IShowSpeed Caribbean Tour ouvre une fenêtre rare sur la Caraïbe. L’annonce a été diffusée le 20 avril sur les réseaux du créateur américain, avec un direct programmé pour le 25 avril 2026. La liste publiée mentionne quinze destinations : Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, la Dominique, la République dominicaine, la Grenade, la Guadeloupe, la Jamaïque, Porto Rico, Sint Maarten, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinidad-et-Tobago et les îles Vierges américaines. En quelques heures, cette tournée a placé la région dans un espace de visibilité mondiale inhabituel.

IShowSpeed Caribbean Tour mérite l’attention pour une raison simple : IShowSpeed rassemble une audience gigantesque. L’Associated Press rappelle qu’il a dépassé les 50 millions d’abonnés sur YouTube pendant sa tournée africaine de janvier 2026. À cette échelle, chaque déplacement devient un événement suivi en direct, repris par d’autres comptes et transformé en séquences courtes qui circulent vite. Quand un itinéraire entier est consacré à la Caraïbe, les territoires, les accents, les paysages et les usages du quotidien entrent dans le champ de vision d’un public international.

IShowSpeed Caribbean Tour
©IShowSpeed - Youtube

Une Caraïbe montrée comme un ensemble

La première force de IShowSpeed Caribbean Tour tient à l’image d’ensemble qu’elle produit. La liste associe des États indépendants et des territoires, des espaces anglophones, francophones, hispanophones et néerlandophones. Cette juxtaposition rappelle que la Caraïbe forme une région multiple, traversée par des langues et des héritages différents, tout en conservant des liens profonds.

Cette lecture régionale correspond à une réalité historique. Les circulations humaines, musicales, commerciales, religieuses et familiales existent depuis des siècles d’une île à l’autre. Les frontières ont façonné des administrations et des statuts distincts. Elles n’ont jamais effacé les échanges. En une seule annonce, la Caraïbe apparaît comme un espace lisible pour des millions de personnes qui, souvent, la perçoivent de manière fragmentée.

Une visibilité qui passe par les codes du présent

Le format compte presque autant que la liste des destinations. IShowSpeed travaille dans le direct, l’improvisation, la réaction immédiate et le partage massif. Son public suit moins un programme qu’une présence. Cette manière de filmer change la nature de l’exposition. Le spectateur regarde des rues, des plages, des marchés, des trajets, des rencontres et des scènes de foule au moment où elles se produisent.

Pour la Caraïbe, cette exposition a une portée particulière. Beaucoup de territoires de la région souffrent d’une visibilité inégale dans les grands circuits médiatiques. Les plus connus bénéficient d’une image installée. D’autres restent absents des récits mondiaux, ou réduits à quelques clichés. IShowSpeed Caribbean Tour peut donc jouer un rôle utile : montrer une diversité de lieux et d’ambiances à un public jeune qui construit sa vision du monde à travers les plateformes.

IShowSpeed Caribbean Tour
©IShowSpeed - Youtube
IShowSpeed Caribbean Tour
©IShowSpeed - Youtube

Une occasion pour les acteurs culturels et médiatiques

L’intérêt de IShowSpeed Caribbean Tour concerne aussi les artistes, les organisateurs, les médias locaux et les créateurs installés dans la région. Une tournée de cette ampleur peut mettre en lumière un danseur, un musicien, une tradition culinaire, un décor urbain, un événement populaire ou une personnalité locale. Elle peut aussi créer des connexions entre territoires qui communiquent rarement à cette vitesse.

La valeur ajoutée d’ IShowSpeed Caribbean Tour dépendra toutefois de la manière dont ces moments seront accompagnés. Une image virale attire l’attention pendant quelques heures. Un travail éditorial sérieux prolonge cet intérêt. Il donne des repères, rappelle l’histoire, précise les contextes politiques et culturels, et aide à comprendre ce que l’on voit. La Caraïbe dispose ici d’une occasion de raconter sa pluralité avec davantage de maîtrise.

Une portée symbolique visible

Il serait prématuré d’annoncer des effets touristiques chiffrés ou des retombées économiques immédiates. En revanche, une chose apparaît clairement : la Caraïbe gagne une présence mondiale dans l’un des formats les plus suivis du moment.

C’est là que IShowSpeed Caribbean Tour prend toute sa dimension.  IShowSpeed Caribbean Tour rassemble en un même mouvement des territoires souvent commentés séparément. Elle rappelle que la région possède une force culturelle, visuelle et sociale capable de retenir l’attention à grande échelle. Pour les publics qui connaissent mal cet espace, elle peut ouvrir une première porte. Pour ceux qui le suivent déjà, elle confirme que la Caraïbe reste un foyer majeur de création, de circulation et d’énergie dans le monde contemporain.

IShowSpeed Caribbean Tour est une tournée annoncée par le créateur américain IShowSpeed à travers plusieurs territoires de la Caraïbe. Au-delà de l’annonce elle-même, cette tournée attire l’attention par son ampleur médiatique et par la visibilité qu’elle peut offrir à la région dans son ensemble.

IShowSpeed Caribbean Tour suscite un fort intérêt parce qu’IShowSpeed fait partie des créateurs les plus suivis au monde. Lorsqu’il se déplace, ses vidéos, ses directs et les extraits partagés sur les réseaux touchent très vite un public international, ce qui donne à cette tournée une portée bien plus large qu’une simple série d’escales.

IShowSpeed Caribbean Tour est important parce qu’il montre la Caraïbe comme un espace régional visible, vivant et connecté. La tournée relie plusieurs territoires dans une même narration et rappelle que la région possède une richesse culturelle, linguistique et sociale capable de retenir l’attention à grande échelle.

Oui, IShowSpeed Caribbean Tour peut avoir un impact culturel réel. Ce type de tournée peut mettre en avant des paysages, des sons, des accents, des habitudes de vie, des artistes et des ambiances locales. Il peut aussi encourager un nouveau regard sur la Caraïbe, en particulier auprès d’un public jeune qui suit l’actualité du monde via les plateformes numériques.

Il est encore trop tôt pour mesurer précisément les effets de IShowSpeed Caribbean Tour sur le tourisme. En revanche, cette tournée peut déjà renforcer la visibilité de la Caraïbe et nourrir la curiosité d’un public mondial. Cette exposition médiatique peut ensuite profiter aux territoires si elle est relayée intelligemment par les acteurs culturels, touristiques et médiatiques.

Le samedi 28 mars, au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, la conférence de presse des CARIFTA Aquatics Championships 2026 n’avait rien d’une simple réunion d’information. En une heure et demie, organisateurs, athlètes et partenaires ont présenté bien plus qu’un programme sportif : du 3 au 8 avril, la Martinique accueillera la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, dix ans après une première édition restée dans toutes les mémoires. Vingt-quatre nations. Trois disciplines. Un territoire qui joue à domicile et le sait.

Une candidature portée par une mémoire collective

En 2024, au congrès de la Caribbean Aquatics Association organisé aux Bahamas, deux candidatures s’affrontent pour l’organisation des CARIFTA Aquatics Championships 2026 : Sainte-Lucie et la Martinique. Le vote est sans appel : une trentaine de voix pour la Martinique, dix pour Sainte-Lucie.

Derrière ce résultat, il y a une histoire. L’édition 2016, première jamais organisée sur le territoire, a marqué les esprits de tous ceux qui y étaient:  coachs, responsables de délégations, officiels. En 2024, au moment de voter, beaucoup se souvenaient encore de cette semaine-là.

« C’était une très belle édition, et toujours dans les mémoires. »

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’autre facteur a été plus concret : Sainte-Lucie ne disposait pas encore de son bassin. La Martinique, elle, peut compter sur le Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, bassin olympique à dix couloirs, tribune de 800 places, bassin de 25 mètres pour l’échauffement. L’une des meilleures installations de la Caraïbe.

L’organisation a aussi mis en avant sa capacité d’accueil hors bassin, avec plusieurs solutions d’hébergement mobilisées dans le sud de l’île pour les délégations, complétées par d’autres structures si nécessaire. Ce volet logistique, rarement secondaire dans ce type d’événement, a renforcé la crédibilité de la candidature martiniquaise.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Trois disciplines, 24 nations, un format exigeant

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 réunissent 24 pays : 21 nations anglophones de la Caraïbe, auxquelles s’ajoutent la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. La natation course occupe quatre journées: séries le matin, finales l’après-midi,  du samedi 5 au mardi 8 avril. La natation artistique s’installe à partir du lundi sur la pause méridienne, avec les solos puis les épreuves techniques. Les duos et les équipes clôturent le programme le mercredi matin. Ce même mercredi, l’épreuve d’eau libre se dispute sur cinq kilomètres, aux Anses d’Arlets.

Les compétiteurs : Benjamins (11-12 ans), Minimes (13-14 ans), Cadets (15-17 ans) ne s’inscrivent pas à titre individuel. Ce sont des sélections nationales qui se déplacent, avec les meilleurs nageurs de chaque territoire. Pour entrer dans la sélection martiniquaise, il faut satisfaire une grille de temps établie sur les deux saisons précédentes, qui ne retient que les nageurs capables d’atteindre les finales.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

Dans l’esprit des organisateurs, la sélection se construit sur une logique simple : pour marquer des points, il faut entrer en finale, et pour entrer en finale, il faut figurer parmi les huit meilleurs temps des séries du matin. Autrement dit, les nageurs retenus sont censés avoir un niveau leur permettant de jouer une vraie place dans la compétition, et pas seulement de participer.

La délégation de la Martinique lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 compte 61 nageurs : 36 en natation course, 12 en eau libre dont cinq pratiquent également la course et 18 en natation artistique. Cinq capitaines mènent cette équipe : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons (catégorie 15-17 ans), Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.

L’eau comme point de départ et comme destination

Jean-Naël Zozime, capitaine de la sélection garçons, répond sans détour quand on lui demande comment il a commencé : « on m’a mis à la natation pour ne pas me noyer. » Cyrielle Manin, capitaine de la sélection filles, raconte à peu près la même chose :  elle a failli se noyer étant petite, et c’est ce qui l’a amenée à apprendre à nager.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Cyrielle Manin

Ces deux témoignages, entendus à quelques minutes d’intervalle, disent quelque chose d’important sur ce territoire. Deux jeunes Martiniquais que la mer a d’abord effrayés, qui représentent aujourd’hui leur île face à vingt-trois nations caribéennes. Il y a là bien plus qu’un palmarès sportif.

« La natation, c’est un sport dur. Il ne faut pas croire que ce sera facile, mais avec beaucoup de persévérance, tout le monde peut y arriver.»

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Jean-Naël Zozime

Nohemy Marajo, capitaine de natation artistique, pratique depuis dix ans une discipline que le public connaît encore mal. Elle l’explique concrètement : apprendre les chorégraphies à sec, les répéter dans l’eau, maîtriser sa respiration sous la surface pendant que les jambes dessinent des figures au-dessus. Un sport aussi exigeant techniquement que physiquement, qui tient autant de la danse classique que de l’endurance.

« Il faut savoir endurer, garder le moindre souffle pour terminer la chorégraphie. »

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Nohemy Marajo

La conférence des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a aussi rappelé que la natation artistique reste une discipline encore confidentielle dans l’espace caribéen, en raison des infrastructures qu’elle exige et du niveau de préparation nécessaire. Elle demande du travail en trois dimensions, une préparation technique très poussée, mais aussi l’appui de professionnels extérieurs, notamment en danse et en préparation gymnique. Pour les encadrants, l’enjeu des CARIFTA est donc double : soutenir celles qui pratiquent déjà et susciter de nouvelles vocations.

Ce que l’encadrement observe chez ces jeunes, c’est une constante : ils s’entraînent, passent leurs examens, concourent le week-end, et recommencent. « Généralement, les nageurs sont performants dans leurs études également, parce qu’ils ont travaillé cette rigueur au quotidien.» Ce qu’on apprend dans un bassin s’applique aussi ailleurs.Les organisateurs insistent d’ailleurs sur cette exigence quotidienne : se qualifier ne suffit pas, il faut encore être capable de répondre présent le jour J, dans un sport où la régularité et la discipline comptent autant que le talent.

Des médailles nées des mains de l’île

La façon dont un événement récompense ses champions dit souvent beaucoup de ce qu’il représente. Aux CARIFTA Aquatics Championships 2026, les médailles ont été fabriquées en Martinique, dans du bois noble : poirier pour l’or, mao bleu pour l’argent, mao ghani pour le bronze. Un artisan du Nord-Atlantique en a assuré la réalisation, Joseph Galliard a signé les gravures, et une couturière locale a confectionné les pochons aux trois couleurs du drapeau martiniquais.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

C’est la marraine de l’édition, Coralie Balmy , ancienne nageuse de haut niveau passée quatre fois par les CARIFTA dans sa carrière qui a porté cette initiative. Une démarche écoresponsable et identitaire, saluée comme une première à l’échelle caribéenne.

Chaque athlète caribéen qui montera sur le podium lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 repartira avec un bout de la Martinique, une médaille unique, réalisée par des artisans locaux, qui ne ressemble à aucune autre.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Coralie Balmy

La conférence a également précisé que des trophées accompagneront ces récompenses, et que les médailles devaient encore recevoir leurs cordons avant l’ouverture de la compétition. Là aussi, l’objectif est clair : faire de chaque distinction un objet à la fois sportif, local et symbolique.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Une semaine qui mobilise tout le territoire

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 ne se jouent pas que dans les bassins. Entre 1 500 et 1 800 personnes arrivent en Martinique : nageurs, encadrants, familles répartis dans plusieurs hôtels du sud. Chaque jour, environ 150 bénévoles assurent le bon déroulement de l’événement : des anciens nageurs, des parents, des habitants qui n’ont parfois aucun lien direct avec la natation, mais qui ont voulu s’engager.

Parmi eux, les officiels occupent une place décisive : environ 26 officiels venus de la Caraïbe viendront en renfort des officiels martiniquais, pour atteindre une cinquantaine de personnes autour du bassin à chaque réunion, matin et après-midi. À cela s’ajoutent les secouristes, les équipes d’accueil, les personnes chargées des récompenses, de l’accompagnement des délégations ou encore des espaces ouverts au public.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’accueil des délégations lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a lui aussi été pensé dans le détail. Toutes devaient arriver le 2 avril, à des horaires étalés sur la journée, parfois très tôt le matin, parfois tard le soir. L’organisation a prévu un dispositif précis à l’aéroport, en lien avec le transporteur et la SAMAC, afin de fluidifier les sorties, le transfert vers les bus puis l’installation dans les hébergements, avec une attention particulière portée aux repas selon l’heure d’arrivée.

La cérémonie d’ouverture des CARIFTA Aquatics Championships 2026, le vendredi 3 avril au stade Georges Gratiant, est gratuite et ouverte à tous : 2 800 places à remplir. Le groupe     « Nou Pa Sav » accompagnera le défilé des délégations. Le samedi 4 avril, les Hommes d’Argile seront présents à l’arrivée des délégations sur site, offrant une mise en scène culturelle forte, pensée comme un premier contact symbolique avec l’identité martiniquaise.. Tout au long de la semaine, des groupes culturels martiniquais seront présents pour que les visiteurs repartent avec une image vivante du territoire, pas seulement des résultats de compétition.

La cérémonie des CARIFTA Aquatics Championships 2026 doit se tenir de 16 h à 18 h, avec une retransmission prévue sur écran géant, ainsi qu’un relais par des partenaires médias et via YouTube pour permettre une diffusion plus large dans la Caraïbe. L’ambition affichée est nette: faire de la Martinique le centre de la Caraïbe pendant toute la durée de l’événement.

Au-delà du sport, les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 assument aussi un objectif économique et culturel. Faire venir jusqu’à 1 800 personnes signifie remplir des hébergements, générer de la consommation, encourager les locations de véhicules et faire travailler les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. C’est aussi une façon de montrer la culture martiniquaise, notamment à travers les animations prévues lors de l’ouverture et à l’arrivée des délégations.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’épreuve d’eau libre aux Anses d’Arlets rappelle aussi que la mer est un milieu vivant, fragile, qui mérite d’être protégé. La représentante de l’association présente à la conférence résume sa mission simplement : « apprendre à nager pour découvrir les mers et les protéger. »

Cette dimension éducative dépasse la seule prévention de la noyade. Elle touche aussi à l’appropriation de l’eau par les Martiniquais, à la découverte de la discipline par les plus jeunes et à la volonté, plus large, de renforcer durablement la culture aquatique du territoire.

Une île qui s’affirme

Une phrase prononcée en fin de conférence résume bien l’état d’esprit général : « Nous sommes prêts, et nous ferons des CARIFTA Aquatics Championships 2026 une réussite collective et une grande fierté pour notre territoire. »

Ce que les délégations emporteront le 8 avril au soir, ce n’est pas seulement un classement. C’est une image de la Martinique , celle d’un territoire qui sait accueillir, s’organiser et affirmer son identité. Pendant six jours, toute la Caraïbe sera là. À la Martinique de montrer ce qu’elle sait faire.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Mais les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 veulent aussi laisser une trace après l’événement. La Ligue de Natation de Martinique a terminé la saison 2024-2025 avec environ 2 540 licenciés, une dizaine de clubs affiliés et, en général, 7 à 8 clubs engagés en compétition. Dans cette perspective, les CARIFTA ne sont pas pensés comme une parenthèse, mais comme un accélérateur possible pour susciter des vocations, renforcer les effectifs et installer durablement la natation dans le paysage sportif martiniquais.

Les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 ont aussi fait le choix de ne pas reproduire à l’identique le grand village de 2016. En 2026, l’animation autour de la compétition doit être plus resserrée, avec une grande journée particulièrement mise en avant, afin de concentrer l’énergie et la fréquentation plutôt que d’éparpiller les temps forts.

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 sont la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, organisée en Martinique du 3 au 8 avril. Vingt-quatre nations y participent en natation course, natation artistique et eau libre, dans des catégories allant de 11 à 17 ans.

Les épreuves de natation course et de natation artistique ont lieu au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin. L’épreuve d’eau libre sur 5 kilomètres se dispute aux Anses d’Arlets le mercredi 8 avril.

La billetterie est accessible sur cariftamartinique2026.com et sur les réseaux sociaux de la Ligue de Natation de Martinique. Tarifs : 10 € le matin, 20 € l’après-midi pour les adultes  pass 4 jours à 125 €. La cérémonie d’ouverture au stade Georges Gratiant est gratuite.

Vingt-quatre pays participent : 21 nations anglophones de la Caraïbe, ainsi que la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.

La sélection martiniquaise est menée par cinq capitaines : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons, Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.

Du 22 au 27 mai 2026, la Grenade accueillera une nouvelle édition du Grenada Chocolate Fest 2026, un événement devenu au fil des années l’un des rendez-vous les plus singuliers du calendrier gastronomique et culturel de l’île. Cette édition se déroule autour d’un thème ambitieux : « Reimagining Caribbean Cocoa – From Roots to Renaissance », une invitation à repenser le cacao à partir de ses racines historiques afin d’en imaginer les nouvelles perspectives.

Pendant six jours, producteurs, chocolatiers, chefs, artisans, chercheurs, habitants et visiteurs venus de différentes régions du monde se réunissent pour célébrer le cacao sous toutes ses formes : agriculture, gastronomie, bien-être, création et transmission culturelle. Plus qu’un simple festival gourmand, Grenada Chocolate Fest 2026 propose une immersion complète dans l’univers du cacao grenadien, depuis les plantations jusqu’aux créations artisanales qui font aujourd’hui la réputation internationale du chocolat de l’île.

Grenada Chocolate Fest 2026

Une histoire née de la passion du cacao grenadien

Le Grenada Chocolate Fest 2026 s’inscrit dans une histoire commencée en 2014, lorsque la Grenade a décidé de mettre en lumière l’un de ses patrimoines agricoles les plus précieux : le cacao.

Le festival a été imaginé pour valoriser le mouvement “tree-to-bar”, une approche qui consiste à maîtriser toutes les étapes de production du chocolat, depuis la culture du cacao jusqu’à la fabrication de la tablette. Cette vision s’est développée à Grenade grâce à plusieurs entrepreneurs et artisans convaincus que le cacao pouvait devenir un véritable symbole identitaire pour l’île.

Parmi les figures marquantes de cette histoire figure Mott Green, fondateur de la Grenada Chocolate Company, dont l’engagement pour un chocolat artisanal, durable et alimenté à l’énergie solaire a profondément marqué l’évolution du secteur sur l’île. Depuis ses débuts, le festival poursuit un objectif clair : permettre aux visiteurs comme aux habitants de comprendre le parcours complet du cacao, de la plantation jusqu’au produit fini, tout en valorisant les agriculteurs, les artisans et les communautés qui perpétuent ce savoir-faire.

Grenada Chocolate Fest 2026
©Grenada Chocolate Fest
Grenada Chocolate Fest 2026
©Grenada Chocolate Fest

Un festival qui a grandi avec la filière cacao

Au fil des années, le festival a progressivement acquis une reconnaissance internationale dans le monde du chocolat artisanal et du tourisme gastronomique. Chaque édition attire aujourd’hui des experts du cacao fin, des chefs, des innovateurs culinaires, des producteurs locaux, ainsi que des visiteurs venus des Caraïbes, d’Europe et d’Amérique du Nord.

Cette évolution reflète aussi la transformation du secteur cacaoyer grenadien. L’île est aujourd’hui reconnue pour la qualité de son cacao et pour la présence de plusieurs entreprises spécialisées dans la production de chocolat artisanal. Dans ce contexte, Grenada Chocolate Fest 2026 s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un territoire qui transforme son patrimoine agricole en moteur culturel, économique et touristique.

Grenada Chocolate Fest 2026
©Grenada Chocolate Fest
Grenada Chocolate Fest 2026
©Grenada Chocolate Fest

Le programme du Grenada Chocolate Fest 2026

L’édition 2026 propose six jours d’activités variées, mêlant gastronomie, découverte des plantations, ateliers créatifs, expériences bien-être et événements culturels. Chaque journée est conçue comme un parcours permettant d’explorer le cacao sous différents angles.

22 mai : ouverture du festival et premières expériences chocolatées

Le festival débute avec une série de rencontres et d’événements consacrés à la filière cacao. Cette première journée rassemble producteurs, spécialistes et passionnés autour de discussions et d’échanges sur l’avenir du cacao, tout en proposant plusieurs expériences permettant de comprendre les premières étapes de la transformation du chocolat.

Les participants peuvent assister à des conférences dédiées au cacao, découvrir une exposition consacrée aux produits artisanaux, participer à un atelier de fabrication de bonbons chocolatés ou encore créer leur propre tablette de chocolat. La journée se termine par une soirée festive organisée dans un domaine historique de l’île, marquant l’ouverture officielle du festival.

23 mai : bien-être, gastronomie et activités familiales

La deuxième journée met davantage l’accent sur l’expérience sensorielle et le bien-être. Le cacao y est exploré comme ingrédient gastronomique mais aussi comme élément associé à la santé, à la relaxation et à la créativité. Plusieurs expériences sont proposées autour du cacao et des super-aliments, tandis qu’un village du cacao accueille des activités familiales et des ateliers interactifs permettant de découvrir les différentes saveurs du chocolat.

Des démonstrations culinaires et des dégustations rythment la journée, qui se conclut par un dîner gastronomique mettant à l’honneur les produits et les talents culinaires de la Grenade.

24 mai : immersion dans la nature et les plantations de cacao

La troisième journée invite les participants à découvrir le cacao dans son environnement naturel. Une randonnée permet d’explorer certains paysages emblématiques de l’île, notamment en direction d’une cascade, tandis qu’un brunch artistique propose une rencontre originale entre gastronomie et création. Une démonstration culinaire inspirée de la culture rastafari illustre également les liens entre cacao, traditions et cuisine caribéenne. L’un des moments marquants de la journée est la visite immersive d’un domaine cacaoyer historique, où les visiteurs peuvent observer les différentes étapes de la production du cacao. La journée se termine dans une ambiance festive autour du chocolat.

25 mai : chocolat, parfums et art de vivre grenadien

Le quatrième jour du festival met en lumière l’art de vivre grenadien. Les participants peuvent débuter la journée par une séance de yoga accompagnée d’un massage au beurre de cacao, avant de partir à la découverte de certaines plages secrètes de l’île lors d’une marche guidée. Un circuit gastronomique permet ensuite d’explorer les saveurs locales, tandis qu’une expérience associant cacao et parfums met en évidence les liens entre chocolat, épices et aromathérapie. Une dégustation gastronomique organisée dans un cadre prestigieux complète cette journée consacrée aux sens.

La journée se poursuit avec un marché d’artisans et d’artistes locaux accompagné d’animations musicales célébrant la culture grenadienne.

26 mai : transmission du savoir-faire chocolatier

La cinquième journée du Grenada Chocolate Fest 2026 met l’accent sur la transmission et l’apprentissage. Les visiteurs peuvent participer à des expériences associant rhum et chocolat, découvrir les spécialités culinaires de l’île lors d’un circuit gastronomique ou encore apprendre à fabriquer des bonbons chocolatés aux côtés d’artisans locaux.

Des ateliers permettent également de planter un cacaoyer et de fabriquer sa propre tablette de chocolat, offrant ainsi une expérience concrète du travail des producteurs et chocolatiers.

27 mai : création artistique et fête de clôture

La dernière journée du festival célèbre la créativité et la convivialité. Les participants peuvent découvrir un spa naturel inspiré du cacao, participer à un atelier artistique mêlant chocolat et épices ou encore créer des bijoux à partir de fèves de cacao. Une initiation à la fabrication traditionnelle des boules de cacao utilisées pour préparer le thé grenadien permet également de découvrir une pratique culinaire emblématique de l’île. Le festival se conclut par une grande fête culinaire et musicale dans les rues, marquant la fin de six jours de célébration consacrés au cacao grenadien.

Grenada Chocolate Fest 2026
©Grenada Chocolate Fest
Grenada Chocolate Fest 2026
©Grenada Chocolate Fest

Un festival ouvert aux familles

Le Grenada Chocolate Fest 2026 est également conçu comme un événement accessible à tous les âges. Les enfants peuvent participer à plusieurs activités spécialement adaptées, notamment des ateliers de fabrication de chocolat, des activités créatives autour du cacao et des animations ludiques qui leur permettent de découvrir l’univers du chocolat de manière interactive. Cette dimension familiale contribue à faire du festival un moment de transmission intergénérationnelle autour du patrimoine cacaoyer grenadien.

Grenada Chocolate Fest 2026 : bien plus qu’un festival gourmand

Le Grenada Chocolate Fest 2026 illustre la manière dont un produit agricole peut devenir un vecteur de culture, de transmission et de développement local.À travers les plantations, les ateliers, les expériences culinaires et les rencontres, le cacao apparaît comme un fil conducteur reliant agriculture, artisanat, tourisme et identité culturelle.

Plus qu’une simple célébration gastronomique, le festival montre comment la Grenade transforme son héritage cacaoyer en un projet vivant, capable de rassembler producteurs, créateurs et visiteurs autour d’une même passion. Du 22 au 27 mai 2026, la Grenade confirme ainsi son rôle de référence dans l’univers du chocolat artisanal et dans la valorisation du cacao comme patrimoine vivant.

Le Grenada Chocolate Fest 2026 se déroule du 22 au 27 mai 2026 sur l’île de Grenade. Pendant six jours, le festival propose conférences, ateliers de fabrication de chocolat, dégustations, visites de plantations et événements culturels consacrés au cacao.

Le festival propose de nombreuses expériences : ateliers de fabrication de chocolat, dégustations gastronomiques, visites de plantations de cacao, randonnées dans la nature, expériences bien-être, circuits culinaires et événements culturels.

Le festival met en valeur le patrimoine cacaoyer grenadien, soutient les producteurs locaux et renforce la réputation internationale de l’île dans le domaine du chocolat artisanal et du tourisme gastronomique.

La dirigeante hôtelière caribéenne Janelle Hopkin a été honorée sur la scène internationale lors de l’édition 2026 du prestigieux salon ITB Berlin, l’un des plus importants rendez-vous mondiaux de l’industrie touristique. Le 4 mars 2026, la présidente et directrice générale du Spice Island Beach Resort a reçu le PATWA Gold Award – Woman of the Year in Hospitality (Caribbean) lors du PATWA World Tourism & Aviation Leaders’ Summit, un sommet annuel qui réunit dirigeants du tourisme, ministres et experts internationaux.

Cette distinction vient reconnaître son rôle majeur dans le développement et la promotion de l’hôtellerie caribéenne à l’échelle mondiale. Elle s’inscrit également dans une édition marquée par plusieurs récompenses attribuées à Grenada, confirmant la montée en puissance de l’archipel sur la scène touristique internationale.

Une reconnaissance internationale pour le leadership caribéen

Les PATWA International Travel Awards, organisés par la Pacific Area Travel Writers Association, récompensent chaque année les destinations, entreprises et personnalités qui façonnent l’avenir du tourisme mondial. Fondée en 1999, cette organisation internationale de journalistes et d’experts du tourisme est affiliée à UN Tourism (anciennement Organisation mondiale du tourisme). Les distinctions attribuées par le jury sont basées sur plusieurs critères : leadership, innovation, contribution au développement durable et impact global sur l’industrie.

Lors de l’édition 2026, plus de 550 nominations ont été examinées avant la sélection d’environ 80 lauréats internationaux, illustrant le niveau d’exigence et la crédibilité de ces récompenses dans le secteur du voyage et de l’hospitalité. Dans ce contexte très compétitif, la distinction obtenue par Janelle Hopkin constitue une reconnaissance majeure pour la Caraïbe et pour le modèle d’hospitalité porté par le Spice Island Beach Resort.

Janelle Hopkin
Janelle Hopkin

Une femme à la tête d’un symbole du luxe caribéen

Situé sur la célèbre Grand Anse Beach, le Spice Island Beach Resort figure parmi les établissements les plus réputés de la région. Ce complexe hôtelier indépendant propose 64 suites élégantes, dont 17 avec piscine privée et 32 suites directement situées en bord de plage. L’établissement se distingue par un positionnement haut de gamme combinant hospitalité caribéenne, service personnalisé et engagement environnemental.

Fondé par Sir Royston Hopkin, figure emblématique du tourisme grenadien, le resort reste aujourd’hui une propriété familiale. Après la disparition de son fondateur, la direction de l’établissement a été confiée à sa fille Janelle Hopkin, qui perpétue l’héritage de cette institution hôtelière. Sous sa direction, le resort a conservé la prestigieuse distinction AAA Five Diamond, l’une des certifications les plus exigeantes du secteur hôtelier international, tout en multipliant les récompenses pour la qualité de son service et ses initiatives environnementales.

Janelle Hopkin
Janelle Hopkin
Janelle Hopkin
Janelle Hopkin
Janelle Hopkin

Une vision tournée vers un tourisme durable et responsable

Au-delà du succès commercial du resort, la reconnaissance accordée à Janelle Hopkin repose également sur son engagement en faveur d’un tourisme responsable.

Depuis plusieurs années, la dirigeante défend un modèle d’hospitalité basé sur trois piliers :

  • – la préservation de l’environnement côtier
  • – l’implication des communautés locales
  • – l’excellence du service hôtelier

Dans un contexte où les destinations insulaires sont particulièrement exposées aux effets du changement climatique, cette approche durable devient un enjeu stratégique pour l’avenir du tourisme caribéen. Cette orientation rejoint d’ailleurs la stratégie globale de Grenada, qui cherche à développer un tourisme reposant sur l’authenticité culturelle, la valorisation de son patrimoine et la participation active de ses habitants.

Janelle Hopkin

Grenada renforce sa visibilité sur la scène touristique mondiale

La distinction attribuée à Janelle Hopkin s’inscrit dans une série de récompenses obtenues par Grenada lors des PATWA International Travel Awards 2026.

Parmi les distinctions attribuées :

  • – Destination of the Year – Caribbean Experiences pour Grenada
  • – Tourism Minister of the Year – Sustainable Development pour le ministre du tourisme Adrian Thomas
  • – Excellence in Destination Development pour Stacey Liburd, directrice de l’office du tourisme
  • – Best All-Inclusive Resort – Caribbean pour Spice Island Beach Resort

Ces récompenses témoignent du travail conjoint des acteurs publics et privés du tourisme grenadien pour renforcer la compétitivité de la destination à l’échelle internationale.

Une inspiration pour les femmes dans l’industrie du tourisme

Dans son discours de remerciement, Janelle Hopkin a souligné la portée symbolique de cette distinction. Selon elle, ce prix ne récompense pas seulement un parcours individuel : il met en lumière la capacité de leadership des femmes caribéennes dans l’industrie touristique mondiale.

Le secteur de l’hospitalité, bien que très féminisé dans ses métiers opérationnels, reste encore largement dominé par les hommes aux postes de direction. Le parcours de Janelle Hopkin contribue ainsi à redéfinir les modèles de leadership dans l’hôtellerie internationale. La dirigeante a d’ailleurs insisté sur l’importance de former et accompagner les nouvelles générations de professionnelles du tourisme, un enjeu essentiel pour les destinations insulaires dont l’économie dépend largement de cette industrie.

Janelle Hopkin

Janelle Hopkin est la présidente et directrice générale du Spice Island Beach Resort, un établissement hôtelier de luxe situé à Grenada, dans la Caraïbe. Elle a repris la direction du resort familial fondé par son père, Sir Royston Hopkin, figure majeure du développement touristique de l’île. Sous sa direction, l’établissement continue de se distinguer par son hospitalité haut de gamme, son service personnalisé et son engagement en faveur d’un tourisme durable.

En 2026, Janelle Hopkin a reçu le PATWA Gold Award – Woman of the Year in Hospitality (Caribbean) lors du PATWA World Tourism & Aviation Leaders’ Summit, organisé pendant le salon ITB Berlin en Allemagne. Cette distinction internationale récompense son leadership dans l’industrie hôtelière caribéenne ainsi que son rôle dans la promotion d’un modèle d’hospitalité basé sur l’excellence du service, la valorisation de la culture locale et le développement durable du tourisme.

Le Spice Island Beach Resort est situé sur la célèbre Grand Anse Beach, à Grenada, dans les Petites Antilles. Cet hôtel de luxe en bord de mer est reconnu pour ses suites élégantes, certaines équipées de piscines privées, ainsi que pour la qualité de son accueil et de son service. L’établissement figure parmi les resorts les plus réputés de la Caraïbe et attire chaque année des voyageurs en quête d’une expérience hôtelière haut de gamme dans un cadre naturel exceptionnel.

À Grenade, le carnaval s’exprime d’abord par le corps, le rythme et la densité de la rue. Lorsque les silhouettes se couvrent d’huile noire, que les chaînes résonnent sur l’asphalte et que la foule avance à l’unisson dans la pénombre du matin, le Jab Jab s’impose. Plus qu’un personnage carnavalesque, il est une présence collective, une forme d’expression profondément ancrée dans l’histoire sociale et culturelle de l’île.

En 2026, cette figure emblématique retrouve toute sa centralité à l’occasion de deux grands rendez-vous : Carriacou Carnival (Kayak Mas) en février et Spicemas, le carnaval national de Grenade, en août. Comprendre le Jab Jab permet ainsi de lire ces événements non comme de simples festivités, mais comme des moments structurants de l’identité grenadienne.

Le Jab Jab : une construction historique et symbolique

Le terme Jab, issu du mot “diable” dans les créoles d’influence française, ne doit pas être interprété littéralement. À Grenade, il ne renvoie pas à une figure religieuse. Il s’inscrit dans une histoire coloniale marquée par la stigmatisation des corps noirs, perçus comme menaçants, indisciplinés ou subversifs.

Son esthétique procède d’un renversement. Le noir, appliqué sur la peau sous forme d’huile ou de peinture, efface les distinctions sociales visibles. Les cornes et les chaînes, loin d’être décoratives, rappellent une histoire de domination tout en la détournant. Ce qui fut instrument de contrainte devient un signe d’affirmation. Le corps, mis en avant sans artifice, redevient un espace de langage.

Jab jab

J’ouvert : le moment où le Jab Jab s’incarne pleinement À Grenade, il trouve s

À Grenade, il trouve son expression la plus intense lors du J’ouvert, ce moment inaugural du carnaval qui se déroule à l’aube. Ce choix temporel n’est pas anodin. Le passage de la nuit au jour marque une rupture, un seuil, un espace où les normes ordinaires s’estompent. Le J’ouvert grenadien se caractérise par une progression collective dense, rythmée par les percussions, les chants et le mouvement continu de la foule. Il  y apparaît comme une masse vivante, indissociable de la rue et de ceux qui la traversent. Il ne s’agit pas d’un défilé organisé mais d’une dynamique collective, où l’expérience prime sur la mise en scène.

C’est dans ce moment que le carnaval de Grenade affirme sa singularité caribéenne : une fête qui s’ancre dans le vécu, avant toute dimension visuelle ou spectaculaire.

Jab jab

Une lecture contemporaine

Il continue de parler au présent. Il n’est ni figé ni folklorisé. Il traduit une manière grenadienne de concevoir le carnaval comme un espace de continuité historique.

Trois dimensions structurent encore sa portée aujourd’hui.

La mémoire collective.

Le Jab Jab assume l’héritage du passé sans le simplifier. Les références à l’enfermement, à la contrainte et à la résistance sont visibles, audibles, incarnées.

L’occupation de l’espace public.

Le corps devient un outil politique au sens premier : il occupe la rue, transforme la ville et redéfinit temporairement les usages de l’espace urbain.

La force du collectif.

Dans le Jab Jab, l’individu s’efface au profit du groupe. L’énergie ne vient pas d’une performance isolée, mais d’un mouvement partagé, prolongé dans le temps.

Jab jab

2026 : Carriacou Carnival, une autre échelle du Jab Jab

En février 2026, Carriacou Carnival, aussi appelé Kayak Mas, ouvre la saison carnavalesque de l’archipel. Sur cette île au nord de Grenade, le carnaval conserve une dimension très communautaire, où les traditions locales occupent une place centrale. Il y est présent dans une forme souvent plus resserrée, plus intimement liée aux dynamiques sociales de l’île. Il cohabite avec d’autres expressions emblématiques, propres à Carriacou, qui témoignent de la diversité culturelle interne de l’État grenadien.

Kayak Mas offre ainsi une lecture complémentaire du Jab Jab : moins massive, mais profondément enracinée, révélant la pluralité des pratiques carnavalesques au sein d’un même territoire.

Spicemas 2026 : le Jab Jab au cœur du carnaval national

En août 2026, Spicemas constitue le point culminant du calendrier culturel grenadien. Plus ample, plus structuré, ce carnaval national reste néanmoins fidèle à ses fondamentaux. Il  y conserve une place centrale, notamment lors du J’ouvert du lundi de carnaval.

C’est à Spicemas que le Jab Jab atteint son ampleur maximale. La concentration de participants, l’intensité physique et la continuité du mouvement donnent à ce moment une dimension presque organique. Le contraste avec les parades du mardi, consacrées aux costumes et aux mises en scène plus élaborées, souligne la complémentarité des registres carnavalesques grenadiens.

Jab jab
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Le Jab Jab comme fil conducteur du carnaval grenadien

À travers lui, Grenade affirme une conception du carnaval qui dépasse la simple fête. Il s’agit d’une culture vivante, capable de relier le passé au présent, l’intime au collectif, le local au national.

En 2026, entre Carriacou Carnival et Spicemas, le Jab Jab apparaît comme un fil conducteur. Il traverse les territoires, relie les générations et structure le calendrier carnavalesque. Il rappelle surtout que, dans la Caraïbe, le carnaval est aussi un espace de transmission, où l’histoire se dit par le corps et le mouvement.

Pour qui cherche à comprendre Grenade au-delà des images attendues, il propose une clé de lecture essentielle. Une clé exigeante, dense, mais profondément révélatrice de l’identité culturelle grenadienne.

Cette figure carnavalesque trouve ses racines dans l’histoire coloniale de l’île. Son esthétique, fondée sur le noir, les chaînes et le corps en mouvement, renvoie à une mémoire collective transformée en expression culturelle et festive.

Lors du carnaval national de la Grenade, elle s’exprime principalement pendant le J’ouvert, moment central où la rue devient un espace de rassemblement collectif, marqué par une forte intensité physique et symbolique.

Carriacou Carnival met en avant une approche plus communautaire et locale, tandis que Spicemas déploie une dimension nationale et plus ample. Les deux événements partagent cependant une même colonne vertébrale culturelle et historique.

Le Big Drum de Carriacou n’est pas une simple expression musicale. Il s’agit d’un rituel communautaire afro-caribéen, profondément enraciné dans l’histoire de la traite négrière et dans la reconstruction identitaire des populations africaines déportées dans la Caraïbe. Sur cette petite île de l’archipel des Grenadines, le tambour, le chant et la danse forment un langage commun qui relie les vivants aux ancêtres. Contrairement à d’autres territoires où certaines pratiques ont été transformées ou folklorisées, Carriacou a conservé une relation directe et assumée à ses héritages africains. Le Big Drum y demeure une pratique sociale active, intégrée à la vie collective et aux grands moments de la communauté.

Big Drum de Carriacou : une mémoire africaine explicitement nommée

L’une des particularités réside dans la notion de “Nation Dance”. Le terme “nation” renvoie ici aux groupes africains d’origine des ancêtres esclavisés : Temne, Manding, Igbo, Kongo, Chamba, Cromanti, entre autres.

Cette référence explicite aux nations africaines est rare dans la Caraïbe anglophone. À Carriacou, elle structure encore aujourd’hui :

  • – les chants,
  • – les rythmes de tambour,
  • – les pas de danse,
  • – et l’ordre rituel des cérémonies.

À travers lui, l’île ne commémore pas une Afrique abstraite, mais une Afrique plurielle, transmise par le corps, la voix et le rythme.

Big Drum de Carriacou

Des origines liées à l’esclavage et à la résistance culturelle

Le Big Drum de Carriacou prend forme durant la période esclavagiste, lorsque la musique et la danse deviennent des espaces de survie culturelle. Malgré les interdictions et la violence du système colonial, les populations réduites en esclavage maintiennent des fragments de pratiques africaines, qu’elles recomposent dans un nouveau contexte.

Après l’abolition de l’esclavage au XIXᵉ siècle, ces cérémonies ne disparaissent pas. Elles évoluent en rituels de commémoration, d’hommage aux ancêtres et de structuration sociale. Il devient alors un marqueur identitaire fort, transmis de génération en génération.

Le tambour : voix, autorité et mémoire sonore

Dans le Big Drum de Carriacou, le tambour n’est jamais un simple instrument. Il est considéré comme une présence vivante, dotée d’une autorité symbolique. Les grands tambours, fabriqués selon des techniques traditionnelles, dialoguent avec des tambours secondaires et parfois des idiophones.

Les tambourinaires jouent un rôle central :

  • – ils maîtrisent les rythmes propres à chaque nation,
  • – ils guident les danseurs,
  • – ils régulent le temps rituel.

Le tambour structure l’espace cérémoniel et organise la circulation entre le sacré, le social et l’émotion collective.

Big Drum de Carriacou

Chants responsoriaux et langues fragmentées

Les chants du Big Drum de Carriacou reposent sur une structure d’appel et de réponse. Un soliste mène le chant, repris par l’assemblée. Les paroles mêlent :

  • – anglais créolisé,
  • – fragments de langues africaines,
  • – formules rituelles dont le sens précis s’est parfois estompé.

Même lorsque les mots ne sont plus totalement compris, leur charge émotionnelle demeure intacte. Le chant agit comme une mémoire sonore, capable de transmettre des récits, des valeurs et des liens communautaires sans support écrit.

La danse comme archive corporelle

Dans le Big Drum de Carriacou, la danse est un langage codifié. Chaque nation se distingue par des mouvements spécifiques :

  • – travail des hanches,
  • – déplacements circulaires,
  • – postures du buste orientées vers la terre,
  • – gestes symboliques des bras et des mains.

La danse permet d’exprimer à la fois le respect des ancêtres, la joie collective et les dynamiques sociales contemporaines. Les corps deviennent ainsi de véritables archives vivantes, porteuses d’une mémoire africaine recréée dans la Caraïbe.

Fonctions sociales et cohésion communautaire

Il joue un rôle essentiel dans la vie sociale de l’île. Il intervient lors :

  • – des funérailles et des commémorations,
  • – des fêtes communautaires,
  • – des grands rassemblements culturels.

Il facilite la gestion du deuil, renforce les liens intergénérationnels et constitue un espace de transmission informelle. Dans un contexte marqué par l’émigration, le Big Drum agit aussi comme un point d’ancrage identitaire pour les Carriacouans vivant à l’étranger.

Big Drum de Carriacou

Entre spiritualité, ancestralité et syncrétisme

Le Big Drum de Carriacou s’inscrit dans une vision du monde où les ancêtres demeurent présents et actifs. La pratique combine :

  • – influences chrétiennes,
  • – cosmologies africaines,
  • – pratiques de guérison et de médiation spirituelle.

La frontière entre rituel et représentation est volontairement floue. Pour les participants, le Big Drum n’est pas conçu comme un spectacle, mais comme un acte relationnel entre les vivants, la communauté et les ancêtres.

Patrimoine immatériel et enjeux contemporains

Aujourd’hui, il suscite un intérêt croissant, notamment dans le cadre du tourisme culturel. Cette visibilité offre des opportunités économiques et une reconnaissance accrue, mais soulève aussi des enjeux majeurs :

  • risque de folklorisation,
  • standardisation des pratiques,
  • perte de contrôle par les détenteurs de la tradition.

La question centrale reste celle de l’équilibre entre préservation rituelle et ouverture au monde, afin que le Big Drum conserve sa profondeur symbolique.

Big Drum de Carriacou

Big Drum de Carriacou dans le paysage afro-caribéen

Le Big Drum de Carriacou dialogue avec d’autres traditions afro-caribéennes majeures : Kumina en Jamaïque, tambours orisha à Trinidad, bèlè en Martinique, gwo ka en Guadeloupe, rituels vodou en Haïti. Sa singularité réside dans la centralité des nations africaines nommées, encore actives dans l’imaginaire collectif.

Le Big Drum de Carriacou incarne une Caraïbe qui a su transformer l’histoire de l’esclavage en mémoire partagée et en créativité culturelle. Le préserver, c’est soutenir les porteurs de tradition, documenter les savoirs et reconnaître la valeur d’une pratique qui fait du tambour un langage de dignité, de continuité et de résistance.

Il est un rituel afro-caribéen pratiqué sur l’île de Carriacou, rattachée à Grenade. Il associe tambours, chants responsoriaux et danses codifiées pour honorer les ancêtres africains et les “nations” d’origine (Temne, Igbo, Manding, Kongo, etc.). Plus qu’une performance, il s’agit d’une pratique communautaire vivante, ancrée dans la mémoire de l’esclavage et de la résistance culturelle.

Sa singularité tient à la nomination explicite des nations africaines au cœur même du rituel, encore actives dans les chants, les rythmes et les pas de danse. Cette continuité mémorielle, rare dans la Caraïbe anglophone, fait du Big Drum Carriacou un patrimoine immatériel particulièrement identifiable et préservé, transmis principalement par la tradition orale.

 Oui, le Big Drum Carriacou est pratiqué lors d’événements communautaires (commémorations, funérailles, fêtes locales) et à l’occasion de festivals culturels. L’accès doit toutefois se faire avec respect, car il s’agit d’un rituel à dimension spirituelle. Les initiatives de tourisme culturel privilégient aujourd’hui des formats encadrés afin d’éviter la folklorisation et de garantir que les communautés locales conservent la maîtrise de leurs pratiques.

Le séminaire Rézo 2025, organisé à Grenade, a réuni les directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone autour d’une même ambition : consolider les liens entre les territoires et renforcer la vitalité de la francophonie dans la région.

Après avoir exploré dans l’article précédent : « Le réseau des Alliances Françaises au cœur de la Caraïbe : coopérer, innover, partager » la vision institutionnelle et stratégique de cette coopération régionale, Richès Karayib met ici en lumière celles et ceux qui en sont le cœur battant.

Pendant plusieurs jours, les participantes et participants ont partagé leurs expériences, leurs défis et leurs réussites, révélant une conviction commune : faire vivre la culture et la francophonie au plus près des populations caribéennes via les Alliances Françaises.

Alliances Françaises
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Une rencontre indispensable pour un réseau éclaté

Chaque Alliance Française agit sur une île, souvent isolée géographiquement. Ce séminaire, organisé avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France à Sainte-Lucie, a été un véritable moment d’oxygène pour le réseau des Alliances Françaises. Les directrices et directeurs ont souligné combien ces rencontres représentent une étape essentielle: elles permettent d’échanger des outils, de confronter les réalités locales et de trouver ensemble des solutions concrètes aux défis partagés. Tous ont insisté sur la force du collectif, la richesse des échanges dans un environnement anglophone et la complémentarité des approches entre territoires.

Ces moments offrent à la fois une dimension humaine et formatrice : ils redonnent de l’énergie, renforcent la solidarité et rappellent que, malgré la diversité des contextes, les Alliances Françaises avancent avec une même ambition — faire vivre et rayonner la francophonie dans la Caraïbe. Du point de vue institutionnel, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a rappelé que ce séminaire annuel est le seul moment où l’ensemble des directrices et directeurs peut se retrouver pour échanger sur les réussites, les difficultés et les perspectives communes.

Alliances Françaises
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Neuf territoires, neuf réalités, mais une même conviction: ces temps d’échange sont essentiels pour maintenir la dynamique du réseau et renforcer la coopération dans la Caraïbe. Au-delà de ces échanges collectifs, c’est sur le terrain que la vitalité du réseau des Alliances Françaises prend tout son sens. Chaque Alliance Française agit à sa manière, en lien avec les réalités de son environnement, les langues et les cultures de son territoire.

Alliances Françaises
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Un réseau enraciné : dix Alliances, un même engagement

Si leurs contextes diffèrent, les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone partagent une même vocation: enseigner, relier et faire vivre la francophonie au quotidien. Elles s’adaptent aux réalités locales avec la même conviction: la culture et la langue sont des leviers de lien social, d’ouverture et d’avenir.

Grenade – Ilona Forte-Gilbert : enseigner autrement, relier autrement

L’Alliance Française de Grenade évolue sans local permanent, une situation que Ilona Forte-Gilbert a su transformer en atout.

Les cours sont désormais proposés en ligne, ce qui permet de maintenir la présence du français et d’atteindre de nouveaux publics. L’Alliance intervient également dans les écoles à travers des activités pédagogiques et culturelles menées en partenariat avec les enseignants. Des projections et ateliers « hors les murs » permettent de garder le contact avec la communauté.

« Notre priorité, c’est de rester présents et utiles, même sans bâtiment. Le numérique et les partenariats nous permettent de continuer à faire vivre l’Alliance. »

Alliances Françaises

Sainte-Lucie – Aurélie Gbeffa : coordonner et fédérer

À Sainte-Lucie, Aurélie Gbeffa dirige l’Alliance locale et assure la coordination régionale des dix Alliances Françaises de la Caraïbe orientale. Elle accompagne les directeurs sur la communication, la mutualisation, la gouvernance associative, la transition numérique et la dynamisation culturelle.

Elle pilote également le projet Rézo, séminaire annuel soutenu par le SCAC, devenu un rendez-vous clé de cohésion et de réflexion collective. À Castries, l’Alliance Française de Sainte-Lucie conjugue cours de langue, actions culturelles et valorisation du créole à travers des expositions et des ateliers.

« Notre force, c’est d’avancer ensemble tout en valorisant la diversité culturelle de nos îles. »

Alliances Françaises

Barbade – Océane Gaillard : faire rayonner le français dans un environnement anglophone

À la Barbade, l’Alliance Française agit comme un pont linguistique et culturel. Sous la direction d’Océane Gaillard, elle a su consolider son ancrage dans un environnement majoritairement anglophone. Des programmes éducatifs sont mis en place pour les écoles et les adultes, et l’Alliance a formé les membres du Regional Security System en français et en créole haïtien.

Côté culture, elle a accueilli la troupe guyanaise Ôtepé et développe une programmation ouverte sur les différentes expressions francophones.

« Nous représentons une francophonie plurielle : la France, l’Afrique, le Canada et les Caraïbes. La culture est notre meilleur levier pour donner envie d’apprendre. »

Alliances Françaises

Trinidad & Tobago – Anyka Batista : une francophonie ouverte et inclusive

À Trinidad & Tobago, Anyka Batista défend une francophonie inclusive et créative, qui valorise les langues locales autant que le français. Chaque mois d’octobre, le Creole Heritage Month réunit projections, conférences et concerts, reflet d’un engagement fort pour la diversité culturelle.

L’Alliance Française propose aussi des cours pour enfants, adolescents et adultes, ainsi que des soirées culturelles qui favorisent la rencontre entre communautés. Les défis liés à la visibilité et au financement persistent, mais sont compensés par une approche collaborative avec les écoles et les institutions locales.

« Nous voulons que la francophonie soit perçue comme une part de notre culture, et non comme quelque chose d’extérieur. »

Alliances Françaises

Jamaïque – Clovis Lemée : créer des espaces vivants

En Jamaïque, Clovis Lemée revitalise une Alliance Française historique en la transformant en lieu de vie et de création. Les Language Exchanges, soirées mensuelles multilingues, rassemblent un public varié autour de thèmes culturels, tandis que les French Library Sessions — mini-concerts filmés dans la médiathèque — font de la langue un outil de rencontre et d’expression artistique.

« Apprendre une langue, c’est créer du lien. Les Alliances Françaises sont des espaces faits pour ça. »

La dynamique culturelle attire un public plus jeune et contribue à redonner au français sa place dans l’espace caribéen anglophone.

Alliances Françaises

Saint-Kitts & Nevis – Lucille Caulliez : éducation et écologie

L’Alliance Française de Saint-Kitts & Nevis relie apprentissage linguistique et engagement citoyen. Son projet Naturally Learn French, mené grâce à une subvention de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a offert six mois de cours gratuits à douze adolescents issus de milieux défavorisés, alliant découverte du français, ateliers écologiques et activités culturelles. Chaque mois, les participants ont exploré les écosystèmes locaux, cultivé un jardin, créé avec des matériaux recyclés ou échangé en ligne avec des élèves de Guadeloupe — une manière concrète et vivante d’apprendre la langue tout en tissant des liens dans la Caraïbe.

Ce projet, qui a valu à l’Alliance le prix du Fonds pour l’Environnement mondial dans le cadre de l’initiative Alliance Verte, illustre la vitalité d’une francophonie ouverte, durable et tournée vers la jeunesse. Elle développe également Francoscop, une série audiovisuelle réalisée par des jeunes, dédiée à la francophonie mondiale.

Lucille Caulliez, la directrice, résume l’esprit du programme :

« Nous voulons montrer que le français est un outil d’ouverture et de créativité. »

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Dominique – Cévinne M’Voula-Henderson : relier les langues et les cultures

Implantée depuis 1965, l’Alliance Française de la Dominique agit dans le champ éducatif et culturel. Les Creole & French Spelling Bees, concours d’orthographe bilingues, encouragent les élèves à jouer avec les deux langues, à comprendre leur complémentarité et à en être fiers. Des ateliers de formation et des activités culturelles soutiennent la valorisation du patrimoine créole tout en promouvant la langue française.

« L’objectif est de faire du français et du créole des langues de fierté et de transmission. »

Alliances Françaises

Guyana – Déborah First-Quao : reconstruire et former

À Georgetown, Déborah First-Quao, récemment nommée au Guyana, relance une Alliance Française ancienne mais peu visible en misant sur la formation et les partenariats éducatifs. Elle a créé un réseau d’enseignants de français, développé des ateliers bilingues à la Bibliothèque nationale et renoué avec les institutions locales. Les actions culturelles et éducatives visent à replacer le français dans la vie quotidienne, malgré des contraintes logistiques importantes.

« Nous voulons redonner au français sa place dans les écoles, en montrant qu’il peut être utile, vivant et accessible. »

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Suriname – Virginie Lemay : bâtir des ponts institutionnels

Au Suriname, Virginie Lemay renforce les liens entre l’Alliance Française et les institutions locales. Des formations linguistiques sont proposées aux forces de sécurité, au ministère de l’Éducation, aux entreprises et au secteur hôtelier. La Journée Française, organisée avec la Collectivité Territoriale de Guyane, se déploie sur cinq jours autour d’expositions, de rencontres professionnelles et de concerts.

« Le français devient ici un outil concret de coopération régionale. »

Cette approche intersectorielle positionne l’Alliance Française comme un acteur clé du dialogue entre le Suriname, la Guyane et le reste de la Caraïbe.

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Une vision partagée : soutenir, relier, faire rayonner

Pour Christiane Bourgeois, conseillère régionale de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France en résidence à Sainte-Lucie, ce séminaire est un moment essentiel pour consolider les liens du réseau. Elle rappelle que c’est « la seule occasion de l’année où nous avons la possibilité de rencontrer les directeurs et directrices des Alliances Françaises », un temps privilégié pour faire le point, échanger les pratiques, les difficultés et monter des projets communs.

« Les Alliances Françaises sont pour les ambassades un dispositif essentiel, surtout dans des zones comme la Caraïbe, où il n’y a pas d’Institut Français. Ce sont des organisations locales, ancrées dans le territoire, qui ont leur propre conseil d’administration et leur propre stratégie». Elle a également rappelé le rôle clé des Alliances dans la diffusion du français et le dialogue entre les peuples, soulignant qu’elles promeuvent la langue, assurent son enseignement et maintiennent le lien entre le culturel et l’éducatif, entre la France et les pays de la région.

Alliances Françaises
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Consciente de la fragilité économique du modèle associatif, Christiane Bourgeois insiste sur l’importance du soutien apporté par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) et par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Enfin, elle rend hommage à la Grenade, hôte du séminaire, et à ses habitants :

« C’est une île absolument authentique, avec des habitants extrêmement chaleureux. J’encourage tous les Français et tous les Caribéens à venir à la Grenade, un pays qui gagne à être connu et apprécié. »

Alliances Françaises
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Là où la francophonie prend vie

Au-delà des bilans et des chiffres, ces rencontres rappellent que la francophonie vit avant tout à travers celles et ceux qui la portent. Dans chaque île, les Alliances Françaises rassemblent, transmettent et inspirent.  Ancrées dans leur réalité, elles bâtissent des ponts entre langues, cultures et générations — une francophonie vivante, inclusive et profondément caribéenne.

Les Alliances Françaises jouent un rôle central dans l’enseignement du français, la diffusion culturelle et le dialogue entre les territoires caribéens. Ancrées localement, elles adaptent leurs actions aux réalités sociales, linguistiques et culturelles de chaque île.

Le séminaire Rézo est le seul moment annuel où l’ensemble des directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe se retrouvent. Il permet de mutualiser les pratiques, renforcer la coopération régionale et maintenir une dynamique collective dans un réseau géographiquement dispersé.

Les Alliances Françaises développent des projets sur mesure : cours en ligne ou en présentiel, actions dans les écoles, projets écologiques, événements culturels, formations professionnelles ou coopérations institutionnelles. Cette capacité d’adaptation fait leur force dans un environnement majoritairement anglophone.

La Caraïbe fait face à une pression environnementale croissante liée aux arrivées massives de sargasses : ces algues brunes qui s’échouent en nombre sur les littoraux, fragilisant les écosystèmes côtiers, affectant la pêche, le tourisme, la santé publique et la vie quotidienne des communautés insulaires. C’est dans ce contexte que le projet SARSEA — Sargassum Regional Strategies for Ecosystem-based Actions  a été lancé officiellement le 28 octobre 2025 à Sainte‑Lucie, marquant un tournant pour la gestion régionale de ce défi.

Un cadre structurant et des partenaires engagés

Financé par la Agence Française de Développement (AFD) et mis en œuvre par Expertise France en partenariat avec la Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECS), le projet SARSEA offre aux États concernés un cadre de coopération, de connaissance et d’action.

Parmi les axes essentiels du projet SARSEA :

  • – Renforcer la coopération régionale en matière de planification et de gestion des sargasses, afin d’améliorer la coordination politique et la visibilité internationale du phénomène.
  • – Accompagner les petits États insulaires — notamment la Dominique, la Grenade, Sainte-Lucie et Saint‑Vincent‑et‑les Grenadines — dans la mise en œuvre d’initiatives intégrées de gestion et de valorisation des sargasses, adoptant une approche circulaire et durable.
  • – Soutenir la coopération scientifique régionale pour mieux comprendre le phénomène, anticiper ses effets et orienter les stratégies de gestion.
  • – Intégrer l’approche genre dans toutes les politiques et actions liées aux sargasses, afin de garantir une réponse inclusive et équitable.
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Le lancement : un moment fort de dialogue

La cérémonie d’ouverture à Sainte-Lucie a réuni des représentants gouvernementaux, institutionnels et scientifiques venus de toute la Caraïbe orientale. Parmi eux : Madame l’Ambassadrice de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECS, Madame Marie-Noëlle Duris, et Monsieur l’Ambassadeur de France chargé de la coopération régionale dans la zone Atlantique, Monsieur Arnaud Mentré.

La Dominique a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée à plusieurs niveaux pour la gestion des sargasses, évoquant le rôle que chaque île peut jouer dans une chaîne de valeur adaptée à ses capacités. Sainte-Lucie a réaffirmé son engagement à participer activement à cette réponse collective. La Grenade, de son côté, a mis en avant plusieurs priorités : la création d’un centre d’essais régional, la mise en place d’un système de suivi des échouements, un mécanisme de collecte harmonisé et un renforcement du suivi sanitaire.

Lors de l’événement, un protocole de partenariat a été signé entre Expertise France et la Commission de l’OECS, renforçant le cadre institutionnel de l’action régionale. Des tables rondes ont abordé les visions nationales des pays partenaires puis les défis et opportunités de la coopération régionale dans la gestion des sargasses. L’après-midi a été consacré à la présentation de la stratégie du projet et à une réunion de coordination des partenaires. Le lendemain, les participants ont pris part à un atelier scientifique collectif animé par l’Institut de Recherche pour le Développement.

SARSEA
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Vers une stratégie caribéenne partagée

Le projet SARSEA ambitionne de consolider un réseau d’acteurs publics, privés et scientifiques dans la région, en vue de mutualiser compétences, données et bonnes pratiques. L’objectif du projet SARSEA est clair : améliorer la préparation et la réponse aux échouements de sargasses tout en renforçant la résilience des territoires côtiers.

Le projet SARSEA prévoit que, bien que quatre États bénéficient directement du projet, tous les douze États membres de l’OECS pourront tirer profit des enseignements, outils et bonnes pratiques qui en découleront. Cela renforce la dimension régionale et inclusive de l’action.

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Pourquoi ce projet revêt-il tant d’importance ?

Les échouements massifs de sargasses dans la Caraïbe ne sont pas un phénomène isolé : ils perturbent quotidiennement les littoraux, affectent la santé des populations (émissions de gaz toxiques lors de la décomposition, atteintes respiratoires), fragilisent les écosystèmes marins (herbiers, coraux, mangroves) et menacent des secteurs économiques clés comme la pêche ou le tourisme.

Dans ce contexte, une gestion fragmentée ou nationale uniquement ne suffit plus. Le phénomène traverse les frontières, les courants, les écosystèmes. Il impose une réponse coordonnée, à l’échelle de la sous-région, avec une science robuste, voilà ce que le projet SARSEA entend proposer.

Les jalons à venir

  • – Structuration de chaînes de valeur intégrées autour des sargasses : depuis la collecte jusqu’à la valorisation (éventuellement en bioproduits, fertilisants, etc.).
  • – Mise en place de systèmes de suivi harmonisés des échouements, de la collecte et de l’analyse sanitaire.
  • – Déploiement d’actions scientifiques concertées pour combler les lacunes de connaissances et orienter des politiques publiques mieux adaptées.
  • – Promotion de la participation des femmes et de l’intégration des enjeux de genre dans toutes les phases de l’action.
  • Diffusion à tous les États membres de l’OECS des retours d’expérience, outils et bonnes pratiques issus du projet.
SARSEA
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SARSEA
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Le lancement du projet SARSEA marque une étape essentielle dans la mobilisation régionale contre l’impact des sargasses dans la Caraïbe orientale. En conjuguant coopération politique, scientifique, technique et inclusive, les États insulaires disposent désormais d’un cadre structuré pour appréhender ce phénomène complexe. Le projet SARSEA ne remplace pas le travail national ou local : il l’amplifie, le structure, lui donne portée et moyens. Avec ce nouvel élan, c’est bien la perspective d’une gestion concertée, mieux informée et durable des sargasses qui prend forme dans la région.

Ensemble pour une Caraïbe qui rayonne, les Alliances Françaises deviennent des passerelles entre cultures, langues et territoires.

Lors du séminaire RÉZO organisé à la Grenade, les directrices, directeurs, présidentes et présidents des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone se sont réunis pour renforcer ensemble la coopération culturelle et linguistique dans la région et définir de nouvelles orientations communes.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France, également présent sur certains échanges, le séminaire a été l’occasion de renforcer la synergie entre les acteurs du réseau des Alliances Françaises et de consolider le dialogue avec le SCAC, dans un esprit d’écoute et de collaboration.

Alliances Françaises
Suelin Low Chew Tung (Présidente AF Grenade), Aurélie GBEFFA (Directrice AF Sainte-Lucie et Coordinatrice régionale), Ilona Fort-Gilbert (Directrice AF Grenade) et Christiane Bourgeois (CORCAC)

Entre échanges, stratégies communes et projets innovants, cette rencontre a dessiné les contours d’une francophonie et d’une Caraïbe culturelle et plurilingue plus ouverte, inclusive et moderne.

Un moment clé pour un réseau en pleine évolution, au service d’une Caraïbe qui apprend, partage et rayonne.

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Une rencontre aux accents de famille

Ils se connaissent parfois depuis des années, parfois seulement à travers un écran. Mais dès les premières minutes, les rires, les accolades et la chaleur des retrouvailles rappellent que, dans la Caraïbe, le réseau des Alliances Françaises est avant tout une aventure humaine.

Pendant trois jours, directrices, directeurs, présidentes et présidents ont confronté leurs réalités de pays en pays — entre défis du quotidien, fiertés locales et volonté commune de bâtir un réseau plus fort, plus solidaire et plus visible. Dans la salle, la diversité se lit dans les accents, les parcours, les idées. De la Jamaïque à Trinité-et-Tobago, chaque voix apportait sa nuance, son expérience, sa manière d’animer la culture et la francophonie au cœur des territoires.

Accueillis par Ilona Fort-Gilbert, directrice, et Suelin Low Chew Tung, présidente de l’Alliance Française de la Grenade, les participantes et participants ont partagé plusieurs jours d’échanges et de réflexion dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.

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Suelin Low Chew Tung (sur la gauche) et Ilona Fort-Gilbert (sur la droite) (Alliance Française de Grenade)
Équipe de l'AF de la Grenade - Dalia Barbour (Support Staff), Mathias Dorel (Consul honoraire de France), Ilona Forte-Gilbert (Directrice), Nafessah Abdullateef (Secrétaire du comité exécutif), Suelin Low Chew Tung (Présidente)

Autour de la table, les directrices et directeurs : Aurélie Gbeffa (Sainte-Lucie et coordinatrice régionale des Alliances Françaises de la Caraïbe orientale), Océane Gaillard (Barbade), Virginie Lemay (Suriname), Lucille Caulliez (Saint Christophe-et-Niévès), Cévinne M’Voula (Dominique), Anyka Batista (Trinité-et-Tobago), Ilona Forte-Gilbert (Grenade), Déborah First-Quao (Guyana) et Clovis Lemée ( Jamaïque), ainsi que Christiane Bourgeois (CORCAC – Sainte-Lucie) et Suelin Low Chew Tung (Présidente – Grenade).

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En visioconférence, les ont rejoints les président(e)s : Charlene White-Christian (Dominique), Ruben Del Prado (Suriname), Danielle Parkinson (Trinité-et-Tobago), Kara Daly (Saint-Christophe-et-Niévès), Delphine Hadley et son successeur Denvil Douglas (Saint-Vincent-et-les-Grenadines), ainsi que Stuart Defreitas, vice-président (Guyana).

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Au fil des échanges, Christiane Bourgeois, Conseillère Régionale de Coopération et d’Action Culturelle (CORCAC), cheffe du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a souligné le rôle essentiel des Alliances Françaises comme maillon du rayonnement culturel français et caribéen.

La CORCAC structure son action autour de la coopération culturelle, éducative, scientifique et économique, en cherchant à relier les priorités françaises — culture, francophonie, durabilité et droits humains — aux besoins spécifiques des pays de la Caraïbe anglophone. Pour elle, au-delà des structures, ce sont des femmes et des hommes engagés, véritables acteurs de terrain, porteurs de lien et d’action qui font vivre cette francophonie ouverte, solidaire et créative.

« Les Alliances Françaises sont des partenaires essentiels. »

La présence de Jean-François Hans, Délégué géographique pour la zone C à la Fondation des Alliances Françaises, a rappelé, depuis Paris, l’importance de la cohésion mondiale du réseau.

Charte de valeurs, outils de gouvernance, identité visuelle et accompagnement des équipes locales : la Fondation veille à maintenir une qualité et une éthique partagées sur les cinq continents.

“Une grande Alliance doit toujours tendre la main à une plus petite. C’est notre ADN collectif.”

Cette solidarité, moteur du mouvement, prend tout son sens dans la Caraïbe, où les défis logistiques et humains se conjuguent à la richesse culturelle et linguistique.

Une francophonie mondiale, ancrée dans les réalités locales

Le réseau des Alliances Françaises, fondé en 1883, est aujourd’hui le plus vaste réseau culturel au monde, avec plus de 820 établissements dans 135 pays.

Dans la Caraïbe anglophone, dix Alliances portent la langue et la culture françaises : Barbade, Sainte-Lucie, Dominique, Grenade, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Guyana, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago et Suriname.

En 2024, elles ont accueilli plus de 1 000 apprenants, dispensé 9 000 heures de cours et organisé 160 événements culturels, réunissant plus de 7 000 participants.

Autant de chiffres qui traduisent une réalité vivante et dynamique: la francophonie caribéenne n’est pas une idée, c’est une présence quotidienne dans les salles de classe, les galeries, les festivals et les rues des capitales insulaires.  La Francophonie se nourrit d’échanges, d’initiatives locales et de la passion de celles et ceux qui font vivre la langue française.

Un réseau en mouvement : entre vision et action

Projet Rézo

Porté par une volonté commune de faire évoluer le réseau, le projet RÉZO s’impose comme un véritable moteur pour les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone, c’est aussi une manière de penser le réseau autrement : plus collaboratif, plus agile, plus visible.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC), de l’Ambassade de France, il vise à renforcer la coordination régionale, la mutualisation des outils et la professionnalisation des équipes. Au fil des sessions, les échanges ont mis en lumière une ambition partagée : harmoniser les pratiques, encourager l’innovation pédagogique et renforcer les compétences, tout en consolidant la place de la francophonie dans des environnements linguistiques pluriels.

Sous la coordination d’Aurélie Gbeffa, six axes de travail ont été abordés :

  • Gouvernance associative et transparence : renforcer la gestion interne et la communication avec les membres.
  • Formation des équipes : consolider les compétences et favoriser la mobilité régionale.
  • Certifications et qualité pédagogique : harmoniser les standards de formation et d’évaluation.
  • Transition numérique : développer des outils collaboratifs et des ressources digitales communes.
  • Mise en place de projets RÉZO: créer et animer des projets communs entre Alliances.
  • Revitalisation des médiathèques : moderniser les espaces culturels pour les adapter aux usages d’aujourd’hui.

Chaque Alliance repart avec une feuille de route personnalisée, preuve d’un engagement partagé et d’une dynamique régionale forte.

Micro-projets

Dans cette même logique, le SCAC a rappelé son rôle clé d’accompagnateur et de facilitateur à travers le dispositif de micro-projets. Ces subventions, allouées chaque année à des porteurs de projets locaux, constituent un levier concret pour la mise en œuvre d’initiatives culturelles, éducatives ou citoyennes à l’échelle de la région.

Un mécanisme vertueux qui soutient la créativité locale, tout en favorisant la formation et l’autonomie des acteurs de terrain. Au-delà de l’aspect financier, ce dispositif, signature du poste diplomatique de Sainte-Lucie incarne une diplomatie de la proximité, au service des échanges humains et de la coopération entre territoires francophones et anglophones.

De Sainte-Lucie à la Dominique, de Trinité-et-Tobago à la Grenade, les micro-projets soutenus reflètent la diversité des enjeux partagés : culture, éducation, environnement, inclusion, innovation. Autant de champs où les Alliances Françaises, appuyées par le SCAC, deviennent des passerelles entre les sociétés et un moteur de coopération durable dans la Caraïbe.

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CARIFRAN

Cette stratégie s’inscrit également dans la dynamique régionale du programme CARIFRAN, consacré à la formation et à la mobilité des enseignants de français dans la Caraïbe.

Mis en œuvre par l’Organisation des États Américains et financé par l’Ambassade de France auprès des Etats de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO à hauteur de 453 000 euros, CARIFRAN contribue à renforcer une communauté éducative francophone ouverte aux échanges inter-îles et à la coopération linguistique. Il incarne la complémentarité entre actions éducatives, culturelles et diplomatiques au sein du réseau.

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La force d’un réseau fragile

Au-delà des échanges, des ateliers et des décisions, le séminaire RÉZO aura surtout confirmé la vitalité d’un réseau en pleine transformation. Mais il aura aussi rappelé, en filigrane, la fragilité d’un modèle associatif qui repose sur l’engagement, la passion et la solidarité plus que sur des moyens conséquents.

Dans la Caraïbe anglophone comme ailleurs, les Alliances Françaises mènent leurs actions avec des moyens modestes mais une remarquable efficacité et avec une réelle volonté d’avancer ensemble  grâce à la force de leurs équipes, de leurs présidentes et présidents bénévoles et du soutien constant du SCAC et de la Fondation des Alliances Françaises.

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Les directeurs des Alliances Française en compagnie du Ministre des Affaires Étrangères Hon. Joseph Andall

C’est cette humanité collective, faite de résilience et de conviction, qui fait la singularité du réseau : une capacité à créer du lien, à inventer, à se réinventer même dans l’incertitude. Et si la coopération culturelle et linguistique est parfois un défi, elle reste aussi une promesse : celle d’une Caraïbe plurielle, connectée, fière de sa diversité et capable d’écrire son avenir à travers le dialogue des cultures.

Au nom de l’Ambassade de France, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a remis aux directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe des châles, bracelets et pin’s aux couleurs d’Octobre Rose, symboles d’engagement et de solidarité face au cancer du sein.

Une petite île au grand héritage

Carriacou, île sœur de la Grenade, se situe au cœur des Grenadines, entre l’île principale et Saint-Vincent. Avec à peine 13 000 habitants, elle incarne une Caraïbe plus intime, loin des logiques de tourisme de masse qui marquent d’autres territoires. Son nom, hérité des populations amérindiennes, signifie « île aux récifs », en référence à la richesse de ses fonds marins. Cette identité, à la fois géographique et symbolique, résume ce qu’est Carriacou : un territoire où la nature, la culture et l’histoire s’entrelacent pour offrir une vision singulière de la région.

Carriacou
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Un patrimoine culturel vivant

L’un des éléments les plus remarquables de Carriacou est son attachement à ses traditions culturelles. Le Big Drum Dance, danse et musique héritées des ancêtres africains, reste au cœur des rassemblements communautaires. Chaque rythme, chaque pas de danse, raconte l’histoire des peuples venus d’Afrique et installés sur l’île au fil des siècles. Ce patrimoine immatériel constitue un lien direct avec les racines caribéennes et africaines, en résonance avec la mémoire collective de la région.

Carriacou
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 Mais l’île ne se limite pas à cette seule expression culturelle. Son carnaval, marqué par le Shakespeare Mas, est une singularité unique au monde. Les habitants, vêtus de costumes traditionnels, déclament des vers de Shakespeare dans les rues. Cette pratique, héritée de la période coloniale britannique, témoigne de l’appropriation créative d’un héritage européen par une société caribéenne. Elle illustre la capacité des îles à transformer des influences venues d’ailleurs en traditions locales profondément enracinées.

Carriacou
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La construction navale, savoir-faire identitaire

Carriacou est également connue pour sa tradition de construction de bateaux en bois. Ce savoir-faire, transmis de génération en génération, reste un pilier de l’identité locale. Les chantiers navals artisanaux produisent encore aujourd’hui des embarcations robustes, utilisées pour la pêche et parfois même pour le transport entre îles. Cette pratique, qui associe connaissances ancestrales et adaptation aux besoins contemporains, reflète l’ingéniosité et la résilience des habitants.

Au-delà de l’économie, la construction navale est un symbole culturel. Chaque bateau lancé est célébré comme un événement communautaire, réunissant familles et voisins dans une atmosphère de solidarité. Ce rituel donne à l’île une dimension unique dans la Caraïbe, où peu de territoires ont su conserver un tel attachement à ce type de tradition.

Carriacou
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Carriacou
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Une nature encore préservée

L’île séduit aussi par la beauté de ses paysages naturels. Les plages, comme Paradise Beach ou Anse La Roche, offrent des décors paisibles où la tranquillité prime sur l’afflux de visiteurs. À proximité, le parc marin de Sandy Island représente un joyau écologique. Accessible en bateau, ce petit îlot est une réserve protégée, riche en coraux et en espèces marines. Carriacou y démontre son engagement envers la préservation de son environnement, condition essentielle pour maintenir l’équilibre entre activités humaines et biodiversité.

Le relief de l’île, moins escarpé que celui d’autres territoires caribéens, permet aussi une agriculture à petite échelle. Manioc, igname, patate douce et fruits tropicaux composent une alimentation qui reste liée à la terre. Cette dimension agricole, souvent invisible aux yeux des visiteurs, contribue pourtant à l’autonomie alimentaire de l’île et au maintien de pratiques traditionnelles.

Carriacou
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Carriacou
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Carriacou
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Une authenticité assumée

Contrairement à d’autres destinations plus médiatisées, Carriacou a choisi une voie de développement plus mesurée. Les structures touristiques existent, mais elles privilégient les petites échelles : maisons d’hôtes, restaurants familiaux, excursions menées par des habitants. Cette approche limite l’impact du tourisme sur l’environnement et permet aux bénéfices économiques de circuler davantage au sein de la communauté.
Ce modèle reflète une vision du tourisme qui s’accorde avec les valeurs de l’île : préservation, respect des traditions et mise en avant de l’identité locale. Il attire un public intéressé par la culture, l’histoire et le contact direct avec la population, plutôt que par une consommation standardisée des loisirs.

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Carriacou
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Carriacou dans l’histoire caribéenne

L’importance de Carriacou dépasse sa taille réduite. Comme de nombreuses îles de la région, elle a été marquée par la colonisation, la traite négrière et les luttes d’influence entre puissances européennes. Les Amérindiens, premiers habitants, y ont laissé une empreinte encore perceptible dans le toponyme et certaines traditions. Les populations africaines, arrivées par la force, ont apporté des savoirs et des expressions culturelles qui constituent aujourd’hui le socle de l’identité insulaire.
Ainsi, l’île illustre à sa manière l’histoire globale de la Caraïbe : celle d’un espace façonné par des circulations humaines, des résistances culturelles et des adaptations constantes. Ce rôle historique, souvent méconnu, mérite d’être mis en avant dans toute réflexion sur la région.

Une Caraïbe à visage humain

Mettre Carriacou en lumière, c’est donner à voir une Caraïbe différente, où la proximité avec les habitants et le respect des traditions priment sur la recherche de consommation rapide. C’est aussi rappeler qu’une petite île peut être porteuse d’un message fort : celui d’une société capable de préserver son patrimoine tout en s’adaptant aux réalités du présent.
Carriacou, par sa taille réduite et sa capacité à maintenir des pratiques anciennes, démontre que l’authenticité est encore possible dans la Caraïbe contemporaine. L’île ne se contente pas d’exister dans l’ombre de la Grenade : elle affirme sa singularité, et son attachement à une identité qui conjugue héritage africain, influences coloniales et savoir-faire local.