Coro (Venezuela) : une ville de terre qui garde l’empreinte des Pays-Bas

Rue pavée du centre historique de Coro avec des maisons coloniales jaune, turquoise et rouge, au Venezuela

Coro, dans l’État de Falcón, au Venezuela, a été fondée le 26 juillet 1527. Première ville de la province du Venezuela, elle en reste la capitale jusqu’en 1576. Ses murs de terre, ses fenêtres de fer forgé et son port tourné vers Curaçao en font l’une des villes les plus singulières de la Caraïbe.

Le 3 août 1806, un drapeau jaune, bleu et rouge est hissé sur le Fortín de San Pedro, à La Vela de Coro. C’est la première fois qu’il flotte sur le territoire de l’actuel Venezuela. Francisco de Miranda, qui dirige l’expédition, marche ensuite vers la ville. Il ne trouve pas le soutien espéré et se retire quelques jours plus tard. Le Venezuela fête aujourd’hui le 3 août comme Journée du drapeau.

Coro, Venezuela : une ville fondée le 26 juillet 1527

Juan de Ampíes fonde Santa Ana de Coro sur des terres caquetías. Le cacique Manaure assiste avec lui à la première messe célébrée sur le continent. En 1531, une bulle crée le diocèse de Coro. La côte attire aussi les pirates. En 1620, ils détruisent l’église et le couvent de San Francisco. L’édifice est reconstruit et sa tour néogothique date de 1900. Sa dernière restauration s’est achevée à la fin de 2006.

Église jaune et blanche à clocher dans le centre historique de Coro, au Venezuela
Une église jaune et blanche à clocher, dans le centre historique.
Chapelle jaune et blanche à fronton orné et grande porte en bois, à Coro, au Venezuela
Une chapelle jaune et blanche au fronton orné.

Des maisons de terre et des fenêtres de fer

Dans le centre historique, on construit en terre. Le bahareque est une ossature de bois ou de roseaux garnie de boue. L’adobe est une brique de terre crue. La tapia est une terre tassée dans un coffrage. De nombreux artisans maîtrisent encore ces techniques. Le plan en damier d’origine reste lisible, et une grande partie du bâti conservé date du XVIIe siècle.

Maison rose à l’encadrement de porte blanc et au toit de tuiles, à Coro, au Venezuela
Une maison rose à l’encadrement de porte blanc, dans le centre historique.

La cathédrale, commencée en 1583, n’est achevée qu’à la fin du XVIIe siècle. La Casa de las Ventanas de Hierro date du XVIIe siècle. José Francisco Garcés de la Colina l’a construite. Elle doit son nom à ses fenêtres, dont le fer forgé vient d’Andalousie. Son portail dépasse huit mètres. La Casa del Tesoro, bâtie en 1770 par la famille Talavera, montre le même goût du détail. Le Balcón de los Arcayas, du XVIIIe siècle, abrite le musée de la faïence populaire.

Façade rouge aux deux fenêtres à grilles de fer et aux supports blancs, à Coro, au Venezuela
Une façade rouge aux fenêtres à grilles de fer.
Maison coloniale orange avec balcon en bois, lanternes et portail blanc, à Coro, au Venezuela
Une maison coloniale orange avec son balcon en bois et ses lanternes.

Le site classé compte environ 602 bâtiments historiques, répartis entre deux zones. La première couvre 7,85 hectares à Coro, la seconde 10,55 hectares autour du port de La Vela. Autour de la ville, le parc national des Médanos de Coro protège un système de dunes côtières. Le sable en mouvement y contraste avec les rues de terre de la ville.

Rue pavée et façade grise aux encadrements de fenêtres jaunes, à Coro, au Venezuela
Une rue pavée et une façade grise aux encadrements de fenêtres jaunes.

Curaçao, de l’autre côté de l’eau

À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, un modèle de maison néerlandais arrive par Curaçao et Aruba. Il se mêle aux techniques espagnoles et locales. Willemstad, à Curaçao, porte une mémoire comparable de ces échanges. Les liens ont aussi une dimension humaine. Une communauté séfarade venue de Curaçao s’installe dans la ville à partir de 1824. Son cimetière est commencé en 1832 par Joseph Curiel.

Portail en fer forgé ouvert dans un mur jaune orné d’une volute blanche, à Coro, au Venezuela
Un portail en fer forgé dans un mur jaune.

Le lien n’est pas qu’historique. En 2023, des petits bateaux chargés de légumes et de fruits devaient quitter La Vela de Coro pour Curaçao, après la réouverture de la frontière maritime. La traversée dure environ dix heures.

Pourquoi Coro est sur la liste du patrimoine en péril

L’UNESCO a inscrit la ville et son port au patrimoine mondial en 1993. Des pluies inhabituelles ont frappé la ville et La Vela à la fin de 2004 et au début de 2005. Le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 2005, et il y figure toujours.

Portail blanc orné d’une coquille sculptée, avec une porte verte, à Coro, au Venezuela
Un portail blanc orné d’une coquille sculptée.

En avril 2026, les autorités vénézuéliennes ont signé un mémorandum pour restaurer 29 bâtiments, 11 à Coro et 18 à La Vela. La Escuela del Barro, l’école de la terre, forme de nouveaux artisans et fabrique des adobes. Le ministre de la Culture, Raúl Cazal, a déclaré que l’UNESCO pourrait constater, dans un an et demi, le respect des exigences. Ce calendrier reste une prévision. Le drainage et le financement restent des points de vigilance.

Façade jaune d’une église avec une grande porte en bois et un encadrement blanc, à Coro, au Venezuela
La façade jaune d’une église et sa grande porte en bois.

La ville tient donc à un équilibre fragile, entre la terre qui s’use et les mains qui savent la réparer. Qui bâtira encore en terre ici dans dix ans ? Et que dira le Comité du patrimoine mondial lorsqu’il réexaminera le bien ?

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Questions fréquentes sur Coro

La ville se trouve dans l’État de Falcón, dans l’ouest du Venezuela. L’UNESCO l’a inscrite en 1993 pour ses bâtiments en terre, qui mêlent traditions locales, techniques mudéjares espagnoles et techniques néerlandaises.

Parce que des pluies inhabituelles ont endommagé la ville et La Vela à la fin de 2004 et au début de 2005. Le Comité du patrimoine mondial a inscrit Coro et son port sur la liste en péril en 2005, et le drainage et la gestion du site restent des points de vigilance.

À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, un modèle architectural néerlandais est arrivé dans la ville par les îles de Curaçao et d’Aruba. Il a influencé son style. Les deux rives restent liées par le commerce, avec des bateaux entre La Vela et Curaçao en 2023.

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