CHOGM 2026, la Caraïbe réclame une justice réparatrice complète

Photo de groupe de la réunion ministérielle du Commonwealth sur les petits États devant l’écran du CHOGM Antigua et Barbuda 2026

À Antigua-et-Barbuda, le CHOGM 2026 (Commonwealth Heads of Government Meeting, réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth) remet la justice réparatrice au cœur du débat. Philip J. Pierre, Premier ministre de Sainte-Lucie et président en exercice de la CARICOM, demande un dialogue qui aille au-delà des regrets exprimés sur l’esclavage.

Du 1er au 4 novembre 2026, les dirigeants du Commonwealth se retrouvent à Saint John’s, à Antigua-et-Barbuda. Au programme de cette 28e réunion, le commerce, les investissements et la résilience climatique. Mais derrière les échanges diplomatiques, une question traverse les discussions. Comment reconnaître les conséquences de la traite transatlantique sans se limiter aux paroles ?

Le Commonwealth compte 56 États membres, dont plusieurs nations caribéennes directement concernées par l’histoire de la colonisation britannique. Pour Philip J. Pierre, présent à la tête de la délégation saint-lucienne, l’enjeu dépasse les frontières de son île. Il porte également les attentes des États de la Communauté caribéenne, la CARICOM, qui réclament depuis des années une réponse collective aux injustices héritées de l’esclavage.

Salle du CHOGM 2026 ornée des drapeaux des États membres du Commonwealth, avec des participants debout
Salle du CHOGM 2026 à Antigua-et-Barbuda, avec les drapeaux des États membres du Commonwealth © Antigua and Barbuda CHOGM 2026

CHOGM 2026, Philip J. Pierre porte la voix de la CARICOM

Le 31 octobre, à la veille de l’ouverture du sommet, Philip J. Pierre a pris position au nom de la CARICOM. Il a accueilli favorablement la volonté du gouvernement britannique d’engager un dialogue structuré avec les pays concernés et d’envisager des excuses officielles.

Cette ouverture est importante, mais elle ne suffit pas à ses yeux. La CARICOM refuse que les réparations soient exclues dès le départ des discussions. Elle considère que les responsabilités historiques concernent aussi les États et les institutions, au-delà des générations directement impliquées. Le message de Pierre rejoint une demande ancienne des gouvernements caribéens. Reconnaître le passé doit permettre de discuter de ses conséquences encore visibles dans les sociétés de la région.

Pourquoi la CARICOM ne veut pas se contenter d’excuses

La justice réparatrice ne se résume pas à une indemnisation. La CARICOM s’appuie sur un Plan en dix points qui relie la reconnaissance historique à des besoins concrets. Il prévoit notamment des excuses officielles, des actions en matière de santé et d’éducation, la restitution du patrimoine culturel et des mesures de réhabilitation. Il aborde également la dette et les compensations financières.

La secrétaire générale du Commonwealth brandit une publication sur les petits États devant les drapeaux des États membres
La secrétaire générale du Commonwealth présente la publication sur les petits États au CHOGM 2026 © Antigua and Barbuda CHOGM 2026

Le patrimoine occupe ici une place particulière. Les objets, les archives et les traces des sociétés marquées par l’esclavage ne sont pas de simples témoins du passé. Leur restitution ou leur mise en valeur peut contribuer à transmettre une histoire longtemps racontée depuis l’extérieur. La CARICOM demande que les injustices subies par les peuples autochtones soient prises en compte. Pour elle, une réparation complète implique de regarder plusieurs héritages de la colonisation, sans les confondre.

Une ouverture britannique, mais quelles avancées concrètes ?

Au CHOGM 2026, la position britannique évolue sur un point. Londres accepte le principe d’un dialogue structuré, encadré dans le temps et mené de bonne foi avec les parties concernées. Cette ouverture figure dans le communiqué publié pendant le sommet. Elle n’équivaut pourtant ni à des excuses officielles déjà présentées, ni à un accord sur des compensations. Le gouvernement britannique s’est montré ouvert à discuter d’une formule d’excuses, tout en maintenant son opposition aux réparations financières.

Photo de famille des dirigeants du Commonwealth sur scène devant l’écran du CHOGM Antigua et Barbuda 2026, du 1er au 4 novembre
Photo de famille des dirigeants réunis au CHOGM 2026 à Saint John’s © Antigua and Barbuda CHOGM 2026

Le 3 novembre, Charles III a lui aussi évoqué la traite transatlantique lors de la cérémonie d’ouverture. Le roi a exprimé sa profonde tristesse face à ce passé, mais sans présenter d’excuses officielles. Entre le discours royal, la position du gouvernement britannique et les attentes caribéennes, le désaccord reste donc réel. Le dialogue annoncé constitue une étape, pas une résolution.

Une question de mémoire qui concerne toute la Caraïbe

Le débat ne se limite pas aux relations entre Sainte-Lucie et le Royaume-Uni. Il concerne la manière dont les sociétés caribéennes enseignent leur histoire, préservent leurs mémoires et envisagent leurs relations avec les anciennes puissances coloniales. Pour la région, la restitution d’un patrimoine, la transmission des récits familiaux ou la reconnaissance des conséquences sociales de l’esclavage posent une même question. Qui peut raconter cette histoire, et avec quels moyens ?

Groupe de personnalités riant et se saluant sur la pelouse d’un stade à Antigua-et-Barbuda pendant le CHOGM 2026
Échanges chaleureux sur la pelouse du stade de Saint John’s pendant le CHOGM 2026 © Antigua and Barbuda CHOGM 2026

Le CHOGM 2026 ouvre un dialogue, sans garantir des réparations. Reste à savoir si les échanges annoncés permettront de transformer cette reconnaissance en engagements concrets, définis avec les peuples concernés.

Quatre échassiers en costumes colorés sur la pelouse d’un stade d’Antigua-et-Barbuda pendant le CHOGM 2026
Échassiers sur la pelouse du stade de Saint John’s pendant le CHOGM 2026 © Antigua and Barbuda CHOGM 2026

Questions fréquentes

CHOGM signifie Commonwealth Heads of Government Meeting, soit la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth. L’édition 2026 se déroule du 1er au 4 novembre à Saint John’s, à Antigua-et-Barbuda. Elle réunit les dirigeants du Commonwealth autour des grands enjeux économiques, climatiques et politiques.

La CARICOM considère que les conséquences de l’esclavage et de la colonisation continuent d’affecter les sociétés caribéennes. Son Plan en dix points propose notamment des excuses officielles, des mesures éducatives et sanitaires, la restitution du patrimoine culturel et des compensations financières.

Le Royaume-Uni a accepté le principe d’un dialogue structuré avec les parties concernées par la traite transatlantique. Cependant, il n’a annoncé aucun accord sur des réparations financières. Le gouvernement britannique reste opposé à cette forme de compensation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande