La Martinique prend une nouvelle place au sein de l’Association des États de la Caraïbe. Pour 2026-2027, elle rejoint le Bureau exécutif du Comité spécial sur le développement du commerce et les relations économiques extérieures, en qualité de Rapporteur. Derrière cette fonction institutionnelle, un enjeu très concret se dessine : mieux relier transport, logistique et accès aux marchés de la Grande Caraïbe.
Sandra Casanova au cœur de cette nouvelle étape
La responsabilité sera assumée par Sandra Casanova, conseillère à l’Assemblée de Martinique et présidente de la Commission Stratégie logistique du territoire, Politique de la recherche et de l’innovation. Le Bureau exécutif réunit la République dominicaine à la présidence, la Colombie et le Guatemala aux vice-présidences, et la Martinique comme Rapporteur. Dans ce rôle, le territoire contribue notamment à formaliser les travaux du Comité et à restituer les positions et décisions issues des échanges.
Une première réunion du Bureau s’est tenue le 13 août, à l’invitation de la Direction des transports, du commerce et du développement durable de l’AEC. Elle a permis d’examiner le programme de travail et les prochaines priorités.
Du transport au commerce, une même logique
Cette désignation ne part pas de zéro. La Martinique a déjà exercé plusieurs mandats au Bureau exécutif du Comité spécial sur le transport, d’abord à la présidence puis à la vice-présidence. Le dernier s’est achevé en juin 2026. Passer du transport au commerce pourrait sembler marquer un changement de sujet. Au contraire, c’est l’idée d’une continuité. Car avant qu’un produit atteigne un marché, il doit circuler.
Transport maritime ou aérien, opérations portuaires, stockage, douane, contrôles sanitaires, documents, normes, certification, distribution: chaque étape peut faciliter ou ralentir l’accès à un marché. Pour un territoire insulaire, la compétitivité ne dépend donc pas seulement du prix d’un produit. Elle dépend aussi du coût du transport, des délais, de la fiabilité de la chaîne et de la fluidité des procédures.
Quand la proximité géographique ne suffit pas
Dans la Caraïbe, être voisin ne signifie pas automatiquement commercer facilement. Les distances peuvent être courtes, mais une marchandise doit tout de même franchir plusieurs étapes avant d’arriver chez son acheteur. L’AEC place justement le commerce, le transport et le développement durable dans une même direction de son Secrétariat. Son plan stratégique « Grande Caraïbe 2035 : un horizon partagé » considère également le commerce, les relations économiques extérieures, le transport et la connectivité comme des priorités interdépendantes.
La nouvelle fonction de la Martinique s’inscrit ainsi dans une question très concrète : comment rendre les échanges régionaux plus fluides et faciliter l’accès des entreprises aux marchés voisins ?
Caribéenne par sa géographie, européenne par son statut
Le sujet touche aussi à une singularité martiniquaise. Serge Letchimy résume cette position par une formule : la Martinique est « caribéenne par sa géographie et européenne par son statut ». Cette double appartenance peut créer des contraintes, mais la Collectivité souhaite aussi en faire un levier économique. L’objectif affiché est de mieux intégrer le territoire aux chaînes de valeur de la Grande Caraïbe, tout en poursuivant les travaux déjà engagés en matière de logistique.
Le projet européen eFTI4ALL, cité dans le communiqué, participe de cette orientation. Il porte sur la dématérialisation des informations réglementaires liées au transport de marchandises, un sujet technique qui rejoint directement la question de la fluidité des échanges.
Association des États de la Caraïbe (AEC): de la présence institutionnelle aux marchés caribéens
Créée en 1994, l’Association des États de la Caraïbe est un espace de consultation, de coopération et d’action concertée dans la Grande Caraïbe. La Martinique y siège comme membre associé. Son arrivée au Bureau exécutif du commerce renforce désormais sa présence dans un domaine directement lié aux échanges économiques. Mais un siège, à lui seul, ne transforme pas les flux commerciaux.
Le véritable enjeu commencera donc après la nomination : convertir cette présence institutionnelle en procédures plus simples, en connexions plus fiables et, surtout, en opportunités accessibles aux entreprises. C’est désormais le défi concret. La Martinique pourra-t-elle faire de sa place dans l’AEC un véritable pont entre proximité caribéenne et réalité économique ?
Pour 2026-2027, la Martinique siège au Bureau exécutif du Comité spécial sur le développement du commerce et les relations économiques extérieures de l’AEC, en qualité de Rapporteur. Elle contribue notamment à formaliser et restituer les positions et décisions issues des travaux du Comité.
La fonction de Rapporteur est assumée par Sandra Casanova, conseillère à l’Assemblée de Martinique et présidente de la Commission Stratégie logistique du territoire, Politique de la recherche et de l’innovation. Le Bureau comprend également la République dominicaine à la présidence, ainsi que la Colombie et le Guatemala aux vice-présidences.
Ce passage s’inscrit dans une continuité : le transport et la logistique conditionnent directement la capacité à commercer. Ports, transport maritime ou aérien, douanes, stockage, normes et procédures influencent les coûts, les délais et l’accès des entreprises aux marchés de la Grande Caraïbe.