Rendez-vous aux Jardins : à perte de vue au Jardin de Balata

Jardin de Balata

Les Belcoua au Jardin de Balata

Pour les Rendez-vous aux Jardins 2026, le Jardin de Balata célèbre ses 40 ans d’ouverture au public autour d’une thématique qui résonne avec son ADN : la vue. RICHÈS KARAYIB suit la famille Belcoua à la rencontre des Jardins Remarquables de Martinique. Ce jour-là, entre palmiers royaux, bambous géants et panoramas sur la baie de Fort-de-France, ils découvrent qu’un jardin peut aussi se contempler comme un tableau vivant.

Jardin de Balata
La famille Belcoua sur le point de vue vers la baie

Émile et Jocelyne Belcoua s’engagent dans une allée bordée de palmiers royaux qui semblent caresser le ciel. Leur petit-fils Kévin marche entre eux deux, du même pas tranquille. À gauche, des fougères s’étirent ; à droite, un buisson de broméliacées éclate de couleurs. Au-dessus, la lumière filtre par les frondaisons et caresse les troncs moussus. La promenade n’a pas vraiment commencé qu’elle a déjà, d’une certaine manière, déjà eu lieu… dans cette première sensation d’apaisement qui descend sur les épaules.

Jardin de Balata

C’est précisément cette manière d’habiter le regard que le domaine entend partager les 6 et 7 juin prochains, à l’occasion de l’édition 2026 des Rendez-vous aux Jardins en Martinique, placée cette année sous le thème de la vue. Une thématique qui résonne particulièrement avec l’identité du lieu, où la nature tropicale se déploie sur quatre hectares en panoramas, en perspectives et en émerveillements successifs.

Le Jardin de Balata, une peinture à ciel ouvert

« Jean-Philippe Thoze a voulu faire un tableau vivant, grandeur nature, pour créer de l’émotion chez les visiteurs », raconte Rebecca Jean-Charles, directrice du Jardin de Balata.

C’est dans la maison créole de sa grand-mère que cet horticulteur, paysagiste et artiste dans l’âme commence à composer son jardin secret. Quatre ans plus tard, il en ouvre les portes au public.

En 2026, le lieu fête ses 40 ans d’ouverture.

Jardin de Balata
La maison créole de la grand-mère de Jean-Philippe Thoze.

Quatre hectares, plus de 3 000 espèces tropicales patiemment rassemblées : roses de porcelaine, hibiscus, héliconias, anthuriums, orchidées rares, broméliacées flamboyantes. Mais ce qui distingue le jardin de Balata, c’est la manière dont tout y a été composé.

« Peu importe où vous vous positionnez, vous avez toujours cette hauteur, cette profondeur, ces différentes couleurs qui ont été agencées pour donner un vrai travail artistique », souligne Rebecca Jean-Charles.

« On a l’impression de regarder une peinture à ciel ouvert. »

C’est ce regard d’artiste posé sur le végétal qui vaut au Jardin de Balata son label Jardin Remarquable, attribué par le ministère de la Culture. Une reconnaissance qui salue, au-delà de la collection botanique, la singularité d’une composition paysagère pensée comme une œuvre.

Jardin de Balata

Quarante ans que la vue se balade

Émile prend le temps. Jocelyne s’arrête devant chaque fleur, approche la main sans la poser, observe les nervures d’une feuille. Kévin marche à leur rythme, attentif, s’attarde devant un grand bambou dont les chaumes claquent doucement dans la brise.

« Cette sensation de bien-être n’a jamais failli », confie Carole Quarteron, directrice commerciale du Jardin de Balata, qui travaille ici depuis 36 ans.

« Le jardin reste toujours aussi apaisant. Au bout de 40 ans, ça n’a jamais bougé. »

Jardin de Balata
Jocelyne approche la main, sans jamais toucher.
Jardin de Balata
Jardin de Balata

Le secret de cette pérennité tient sans doute à un mot : la résilience.

« Ce jardin nous apprend la patience, la résilience. On a traversé beaucoup de choses ici », raconte Carole Quarteron, qui évoque sans s’attarder le passage du cyclone Dean en 2007, un moment où le jardin fut saccagé, où les arbres tombèrent par centaines, où les équipes ont dû tout reconstruire.

Aujourd’hui encore, ce sont elles qui font tenir le lieu.

« Les jardiniers arrivent à garder l’âme du jardin et à faire perdurer l’héritage que Monsieur Thoze a laissé », souligne Rebecca Jean-Charles.

Le passage du temps n’a fait qu’ajouter à la grâce du lieu : les troncs des palmiers royaux, désormais habillés de mousses et d’épiphytes, racontent une longue histoire silencieuse au visiteur attentif.

Jardin de Balata
Jardin de Balata

La vue marche, le regard se promène

« La vue ne fait que se balader ici. La vue marche », résume Carole Quarteron, avec cette formule qui dit tout.

« Chaque pas, dans chaque allée, va éblouir le regard. »

Les Belcoua avancent dans l’allée des bambous géants, véritable cathédrale verte aux colonnes qui s’élancent vers le ciel.

Plus loin, le jardin s’ouvre sur la zone des broméliacées, où des dizaines de variétés aux teintes rouges, jaunes et violacées composent une marqueterie végétale entre les fougères arborescentes.

Jardin de Balata

L’invitation, pour les visiteurs, est limpide : « Lever les yeux au ciel, regarder les palmiers, découvrir des choses au-dessus », comme le formule Carole Quarteron.

Et puis baisser le regard, observer le sol couvert de mousse, suivre du doigt la silhouette d’une héliconia rouge dressée comme une flamme.

Et puis, à un détour, s’arrêter devant la vue plongeante sur la baie de Fort-de-France. Les beaux jours, les Pitons du Carbet ajoutent leur silhouette au panorama.

« On a la vue sur la baie de Fort-de-France. On est dans un espace particulier », sourit Carole Quarteron.

Jardin de Balata
Jardin de Balata

À Balata, la faune fait partie du tableau.

« Les colibris sont un peu les stars du jardin », glisse Rebecca Jean-Charles.

Ces oiseaux minuscules, présents en grand nombre, suspendent leur vol au-dessus des fleurs, un moment magique pour qui sait s’arrêter et regarder.

Jardin de Balata
Les emblématiques colibris

Rendez-vous aux Jardins 2026 : s'arrêter, se poser, regarder en famille

À l’heure où l’on parle beaucoup de reconnexion sans toujours savoir où la chercher, le Jardin de Balata offre une réponse simple et entière.

« Le jardin de Balata nous apprend à nous rapprocher de la nature, à se reconnecter avec les choses simples qui sont essentielles, à se ressourcer », explique Rebecca Jean-Charles.

« Quand les visiteurs viennent ici, ils sont éblouis par toutes ces belles choses que la nature peut offrir. »

Jardin de Balata

C’est aussi un lieu profondément ancré dans le patrimoine martiniquais. Pour Carole Quarteron, l’enjeu est que la Martinique entière s’approprie ce lieu et continue à venir le découvrir.

Patrimoine naturel autant que culturel, Balata accueille à la fois les Martiniquais qui y reviennent saison après saison et les visiteurs venus de plus loin, tous repartent avec ce même apaisement dans le regard.

« On cherche à permettre à chacun de s’arrêter, de se poser, de regarder », conclut Carole Quarteron.

Pour Émile, Jocelyne et Kévin, le voyage continue,  il leur reste d’autres jardins à découvrir. Mais à Balata, l’invitation est claire : revenir, encore et encore. Et qu’il dure encore quarante ans et au delà.

📌 EN PRATIQUE

Rendez-vous aux Jardins 2026 – Jardin de Balata

📅 Samedi 6 et dimanche 7 juin 2026

📍 Route de Balata, 97234 Fort-de-France, Martinique

🕘 Ouvert toute l’année, de 9h à 18h (dernière entrée à 16h30)

🌿 Visite en autonomie – comptez entre 1h30 et 2h de promenade

Une exploration signée RICHÈS KARAYIB à l’occasion des Rendez-vous aux Jardins 2026, en partenariat avec la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de Martinique.

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