La 13ᵉ Réunion des Directeurs de l’Aviation civile de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale et de la Caraïbe (OACI NACC/DCA/13) a réuni décideurs publics, responsables d’autorités civiles et partenaires techniques pour dresser les priorités régionales en matière de sécurité, d’interopérabilité et de connectivité. Le rendez-vous s’est tenu au Sheraton de Saint-Domingue, sous l’égide du bureau régional NACC de l’Organisation de l’aviation civile internationale et de l’Institut dominicain de l’aviation civile (IDAC).
Au cœur des échanges, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a présenté, par l’intermédiaire de la Direction de la sécurité de l’aviation civile Antilles-Guyane (DSAC-AG), deux chantiers structurants : la Première Conférence de l’aérien en Martinique et le site pilote LAC eFTI4all. L’objectif affiché : renforcer les liaisons long-courriers et intra-régionales, optimiser le fret, accélérer la dématérialisation des flux d’informations et inscrire le territoire dans une trajectoire d’innovation au service de la Grande Caraïbe, dans la continuité d’OACI NACC/DCA/13.
Une visibilité assumée dans un forum stratégique
Le format OACI NACC/DCA/13 est un rendez-vous opérationnel majeur pour les autorités civiles de la zone : ordre du jour, sessions techniques et ateliers de planification visent à partager retours d’expérience et feuilles de route communes. Sa tenue du 4 au 7 août 2025 confirme l’importance de ce forum pour les États et territoires membres.
Dans ce contexte, la Martinique s’appuie sur la DSAC Antilles-Guyane — autorité compétente pour la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, Saint-Barthélemy et Saint-Martin — pour porter ses priorités : sûreté, qualité du service, fluidité des opérations au sol et en vol, articulation avec les infrastructures portuaires et logistiques, en cohérence avec les engagements rappelés à OACI NACC/DCA/13.
Deux annonces structurantes
Cette double annonce s’inscrit dans la feuille de route discutée à OACI NACC/DCA/13 et portée par la Commission Stratégie logistique du territoire, présidée par Sandra Casanova sous l’impulsion du président du Conseil exécutif Serge Letchimy.
1) Première Conférence de l’aérien en Martinique
Pensée comme un rendez-vous de travail associant compagnies, gestionnaires d’infrastructures, opérateurs de services et acteurs institutionnels, la conférence vise trois résultats :
- ✅Renforcer les liaisons (long-courriers et intra-régionales) afin d’améliorer la desserte, réduire la dépendance à quelques hubs et sécuriser la continuité territoriale ;
- ✅Améliorer la capacité fret, facteur décisif pour la compétitivité des filières exportatrices et l’approvisionnement des marchés insulaires ;
- ✅Accélérer l’innovation (équipements et procédures), avec un accent sur l’efficacité énergétique et la performance opérationnelle.
Cette conférence se veut un catalyseur pour positionner la Martinique comme un acteur clé dans le réseau aérien régional et transatlantique.
2) Site pilote LAC eFTI4all
Le deuxième axe est numérique : la Martinique sert de site pilote pour eFTI4all, projet européen qui met en œuvre le règlement eFTI (UE 2020/1056) et vise la dématérialisation des documents de transport. Concrètement, il s’agit de rendre interopérables et juridiquement fiables les échanges d’informations (expéditions, formalités, contrôles) entre entreprises et autorités, du premier kilomètre au dernier. À l’échelle des corridors Europe-Caraïbe, la réduction des délais, des erreurs et des coûts administratifs constitue un gain direct pour les entreprises et pour les administrations de contrôle.
Pourquoi est-ce que c’est déterminant pour la Grande Caraïbe ?
L’économie régionale repose sur une chaîne logistique où aérien et maritime se complètent. En standardisant les données et en fiabilisant leur circulation, la démarche portée à OACI NACC/DCA/13 permet d’anticiper les ruptures de charge, d’améliorer la prévisibilité des opérations et de gagner des jours sur certains flux sensibles (pièces détachées, produits de santé, haute valeur). Pour les compagnies et les transitaires, l’enjeu n’est pas uniquement technologique : c’est une question de compétitivité et de résilience face aux aléas climatiques, aux pics de demande et aux contraintes réglementaires.
Côté passagers, la conférence annoncée en Martinique doit aider à structurer des liaisons plus régulières et mieux coordonnées entre îles et grands aéroports continentaux. La qualité de service dépend autant des capacités en piste et des salles d’embarquement que des procédures et de la qualité des données transmises en amont. L’arrimage entre réflexion stratégique et mises à l’échelle concrètes (slots, maintenance, handling, sûreté) sera donc observé de près par l’ensemble des opérateurs.
Gouvernance et coopération
La démarche martiniquaise repose sur une gouvernance claire : la CTM fixe le cap, la Commission Stratégie logistique en assure la coordination, et la DSAC-AG garantit l’alignement avec les exigences de sécurité et de conformité. Ce triptyque politique-opérationnel-réglementaire, présenté à OACI NACC/DCA/13, est indispensable pour passer des annonces aux réalisations.
Prochaines étapes
- 🔜 Calendrier opérationnel : publication du programme détaillé de la Première Conférence de l’aérien en Martinique (format, intervenants, livrables attendus) et articulation avec les axes de travail définis par OACI NACC/DCA/13.
- 🔜 eFTI4all : consolidation des cas d’usage dans la zone LAC (Latin America & Caribbean) et mise à disposition d’outils pour les entreprises (interfaces, référentiels d’échange, guides de conformité).
- 🔜 Partenariats : mobilisation des compagnies aériennes, opérateurs portuaires, logisticiens, centres de recherche et administrations pour tester, évaluer et déployer des solutions communes — avec la Martinique comme tête de pont.
La participation active de la Martinique à OACI NACC/DCA/13 ne relève pas d’une simple présence institutionnelle : elle formalise un cap où la connectivité, le fret et la donnée fiable se rejoignent. La Première Conférence de l’aérien en Martinique vise à organiser la montée en puissance des liaisons régionales et des capacités, tandis que eFTI4all apporte l’infrastructure numérique nécessaire pour fluidifier et sécuriser les échanges. À l’échelle caribéenne, l’enjeu est clair : gagner en performance sans transiger sur la sécurité ni sur la transparence des opérations.