Bahamas, Dean’s Blue Hole : le troisième plus profond trou bleu du monde

Vue aérienne du gouffre marin Dean’s Blue Hole, cerné de sable blanc, sur Long Island aux Bahamas

En avril 2008, une poignée d’apnéistes plongent dans un gouffre marin au sud de Long Island, aux Bahamas, et battent trois records du monde et vingt-trois records nationaux en dix jours de compétition. Depuis cette première édition, Dean’s Blue Hole, près de Clarence Town, s’est imposé comme l’un des rendez-vous mondiaux de l’apnée en poids constant.

Ce gouffre doit sa renommée à un chiffre précis, 202 mètres sous la surface, mesuré scientifiquement dès 1994. Longtemps présenté comme le plus profond trou bleu marin du monde, il occupe aujourd’hui, selon les autorités touristiques bahaméennes elles-mêmes, la troisième place de ce classement mondial, un rang que peu de destinations affichent aussi ouvertement.

Dean's Blue Hole, un gouffre en forme de cloche près de Clarence Town

Long Island s’étire sur environ 130 kilomètres, pour à peine 6 kilomètres dans sa plus grande largeur, et compte moins de 3 000 habitants. Clarence Town, sa capitale administrative, n’en regroupe qu’une centaine, entre quelques bâtiments de pierre datant de l’après-esclavage et deux églises construites par le même prêtre architecte au début du vingtième siècle.

À quelques minutes de là s’ouvre Dean’s Blue Hole, une entrée étroite dans le calcaire qui s’élargit brutalement sous l’eau en une chambre en forme de cloche. Le chercheur William Wilson en publie la première mesure scientifique précise en 1994, dans le Bahamas Journal of Science, 202 mètres de profondeur. Le calcaire poreux qui compose l’ensemble des Bahamas explique la concentration exceptionnelle de gouffres marins de ce type dans l’archipel, un phénomène rare ailleurs dans le monde.

Côte de Long Island aux Bahamas avec le gouffre marin Dean’s Blue Hole au bord de l’océan

202 mètres qui ont fait de Long Island un rendez-vous mondial de l'apnée

Une eau calme, sans courant, et une profondeur suffisante à quelques mètres du rivage, ce sont exactement les conditions que recherche l’apnée en poids constant, une discipline où l’athlète descend et remonte à la seule force de son corps, sans assistance. Dean’s Blue Hole réunit ces conditions mieux qu’aucun autre site accessible depuis la côte.

C’est ce qui a conduit l’apnéiste William Trubridge à y fonder, en 2008, la compétition Vertical Blue. Réservée aux athlètes invités, elle a depuis accueilli plusieurs records du monde, dont celui de la Britannique Sara Campbell en 2009. Chaque année, la petite communauté mondiale de l’apnée de compétition revient sur cette portion de Long Island, transformant un village de pêcheurs en rendez-vous suivi par les fédérations internationales du sport.

En juillet 2025, la quinzième édition de Vertical Blue a de nouveau fait descendre ce record. Le Français Arnaud Jerald y a établi un nouveau record du monde en poids constant bi-palmes, à 126 mètres, tandis que la Slovène Alenka Artnik a égalé la meilleure performance féminine de la discipline, à 123 mètres. Dix-sept ans après sa création, Dean’s Blue Hole continue donc, chaque été, de faire descendre un peu plus loin la limite du corps humain en apnée.

Falaise de calcaire et eaux turquoise de Dean’s Blue Hole avec une plateforme flottante sur Long Island aux Bahamas

Une troisième place mondiale, une exactitude que peu de destinations assument

Pendant des décennies, Dean’s Blue Hole a circulé dans les guides et les reportages comme le plus profond trou bleu marin du monde. Ce n’est plus le cas. Le Dragon Hole, en mer de Chine méridionale, le dépasse avec environ 301 mètres. Et une étude publiée en 2024 dans la revue Frontiers in Marine Science a mesuré le Taam Ja’, dans la baie de Chetumal, au Mexique, à plus de 420 mètres, sans que les chercheurs en aient encore atteint le fond.

Plutôt que de continuer à revendiquer un record dépassé, le site officiel du tourisme bahaméen affiche désormais Dean’s Blue Hole comme le troisième plus profond trou bleu marin du monde. Cette précision, rare dans un secteur qui préfère souvent le superlatif à l’exactitude, dit quelque chose du site lui-même, sa valeur ne tient pas à un classement, mais à ce que les apnéistes et les scientifiques continuent d’y trouver.

Vue du ciel de Dean’s Blue Hole Bahamas, cercle d’eau bleu profond bordé d’une plage de sable blanc

Long Island, un site protégé qui attire chaque année les apnéistes du monde

Le calcaire des Bahamas abrite la plus forte concentration de gouffres marins au monde, une richesse géologique documentée par la Bahamas National Trust, l’organisme national de conservation. Beaucoup de ces gouffres, dont Dean’s Blue Hole, restent des écosystèmes fragiles, sensibles au ruissellement et aux activités humaines proches du rivage.

Long Island, elle, a conservé une économie tournée vers la pêche et une petite agriculture, loin des grands complexes hôteliers d’autres îles bahaméennes. Chaque nouvelle mesure d’un gouffre marin, ailleurs dans le monde, peut encore redessiner ce classement des profondeurs. À Clarence Town, cela ne change rien à ce que les apnéistes viennent chercher chaque année dans les eaux calmes de Dean’s Blue Hole.

Nageur avec masque et tuba dans les eaux turquoise de Dean’s Blue Hole aux Bahamas

Dean’s Blue Hole atteint 202 mètres de profondeur sous la surface, une mesure établie par le chercheur William Wilson en 1994 dans le Bahamas Journal of Science. Le gouffre s’ouvre par une entrée étroite qui s’élargit brutalement sous l’eau en une vaste chambre en forme de cloche.

Non, il occupe aujourd’hui la troisième place mondiale. Le Dragon Hole, en mer de Chine méridionale, atteint environ 301 mètres, et le Taam Ja’, au Mexique, a été mesuré à plus de 420 mètres par une étude publiée en 2024.

Dean’s Blue Hole se trouve sur Long Island, aux Bahamas, à proximité de Clarence Town, la capitale administrative de l’île.

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