Boiling Lake : 92 °C, 63 m de large, le 2e plus grand lac bouillonnant au monde

Boiling Lake

À 8 kilomètres à l’est de Roseau, capitale de la Dominique, il faut compter trois heures de marche depuis Laudat pour arriver devant le Boiling Lake. Trois heures de forêt humide, de vallée de désolation, de rochers chauffés par le sol, de vapeurs sulfureuses. Au bout du chemin, un bassin de 63 mètres de large. À l’intérieur, une eau qui bouillonne presque en permanence, avec des températures mesurées jusqu’à 91,6 °C sur les bords. C’est le deuxième plus grand lac bouillonnant au monde.

Un phénomène rare dans un parc UNESCO

Le premier au monde se trouve en Nouvelle-Zélande  le Frying Pan Lake, dans la vallée de Waimangu. Mais le Boiling Lake dominicain occupe une place à part. D’abord parce qu’il se gagne à pied, au terme d’une randonnée exigeante. Ensuite parce qu’il est inclus dans un parc national classé au patrimoine mondial UNESCO depuis 1997 : le Morne Trois Pitons National Park. Ce qui en fait l’un des phénomènes géothermiques les plus singuliers protégés dans un site naturel reconnu à l’échelle mondiale.

Boiling Lake
Boiling Lake

Une fumerolle inondée, alimentée par la pluie

Géologiquement, le Boiling Lake est ce que les scientifiques appellent une fumerolle inondée  une ouverture dans la croûte terrestre qui laisse échapper de la vapeur et des gaz volcaniques. La chaleur vient directement de l’activité volcanique située en dessous. Le lac est alimenté par les pluies, par les pentes voisines et par de petits cours d’eau. Sa profondeur exacte reste difficile à fixer : les premières mesures de 1875 indiquaient plus de 59 mètres, mais les données récentes varient selon les sources et l’état du lac.

Boiling Lake

Un lac instable depuis le XIXe siècle

Le lac a été observé pour la première fois en 1875 par Edmund Watt et le Dr Henry Alford Nicholls, deux Anglais qui travaillaient dans la colonie, accompagnés de leurs guides. Depuis, ses niveaux et ses températures fluctuent de manière spectaculaire. En 1880, une éruption phréatique dans la Vallée de la Désolation a profondément marqué la zone. Plusieurs épisodes de baisse importante du niveau de l’eau ont aussi été observés, notamment en 1988 puis entre décembre 2004 et avril 2005. Le UWI Seismic Research Centre, basé à la Trinité, suit l’activité du lac dans le cadre de son programme de surveillance volcanique en Dominique.

Boiling Lake

La Dominique, une île où la géologie reste visible

La singularité absolue de la Dominique tient à un alignement particulier. L’île — environ 750 km², près de 70 000 habitants concentre une densité géologique et écologique rare dans la Caraïbe : plusieurs centres volcaniques potentiellement actifs, 365 rivières selon la communication touristique du pays, une forêt tropicale encore très présente, et la dernière population kalinago précolombienne de la Caraïbe orientale. Le Boiling Lake est l’un des bijoux de cet ensemble.

Boiling Lake
Boiling Lake

Une mémoire humaine autour d’un site naturel

Pour les Kalinago, la terre, les reliefs et les espaces naturels de la Dominique portent une mémoire ancienne. Pendant la période coloniale, les montagnes et les forêts de l’île ont aussi servi de refuges à des populations marronnes fuyant les plantations. Cette double mémoire  indigène et africaine donne au territoire une profondeur historique que peu de curiosités géologiques peuvent revendiquer. Le Boiling Lake n’est pas seulement une curiosité naturelle. C’est un lieu inscrit dans une île de mémoire.

Une randonnée exigeante, pas une simple excursion

La randonnée jusqu’au lac est exigeante. Le sentier officiel part de Ti Tou Gorge, près du village de Laudat, et demande environ trois heures à l’aller, puis autant pour revenir. Le parcours traverse la Vallée de la Désolation, où la vapeur sort de partout, où les dépôts de soufre colorent les roches, où l’on peut parfois faire cuire un œuf dans les fissures du sol, et où l’odeur du soufre marque l’air. Les autorités recommandent fortement de partir avec un guide certifié, de ne pas commencer la randonnée après 10 heures, de porter des chaussures adaptées et de vérifier la météo avant le départ.

Boiling Lake
Boiling Lake

Ce que Boiling Lake dit du tourisme caribéen

À l’heure où la Caraïbe cherche à se positionner sur le tourisme expérientiel, la Dominique propose une réponse claire. Pas de plages tout-inclus. Pas de complexes hôteliers démesurés. Une randonnée de plusieurs heures pour voir un lac bouillir. Et un statut UNESCO qui protège le tout. Le Boiling Lake raconte ainsi une autre Caraïbe : une Caraïbe de volcans, de forêts, de rivières, de sentiers, de mémoires et de paysages qui ne se livrent pas sans effort. C’est peut-être là que se trouve sa force. La Dominique ne vend pas seulement un décor. Elle rappelle que la nature caribéenne peut encore imposer le respect.

Le Boiling Lake se trouve dans le Morne Trois Pitons National Park, en Dominique, un parc national inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997. Le départ de la randonnée se fait généralement depuis la zone de Laudat, près de Ti Tou Gorge. Il faut compter environ trois heures de marche à l’aller pour atteindre ce lac bouillonnant, situé dans un environnement volcanique actif, entre forêt humide, sources chaudes, dépôts de soufre et Vallée de la Désolation.

Le Boiling Lake est célèbre parce qu’il est considéré comme le deuxième plus grand lac bouillonnant au monde, après le Frying Pan Lake en Nouvelle-Zélande. Son bassin mesure environ 63 mètres de large et son eau atteint des températures proches de 92 °C sur les bords. Ce phénomène naturel rare permet de comprendre la puissance volcanique de la Dominique, une île où la géologie reste visible à travers les fumerolles, les sources chaudes et les reliefs volcaniques.

Il est fortement recommandé de visiter le Boiling Lake avec un guide certifié. La randonnée est longue, physique et parfois difficile, surtout à cause de la chaleur, de l’humidité, des roches glissantes, des vapeurs sulfureuses et des changements rapides de météo. Le sentier traverse des zones géothermiques actives, notamment la Vallée de la Désolation. Un guide permet de sécuriser le parcours, d’expliquer le site et d’éviter les erreurs dans une zone naturelle impressionnante, mais potentiellement dangereuse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

María Elena Llorente recevant un hommage floral, Ballet Nacional de Cuba
DANSE
Tolotra

María Elena Llorente, 50 ans de ballet au service de Cuba

En mai 1977, une danseuse cubaine entre en scène à New York avec l’Alvin Ailey Dance Theatre. Dans la salle ce soir-là, l’acteur Harry Belafonte assiste à la représentation et qualifiera la soirée de fait historique important. Cette danseuse s’appelle María Elena Llorente, primera bailarina et maîtresse de ballet du Ballet Nacional de Cuba. Son parcours raconte cinquante ans de danse construits presque entièrement au sein d’une seule compagnie, celle fondée par Alicia Alonso à La Havane, dans une île où le ballet classique est devenu, au fil des décennies, un motif de fierté nationale autant qu’un art. María Elena Llorente, de la Sociedad Pro-Arte à l’Académie nationale Tout commence à la Sociedad Pro-Arte Musical, école havanaise où de jeunes Cubaines apprennent les bases classiques avant même la fondation officielle du ballet national. María Elena Llorente poursuit ensuite sa formation à l’Académie nationale de ballet, sous la direction d’Alicia Alonso

Lire la suite "
Deux hommes se saluent dans une rue de La Havane, à Cuba, avec le Capitole en arrière-plan
HISTOIRE et PATRIMOINE
Tolotra

« Asere, ¿qué bolá? », le salut de rue qu’Obama a osé lancer à Cuba

« Asere, ¿qué bolá? », ce salut de rue cubain, circule dans les quartiers populaires de La Havane bien avant qu’un président américain ne s’en empare à son tour. Le samedi 19 mars 2016, à la veille d’un voyage présidentiel inédit depuis près de neuf décennies, Barack Obama apparaît dans un sketch télévisé cubain aux côtés de Pánfilo, personnage comique bien connu des téléspectateurs de l’île, et lance un « qué bolá » que personne n’attendait dans la bouche d’un chef d’État américain. Le lendemain, en posant le pied à La Havane, il récidive sur Twitter, « ¿Que bolá Cuba? Just touched down here. » Deux mots d’argot habanero venaient de franchir, en quelques heures, la distance qui sépare la rue de la diplomatie. Que signifie « Asere, ¿qué bolá? » ? Pris mot à mot, « asere » ne se traduit pas vraiment et « qué bolá », qui

Lire la suite "
Vue de la Fortaleza Ozama et de sa tour Torre del Homenaje, à Saint-Domingue
HISTOIRE et PATRIMOINE
Tolotra

Fortaleza Ozama, la forteresse de 1502 qui a vu naître une nation

À Saint-Domingue, sur les rives du fleuve Ozama, la Fortaleza Ozama a traversé plus de cinq siècles d’histoire dominicaine sans jamais tomber aux mains d’un assaillant. Elle a enfermé le père de l’indépendance dominicaine, servi de cachot politique sous la dictature de Trujillo, puis résisté aux tirs de char pendant la guerre civile de 1965. Aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la plus vieille forteresse d’origine européenne encore debout en Amérique continue de porter, presque intacte, la mémoire d’un pays. Une arrivée en chaînes, un 27 août 1844 Le 22 août 1844, Juan Pablo Duarte est arrêté à Puerto Plata. Cinq jours plus tard, le 27 août, il franchit l’entrée de la Fortaleza Ozama, à Saint-Domingue. Le gouvernement dirigé par Pedro Santana vient de le déclarer traître à la patrie. Duarte, qui a préparé et porté l’indépendance de la jeune République dominicaine, est enfermé dans les cachots de la

Lire la suite "

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande