Face à un navire de 6 000 EVP illuminé opérant en pleine nuit, au neuvième étage du Poséidon, avec une vue plongeante sur le terminal de Fort-de-France, le lancement du service maritime PCRF XL porté pr CMA CGM offrait une scène révélatrice de la transformation en cours.
Sous les projecteurs du terminal, cavaliers portuaires et conteneurs se déplacent au rythme des opérations nocturnes, donnant à voir l’infrastructure logistique qui relie quotidiennement la Martinique au reste du monde.
Mais derrière cette mécanique portuaire se dessine une question plus large : et si ces nouvelles routes maritimes, au-delà du transport de marchandises, contribuaient aussi à redéfinir la place des territoires caribéens dans les échanges économiques et culturels de la région ?
À l’échelle régionale, ces connexions pourraient aussi faciliter l’organisation d’expositions itinérantes, ainsi que le transport d’œuvres, d’instruments ou de productions audiovisuelles entre les îles — une réalité logistique souvent déterminante pour les projets culturels dans la Caraïbe.
Porté par CMA CGM, le service PCRF XL s’inscrit dans une transformation progressive des liaisons maritimes reliant l’Europe, les territoires français de la Caraïbe, la Caraïbe régionale et l’Amérique latine.
En une vingtaine d’années, les navires opérant sur ces routes ont connu plusieurs évolutions majeures : des unités de 1 700 EVP jusqu’en 2006, puis des navires de 2 200 EVP, suivis de navires de 3 500 EVP, jusqu’aux porte-conteneurs de 6 000 EVP désormais déployés depuis 2026 par CMA CGM.
Cette montée en capacité illustre un changement d’échelle. Elle accompagne aussi une ambition plus large : renforcer la place des territoires français de la Caraïbe dans les grands flux maritimes reliant l’Europe, l’Amérique latine et l’ensemble du bassin caribéen, dans une stratégie portée notamment par CMA CGM .
Une position stratégique entre Caraïbe et Amérique latine
La stratégie repose en grande partie sur la position géographique de la région. Situées à proximité des grandes routes maritimes reliant l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et le canal de Panama, la Martinique et la Guadeloupe occupent un point d’articulation entre plusieurs espaces économiques, un positionnement que souligne également CMA CGM dans ses analyses logistiques..
Comme l’a rappelé Guillaume de Chastellux lors de la présentation du projet :
« Les Antilles, c’est quand même la porte d’entrée de la Caraïbe. On est à la croisée de l’Amérique latine, face au canal de Panama avec l’ouverture sur l’océan Pacifique, et avec l’Europe et la Méditerranée de l’autre côté. »
Dans ce contexte, la modernisation des infrastructures portuaires et l’arrivée de navires de plus grande capacité ne constituent pas seulement une évolution technique. Elles participent à repositionner les territoires français de la Caraïbe dans les échanges régionaux et même internationaux.
Le projet de hub maritime porté par CMA CGM en partenariat avec les Grands Ports Maritimes de Martinique et de Guadeloupe vise ainsi à porter la capacité globale de transbordement des deux îles à environ 300 000 EVP par an, contre 68 000 aujourd’hui.
Regarder les opportunités à l’échelle régionale
Au-delà des infrastructures, les responsables du groupe ont insisté sur la dimension régionale de cette évolution lors de la présentation organisée par CMA CGM..
Guillaume de Chastellux l’a formulé de manière explicite :
« J’invite absolument tous nos clients et partenaires à sortir de leur territoire et à regarder les opportunités dans la région — commerce, industrie, transformation, réexportation, consolidation de marchandises. Tout le champ des possibles est très large. »
Cette invitation à élargir les perspectives renvoie directement aux dynamiques régionales de la Caraïbe et de l’Amérique latine. Dans cet espace composé d’archipels, de littoraux et de territoires continentaux, la mer reste un vecteur central des échanges, une réalité que souligne régulièrement CMA CGM dans ses stratégies de développement régional..
Renforcer les connexions maritimes peut ainsi faciliter les flux commerciaux, mais aussi encourager de nouvelles coopérations entre territoires.
Un ancrage territorial et culturel
Si la dimension logistique du projet est centrale, l’événement a également rappelé que l’action du groupe s’inscrit dans un environnement territorial plus large. À travers sa fondation et ses initiatives locales, CMA CGM soutient plusieurs projets sociaux, culturels et environnementaux dans les territoires français de la Caraïbe.
Parmi ces engagements figure notamment le soutien à la Yole ronde de Martinique, discipline nautique emblématique du patrimoine maritime martiniquais et symbole vivant de la relation entre la mer et l’identité de l’île.
Le groupe accompagne également des actions d’insertion professionnelle pour les jeunes, notamment à travers des programmes menés avec le RSMA, ainsi que plusieurs initiatives solidaires auprès d’organisations locales telles que la Banque alimentaire ou la Croix-Rouge. Des actions en faveur de l’environnement, notamment autour de la préservation de la mangrove, complètent cet engagement.
Une nouvelle étape pour le rôle maritime de la Martinique
Aujourd’hui, trois lignes maritimes de CMA CGM desservent le port de Fort-de-France. À l’horizon 2027, ce nombre devrait atteindre six lignes, venant s’intégrer dans un réseau plus large d’environ dix-neuf lignes opérant dans la zone caribéenne. Cette évolution pourrait renforcer la place de la Martinique dans les échanges régionaux, en facilitant les connexions entre les îles de la Caraïbe, l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud et l’Europe.
À mesure que ces connexions se développent, une autre question apparaît : celle de savoir comment ces nouvelles routes maritimes pourraient, à terme, contribuer aussi au rayonnement plus large des territoires caribéens dans la région et au-delà.
La Caraïbe se situe au croisement des grandes routes maritimes reliant l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et le canal de Panama. Une amélioration des connexions maritimes permet donc de faciliter les échanges commerciaux, de renforcer les relations économiques régionales et d’accroître la circulation des biens entre les îles et les continents voisins.
Le service PCRF XL vise à moderniser les liaisons maritimes entre l’Europe, les territoires français de la Caraïbe, la Caraïbe régionale et l’Amérique latine. L’utilisation de navires de 6 000 EVP permet d’augmenter la capacité de transport et d’améliorer l’efficacité logistique dans la région.
Leur position géographique au cœur du bassin caribéen constitue un avantage stratégique. Situées entre l’Europe, l’Amérique latine et les routes maritimes du canal de Panama, elles peuvent servir de plateformes de transbordement pour redistribuer les marchandises vers les îles voisines et les marchés régionaux.