Le vol direct Guyana-Guyane entre Georgetown et Cayenne n’existe pas encore. Mais depuis l’accord aérien du 30 septembre 2026, qui remplace celui de 1976, la compagnie Trans Guyana Airways prépare au moins deux vols par semaine, sans date annoncée.
À Georgetown, au Guyana, le voyage vers Cayenne commence par trois à quatre heures de route jusqu’à Moleson Creek. Viennent ensuite un bac qui ne part qu’une fois par jour, le Suriname à traverser, puis une seconde frontière. Voilà ce qu’il faut encore en 2026 pour rejoindre la Guyane française depuis le Guyana anglophone. Le vol direct Guyana-Guyane que prépare Trans Guyana Airways ramènerait ce trajet de près de 24 heures à environ 1 h 15, selon la compagnie.
Vol direct Guyana-Guyane, ce que l'accord du 30 septembre 2026 débloque
Le 30 septembre 2026, à Georgetown, le ministre guyanien des Services publics et de l’Aviation, Deodat Indar, et l’ambassadeur de France, Olivier Plançon, ont signé un nouvel accord de services aériens. Le texte remplace celui de 1976. Pendant cinquante ans, les liaisons entre le Guyana et la France ont donc reposé sur le même cadre.
Le nouvel accord couvre les droits de trafic, la sécurité, les tarifs et le partage de codes entre compagnies. Le Guyana a désigné Trans Guyana Airways, qui prépare ses deux vols hebdomadaires entre Georgetown et Cayenne, sous réserve d’autorisations. Au 13 octobre 2026, ni l’avion, ni les tarifs, ni le jour du premier décollage ne sont connus.
L’enjeu dépasse un seul avion. En novembre 2025, aucune liaison aérienne directe ne reliait la France au Guyana, et le projet d’une ligne Cayenne-Paramaribo-Georgetown avait été abandonné. Le vol direct Guyana-Guyane serait donc une réponse concrète à ce vide, si le projet voit le jour.
Georgetown-Cayenne, pourquoi le voyage dure presque une journée
Sur la Corentyne, la rivière qui sépare le Guyana du Suriname, aucun pont n’existe. Le bac MV Canawaima relie Moleson Creek à South Drain en environ une heure trente. Il faut rouler jusqu’à Paramaribo, puis Albina, franchir le Maroni vers Saint-Laurent-du-Maroni et poursuivre environ trois heures jusqu’à Cayenne. Chaque étape dépend de la précédente, et un bac manqué à Moleson Creek fait perdre une journée.
Cette chaîne est fragile. En août 2026, le MV Canawaima est resté immobilisé près d’une semaine sur décision de l’autorité maritime du Suriname, et des voyageurs sont restés bloqués des deux côtés de la rivière. Le bac a repris le 29 août 2026, mais sa fin de vie est attendue en 2027. Le 1er juillet 2026, le Suriname a de son côté annoncé qu’il financerait seul les 3,1 kilomètres du futur pont, une décision que le président guyanien Irfaan Ali a dit découvrir.
Ce que le vol direct Guyana-Guyane changerait pour la Guyane
Au premier semestre 2026, la Guyane a accueilli 45 465 visiteurs extérieurs, soit 53 % de plus qu’un an plus tôt, pour des dépenses estimées à 81,4 millions d’euros. Près de 70 % venaient de métropole. Un lien avec Georgetown ajouterait à cette carte un voisin anglophone, et Trans Guyana Airways évoque déjà des correspondances à Cayenne avec Air France.
Un obstacle subsiste pourtant. En novembre 2025, les Guyaniens qui voulaient se rendre en France devaient demander leur visa à l’ambassade de France au Suriname, pour 90 euros. Un vol de 1 h 15 raccourcirait la distance, pas cette démarche. La Guyane compte aussi des habitants nés au Guyana, 2 403 selon le recensement de 1999, dont 1 046 à Cayenne. Le chiffre est ancien, mais ces familles seraient les premières à voir la distance changer.
Ce que le Guyana pourrait y gagner
Le Guyana a reçu 453 489 visiteurs en 2025 et 360 623 sur les neuf premiers mois de 2026. Son président annonce une croissance de 33,3 % au premier semestre 2026. Un vol direct Guyana-Guyane relierait Georgetown à un territoire français de l’Union européenne et offrirait un nouveau couloir à ses voyageurs et à ses entreprises. Pour Cayenne comme pour Georgetown, l’enjeu dépasse le tourisme. Deux capitales voisines, l’une anglophone et l’autre française, se retrouveraient à une heure de vol au lieu d’une journée de route. Aucune estimation de retombées n’a toutefois été annoncée, ni à Georgetown ni à Cayenne.
Une annonce, pas encore un horaire
Le 3 octobre 2026, Trans Guyana Airways a confirmé le début de ses démarches administratives. Georgetown et Cayenne, deux capitales du plateau des Guyanes, attendent maintenant une date. Rien ne dit encore si les premiers passagers seront des familles, des commerçants ou des touristes. La prochaine annonce dira si le vol direct Guyana-Guyane décolle avant la fin de vie du bac de la Corentyne, ou si les voyageurs devront encore compter, un temps, sur ce départ unique de la journée.
Questions fréquentes
Non. Trans Guyana Airways prépare ces vols, mais aucune date de lancement ni aucun horaire n’est annoncé au 13 octobre 2026.
Par la route, jusqu’à 24 heures, avec un bac, des taxis et la traversée du Maroni. Par avion, Trans Guyana Airways l’estime à environ 1 h 15.
Il remplace l’accord de 1976 entre le Guyana et la France. Il encadre les droits de trafic, la sécurité, les tarifs et le partage de codes, et le Guyana y a désigné Trans Guyana Airways.