Les 2 et 3 juin 2026, autour d’une même table en Guadeloupe, des acteurs publics et économiques venus de Guadeloupe, d’Antigua-et-Barbuda, de la Dominique et de Saint-Kitts-et-Nevis ont travaillé sur une question très concrète : comment mieux relier des îles proches, dont les échanges restent freinés par les ruptures de transport ? Le premier comité de pilotage de KARULINK ne lance pas encore de nouvelles lignes. Il installe une méthode, des partenaires et un calendrier pour examiner la faisabilité de dessertes maritimes régulières de passagers.
Un premier COPIL pour passer du principe à la méthode
Cette réunion marque une étape importante pour KARULINK, projet de coopération territoriale européenne cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme INTERREG Caraïbes 2021-2027. Les discussions ont porté sur trois axes : les études de faisabilité pour de futures dessertes maritimes, le développement de solutions de transport plus respectueuses de l’environnement, et les perspectives de coopération économique et touristique entre les territoires partenaires.
Ce cadrage est essentiel. Une liaison maritime ne se résume pas à mettre un navire en mer. Il faut étudier les flux possibles, les ports concernés, les correspondances terrestres, les coûts d’exploitation, les normes, la sûreté, les horaires, la billetterie et l’accueil des passagers. C’est toute la chaîne du déplacement qui doit être pensée. C’est l’un des enjeux de l’intermodalité évoquée dans le projet : permettre au voyageur de passer plus facilement d’un mode de transport à un autre.
Un projet guadeloupéen à portée caribéenne
KARULINK est porté par le Groupe STEP, en Guadeloupe, avec plusieurs partenaires économiques et institutionnels : l’Antigua and Barbuda Chamber of Commerce, la Dominica Association of Industry and Commerce, la St. Kitts and Nevis Chamber of Industry and Commerce, la Communauté d’Agglomération La Riviera du Levant et la Ville de Bouillante. Le projet doit être mis en œuvre jusqu’au 31 décembre 2027.
Les données publiées par INTERREG Caraïbes indiquent une période allant du 4 janvier 2025 au 31 décembre 2027, avec un coût total de 1 868 743 euros, dont 1 143 896 euros au titre du FEDER et 444 535 euros au titre du FED. Ces montants inscrivent KARULINK dans un cadre structuré, financé et européen, avec des objectifs mesurables.
La mer comme espace de coopération
L’intérêt de KARULINK tient à son point de départ : la mer peut redevenir un espace de circulation, de travail et de coopération entre des îles proches. Le projet vise à renforcer la connectivité au sein de l’archipel guadeloupéen tout en étudiant de nouvelles lignes vers la Dominique, Antigua et Saint-Kitts. Il associe aussi des objectifs plus larges : stimuler l’économie touristique, favoriser le transport bas-carbone, créer des emplois locaux et développer des formations dans les métiers du transport maritime et terrestre.
Cette dimension est importante pour la Caraïbe orientale. Les territoires concernés partagent des proximités géographiques, des échanges commerciaux, des liens familiaux, des circulations touristiques et des besoins économiques. Pourtant, la mobilité régionale reste un sujet sensible, car elle dépend de décisions publiques, d’opérateurs privés, de contraintes techniques et d’équilibres économiques fragiles. KARULINK devra donc prouver que la coopération peut produire des solutions concrètes.
Une réponse à l’enjeu d’intégration régionale
Le projet s’inscrit dans la priorité « Une Caraïbe plus connectée » du programme INTERREG Caraïbes. Cette priorité comprend un objectif spécifique consacré à la mobilité durable, intelligente et transfrontalière. Elle correspond à l’ambition annoncée : réduire les obstacles à la mobilité entre les îles et favoriser les échanges économiques, touristiques et humains.
Pour la Guadeloupe, l’enjeu est aussi stratégique. En tant que région ultrapériphérique européenne située dans la Caraïbe, elle cherche à mieux s’inscrire dans son environnement régional. KARULINK lui donne un rôle de pivot, non pas pour parler à la place des autres territoires, mais pour construire avec eux des liaisons utiles, réalistes et durables.
La prochaine étape sera décisive
À ce stade, les éléments disponibles évoquent des études de faisabilité, une coordination entre partenaires et la préparation des prochaines étapes. Les futures lignes restent donc à définir : trajets retenus, fréquence, prix, navires, ports concernés et partenaires d’exploitation.
C’est là que KARULINK sera attendu. S’il aboutit, le projet pourrait donner à la Caraïbe orientale un exemple concret de coopération maritime, au service des habitants, des visiteurs, des entreprises et des territoires. Les 2 et 3 juin 2026 n’ont pas encore changé la carte des transports. Mais ils ont posé une première pierre : celle d’une mobilité caribéenne pensée depuis la région, avec ses contraintes, ses besoins et ses ambitions.
KARULINK est un projet de coopération territoriale européenne qui vise à renforcer la connectivité maritime entre plusieurs territoires de la Caraïbe orientale. Il associe la Guadeloupe, Antigua-et-Barbuda, la Dominique et Saint-Kitts-et-Nevis autour d’un objectif concret : étudier la mise en place de liaisons maritimes régulières de passagers, améliorer l’intermodalité des transports et faciliter les échanges économiques, touristiques et humains entre les îles.
Le projet KARULINK concerne principalement la Guadeloupe, Antigua-et-Barbuda, la Dominique et Saint-Kitts-et-Nevis. Côté guadeloupéen, il implique notamment le Groupe STEP, la Communauté d’Agglomération La Riviera du Levant et la Ville de Bouillante. Le projet s’inscrit dans une logique régionale : mieux relier des territoires proches géographiquement, mais encore freinés par des contraintes de transport, de coordination et d’organisation des flux maritimes.
KARULINK est important parce qu’il répond à un enjeu central dans la Caraïbe : la difficulté de se déplacer facilement entre des îles pourtant voisines. En travaillant sur des dessertes maritimes, des solutions de transport plus durables et une meilleure coopération entre acteurs publics et privés, le projet peut contribuer à renforcer l’intégration régionale. Il peut aussi soutenir le tourisme, les échanges économiques, les liens familiaux et la circulation des habitants dans la Caraïbe orientale.
IShowSpeed Caribbean Tour a transformé une tournée de livestreams en vitrine mondiale pour plusieurs territoires caribéens. En quelques semaines, des plages, marchés, carnavals, quartiers populaires, sites naturels et scènes de rue ont été vus par des millions de jeunes internautes. Le bilan dépasse largement le divertissement : il pose une question centrale pour la Caraïbe. Comment transformer une exposition virale en bénéfices durables pour les territoires visités ?
Une tournée pensée comme un événement numérique mondial
Annoncée comme une tournée de 15 destinations caribéennes, IShowSpeed Caribbean Tour a concerné Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, la Dominique, la République dominicaine, Grenade, la Guadeloupe, la Jamaïque, Porto Rico, Sint Maarten, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago et les îles Vierges américaines. Dès le départ, le projet ne ressemblait pas à une campagne touristique classique. Il s’agissait d’un direct permanent, imprévisible, porté par une communauté très jeune et très réactive.
Le chiffre le plus parlant vient de l’analyse publiée après la tournée : sur la période étudiée, IShowSpeed Caribbean Tour aurait généré environ 1,4 million de nouveaux abonnés, 12,6 millions d’engagements et une portée conversationnelle estimée à 305,9 millions. Autrement dit, la Caraïbe n’a pas seulement été regardée. Elle a été commentée, partagée, rejouée, discutée et transformée en sujet mondial sur les plateformes sociales.
Des territoires propulsés devant une audience jeune
Les résultats par livestream montrent l’ampleur du phénomène. La République dominicaine arrive en tête avec environ 7,04 millions de vues. Le bloc Dominique, Guadeloupe, Saint-Kitts-et-Nevis et Sint Maarten suit avec environ 6,87 millions de vues. Trinité-et-Tobago atteint environ 4,97 millions, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines environ 4,95 millions, et Grenade environ 4,32 millions. Ces chiffres doivent être lus avec prudence, notamment pour la République dominicaine, où des alertes sur du trafic artificiel ont été mentionnées. Mais même avec cette réserve, l’ordre de grandeur reste exceptionnel pour des territoires souvent absents des grands récits numériques mondiaux.
À Trinité-et-Tobago, la tournée a démarré avec une forte intensité populaire. Le passage à Port-of-Spain aurait attiré environ 3 000 personnes et perturbé la circulation autour de Tragarete Road. Mais le vrai impact tient au contenu montré : tassa, steelpan, cricket, mas, stickfighting, Queen’s Park Oval, présence de Peter Minshall. Trinité-et-Tobago n’a pas été réduite à un décor tropical. Le territoire a été présenté par ses sons, ses gestes, ses foules et son rapport très vivant à la rue.
Sainte-Lucie, l’exemple le plus mesurable
Sainte-Lucie offre l’un des cas les plus intéressants pour mesurer l’impact touristique. La Saint Lucia Tourism Authority a indiqué que le livestream avait attiré plus de 4,4 millions de spectateurs. Son directeur général, Louis Lewis, a aussi évoqué un retour sur investissement estimé à 77 pour 1. Cela signifie que, pour chaque dollar investi, la destination estime avoir obtenu une valeur médiatique équivalente à 77 dollars.
Le passage a montré Reduit Beach, Pigeon Island, le marché de Castries, Derek Walcott Square, les Pitons et Sulphur Springs. Ce choix de lieux est important. Il associe la carte postale, le patrimoine, le centre-ville, la nature et l’expérience locale. Dans le bilan d’IShowSpeed Caribbean Tour, Sainte-Lucie apparaît donc comme un territoire qui a tenté de transformer le buzz en stratégie de visibilité structurée.
Antigua-et-Barbuda : du direct au parcours touristique
Antigua-et-Barbuda a aussi su tirer parti de cette exposition. La visite du 3 mai a réuni plus de 2,5 millions de spectateurs sur YouTube seulement, selon les données reprises par l’office du tourisme. Le programme a mis en avant Dickenson Bay, Hellsgate, les raies, le drag racing, Sir Vivian Richards Stadium, Carnival, Burning Flames, la communauté Nyabinghi, Ffryes Beach, l’Antigua Black Pineapple et Barbuda.
Là encore, le point fort n’est pas seulement le nombre de vues. C’est la manière dont le territoire a pu raconter plusieurs facettes de lui-même : plage, sport, musique, patrimoine, gastronomie, spiritualité et île sœur. IShowSpeed Caribbean Tour a montré qu’un livestream peut devenir un itinéraire touristique, à condition que les acteurs locaux sachent ensuite le transformer en offres lisibles, réservables et bien relayées.
La Jamaïque, entre puissance culturelle et génération Z
La Jamaïque a bénéficié d’une exposition massive. Le livestream depuis Kingston a dépassé 2,8 millions de vues, avec un pic de 194 805 spectateurs en direct, 696 349 messages dans le chat et 34 692 nouveaux abonnés. Ces chiffres donnent la mesure de l’attention générée par le passage d’IShowSpeed dans un territoire dont l’image culturelle est déjà très forte.
L’enjeu jamaïcain est différent. La destination n’avait pas besoin de prouver qu’elle existe culturellement. Reggae, dancehall, patois, athlétisme, gastronomie et culture de rue sont déjà identifiés dans le monde entier. Mais IShowSpeed Caribbean Tour a replacé cette puissance devant une audience très jeune, habituée à consommer le monde en direct, sans attendre les campagnes institutionnelles.
Un tournant pour le tourisme caribéen
Le partenariat avec Expedia confirme que cette tournée dépasse le simple phénomène de créateur. La plateforme a nommé IShowSpeed “Official Travel Partner” et lancé un espace permettant aux fans de suivre ses voyages, de consulter des contenus et de réserver des séjours, vols ou activités inspirés par ses déplacements. C’est probablement l’un des enseignements les plus importants du bilan : le livestream devient un outil d’inspiration, puis potentiellement de conversion touristique.
Pour la Caraïbe, le résultat est clair. IShowSpeed Caribbean Tour a offert une visibilité que peu de campagnes traditionnelles peuvent obtenir auprès de la génération Z. Mais la visibilité ne suffit pas. Les territoires devront maintenant capter cette attention, améliorer leurs contenus officiels, rendre leurs expériences accessibles en ligne, mieux référencer les lieux vus dans les vidéos et associer les acteurs locaux à cette nouvelle économie de l’image.
Le bilan est donc puissant, mais incomplet. Les vues sont là. Les conversations sont là. Les foules étaient là. Reste désormais à savoir si cette exposition deviendra des voyages, des réservations, des revenus pour les communautés locales et une place plus forte de la Caraïbe dans l’imaginaire numérique mondial. C’est à cette condition que IShowSpeed Caribbean Tour passera du statut de phénomène viral à celui de moment utile pour les territoires caribéens.
Le bilan de l’IShowSpeed Caribbean Tour est d’abord numérique. La tournée a offert à plusieurs territoires caribéens une exposition mondiale auprès d’une audience très jeune, très active sur YouTube et les réseaux sociaux. Les chiffres disponibles parlent de millions de vues, de millions d’engagements et d’une portée conversationnelle très élevée. Pour la Caraïbe, l’impact principal se situe donc dans la visibilité : des lieux, des scènes de rue, des sites naturels, des marchés, des plages et des expressions culturelles locales ont circulé massivement en ligne. En revanche, les retombées économiques réelles doivent encore être mesurées avec prudence, car il n’existe pas encore de bilan officiel complet sur les réservations touristiques ou les revenus générés.
Plusieurs territoires ont tiré parti de l’IShowSpeed Caribbean Tour, chacun à sa manière. Sainte-Lucie ressort comme l’un des exemples les plus structurés, avec une communication officielle autour du retour sur investissement médiatique et des lieux montrés pendant le direct. Antigua-et-Barbuda a également transformé la visite en itinéraire touristique, en mettant en avant plages, culture, sport, gastronomie et patrimoine. La Jamaïque a bénéficié d’une très forte exposition auprès de la génération Z, tandis que Trinité-et-Tobago a marqué les esprits par la présence de la culture de rue, du steelpan, du carnaval et du cricket. L’impact varie donc selon la capacité de chaque territoire à prolonger le buzz par une stratégie touristique claire.
Oui, mais seulement si les territoires caribéens transforment cette visibilité en actions concrètes. Un livestream peut créer l’envie, donner une image plus spontanée d’un territoire et toucher des publics difficiles à atteindre par les campagnes classiques. Mais pour que l’impact dure, il faut que les lieux vus dans les vidéos soient bien référencés, que les expériences soient faciles à réserver, que les offices de tourisme publient des contenus adaptés et que les acteurs locaux soient associés aux retombées. L’IShowSpeed Caribbean Tour a donc ouvert une porte : il revient maintenant aux destinations caribéennes de convertir cette attention mondiale en voyages, en revenus et en bénéfices visibles pour les communautés locales.
Sur Redonda, troisième île d’Antigua-et-Barbuda, la végétation a augmenté de plus de 2 000 % en huit ans. « L’île s’est transformée sous nos yeux », résume Johnella Bradshaw, coordinatrice du programme à l’Environmental Awareness Group. Pas de village, pas de route, pas d’hôtel juste un rocher volcanique de 1,6 km² qui raconte aujourd’hui l’une des plus belles restaurations écologiques caribéennes.
Un rocher isolé au large d’Antigua
Vue depuis la mer, Redonda ressemble d’abord à une masse minérale. Un relief abrupt, posé entre Antigua, Montserrat et Nevis, à l’écart des circuits touristiques ordinaires. Elle mesure environ 1,6 km² et s’élève à près de 305 mètres au-dessus du niveau de la mer. C’est la plus petite des trois îles qui composent Antigua-et-Barbuda, mais son histoire récente dépasse largement sa taille.
2017, l’année du basculement
Le fait qui change tout tient en une date : 2017. Cette année-là, les équipes du Redonda Restoration Programme retirent les rats noirs invasifs et relocalisent les chèvres sauvages vers Antigua. Le programme, lancé en 2016 avec le Department of Environment d’Antigua-et-Barbuda, l’Environmental Awareness Group et Fauna & Flora, visait à sauver une île dont l’écosystème s’effondrait.
Pendant des décennies, Redonda avait été rongée par une double pression. Les rats s’attaquaient aux œufs, aux jeunes oiseaux et à la petite faune. Les chèvres, laissées sur place après les activités humaines passées, broutaient les plantes jusqu’à empêcher la régénération naturelle. Peu à peu, l’île avait perdu sa couverture végétale. Les sols glissaient vers la mer. Les récifs proches recevaient pierres et sédiments.
Une île marquée par l’exploitation du guano
Ce paysage nu n’était pas seulement le résultat de la nature. Au XIXe siècle, Redonda avait aussi été exploitée pour le phosphate contenu dans le guano, ces dépôts d’excréments d’oiseaux utilisés comme engrais. Des travailleurs venus notamment de Montserrat y ont participé. L’activité a décliné après la Première Guerre mondiale, mais les espèces introduites sont restées. Elles ont continué à transformer l’île longtemps après le départ des hommes.
Le retour visible de la vie
Le retour a été rapide. En quelques années seulement, la biomasse végétale a augmenté de plus de 2 000 %, selon les données du Department of Environment d’Antigua-et-Barbuda. Le nombre d’espèces d’oiseaux terrestres est passé de 9 à 23. Les Redonda Ground Dragons ces lézards noirs uniques au monde, qui ne vivent nulle part ailleurs — ont vu leur population multipliée par treize entre 2017 et 2021. Là où le sol était gris, la végétation revient. Là où les rats dominaient, les oiseaux nichent à nouveau. Là où l’érosion emportait la terre vers la mer, les racines tiennent à nouveau le sol.
Une réserve pour protéger la terre et la mer
En septembre 2023, cette reconstruction franchit une nouvelle étape avec la création de la Redonda Ecosystem Reserve. Cette aire protégée couvre près de 30 000 hectares de terre et de mer, dont l’île, les herbiers marins et un récif corallien de 18 000 hectares. Selon une enquête nationale, 96 % des Antiguais et Barbudiens soutiennent cette protection * un consensus rare sur un sujet environnemental.
La force de ce modèle tient aussi à son refus du tourisme de masse. Redonda n’est pas une île que l’on vend facilement. Ses falaises, son absence d’eau douce permanente et son accès difficile la tiennent à distance. Mais cette distance lui donne une valeur rare : celle d’un laboratoire naturel où l’on mesure ce qu’une île peut redevenir quand la pression humaine et les espèces invasives reculent.
Un autre récit de la Caraïbe
Dans une Caraïbe souvent présentée par ses plages, Redonda impose un autre récit. Celui d’un territoire minuscule, inhabité, longtemps abîmé, qui redevient vivant par la patience scientifique et la coopération locale. Sa beauté ne se résume pas à une image. Elle se lit dans le retour des oiseaux, dans les lézards qui recolonisent les pierres, dans les plantes qui retiennent à nouveau la terre.
Redonda rappelle enfin que la grandeur d’une île ne dépend pas de sa population, de ses routes ou de ses hôtels. Elle peut tenir dans un équilibre retrouvé. Et si ce rocher d’Antigua-et-Barbuda peut revenir du désert, combien d’autres petits territoires caribéens pourraient, eux aussi, retrouver une part de ce qu’ils avaient perdu ?
Redonda est une île inhabitée rattachée à Antigua-et-Barbuda. Elle se situe dans les Petites Antilles, entre Antigua, Montserrat et Nevis.
Redonda est devenue un exemple rare de restauration écologique réussie. Depuis 2017, le retrait des rats invasifs et des chèvres sauvages a permis le retour de la végétation, des oiseaux et des reptiles endémiques.
Redonda n’est pas une destination touristique classique. Son accès est difficile et l’île est surtout protégée pour sa valeur écologique, notamment dans le cadre de la Redonda Ecosystem Reserve.
Antigua & Barbuda Culinary Month installe Antigua-et-Barbuda dans une bataille culturelle simple : faire reconnaître une cuisine précise, avec ses produits, ses chefs et sa mémoire. En mai 2026, la Restaurant Week, les chefs invités et plusieurs rendez-vous régionaux donnent à l’archipel une scène plus large que la seule promotion touristique.
Nina Compton, un signal fort pour Antigua-et-Barbuda
Quand Nina Compton, cheffe saint-lucienne installée à La Nouvelle-Orléans, lauréate du James Beard Award et figure du restaurant Compère Lapin, pose ses valises à Antigua au mois de mai, ce n’est pas une visite de courtoisie. C’est un signal. La cheffe s’inscrit dans la programmation de l’Antigua & Barbuda Culinary Month, organisé du 1er au 31 mai 2026 sous l’égide de l’Antigua and Barbuda Tourism Authority.
Une Restaurant Week pensée pour les visiteurs et les habitants
L’Antigua & Barbuda Culinary Month prolonge une Restaurant Week déjà installée, mais lui donne une nouvelle échelle. Du 3 au 17 mai, plus de 50 restaurants locaux proposent des menus à prix fixe, structurés autour de trois niveaux : 25, 50 et 75 dollars américains. Ce détail compte. Il montre que l’événement ne s’adresse pas uniquement aux visiteurs. Il permet aussi aux habitants de tester des tables, des saveurs et des lieux qui, le reste de l’année, sont parfois absorbés par la logique touristique.
Un mois qui parle aussi d’économie et de transmission
Le programme avance par séquences : Restaurant Week, Caribbean Food Forum, dîners de collaboration, FAB Fest, barbecue portoricain, soirée caribéenne autour de cheffes, puis finale à Wild Tamarind Restaurant. Le 21 mai, le Caribbean Food Forum réunit chefs, professionnels du tourisme, acteurs de l’hôtellerie et spécialistes de la durabilité autour de la sécurité alimentaire, de l’innovation culinaire et de l’avenir du tourisme gastronomique. Ce n’est pas un détail technique. C’est le signe que l’Antigua & Barbuda Culinary Month veut aussi parler d’économie, de transmission et de souveraineté alimentaire.
Des chefs invités pour élargir le dialogue caribéen
Dans ce paysage, les chefs invités donnent une portée régionale au rendez-vous. La liste officielle mentionne notamment Andi Oliver, Angel Barreto, Claude Lewis, Kareem Roberts, Kerth Gumbs, Suzanne Barr, Devan Rajkumar, Brigette Joseph, Nina Compton, Paul Carmichael, Tristen Epps, Donna-Lee Tapper et Osei “Picky” Blackett. Cette présence extérieure n’efface pas la cuisine locale. Elle l’inscrit dans une conversation plus large, entre Caraïbe anglophone, diaspora, Amérique du Nord et influences afrodiasporiques.
Une reconnaissance internationale pour St John’s
Antigua-et-Barbuda a un argument solide à défendre. St John’s, capitale de l’archipel, a été distinguée en 2025 comme Caribbean’s Best Emerging Culinary City Destination aux World Culinary Awards. La récompense confirme un travail engagé autour d’une scène culinaire qui cherche à être nommée pour ce qu’elle est : une cuisine d’Antigua-et-Barbuda, pas une simple variante d’un imaginaire caribéen trop général.
Une cuisine encore trop peu exportée
Cette précision est essentielle. La cuisine jamaïcaine, cubaine, trinidadienne ou portoricaine circule déjà largement dans les restaurants, les festivals et les récits touristiques. Celle d’Antigua-et-Barbuda reste moins exportée. L’Antigua & Barbuda Culinary Month sert à corriger ce déficit de visibilité en partant du territoire lui-même : ses tables, ses producteurs, ses marchés, ses fruits, ses habitudes familiales et ses mémoires culinaires.
L’Antigua Black Pineapple, symbole agricole et patrimonial
L’Antigua Black Pineapple occupe ici une place à part. Ce fruit, cultivé dans l’archipel, est présenté par les autorités comme l’un des grands symboles agricoles du pays. Les travaux communiqués dans le cadre de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle rappellent qu’il est commercialisé comme l’un des ananas les plus sucrés au monde, qu’il est surtout cultivé dans le sud de l’île et qu’il fait partie des emblèmes nationaux. Derrière le goût, il y a donc une question de protection, de recherche agricole et de valeur patrimoniale.
Une leçon utile pour la Caraïbe
C’est là que l’Antigua & Barbuda Culinary Month devient intéressant pour la Caraïbe. Beaucoup de territoires disposent de produits forts, mais peu réussissent à leur donner une place cohérente dans un récit économique, touristique et culturel. À Antigua, la gastronomie commence à devenir un langage de positionnement. Elle parle de restaurants, bien sûr. Elle parle aussi de production locale, de reconnaissance internationale, de diaspora et de transmission.
Une scène à transformer en force durable
La suite se jouera probablement sur la capacité à protéger les produits, former les talents et faire circuler cette cuisine au-delà du mois de mai. L’Antigua & Barbuda Culinary Month donne une scène. Il reste maintenant à voir comment cette scène peut devenir une force durable pour les cuisiniers, les producteurs et la mémoire culinaire de l’archipel.
L’Antigua & Barbuda Culinary Month est un mois consacré à la gastronomie d’Antigua-et-Barbuda. En mai 2026, l’événement réunit Restaurant Week, chefs invités, forums culinaires et rendez-vous autour de la cuisine locale.
L’Antigua & Barbuda Culinary Month 2026 se déroule du 1er au 31 mai 2026. La Restaurant Week, l’un des temps forts du programme, est prévue du 3 au 17 mai.
Antigua-et-Barbuda utilise sa cuisine pour valoriser son patrimoine, ses produits locaux, ses chefs et son identité culturelle. L’événement renforce aussi la place de l’archipel dans le tourisme gastronomique caribéen.
IShowSpeed Caribbean Tour ouvre une fenêtre rare sur la Caraïbe. L’annonce a été diffusée le 20 avril sur les réseaux du créateur américain, avec un direct programmé pour le 25 avril 2026. La liste publiée mentionne quinze destinations : Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, la Dominique, la République dominicaine, la Grenade, la Guadeloupe, la Jamaïque, Porto Rico, Sint Maarten, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinidad-et-Tobago et les îles Vierges américaines. En quelques heures, cette tournée a placé la région dans un espace de visibilité mondiale inhabituel.
IShowSpeed Caribbean Tour mérite l’attention pour une raison simple : IShowSpeed rassemble une audience gigantesque. L’Associated Press rappelle qu’il a dépassé les 50 millions d’abonnés sur YouTube pendant sa tournée africaine de janvier 2026. À cette échelle, chaque déplacement devient un événement suivi en direct, repris par d’autres comptes et transformé en séquences courtes qui circulent vite. Quand un itinéraire entier est consacré à la Caraïbe, les territoires, les accents, les paysages et les usages du quotidien entrent dans le champ de vision d’un public international.
Une Caraïbe montrée comme un ensemble
La première force de IShowSpeed Caribbean Tour tient à l’image d’ensemble qu’elle produit. La liste associe des États indépendants et des territoires, des espaces anglophones, francophones, hispanophones et néerlandophones. Cette juxtaposition rappelle que la Caraïbe forme une région multiple, traversée par des langues et des héritages différents, tout en conservant des liens profonds.
Cette lecture régionale correspond à une réalité historique. Les circulations humaines, musicales, commerciales, religieuses et familiales existent depuis des siècles d’une île à l’autre. Les frontières ont façonné des administrations et des statuts distincts. Elles n’ont jamais effacé les échanges. En une seule annonce, la Caraïbe apparaît comme un espace lisible pour des millions de personnes qui, souvent, la perçoivent de manière fragmentée.
Une visibilité qui passe par les codes du présent
Le format compte presque autant que la liste des destinations. IShowSpeed travaille dans le direct, l’improvisation, la réaction immédiate et le partage massif. Son public suit moins un programme qu’une présence. Cette manière de filmer change la nature de l’exposition. Le spectateur regarde des rues, des plages, des marchés, des trajets, des rencontres et des scènes de foule au moment où elles se produisent.
Pour la Caraïbe, cette exposition a une portée particulière. Beaucoup de territoires de la région souffrent d’une visibilité inégale dans les grands circuits médiatiques. Les plus connus bénéficient d’une image installée. D’autres restent absents des récits mondiaux, ou réduits à quelques clichés. IShowSpeed Caribbean Tour peut donc jouer un rôle utile : montrer une diversité de lieux et d’ambiances à un public jeune qui construit sa vision du monde à travers les plateformes.
Une occasion pour les acteurs culturels et médiatiques
L’intérêt de IShowSpeed Caribbean Tour concerne aussi les artistes, les organisateurs, les médias locaux et les créateurs installés dans la région. Une tournée de cette ampleur peut mettre en lumière un danseur, un musicien, une tradition culinaire, un décor urbain, un événement populaire ou une personnalité locale. Elle peut aussi créer des connexions entre territoires qui communiquent rarement à cette vitesse.
La valeur ajoutée d’ IShowSpeed Caribbean Tour dépendra toutefois de la manière dont ces moments seront accompagnés. Une image virale attire l’attention pendant quelques heures. Un travail éditorial sérieux prolonge cet intérêt. Il donne des repères, rappelle l’histoire, précise les contextes politiques et culturels, et aide à comprendre ce que l’on voit. La Caraïbe dispose ici d’une occasion de raconter sa pluralité avec davantage de maîtrise.
Une portée symbolique visible
Il serait prématuré d’annoncer des effets touristiques chiffrés ou des retombées économiques immédiates. En revanche, une chose apparaît clairement : la Caraïbe gagne une présence mondiale dans l’un des formats les plus suivis du moment.
C’est là que IShowSpeed Caribbean Tour prend toute sa dimension. IShowSpeed Caribbean Tour rassemble en un même mouvement des territoires souvent commentés séparément. Elle rappelle que la région possède une force culturelle, visuelle et sociale capable de retenir l’attention à grande échelle. Pour les publics qui connaissent mal cet espace, elle peut ouvrir une première porte. Pour ceux qui le suivent déjà, elle confirme que la Caraïbe reste un foyer majeur de création, de circulation et d’énergie dans le monde contemporain.
IShowSpeed Caribbean Tour est une tournée annoncée par le créateur américain IShowSpeed à travers plusieurs territoires de la Caraïbe. Au-delà de l’annonce elle-même, cette tournée attire l’attention par son ampleur médiatique et par la visibilité qu’elle peut offrir à la région dans son ensemble.
IShowSpeed Caribbean Tour suscite un fort intérêt parce qu’IShowSpeed fait partie des créateurs les plus suivis au monde. Lorsqu’il se déplace, ses vidéos, ses directs et les extraits partagés sur les réseaux touchent très vite un public international, ce qui donne à cette tournée une portée bien plus large qu’une simple série d’escales.
IShowSpeed Caribbean Tour est important parce qu’il montre la Caraïbe comme un espace régional visible, vivant et connecté. La tournée relie plusieurs territoires dans une même narration et rappelle que la région possède une richesse culturelle, linguistique et sociale capable de retenir l’attention à grande échelle.
Oui, IShowSpeed Caribbean Tour peut avoir un impact culturel réel. Ce type de tournée peut mettre en avant des paysages, des sons, des accents, des habitudes de vie, des artistes et des ambiances locales. Il peut aussi encourager un nouveau regard sur la Caraïbe, en particulier auprès d’un public jeune qui suit l’actualité du monde via les plateformes numériques.
Il est encore trop tôt pour mesurer précisément les effets de IShowSpeed Caribbean Tour sur le tourisme. En revanche, cette tournée peut déjà renforcer la visibilité de la Caraïbe et nourrir la curiosité d’un public mondial. Cette exposition médiatique peut ensuite profiter aux territoires si elle est relayée intelligemment par les acteurs culturels, touristiques et médiatiques.
L’OECO poursuit sa modernisation régionale avec une initiative marquante à Sainte-Lucie : la mise en service de bornes automatisées dans les deux principaux aéroports du pays. Un pas décisif vers une gestion des frontières plus fluide, plus technologique et plus sécurisée dans l’espace caribéen.
Un projet régional tourné vers l’avenir
La Commission de l’OECO (Organisation des États de la Caraïbe orientale) a remis dix bornes en libre-service à Sainte-Lucie : huit à l’aéroport international Hewanorra (HIA) et deux à celui de George F. L. Charles. Ces équipements de pointe permettent aux voyageurs d’effectuer eux-mêmes les formalités d’entrée, réduisant ainsi l’attente et la congestion dans les halls d’arrivée.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du Programme d’amélioration de la gestion des frontières de l’OECO, financé par l’Union européenne à travers le programme Regional Integration Through Growth Harmonisation and Technology (RIGHT). Ce partenariat illustre la volonté de l’organisation régionale de renforcer la coopération entre ses États membres tout en misant sur la technologie comme levier d’efficacité et de sécurité.
Des bornes automatisées pour une meilleure expérience passager
Grâce à cette installation, Sainte-Lucie devient un exemple concret de transformation numérique au service du tourisme. Les nouvelles bornes automatisées permettent de scanner les passeports, capturer les empreintes digitales et accélérer la vérification des données tout en maintenant un haut niveau de sécurité.
L’objectif est double : faciliter le voyage des ressortissants de la région, notamment ceux de la CARICOM et de l’OECO, et renforcer la capacité du pays à identifier et filtrer les passagers à haut risque. Cette approche intelligente illustre l’équilibre que cherche à atteindre la région entre ouverture touristique et contrôle renforcé.
Les paroles fortes du leadership caribéen
Lors de la cérémonie officielle de remise à l’aéroport international Hewanorra, le Directeur général de l’OECO, le Dr Didacus Jules, a souligné la portée stratégique de cette évolution :
« À mesure que le tourisme mondial devient plus compétitif, les voyageurs recherchent non seulement de belles destinations, mais aussi une expérience d’entrée efficace, fluide et sécurisée. »
Le Dr Didacus Jules a insisté sur le fait que la modernisation des points d’entrée constitue un pilier essentiel pour soutenir la croissance économique des États membres et renforcer la perception internationale d’une Caraïbe organisée, technologique et accueillante.
De son côté, le ministre sainte-lucien de l’Intérieur, de la prévention de la criminalité et des personnes en situation de handicap, l’honorable Jeremiah Norbert, a salué l’investissement :
« Pour maintenir la compétitivité mondiale de notre secteur touristique et répondre aux enjeux de sécurité, il est essentiel de disposer de systèmes de gestion frontalière performants. Ils doivent refuser l’entrée aux passagers à risque tout en offrant un passage fluide aux voyageurs légitimes. »
Ces déclarations reflètent une vision partagée : faire de l’espace OECO un modèle de gestion régionale harmonisée, où l’innovation technologique s’intègre aux impératifs de souveraineté et de mobilité.
Un programme régional déjà en marche
La remise de dix bornes à Sainte-Lucie intervient quelques mois après une initiative similaire à la Grenade, où six bornes avaient été livrées en mars 2025. À terme, la Commission de l’OECO ambitionne d’équiper tous les États membres : Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Montserrat, ainsi que les territoires associés comme Anguilla ou les Îles Vierges britanniques.
Au-delà des infrastructures, l’objectif est d’instaurer un cadre de coopération et de partage de données pour harmoniser les procédures d’entrée, renforcer la traçabilité et garantir une meilleure coordination entre les services d’immigration.
L’initiative s’aligne ainsi sur les priorités régionales de l’OECO, qui visent à accélérer la transformation numérique, stimuler le tourisme durable et améliorer la connectivité régionale. La technologie devient un outil stratégique pour accompagner la mobilité des citoyens caribéens tout en soutenant la compétitivité économique.
Sainte-Lucie, vitrine d’une nouvelle ère caribéenne
Pour Sainte-Lucie, ce partenariat avec l’OECO et l’Union européenne symbolise une avancée majeure. L’île renforce son image de destination moderne et accueillante, dotée d’infrastructures à la hauteur des standards internationaux. L’automatisation des points d’entrée est appelée à réduire les délais d’attente, améliorer la satisfaction des visiteurs et optimiser la gestion des flux touristiques — un enjeu crucial pour un pays où le tourisme représente plus de 60 % du PIB.
Mais au-delà du gain immédiat, cette initiative traduit la volonté politique d’inscrire Sainte-Lucie dans une trajectoire régionale d’intégration numérique. En s’appuyant sur la structure et la coordination de l’OECO, l’île bénéficie d’un cadre commun d’expertise, de financement et de formation, tout en contribuant à la construction d’une Caraïbe orientale interconnectée.
Vers une connectivité régionale intelligente
L’OECO démontre ici sa capacité à articuler vision, financement et exécution autour de projets à impact concret. L’installation de ces bornes n’est pas un simple geste technologique : elle symbolise la montée en puissance d’une région qui modernise ses infrastructures, renforce la sécurité et fluidifie les mobilités.
À l’heure où la concurrence entre destinations touristiques s’intensifie, cette modernisation positionne la Caraïbe orientale sur un créneau stratégique : celui d’un espace intégré, sûr et technologiquement avancé.
En unissant ses membres autour d’initiatives tangibles, l’OECO affirme une fois encore son rôle de moteur régional, au service d’une Caraïbe plus efficace, plus connectée et résolument tournée vers l’avenir.
Du 6 juillet au 08 juillet 2025, Montego Bay vibre au rythme du 49e Sommet de la CARICOM, où les chefs d’État et de gouvernement des pays membres se retrouvent pour discuter des défis majeurs qui traversent la région. Cette édition, présidée par Andrew Holness, Premier ministre de la Jamaïque, se déroule dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte d’urgence, chaque délégation étant venue avec des attentes fortes sur la sécurité alimentaire, la résilience économique, la crise haïtienne et, surtout, la refonte de la logistique régionale.
Les couloirs du Montego Bay Convention Centre bruissent de conversations stratégiques, tandis que les sessions plénières alternent avec des ateliers thématiques, donnant à chaque territoire la possibilité de faire entendre sa voix.
Un contexte régional exigeant
Dès l’ouverture du 49e Sommet de la CARICOM, le ton a été donné : la Caraïbe traverse une période charnière. Les interventions successives des représentants de la Barbade, de la Trinité-et-Tobago, de Sainte-Lucie ou encore de la Dominique ont mis en lumière la réalité des perturbations logistiques, la dépendance à un transport aérien coûteux et la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Les débats sont animés, chaque chef de délégation insistant sur la nécessité de solutions concrètes et immédiates. Les échanges en coulisses témoignent d’une volonté partagée de faire de ce sommet un moment décisif pour la région.
Les priorités de la présidence jamaïcaine
Andrew Holness, dans son discours inaugural, a rappelé l’importance d’une coopération renforcée et d’une diversification des échanges, tout en soulignant la nécessité d’apporter des réponses rapides aux enjeux sécuritaires et climatiques. Son appel à une mobilisation collective n’est pas resté sans effet : les tables rondes du 49e Sommet de la CARICOM se sont succédé, abordant la question de la paix régionale, la mutualisation des ressources et la place de la jeunesse dans la construction d’une prospérité partagée.
Mia Mottley : un plaidoyer pour une transformation logistique
La prise de parole de Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, a marqué l’un des temps forts du 49e Sommet de la CARICOM. Avec une éloquence saluée par l’ensemble des participants, elle a dressé un tableau lucide des failles logistiques qui freinent le développement caribéen. Sa voix, ferme et posée, a résonné dans l’auditorium lorsqu’elle a évoqué la nécessité d’une « révolution du fret régional », insistant sur l’urgence de démocratiser les transports et de redonner à la mer son rôle historique de trait d’union entre les îles.
Des propositions concrètes pour le fret régional
Mia Mottley n’est pas restée dans l’incantation. Elle a annoncé que deux États membres de la CARICOM sont en négociation avancée pour acquérir des avions cargo, une initiative qui, selon elle, permettra de fluidifier les échanges et de garantir l’approvisionnement en biens essentiels. Elle a également évoqué la présentation attendue d’un projet de ferry régional porté par le secteur privé, qui pourrait révolutionner la connectivité entre les îles. Ces annonces, formulées au cœur du 49e Sommet de la CARICOM, ont été accueillies par des applaudissements nourris, signe que la question logistique est au cœur des préoccupations collectives.
La volonté politique au cœur du changement
Mia Mottley a profité de sa tribune pour rappeler que la réussite de ces projets dépend avant tout de la volonté politique des dirigeants. Elle a évoqué avec émotion les souvenirs du Federal Maple et du Federal Palm, symboles d’une époque où la mer unissait les peuples caribéens. Son plaidoyer, relayé dans plusieurs sessions du 49e Sommet de la CARICOM, a trouvé un écho particulier auprès des délégations, qui ont reconnu la nécessité de dépasser les inerties institutionnelles pour bâtir une logistique régionale moderne et résiliente.
Les apports concrets du 49e Sommet de la CARICOM pour les territoires membres
Sécurité alimentaire et fluidité des échanges
L’un des axes majeurs des discussions du 49e Sommet de la CARICOM porte sur la sécurité alimentaire. Les participants ont souligné que la mise en place de nouvelles liaisons maritimes et aériennes, comme celles évoquées par Mia Mottley, permettra d’assurer un approvisionnement régulier en produits agricoles et en biens de première nécessité. Les échanges de bonnes pratiques entre les ministres de l’Agriculture et de l’Économie témoignent d’une volonté commune d’optimiser les circuits logistiques et de renforcer la souveraineté alimentaire de chaque territoire.
Renforcement de l’intégration et de la résilience économique
Les débats sur l’intégration économique ont mis en avant l’importance de mutualiser les ressources et de diversifier les partenaires commerciaux. Les annonces d’investissements publics et privés dans le fret régional, formulées à l’occasion du 49e Sommet de la CARICOM, ouvrent la voie à une coopération renforcée, qui permettra aux territoires membres de mieux résister aux chocs extérieurs, qu’ils soient économiques, sanitaires ou climatiques. Les participants s’accordent sur le fait que cette édition constitue un jalon crucial vers une prospérité partagée.
Perspectives pour la jeunesse et l’innovation
Au fil des ateliers, la jeunesse caribéenne et l’innovation technologique ont occupé une place centrale. Les initiatives présentées, qu’il s’agisse de programmes de formation, de mobilité étudiante ou de soutien à l’entrepreneuriat, illustrent la volonté des dirigeants de préparer la relève et de donner aux jeunes les moyens de s’inscrire dans la dynamique régionale. Ces perspectives, discutées en profondeur au 49e Sommet de la CARICOM, laissent entrevoir de nouvelles opportunités concrètes pour la jeunesse.
Le 49e Sommet de la CARICOM, catalyseur d’une nouvelle ère régionale
À Montego Bay, le 49e Sommet de la CARICOM se poursuit dans une atmosphère studieuse et déterminée. Portée par des personnalités comme Mia Mottley et Andrew Holness, la région est en train de franchir une étape décisive vers la modernisation de ses infrastructures et l’approfondissement de son intégration. Les discussions, riches et parfois passionnées, témoignent d’une volonté collective de transformer les défis en opportunités et de bâtir un avenir durable pour l’ensemble des populations caribéennes.
📸 Galerie photo : revivez en images les temps forts de la cérémonie d'ouverture ©CARICOM
Richès Karayib a rencontré Charmaine Spencer, directrice régionale pour la Caraïbe et l’Amérique latine au sein de l’Antigua and Barbuda Tourism Authority, lors de la 43ᵉ édition du Caribbean Travel Marketplace. Dans un contexte où l’archipel assume de plus en plus son rôle de hub régional, Charmaine Spencer revient sur les atouts différenciés des deux îles, leur potentiel MICE, et les ambitions pour les mois à venir, notamment avec la Caraïbe francophone.
Caribbean Travel Marketplace 2025 : une vitrine pour le MICE et la coopération régionale
Accueillir le Caribbean Travel Marketplace en 2025 n’était pas anodin pour Antigua-et-Barbuda. C’est une preuve de confiance, mais aussi une vitrine concrète des capacités de l’île à organiser des événements d’envergure.
« Nous voulons pénétrer davantage le marché MICE — Meetings, Incentives, Conferences and Events », explique Charmaine Spencer. « Nous avons l’infrastructure, les hébergements et surtout la volonté politique et privée de faire d’Antigua une référence. »
Cette édition a aussi permis à des délégations caribéennes, parfois absentes quand l’événement se tient dans des territoires plus coûteux ou éloignés de se rassembler à moindre effort logistique.
« Nous avons été heureux d’accueillir nos voisins. Cela reflète notre engagement à renforcer la coopération régionale. »
Deux îles, deux expériences complémentaires
Charmaine Spencer tient à le rappeler : Antigua et Barbuda, ce sont deux mondes en un seul pays.
- ★ Antigua, l’île la plus animée, se distingue par ses infrastructures hôtelières haut de gamme, sa vie nocturne, sa scène gastronomique, ses festivals et son port de plaisance très actif.
- ★ Barbuda, plus secrète, offre un visage rare de la Caraïbe : plages immaculées de sable blanc et rose, tranquillité absolue, immersion dans une nature encore sauvage.
« Barbuda, c’est la Caraïbe préservée. Antigua, c’est la Caraïbe vivante et connectée. »
Charmaine Spencer ajoute que Barbuda héberge le seul restaurant Nobu de la Caraïbe orientale, preuve que le luxe peut s’y conjuguer avec l’exclusivité.
Une destination pour tous les segments de marché
Entre tourisme de loisirs, romantique, familial, culturel et affaires, Antigua-et-Barbuda veut affirmer sa polyvalence.
« Nous avons des plages pour chaque jour de l’année… même en année bissextile, on vous en trouvera une ! »
L’offre s’élargit aussi autour de :
- ★ la gastronomie (culinary month),
- ★ l’événementiel sportif et culturel (Sailing Week, Carnival, Art Week),
- ★ le bien-être (randonnées, spas, retraites de yoga),
- ★ et la connectivité régionale, en plein développement.
Objectif : renforcer les liens avec les Antilles françaises
Charmaine Spencer conclut avec un message clair : elle veut développer la présence des visiteurs guadeloupéens et martiniquais à Antigua.
« Je veux plus de vols directs. Plus d’événements accessibles pour les Antilles françaises. Je veux vous voir ici, vivre notre Carnival, notre Art Week, notre cuisine, notre culture. »
Antigua veut bâtir des ponts aériens, mais aussi humains et culturels, avec la Caraïbe francophone, pour favoriser un tourisme inclusif, intra-caribéen et solidaire.
Richès Karayib a rencontré Geraine Georges, Public Relations Manager à l’Office du tourisme de Sainte Lucie, et Dexter Percil, Director of Global Marketing, lors de la 43ᵉ édition du Caribbean Travel Marketplace , organisé cette année à Antigua. Pour ces deux représentants stratégiques du tourisme saint-lucien, l’événement est l’occasionde présenter les forces de la destination, de renforcer les relations avec leurs partenaires internationaux, mais aussi de lancer leur calendrier estival et d’ouvrir les bras à la Caraïbe francophone.
Une présence stratégique pour Sainte Lucie
Pour Geraine Georges, responsable des relations publiques, participer au CHTA Marketplace est essentiel pour faire rayonner la marque Sainte Lucie et maintenir le lien avec les partenaires actuels tout en nouant de nouveaux.
« Cet événement nous permet d’assurer la continuité de nos relations, mais aussi de nous positionner dans l’espace global du tourisme. »
De son côté, Dexter Percil, directeur du marketing mondial, souligne l’importance de l’intelligence de marché apportée par ce salon : données, tendances, insights sur les comportements voyageurs. Autant d’éléments qui orientent la stratégie de destination de Sainte Lucie.
« CHTA nous donne aussi la possibilité de positionner notre offre d’hébergement, et surtout, de lancer notre campagne estivale. »
Une délégation forte et une campagne estivale affirmée
Sainte Lucie est venue en force. Plus de 20 partenaires hôteliers étaient présents : Bay Gardens, The Landings, Ladera, Sugar Beach, Ti Kaye, Coconut Bay, Jade Mountain… pour ne citer qu’eux. Le tout avec le soutien logistique de Sunrise Airways, assurant les transferts depuis Sainte-Lucie.
Cette présence massive était aussi l’occasion de lancer officiellement à Antigua la campagne “Summer Saint Lucia Style”, nouvelle offensive marketing pour l’été 2025.
Événements phares 2025 : entre traditions locales et passerelles régionales
Sainte Lucie s’appuie sur un calendrier estival solide et attractif, articulé autour de trois moments forts :
🎭 Lucian Carnival – Le carnaval de Sainte-Lucie
🗓️ 01 – 23 juillet 2025
🎯 Parade, Calypso, Panorama, fêtes privées
📍 Castries et quartiers festifs de l’île
Véritable pilier de l’été saint-lucien, le Lucian Carnival s’étale sur plusieurs semaines, culminant avec deux jours de parade. Ambiance musicale, costumes flamboyants, sound systems et compétitions calypso transforment l’île en capitale de la fête caribéenne.
« Nous invitons toute la Caraïbe, et en particulier les Martiniquais, à venir vivre cette expérience inoubliable. »
🎶 Martinique à Gros Islet – Soirée de rue francocréole
🗓️ Dernier week-end de juillet à début août 2025
🎯 DJs martiniquais invités (DJ Payo & co), gastronomie locale
📍 Gros Islet Street Party, au nord de Sainte-Lucie
Initiative originale lancée en 2024, Martinique à Gros Islet revient cette année encore. Le concept : inviter des DJs et artistes martiniquais à performer dans le cadre mythique des soirées de rue saint-luciennes.
« L’idée est de renforcer les liens entre les cultures francophones et anglophones autour de la musique, du rhum et des bons plats. »
🌴 Creole Heritage Month & autres temps forts
🗓️ À partir d’octobre 2025
🎯 Mise en valeur de la culture créole, événements patrimoniaux
📍 Partout sur l’île
Outre l’été, Sainte Lucie prépare une saison culturelle riche à l’automne, avec notamment le Creole Heritage Month, l’arrivée de l’Atlantic Rally for Cruisers (ARC), et d’autres temps forts tournés vers l’artisanat, la langue et les traditions créoles.
Une ouverture assumée vers la Caraïbe francophone
Dexter Percil le dit sans détour : la Martinique est une priorité. Et l’objectif est clair : accueillir davantage de visiteurs francophones à Sainte-Lucie en capitalisant sur la proximité géographique, les vols courts, et l’intensité de la programmation.
« Venez pour un week-end, un carnaval ou un concert… On vous garantit des labis, des conchs, et une hospitalité inégalée. »
Une invitation festive à l’unité caribéenne
À travers la présence dynamique de Geraine Georges et Dexter Percil, Sainte Lucie affirme une double ambition : renforcer ses connexions commerciales internationales tout en solidifiant ses passerelles régionales, notamment avec la Martinique et la Guadeloupe. La culture, la fête et la gastronomie servent ici de trait d’union.
Antigua and Barbuda vient d’être nominée comme meilleure destination culinaire émergente des Caraïbes 2025 par les très respectés World Culinary Awards. Ce n’est pas un hasard. Depuis trois ans, la Antigua and Barbuda Tourism Authority (ABTA) travaille activement à repositionner l’image du pays, jusque-là associée à ses plages, vers un récit profondément enraciné dans la gastronomie, le terroir et l’identité culturelle.
Une nomination par les World Culinary Awards, gage de crédibilité
Cette reconnaissance vient saluer les efforts d’un écosystème entier : des chefs talentueux aux producteurs locaux, en passant par les artisans de rue et les décideurs. Le ministre du Tourisme, Charles Fernandez, l’a bien résumé : « Cette nomination est le reflet de notre riche patrimoine culinaire, et une célébration des talents qui font rayonner notre identité nationale. »
Le Mois de la Gastronomie : pilier de la transformation culinaire
De la traditionnelle Restaurant Week à un mois complet d’événements
Le cœur de cette transformation, c’est le Mois de la Gastronomie. Ce programme phare, lancé par la ABTA, a permis de faire évoluer l’ancienne Restaurant Week en une série d’événements immersifs sur tout un mois. Chaque édition offre une plongée dans la cuisine d’Antigua and Barbuda, bien au-delà de la carte d’un restaurant.
FAB Fest : une vitrine artistique et culinaire
Le FAB Fest (Food, Art and Beverage Festival) est devenu une signature incontournable de ce mois. On y retrouve les meilleurs chefs des deux îles, des mixologues créatifs, des artistes locaux et des producteurs passionnés. Le tout dans une ambiance où se mêlent démonstrations culinaires, concerts, dégustations et expositions artisanales.
Eat Like A Local : cartographier l’authenticité
Autre initiative phare : Eat Like A Local. Il s’agit d’une carte numérique interactive regroupant les vendeurs certifiés, les stands de rue et les petites adresses souvent inconnues des touristes. Ce projet encourage une exploration responsable et authentique du pays, en valorisant les plats maison, les recettes de grand-mère, et les lieux fréquentés par les habitants.
Forum Caribéen de l’Alimentation : penser le futur culinaire régional
Réflexion stratégique sur la sécurité alimentaire et l’innovation
Antigua and Barbuda ne se contente pas de cuisiner : le pays réfléchit à l’avenir. Le Caribbean Food Forum, organisé dans le cadre du Mois de la Gastronomie, réunit des chefs, des entrepreneurs, des chercheurs et des responsables politiques de toute la Caraïbe. Ensemble, ils abordent les enjeux de sécurité alimentaire, d’innovation culinaire, de transmission des savoir-faire et d’agriculture durable.
Des chefs aux politiques : un dialogue transdisciplinaire
Ce forum va bien au-delà de la simple démonstration. Il crée un espace de dialogue entre les métiers, où un chef peut échanger avec un député sur la législation alimentaire, ou un agriculteur avec un chercheur sur l’impact climatique. Ce brassage d’idées donne à Antigua and Barbuda un rôle de laboratoire régional en matière culinaire.
Une ambition portée par des figures engagées
Colin C. James : 365 plages, 365 saveurs
Le directeur général de l’ABTA, Colin C. James, résume parfaitement le nouveau slogan du pays : « Nous sommes passés de 365 plages à 365 saveurs. » Cette transformation ne cherche pas à effacer l’image balnéaire, mais à lui ajouter une couche de profondeur culturelle et gustative.
Shermain Jeremy : identité, fierté et communauté
À la tête de la coordination du Mois de la Gastronomie, Shermain Jeremy est une figure essentielle. Elle insiste : « Ce que nous avons construit va au-delà de la nourriture. C’est une affaire d’identité, de fierté et de communauté. » Pour elle, chaque vendeur de rue, chaque mixologue, chaque artiste contribue à cette dynamique collective.
Antigua and Barbuda s’impose désormais comme une référence dans le paysage culinaire caribéen. La nomination d’Antigua and Barbuda comme meilleure destination culinaire émergente des Caraïbes 2025 par les World Culinary Awards est une étape significative d’un projet collectif, ambitieux et enraciné. Derrière chaque plat servi sur ces îles, il y a une histoire, une mémoire, un savoir-faire. Et cette richesse mérite d’être célébrée, partagée… et savourée