Tessa McWatt: première Guyanaise à remporter le Prix OCM Bocas 2026

Tessa McWatt

Lors de l’édition 2026 du Bocas Lit Fest, dans l’Old Fire Station à Port of Spain, Trinité-et-Tobago, Margaret Busby, présidente du jury, prononce le nom de Tessa McWatt. La salle applaudit. Ce moment est historique : pour la première fois en seize années d’existence du Prix OCM Bocas pour la littérature caribéenne, une autrice née au Guyana remporte le grand prix.

Un livre primé au-delà de la récompense

Le livre primé est: “The Snag: A Mother, a Forest, and Wild Grief”. Un mémoire. Random House Canada et Scribe, au Royaume-Uni, le publient. Les juges l’ont décrit comme « un travail d’une rare brillance ». Le prix s’accompagne d’une dotation de 10 000 dollars américains, financée par One Caribbean Media Limited. Mais l’argent n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est ce que cette reconnaissance signifie pour le Guyana   un pays caribéen continental dont la littérature reste trop peu lue en dehors de ses frontières.

Tessa McWatt est née à Georgetown, au Guyana. Tessa McWatt a quitté le pays jeune pour le Canada, puis s’est établie au Royaume-Uni, où elle enseigne l’écriture créative à l’Université d’East Anglia. Tessa McWatt a publié onze livres : romans, textes pour la jeunesse, essais et ouvrages de non-fiction. Tessa McWatt est aussi librettiste, autrice de livrets d’opéra, et membre de la Royal Society of Literature.

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The Snag, un mémoire sur le deuil et le vivant

Le mémoire couronné par le Prix OCM Bocas n’est pas un livre facile à résumer. The Snag   qu’on pourrait traduire par « l’accroc » ou « l’obstacle »   entrelace trois fils. Le récit de la maladie et de la mort de la mère de l’autrice. Une méditation sur la forêt et sur ce que les écosystèmes naturels nous apprennent du deuil. Et une réflexion sur la grande déstabilisation contemporaine : climat, perte de biodiversité, solitude, vieillissement, vies humaines parfois réduites à des statistiques.

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Un prix caribéen en trois catégories

Le Prix OCM Bocas existe depuis 2011. Il est attribué chaque année à un livre publié l’année précédente par un auteur caribéen, citoyen ou né dans la Caraïbe. Le prix se décline en trois catégories : poésie, fiction et non-fiction littéraire. Chaque catégorie a son lauréat, qui reçoit 3 000 dollars américains. Puis un grand gagnant est désigné parmi les trois, avec une dotation de 10 000 dollars américains.

Pour l’édition 2026, les deux autres lauréats catégoriels étaient Justin Haynes, pour le roman Ibis, et Canisia Lubrin, pour The World After Rain: Anne’s Poem. Tessa McWatt a d’abord remporté la catégorie non-fiction avant d’être désignée lauréate générale. Ce parcours renforce l’importance de The Snag dans une sélection où la poésie, le roman et la non-fiction portaient chacun une voix forte de la Caraïbe contemporaine.

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Le Guyana, territoire continental de la Caraïbe littéraire

Une singularité de la sélection 2026 mérite d’être nommée. Les trois lauréats catégoriels écrivent depuis la diaspora : McWatt depuis le Royaume-Uni, Haynes depuis les États-Unis, Lubrin depuis le Canada. Le Prix OCM Bocas rappelle ainsi que la littérature caribéenne ne s’arrête pas aux frontières physiques des territoires. Elle circule avec les familles, les langues, les blessures, les souvenirs et les livres.

Pour le Guyana, le moment est doublement historique. La même cérémonie a aussi récompensé un autre Guyanais-Canadien : Frank Birbalsingh, érudit et critique littéraire, lauréat du Prix Henry Swanzy 2026 pour son service distingué aux lettres caribéennes. Deux figures liées au Guyana primées dans le même cadre : pour un pays de moins d’un million d’habitants, c’est une affirmation publique forte.

Cette singularité guyanaise mérite d’être précisée. Le Guyana   anglophone, situé sur le continent sud-américain, frontalier du Venezuela, du Brésil et du Suriname   appartient géographiquement à l’Amérique du Sud mais culturellement à la Caraïbe anglophone. Cette double appartenance produit une littérature qui interroge constamment les catégories. Wilson Harris, David Dabydeen, Pauline Melville, Fred D’Aguiar, Oonya Kempadoo : la liste des grandes voix guyanaises de la diaspora est dense, et la consécration de Tessa McWatt s’inscrit dans cette lignée.

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Une consécration qui ouvre le récit

Le thème 2026 du Bocas Lit Fest était « All Together Now ». Dans ce contexte, la victoire de Tessa McWatt prend une résonance particulière. Elle rappelle que la Caraïbe littéraire se construit aussi par ses voix dispersées, ses trajectoires migrantes et ses mémoires familiales. Elle rappelle surtout que le Guyana, souvent placé à la marge des récits insulaires, écrit depuis longtemps une part essentielle de l’histoire caribéenne.

À lire “The Snag”, on retrouve une tension majeure de la littérature caribéenne : faire entrer le monde dans le récit intime, et faire entendre le récit caribéen dans le monde. Tessa McWatt y parvient sans transformer la douleur en slogan. Sa victoire au Prix OCM Bocas ne ferme donc pas une histoire. Elle ouvre une question : combien d’autres voix guyanaises attendent encore d’être lues à la hauteur de leur puissance ?

Tessa McWatt est une autrice née à Georgetown, au Guyana, dont le parcours s’inscrit entre la Caraïbe, le Canada et le Royaume-Uni. Elle est connue pour une œuvre qui mêle mémoire familiale, identité, migrations et rapport au monde vivant. Sa victoire au Prix OCM Bocas 2026 renforce la place du Guyana dans la littérature caribéenne anglophone et met en lumière une voix importante de la diaspora guyanaise.

La victoire de Tessa McWatt est historique parce qu’elle fait d’elle la première autrice née au Guyana à remporter le grand prix du Prix OCM Bocas pour la littérature caribéenne. Cette reconnaissance dépasse le simple palmarès littéraire : elle rappelle que le Guyana, bien que situé sur le continent sud-américain, occupe une place majeure dans l’espace culturel caribéen anglophone.

The Snag: A Mother, a Forest, and Wild Grief est un mémoire qui relie le deuil intime à une réflexion plus large sur la nature, la forêt et les fragilités contemporaines. Tessa McWatt y évoque la maladie et la mort de sa mère, tout en interrogeant la manière dont les écosystèmes, les pertes familiales et les crises du monde actuel peuvent se répondre dans une même expérience humaine.

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