Rocher du Diamant, Martinique : 176 mètres, inscrit comme navire en 1804

Le Rocher du Diamant vu depuis un sentier du littoral, au large du Diamant, en Martinique

Le Rocher du Diamant, îlot volcanique de 176 mètres au large du Diamant, en Martinique, est inscrit le 3 février 1804 comme sloop de la Royal Navy, sous le nom de HMS Diamond Rock. Une division française commandée par le capitaine de vaisseau Julien Cosmao le reprend le 2 juin 1805. Plus de deux siècles après, le débarquement y est interdit.

À environ 1 800 mètres de la côte de la commune du Diamant, dans le sud de la Martinique, se dresse un îlot que la marine britannique occupe à partir de 1804. En janvier, le commodore Samuel Hood décide d’en faire une position armée. Le lieutenant James Wilkes Maurice y débarque avec un détachement du HMS Centaur. Quelques semaines plus tard seulement, la Royal Navy inscrit cet îlot sur la liste de ses bâtiments.

Le Rocher du Diamant, 176 mètres face au Diamant

Le Rocher du Diamant culmine à 176 mètres pour un diamètre d’environ 300 mètres. Cet îlot est un dôme massif de dacite, une roche volcanique, formé il y a environ 0,97 million d’années selon les mesures des géologues. En 1804, ce repère devient un enjeu militaire. La marine britannique l’occupe et, depuis ce poste, contrôle la passe des Fours.

Vue aérienne du Rocher du Diamant, îlot volcanique entouré d’une mer turquoise, en Martinique

Janvier 1804, la Royal Navy arme l’îlot

En janvier 1804, le HMS Centaur, vaisseau de 74 canons du commodore Samuel Hood, mouille au pied du rocher. Le premier lieutenant James Wilkes Maurice débarque avec des marins et des fusiliers marins. Il doit fortifier, avec ses hommes, un îlot inhabité et difficile à gravir. Les canons arrivent d’abord par la mer. Un câble tendu depuis le grand mât du HMS Centaur sert à les hisser le long de la paroi. Cinq pièces sont d’abord installées, trois de 24 livres et deux de 18 livres, depuis le bord de mer jusqu’au sommet.

Le 3 février 1804, l’îlot est inscrit comme sloop de la Royal Navy sous le nom de HMS Diamond Rock. Un sloop est un petit navire de guerre. James Wilkes Maurice en reçoit le commandement, avec une garnison d’environ 120 hommes.

Le Rocher du Diamant se détachant sur la mer, au large du sud de la Martinique

Du 31 mai au 2 juin 1805, la reprise par la division de Julien Cosmao

À la mi-mai 1805, l’amiral Pierre de Villeneuve arrive à Fort-de-France avec une flotte franco-espagnole. Une division est chargée de reprendre le rocher. Elle est placée sous les ordres du capitaine de vaisseau Julien Cosmao, qui commande le vaisseau Pluton. Elle comprend aussi le vaisseau Berwick, la frégate Sirène et des embarcations françaises et espagnoles. Les vaisseaux Pluton et Berwick portent chacun 74 canons. La division appareille le 29 mai 1805.

L’attaque commence le 31 mai 1805. Les canons des navires réduisent les batteries basses de l’îlot, puis les troupes débarquent, tandis que James Wilkes Maurice replie ses hommes sur les niveaux supérieurs. À court d’eau et de munitions, James Wilkes Maurice capitule le 2 juin 1805 avec 107 hommes. La garnison quitte l’îlot le 3 juin avec les honneurs de la guerre. Côté britannique, les pertes se limitent à deux morts et un blessé. Jugé par une cour martiale à la Barbade, James Wilkes Maurice est acquitté.

Aujourd’hui, un Rocher du Diamant fermé à la visite

Depuis l’arrêté de protection de biotope du 1er mars 1994, l’accès à terre est interdit sur le rocher. L’îlot est inclus dans un site classé, créé par décret du 4 avril 2001, qui couvre environ 1 429 hectares entre les communes des Anses-d’Arlet et du Diamant, sur terre comme en mer. Le rocher appartient depuis 1994 au Conservatoire du littoral. Treize espèces d’oiseaux y ont été observées en 2004, dont le noddi brun, la sterne bridée, le paille-en-queue, le fou brun et la frégate superbe.

Parois rocheuses et végétation du Rocher du Diamant vues d’en haut, en Martinique

Ce que le Rocher du Diamant apporte à la Martinique

Le Rocher du Diamant donne son nom à la commune du Diamant et reste un repère visible depuis le sud de la Martinique. Il conserve encore la trace d’un épisode militaire joué au large de l’île en 1804 et 1805. Il sert aussi de refuge aux oiseaux marins, au cœur d’un site classé de 1 429 hectares. Sa valeur tient à cette triple mémoire, géologique, historique et naturelle, que l’on préserve en ne le visitant plus.

Plus de deux siècles après son inscription comme sloop de la Royal Navy, plus personne n’y monte. Une question demeure pour ceux qui le regardent depuis la côte du Diamant. Que raconte à la Martinique un rocher que l’on ne peut plus toucher ?

Timbre français de 1970 représentant le Rocher du Diamant et une barque de pêche, en Martinique

Questions fréquentes sur le Rocher du Diamant

Au large de la commune du Diamant, dans le sud de la Martinique, à environ 1 800 mètres de la côte. Il culmine à 176 mètres.

La Royal Navy l’a armé en janvier 1804 et inscrit comme sloop le 3 février 1804 sous le nom de HMS Diamond Rock. La division de Julien Cosmao l’a repris le 2 juin 1805.

Non. L’accès à terre est interdit depuis l’arrêté de protection de biotope du 1er mars 1994.

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