enfin les scientifiques pour une raison moins visible : ses sédiments conservent des informations sur le climat passé. En 2019, l’équipe de l’USGS y a récupéré plusieurs carottes sédimentaires, dont certaines atteignaient environ cinq mètres. Leur objectif était de reconstituer l’histoire des précipitations et des sécheresses dans la Caraïbe au cours de l’Holocène récent.
Lago Enriquillo devient ainsi plus qu’une curiosité géographique. Ses couches de sédiments, son niveau changeant et sa salinité constituent des archives naturelles permettant d’étudier l’équilibre entre pluie et évaporation. Ce que l’on voit aujourd’hui à la surface peut donc aider les chercheurs à mieux comprendre des variations climatiques qui se sont produites sur des milliers d’années.
Environ 40 mètres qui changent le regard
Ce qui rend Lago Enriquillo si mémorable tient finalement à une contradiction apparente : le plus grand lac des Antilles se trouve dans l’une des régions les plus arides de République dominicaine, sous le niveau de la mer, tout en abritant une faune remarquable et en conservant dans ses fonds une partie de l’histoire climatique caribéenne.
Le chiffre d’environ 40 mètres attire l’attention. Mais il ouvre surtout une porte sur un territoire où géologie, climat, biodiversité et vies humaines restent intimement liés. Et si certaines des destinations les plus fascinantes de la Caraïbe étaient précisément celles dont le paysage oblige d’abord à revoir ce que l’on croyait savoir ?
Lago Enriquillo se situe dans le sud-ouest de la République dominicaine. Il occupe une dépression fermée et se trouve à environ 40 mètres sous le niveau de la mer.
Lago Enriquillo ne possède aucun exutoire naturel vers la mer. L’eau qui arrive dans son bassin s’évapore tandis que les sels restent concentrés, ce qui explique son caractère hypersalin.
Lago Enriquillo est présenté comme le plus grand lac des Antilles. Situé sous le niveau marin, il abrite notamment des crocodiles américains et des iguanes et conserve dans ses sédiments des traces du climat passé de la région.
Quatre artistes, quatre territoires, quatre trajectoires. Le 19 septembre 2026, la National Academy for the Performing Arts, à Port of Spain, accueillera une cérémonie où Patra, Calypso Rose, Alan Cavé et Shyne recevront chacun une distinction particulière. Les Caribbean Music Awards 2026 les réuniront sur une même scène, mais leurs parcours racontent des histoires différentes de la musique caribéenne et de sa capacité à dépasser les frontières.
Une scène, quatre héritages
L’annonce faite par les Caribbean Music Awards met en avant quatre honneurs distincts. Patra recevra le Lifetime Achievement Award. Calypso Rose sera distinguée par l’Elite Calypso Honors. Alan Cavé recevra l’Elite Konpa Honors, tandis que Shyne sera récompensé par le Global Ambassador Award.
Ce choix dessine presque une carte musicale de la région. La Jamaïque, Trinidad-et-Tobago, Haïti et le Belize se retrouvent ainsi représentés par des artistes dont les carrières ont suivi des chemins très différents. Plus qu’une simple liste de lauréats, cette sélection offre une lecture de la diversité culturelle caribéenne.
Patra, une figure du dancehall jamaïcain
Avec Patra, les Caribbean Music Awards 2026 mettent à l’honneur une artiste associée à une période importante de l’internationalisation du dancehall jamaïcain. Son style, son identité visuelle et son positionnement ont contribué à rendre visible une présence féminine forte dans un univers musical souvent dominé par des figures masculines.
Le Lifetime Achievement Award souligne cette dimension de longévité et d’influence. Il ne s’agit pas seulement de rappeler des succès passés, mais de reconnaître une artiste dont l’image reste attachée à une étape marquante de la circulation du dancehall hors de la Jamaïque.
Calypso Rose, la mémoire vivante du calypso
Calypso Rose représente une autre histoire. Originaire de Tobago, elle incarne depuis des décennies la puissance narrative du calypso, un genre qui raconte la société, commente son époque et transforme la scène en espace de parole.
L’Elite Calypso Honors met donc en lumière davantage qu’une carrière individuelle. À travers elle, c’est aussi une tradition musicale profondément liée à Trinidad-et-Tobago qui sera célébrée. Sa présence à Port of Spain donnera à cette distinction une résonance particulière : celle d’une artiste honorée au cœur du territoire auquel son histoire musicale reste intimement liée.
Alan Cavé et la circulation du konpa
Avec Alan Cavé, le konpa haïtien prend lui aussi place dans cette photographie régionale. Le chanteur appartient à ces artistes dont la carrière s’est construite entre Haïti, la diaspora et des publics installés bien au-delà du territoire d’origine.
Son Elite Konpa Honors rappelle que la musique caribéenne ne circule pas uniquement à travers les genres bénéficiant d’une forte visibilité dans les marchés anglophones. Le konpa dispose de ses propres réseaux, de ses communautés et de sa mémoire collective. La distinction d’Alan Cavé remet cette histoire au centre d’une scène pensée pour célébrer les sons de toute la Caraïbe.
Shyne, une influence qui dépasse la musique
Le parcours de Shyne apporte une quatrième lecture. Originaire du Belize, il est distingué par un Global Ambassador Award, une catégorie qui dépasse la seule performance musicale. Son parcours public a progressivement associé musique, représentation et promotion de son pays sur la scène internationale. Cette récompense élargit donc la définition même de l’influence culturelle. Faire rayonner la Caraïbe peut passer par une chanson, un genre musical ou une carrière artistique, mais aussi par la capacité à porter l’image d’un territoire au-delà de ses frontières.
Quatre manières de faire voyager la Caraïbe
Réunir Patra, Calypso Rose, Alan Cavé et Shyne permet finalement de voir ce que les Caribbean Music Awards 2026 veulent célébrer cette année : non pas une seule identité musicale caribéenne, mais plusieurs héritages capables de coexister. Dancehall, calypso, konpa et représentation culturelle ne racontent pas la même histoire. Pourtant, chacun montre comment un territoire peut produire une voix qui voyage, se transforme et rencontre d’autres publics.
Sur cette scène, leurs différences deviendront donc le véritable fil rouge : quatre héritages, quatre rapports au monde, et une même capacité à inscrire des créations caribéennes dans des circulations internationales et durables. Le 19 septembre, ces quatre trajectoires se croiseront à Port of Spain. Et c’est peut-être là que réside la force de cette édition : rappeler que la Caraïbe rayonne précisément parce qu’elle ne parle jamais d’une seule voix.
Patra, Calypso Rose, Alan Cavé et Shyne recevront chacun une distinction spéciale aux Caribbean Music Awards 2026.
Patra recevra le Lifetime Achievement Award, Calypso Rose l’Elite Calypso Honors, Alan Cavé l’Elite Konpa Honors et Shyne le Global Ambassador Award.
La cérémonie des Caribbean Music Awards 2026 aura lieu le 19 septembre 2026 à la National Academy for the Performing Arts, à Port of Spain, Trinidad-et-Tobago.
À Barahona, dans le sud-ouest de la République dominicaine, une pierre bleue relie géologie, artisanat et identité nationale. Le Larimar n’est pas seulement recherché pour sa couleur : son histoire est attachée à un territoire précis, à ceux qui l’extraient et à ceux qui le transforment. De la Sierra de Bahoruco aux ateliers de joaillerie, son parcours raconte comment une ressource locale peut devenir patrimoine, symbole et enjeu de protection.
À Barahona, une pierre commence son voyage
En 1974, l’artisan dominicain Miguel Méndez s’intéresse à une pierre bleue connue dans la région de Barahona. Avec le géologue Norman Rilling, il contribue à identifier son gisement et à développer son usage dans la joaillerie. Méndez lui donne aussi son nom : « Larimar », formé à partir de Larissa, le prénom de sa fille, et de « mar », la mer en espagnol. Derrière ce nom devenu familier en République dominicaine se trouve donc une histoire profondément liée à un territoire, à une famille et à un savoir-faire.
Larimar : pourquoi cette pierre est-elle si singulière ?
Le Larimar est une variété bleue de pectolite que les autorités dominicaines présentent comme propre au pays. Son gisement se situe dans la Sierra de Bahoruco, au sud-ouest de la République dominicaine, notamment dans les communautés de Los Checheses et La Filipina, dans la province de Barahona. Sa couleur, qui peut aller du bleu clair à des nuances plus soutenues, lui donne une identité visuelle immédiatement reconnaissable.
Mais sa singularité ne tient pas seulement à son apparence. Elle tient surtout à son origine géographique : Barahona n’est pas un décor autour de la pierre, c’est le lieu qui lui donne son histoire. Cette précision territoriale change la manière de la regarder : derrière chaque pièce travaillée se trouve l’idée d’une provenance que le pays entend préserver.
Quand la pierre passe entre les mains des artisans
Extraire cette pierre n’est que le début. Une fois sorti du sous-sol, le matériau doit être sélectionné, coupé, poli puis transformé. C’est là que les artisans deviennent essentiels. Bijoux, pendentifs, bagues ou pièces décoratives donnent à la pierre une seconde vie et transforment une ressource minérale en objet culturel. En décembre 2025, les autorités dominicaines indiquaient qu’au moins la moitié du matériau extrait restait dans le pays afin d’être travaillé localement, notamment dans l’artisanat et la joaillerie.
Cette transformation représente un enjeu important : conserver davantage de valeur sur le territoire plutôt que d’exporter uniquement une matière brute. Elle permet aussi de maintenir un lien visible entre l’origine de la pierre et les gestes qui lui donnent sa forme finale, avant sa circulation internationale.
Comment le Larimar est devenu un symbole dominicain ?
Cette relation entre pierre, territoire et savoir-faire a progressivement dépassé le cadre commercial. Le 4 novembre 2011, la loi 296-11 a déclaré le Larimar « Pierre nationale » de la République dominicaine. Depuis une autre loi adoptée en 2018, le 22 novembre est également consacré à la Journée nationale du Larimar.
Ces reconnaissances donnent une dimension institutionnelle à ce que les artisans et les communautés de Barahona construisent depuis des décennies. Porter cette pierre ne revient alors plus seulement à choisir une pierre bleue. La pierre renvoie à un lieu, à une histoire de transformation et à une identité que le pays a choisi de reconnaître officiellement.
Protéger le nom « Larimar Barahona »
La question suivante était presque inévitable : comment protéger cette origine lorsque la pierre circule hors du pays ? La réponse passe aujourd’hui par la dénomination d’origine « Larimar Barahona ». Son enregistrement international dans le système de Lisbonne de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle permet d’associer juridiquement le nom au territoire dont il provient.
En juin 2026, le ministère dominicain de l’Énergie et des Mines indiquait que cette dénomination bénéficiait d’une protection dans 28 pays. L’objectif dépasse la lutte contre les usages abusifs du nom. Il consiste aussi à renforcer la traçabilité et à encourager le découpage, le polissage et la création de bijoux en République dominicaine.
De Barahona au monde, ce que raconte vraiment le Larimar
Le parcours de cette pierre raconte finalement bien davantage qu’une curiosité géologique. Une matière enfouie dans la Sierra de Bahoruco est devenue une ressource, puis un savoir-faire, un symbole national et désormais une origine que la République dominicaine cherche à protéger au-delà de ses frontières. Dans cette histoire, Barahona reste aujourd’hui encore le point de départ et le fil conducteur.
C’est peut-être là que réside la véritable valeur patrimoniale de cette pierre. Sa singularité ne dépend pas seulement de sa rareté, mais du lien entre un lieu, des personnes et les gestes qui transforment la pierre. Protéger ce lien revient aussi à poser une question plus large : dans une Caraïbe riche de productions intimement attachées à leurs territoires, combien d’autres savoir-faire pourraient, eux aussi, devenir des patrimoines mieux identifiés, mieux transmis et mieux protégés ?
Le Larimar est une variété bleue de pectolite associée à la République dominicaine. Son gisement se situe dans la Sierra de Bahoruco, dans la province de Barahona.
Le Larimar est devenu un symbole national lié à l’identité, à l’artisanat et au savoir-faire dominicains. Il a été déclaré pierre nationale de la République dominicaine en 2011.
La dénomination d’origine « Larimar Barahona » protège le lien entre la pierre et son territoire d’origine. Elle vise notamment à préserver sa traçabilité, son authenticité et la valeur créée localement autour de sa transformation.
À mesure que l’avion quitte Georgetown, les routes s’effacent, les maisons deviennent minuscules et la forêt finit par occuper presque tout l’horizon. Puis, soudain, une cassure blanche apparaît dans cette immensité verte. Ce sont les Chutes de Kaieteur, où la rivière Potaro plonge de 226 mètres en un seul saut. Le spectacle impressionne par sa hauteur, mais surtout par ce qui l’entoure : presque aucun décor construit, seulement la roche, la forêt, l’eau et le vide.
Chutes de Kaieteur : 226 mètres qui changent l’échelle
Avec leurs 226 mètres, soit 741 pieds, les Chutes de Kaieteur sont plus de quatre fois plus hautes que les chutes du Niagara. Leur singularité tient aussi à l’association entre cette hauteur et le volume d’eau qui se précipite du plateau. La Potaro ne descend pas ici en une succession de cascades. Elle avance à travers le paysage, atteint brusquement l’escarpement, puis disparaît dans un rideau d’eau, d’embruns et de grondement.
Cette puissance donne au lieu une sensation difficile à transmettre en photographie. Depuis les points d’observation, le regard ne se fixe pas seulement sur la chute. Il suit aussi les parois rocheuses, la brume qui remonte du bassin et l’étendue forestière qui semble continuer sans interruption.
Une cascade au cœur d’un paysage vieux de milliards d’années
Les Chutes de Kaieteur se trouvent dans la région de Potaro-Siparuni, au sein du Kaieteur National Park. Créé en 1929, ce parc couvre aujourd’hui environ 62 700 hectares. Il repose sur le Bouclier guyanais, une formation géologique dont certaines roches ont plus de deux milliards d’années.
Cette profondeur géologique ajoute une autre dimension au site. Kaieteur n’est pas seulement une destination spectaculaire : c’est aussi une fenêtre ouverte sur l’un des paysages les plus anciens du continent sud-américain. Dans cette partie du Guyana, l’expérience touristique repose moins sur l’accumulation d’activités que sur la confrontation avec l’échelle du territoire.
Un lieu habité par les récits
Bien avant les premiers récits occidentaux, les Chutes de Kaieteur étaient connues des peuples autochtones de la région, notamment des Patamona. Plusieurs traditions orales sont associées à leur nom. L’une raconte qu’un chef aurait choisi de franchir la chute en canoë afin de protéger son peuple. Une autre évoque un vieil homme emporté vers les eaux. Ces récits ne doivent pas être confondus avec des faits historiques établis. Leur importance est ailleurs : ils rappellent que le lieu appartient aussi à une mémoire culturelle, et pas seulement à l’histoire du tourisme ou de l’exploration.
Le 29 avril 1870, le géologue britannique Charles Barrington Brown atteignit la chute lors d’une expédition. Cette date marque son entrée dans les récits d’exploration occidentaux, mais non sa « découverte » au sens absolu : les communautés locales connaissaient Kaieteur depuis bien plus longtemps.
Un monde vivant à regarder de près
Autour des chutes de Kaieteur, le spectaculaire peut tenir dans quelques centimètres. Le parc abrite notamment Anomaloglossus beebei, une petite grenouille dorée endémique du secteur. Elle vit en lien étroit avec de grandes broméliacées, dont les feuilles retiennent de petites réserves d’eau utilisées pour le développement des têtards. On peut également y observer le coq-de-roche orange et les martinets de Kaieteur, qui nichent dans les parois proches de la cascade. Cette biodiversité rappelle que la chute n’est pas une attraction isolée : elle constitue le point le plus visible d’un écosystème beaucoup plus vaste.
Voir les chutes de Kaieteur commence avant l’arrivée
Pour de nombreux visiteurs, l’approche des chutes de Kaieteur fait déjà partie du voyage. Les vols au départ de l’aéroport d’Ogle, à Georgetown, durent environ une heure. Depuis les petits appareils, le paysage urbain laisse progressivement place aux fleuves, puis à la forêt. À l’arrivée, des marches guidées mènent vers plusieurs points d’observation, dont Rainbow View, Boy Scout View et Johnson View. Chacun modifie la perspective : ici la chute paraît massive, là elle semble presque suspendue au-dessus de la vallée.
C’est peut-être là que réside la force de Kaieteur. Les 226 mètres impressionnent, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire. Kaieteur révèle aussi un Guyana forestier, ancien, autochtone et profondément lié à ses espaces sauvages. Une destination qui ne demande pas seulement d’être regardée, mais d’être replacée dans le territoire qui lui donne toute sa puissance.
Les Chutes de Kaieteur se trouvent au Guyana, dans la région de Potaro-Siparuni, au cœur du Kaieteur National Park. Elles sont formées par la rivière Potaro, dans un vaste environnement de forêt tropicale.
Les chutes de Kaieteur atteignent environ 226 mètres, soit 741 pieds, lors de leur saut principal. La rivière Potaro plonge presque directement depuis le plateau, créant l’impressionnante chute visible aujourd’hui.
Les Chutes de Kaieteur se distinguent par la combinaison de leur hauteur, de leur puissant débit et de leur environnement forestier isolé. Le site possède également une forte dimension culturelle, liée aux traditions autochtones, et abrite une biodiversité remarquable.
Devant un écran affichant 1 083 448 visiteurs, le ministre David Collado a présenté les résultats de juillet 2026. Derrière ce record du tourisme en République dominicaine, les autorités veulent montrer des effets concrets sur l’emploi, les fournisseurs et les recettes publiques. Mais les chiffres révèlent aussi une concentration des arrivées autour de quelques territoires.
Un nouveau seuil franchi en juillet
La République dominicaine a accueilli 921 718 touristes par voie aérienne et 161 730 croisiéristes en juillet, soit 1 083 448 visiteurs au total. Ce résultat progresse de 2,9 % par rapport à juillet 2025, de 6,4 % par rapport à 2024 et de 60,6 % par rapport à 2019.
Sur les sept premiers mois de 2026, le pays totalise 7 700 118 visiteurs : 5 885 259 arrivés par avion et 1 814 859 par voie maritime. Le cumul dépasse de 7 % celui de 2025 et de 10,4 % celui de 2024. Le tourisme en République dominicaine confirme ainsi une croissance qui ne repose pas sur un seul mois exceptionnel.
Punta Cana concentre 58 % des arrivées aériennes
Le record est national, mais sa géographie reste déséquilibrée. En juillet, l’aéroport de Punta Cana a accueilli 537 204 passagers, soit 58 % des arrivées aériennes. Las Américas en a reçu 219 494, ou 24 %, tandis que Cibao en a compté 119 662, soit 13 %. Puerto Plata représente 3 %, contre 1 % pour La Romana et Samaná.
Cette répartition montre le poids de Punta Cana dans le tourisme en République dominicaine. D’autres destinations affichent toutefois une activité soutenue. L’occupation hôtelière nationale atteignait 76 %, avec 92 % à Bayahíbe, 83 % à La Romana, 82 % à Miches et 80 % dans la zone Bávaro–Punta Cana.
183 000 emplois derrière les chambres occupées
Les autorités estiment que les hôtels soutiennent plus de 183 000 emplois directs et qu’environ 605 000 personnes dépendent économiquement de l’activité touristique. La cuisine constitue le premier bassin d’emplois hôteliers, avec 42 460 postes. Les restaurants en représentent 28 991 et les bars 14 443.
À ces métiers s’ajoutent le service, l’entretien, la sécurité, les excursions, les transports et le commerce. Yanira Eusebio, vendeuse de boissons sur la plage de Guayacanes, a expliqué que la rénovation de son point de vente et une formation à l’accueil lui avaient permis d’améliorer ses revenus. Son témoignage rappelle que le tourisme en République dominicaine ne se limite pas aux complexes hôteliers.
Salaires, fournisseurs et impôts
En juillet, la masse salariale des hôtels a atteint 4,77 milliards de pesos dominicains. Les achats auprès des fournisseurs se sont élevés à 11,59 milliards, soit plus de 374 millions de pesos par jour. Le secteur a également versé 8,729 milliards de pesos d’impôts, selon les données présentées par le ministère.
La chaîne d’approvisionnement élargit ces retombées. Selon la vice-ministre Jacqueline Mora, 92 % des surfaces agricoles qui approvisionnent les tables hôtelières se trouvent hors de la région Est. Une partie des dépenses générées par le tourisme en République dominicaine bénéficie donc à des producteurs éloignés des plages fréquentées.
Les visiteurs sortent-ils des hôtels ?
Six touristes sur dix auraient réalisé une activité hors de leur hébergement, notamment des excursions, des visites, du snorkeling ou des sorties en buggy. Cette circulation peut soutenir les guides, les transporteurs, les restaurateurs et les petites entreprises. Elle permet aussi de découvrir des territoires et des patrimoines au-delà du séjour tout compris. Les niveaux de satisfaction restent élevés : 4,4 sur 5 en moyenne, 91 % des personnes interrogées déclarant vouloir revenir et 59 % affirmant qu’elles recommanderaient la destination.
Ce que le record ne dit pas encore
Ces résultats décrivent la puissance économique du secteur, mais pas toute sa répartition. Ils ne précisent ni la stabilité des emplois, ni les salaires par métier, ni la part des revenus conservée dans chaque commune. Ils ne mesurent pas davantage les effets sur le logement, l’eau, les déchets ou les littoraux. Le prochain défi du tourisme en République dominicaine sera donc de transformer les records d’arrivées en valeur durable. Après 1 083 448 visiteurs en juillet, la question n’est plus seulement combien de personnes arrivent, mais combien de territoires, de travailleurs et d’entreprises locales avancent avec elles.
La République dominicaine a accueilli 1 083 448 visiteurs en juillet 2026. Ce total comprend 921 718 touristes arrivés par voie aérienne et 161 730 croisiéristes.
Selon les données du ministère du Tourisme, les hôtels soutiennent plus de 183 000 emplois directs. En juillet 2026, ils auraient versé 4,77 milliards de pesos en salaires, acheté 11,59 milliards de pesos de produits et services auprès de fournisseurs et généré 8,729 milliards de pesos d’impôts.
Punta Cana reste la principale porte d’entrée touristique du pays. En juillet 2026, son aéroport a accueilli 537 204 passagers, soit 58 % des arrivées aériennes, devant Las Américas avec 24 % et Cibao avec 13 %.
À quelques mètres sous la surface, les silhouettes apparaissent lentement. Des enfants se tiennent par la main. Un homme reste assis devant sa machine à écrire. À Grenade, l’art ne se contente pas d’occuper le fond de la mer : il se transforme avec lui. Plus loin, des personnages de carnaval semblent avancer dans l’eau. Le visiteur ne découvre pas seulement des sculptures immergées. Il entre dans un paysage que les courants, les coraux et le temps continuent de façonner.
En 2006, l’artiste Jason deCaires Taylor installe dans la baie de Molinere ce qui sera largement reconnu comme le premier parc de sculptures sous-marines au monde. Situé aujourd’hui dans l’aire marine protégée de Molinere-Beauséjour, le site se trouve à une profondeur comprise entre cinq et huit mètres. Il peut donc être observé en plongée, avec un masque et un tuba, ou depuis un bateau à fond de verre. Près de vingt ans plus tard, l’artiste résume l’origine du projet en une phrase : « Grenada is the seed that started it all », autrement dit, Grenade est la graine qui a tout déclenché.
Un musée que la mer ne cesse de modifier
Dans un musée traditionnel, les œuvres sont protégées de l’humidité, du sel et du passage du temps. Ici, tout fonctionne à l’inverse. Les sculptures ont été conçues pour accueillir la vie marine. Le ciment à pH neutre et l’acier inoxydable offrent une surface sur laquelle les organismes peuvent progressivement se fixer.
À Grenade, une œuvre n’est donc jamais complètement terminée. Les algues en modifient les couleurs. Les éponges recouvrent certaines formes. Les poissons circulent entre les personnages. Les vagues, les courants et la lumière changent sans cesse la manière de regarder l’ensemble. Le musée devient un récif artificiel, mais aussi une création collective dans laquelle l’océan agit comme un second sculpteur.
L’idée est née dans un espace fragilisé. La baie de Molinere avait subi d’importants dégâts lors du passage de l’ouragan Ivan en 2004. L’installation de structures artificielles a offert de nouveaux supports à la vie marine. Le parc attire également une partie des plongeurs et des nageurs, ce qui contribue à réduire la fréquentation de certains récifs naturels voisins, plus vulnérables.
Des visages qui racontent Grenade
Le parc ne parle pas uniquement d’environnement. Il porte aussi des histoires, des visages et des références directement liés au territoire. L’une de ses œuvres les plus connues, Vicissitudes, représente vingt-six enfants formant un cercle et se tenant par la main. Placés à environ cinq mètres de profondeur, leurs corps changent avec leur milieu, comme une image de l’adaptation et du cycle de la vie. D’autres œuvres introduisent des fragments de mémoire. The Lost Correspondent montre un homme assis devant une machine à écrire, entouré d’articles évoquant une période de l’histoire grenadienne. Des reproductions agrandies de pétroglyphes rappellent quant à elles les traces laissées par les premiers habitants de l’île.
Cette dimension culturelle s’est encore renforcée en 2023. Le parc a accueilli The Coral Carnival, une série inspirée de Spicemas, le carnaval de Grenade. Réalisées avec la participation d’artistes locaux, vingt-cinq sculptures représentent plusieurs figures emblématiques des mascarades, dont le Jab Jab, le Short Knee et le Vieux Corps. Pour la première fois dans le travail sous-marin de Taylor, des pigments naturels ont été utilisés afin d’apporter de la couleur aux personnages.
Du carnaval au récif vivant
Sous l’eau, ces costumes ne resteront pourtant pas identiques. Leur apparence évoluera à mesure que les organismes marins les coloniseront. C’est précisément ce qui donne au projet sa force. La culture locale n’est pas enfermée dans une image figée. Elle entre en relation avec un environnement vivant. Les personnages du carnaval côtoient les poissons, tandis que les textures marines remplacent progressivement les couleurs posées par les artistes.
Grenade raconte ainsi son territoire sans séparer l’art, l’histoire et la mer. Le parc est à la fois une attraction, un espace de sensibilisation et une œuvre en transformation permanente. Il rappelle aussi qu’une destination peut se faire connaître autrement qu’en multipliant les constructions sur son littoral. Depuis 2006, le musée de Molinere ne cherche pas à résister au temps. Il lui laisse au contraire une place dans la création. Chaque nouvelle couche de corail modifie une silhouette. Chaque poisson qui s’y abrite ajoute un mouvement inattendu. Et si la plus grande singularité de Grenade était justement d’avoir créé un musée dont aucune visite ne peut être exactement la même que la précédente ?
Le musée sous-marin de Grenade se trouve dans la baie de Molinere, au sein de l’aire marine protégée de Molinere-Beauséjour, sur la côte ouest de l’île.
Créé en 2006, il est largement reconnu comme le premier parc de sculptures sous-marines au monde. Ses œuvres évoluent progressivement au contact des coraux, des algues et de la vie marine.
Le site peut être découvert en plongée sous-marine, avec un masque et un tuba ou depuis certains bateaux à fond de verre. Les sculptures sont installées à faible profondeur.