Women of Dominica rĂ©unit dix femmes de gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes autour d’un mĂªme rĂ©cit, celui du patrimoine crĂ©ole de la Dominique. Le documentaire, signĂ© par la scientifique de l’environnement devenue cinĂ©aste Farrah La Ronde-Hutchison, sera projetĂ© pour la première fois aux États-Unis le 5 septembre Ă Miami, avant une sortie plus large annoncĂ©e pour 2027. Parmi les voix rĂ©unies, celle d’Ophelia Marie, figure historique de la musique dominiquaise.
Une histoire de transmission, entre une mère et sa fille
Le projet Women of Dominica part d’une histoire de famille. En 2019, la mère de Farrah La Ronde-Hutchison a reçu le Golden Drum, une distinction dominiquaise consacrĂ©e Ă la prĂ©servation de la tenue traditionnelle crĂ©ole. Elle portait cette responsabilitĂ© depuis plus de trente-cinq ans, transmettant Ă sa fille les gestes et les tissus d’un habit que peu de jeunes gĂ©nĂ©rations savent encore nouer aujourd’hui.
C’est cette transmission de mère en fille qui a donnĂ© Ă Farrah La Ronde-Hutchison l’idĂ©e d’un film sur les femmes de son Ă®le. Elle voulait raconter, Ă travers d’autres parcours que le sien, ce que la Dominique doit Ă ses gardiennes de mĂ©moire, celles qui enseignent une danse, un chant ou une manière de coudre sans que cela figure jamais dans un livre d’histoire officiel.
Six ans de tournage pour Women of Dominica
Scientifique de l’environnement de formation et fondatrice de l’ONG Wild Dominica Conservancy, Farrah La Ronde-Hutchison a mis six ans Ă tourner Women of Dominica. Le documentaire rĂ©unit dix femmes de gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes, chanteuses, Ă©ducatrices, Ă©cologistes ou ambassadrices culturelles, qui racontent la Dominique par leurs propres mots plutĂ´t que par la voix d’un narrateur extĂ©rieur.
Le principe du film tient en une idĂ©e simple, laisser ces femmes parler de fĂ©minitĂ©, de mentorat et de sororitĂ© sans les rĂ©duire Ă un rĂ´le unique. Le projet a d’abord Ă©tĂ© financĂ© par une campagne de financement participatif sur Kickstarter, portĂ©e par une communautĂ© qui a suivi le tournage pendant six ans avant de pouvoir enfin voir Women of Dominica sur grand Ă©cran.
Ophelia Marie et neuf autres voix de la Dominique
Parmi les dix femmes rĂ©unies dans Women of Dominica figure Ophelia Marie, surnommĂ©e la marraine de la cadence-lypso, ce genre musical nĂ© en Dominique qu’elle a contribuĂ© Ă populariser bien au-delĂ de la CaraĂ¯be francophone dans les annĂ©es 1970. Le film rassemble aussi la conservationniste Jeanelle Brisbane, l’ambassadrice culturelle kalinago Miranda Langlais, l’artiste et crĂ©atrice de mode Marvlyn La Ronde et la calypsonienne Tasha Peltier.
Les six autres voix de Women of Dominica viennent Ă©largir encore le portrait, la chanteuse et autrice-compositrice Michele Henderson, l’Ă©ducatrice musicale et responsable culturelle Pearle Christian, l’Ă©ducatrice Leandra Lander, la militante environnementale Shannon St. Hillaire, ainsi que la spĂ©cialiste des ressources naturelles Marie Jose Edwards. Ces dix parcours sont rĂ©unis sans hiĂ©rarchie apparente entre notoriĂ©tĂ© nationale et engagement plus discret. Le fil commun de Women of Dominica est moins la renommĂ©e individuelle de chacune que ce qu’elles transmettent, un savoir-faire textile, un chant, une manière de tenir debout après un ouragan.
Le kwĂ©yĂ²l et la rĂ©silience au cÅ“ur du rĂ©cit
Cette dernière dimension traverse tout le film. La Dominique, comme une grande partie de l’arc caribĂ©en, vit avec la mĂ©moire de catastrophes naturelles rĂ©currentes, et Women of Dominica choisit de raconter la rĂ©silience communautaire Ă hauteur de femmes plutĂ´t qu’Ă travers des statistiques.
Le documentaire s’attarde aussi sur le kwĂ©yĂ²l, le crĂ©ole Ă base française toujours parlĂ© sur l’Ă®le malgrĂ© son statut anglophone officiel, ainsi que sur la cuisine et les paysages qui accompagnent le tournage, dont le sentier de la rĂ©serve naturelle de Morne Diablotin. Ce point linguistique rappelle que la Dominique, souvent rangĂ©e dans la CaraĂ¯be anglophone, reste aussi une terre crĂ©ole, un point commun qu’elle partage avec ses voisines francophones, la Martinique et la Guadeloupe.
OĂ¹ voir Women of Dominica ? La première Ă Miami le 5 septembre
Women of Dominica doit Ăªtre projetĂ© le samedi 5 septembre Ă Miami, au Silverspot Cinema, dans le cadre de l’Urban Film Festival. Le festival fĂªte cette annĂ©e sa onzième Ă©dition pendant le week-end de Labor Day, avec près de deux cents films indĂ©pendants prĂ©sentĂ©s entre le quartier historique d’Overtown et le centre-ville de Miami.
Ce sera la première projection publique de Women of Dominica aux États-Unis, avant la sortie plus large annoncĂ©e pour 2027. Historic Overtown, quartier longtemps surnommĂ© le Harlem du Sud pour son rĂ´le central dans la vie culturelle afro-amĂ©ricaine de Miami avant d’Ăªtre fragilisĂ© par des dĂ©cennies de rĂ©novation urbaine, n’est pas un simple dĂ©cor pour le festival. C’est dans ce mĂªme quartier que s’ouvre chaque annĂ©e sa programmation, avant que les projections ne se poursuivent au centre-ville.
Une île encore peu montrée à l'écran
En attendant la sortie annoncĂ©e pour 2027, Women of Dominica pose une question simple Ă qui a grandi loin de son Ă®le, ou mĂªme sur elle, ce que l’on choisit de transmettre quand on a soi-mĂªme reçu un habit, un chant ou une leçon de rĂ©sistance. Peu de documentaires ont jusqu’ici donnĂ© la parole aux Dominiquaises elles-mĂªmes sur ce que reprĂ©sente leur Ă®le, ce qui fait de ce film une première Ă©tape avant, peut-Ăªtre, d’autres rĂ©cits du mĂªme genre.
Women of Dominica est un documentaire rĂ©alisĂ© par Farrah La Ronde-Hutchison qui rĂ©unit dix femmes dominiquaises de gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes autour de la transmission, du patrimoine crĂ©ole et de la rĂ©silience face aux catastrophes naturelles. Le tournage s’est Ă©talĂ© sur six ans.
Women of Dominica est projetĂ© le samedi 5 septembre 2026 Ă Miami, au Silverspot Cinema, dans le cadre de l’Urban Film Festival. Il s’agit de sa première projection publique aux États-Unis, avant une sortie plus large annoncĂ©e pour 2027.
Parmi les dix femmes figurent la chanteuse Ophelia Marie, surnommĂ©e la marraine de la cadence-lypso, la conservationniste Jeanelle Brisbane, l’ambassadrice culturelle kalinago Miranda Langlais, l’artiste et crĂ©atrice de mode Marvlyn La Ronde et la calypsonienne Tasha Peltier.