Le Rocher du Diamant, îlot volcanique de 176 mètres au large du Diamant, en Martinique, est inscrit le 3 février 1804 comme sloop de la Royal Navy, sous le nom de HMS Diamond Rock. Une division française commandée par le capitaine de vaisseau Julien Cosmao le reprend le 2 juin 1805. Plus de deux siècles après, le débarquement y est interdit.
À environ 1 800 mètres de la côte de la commune du Diamant, dans le sud de la Martinique, se dresse un îlot que la marine britannique occupe à partir de 1804. En janvier, le commodore Samuel Hood décide d’en faire une position armée. Le lieutenant James Wilkes Maurice y débarque avec un détachement du HMS Centaur. Quelques semaines plus tard seulement, la Royal Navy inscrit cet îlot sur la liste de ses bâtiments.
Le Rocher du Diamant, 176 mètres face au Diamant
Le Rocher du Diamant culmine à 176 mètres pour un diamètre d’environ 300 mètres. Cet îlot est un dôme massif de dacite, une roche volcanique, formé il y a environ 0,97 million d’années selon les mesures des géologues. En 1804, ce repère devient un enjeu militaire. La marine britannique l’occupe et, depuis ce poste, contrôle la passe des Fours.
Janvier 1804, la Royal Navy arme l’îlot
En janvier 1804, le HMS Centaur, vaisseau de 74 canons du commodore Samuel Hood, mouille au pied du rocher. Le premier lieutenant James Wilkes Maurice débarque avec des marins et des fusiliers marins. Il doit fortifier, avec ses hommes, un îlot inhabité et difficile à gravir. Les canons arrivent d’abord par la mer. Un câble tendu depuis le grand mât du HMS Centaur sert à les hisser le long de la paroi. Cinq pièces sont d’abord installées, trois de 24 livres et deux de 18 livres, depuis le bord de mer jusqu’au sommet.
Le 3 février 1804, l’îlot est inscrit comme sloop de la Royal Navy sous le nom de HMS Diamond Rock. Un sloop est un petit navire de guerre. James Wilkes Maurice en reçoit le commandement, avec une garnison d’environ 120 hommes.
Du 31 mai au 2 juin 1805, la reprise par la division de Julien Cosmao
À la mi-mai 1805, l’amiral Pierre de Villeneuve arrive à Fort-de-France avec une flotte franco-espagnole. Une division est chargée de reprendre le rocher. Elle est placée sous les ordres du capitaine de vaisseau Julien Cosmao, qui commande le vaisseau Pluton. Elle comprend aussi le vaisseau Berwick, la frégate Sirène et des embarcations françaises et espagnoles. Les vaisseaux Pluton et Berwick portent chacun 74 canons. La division appareille le 29 mai 1805.
L’attaque commence le 31 mai 1805. Les canons des navires réduisent les batteries basses de l’îlot, puis les troupes débarquent, tandis que James Wilkes Maurice replie ses hommes sur les niveaux supérieurs. À court d’eau et de munitions, James Wilkes Maurice capitule le 2 juin 1805 avec 107 hommes. La garnison quitte l’îlot le 3 juin avec les honneurs de la guerre. Côté britannique, les pertes se limitent à deux morts et un blessé. Jugé par une cour martiale à la Barbade, James Wilkes Maurice est acquitté.
Aujourd’hui, un Rocher du Diamant fermé à la visite
Depuis l’arrêté de protection de biotope du 1er mars 1994, l’accès à terre est interdit sur le rocher. L’îlot est inclus dans un site classé, créé par décret du 4 avril 2001, qui couvre environ 1 429 hectares entre les communes des Anses-d’Arlet et du Diamant, sur terre comme en mer. Le rocher appartient depuis 1994 au Conservatoire du littoral. Treize espèces d’oiseaux y ont été observées en 2004, dont le noddi brun, la sterne bridée, le paille-en-queue, le fou brun et la frégate superbe.
Ce que le Rocher du Diamant apporte à la Martinique
Le Rocher du Diamant donne son nom à la commune du Diamant et reste un repère visible depuis le sud de la Martinique. Il conserve encore la trace d’un épisode militaire joué au large de l’île en 1804 et 1805. Il sert aussi de refuge aux oiseaux marins, au cœur d’un site classé de 1 429 hectares. Sa valeur tient à cette triple mémoire, géologique, historique et naturelle, que l’on préserve en ne le visitant plus.
Plus de deux siècles après son inscription comme sloop de la Royal Navy, plus personne n’y monte. Une question demeure pour ceux qui le regardent depuis la côte du Diamant. Que raconte à la Martinique un rocher que l’on ne peut plus toucher ?
Questions fréquentes sur le Rocher du Diamant
Au large de la commune du Diamant, dans le sud de la Martinique, à environ 1 800 mètres de la côte. Il culmine à 176 mètres.
La Royal Navy l’a armé en janvier 1804 et inscrit comme sloop le 3 février 1804 sous le nom de HMS Diamond Rock. La division de Julien Cosmao l’a repris le 2 juin 1805.
Non. L’accès à terre est interdit depuis l’arrêté de protection de biotope du 1er mars 1994.
La vallée des Ingenios, au nord-est de Trinidad, couvre 225 km². En 1827, plus de 50 sucreries y fonctionnaient et plus de 11 000 personnes y travaillaient en esclavage. Une tour de brique domine encore ces champs et raconte cette époque. Sept niveaux de brique et de mortier de chaux, du plan carré à l’octogone, plus de 43 mètres de hauteur. La tour Manaca Iznaga se voit de loin. Alejo María del Carmen Iznaga y Borrell l’a fait bâtir dans les premières décennies du XIXe siècle, sur un domaine acheté en 1795 par son père, Pedro José Iznaga, et dont il hérite en 1831.
Elle servait de clocher et de poste de guet, au-dessus des champs. La cloche réglait les journées, le regard embrassait les cultures. Une légende locale parle de deux frères qui se seraient défiés à qui bâtirait l’ouvrage le plus grandiose. Les faits, eux, sont plus sombres. Cette tour surplombait un système fondé sur le travail forcé, au centre de la vallée des Ingenios.
Vallée des Ingenios, trois vallées au nord-est de Trinidad
Le mot ingenio désigne la sucrerie et le domaine qui l’entoure. Ici, il s’applique à trois vallées voisines, San Luis, Santa Rosa et Meyer, à une douzaine de kilomètres de Trinidad. Leur ensemble couvre 225 km², plus de deux fois la superficie de Paris intra-muros.
Trinidad existe depuis 1514. Diego Velázquez en a fait la troisième ville fondée par les Espagnols à Cuba. Le sucre n’y prend son essor qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle, et domine ensuite le paysage pendant cent ans. Le centre historique, 37 hectares autour de la Plaza Mayor, est protégé depuis 1978. La vallée l’est depuis 1989. En 1988, les deux sont inscrits ensemble au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Palacio Cantero y abrite aujourd’hui le musée d’histoire de la ville.
Vallée des Ingenios en 1827, ce que disent les chiffres
Plus de 50 sucreries, plus de 11 000 esclaves. Cela fait plus de 200 personnes par domaine, en moyenne, et près de 49 personnes réduites en esclavage pour chaque kilomètre carré de la vallée. Chaque ingenio réclame des bras pour couper la canne, nourrir les chaudières et transporter le sucre. Les domaines produisent alors environ 640 000 arrobas, une unité d’environ 11,5 kilos, soit à peu près 7 400 tonnes de sucre en une année.
La fortune de quelques familles de planteurs repose sur ces hommes, ces femmes et ces enfants. À l’échelle de Cuba, la révolution haïtienne ouvre un espace au sucre cubain, et l’importation d’esclaves s’accélère. Ce contexte aide à mesurer l’ampleur de la vallée des Ingenios, sans suffire à l’expliquer.
Ce que la vallée des Ingenios garde et ce qu'elle a perdu
Plus de 70 anciens domaines sucriers sont encore repérés sur le terrain, dont treize maisons de maître. Beaucoup ne sont plus que des ruines. Le déclin de l’industrie s’est étalé sur de longues années, puis s’est accéléré dans les années 1990. Le dernier central sucrier de la vallée a fermé officiellement en 2005. Depuis, la vallée ne produit plus le sucre qui l’avait façonnée pendant plus d’un siècle. Il reste un paysage de ruines.
Un album de lithographies publié à La Havane en 1857, Los ingenios, avait pourtant fixé l’image des grandes sucreries cubaines à leur apogée. Son texte est signé de Justo Germán Cantero, qui y vante la beauté de la vallée de Trinidad. Il loue notamment le domaine de Buenavista, qu’il juge le plus agréable de la vallée de San Luis.
La tour, repère de la vallée des Ingenios, a traversé les décennies. Elle figure à l’inventaire des biens dressé après la mort d’Alejo Iznaga, en 1845. Deux lectures de sa raison d’être coexistent. Un guet contre les incendies et les fuites, ou une démonstration de richesse. À l’automne 2025, elle a fermé au public pour de nouveaux travaux, confiés à une petite entreprise cubaine pour environ un million de pesos. Les poutres, les colonnes et les marches du sixième niveau devaient être remplacées, puis le clocher repeint.
Qui veille aujourd'hui sur la vallée des Ingenios ?
Depuis 1978, la tour est classée monument national. Un bureau du conservateur, créé en 1997, suit le patrimoine de Trinidad et de sa vallée. Protéger la brique est un premier geste. Transmettre ce que cette tour a vu en est un autre, bien plus difficile. Dans une vallée sans sucre, qui dira les noms de ceux qui ont coupé la canne ?
Questions fréquentes sur la vallée des Ingenios
La vallée des Ingenios se trouve à Cuba, au nord-est de Trinidad, à une douzaine de kilomètres de la ville. Elle réunit trois vallées voisines, San Luis, Santa Rosa et Meyer, sur 225 km².
En 1827, la vallée des Ingenios comptait plus de 50 sucreries et plus de 11 000 personnes réduites en esclavage. Cela représente plus de 200 personnes par domaine en moyenne.
Un ingenio désigne la sucrerie et le domaine qui l’entoure. La vallée des Ingenios tient son nom de ces domaines sucriers.
Arecibo, à Porto Rico, a abrité pendant 53 ans le plus grand télescope à antenne unique du monde, avec un miroir de 305 mètres de diamètre. Sa plateforme s’est effondrée le 1er décembre 2020, sans faire de blessé. Le site d’Arecibo accueille aujourd’hui un centre éducatif ouvert au public sur billet.
Le 1er décembre 2020, vers 7 h 55 (heure de Porto Rico), la plateforme du télescope d’Arecibo tombe dans la cuvette qui la domine depuis 1963. Personne n’est blessé. Le directeur de la National Science Foundation (NSF), Sethuraman Panchanathan, se dit alors attristé par la situation, mais reconnaissant que personne n’ait été touché. À Arecibo, dans le nord de Porto Rico, cet effondrement referme une histoire ouverte en 1960. Cette année-là, des équipes entrent dans une dépression naturelle de la région karstique pour y poser un miroir géant. Un seul chiffre résume l’ensemble, 305 mètres.
L'observatoire d'Arecibo, une cuvette de 305 mètres à Porto Rico
L’observatoire d’Arecibo naît d’une idée du professeur William E. Gordon, alors enseignant à l’école d’ingénierie électrique de l’université Cornell, aux États-Unis. Le chantier dure de juin 1960 à août 1963. Le département américain de la Défense le finance, par l’intermédiaire de l’agence ARPA, pour environ 9 millions de dollars. L’inauguration officielle a lieu le 1er novembre 1963.
Le miroir mesure 1 000 pieds, soit 305 mètres de diamètre, pour environ 51 mètres de profondeur. Il reste fixé au sol. Ce sont les récepteurs qui se déplacent au-dessus de la cuvette, dans une enceinte de 90 tonnes suspendue à 137 mètres. Au début des années 1970, la surface est refaite avec 38 788 panneaux d’aluminium, chacun de 3 pieds sur 6.
53 ans de record, jusqu'à l'arrivée du FAST
Pendant 53 ans, le télescope d’Arecibo reste le plus grand télescope à antenne unique de la planète. Le record prend fin en juillet 2016, quand le télescope chinois FAST, dans la province du Guizhou, le dépasse. Ce record vaut pour les télescopes à antenne unique, pas pour tous les radiotélescopes. La NSF soutient l’observatoire depuis les années 1970. Ses découvertes comprennent la première planète découverte hors du système solaire et la démonstration d’ondes gravitationnelles à partir d’un pulsar binaire.
Le matin du 1er décembre 2020 à Arecibo
Les ennuis de l’observatoire commencent en août 2020, quand un câble de soutien se détache d’une des trois tours. Un second câble, fixé à la même tour, rompt le 6 novembre 2020. Chaque câble compte environ 160 fils. Le 19 novembre, la NSF annonce que le télescope sera démantelé. Des drones constatent ensuite des fils rompus sur deux autres câbles de cette tour.
Le 1er décembre 2020, la plateforme d’environ 900 tonnes tombe avant le début du démantèlement. Le sommet des trois tours se brise, et le centre d’apprentissage voisin de la tour 12 est lourdement endommagé par la chute des câbles. Elizabeth Klonoff, vice-présidente de la recherche de l’Université de Floride centrale, avait rappelé que la sécurité du personnel restait la priorité numéro un. Le 13 octobre 2022, la NSF précise que sa nouvelle sollicitation de projets ne comprend pas la reconstruction du télescope de 305 mètres.
Un centre pour les élèves de Porto Rico à la place du télescope
Le 25 septembre 2023, la NSF annonce Arecibo C3, un centre éducatif doté de plus de 5 millions de dollars sur cinq ans. Sa directrice exécutive, Wanda Díaz Merced, résume l’idée en ces mots. « Nosotros, los humanos, somos quienes vinculamos todas las ciencias del universo » (nous, les humains, sommes ceux qui relient toutes les sciences de l’univers). James L. Moore III, directeur adjoint de l’éducation STEM à la NSF, affirme de son côté que le centre s’appuie sur l’héritage scientifique, éducatif et culturel de l’observatoire.
Une phase pilote démarre en juin 2024. Début 2026, plus de 600 élèves, enseignants, chercheurs et habitants avaient participé à ces programmes pilotes. La réouverture partielle du centre débute en avril 2026. Il reçoit désormais le public sur billet acheté en ligne au moins 24 heures à l’avance. Le samedi 17 octobre 2026, la visite générale est proposée de 9 h à 17 h, à 5 dollars pour un adulte. Elle comprend un parcours d’objets du radiotélescope, une terrasse face aux restes de la parabole et une visite historique guidée. À Arecibo, le télescope n’est plus là, mais le lieu continue de recevoir. Que devient un site de 305 mètres de diamètre quand l’instrument qui le faisait connaître a disparu ?
FAQ
Le télescope d’Arecibo, à Porto Rico, avait un miroir de 305 mètres de diamètre, soit 1 000 pieds, pour environ 51 mètres de profondeur.
La plateforme du télescope d’Arecibo s’est effondrée le 1er décembre 2020, vers 7 h 55, heure de Porto Rico. Personne n’a été blessé.
Oui, le centre Arecibo C3 accueille le public sur billet acheté en ligne, sur le site de l’ancien observatoire d’Arecibo, à Porto Rico. Il faut vérifier les horaires et les tarifs sur le site du centre avant de venir.
Le Jamaica Pegasus vient d’être sacré Caribbean’s Leading Business Hotel 2026 aux World Travel Awards. Avant lui, un seul hôtel avait reçu ce titre, le Hilton Barbados, en 2007. Entre un hôtel né en 1968, un président américain et des étudiants à l’abri d’un ouragan, voici ce que ce trophée raconte de Kingston.
Le 11 octobre 2026, à Green Island, dans la paroisse de Hanover, les World Travel Awards ont remis leurs trophées pour la Caraïbe et les Amériques. L’un d’eux a pris la route de Kingston. Le Jamaica Pegasus a été couronné Caribbean’s Leading Business Hotel, autrement dit meilleur hôtel d’affaires de la Caraïbe. À la tête du groupe Courtleigh, propriétaire de l’adresse, Kevin Hendrickson peut savourer un moment qui a mis dix-neuf ans à revenir.
Face à lui, des hôtels de Cuba, de Trinidad et Tobago, de République dominicaine et de Jamaïque. Le Gran Hotel Manzana Kempinski, à La Havane, le Hyatt Regency Trinidad, l’InterContinental Real et le Sheraton, à Saint-Domingue, jouent sous des enseignes internationales. S Hotel Kingston, ouvert en 2009, partage même la ville du lauréat.
Jamaica Pegasus, un titre revenu après 2007
Cette catégorie n’a pas toujours brillé par sa régularité. Avant cette édition, un seul établissement l’avait remportée, le Hilton Barbados, en 2007. Le Jamaica Pegasus devient donc le premier lauréat depuis dix-neuf ans.
À l’échelle de l’île, la compétition reste serrée. S Hotel Kingston a décroché le titre jamaïcain de meilleur hôtel d’affaires. Deux adresses de la capitale se partagent ainsi la vitrine, et c’est plutôt bon signe pour Kingston. Le Jamaica Pegasus reçoit en outre ce trophée presque un an après l’ouragan Melissa, une saison que l’île n’oubliera pas de sitôt.
Un hôtel né en 1968, devenu jamaïcain
L’histoire commence en 1968. Une société voit alors le jour en coentreprise entre la compagnie aérienne BOAC, aujourd’hui British Airways, le groupe Trusthouse Forte et le peuple jamaïcain. L’hôtel ouvre en partie en 1973 pour accueillir un grand congrès, puis officiellement en septembre de la même année.
En 1976, l’État jamaïcain entre au capital. En 2002, la gestion redevient locale. Autour de 2010 et 2011, le groupe de Kevin Hendrickson en prend l’entière propriété. Ce dernier a été élu Caribbean Hotelier of the Year en 2022 par la Caribbean Hotel and Tourism Association. Le Jamaica Pegasus revendique aujourd’hui un personnel entièrement jamaïcain. L’histoire d’un hôtel conçu avec des capitaux étrangers, puis repris par des mains locales, n’a rien d’un détail. Elle explique pourquoi cette victoire se fête à Kingston comme une affaire de famille élargie, bien au-delà du seul conseil d’administration.
Jamaica Pegasus, côté affaires et côté coulisses
Les chefs d’État connaissent la maison. Le 8 avril 2015, Barack Obama arrive à Kingston et rejoint l’hôtel. Il y retrouve le personnel de l’ambassade américaine, file visiter le musée Bob Marley, puis revient y passer la nuit. Trois semaines avant sa venue, l’établissement avait cessé de prendre des réservations. Voilà ce que coûte, parfois, l’honneur d’héberger un président. Pour un hôtel d’affaires, fermer ses portes aux clients ordinaires pendant trois semaines est un pari, et le Jamaica Pegasus l’a pris.
Le quotidien ressemble davantage à des réunions, des congrès et des salons, ce que la profession appelle le secteur MICE, pour meetings, incentives, conferences, exhibitions. Là aussi, l’hôtel a été élu meilleur de Jamaïque en 2021, puis en 2024. Il sait enfin accueillir dans l’urgence. Fin octobre 2025, alors que l’ouragan Melissa approchait de l’île, le gouvernement d’Antigua-et-Barbuda a obtenu deux nuits d’hébergement, repas compris, pour ses étudiants présents en Jamaïque. L’hôtel est devenu un abri avant d’être un décor de congrès.
Ce que ce prix dit, et ce qu'il ne dit pas
Un petit mot d’honnêteté. Les World Travel Awards fonctionnent par vote en ligne. Des cadres du voyage et des voyageurs choisissent leurs favoris, et la voix d’un professionnel vérifié compte double. Aucun jury ne tranche, et le Jamaica Pegasus joue selon cette règle. Ce trophée mesure donc une notoriété, pas une inspection.
Cette notoriété compte pourtant, car un voyageur d’affaires choisit souvent un hôtel dont il a déjà entendu le nom. Les votes mesurent cette réputation. Nassau, aux Bahamas, a été élue meilleure destination caribéenne d’affaires, tandis que Kingston place son hôtel en tête. Les deux palmarès se complètent et dessinent une Caraïbe qui ne se résume pas à ses plages.
Reste une dernière marche. Le Jamaica Pegasus est aussi nominé pour le titre mondial de World’s Leading Business Hotel 2026. Un voyageur d’affaires choisira-t-il cette fois la tour de Kingston plutôt que les grands noms internationaux ? La réponse dira si le Jamaica Pegasus, né d’un congrès en 1973, peut parler au monde entier depuis la Jamaïque. La suite se joue désormais dans les urnes numériques.
Questions fréquentes
Le Jamaica Pegasus, à Kingston, en Jamaïque, a remporté ce prix des World Travel Awards. Le gala Caribbean & The Americas s’est tenu le 11 octobre 2026 à Princess Grand Jamaica, à Hanover.
Non. La catégorie avait déjà été décernée en 2007, au Hilton Barbados. Le Jamaica Pegasus en est le premier lauréat depuis.
Par un vote en ligne de cadres du voyage et de consommateurs. La voix d’un professionnel vérifié compte double, et les votes sont audités.
La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, mesure environ 43,5 mètres et elle est construite en bois. Consacrée le 8 novembre 1894, elle succède à une cathédrale de brique, achevée en 1842, dont la tour était jugée trop lourde pour ses fondations. Son histoire est celle d’un édifice de greenheart, un bois dur du Guyana, que le diocèse doit encore protéger.
En janvier 2015, le doyen Paul Andrew Carto, recteur de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, avertissait que les ennuis de l’édifice ne se régleraient pas avec des barbecues et des ventes de gâteaux. La phrase dit tout l’enjeu de ce monument. À Georgetown, l’église anglicane Saint-Georges est un grand monument de bois de 43,5 mètres, et le bois demande un entretien sans relâche.
La cathédrale Saint-Georges, 43,5 mètres de bois à Georgetown
La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, capitale du Guyana, se dresse sur Church Street et mesure environ 43,5 mètres, soit 143 pieds. La liste indicative de l’UNESCO donne 43,59 mètres et précise que l’édifice est en bois, à l’exception de basses fondations en maçonnerie. Le bois principal est le greenheart, un bois dur et durable du pays. Du pitch pine importé d’Amérique du Nord s’y ajoute pour le plafond.
Le Guyana protège la cathédrale Saint-Georges de Georgetown depuis avril 2001, date de son classement comme monument national. Le pays l’a aussi inscrite, le 15 novembre 1995, sur sa liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, au titre du critère (i), celui du chef-d’œuvre du génie créateur humain.
Quand la brique a cédé
À Georgetown, les offices anglicans commencent en 1796. Sur le site de l’actuelle église Saint-Georges, une première chapelle est bâtie au début du XIXe siècle. Une cathédrale en brique lui succède, achevée en 1842, l’année de la création du diocèse de Guyane. L’évêque William Piercy Austin, premier évêque du diocèse, la consacre. Sa tour occidentale est jugée trop lourde pour ses fondations. La cathédrale de brique de Georgetown est ensuite démontée, après un défaut structurel. L’année exacte de cette démolition n’est pas établie. En 1877, la paroisse de Saint-Georges s’installe dans une église provisoire, la pro-cathédrale, sur les pelouses du Deanery, à Georgetown.
Blomfield, l'architecte qui n'est jamais venu
Les plans de la nouvelle cathédrale Saint-Georges de Georgetown viennent d’Angleterre. Leur auteur, Sir Arthur Blomfield, n’est jamais venu en Guyane britannique. Ses dessins se révèlent impraticables, et l’église bâtie entre 1889 et 1892 prend une forme gothique, avec arcs, colonnes groupées et arcs-boutants, construite surtout en greenheart.
La pierre de fondation de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown est posée le 21 novembre 1889. L’édifice ouvre au culte le 24 août 1892, encore inachevé. L’évêque William Proctor Swaby le consacre le 8 novembre 1894. Certaines publications guyaniennes donnent 1899 comme année d’achèvement, une date que les sources officielles ne reprennent pas. Le titre de plus haut édifice en bois reste disputé. On lit plus haut bâtiment en bois de l’hémisphère occidental, plus haut du monde entier, ou plus grande église en bois du monde. Ces formulations ne se recoupent pas, et l’édifice de Georgetown n’a pas besoin d’elles pour rester singulier.
La cathédrale Saint-Georges, une restauration et un toit en attente
En 2015, le doyen Paul Andrew Carto juge nécessaire une réhabilitation complète de l’église Saint-Georges, après 121 ans d’existence et de réparations. Le doyen signale aussi, la même année, une inondation en saison des pluies qui menace les fondations. Un cabinet d’architectes de la Grenade, TVA Consultancy, avait évalué l’édifice, et sa structure avait été jugée saine.
La restauration de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown est lancée le 26 avril 2015 sous l’évêque Cornell Moss. Les travaux démarrent en 2017. Les murs extérieurs et intérieurs, le sous-sol et le plafond sont restaurés, et l’installation électrique est reprise. La phase principale s’achève le 17 octobre 2020. Le greenheart de remplacement vient de la forêt d’Iwokrama, au centre du Guyana. Le chantier coûte plus de 200 millions, dont 177 millions viennent du diocèse du Guyana et du Suriname, selon l’évêque Charles Davidson en 2020. La devise n’est pas précisée ici.
À la fin des travaux, Carlton Joao, cadre de Banks DIH, entreprise qui soutient le chantier, se disait « aujourd’hui un fier Guyanien ». Le chroniqueur Ian McDonald, qui connaît le bâtiment depuis 65 ans, écrit qu’il « brille pour Dieu et pour les hommes ». Le toit principal de la cathédrale Saint-Georges, lui, n’était pas inclus. En novembre 2020, l’évêque Davidson l’évaluait à environ 150 millions et espérait des dons, tandis que le National Trust of Guyana attendait le budget national 2021 pour fixer sa contribution.
À Georgetown, la question du doyen Carto en 2015 n’a pas fini de se poser. Qui financera, année après année, pour que ces 43,5 mètres de greenheart tiennent debout ?
Questions fréquentes sur la cathédrale Saint-Georges
La cathédrale Saint-Georges de Georgetown mesure environ 43,5 mètres, soit 143 pieds. La liste indicative de l’UNESCO donne 43,59 mètres. Elle est en bois, sur de basses fondations en maçonnerie.
Sir Arthur Blomfield, architecte britannique, a conçu la cathédrale Saint-Georges de Georgetown. Il n’est jamais venu en Guyane britannique.
L’évêque William Proctor Swaby a consacré la cathédrale Saint-Georges de Georgetown le 8 novembre 1894. L’édifice avait ouvert au culte le 24 août 1892, encore inachevé.
Le Pitch Lake de La Brea est un lac d’asphalte naturel, situé à La Brea, au sud-ouest de Trinidad (Trinidad & Tobago). Il couvre environ 41 hectares et atteindrait 76 mètres de profondeur au centre, selon le dossier remis par le pays à l’UNESCO. Walter Raleigh l’a visité en 1595, et le site figure depuis 2011 sur la liste indicative du patrimoine mondial, sans être inscrit.
En janvier 2020, le guide agréé Garvin Charles, né et élevé à La Brea, décrivait au quotidien Newsday sa visite du Pitch Lake de La Brea. Il comptait alors dix-huit ans d’expérience, pour un parcours d’environ quarante-cinq minutes. Dans ce récit, la surface se lit avec deux expressions de guide. La « peau d’éléphant » désigne la croûte solide et ridée. La « mère du lac » désigne l’endroit où l’asphalte fondu suinte encore. À certains endroits, le bitume est assez mou pour que les visiteurs y marchent pieds nus.
Le fait qui structure ce lieu tient en quelques chiffres. Selon le dossier déposé par Trinidad & Tobago auprès de l’UNESCO, le Pitch Lake de La Brea couvre environ 41 hectares. Sa profondeur est estimée à 76 mètres (250 pieds) au centre, et il contiendrait environ 10 millions de tonnes de bitume. Les mesures varient selon les sources, de 40 à 47 hectares pour la surface.
Le Pitch Lake de La Brea, un lac d'asphalte né de failles qui se croisent
Le Pitch Lake de La Brea se situe à La Brea, dans le sud-ouest de Trinidad. Le nom est espagnol et signifie « la poix ». Selon le dossier UNESCO, l’asphalte a remonté le long de grandes failles qui se croisent, lors de mouvements géologiques du Pliocène. Le dossier décrit le lac comme une émulsion d’eau, de gaz, de bitume et de matière minérale, où se mêlent méthane, dioxyde de carbone et sulfure d’hydrogène.
Le lac bouge lentement, avec des lignes d’écoulement visibles. Le dossier note que des arbres préhistoriques et d’autres objets y sont déjà apparus, disparus, puis réapparus. Trinidad & Tobago présente le Pitch Lake de La Brea comme le plus grand et le plus important lac d’asphalte du monde, une affirmation de l’État.
De la poix de Raleigh à une entreprise d'État
Les Amérindiens ont été les premiers à utiliser cet asphalte, rappelle l’histoire officielle de l’entreprise qui l’exploite aujourd’hui. En 1595, Walter Raleigh visite le Pitch Lake de La Brea. Dans son récit publié en 1596, il écrit avoir essayé cette poix pour entretenir ses navires. Il la juge « most excellent good », et assure qu’elle « melteth not with the sun as the pitch of Norway », c’est-à-dire qu’elle ne fond pas au soleil comme la poix de Norvège.
L’exploitation commerciale commence en 1888, avec une concession accordée à A.L. Barber. Lake Asphalt of Trinidad and Tobago (1978) Limited, société d’État installée à Brighton, à La Brea, naît en 1978. Elle compte un peu plus de 200 employés, dont 90 % vivent à proximité. Environ 90 % de ses ventes d’asphalte du lac sont réalisées à l’export, selon ses propres chiffres.
Sculptures sur bois et colibris sacrés, ce que le Pitch Lake de La Brea garde
Des chercheurs dont Ostapkowicz, Brock et Wiedenhoeft ont publié en 2017 l’étude de dix sculptures sur bois et d’un crâne retrouvés dans l’asphalte du Pitch Lake de La Brea. Les datations au radiocarbone s’étalent d’environ 3200 avant notre ère à environ 700 de notre ère. Les auteurs les présentent comme les plus anciennes sculptures sur bois connues de la Caraïbe.
Ces objets ont été remontés pendant l’exploitation commerciale, sans contexte de fouille, ce qui limite ce que l’on peut en conclure. Un outil de tissage porte pourtant une signature de strontium peu probable à Trinidad, ce qui suggère des liens avec le continent sud-américain. Les pièces sont conservées notamment au National Museum and Art Gallery de Trinidad & Tobago. Le dossier UNESCO raconte aussi une légende amérindienne. Un village aurait cuisiné des colibris sacrés, que l’on croyait porteurs des âmes des ancêtres. La terre s’est ouverte, et un lac de poix a englouti le village.
Le lac d'asphalte de La Brea et l'attente de l'UNESCO depuis 2011
Le 17 août 2011, Trinidad & Tobago a soumis le Pitch Lake de La Brea à la liste indicative du patrimoine mondial, avec Banwari Trace et la réserve forestière de Tobago Main Ridge. Cette liste est une étape préliminaire, pas une inscription. Au 2 octobre 2026, le pays n’a aucun bien inscrit. Le dossier revendique deux critères naturels, (vii) et (viii). Sur le terrain, Newsday comptait en 2020 sept guides agréés et cinq visites par jour en haute saison, contre vingt à l’époque où Garvin Charles a débuté. Si l’inscription arrive un jour, que voudra-t-on protéger d’un lac qui rend ce qu’il avale ?
Sur le terrain, Newsday comptait en 2020 sept guides agréés et cinq visites par jour en haute saison, contre vingt à l’époque où Garvin Charles a débuté. Si l’inscription arrive un jour, que voudra-t-on protéger d’un lac qui rend ce qu’il avale ?
Questions fréquentes
Le Pitch Lake de La Brea se trouve à La Brea, dans le sud-ouest de l’île de Trinidad, à Trinidad & Tobago. Selon le dossier remis à l’UNESCO, il est situé à environ 1,1 kilomètre de la mer.
Selon le dossier de Trinidad & Tobago à l’UNESCO, le Pitch Lake de La Brea couvre environ 41 hectares, avec une profondeur estimée à 76 mètres au centre et environ 10 millions de tonnes de bitume. D’autres sources donnent de 40 à 47 hectares pour la surface.
Non. Le Pitch Lake de La Brea figure sur la liste indicative de Trinidad & Tobago depuis le 17 août 2011, une étape préliminaire. Au 2 octobre 2026, le pays n’a aucun bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.
À Sint-Eustatius, île néerlandophone de la Caraïbe, le cratère du Quill mesure 760 mètres de diamètre et plonge à plus de 300 mètres de profondeur. Ce volcan endormi depuis environ 1 600 ans est assez vaste pour abriter, à son fond, une forêt tropicale entière, invisible depuis la mer.
Le sentier principal du Quill, entretenu par la fondation STENAPA (St. Eustatius National Parks Foundation), grimpe sur 1,6 kilomètre avant d’atteindre le bord du cratère. Il faut compter entre une heure et deux heures aller-retour, selon l’itinéraire choisi. Sur cette portion sud-est de l’île de Sint-Eustatius, la végétation change en quelques mètres à peine. La broussaille sèche qui couvre la majeure partie de l’île cède la place à une paroi volcanique, puis, au sommet, à l’entrée d’une forêt humide qui n’existe nulle part ailleurs sur l’île.
Le cratère du Quill culmine à 601 mètres d’altitude, pour un diamètre de 760 mètres et une profondeur supérieure à 300 mètres, selon le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution. Ce volcan andésitique s’est formé il y a environ 22 000 à 32 000 ans et n’est plus entré en éruption depuis environ 1 600 ans, un événement daté au radiocarbone autour de l’an 250 de notre ère, avec une marge de 150 ans.
Le cratère du Quill, un volcan andésitique resté silencieux depuis 1 600 ans
Le cratère du Quill se trouve à l’extrémité sud-est de Sint-Eustatius, une île néerlandophone de la Caraïbe d’environ 21 kilomètres carrés. Contrairement à l’image du volcan classique surmonté d’un cône de cendres, le Quill présente un cratère large et profond, sans lave visible ni fumerolle active en surface aujourd’hui. Le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution date sa dernière éruption connue à environ 1 600 ans, avec des coulées pyroclastiques situées par datation au radiocarbone autour de l’an 250 de notre ère. Le volcan lui-même s’est formé entre 22 000 et 32 000 ans avant notre époque, selon la même source.
L’île voisine de Saba abrite le Mont Scenery, point culminant de l’ensemble du Royaume des Pays-Bas avec 887 mètres. Le Quill, avec ses 601 mètres, reste plus bas, mais son cratère est nettement plus large et plus profond que celui de son voisin.
Une forêt tropicale invisible depuis la mer
Au fond du cratère du Quill pousse une forêt humide qui tranche avec la végétation sèche du reste de Sint-Eustatius. STENAPA, l’organisme gestionnaire du parc national, y recense au moins 17 variétés d’orchidées, aux côtés d’acajous, d’arbres à pain, de bananiers, de figuiers et de fougères arborescentes. Des iguanes, des anolis, des serpents et plusieurs espèces d’oiseaux y vivent également. Le long du sentier principal, les randonneurs passent près de l’un des plus grands arbres de l’ensemble du Royaume des Pays-Bas, selon STENAPA. Cette humidité concentrée dans un cratère fermé, alors que le reste de l’île de Sint-Eustatius reste sec une grande partie de l’année, explique pourquoi cette forêt n’a pas d’équivalent ailleurs sur l’île.
Un parc national protégé depuis 1997 à Sint-Eustatius
Le parc du Quill/Boven National Park, à Sint-Eustatius, est créé en 1997. Il est ensuite reconnu, en 1998, comme le premier parc national officiel des Antilles néerlandaises, selon le plan de gestion publié par la Dutch Caribbean Nature Alliance (DCNA), l’organisation régionale qui appuie STENAPA. Le parc reste aujourd’hui géré par STENAPA, la fondation chargée des espaces naturels protégés de Sint-Eustatius. L’île de Sint-Eustatius a pourtant une histoire éloignée de celle de son volcan. Au XVIIIe siècle, Sint-Eustatius fut un port franc si prospère qu’elle était surnommée le Golden Rock, avant de retomber dans un anonymat qui a, paradoxalement, protégé son patrimoine naturel d’un développement touristique de masse.
Un volcan qui reste à l'écart des grands circuits
Le cratère du Quill continue d’attirer des randonneurs plutôt que des foules, sur une île de Sint-Eustatius qui n’a jamais cherché à rivaliser avec ses voisines de la Caraïbe néerlandaise. Avec ses 3 348 habitants au 1er janvier 2026, Sint-Eustatius reste l’une des îles les moins peuplées de la Caraïbe néerlandaise. Reste à savoir combien de temps ce volcan, resté largement en dehors des grands circuits touristiques de la Caraïbe, gardera ce statut de secret bien gardé.
Le cratère du Quill se trouve à l’extrémité sud-est de l’île de Sint-Eustatius, dans la Caraïbe néerlandaise, à quelques kilomètres de la capitale Oranjestad.
Le cratère du Quill mesure plus de 300 mètres de profondeur pour un diamètre de 760 mètres, selon le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution.
Non, le Quill est un volcan endormi. Sa dernière éruption connue remonte à environ 1 600 ans, autour de l’an 250 de notre ère, d’après une datation au radiocarbone.
Oui. Plusieurs sentiers balisés par STENAPA, l’organisme gestionnaire du parc national, permettent de rejoindre le sommet ou de descendre jusqu’au fond boisé du cratère, en une à deux heures selon l’itinéraire.
Le Quill/Boven National Park, à Sint-Eustatius, est créé en 1997 et reconnu en 1998 comme le premier parc national officiel des Antilles néerlandaises, selon la Dutch Caribbean Nature Alliance (DCNA).
Au petit matin, à La Ciénaga, dans la Cordillère centrale de la République dominicaine, les randonneurs chargent les mules avant de s’enfoncer dans la forêt. Le sentier grimpe vite. La végétation change avec l’altitude, du feuillage tropical aux pins, puis à la forêt de nuages, jusqu’à des nuits où le froid surprend en pleine Caraïbe. Après deux ou trois jours de marche, parfois davantage selon la forme des randonneurs et la météo, le Pico Duarte apparaît, point culminant de toute la Caraïbe.
Le Pico Duarte, en République dominicaine, culmine selon le relevé GPS de précision réalisé en 2021 à 3 101,1 mètres, quelques mètres de plus que le chiffre de 3 087 mètres longtemps cité par l’office de tourisme dominicain. Dans les deux cas, aucun autre sommet de la Caraïbe, à Cuba, en Haïti, en Jamaïque ou à Porto Rico, ne le dépasse. Un sommet, pas une plage, pour raconter la République dominicaine autrement.
Pico Duarte, point culminant de la Cordillère centrale
Le Pico Duarte se trouve à cheval sur deux parcs nationaux, le parc national Armando Bermúdez et le parc national José del Carmen Ramírez, dans la Cordillère centrale, la chaîne montagneuse qui traverse le centre de l’île d’Hispaniola. Ces deux parcs protègent l’essentiel des forêts de moyenne et haute altitude du pays, un massif que les Dominicains surnomment parfois leurs Alpes tropicales. Une partie des pins qui couvrent les pentes du Pico Duarte appartient à une espèce que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde, le pino criollo, Pinus occidentalis, endémique de l’île.
La montée traverse plusieurs étages de végétation, forêt tropicale, forêt de pins, puis forêt de nuages, avant d’atteindre un sommet où les températures nocturnes approchent parfois zéro degré, loin de l’image tropicale la plus répandue de la République dominicaine. Cette même Cordillère centrale donne naissance au Yaque del Norte, le plus long fleuve du pays avec 386 kilomètres, qui prend sa source sur ses pentes avant de traverser tout le nord de l’île.
Un sommet qui a changé trois fois de nom
Le Pico Duarte n’a pas toujours porté ce nom. En 1851, l’explorateur germano-britannique Robert Hermann Schomburgk réalise la première ascension recensée du sommet et le baptise Monte Tina. Plus tard, le botaniste suédois Erik Leonard Ekman, qui explore longuement les montagnes de l’île au début du vingtième siècle, distingue ses deux points hauts sous les noms de Pelona Grande et Pelona Chica.
Sous la dictature de Rafael Trujillo, la montagne devient Pico Trujillo, un nom que le régime impose à plusieurs lieux emblématiques du pays durant ces années. Après la mort du dictateur en 1961, elle est renommée Pico Duarte, en hommage à Juan Pablo Duarte, l’un des pères fondateurs de la République dominicaine, figure de l’indépendance du pays proclamée en 1844. Le nom du plus haut sommet du pays porte ainsi, à lui seul, une partie de son histoire politique.
Trois jours de marche pour atteindre le sommet
L’ascension du Pico Duarte part le plus souvent de La Ciénaga, via Manabao, avant de rejoindre les campements de Compartición ou de la Valle de Lilís. Compter deux à trois jours de marche selon l’itinéraire choisi et la condition physique du groupe. Un guide et des mules pour le matériel sont obligatoires, à organiser depuis les hôtels de Jarabacoa ou directement au poste de La Ciénaga.
Jarabacoa, surnommée la ville du printemps éternel pour son climat de montagne autour de 16 à 25 degrés toute l’année, sert de porte d’entrée vers le sommet. Cette organisation fait vivre toute une économie locale de guides et de muletiers autour du Pico Duarte, très différente des hôtels du littoral ou des complexes de Punta Cana.
Le Pico Duarte reste peu visité comparé aux plages du Nord ou de l’Est dominicain, malgré son statut de plus haut sommet de toute la Caraïbe. Mais son altitude continue d’être mesurée et remesurée, le relevé de 2021 l’a encore montré, preuve qu’un sommet, même le plus élevé de la région, n’a jamais fini de se laisser connaître. Trois noms en un siècle et demi, Monte Tina, Pico Trujillo, puis Pico Duarte, racontent aussi un pays qui a longtemps cherché comment se nommer lui-même avant de choisir d’honorer un de ses pères fondateurs plutôt qu’un dictateur. La République dominicaine se raconte-t-elle mieux depuis une plage, ou depuis un sommet où il fait presque froid ?
Le Pico Duarte, en République dominicaine, avec 3 101 mètres selon le relevé de 2021. Aucun sommet de Cuba, d’Haïti, de la Jamaïque ou de Porto Rico ne le dépasse.
Il s’est appelé Monte Tina après sa première ascension en 1851, puis Pico Trujillo sous la dictature de Rafael Trujillo, avant d’être renommé Pico Duarte en 1961 en hommage à Juan Pablo Duarte.
Compter deux à trois jours de marche depuis La Ciénaga, avec un guide et des mules obligatoires pour le matériel.
À Barbuda, le spectacle commence avant même d’apercevoir les oiseaux. Le sanctuaire de Codrington Lagoon ne se rejoint pas par une route. Il faut embarquer, avancer sur l’eau entre les mangroves, puis voir apparaître les silhouettes noires des frégates superbes, Fregata magnificens, dont la colonie compte parmi les plus importantes des Caraïbes.
Ce fait suffit à raconter une autre Barbuda. Au-delà de ses plages roses, l’île abrite une lagune où plus de 5 000 de ces oiseaux sont recensés, sur une colonie dont un recensement scientifique a compté 1 743 nids. Ici, la destination se découvre en levant les yeux, et en comprenant la place que cette lagune occupe dans l’équilibre de l’île entière.
Une lagune classée Ramsar, entre mangroves et récifs
La lagune de Codrington couvre 3 600 hectares et est reconnue comme zone humide d’importance internationale par la Convention de Ramsar depuis 2005. Elle borde Codrington, l’unique village de Barbuda, qui lui a donné son nom et dont les habitants comptent parmi les plus proches voisins du sanctuaire. Mangroves, herbiers marins, bancs de sable et récifs y composent un ensemble où nichent aussi des tortues imbriquées et tortues luth. Autour de la lagune, la pêche à la langouste et le tourisme d’observation font vivre une partie des familles de Barbuda, dans un équilibre que les guides locaux tiennent à préserver.
La frégate superbe, symbole de Barbuda
À Barbuda, l’oiseau n’est donc pas seulement une curiosité. Il est devenu l’un des symboles les plus reconnaissables du territoire. Le mâle attire tous les regards pendant la parade nuptiale, quand il gonfle sous son bec une poche rouge écarlate pour séduire les femelles de passage. L’envergure de l’espèce peut dépasser deux mètres. Malgré ses pattes palmées, elle se pose presque jamais sur l’eau, ses plumes n’étant pas imperméables. Elle passe alors l’essentiel de sa vie à planer, portée par les courants d’air au-dessus de la mer, et complète parfois son repas en poursuivant d’autres oiseaux marins jusqu’à ce qu’ils lâchent prise, un comportement bien documenté chez l’espèce.
Quand Irma a frappé la colonie
L’importance du sanctuaire est apparue plus clairement encore en septembre 2017. L’ouragan Irma frappe Barbuda et force l’évacuation de toute l’île vers Antigua. Une étude scientifique publiée en 2023 a montré que le cordon sableux qui protège la lagune, resté intact pendant 250 ans, s’est rompu en deux endroits sous la force de la tempête, une brèche encore ouverte quatre ans plus tard. La lagune a aussi perdu une partie de ses mangroves, au point qu’une association locale, la MEPA Trust, en replante depuis avec des bénévoles.
Vingt-huit jours après la tempête, l’écologiste barbudienne Shanna Challenger participe au premier comptage du sanctuaire depuis la catastrophe. Elle ne retrouve que 300 frégates. « Il y avait une baisse significative par rapport aux chiffres habituels », confie-t-elle alors à l’Antigua Observer. Personne ne sait encore si les oiseaux, comme les habitants, reviendront.
Le retour n’a pas effacé les pertes, mais il a révélé la capacité de la colonie à reprendre son cycle dans un environnement bouleversé. Aujourd’hui, le sanctuaire abrite de nouveau plus de 5 000 frégates. En 2025, un média spécialisé le décrit comme l’une des colonies les plus florissantes au monde, gérée par un conseil communautaire plutôt que par une agence lointaine, avec des guides qui transmettent ce savoir de génération en génération.
Plus qu'un décor de carte postale
Ce qui rend ce sanctuaire singulier n’est pas seulement la taille de la colonie. C’est la proximité entre un phénomène naturel majeur et une petite île dont l’identité entière est liée à ce paysage. La prochaine fois que Barbuda apparaît comme une simple carte postale de sable rose, il suffit de regarder vers Codrington Lagoon. Derrière la plage existe une autre histoire, celle d’une île devenue l’un des grands refuges de la frégate superbe dans cette partie du monde. Et si la vraie richesse de Barbuda se lisait d’abord dans ce qu’elle choisit de préserver pour demain ?
Plus de 5 000 frégates superbes vivent dans le sanctuaire de Codrington Lagoon, une colonie dont un recensement scientifique a compté 1 743 nids, l’une des plus importantes des Caraïbes.
Dans la lagune de Codrington, sur la côte ouest de Barbuda. Le site est classé zone humide d’importance internationale par la convention de Ramsar depuis 2005.
Oui, mais elle a été fortement réduite. Un comptage réalisé 28 jours après Irma en 2017 n’a retrouvé que 300 frégates, contre plus de 5 000 aujourd’hui.
À Saint-Laurent-du-Maroni, le voyage vers les Chutes Voltaire commence bien avant la première cascade. Depuis le bourg, la piste Paul Isnard conduit vers la forêt sur environ 70 kilomètres. Après plusieurs années de fermeture au public, le site vient de rouvrir après un programme de réhabilitation porté par la Collectivité territoriale de Guyane. L’objectif est triple : sécuriser le parcours, mieux accueillir les visiteurs et valoriser ce site naturel, sans faire disparaître ce qui donne à ce lieu son caractère particulier.
70 kilomètres avant le départ du sentier
Le chiffre donne l’échelle. La ZNIEFF « Cascades et crique Voltaire », référencée par l’Inventaire national du patrimoine naturel, débute au bout de la piste Paul Isnard, à 70 kilomètres au sud de Saint-Laurent-du-Maroni. Le Parc naturel régional de la Guyane indique également qu’il faut emprunter cette route depuis la ville, avant qu’elle ne devienne une piste.
Une fois arrivé, le trajet continue à pied. Le sentier des Chutes Voltaire est donné pour 5,3 kilomètres et environ trois heures de marche. Cette distance ne transforme pas le lieu en destination inaccessible, mais elle rappelle une évidence : ici, la découverte commence bien avant l’eau. La piste, la forêt et le chemin font partie de l’expérience.
Une réouverture pensée autour de la sécurité
La fermeture avait placé la question de l’accès au centre du problème. La réhabilitation devait donc agir sur plusieurs points. Une signalétique complète a été installée depuis le bourg de Saint-Laurent-du-Maroni, notamment le long de la piste Paul Isnard. Une nouvelle zone d’accueil comprend désormais une aire de stationnement, une place PMR, une barrière d’accès et un panneau d’information.
Le changement le plus visible est la reconstruction de la passerelle principale. Longue d’environ 21 mètres, elle permet de franchir la crique Voltaire. Elle a été conçue pour mieux résister aux épisodes de crue. Le sentier a également été réhabilité, avec plusieurs ouvrages destinés au franchissement des zones humides. Selon les informations communiquées lors de la réouverture, l’ensemble de ces aménagements a reçu les validations réglementaires et techniques nécessaires.
Chutes Voltaire : un paysage sans équivalent en Guyane
Les Chutes Voltaire ne se distinguent pas seulement par leur éloignement. C’est un secteur particulièrement accidenté, où la crique traverse des roches dures avant d’atteindre la zone des cascades. Sur environ 200 mètres, les Chutes Voltaire présentent un dénivelé de 35 mètres, qualifié de sans équivalent en Guyane par cette documentation officielle. Le site associe chutes d’eau, sauts, seuils rocheux, rapides et milieux forestiers. La zone est reconnue pour ses intérêts paysagers, géomorphologiques, écologiques, floristiques et faunistiques.
Un inventaire pluridisciplinaire mené en 2011 a notamment étudié la flore, les poissons, les reptiles, les amphibiens et les mammifères non volants. Cette richesse rappelle que l’ouverture au public doit aussi composer avec un environnement naturel sensible. La crique Voltaire appartient au bassin versant du Maroni et prend sa source dans un petit massif situé à l’est des montagnes de la Sparouine. Son cours s’étend sur environ 30 kilomètres. Dans sa partie amont, la vallée devient étroite et sinueuse : c’est là que se trouvent les cascades. Le relief explique ainsi la physionomie spectaculaire des Chutes Voltaire aujourd’hui.
Au pied des cascades, un accueil repensé
La réhabilitation ne s’arrête pas au sentier. Au pied des Chutes Voltaire, les visiteurs disposent désormais d’un grand carbet, d’un carbet feu, de carbets hamacs et de tables-bancs de pique-nique. Ces équipements doivent permettre une halte dans de meilleures conditions après la piste et la marche. La réouverture peut également soutenir l’attractivité touristique de l’Ouest guyanais. L’auberge située à l’entrée du site fait partie des activités locales susceptibles de bénéficier du retour des visiteurs. Ce lien entre patrimoine naturel et économie locale donne une autre dimension aux travaux réalisés.
Mais le défi ne sera pas seulement d’attirer davantage. Il faudra aussi préserver l’équilibre entre fréquentation, sécurité et respect du milieu. Aux Chutes Voltaire, la distance reste une donnée essentielle : 70 kilomètres de piste avant le sentier, puis la forêt et la crique avant les cascades. La réhabilitation rend le parcours plus sûr et plus confortable. Elle ne gomme pas l’éloignement. Et c’est peut-être précisément ce qui fait des Chutes Voltaire une destination à part dans l’Ouest guyanais.
Les Chutes Voltaire se trouvent dans l’Ouest guyanais, au sud de Saint-Laurent-du-Maroni. Leur accès se fait notamment par la piste Paul Isnard, sur environ 70 kilomètres avant d’atteindre le secteur du sentier.
Depuis Saint-Laurent-du-Maroni, il faut emprunter la route puis la piste Paul Isnard sur environ 70 kilomètres. Une fois sur place, le parcours se poursuit à pied par un sentier annoncé pour environ trois heures de marche.
La réhabilitation des Chutes Voltaire vise principalement à sécuriser le parcours et à améliorer l’accueil du public. Les travaux comprennent notamment une nouvelle signalétique, des aménagements d’accueil, la remise en état du sentier et une passerelle principale d’environ 21 mètres permettant de franchir la crique Voltaire.