Martinique – Professionnaliser la filière musicale : la SACEM mise sur la concertation locale.

SACEM

Dans le cadre de la soirée SACEM CONNECT organisée à Ti Sable, professionnels, institutions et artistes se sont réunis autour d’un objectif clair : structurer et professionnaliser la filière musicale martiniquaise. Un événement fondateur où se sont croisés paroles de terrain, dispositifs concrets et véritables appels à l’unité pour faire évoluer les pratiques. 

La musique comme levier économique et culturel

Autour de la déléguée régionale SACEM (Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique), Emmanuelle Bruch, et d’Alain Marlin, président de la Commission du CA de la SACEM, plusieurs acteurs clés du territoire sont intervenus :

  • ★ Pierrette Betto (CNM – Centre National de la Musique)
  • ★ Julie Rosenkranz (GIP Cafés-Cultures)
  • ★ George Louisia et Alfred Salomon pour la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM)
  • ★ Johan Hilel Hamel pour la Direction des Affaires Culturelles (DAC)
  • ★ Serge Notte pour France Travail / GUSO (Guichet unique du spectacle occasionnel)
  • ★ Christophe Lupon pour l’UMIH Martinique (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie)
  • ★ Et Diego Esteban, hôte de la soirée et gérant du Ti Sable
SACEM

Des dispositifs d’accompagnement variés ont été présentés : résidences de création, soutien à la diffusion, aides à l’intermittence, appui à l’équipement des lieux culturels, accompagnement à la structuration de projets ou encore formations professionnelles.

Le GIP Cafés Cultures a été mis en avant comme un dispositif phare pour permettre aux cafés, hôtels, restaurants ou collectivités d’embaucher des artistes en toute légalité grâce à une prise en charge partielle des cachets et charges sociales. Un outil essentiel pour professionnaliser la scène locale.

Des freins persistants, des solutions collectives

Les échanges lors du SACEM CONNECT ont été nourris, souvent francs, autour de questions centrales : retards de paiements institutionnels, manque de lieux adaptés, artistes non déclarés, méconnaissance des dispositifs… Des témoignages d’artistes et de diffuseurs ont mis en lumière la complexité du système, mais aussi la nécessité de changer les pratiques à tous les niveaux.

« Les artistes doivent refuser de jouer au noir. Et les diffuseurs doivent assumer leur rôle d’employeurs. C’est ensemble qu’on peut changer la donne. » – Diego Esteban, Ti Sable.

L’idée d’un contrat de filière musicale pour la Martinique, inspiré de celui mis en place à La Réunion, a été évoquée comme levier de structuration.

Un premier pas vers une dynamique pérenne

Plus qu’une simple présentation de dispositifs, cette soirée a permis de connecter les acteurs d’un même écosystème culturel, souvent isolés dans leurs réalités respectives. La SACEM, en initiant ce format, pose les bases d’une dynamique de gouvernance partagée, au service d’une filière musicale plus forte, plus juste et plus viable économiquement.

« Ce n’est qu’un début. Mais c’est ensemble, artistes, restaurateurs, institutions, que nous pourrons aller plus loin. » – Emmanuelle Bruch, SACEM Martinique-Guyane.

SACEM
SACEM

Une soirée qui se termine en musique

L’événement ne pouvait se conclure autrement que par une ambiance musicale à la hauteur de son ambition. Sur la scène ouverte du Ti Sable, plusieurs artistes ont offert un moment de partage festif et chaleureux : Maher Beauroy, Brice Bapté, le groupe EKANGA avec Loy Sonja, Lanah, Politik Nai et leurs musiciens. Un cadre idyllique, les pieds dans le sable, pour rappeler que la musique est avant tout un art de la rencontre  et un formidable moteur de lien et de transformation.

Guide pratique - Organisation d'un événement en musique

Scannez le QR-code ou cliquez ICI  pour retrouver le guide pour bien organiser un événement en musique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

Sa sa pé foutew
HISTOIRE et PATRIMOINE
Tolotra

Martinique – « Sa sa pé foutew » : la formule créole propulsée par Netflix portés par Bandi

Avec Bandi, série Netflix de 2026 située en Martinique, huit épisodes ont fait circuler une expression créole martiniquaise bien au-delà de son territoire d’origine. « Sa sa pé foutew » signifie bien plus que « qu’est-ce que ça peut te faire ? ». C’est une manière de poser une limite, parfois avec humour, parfois avec fermeté, toujours avec une part d’identité. Trois mots, une frontière Trois mots créoles, une question, et une attitude. Quand la série Bandi est arrivée sur Netflix en 2026, elle a apporté avec elle une formule que de nombreux Martiniquais reconnaissent : « sa sa pé foutew ». Pour les uns, c’est de la fierté. Pour les autres, c’est une victoire silencieuse. Pour tous ceux qui savent ce que ces mots portent dans une conversation, c’est un moment qui compte. Littéralement, l’expression peut se traduire par « qu’est-ce que ça peut te faire ? » ou

Lire la suite "
Michael Jackson
ACTUS
Tolotra

Biopic de Michael Jackson : Kingston 1975, l’autre scène de la légende

Biopic de Michael Jackson arrive avec le poids des grands récits hollywoodiens : une figure mondiale, une famille célèbre, une œuvre qui continue de remplir les salles et de faire remonter les chansons dans les classements. Réalisé par Antoine Fuqua, le film met Jaafar Jackson, neveu de Michael Jackson, dans le rôle principal, avec une sortie annoncée le 24 avril 2026 sur le site officiel du film. Mais derrière cette actualité très commentée, une autre image mérite d’être relue depuis la Caraïbe : Bob Marley sur la scène du National Stadium de Kingston, le 8 mars 1975, lors d’un concert des Jackson Five. Un film qui s’impose au box-office Le film n’a pas seulement réveillé la curiosité autour de Michael Jackson. Il a aussi créé un événement commercial majeur. Selon l’Associated Press, Michael a réalisé 97 millions de dollars de recettes aux États-Unis et au Canada pour son premier week-end,

Lire la suite "
WAL FEST
Gestion d'événements
Tolotra

Guadeloupe – WAL FEST 2026 : 12 fresques pour transformer Le Raizet

Du 9 au 17 mai 2026, le quartier du Raizet, aux Abymes, accueillera le WAL FEST 2026, annoncé comme le premier grand festival d’art urbain de Guadeloupe. Pendant dix jours, 15 artistes venus de Guadeloupe et d’ailleurs réaliseront 12 fresques monumentales. L’objectif affiché est clair : faire du quartier un musée à ciel ouvert, permanent et gratuit. Un quartier des Abymes placé au centre du projet Au Raizet, les murs des résidences Les Esses 1, 2, 3 et des Quartiers 1 et 2 de la SIG ne seront pas de simples supports. Ils deviendront le cœur visible d’un projet culturel pensé avec les habitants, les associations de quartier et le centre socio-culturel du Raizet. Le WAL FEST 2026 ne veut pas seulement montrer des œuvres achevées. Il veut rendre visible le geste artistique, le travail en direct, les échanges, les hésitations et les rencontres. Co-organisé par l’association WAL, Wad Al

Lire la suite "

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande