Le Conseil de Coordination Interportuaire Antilles-Guyane (CCIAG) s’est réuni le 12 décembre 2025 à l’Habitation Le PALM en Martinique. Ce rendez-vous annuel, prévu par le Code des transports, est devenu un levier majeur de gouvernance interterritoriale entre la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane.
Porté par l’État et les trois Grands Ports Maritimes, le CCIAG vise à renforcer la cohérence des politiques portuaires, soutenir la résilience économique des territoires et inscrire durablement l’axe Sud-Caraïbe dans une dynamique de coopération régionale.
Une gouvernance collégiale au service des territoires
« Le CCIAG est plus qu’une instance technique : c’est un espace de dialogue stratégique avec les représentants de l’État, des collectivités et des ports », souligne Bruno Mencé, président du Directoire du Grand Port Maritime de la Martinique.
Le CCIAG permet un alignement régulier des politiques portuaires avec les orientations nationales et les besoins des territoires. Chaque année, les trois ports mettent en commun leurs retours d’expérience et définissent ensemble des priorités : sécurité, connectivité, transition écologique, et compétitivité logistique.
Jean-Pierre Chalus, président du Directoire du port de Guadeloupe, insiste sur le fait que cette gouvernance partagée permet de suivre concrètement les avancées et les difficultés :
« Nous avons chaque année un point sur les orientations votées collectivement, ce qui permet de pointer nos avancées, nos difficultés, et de poursuivre notre route. »
Il insiste aussi sur la mobilisation croissante des équipes autour des enjeux environnementaux :
« Il y a beaucoup d’enthousiasme de l’ensemble des ports pour s’investir dans les transitions énergétiques, écologiques et autres, au service du développement durable de nos territoires. »
Stéphane Tant, président du Directoire du Grand Port Maritime de la Guyane, insiste sur l’intérêt de cette rencontre annuelle :
« C’est un rendez-vous qui nous permet d’échanger non seulement entre les ports, mais aussi avec les élus, la DGOM (Direction générale des Outre-mer), la DGITM (Direction générale des Infrastructures, des Transports et de la Mer), sur nos enjeux communs, nos besoins de développement et notre feuille de route.
Il souligne que le CCIAG dépasse les seuls enjeux portuaires pour s’inscrire dans une dynamique de développement économique et de connectivité régionale.
Une feuille de route commune et des actions concrètes
La feuille de route 2025-2029, définie collectivement par l’ensemble des acteurs présents au sein du CCIAG, s’articule autour d’axes majeurs tels que la décarbonation, la sécurité portuaire, l’innovation et l’adaptation au changement climatique. Bruno Mencé précise :
« Nous devons garantir un niveau de sûreté et de sécurité identique dans nos trois ports, correspondant aux besoins de nos clients et des territoires. »
Il souligne également l’importance de la coopération régionale avec la PMAC (Port Management Association of the Caribbean) pour créer un observatoire économique caribéen :
« C’est un dossier vraiment caribéen que nous portons avec la PMAC, donc avec l’ensemble des ports de la Caraïbe », explique Bruno Mencé.
L’objectif : mieux comprendre le fonctionnement des lignes maritimes et identifier les leviers pour développer les échanges avec les îles avoisinantes. »
Jean-Pierre Chalus rappelle que cette feuille de route permet de traiter des sujets stratégiques comme la desserte interterritoriale :
« La régularité de la desserte de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique est un élément important pour nos territoires, tant pour les acteurs économiques que pour les acteurs politiques. »
Il souligne également le rôle des réunions techniques menées tout au long de l’année entre les directions portuaires pour faire avancer les dossiers en continu.
Il cite enfin, parmi les actions concrètes déjà engagées, la signature commune d’un engagement avec l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) sur la gestion des espèces exotiques envahissantes, traduisant l’implication des ports dans des enjeux environnementaux partagés.
Stéphane Tant, met en avant les perspectives de coopération renforcée avec le plateau des Guyanes, dans le cadre d’une conférence biannuelle entre la Guyane, le Guyana, le Suriname et deux États brésiliens (Amapá et Pará) :
« Nous sommes chefs de file d’une conférence de coopération des ports du plateau des Guyanes. »
Cette initiative vient compléter les axes de travail du CCIAG en élargissant les connexions régionales vers l’Amérique du Sud.
Une vision commune : dépasser l'insularité
Le CCIAG porte une ambition partagée qui dépasse la simple coordination entre ports. En réunissant les directeurs des ports, les représentants de l’État, les collectivités et les présidents des conseils de surveillance, cette instance favorise une approche globale du développement logistique et territorial.
Tous les participants s’accordent sur un même constat : la performance portuaire ne peut plus être pensée isolément. Elle dépend d’une gouvernance élargie, capable de connecter les politiques publiques, les enjeux économiques et les impératifs environnementaux. Ce cadre commun permet de poser les bases d’une logistique plus résiliente, mieux intégrée, et tournée vers l’ensemble de la Grande Caraïbe.
En 2026, c’est en Guyane que cette dynamique se poursuivra, à l’occasion de la prochaine plénière. Un rendez-vous attendu pour approfondir cette coopération multi-acteurs et consolider les fondations d’une souveraineté logistique régionale.
FAQ
Le Conseil de Coordination Interportuaire Antilles-Guyane (CCIAG) est une instance prévue par le Code des transports qui réunit l’État, les collectivités et les trois Grands Ports Maritimes de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane. Il vise à coordonner les politiques portuaires, renforcer la cohérence logistique régionale et accompagner le développement économique des territoires.
La feuille de route 2025-2029 s’articule autour de plusieurs priorités : la décarbonation des activités portuaires, la sûreté et la sécurité, l’adaptation au changement climatique, l’innovation logistique et le renforcement de la connectivité régionale, notamment avec la Caraïbe et le plateau des Guyanes.
En favorisant une gouvernance partagée entre les ports, l’État et les collectivités, le CCIAG permet de dépasser une approche strictement insulaire. Il contribue à structurer une logistique plus résiliente, à améliorer la régularité des dessertes maritimes et à inscrire les territoires Antilles-Guyane dans une dynamique de coopération régionale élargie.