Le samedi 28 mars, au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, la conférence de presse des CARIFTA Aquatics Championships 2026 n’avait rien d’une simple réunion d’information. En une heure et demie, organisateurs, athlètes et partenaires ont présenté bien plus qu’un programme sportif : du 3 au 8 avril, la Martinique accueillera la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, dix ans après une première édition restée dans toutes les mémoires. Vingt-quatre nations. Trois disciplines. Un territoire qui joue à domicile et le sait.
Une candidature portée par une mémoire collective
En 2024, au congrès de la Caribbean Aquatics Association organisé aux Bahamas, deux candidatures s’affrontent pour l’organisation des CARIFTA Aquatics Championships 2026 : Sainte-Lucie et la Martinique. Le vote est sans appel : une trentaine de voix pour la Martinique, dix pour Sainte-Lucie.
Derrière ce résultat, il y a une histoire. L’édition 2016, première jamais organisée sur le territoire, a marqué les esprits de tous ceux qui y étaient: coachs, responsables de délégations, officiels. En 2024, au moment de voter, beaucoup se souvenaient encore de cette semaine-là.
« C’était une très belle édition, et toujours dans les mémoires. »
L’autre facteur a été plus concret : Sainte-Lucie ne disposait pas encore de son bassin. La Martinique, elle, peut compter sur le Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, bassin olympique à dix couloirs, tribune de 800 places, bassin de 25 mètres pour l’échauffement. L’une des meilleures installations de la Caraïbe.
L’organisation a aussi mis en avant sa capacité d’accueil hors bassin, avec plusieurs solutions d’hébergement mobilisées dans le sud de l’île pour les délégations, complétées par d’autres structures si nécessaire. Ce volet logistique, rarement secondaire dans ce type d’événement, a renforcé la crédibilité de la candidature martiniquaise.
Trois disciplines, 24 nations, un format exigeant
Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 réunissent 24 pays : 21 nations anglophones de la Caraïbe, auxquelles s’ajoutent la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. La natation course occupe quatre journées: séries le matin, finales l’après-midi, du samedi 5 au mardi 8 avril. La natation artistique s’installe à partir du lundi sur la pause méridienne, avec les solos puis les épreuves techniques. Les duos et les équipes clôturent le programme le mercredi matin. Ce même mercredi, l’épreuve d’eau libre se dispute sur cinq kilomètres, aux Anses d’Arlets.
Les compétiteurs : Benjamins (11-12 ans), Minimes (13-14 ans), Cadets (15-17 ans) ne s’inscrivent pas à titre individuel. Ce sont des sélections nationales qui se déplacent, avec les meilleurs nageurs de chaque territoire. Pour entrer dans la sélection martiniquaise, il faut satisfaire une grille de temps établie sur les deux saisons précédentes, qui ne retient que les nageurs capables d’atteindre les finales.
Dans l’esprit des organisateurs, la sélection se construit sur une logique simple : pour marquer des points, il faut entrer en finale, et pour entrer en finale, il faut figurer parmi les huit meilleurs temps des séries du matin. Autrement dit, les nageurs retenus sont censés avoir un niveau leur permettant de jouer une vraie place dans la compétition, et pas seulement de participer.
La délégation de la Martinique lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 compte 61 nageurs : 36 en natation course, 12 en eau libre dont cinq pratiquent également la course et 18 en natation artistique. Cinq capitaines mènent cette équipe : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons (catégorie 15-17 ans), Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.
L’eau comme point de départ et comme destination
Jean-Naël Zozime, capitaine de la sélection garçons, répond sans détour quand on lui demande comment il a commencé : « on m’a mis à la natation pour ne pas me noyer. » Cyrielle Manin, capitaine de la sélection filles, raconte à peu près la même chose : elle a failli se noyer étant petite, et c’est ce qui l’a amenée à apprendre à nager.
Ces deux témoignages, entendus à quelques minutes d’intervalle, disent quelque chose d’important sur ce territoire. Deux jeunes Martiniquais que la mer a d’abord effrayés, qui représentent aujourd’hui leur île face à vingt-trois nations caribéennes. Il y a là bien plus qu’un palmarès sportif.
« La natation, c’est un sport dur. Il ne faut pas croire que ce sera facile, mais avec beaucoup de persévérance, tout le monde peut y arriver.»
— Jean-Naël Zozime
Nohemy Marajo, capitaine de natation artistique, pratique depuis dix ans une discipline que le public connaît encore mal. Elle l’explique concrètement : apprendre les chorégraphies à sec, les répéter dans l’eau, maîtriser sa respiration sous la surface pendant que les jambes dessinent des figures au-dessus. Un sport aussi exigeant techniquement que physiquement, qui tient autant de la danse classique que de l’endurance.
« Il faut savoir endurer, garder le moindre souffle pour terminer la chorégraphie. »
— Nohemy Marajo
La conférence des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a aussi rappelé que la natation artistique reste une discipline encore confidentielle dans l’espace caribéen, en raison des infrastructures qu’elle exige et du niveau de préparation nécessaire. Elle demande du travail en trois dimensions, une préparation technique très poussée, mais aussi l’appui de professionnels extérieurs, notamment en danse et en préparation gymnique. Pour les encadrants, l’enjeu des CARIFTA est donc double : soutenir celles qui pratiquent déjà et susciter de nouvelles vocations.
Ce que l’encadrement observe chez ces jeunes, c’est une constante : ils s’entraînent, passent leurs examens, concourent le week-end, et recommencent. « Généralement, les nageurs sont performants dans leurs études également, parce qu’ils ont travaillé cette rigueur au quotidien.» Ce qu’on apprend dans un bassin s’applique aussi ailleurs.Les organisateurs insistent d’ailleurs sur cette exigence quotidienne : se qualifier ne suffit pas, il faut encore être capable de répondre présent le jour J, dans un sport où la régularité et la discipline comptent autant que le talent.
Des médailles nées des mains de l’île
La façon dont un événement récompense ses champions dit souvent beaucoup de ce qu’il représente. Aux CARIFTA Aquatics Championships 2026, les médailles ont été fabriquées en Martinique, dans du bois noble : poirier pour l’or, mao bleu pour l’argent, mao ghani pour le bronze. Un artisan du Nord-Atlantique en a assuré la réalisation, Joseph Galliard a signé les gravures, et une couturière locale a confectionné les pochons aux trois couleurs du drapeau martiniquais.
C’est la marraine de l’édition, Coralie Balmy , ancienne nageuse de haut niveau passée quatre fois par les CARIFTA dans sa carrière qui a porté cette initiative. Une démarche écoresponsable et identitaire, saluée comme une première à l’échelle caribéenne.
Chaque athlète caribéen qui montera sur le podium lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 repartira avec un bout de la Martinique, une médaille unique, réalisée par des artisans locaux, qui ne ressemble à aucune autre.
La conférence a également précisé que des trophées accompagneront ces récompenses, et que les médailles devaient encore recevoir leurs cordons avant l’ouverture de la compétition. Là aussi, l’objectif est clair : faire de chaque distinction un objet à la fois sportif, local et symbolique.
Une semaine qui mobilise tout le territoire
Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 ne se jouent pas que dans les bassins. Entre 1 500 et 1 800 personnes arrivent en Martinique : nageurs, encadrants, familles répartis dans plusieurs hôtels du sud. Chaque jour, environ 150 bénévoles assurent le bon déroulement de l’événement : des anciens nageurs, des parents, des habitants qui n’ont parfois aucun lien direct avec la natation, mais qui ont voulu s’engager.
Parmi eux, les officiels occupent une place décisive : environ 26 officiels venus de la Caraïbe viendront en renfort des officiels martiniquais, pour atteindre une cinquantaine de personnes autour du bassin à chaque réunion, matin et après-midi. À cela s’ajoutent les secouristes, les équipes d’accueil, les personnes chargées des récompenses, de l’accompagnement des délégations ou encore des espaces ouverts au public.
L’accueil des délégations lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a lui aussi été pensé dans le détail. Toutes devaient arriver le 2 avril, à des horaires étalés sur la journée, parfois très tôt le matin, parfois tard le soir. L’organisation a prévu un dispositif précis à l’aéroport, en lien avec le transporteur et la SAMAC, afin de fluidifier les sorties, le transfert vers les bus puis l’installation dans les hébergements, avec une attention particulière portée aux repas selon l’heure d’arrivée.
La cérémonie d’ouverture des CARIFTA Aquatics Championships 2026, le vendredi 3 avril au stade Georges Gratiant, est gratuite et ouverte à tous : 2 800 places à remplir. Le groupe « Nou Pa Sav » accompagnera le défilé des délégations. Le samedi 4 avril, les Hommes d’Argile seront présents à l’arrivée des délégations sur site, offrant une mise en scène culturelle forte, pensée comme un premier contact symbolique avec l’identité martiniquaise.. Tout au long de la semaine, des groupes culturels martiniquais seront présents pour que les visiteurs repartent avec une image vivante du territoire, pas seulement des résultats de compétition.
La cérémonie des CARIFTA Aquatics Championships 2026 doit se tenir de 16 h à 18 h, avec une retransmission prévue sur écran géant, ainsi qu’un relais par des partenaires médias et via YouTube pour permettre une diffusion plus large dans la Caraïbe. L’ambition affichée est nette: faire de la Martinique le centre de la Caraïbe pendant toute la durée de l’événement.
Au-delà du sport, les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 assument aussi un objectif économique et culturel. Faire venir jusqu’à 1 800 personnes signifie remplir des hébergements, générer de la consommation, encourager les locations de véhicules et faire travailler les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. C’est aussi une façon de montrer la culture martiniquaise, notamment à travers les animations prévues lors de l’ouverture et à l’arrivée des délégations.
L’épreuve d’eau libre aux Anses d’Arlets rappelle aussi que la mer est un milieu vivant, fragile, qui mérite d’être protégé. La représentante de l’association présente à la conférence résume sa mission simplement : « apprendre à nager pour découvrir les mers et les protéger. »
Cette dimension éducative dépasse la seule prévention de la noyade. Elle touche aussi à l’appropriation de l’eau par les Martiniquais, à la découverte de la discipline par les plus jeunes et à la volonté, plus large, de renforcer durablement la culture aquatique du territoire.
Une île qui s’affirme
Une phrase prononcée en fin de conférence résume bien l’état d’esprit général : « Nous sommes prêts, et nous ferons des CARIFTA Aquatics Championships 2026 une réussite collective et une grande fierté pour notre territoire. »
Ce que les délégations emporteront le 8 avril au soir, ce n’est pas seulement un classement. C’est une image de la Martinique , celle d’un territoire qui sait accueillir, s’organiser et affirmer son identité. Pendant six jours, toute la Caraïbe sera là. À la Martinique de montrer ce qu’elle sait faire.
Mais les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 veulent aussi laisser une trace après l’événement. La Ligue de Natation de Martinique a terminé la saison 2024-2025 avec environ 2 540 licenciés, une dizaine de clubs affiliés et, en général, 7 à 8 clubs engagés en compétition. Dans cette perspective, les CARIFTA ne sont pas pensés comme une parenthèse, mais comme un accélérateur possible pour susciter des vocations, renforcer les effectifs et installer durablement la natation dans le paysage sportif martiniquais.
Les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 ont aussi fait le choix de ne pas reproduire à l’identique le grand village de 2016. En 2026, l’animation autour de la compétition doit être plus resserrée, avec une grande journée particulièrement mise en avant, afin de concentrer l’énergie et la fréquentation plutôt que d’éparpiller les temps forts.
Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 sont la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, organisée en Martinique du 3 au 8 avril. Vingt-quatre nations y participent en natation course, natation artistique et eau libre, dans des catégories allant de 11 à 17 ans.
Les épreuves de natation course et de natation artistique ont lieu au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin. L’épreuve d’eau libre sur 5 kilomètres se dispute aux Anses d’Arlets le mercredi 8 avril.
La billetterie est accessible sur cariftamartinique2026.com et sur les réseaux sociaux de la Ligue de Natation de Martinique. Tarifs : 10 € le matin, 20 € l’après-midi pour les adultes pass 4 jours à 125 €. La cérémonie d’ouverture au stade Georges Gratiant est gratuite.
Vingt-quatre pays participent : 21 nations anglophones de la Caraïbe, ainsi que la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.
La sélection martiniquaise est menée par cinq capitaines : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons, Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.
Du 2 au 4 avril 2026, Curaçao accueille une nouvelle édition du BlueSeas Festival, un rendez-vous musical qui s’impose progressivement comme l’un des événements culturels les plus singuliers de la Caraïbe. Gratuit, ouvert et ancré dans l’espace urbain, le festival dépasse largement le cadre d’une simple programmation musicale pour devenir une véritable expérience territoriale.
Dès la soirée d’ouverture, le jeudi 2 avril à Kura Hulanda Village, l’ambiance est donnée : le blues s’installe dans un décor patrimonial, avant d’investir pleinement le quartier de Pietermaai les 3 et 4 avril. Ce format en deux temps structure une expérience immersive où musique, architecture et vie locale s’entremêlent avec cohérence.
Un festival gratuit qui transforme la ville en scène à ciel ouvert
Le BlueSeas Festival repose sur un principe fort : proposer des concerts gratuits dans l’espace public. Ce choix n’est pas anodin. Il permet d’élargir l’accès à la musique live, tout en créant une interaction directe entre artistes internationaux, habitants et visiteurs. À Pietermaai, les scènes ne sont pas isolées. Elles s’intègrent dans les rues, les places, et s’appuient sur un réseau de bars et de restaurants qui participent activement à l’événement. Cette configuration donne au BlueSeas Festival une dimension organique, presque vivante, où chaque performance s’inscrit dans le rythme du quartier.
Le résultat est clair : le festival ne se consomme pas, il se vit. On circule, on découvre, on s’arrête, on revient. L’expérience devient aussi importante que la programmation elle-même.
Pietermaai, symbole d’une transformation réussie
Le choix de Pietermaai n’est pas le fruit du hasard. Ce quartier historique de Willemstad a connu une transformation profonde depuis les années 2000, passant d’une zone délaissée à un espace dynamique mêlant patrimoine restauré et vie culturelle intense. Aujourd’hui, Pietermaai est souvent comparé à un quartier créatif, avec ses hôtels de charme, ses cafés, ses galeries et ses restaurants accessibles à pied. En installant le BlueSeas Festival dans ce décor, les organisateurs valorisent une vision du tourisme culturel fondée sur l’expérience urbaine.
Le festival agit ainsi comme un révélateur. Il met en lumière un quartier, tout en renforçant son attractivité. Cette synergie entre événement culturel et revitalisation urbaine constitue l’un des points les plus intéressants à analyser.
Une programmation internationale entre héritage et renouveau
L’édition 2026 du BlueSeas Festival confirme son positionnement international avec une sélection d’artistes qui couvrent plusieurs générations du blues. Parmi eux, Cedric Burnside incarne un lien direct avec l’histoire du genre. Petit-fils du légendaire R. L. Burnside, il s’inscrit dans une tradition musicale profondément enracinée, tout en proposant une approche contemporaine du blues. À ses côtés, Samantha Fish apporte une énergie différente, marquée par des influences rock et une présence scénique reconnue. Son parcours, ponctué de collaborations avec des figures majeures de la musique internationale, témoigne de la capacité du festival à attirer des artistes à forte visibilité.
Le BlueSeas Festival met également en avant une nouvelle génération avec des artistes comme Toby Lee, jeune guitariste britannique dont la progression rapide sur la scène blues illustre le renouvellement du genre. D’autres noms complètent cette programmation, notamment Jackie Venson, Quinn Sullivan Band, Kirk Fletcher ou encore J and the Causeways, confirmant la diversité et la richesse artistique de cette édition.
Un projet culturel porté par une vision stratégique
Derrière le BlueSeas Festival, on retrouve la fondation Fundashon Bon Intenshon, qui joue un rôle central dans le développement culturel de Curaçao. Loin de se limiter à l’organisation d’événements, cette structure inscrit le festival dans une stratégie globale de rayonnement international. L’objectif est double : attirer des visiteurs tout en valorisant les talents et les espaces locaux. Le festival devient ainsi un outil au service du territoire, contribuant à son image et à son dynamisme économique.
Cette approche est renforcée par la collaboration avec Mojo Concerts, acteur reconnu dans l’organisation d’événements musicaux, garantissant un niveau de production élevé.
Une expérience qui dépasse le simple événement musical
Ce qui distingue réellement le BlueSeas Festival, c’est sa capacité à créer une expérience complète. La musique n’est qu’un point d’entrée. Autour d’elle, se déploient des dimensions multiples : découverte du patrimoine, immersion dans un quartier vivant, interaction avec la scène locale. Le format gratuit renforce cette accessibilité, tout en favorisant une diversité de publics. Habitants et visiteurs partagent les mêmes espaces, les mêmes concerts, les mêmes moments. Cette mixité contribue à l’identité du festival.
En 2026, le BlueSeas Festival confirme ainsi son rôle dans le paysage culturel caribéen. Il ne s’agit pas seulement d’un événement à inscrire dans un agenda, mais d’un modèle de festival urbain qui interroge la manière dont la culture peut transformer un territoire.
Le BlueSeas Festival 2026 se déroule du 2 au 4 avril, avec une ouverture à Kura Hulanda le 2 avril et les concerts principaux à Pietermaai les 3 et 4 avril.
Oui, le BlueSeas Festival est un festival de rue gratuit, accessible à tous dans les espaces publics de Pietermaai.
Le festival se déroule à Curaçao, principalement dans le quartier historique de Pietermaai, avec une soirée d’ouverture à Kura Hulanda Village.
Le 19 novembre, le Centre Europe Direct Antilles-Guyane (CEDAG), en partenariat avec le COMOB de la Martinique et la DRAJES Martinique, organisait deux temps d’échanges à l’occasion de la venue de Madame Flora Goudappel, spécialiste en droit constitutionnel européen et représentante Europe Direct Curaçao. La rencontre avait pour objectif de mieux comprendre les liens entre les Régions ultrapériphériques (RUP) et Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM) et l’Union européenne. Elle s’inscrivait dans une volonté partagée d’explorer ce que signifient concrètement les dynamiques RUP et PTOM pour les territoires caribéens.
Ce déplacement s’inscrivait dans une dynamique initiée depuis un an : Curaçao souhaite mieux comprendre la Martinique, son statut européen et les marges de coopération possibles dans la Caraïbe. Un territoire de 160 000 habitants, qui vient de célébrer avec fierté sa première qualification historique à la Coupe du monde, manifestait sa volonté de tisser des relations concrètes avec un autre territoire insulaire voisin… et européen. Une manière de montrer qu’au-delà des dispositifs institutionnels, la coopération prend d’abord racine dans les initiatives humaines.
Des statuts européens qui structurent les relations caribéennes
Au fil des échanges, Madame Flora Goudappel a éclairé les nuances entre les statuts RUP et PTOM.
Les RUP comme la Martinique, la Guyane ou les Canaries – appartiennent pleinement au territoire de l’Union européenne et bénéficient de dérogations adaptées à leurs réalités insulaires et économiques.
Les PTOM dont Curaçao, ne font pas partie du territoire de l’Union, mais disposent d’une position préférentielle leur permettant notamment d’accéder au marché européen et de développer des partenariats. Ces différences structurent profondément les relations dans la région.
Pour illustrer ces distinctions, Madame Flora Goudappel s’est appuyée sur des situations concrètes : pressions migratoires aux Canaries, choix nationaux concernant le visa Schengen, ou encore débats aux Pays-Bas autour des évolutions statutaires envisagées à Bonaire et Saint-Eustache. Ces réalités montrent combien les cadres RUP et PTOM façonnent les trajectoires de chaque territoire.
Construire la coopération européenne : une mécanique à faire fonctionner ensemble
Une idée forte est revenue à plusieurs reprises : pour utiliser les fonds européens, il faut maîtriser les compétences nécessaires.
Les travaux réalisés avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) durant dix-huit mois ont mis en lumière un enjeu réel : la coordination entre Union européenne, État, Région et acteurs opérationnels doit être renforcée pour permettre un accès plus fluide aux fonds. Lorsque l’un de ces maillons se fragilise, tout le processus se complique, en particulier pour les territoires RUP et PTOM.
La boîte à outils OCDE – désormais accessible via le Centre Europe Direct Antilles-Guyane (CEDAG) – a été conçue pour accompagner les équipes locales, faciliter leurs démarches et rendre les dispositifs européens plus accessibles.
L’association Bwa Lansan a également partagé un retour d’expérience, illustrant comment la maîtrise progressive des programmes peut transformer la portée d’un projet et améliorer les coopérations RUP et PTOM.
Les dynamiques caribéennes : où se rencontrent Martinique et Curaçao
Les discussions ont ensuite abordé la place de la Martinique et de Curaçao dans les espaces régionaux comme le Caribbean Forum of the African, Caribbean and Pacific Group of States (CARIFORUM) et la Caribbean Community (CARICOM).
L’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et CARIFORUM ouvre des perspectives variées : mobilité des jeunes, programmes éducatifs, projets économiques ou environnementaux, autant de domaines où les territoires RUP et PTOM peuvent trouver un terrain commun.
Concernant le CARICOM, la Martinique et Curaçao y sont observatrices. Elles peuvent assister aux réunions et participer aux discussions, mais sans bénéficier de toutes les prérogatives. Pour la Martinique, cette position reste en attente d’une ratification par la France, condition nécessaire pour rendre ce statut pleinement opérationnel. Les échanges ont montré l’importance de mieux comprendre ces mécanismes pour que les collectivités martiniquaises puissent évaluer ce que ces espaces régionaux peuvent réellement leur apporter.
Une journée d’échanges sincères et d’interrogations partagées
Lorsque les participants ont pris la parole, les présentations ont dessiné une mosaïque de parcours : agents de collectivités, acteurs du tourisme, responsables associatifs, professionnels de la mobilité internationale. Tous partageaient le même désir : faire émerger des liens plus solides entre les territoires caribéens, malgré les frontières administratives, les langues différentes et les statuts divergents.
Plusieurs participants ont formulé des interrogations précises, d’autres ont partagé des expériences vécues. Les échanges se sont distingués par leur franchise, leur lucidité et une volonté commune de comprendre comment avancer ensemble de manière concrète.
Cette dynamique collective a donné corps à l’idée que la coopération régionale n’est pas qu’un principe institutionnel : elle se construit dans les voix, les attentes, les besoins et les ambitions de chacun, et dans l’articulation subtile des réalités RUP et PTOM.
Une trajectoire commune à écrire entre Europe et Caraïbe
Alors que la rencontre touchait à sa fin, un sentiment clair s’est imposé : la Martinique et Curaçao possèdent un terrain fertile pour développer des projets communs. Mobilité, éducation, écologie, économie de proximité, innovation, culture… les possibilités sont nombreuses, à condition que les territoires puissent mobiliser les outils européens et régionaux de manière cohérente, comme l’encouragent les dispositifs RUP et PTOM.
Les discussions du 19 novembre ont ouvert un chemin. Un chemin où les collaborations deviennent possibles, où les cadres européens se lisent plus clairement, et où les territoires caribéens trouvent des espaces pour se rencontrer autrement.
Ce jour-là, la coopération a pris forme dans les voix présentes, mais aussi dans la volonté de prolonger ces échanges au-delà de cette rencontre, pour construire une relation durable, adaptée aux réalités de la Caraïbe et aux ambitions de chaque territoire — une dynamique précieuse dans l’ensemble des relations RUP et PTOM.
FAQ – RUP et PTOM dans l’espace caribéen
Les Régions ultrapériphériques (RUP) font pleinement partie de l’Union européenne et appliquent le droit européen, avec des adaptations liées à leur insularité. Les Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM), eux, ne sont pas intégrés au territoire européen mais bénéficient d’un statut préférentiel permettant des coopérations renforcées, notamment économiques et éducatives.
La Martinique, en tant que RUP, et Curaçao, en tant que PTOM, partagent des défis communs : mobilité des jeunes, transition écologique, économie locale, éducation, innovation. Leur coopération permet d’utiliser les outils européens et caribéens de manière complémentaire et d’ouvrir des perspectives régionales jusque-là peu exploitées.
Les dispositifs européens – mobilité, formation, partenariats, programmes régionaux – offrent aux RUP et PTOM des opportunités concrètes de collaboration. La boîte à outils élaborée avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) aide les acteurs des territoires à mieux utiliser ces programmes.
La scène internationale observe cette année une édition singulière de Miss Univers 2025. En Thaïlande, les premières présentations ont rapidement montré que la Caraïbe occupe une place particulière, portée par des candidates caribéennes dont les parcours reflètent l’évolution sociale et culturelle de la région. Elles arrivent avec des compétences solides, des engagements réels et une manière de représenter leurs territoires qui dépasse largement le cadre du concours.
Ce mouvement raconte une Caraïbe en transformation, attentive à ses enjeux et déterminée à les porter au-delà de ses frontières. Il met en lumière une région qui ne se contente plus d’exister dans l’événement, mais qui souhaite proposer une vision claire de ses réalités et affirmer son influence caribéenne sur la scène mondiale. À travers les discussions qui entourent Miss Univers 2025, cette présence témoigne aussi d’un besoin de mieux comprendre les trajectoires qui structurent la région.
Des trajectoires ancrées dans les réalités caribéennes
Parmi les profils les plus observés, celui de Bereniece Dickenson, représentante de Turks-et-Caïcos, illustre cette dynamique. Formée en architecture et technologies de la construction, comptable junior et quadrilingue, elle porte un programme de mentorat destiné aux jeunes. Son parcours témoigne d’une volonté d’allier compétence technique et responsabilité collective, un exemple concret de leadership féminin dans la région.
La Guadeloupéenne Ophély Mézino avance avec une trajectoire marquée par la résilience et un engagement profond en faveur de la santé mentale féminine. Sa préparation, menée avec une équipe spécialisée en Guadeloupe, montre l’attention portée à une candidate qui souhaite transmettre un message utile à son territoire.
Le retour d’Haïti se fait avec Melissa Sapini, journaliste née aux États-Unis, très active dans les médias et impliquée dans l’accès aux bourses pour les étudiants haïtiens. Elle porte la voix d’une diaspora qui participe pleinement à la visibilité du pays.
La Jamaïcaine Dr Gabrielle Henry, ophtalmologiste, met en avant la santé visuelle et l’accès aux soins. Son engagement rappelle l’importance des parcours universitaires et professionnels dans la construction de figures publiques capables de défendre des sujets essentiels.
Dans les autres territoires — Martinique, Sainte-Lucie, Curaçao, Aruba, Belize, Bahamas, Guyane, Îles Caïmans — les candidates défendent des engagements variés : réussite éducative, inclusion, prévention des violences, protection des droits LGBTQ+, entrepreneuriat ou santé mentale. Chacune apporte une vision singulière, tout en participant à une image d’ensemble cohérente des candidates caribéennes de cette édition de Miss Univers 2025.
Une présence qui change les perceptions
Ce que l’on observe autour de Miss Univers 2025 dépasse la compétition.
La participation caribéenne agit comme un vecteur de visibilité pour des réalités souvent peu racontées à l’international.
À travers leurs interventions, les candidates décrivent leurs îles, leurs parcours d’étude, leurs défis quotidiens et les initiatives qui rythment leurs communautés.
Ce sont des récits qui, habituellement, ne franchissent pas les frontières régionales et qui renforcent l’influence caribéenne à l’échelle mondiale.
Cette exposition permet aussi de mettre en avant des problématiques essentielles : santé mentale, lutte contre les violences, accès à l’éducation, inclusion sociale, développement local.
Des sujets souvent négligés dans les médias internationaux trouvent ici un espace pour exister.
Les associations, les structures éducatives et les initiatives citoyennes bénéficient de cette visibilité, qui renforce leur travail et ouvre parfois la voie à de nouvelles collaborations.
Pour la jeunesse caribéenne, l’impact est sensible. Les candidates montrent que les parcours d’excellence peuvent naître dans des contextes très variés : villages, quartiers urbains, territoires insulaires, diaspora.
Leurs expériences entre études, responsabilités familiales, engagement social et ambition professionnelle — offrent un repère stimulant pour les jeunes filles qui cherchent un modèle à la fois proche d’elles et ouvert sur le monde, symbole du leadership féminin dans la Caraïbe. On le ressent particulièrement dans les échanges autour de Miss Univers 2025, où ces trajectoires trouvent un écho plus large.
Cette édition contribue également à transformer le regard porté sur la région. En présentant des femmes instruites, engagées, attentives aux enjeux sociaux, la Caraïbe apparaît comme un espace capable de préparer des personnalités solides et légitimes. Cette image renouvelée trouve aussi sa place dans la couverture de Miss Univers 2025, qui donne une visibilité rare à ces parcours.
Une édition qui compte pour la région
Depuis la victoire de Wendy Fitzwilliam en 1998, la région n’a plus remporté Miss Universe. Pourtant, la 74ᵉ édition apporte une autre forme d’importance : elle révèle une Caraïbe qui avance avec sérieux, qui défend ses causes et qui rappelle que ses territoires ont toute leur place dans les espaces internationaux. Les candidates caribéennes de Miss Univers 2025 montrent une région attentive à ses défis et confiante dans sa capacité à porter des voix utiles.
Quel que soit le résultat final, cette présence caribéenne met en lumière des femmes qui incarnent un leadership féminin authentique et une volonté de faire progresser leurs territoires. Elle témoigne d’une influence caribéenne qui continue de s’affirmer dans le monde contemporain. Dans les discussions qui entourent Miss Univers 2025, cette dimension apparaît clairement.
La Coupe du monde 2026 comptera trois représentants venus de la Caraïbe et de l’Amérique centrale : Haïti, Curaçao et le Panama. Trois trajectoires différentes, trois histoires fortes, mais un même message : la région avance, s’organise et affirme de plus en plus sa place dans le football international. Pour Haïti, l’événement revêt une dimension historique, car l’équipe nationale retrouvera la scène mondiale pour la première fois depuis 1974. Pour Curaçao, c’est un exploit inédit. Quant au Panama, il confirme son nouveau statut régional. Ensemble, ces trois nations donnent un nouveau souffle à la Caraïbe.
Haïti retrouve la scène mondiale après 52 ans
La qualification d’Haïti est l’une des grandes histoires de la Coupe du monde 2026. Cinquante-deux ans après l’épopée de 1974, les Grenadiers signent un retour qui marque autant les supporters que la diaspora. Leur parcours a été construit sur la rigueur, la cohésion et une véritable progression collective.
Le match déterminant a été la victoire 2–0 face au Nicaragua, symbole d’un groupe concentré et déterminé. Haïti a terminé en tête de son groupe, portée par une défense solide, une transition rapide et un état d’esprit qui a donné un nouveau ton au football national. Ce ticket n’est pas un hasard : il traduit le travail mené avec constance malgré les défis politiques, sociaux et structurels du pays.
Mais cette qualification dépasse le football. Elle apporte une nouvelle lumière au territoire haïtien, offrant un moment de cohésion et de fierté dans un contexte où chaque bonne nouvelle compte. Pour la jeunesse, c’est une source d’inspiration. Pour les organisations sportives locales, un encouragement à poursuivre la formation, même avec peu de moyens.
Curaçao, l’exploit d’un petit territoire dans la Coupe du monde 2026
L’autre surprise majeure de cette Coupe du monde 2026 vient de Curaçao. Avec une population d’à peine 150 000 habitants, l’île devient l’un des plus petits territoires jamais qualifiés pour un Mondial. Ce résultat illustre les progrès considérables faits par la Fédération, qui s’appuie sur un réseau solide de joueurs issus de la diaspora néerlandaise et sur un encadrement technique exigeant.
Cette qualification apporte une visibilité mondiale à un territoire souvent sous-estimé dans le football international. Pour la Caraïbe, c’est un signal fort : même les petites îles peuvent, avec une structure adaptée et une vision claire, atteindre les plus grandes compétitions.
Panama confirme son ascension
Déjà qualifié en 2018, le Panama signe une deuxième présence en quatre éditions. Sa qualification pour la Coupe du monde 2026 s’inscrit dans une continuité : un championnat national qui se renforce, une politique claire de développement du football et une équipe capable de rivaliser régulièrement avec les meilleures nations de la CONCACAF.
Pour la région, la constance du Panama est un repère : elle montre que la progression n’est pas ponctuelle, mais durable.
Une CONCACAF transformée par la Coupe du monde 2026
L’élargissement du Mondial à 48 équipes change profondément la donne. Pour la CONCACAF, cela signifie davantage de places et une ouverture réelle pour les nations caribéennes et centraméricaines.
La présence d’Haïti, de Curaçao et du Panama au sein de cette Coupe du monde 2026 révèle plusieurs tendances fortes :
- – la montée en compétence des fédérations régionales ;
- – le rôle croissant des diasporas ;
- – la professionnalisation progressive des effectifs ;
- – un football caribéen qui gagne en reconnaissance et en légitimité.
Ce trio montre que la région ne se résume plus uniquement aux géants habituels du continent.
Un impact direct sur les territoires
Pour Haïti, cette qualification agit comme un point de ralliement. Elle stimule les écoles de football, réunit les communautés et projette une image positive du pays à l’extérieur.
Pour Curaçao, elle ouvre des perspectives touristiques, culturelles et sportives inédites.
Pour le Panama, elle renforce une dynamique déjà engagée autour de l’investissement dans les infrastructures et les programmes de formation.
Dans l’ensemble de la Caraïbe, la Coupe du monde 2026 devient une vitrine. Elle permet aux territoires de se montrer autrement : par le talent, la détermination, la jeunesse et la capacité à produire des équipes qui comptent.
La Coupe du monde 2026 sera un tournant pour la région caribéenne et centraméricaine. Avec Haïti, Curaçao et le Panama qualifiés, cette édition offre une visibilité rare à des territoires souvent sous-représentés dans le football mondial. Haïti vit un retour historique, Curaçao réalise un exploit remarquable et le Panama confirme sa progression. Ensemble, ils portent la Caraïbe sur la carte du football international, rappelant que le talent régional ne demande qu’un espace pour s’exprimer.
Willemstad se dresse comme un joyau architectural au cœur de la mer des Caraïbes, où l’histoire coloniale néerlandaise se conjugue avec l’exubérance tropicale. Capitale de Curaçao et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997, elle séduit par ses façades multicolores et son héritage multiculturel qui s’est enrichi pendant près de quatre siècles.
Un patrimoine architectural unique au cœur de la Caraïbe
Fort Amsterdam : la naissance d’une capitale
L’histoire de Willemstad commence en 1634 lorsque l’amiral néerlandais Johan van Walbeeck et ses 200 soldats prennent possession de l’île, alors aux mains des Espagnols. Dès 1635, la construction du Fort Amsterdam débute sur la rive orientale de la baie Sint Anna. Édifié en pierre de corail avec des murs atteignant trois mètres d’épaisseur, il devient le siège de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Aujourd’hui encore, il abrite le siège du gouvernement de Curaçao.
Les quatre quartiers historiques
Willemstad s’articule autour de quatre quartiers qui retracent trois siècles d’évolution urbaine. Punda, le plus ancien, fut édifié au XVIIe siècle selon les principes d’urbanisme néerlandais, avec ses rues étroites et ses maisons à pignons triangulaires. Otrobanda, Pietermaai et Scharloo se développent au XVIIIe siècle, chacun affichant un caractère architectural propre.
L’héritage coloré : une tradition ancrée depuis 1817
Le décret du gouverneur Kikkert et la légende locale
En 1817, le gouverneur Albert Kikkert interdit l’usage exclusif des façades blanches, invoquant le besoin de réduire l’éblouissement sous le soleil tropical. La tradition populaire raconte que cette décision visait aussi à soulager ses migraines, mais cette explication reste du domaine de la légende. Cette mesure donna naissance à la palette colorée qui fait aujourd’hui la renommée de Willemstad : rouges profonds, ocres lumineux, bleus et verts variés.
Un kaléidoscope architectural caribéen
Plus de 700 bâtiments historiques protégés, soit environ la moitié du centre-ville, composent le paysage urbain. Chaque façade contribue à l’identité visuelle de Willemstad, offrant une lecture vivante de son histoire.
Punda et Otrobanda : deux rives, une seule ville
Le pont de la Reine Emma
Depuis 1888, le pont flottant de la Reine Emma relie Punda et Otrobanda en enjambant la baie Sint Anna. Surnommé la « Swinging Old Lady », il pivote latéralement grâce à deux moteurs diesel et des hélices perpendiculaires pour laisser passer les navires. Ce chef-d’œuvre d’ingénierie reste un symbole fort de Willemstad.
La Handelskade, vitrine du patrimoine mondial
Le front de mer de Punda, la Handelskade, aligne une série de bâtiments colorés du XVIIIe siècle, comparables aux maisons de canal d’Amsterdam mais sous les latitudes tropicales. Parmi eux, le bâtiment Penha, daté de 1708, illustre le style commercial néerlandais avec son pignon courbe distinctif.
Pietermaai et Scharloo : élégance coloniale et renouveau culturel
Le style baroque de Curaçao
Au XVIIIe siècle, un style architectural propre à Curaçao se développe : le « baroque de Curaçao », reconnaissable à ses pignons courbes, ses façades sculptées et ses galeries pour se protéger du soleil. Pietermaai et Scharloo abritent plusieurs demeures luxueuses représentatives de ce style.
Quartiers en renaissance
Pietermaai, autrefois résidentiel puis centre d’affaires, a connu une profonde transformation avec l’ouverture d’hôtels-boutiques, de cafés et de galeries. Scharloo suit une dynamique similaire et accueille aujourd’hui start-ups, restaurants et lieux culturels. Ces reconversions donnent à Willemstad une vitalité renouvelée.
La synagogue Mikvé Israel-Emanuel : un témoin exceptionnel
Quatre siècles d’histoire
Au cœur de Punda, la synagogue Mikvé Israel-Emanuel, consacrée en 1732, est la plus ancienne en usage continu des Amériques. Sa congrégation, établie dès 1651 par des juifs séfarades venus des Pays-Bas et du Brésil, illustre la diversité culturelle de Willemstad.
Un sol de sable aux significations multiples
L’intérieur se distingue par un sol recouvert de sable blanc. Cette tradition rare, présente dans seulement quelques synagogues historiques, évoque à la fois l’errance du peuple juif dans le désert, la discrétion nécessaire pour prier durant l’Inquisition et un héritage pratique des communautés néerlando-portugaises.
Willemstad est bien plus qu’une capitale : c’est un carrefour culturel où se mêlent influences néerlandaises, espagnoles, portugaises, africaines et caribéennes. Ses quatre quartiers historiques, ses façades colorées et son patrimoine architectural en font un véritable livre d’histoire à ciel ouvert. Entre tradition et renouveau, Willemstad continue d’incarner une identité unique dans les Caraïbes et mérite pleinement sa place parmi les trésors du patrimoine mondial.
Un quartier façonné par l’histoire
Situé à l’est de Fort Amsterdam, Pietermaai est l’un des quartiers les plus anciens de Curaçao. Il tire son nom de Pieter de Meij, un capitaine de navire venu du Brésil en 1674, qui y établit une plantation nommée “Zeelucht”. Dès 1680, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales commença à lotir les terrains situés hors des murs de la ville, donnant naissance à un faubourg à la fois stratégique et autonome.
Ce développement s’inscrivait dans une volonté de maintenir un champ de tir dégagé autour des fortifications de Willemstad, tout en répondant à la pression démographique.
L’urbanisme de Pietermaai est donc né d’un compromis entre sécurité militaire et extension résidentielle. Des villas coloniales s’élèveront rapidement dans cette zone intermédiaire, marquant les prémices d’une urbanisation originale et structurée. La célèbre “Steenen Padt”, reliant la ville fortifiée à la baie de Caracas, joua un rôle crucial dans les échanges, notamment lors de l’attaque française de 1673.
De faubourg stratégique à enclave bohème
Au fil des siècles, Pietermaai a vu ses remparts tomber et ses limites évoluer. La démolition progressive des fortifications au XIXe siècle a permis à l’architecture de s’exprimer pleinement, entre demeures colorées, petits commerces et édifices aux lignes européennes. Certains projets d’expansion urbaine n’ont jamais abouti, ce qui a conféré au quartier une personnalité distincte, préservée des grandes opérations immobilières.
Aujourd’hui, Pietermaai est souvent comparé à un “Soho caribéen”, non pas pour suivre une mode, mais pour sa capacité à rassembler habitants, artistes, artisans et visiteurs dans un même espace. Loin des circuits standardisés, le quartier est devenu un véritable lieu de vie où les expressions artistiques et culinaires trouvent un terrain propice. Ce renouveau n’est pas un hasard : il est le fruit de réhabilitations soignées et d’une implication locale constante.
Le cœur battant de la Nieuwestraat
La Nieuwestraat constitue l’artère principale de Pietermaai. Bordée de maisons peintes aux teintes pastel, elle s’anime dès les premières heures du jour. Les façades restaurées témoignent d’un souci du détail et d’un profond respect pour le bâti ancien. La nuit venue, l’éclairage doux des établissements confère à la rue une atmosphère chaleureuse, presque cinématographique.
Restaurants, cafés, bars de jazz… les adresses ne manquent pas, chacune proposant une ambiance propre, sans excès ni uniformité. Ici, les cuisines du monde se mêlent aux traditions locales, et les menus sont pensés pour séduire les palais sans artifice. Le visiteur y trouve de quoi satisfaire aussi bien son appétit que sa curiosité.
Un quartier nourri par la création
Pietermaai est également un lieu d’expression culturelle. Les galeries d’art, les murs peints par des artistes locaux et les boutiques de créateurs jalonnent les rues secondaires. Chaque mur semble porter une trace du passé, tout en laissant place à l’imagination contemporaine. Loin d’être figée, cette mémoire collective évolue au rythme des initiatives portées par la communauté.
Certains lieux rendent hommage à des figures emblématiques, comme Wilson “Papa” Godett, syndicaliste et homme politique respecté, dont le nom orne l’une des principales voies du quartier. Ces références ne sont pas décoratives : elles rappellent les luttes sociales qui ont façonné l’identité de Curaçao et de Pietermaai.
Dormir au cœur du quartier
Séjourner à Pietermaai, c’est choisir l’authenticité sans renoncer au confort. De nombreux hôtels-boutiques et pensions de charme y ont élu domicile. Leur architecture respecte l’héritage du quartier tout en intégrant des aménagements modernes. Les établissements comme BijBlauw ou le Scuba Lodge s’illustrent par leur attention aux détails, leur emplacement idéal et leur approche respectueuse de l’environnement local.
Ce type d’hébergement permet une immersion réelle dans la vie du quartier. Le matin, les visiteurs croisent les habitants, les artisans, les livreurs de fruits ; le soir, ils partagent les terrasses avec des musiciens et des étudiants. Ce rythme apaisé fait de Pietermaai un lieu de séjour apprécié pour sa proximité immédiate avec les centres d’intérêt de Willemstad, sans l’agitation des zones trop fréquentées.
Une renaissance patrimoniale réussie
La rénovation de Pietermaai n’a pas été un processus rapide. Abandonné pendant plusieurs décennies, notamment dans les années 1970 et 1980, le quartier avait perdu de sa superbe. Ce sont des acteurs locaux – architectes, entrepreneurs, artistes – qui ont initié la reprise, avec des projets de réhabilitation ambitieux mais respectueux du cadre d’origine.
Aujourd’hui, cette renaissance est citée comme un exemple réussi de conservation urbaine. Les autorités insulaires y voient un modèle d’équilibre entre valorisation patrimoniale et dynamisme économique. Ce succès repose sur une gestion collaborative, alliant initiatives privées et soutien institutionnel.
Pietermaai n’est ni un musée à ciel ouvert, ni un simple quartier à la mode. Il incarne une manière de vivre, où la mémoire collective dialogue avec la créativité actuelle. C’est précisément cette tension entre les racines et les usages contemporains qui lui confère sa personnalité unique.
Alors que d’autres secteurs de Curaçao misent sur des développements plus uniformisés, Pietermaai trace une voie différente, à la fois exigeante et fidèle à son histoire. Il ne s’agit pas de reproduire un décor, mais de maintenir une atmosphère. Un choix éditorial et architectural qui continue de séduire ceux en quête d’authenticité et d’ancrage.
Le Florin caribéen est officiellement devenu la monnaie de Sint Maarten, partie néerlandaise de l’île de Saint-Martin, ainsi que de Curaçao, à partir du 1er avril 2025. Il remplace le Florin des Antilles néerlandaises, en circulation depuis 1952, soit 73 ans d’histoire monétaire. Ce changement marque un tournant majeur dans le cheminement vers l’indépendance économique et politique de ces deux territoires, devenus pays constitutifs du Royaume des Pays-Bas en 2010.
Un tournant historique : du florin des Antilles néerlandaises au Florin caribéen
Le Florin caribéen succède à une monnaie héritée de l’époque coloniale. Introduit en 1952 pour unifier les échanges économiques dans les anciennes colonies néerlandaises des Caraïbes, le Florin des Antilles néerlandaises symbolisait jusqu’ici l’ancrage économique à La Haye. L’abandon de cette devise au profit d’une monnaie propre traduit une volonté affirmée de s’émanciper de l’influence monétaire néerlandaise.
Ce projet s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis le 10 octobre 2010, date à laquelle Sint Maarten et Curaçao ont acquis le statut d’États autonomes au sein du Royaume des Pays-Bas. Le Florin caribéen s’impose ainsi comme un outil de souveraineté économique, pensé pour refléter une identité propre.
Une cérémonie de lancement marquante
La Banque centrale de Curaçao et de Sint Maarten a organisé une cérémonie pour officialiser l’arrivée du Florin caribéen. Lors de cet événement, la ministre des Finances de Sint Maarten, Marika Gumbs, a procédé à l’échange symbolique des premières coupures.
Richard Den Bosch, président de la Banque centrale européenne, a salué cette transition en soulignant que le Florin caribéen incarne “un symbole de confiance qui va tracer la voie vers un avenir stable, inclusif et durable”, tout en saluant le choix “lucide” des territoires dans un contexte économique global incertain.
Une monnaie au design local et à la sécurité renforcée
Le Florin caribéen se distingue par un design pensé pour représenter la richesse des deux territoires. La gamme comprend cinq billets (10, 20, 50, 100 et 200 florins) illustrant les fonds marins et paysages emblématiques de Sint Maarten et de Curaçao. Les sept pièces (de 1 centime à 5 florins) rappellent quant à elles les vagues océaniques, symbole de force et de mouvement.
Conçue avec des standards internationaux élevés, cette nouvelle monnaie intègre des technologies avancées contre la contrefaçon. Pour la production, les autorités ont fait appel à des prestataires au Canada, en Suède et à Malte, rompant ainsi avec 230 ans de fabrication confiée à la Monnaie royale des Pays-Bas.
Une phase de transition de trois mois
Afin d’assurer une adoption progressive, une période transitoire est prévue jusqu’au 30 juin 2025. Pendant cette phase, l’ancien florin pourra être échangé contre le Florin caribéen selon le taux de 1 florin caribéen = 1,79 dollar américain, identique à celui en vigueur précédemment.
Des campagnes d’information sont en cours pour familiariser la population avec les nouveaux billets et pièces. Cette démarche vise à garantir une transition fluide, sans perturbation des transactions du quotidien.
Conséquences économiques et positionnement stratégique
L’introduction du Florin caribéen permet à Curaçao et Sint Maarten de mieux contrôler leur politique monétaire, d’ajuster leur stratégie en fonction de la réalité régionale, et de renforcer leur crédibilité économique auprès des partenaires et des investisseurs.
Politiquement, c’est un signal fort envoyé à la communauté caribéenne et internationale : celui d’une volonté assumée de bâtir une trajectoire autonome, sans renier les liens historiques avec les Pays-Bas.
Un choix distinct des autres territoires caribéens néerlandais
Alors que Sint Maarten et Curaçao introduisent le Florin caribéen, d’autres territoires néerlandais de la région — comme Bonaire, Saba ou Saint-Eustache — ont fait le choix du dollar américain. Ces choix reflètent des orientations économiques différentes : stabilité garantie pour les uns, autonomie monétaire pour les autres.
Le positionnement de Curaçao et Sint Maarten ouvre la voie à une réflexion régionale sur les enjeux de souveraineté financière dans la Caraïbe.
Le Florin caribéen est bien plus qu’un outil de paiement. Il est le reflet d’une ambition : celle de deux territoires qui affirment leur singularité dans l’espace caribéen et leur capacité à choisir leur avenir monétaire.
Son introduction constitue une étape importante dans le processus d’autonomisation engagé depuis 2010. Les mois à venir seront déterminants pour mesurer l’impact réel de cette réforme sur les économies locales, mais une chose est certaine : cette nouvelle monnaie marque un tournant durable dans l’histoire contemporaine de Curaçao et de Sint Maarten.
Caribbean Business Hub vient de célébrer son dixième anniversaire à La Haye, marquant ainsi une décennie de réussites et de connexions économiques entre les Caraïbes et les Pays-Bas. Cette plateforme s’est imposée comme un acteur important dans le renforcement des liens commerciaux entre ces régions, favorisant les échanges d’affaires et le développement d’opportunités économiques.
Le Caribbean Business Hub a non seulement permis de revenir sur ses accomplissements passés, mais également de projeter l’organisation vers un avenir prometteur, réaffirmant son rôle essentiel dans la construction de ponts entre les différentes régions du Royaume des Pays-Bas.
Une décennie de réussites et de connexions caribéennes
Le Caribbean Business Hub a été créé pour répondre au besoin de créer un espace dédié aux entrepreneurs et professionnels d’origine caribéenne établis aux Pays-Bas. Depuis sa fondation, cette organisation a progressivement élargi son champ d’action, passant d’événements informels à des rencontres structurées, des formations professionnelles et des partenariats stratégiques avec diverses institutions. Cette évolution témoigne de la pertinence du concept initial et de sa capacité à s’adapter aux besoins changeants de sa communauté.
Le succès du Caribbean Business Hub repose sur des valeurs fortes qui ont guidé son développement depuis sa création. L’entrepreneuriat personnel constitue l’un des piliers de cette organisation, qui encourage chaque membre à prendre des initiatives et à développer son potentiel d’affaires. La construction de ponts entre les différentes régions du Royaume représente une autre valeur fondamentale du Caribbean Business Hub, contribuant ainsi au renforcement des liens économiques au sein du Royaume.
Une soirée mémorable au Cabinet du Ministre Plénipotentiaire de Curaçao
La célébration du dixième anniversaire du Caribbean Business Hub s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse et conviviale, fidèle à l’esprit caribéen. Dès l’entrée dans les locaux du Cabinet du Ministre Plénipotentiire de Curaçao à La Haye, les invités ont été transportés dans l’ambiance des Caraïbes grâce à une décoration soigneusement pensée et une hospitalité exemplaire. Le célèbre chanteur et animateur Lou Prince a grandement participé à la réussite de cette soirée avec ses performances musicales.
Le président du Caribbean Business Hub, Nico de Visser, et la Ministre Plénipotentiare par intérim, Mme Ann Phillips, ont ouvert la soirée en soulignant l’importance de cette plateforme dans le paysage économique et social reliant les Caraïbes aux Pays-Bas. Lionel Martijn, membre du conseil d’administration, a ensuite pris la parole pour présenter une rétrospective détaillée des dix années d’existence du Caribbean Business Hub.
TUI et son rôle dans le développement économique caribéen
L’intervention d’Antoin Klein Hofmeijer, directeur de TUI Dutch Caribbean, a constitué l’un des moments forts de la soirée. Ce professionnel a partagé des informations précieuses sur les activités de l’entreprise touristique dans la région des Caraïbes. TUI propose une diversité de destinations, répondant ainsi aux attentes de différents segments de clientèle. L’entreprise est clairement ancrée dans les îles, avec des employés locaux et un engagement fort en faveur de la durabilité et des projets sociaux.
Le Caribbean Business Hub partage cette vision commune d’un développement économique qui profite directement aux communautés locales. L’ancrage territorial de TUI, qui emploie majoritairement du personnel local dans ses opérations caribéennes, illustre parfaitement cette philosophie. Cette approche inclusive représente un exemple concret de la manière dont une entreprise internationale peut contribuer positivement au développement économique et social d’une région, tout en respectant ses spécificités culturelles et environnementales.
L'entrepreneuriat caribéen en Europe à travers des parcours inspirants
La soirée d’anniversaire du Caribbean Business Hub a également été marquée par l’intervention de Robby Schouten, véritable icône de la télévision grâce à son émission “Loin de chez soi”. Ce professionnel aux multiples talents a partagé avec l’assistance les moments clés de ses soixante années de carrière, offrant ainsi un témoignage précieux sur la persévérance et l’adaptabilité nécessaires pour réussir en tant qu’entrepreneur d’origine caribéenne en Europe.
Le parcours de Robby Schouten illustre parfaitement les valeurs promues par le Caribbean Business Hub, notamment l’esprit d’initiative et la capacité à saisir les opportunités qui se présentent. Son exemple inspire de nombreux entrepreneurs caribéens qui aspirent à développer leurs activités au-delà des frontières de leur région d’origine, tout en conservant leurs racines culturelles.
Les perspectives d'avenir pour le Caribbean Business Hub
Fort de ses dix années d’expérience, le Caribbean Business Hub envisage l’avenir avec ambition et détermination. L’organisation souhaite renforcer son rôle de facilitateur d’échanges économiques entre les Pays-Bas et les Caraïbes, tout en élargissant son champ d’action à de nouveaux secteurs d’activité. Le développement durable, la transformation numérique et l’économie créative figurent parmi les domaines prioritaires identifiés pour les prochaines années.
Le prochain rendez-vous du Caribbean Business Hub est d’ores et déjà programmé pour le 25 juin 2025, avec comme thème : “Nous rendons la Caraïbe formidable à nouveau !”. Cet événement s’annonce comme une occasion privilégiée d’explorer les nouvelles opportunités d’affaires dans la région et de renforcer les liens entre les entrepreneurs des différents territoires.
Au terme de ces dix années d’existence, le Caribbean Business Hub s’affirme comme un acteur important dans le paysage économique reliant les Caraïbes aux Pays-Bas. La célébration de cet anniversaire a permis de mesurer le chemin parcouru et les résultats obtenus, tout en réaffirmant les valeurs fondamentales qui guident l’organisation depuis sa création. L’entrepreneuriat personnel, la construction de ponts entre les différentes régions du Royaume et la promotion d’un développement économique inclusif demeurent au cœur de la mission du Caribbean Business Hub.
Le Fonds Culturel de la Caraïbe (FCC) a annoncé sa deuxième cohorte de bénéficiaires, attribuant vingt-cinq subventions à des créatifs et des organisations culturelles de Porto Rico, de la Guadeloupe, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, de Curaçao et des Îles Caïmans. Ces projets reçoivent un financement total de 400 000 USD. Ces subventions, attribuées dans trois catégories – Migration, Archivage & Mémoire, et Collaboration Caraïbe – soutiennent des initiatives qui préservent et valorisent le patrimoine caraïbe, analysent l’impact culturel des migrations et encouragent des coopérations artistiques régionales. Le Fonds Culturel de la Caraïbe confirme ainsi son engagement en faveur de la diversité culturelle et de la créativité régionale.
Catégories de subventions
Le processus de sélection a été mené par un jury d’experts issus des pays éligibles. Raymona Henry-Wynne, directrice exécutive de la Fondation de Développement Culturel de Sainte-Lucie, a participé à l’évaluation de cette deuxième cohorte. Elle décrit cette expérience comme “un aperçu révélateur du potentiel créatif immense de la région”.
Migration
Cinq projets ont reçu des subventions de 10 000 USD chacun pour explorer l’impact culturel des migrations et renforcer les liens entre les territoires. Parmi eux :
- Narratives of Change (Îles Caïmans)
- Mama Baranka (Curaçao)
- Bigidi (Guadeloupe)
- Para Impresionar ¿A Quién? (Porto Rico)
- Lakay (andépandans) (Sainte-Lucie)
Archivage & Mémoire
Dix projets ont également obtenu une subvention de 10 000 USD chacun pour documenter et conserver le patrimoine caraïbe :
- Bon Kabei (Good Hair) (Curaçao)
- Cinuca (Guadeloupe)
- I Am Lolita Lebrón (Porto Rico)
- Matronas de las Luchas (Porto Rico)
- MAC en el Barrio Digital Archive (Porto Rico)
- Mujeres del Cine Boricua (Porto Rico)
- Paradoja en el Paraíso (Porto Rico)
- Bolom Birth (Sainte-Lucie)
- Machete, Masquerade & Memory (Sainte-Lucie)
- O.N.G. (Operation Nex’ Generation) (Saint-Vincent-et-les-Grenadines)
Collaboration Caraïbe
Dix projets favorisant des coopérations artistiques à travers la région ont reçu des subventions de 25 000 USD chacun :
- Les News de la MAF (Guadeloupe/Guyane française)
- Pawòl a Mas (Guadeloupe/Sainte-Lucie/Trinité-et-Tobago)
- Temporal: Sanando el Cuerpo y la Tierra (Porto Rico/Barbade)
- Conjunto Antillano (Porto Rico/République dominicaine/Cuba)
- Bridging the Archipelago (Porto Rico/République dominicaine)
- La Memoria de la Arcilla (Porto Rico/Cuba/République dominicaine)
- It Takes a Village: Honoring Caribbean Matriarchs (Porto Rico/Îles Vierges américaines)
- Entre Cosmovisiones y Resistencia (Porto Rico/Guadeloupe/Aruba)
- Hairouna Film Festival (Saint-Vincent-et-les-Grenadines/Haïti)
- Music, Film & Storytelling (Saint-Vincent-et-les-Grenadines/Trinité-et-Tobago)
Impact du Fonds Culturel de la Caraïbe
Selon Kellie Magnus, directrice exécutive du FCC, “le succès de notre première cohorte nous a permis de lever des fonds supplémentaires, rendant notre deuxième cohorte encore plus significative. Nous croyons en la coopération régionale et sommes enthousiastes à l’idée d’offrir de nouvelles perspectives aux créatifs de la Caraïbe”. Le Fonds Culturel de la Caraïbe devient ainsi un acteur clé dans la structuration du secteur culturel régional.
Victoria Apolinario, réalisatrice dominicaine et bénéficiaire de la première cohorte, illustre cet impact : “Grâce au FCC, je peux affirmer que je suis coordinatrice de Muestra Karibe, un espace cinématographique dédié à la Caraïbe et à ses diasporas. C’est plus qu’un avancement professionnel, c’est aussi une prise de position, un moyen de visibiliser nos identités artistiques”.
Wizeman Seide, artiste culinaire haïtien, confirme que le FCC est “bien plus qu’un appui financier : il est un véritable tremplin. Il donne de la légitimité aux initiatives culturelles et ouvre des nouveaux horizons”. Cet accompagnement du Fonds Culturel de la Caraïbe représente une avancée majeure pour le développement des industries culturelles et créatives.
Perspectives d'avenir
Le Fonds Culturel de la Caraïbe a pour mission de soutenir les créateurs de la caraïbe en réduisant les obstacles financiers et en encourageant le développement artistique. Les fonds pour cette deuxième cohorte ont été fournis par la Fondation Andrew W. Mellon et les Open Society Foundations. Afin de poursuivre cette dynamique, le Fonds Culturel de la Caraïbe prépare le lancement de nouvelles initiatives, notamment un programme de subventions correspondantes pour attirer d’autres bailleurs de fonds dans le domaine culturel.
Par ailleurs, une base de données en ligne des opportunités de financement sera mise à disposition des artistes pour un accès simplifié aux ressources. Le Fonds Culturel de la Caraïbe joue un rôle majeur dans la valorisation et le développement de la création artistique régionale. En soutenant des initiatives locales et en favorisant les collaborations, le Fonds Culturel de la Caraïbe contribue à enrichir l’expression culturelle caraïbe tout en lui offrant de nouvelles perspectives d’expansion.