Au Guyana, une promotion inattendue suffit parfois à faire sourire tout un quartier, voire toute une rue. Un employé effacé nommé du jour au lendemain à la tête d’un service, un cousin sans expérience propulsé directeur, une voix jusque-là ignorée qui se retrouve soudain écoutée de tous. Dans ces moments-là, une phrase circule presque immanquablement dans les conversations de rue ou de famille, « Monkey turn captain », littéralement le singe devient capitaine. Une image simple, mais qui dit beaucoup de la manière dont la société guyanienne observe, avec ironie plutôt qu’avec méchanceté, ceux qui accèdent soudainement au pouvoir, sans jamais tout à fait leur accorder sa confiance.

Que signifie « Monkey turn captain » ?

« Monkey turn captain » désigne une personne jusque-là perçue comme peu sérieuse ou peu qualifiée qui se retrouve soudain en position d’autorité, accueillie par son entourage avec un mélange de surprise et de scepticisme. Le sens du proverbe dépasse la simple boutade. « Monkey turn captain » interroge la légitimité d’un pouvoir nouveau sans toujours la nier complètement, ce qui distingue la formule d’une moquerie pure et simple, et la rapproche davantage d’un avertissement transmis de génération en génération. Ce proverbe, comme beaucoup d’autres au Guyana, se transmet encore principalement à l’oral plutôt que par l’écrit, porté par les familles et les communautés plus que par les livres.

Monkey turn captain : scène de bar de quartier au Guyana, habitants commentant une nomination surprenante

Une phrase qui juge sans toujours condamner

L’expression circule aussi bien pour commenter un évènement public que pour railler gentiment un proche monté en grade au travail. Elle n’est pas nécessairement hostile. Elle marque surtout un étonnement collectif, celui d’une communauté qui voit une hiérarchie se retourner plus vite qu’elle ne s’y attendait. Employée entre proches, la formule reste légère, presque affectueuse. Utilisée dans un contexte plus public, sur le ton de la chronique ou du commentaire politique, elle prend une tonalité plus critique, en particulier lorsque la nouvelle autorité déçoit rapidement les attentes placées en elle. Le passage d’un registre à l’autre, familier ou plus soutenu, est justement l’une des caractéristiques les plus étudiées du créole guyanien.

Scène de bureau au Guyana illustrant une promotion professionnelle soudaine

Un pays où les hiérarchies bougent vite

Le Guyana vit depuis une dizaine d’années une transformation économique accélérée. La découverte d’hydrocarbures au large des côtes en 2015 a mené ExxonMobil à démarrer la production du champ Liza le 20 décembre 2019, faisant du pays l’une des économies affichant la croissance la plus rapide au monde depuis lors. Cette accélération a rebattu des positions sociales et professionnelles à un rythme inhabituel pour un pays d’environ 840 000 habitants. 

 Dans ce contexte, un proverbe qui parle justement de promotions soudaines et d’autorités nouvelles inattendues garde une pertinence particulière, sans qu’aucun cas précis n’ait besoin d’être nommé pour que chacun comprenne de quoi il retourne. La formule voyage aussi au-delà des frontières du pays, portée par une diaspora guyanienne installée en nombre à New York, à Toronto ou à Londres, qui continue de s’en servir pour commenter, de loin, les nouvelles venues du pays natal.

Plateforme pétrolière offshore au large du Guyana, symbole du boom pétrolier du pays

Le créole guyanien, une langue à plusieurs étages

Le créole guyanien se déploie sur plusieurs registres, du plus proche de l’anglais standard jusqu’à des formes plus imagées où se nichent justement des proverbes comme « Monkey turn captain », comme l’a montré dès 1987 une étude universitaire de référence consacrée à cette langue. Cette langue à plusieurs étages reflète la diversité même du Guyana, peuplé de descendants d’Africains réduits en esclavage, de travailleurs sous contrat venus d’Inde, ainsi que de communautés amérindiennes, chinoises et portugaises. Le proverbe, dans ce paysage linguistique composite, porte une sagesse populaire transmise oralement plutôt qu’une origine unique et datée, ce qui rend d’ailleurs toute étymologie précise difficile à établir avec certitude, sans pour autant affaiblir la force de l’image qu’il continue de véhiculer.

Famille guyanienne réunie sur une véranda, plusieurs générations ensemble

Un proverbe qui n'a pas fini de resurgir

« Monkey turn captain » n’a jamais eu besoin d’un évènement précis pour rester d’actualité. Le proverbe vit dans les conversations ordinaires, prêt à ressurgir dès qu’une promotion surprend plus qu’elle ne convainc. RK a déjà raconté le Guyana à travers le Umana Yana, ce pavillon diplomatique bâti à Georgetown par des artisans wai-wai venus de l’intérieur du pays. « Monkey turn captain » en est peut-être le pendant plus mordant, celui qui rappelle qu’un statut nouveau ne vaut jamais, à lui seul, un respect acquis. Qui, au Guyana ou ailleurs dans la Caraïbe, porte aujourd’hui ce costume de capitaine que personne ne lui a encore vraiment accordé, et combien de temps encore avant que l’équipage ne le lui fasse remarquer ?

Homme quittant un bâtiment à Georgetown, accueilli par des collègues dans la rue

« Monkey turn captain » signifie littéralement « le singe devient capitaine ». L’expression désigne une personne jusque-là perçue comme peu sérieuse ou peu qualifiée qui se retrouve soudain en position d’autorité.

Le créole guyanien est une langue à plusieurs registres, documentée par la recherche universitaire depuis la fin des années 1980, et parlée par une population aux origines africaines, indiennes, amérindiennes, chinoises et portugaises.

Le Guyana connaît, depuis la découverte de pétrole en 2015 et le début de la production en 2019, l’une des croissances économiques les plus rapides au monde, ce qui multiplie les promotions et changements de statut soudains auxquels ce proverbe fait justement référence.

Le Umana Yana est un monument national de Georgetown, au Guyana, bâti en 1972 en seulement 80 jours par une soixantaine d’artisans wai-wai. Ce bâtiment circulaire, taillé dans le bois et la feuille de palmier, a accueilli la première conférence des pays non-alignés organisée dans l’hémisphère occidental. Détruit par un incendie en 2014, le Umana Yana a été reconstruit et reste aujourd’hui un lieu d’exposition au cœur de la capitale guyanienne.

Le Umana Yana, un chantier de 80 jours mené par les Wai-Wai

En 1972, à Georgetown, au Guyana, une soixantaine d’artisans wai-wai arrivent de l’intérieur du pays pour un chantier inhabituel. Le peuple wai-wai vit d’ordinaire dans l’extrême sud de la savane du Rupununi, à des centaines de kilomètres de la capitale, loin de l’étroite bande côtière où se concentre la majorité de la population guyanienne. Ces artisans grimpent sur des perches lisses avec une agilité que les témoins de l’époque jugent remarquable.

Le chantier est mené par un chef wai-wai nommé Elka, avec l’appui du ministère des Affaires étrangères et du département du développement de l’intérieur. En 80 jours, cette équipe construit le Umana Yana, un bâtiment circulaire d’environ 26,8 mètres de diamètre, inauguré le 8 août 1972 à Georgetown.

Le Umana Yana, monument circulaire en bois et palmes à Georgetown, au Guyana
Toiture en feuilles de palmier du Umana Yana, à Georgetown, au Guyana

Georgetown, 1972, un monument pour la diplomatie non-alignée

Le Umana Yana est construit dans le quartier de Kingston, à Georgetown, pour accueillir la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays non-alignés. Georgetown, capitale du Guyana, s’étend en grande partie sous le niveau de la mer et reste protégée par une digue héritée de l’époque coloniale, dans une ville connue pour ses maisons en bois. Le Umana Yana, construit sans mur ni fondation en dur, tranche avec ce paysage urbain colonial.

La conférence qu’il accueille est la première réunion du mouvement des non-alignés jamais tenue dans l’hémisphère occidental, un mouvement qui rassemble alors, en pleine guerre froide, des États refusant de choisir un camp entre le bloc occidental et le bloc soviétique. Le choix d’un bâtiment traditionnel amérindien pour recevoir des chefs de la diplomatie mondiale n’a rien d’anodin en 1972, six ans après l’indépendance du Guyana, proclamée le 26 mai 1966. Le Umana Yana devient alors une vitrine du savoir-faire autochtone guyanien, à un moment où le jeune État cherche à affirmer son identité sur la scène internationale. Plus récemment, le Guyana s’est aussi distingué à l’international en devenant le Guyana, premier pays au monde à atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Panneau du National Trust présentant le Umana Yana, à Georgetown

Une architecture presque sans clou

Le Umana Yana est construit à partir de perches, de jeunes bois ronds, de lianes et de feuilles de troolie, un palmier local. Cette technique de construction est celle que les Wai-Wai emploient traditionnellement pour leurs propres habitations dans la savane du Rupununi, transposée ici à l’échelle d’un monument national. Des clous ont finalement été ajoutés pour fixer la toiture face au vent, un choix qui s’écarte de la méthode traditionnelle sans clou utilisée pour le reste de la structure. Le nom Umana Yana viendrait d’un mot wai-wai signifiant lieu de rencontre du peuple, une traduction reprise par plusieurs sources mais non confirmée par une institution officielle à ce jour.

Monument à la libération africaine, à Georgetown, au Guyana

Un peuple reconnu pour son savoir-faire

Le peuple wai-wai n’est pas seulement connu pour la construction du Umana Yana. Il est aussi réputé pour son travail du tissage et des perles, avec des vêtements de coton et des parures perlées transmis de génération en génération dans la savane du Rupununi. Le Guyana reconnaît aujourd’hui neuf nations amérindiennes distinctes, installées dans les dix régions administratives du pays. Les Wai-Wai en sont l’une des plus isolées géographiquement, et l’une des rares dont le savoir-faire porte, à Georgetown même, un monument national.

L'incendie de 2014 et la renaissance du Umana Yana

Le 9 septembre 2014, entre 15h25 et 15h29, un incendie détruit le Umana Yana. La cause est probablement électrique. Bâtiment patrimonial jugé important par les autorités guyaniennes, sa reconstruction tarde pourtant à démarrer, freinée par des arbitrages budgétaires et politiques. Les travaux commencent finalement fin 2015 et s’achèvent en 2016. Des artisans wai-wai se disent prêts à participer eux-mêmes à cette reconstruction, fidèles à la technique de leurs aînés, pour que Georgetown retrouve son monument.

Plaque historique du Umana Yana, à Georgetown, au Guyana

Le patrimoine amérindien du Guyana en 2026

Le Guyana a ouvert le 1er septembre 2026 son mois du patrimoine amérindien, sur le thème officiel de son jubilé de diamant, soixante ans après l’indépendance du 26 mai 1966. Le président Irfaan Ali a inauguré cette édition 2026 au Sophia Exhibition Complex de Georgetown. Le Umana Yana n’est pas cité dans cette annonce officielle, mais ce monument résume à lui seul ce que célèbre le mois du patrimoine amérindien, un savoir-faire autochtone devenu symbole national, planté au cœur même de la capitale plutôt que relégué à l’intérieur du pays.

Une transmission encore à écrire

Le Umana Yana sert aujourd’hui de lieu d’exposition et de conférence à Georgetown, tout près d’un grand hôtel de la capitale. Le bâtiment a traversé un incendie, une reconstruction, six décennies d’histoire guyanienne, sans jamais quitter son quartier de Kingston.

Il reste, au milieu des maisons en bois de la vieille ville coloniale, l’un des rares monuments de Georgetown à raconter le Guyana de l’intérieur des terres plutôt que celui de la côte. Ce qui reste incertain, c’est la suite. Les artisans wai-wai qui ont participé à la reconstruction de 2015-2016 transmettent-ils encore cette technique de construction aux générations plus jeunes de leur communauté, dans la savane du Rupununi ? La question reste ouverte, à l’image d’un monument qui continue de porter, sans un mot, la mémoire d’un peuple.

Le Umana Yana est un monument national situé à Georgetown, au Guyana, construit en 1972 par des artisans wai-wai. Ce bâtiment circulaire sert aujourd’hui de lieu d’exposition et de conférence.

Le Umana Yana a été construit par une soixantaine d’artisans amérindiens wai-wai, originaires de la savane du Rupununi, au sud du Guyana. Le chantier a été mené par un chef wai-wai nommé Elka.

Le Umana Yana a été construit pour accueillir, en 1972, la première conférence des ministres des Affaires étrangères des pays non-alignés organisée dans l’hémisphère occidental.

Oui, un incendie a détruit le Umana Yana le 9 septembre 2014. Le monument a été reconstruit entre fin 2015 et 2016.

Gaston Monnerville, né le 2 janvier 1897 à Cayenne, en Guyane, préside le Sénat français de 1958 à 1968. Il reste à ce jour le seul président noir d’une chambre du Parlement français, une fonction acquise après un parcours d’avocat puis de résistant sous l’Occupation. En 1962, Gaston Monnerville s’oppose publiquement au général de Gaulle sur la réforme du mode d’élection du président de la République, un affrontement resté dans l’histoire du Sénat.

Gaston Monnerville face à de Gaulle, la scène de 1962

Gaston Monnerville en conversation avec un homme, tous deux en costume
Gaston Monnerville en conversation avec un homme, tous deux en costume.

Le 9 octobre 1962, Gaston Monnerville prend la parole à la tribune du Sénat, au Palais du Luxembourg, à Paris. Le président de la République, Charles de Gaulle, vient d’annoncer un référendum pour faire élire le président au suffrage universel direct, en s’appuyant sur l’article 11 de la Constitution plutôt que sur la procédure de révision prévue à l’article 89. Il dénonce ce choix devant les sénateurs. Selon plusieurs comptes rendus concordants de cette séance, il lance au général de Gaulle une phrase restée célèbre au Sénat. « Non, Monsieur le président de la République, vous n’avez pas le droit, vous le prenez. »

Quelques jours plus tôt, fin septembre 1962, lors d’un discours à Vichy, il avait déjà annoncé son intention de voter non et qualifié la démarche du général de Gaulle de « forfaiture ». Ce mot marquera durablement les débats de la Ve République naissante. Le 1er octobre 1962, malgré cet affrontement ouvert avec l’exécutif, les sénateurs réélisent Gaston Monnerville à la présidence du Sénat. Le référendum, lui, se tient quelques semaines plus tard et la réforme est finalement adoptée par les Français.

De Cayenne à Toulouse, une famille qui mise sur l'école

Gaston Monnerville naît le 2 janvier 1897 à Cayenne, en Guyane, fils de Marc Saint-Yves Monnerville et de Marie-Françoise Orville. Sa mère a déjà perdu deux enfants lorsqu’elle accepte, en 1912, d’envoyer Gaston Monnerville et son frère Pierre étudier en métropole, à des milliers de kilomètres de la Guyane. Il entre alors au lycée Pierre Fermat, à Toulouse, en France. Cette décision familiale, un vrai sacrifice pour l’époque, ouvre la voie à des études de droit.

Du côté de sa mère, il a des racines martiniquaises. Son oncle maternel, Saint-Just Orville, a été maire de Case-Pilote, en Martinique. Ce lien restera présent tout au long de sa vie. Pendant la Résistance, il choisit justement le pseudonyme « Saint-Just » en hommage à cet oncle martiniquais.

Un avocat guyanais au barreau de Paris

Gaston Monnerville obtient sa licence en lettres puis un doctorat en droit à l’université de Toulouse, en 1921, avec une thèse sur l’enrichissement sans cause. Il s’inscrit au barreau de Toulouse dès 1918, puis au barreau de Paris en 1921. Il rejoint ensuite le cabinet de l’avocat César Campinchi, où il travaille pendant huit ans. En 1931, il défend avec succès des Guyanais accusés dans l’affaire Galmot, une plaidoirie qui le fait connaître au-delà du barreau.

Gaston Monnerville, en costume, dans une rue de Paris à côté d'une automobile
Gaston Monnerville s'inscrit au barreau de Paris en 1921.

De la mairie de Cayenne à la Résistance sous le nom de Saint-Just

Gaston Monnerville est élu député de la Guyane en 1932, puis réélu en 1936. En 1935, il devient également maire de Cayenne, en Guyane. De 1937 à 1938, il occupe à deux reprises la fonction de sous-secrétaire d’État aux Colonies, dans les derniers gouvernements de la IIIe République.

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Gaston Monnerville s’engage volontairement dans la Marine, le 7 septembre 1939. Il sert comme officier de justice sur le cuirassé Provence lors de la bataille de Mers-el-Kébir, le 3 juillet 1940. Démobilisé, il rejoint ensuite la Résistance. De décembre 1942 à septembre 1944, il commande des maquisards F.F.I. en Auvergne sous le pseudonyme de Saint-Just. Cet engagement lui vaut la croix de Guerre 1939-1945 et la Rosette de la Résistance.

Vingt-deux ans à la présidence de la chambre haute

À la Libération, Gaston Monnerville est désigné par la Résistance à l’Assemblée consultative, le 7 novembre 1944. Il est élu au Conseil de la République le 15 décembre 1946, puis à sa présidence dès le 14 mars 1947. Après une élection contestée en Guyane, il est élu sénateur du Lot en novembre 1948, un mandat qu’il conserve jusqu’en 1974. En 1958, avec la nouvelle Constitution de la Ve République, le Conseil de la République devient le Sénat, et il en devient le premier président.

Gaston Monnerville reste président du Sénat jusqu’en 1968, soit vingt-deux ans à la tête de la chambre haute du Parlement français en comptant sa présidence du Conseil de la République. En parallèle, il préside le conseil général du Lot de 1951 à 1970 et devient maire de Saint-Céré, dans le Lot, de 1964 à 1971. Aucun autre président noir n’a dirigé depuis une chambre du Parlement français.

Gaston Monnerville assis à une table lors d'un banquet, un homme debout prononce un discours à ses côtés
Gaston Monnerville lors d'un banquet officiel.

Une mémoire encore à raconter

En 1974, le président du Sénat de l’époque, Alain Poher, nomme Gaston Monnerville au Conseil constitutionnel, où il siège jusqu’en 1983. Il publie aussi ses mémoires, en deux tomes intitulés Témoignage, ainsi qu’un livre consacré à Georges Clemenceau. Il meurt à Paris le 7 novembre 1991, peu avant son quatre-vingt-quinzième anniversaire.

Trente-cinq ans après sa mort, le Sénat consacre toujours un dossier complet à Gaston Monnerville dans son histoire officielle. Guyanais par sa naissance, martiniquais par sa mère, et pendant vingt-deux ans à la tête du Sénat français, il a traversé la Résistance, la décolonisation et l’un des plus grands affrontements institutionnels de la Ve République. Son parcours pose une question simple pour la Caraïbe d’aujourd’hui. Combien d’autres trajectoires de cette envergure restent-elles encore à raconter ?

Le jardin du Luxembourg à Paris, à proximité du Palais du Luxembourg, siège du Sénat
Le jardin du Luxembourg, attenant au Palais du Luxembourg, siège du Sénat français.

Gaston Monnerville est un avocat et homme politique né le 2 janvier 1897 à Cayenne, en Guyane. Il a présidé le Sénat français de 1958 à 1968, après avoir présidé le Conseil de la République de 1947 à 1958. Il reste à ce jour le seul président noir d’une chambre du Parlement français. Gaston Monnerville est mort à Paris le 7 novembre 1991.

Gaston Monnerville a jugé illégal le choix du général de Gaulle de faire adopter par référendum, via l’article 11 de la Constitution, l’élection du président de la République au suffrage universel direct, plutôt que de suivre la procédure de révision prévue à l’article 89. Il a qualifié cette manœuvre de « forfaiture » lors d’un discours fin septembre 1962, puis a réaffirmé son opposition à la tribune du Sénat le 9 octobre 1962.

Oui. La mère de Gaston Monnerville, Marie-Françoise Orville, avait des racines martiniquaises. Son oncle maternel, Saint-Just Orville, a été maire de Case-Pilote, en Martinique. Gaston Monnerville a choisi le pseudonyme « Saint-Just » pendant la Résistance en hommage à cet oncle.

À Saint-Laurent-du-Maroni, le voyage vers les Chutes Voltaire commence bien avant la première cascade. Depuis le bourg, la piste Paul Isnard conduit vers la forêt sur environ 70 kilomètres. Après plusieurs années de fermeture au public, le site vient de rouvrir après un programme de réhabilitation porté par la Collectivité territoriale de Guyane. L’objectif est triple : sécuriser le parcours, mieux accueillir les visiteurs et valoriser ce site naturel, sans faire disparaître ce qui donne à ce lieu son caractère particulier.

70 kilomètres avant le départ du sentier

Le chiffre donne l’échelle. La ZNIEFF « Cascades et crique Voltaire », référencée par l’Inventaire national du patrimoine naturel, débute au bout de la piste Paul Isnard, à 70 kilomètres au sud de Saint-Laurent-du-Maroni. Le Parc naturel régional de la Guyane indique également qu’il faut emprunter cette route depuis la ville, avant qu’elle ne devienne une piste.

Une fois arrivé, le trajet continue à pied. Le sentier des Chutes Voltaire est donné pour 5,3 kilomètres et environ trois heures de marche. Cette distance ne transforme pas le lieu en destination inaccessible, mais elle rappelle une évidence : ici, la découverte commence bien avant l’eau. La piste, la forêt et le chemin font partie de l’expérience.

Une réouverture pensée autour de la sécurité

La fermeture avait placé la question de l’accès au centre du problème. La réhabilitation devait donc agir sur plusieurs points. Une signalétique complète a été installée depuis le bourg de Saint-Laurent-du-Maroni, notamment le long de la piste Paul Isnard. Une nouvelle zone d’accueil comprend désormais une aire de stationnement, une place PMR, une barrière d’accès et un panneau d’information.

Le changement le plus visible est la reconstruction de la passerelle principale. Longue d’environ 21 mètres, elle permet de franchir la crique Voltaire. Elle a été conçue pour mieux résister aux épisodes de crue. Le sentier a également été réhabilité, avec plusieurs ouvrages destinés au franchissement des zones humides. Selon les informations communiquées lors de la réouverture, l’ensemble de ces aménagements a reçu les validations réglementaires et techniques nécessaires.

Chutes Voltaire
Chutes Voltaire
Chutes Voltaire
Chutes Voltaire

Chutes Voltaire : un paysage sans équivalent en Guyane

Les Chutes Voltaire ne se distinguent pas seulement par leur éloignement. C’est un secteur particulièrement accidenté, où la crique traverse des roches dures avant d’atteindre la zone des cascades. Sur environ 200 mètres, les Chutes Voltaire présentent un dénivelé de 35 mètres, qualifié de sans équivalent en Guyane par cette documentation officielle. Le site associe chutes d’eau, sauts, seuils rocheux, rapides et milieux forestiers. La zone est reconnue pour ses intérêts paysagers, géomorphologiques, écologiques, floristiques et faunistiques.

Un inventaire pluridisciplinaire mené en 2011 a notamment étudié la flore, les poissons, les reptiles, les amphibiens et les mammifères non volants. Cette richesse rappelle que l’ouverture au public doit aussi composer avec un environnement naturel sensible. La crique Voltaire appartient au bassin versant du Maroni et prend sa source dans un petit massif situé à l’est des montagnes de la Sparouine. Son cours s’étend sur environ 30 kilomètres. Dans sa partie amont, la vallée devient étroite et sinueuse : c’est là que se trouvent les cascades. Le relief explique ainsi la physionomie spectaculaire des Chutes Voltaire aujourd’hui.

Chutes Voltaire
Chutes Voltaire
Chutes Voltaire
Chutes Voltaire

Au pied des cascades, un accueil repensé

La réhabilitation ne s’arrête pas au sentier. Au pied des Chutes Voltaire, les visiteurs disposent désormais d’un grand carbet, d’un carbet feu, de carbets hamacs et de tables-bancs de pique-nique. Ces équipements doivent permettre une halte dans de meilleures conditions après la piste et la marche. La réouverture peut également soutenir l’attractivité touristique de l’Ouest guyanais. L’auberge située à l’entrée du site fait partie des activités locales susceptibles de bénéficier du retour des visiteurs. Ce lien entre patrimoine naturel et économie locale donne une autre dimension aux travaux réalisés.

Mais le défi ne sera pas seulement d’attirer davantage. Il faudra aussi préserver l’équilibre entre fréquentation, sécurité et respect du milieu. Aux Chutes Voltaire, la distance reste une donnée essentielle : 70 kilomètres de piste avant le sentier, puis la forêt et la crique avant les cascades. La réhabilitation rend le parcours plus sûr et plus confortable. Elle ne gomme pas l’éloignement. Et c’est peut-être précisément ce qui fait des Chutes Voltaire une destination à part dans l’Ouest guyanais.

Les Chutes Voltaire se trouvent dans l’Ouest guyanais, au sud de Saint-Laurent-du-Maroni. Leur accès se fait notamment par la piste Paul Isnard, sur environ 70 kilomètres avant d’atteindre le secteur du sentier.

Depuis Saint-Laurent-du-Maroni, il faut emprunter la route puis la piste Paul Isnard sur environ 70 kilomètres. Une fois sur place, le parcours se poursuit à pied par un sentier annoncé pour environ trois heures de marche.

La réhabilitation des Chutes Voltaire vise principalement à sécuriser le parcours et à améliorer l’accueil du public. Les travaux comprennent notamment une nouvelle signalétique, des aménagements d’accueil, la remise en état du sentier et une passerelle principale d’environ 21 mètres permettant de franchir la crique Voltaire.

Du 6 au 14 août 2026, la Guyane mettra en lumière les Journées des Peuples Autochtones 2026 réuniront conférences, cérémonies, ateliers, expositions, rencontres et projection dans plusieurs communes. Derrière cette programmation, un enjeu essentiel se dessine : permettre aux peuples autochtones de transmettre eux-mêmes leurs mémoires, leurs langues, leurs savoir-faire et leur rapport au territoire.

Une programmation portée par des voix autochtones

À Rémire-Montjoly, les premières rencontres donneront une place centrale aux récits de vie, à la spiritualité et à la création littéraire. La conférence consacrée à Alwin Manewamo-Karwofodi sera portée par sa fille, Mikke Manewamo, entourée de plusieurs intervenants. Le lendemain, auteurs, associations et médiateurs présenteront des ouvrages et des ressources consacrés aux cultures autochtones de Guyane. Ce choix compte. Il évite de parler des peuples autochtones uniquement depuis un regard extérieur. Les Journées des Peuples Autochtones 2026 mettent au contraire en avant celles et ceux qui créent, transmettent, enseignent et défendent aujourd’hui leurs patrimoines. La littérature, le témoignage et le débat deviennent alors des outils de continuité culturelle.

Journées des Peuples Autochtones 2026

Transmettre par les gestes

À Matoury, le village artisanal permettra d’approcher la transmission par la pratique. Perlerie, poterie, vannerie, filage du coton, gravure sur calebasse, fabrication de bijoux ou de flèches : chaque atelier révèle une connaissance précise des matériaux, des formes et des usages. Ces gestes ne sont pas seulement décoratifs. Ils portent une mémoire, un vocabulaire, une manière d’apprendre et une relation aux ressources naturelles. Observer un ciel de case, tresser une fibre ou façonner un objet permet de comprendre que le patrimoine vivant dépend d’abord de personnes capables de le pratiquer et de le transmettre.

Cette dimension confère aux Journées des Peuples Autochtones une valeur particulière. Le public ne vient pas simplement pour regarder. Il peut écouter, poser des questions, essayer certains gestes et mesurer le temps nécessaire à leur maîtrise. La rencontre devient ainsi plus importante que la consommation rapide d’une image culturelle.

Journées des Peuples Autochtones 2026
Journées des Peuples Autochtones 2026

Mémoire, terre et reconnaissance

Le programme aborde aussi des sujets plus sensibles. À Iracoubo, une cérémonie rendra hommage aux personnes exhibées en 1882 et 1892 au Jardin d’acclimatation à Paris. À Rémire-Montjoly, plusieurs conférences traiteront des terres, de la biodiversité, de l’économie autochtone et de la transmission des langues.

Ces thèmes rappellent que la valorisation culturelle ne peut pas être séparée des conditions concrètes d’existence. Préserver une langue suppose qu’elle puisse être parlée, enseignée et entendue. Préserver un savoir-faire suppose l’accès aux matériaux, aux territoires et aux personnes qui en connaissent les règles. Célébrer une culture implique donc aussi de reconnaître les droits, les blessures historiques et les défis contemporains de ceux qui la portent.

Journées des Peuples Autochtones 2026

Un territoire relié par plusieurs rendez-vous

Les Journées des Peuples Autochtones 2026 ne se concentreront pas dans un seul lieu. Elles passeront par Rémire-Montjoly, Saint-Laurent-du-Maroni, Iracoubo, Matoury, Cayenne et Kourou. Cette circulation montre la diversité des communautés, des associations et des formes de transmission présentes en Guyane. Expositions muséales, journée consacrée aux savoir-faire kali’na, danses, dégustations, levée du drapeau et avant-première cinématographique composent un parcours à plusieurs entrées. Chacun peut y trouver une manière d’apprendre : par la parole, l’objet, le goût, le mouvement, l’image ou la rencontre.

Le cinéma prolongera cette démarche le 14 août avec l’avant-première de « Piiyai Emali – récit d’un piiyai », dédiée à la mémoire d’Alwin Manewamo-Karwofodi. Cette projection montre comment l’image peut conserver une parole, sans remplacer la présence des familles et des communautés. Elle rappelle également que les Journées des Peuples Autochtones 2026 produisent des traces capables de circuler au-delà de l’événement et des lieux concernés.

Journées des Peuples Autochtones 2026
Journées des Peuples Autochtones 2026

Journées des Peuples Autochtones 2026 : plus qu’une célébration

L’intérêt de cette édition réside finalement dans sa capacité à relier découverte et responsabilité. Les Journées des Peuples Autochtones 2026 invitent le public à mieux connaître des cultures vivantes, mais aussi à réfléchir aux conditions de leur transmission.

La véritable réussite de ces journées ne se mesurera donc pas seulement au nombre de visiteurs. Elle dépendra de ce qui restera après le 14 août : davantage d’attention aux langues, aux mémoires, aux artistes, aux artisans et aux voix autochtones. Car un patrimoine ne demeure vivant que lorsqu’il continue d’être pratiqué, respecté et transmis.

Informations pratiques

📅 Dates : du 6 au 14 août 2026

📍 Territoire : plusieurs sites en Guyane

👥 Public : la majorité des rendez-vous sont ouverts à tous

🎟️ Tarifs : de nombreuses activités sont gratuites, mais certains ateliers sont payants

📝 Inscriptions : obligatoires pour plusieurs ateliers et pour la journée organisée au Centre Kalawachi

🔎 Programme complet : disponible auprès de la Collectivité Territoriale de Guyane.

Les Journées des Peuples Autochtones se dérouleront du 6 au 14 août 2026 dans plusieurs communes de Guyane.

La programmation passera notamment par Rémire-Montjoly, Saint-Laurent-du-Maroni, Iracoubo, Matoury, Cayenne et Kourou.

De nombreuses conférences, cérémonies, expositions et animations sont gratuites. Certains ateliers artisanaux sont payants et nécessitent une inscription préalable.

À Sainte-Lucie, lors de la 51e réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM, Dr Hyginus « Gene » Leon, directeur exécutif du DBRP/The Nature Bank, a présenté, au cours d’un événement parallèle consacré aux réparations, une idée ambitieuse : utiliser la justice réparatrice pour repenser le développement caribéen. Ici, elle ne désigne pas uniquement une compensation financière. Elle vise à reconnaître les conséquences de l’esclavage et de la colonisation, à réparer les dommages et à transformer les mécanismes qui continuent à les reproduire.

Quatre richesses pour mesurer le développement

Le développement est souvent évalué à travers la croissance, les investissements et les infrastructures. Cette lecture reste incomplète. Une économie peut construire des routes, des ports ou des hôtels tout en affaiblissant ses ressources naturelles, sa population ou ses institutions. La réflexion repose sur quatre formes de richesse. Le capital produit comprend les infrastructures, les entreprises et les ressources financières. Le capital naturel réunit les sols, les forêts, l’eau, les récifs et le climat. Le capital humain englobe la santé, l’éducation, les compétences et la dignité. Enfin, le capital sociétal concerne les institutions, la cohésion et la confiance.

justice réparatrice

Le progrès suppose que ces quatre richesses avancent ensemble. Lorsqu’une forme de capital se développe en détruisant les autres, la croissance devient fragile. Un territoire peut afficher de bons résultats économiques tout en épuisant les bases qui rendent cette prospérité possible.

justice réparatrice

Une erreur économique vieille de cinq siècles

La justice réparatrice prend ici une dimension plus large. Elle part d’un constat historique : pendant des siècles, le système économique a donné un prix aux biens produits tout en réduisant les personnes et la nature à des ressources disponibles. La loi britannique d’abolition de 1833 illustre cette logique. Plus de 800 000 personnes réduites en esclavage ont été libérées. Pourtant, les 20 millions de livres mobilisés ont indemnisé les propriétaires, tandis que les personnes libérées n’ont reçu aucune compensation. La valeur financière de la propriété a été reconnue ; celle de la vie humaine est restée absente du bilan.

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Cette logique d’extraction n’a pas entièrement disparu. Le cacao produit au Ghana et en Côte d’Ivoire alimente une industrie mondiale, alors que les producteurs et les territoires d’origine ne conservent qu’une faible part de la valeur créée. Les revenus restent bas, les forêts reculent et l’essentiel des profits se concentre ailleurs.

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Réparations, climat et inégalités : une même racine

Les réparations liées à l’esclavage, les pertes et dommages climatiques et la lutte contre les inégalités sont souvent traitées séparément. Pourtant, ces enjeux reposent sur une même erreur : ne compter qu’une partie de la richesse réelle. Dans la Caraïbe, cette contradiction est visible. Une mangrove peut être détruite pour rendre un projet rentable à court terme. Sa capacité à protéger les côtes, à limiter les dégâts d’une tempête ou à soutenir la pêche n’apparaît pas toujours dans le calcul initial. Lorsque la catastrophe survient, le territoire doit financer la reconstruction, souvent par la dette. La valeur de la nature est ignorée au départ, puis son absence devient une facture collective.

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La justice réparatrice relie ainsi mémoire, économie et environnement. Elle pose une question concrète : comment réparer une injustice historique sans reproduire les mêmes déséquilibres dans les décisions présentes ?

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Secourir, reconstruire et transformer

Trois étapes structurent la justice réparatrice : secourir, reconstruire et repositionner. La première répond aux urgences immédiates. La deuxième restaure ce qui a été perdu. La troisième transforme les règles afin que les dommages ne se répètent pas. Cette dernière étape est décisive. Reconstruire une maison sur la même faille revient à préparer son prochain effondrement. De même, une compensation dispersée dans des projets isolés peut produire des résultats temporaires sans corriger les causes profondes de la vulnérabilité.

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La justice réparatrice pourrait donc financer des investissements complémentaires : éducation, santé, protection des écosystèmes, infrastructures résistantes, institutions solides et économies capables de conserver davantage de valeur dans les territoires caribéens. L’objectif serait de compenser une perte tout en rendant sa répétition moins probable.

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Trois changements possibles pour la CARICOM

La justice réparatrice ouvre trois pistes pour la région. D’abord, chaque grande décision publique ou financière pourrait mesurer ce qu’elle crée et ce qu’elle détruit dans les quatre formes de richesse. Ensuite, les réparations pourraient être organisées comme un portefeuille cohérent de reconstruction et de transformation. Enfin, les coûts humains et environnementaux pourraient être intégrés dans l’évaluation des projets, des prêts et des investissements.

La justice réparatrice déplacerait ainsi le débat. Pour la Caraïbe, réparer le passé pourrait devenir une manière de protéger l’avenir, en donnant enfin une valeur égale aux personnes, à la nature, aux institutions et aux infrastructures.

Dans ce contexte, la justice réparatrice désigne une démarche visant à reconnaître et à réparer les conséquences durables de l’esclavage et de la colonisation. Elle ne se limite pas au versement d’une compensation financière : elle cherche aussi à investir dans les populations, les institutions, l’environnement et l’économie afin que les mêmes inégalités ne continuent pas à se reproduire.

Les quatre richesses sont le capital produit, qui comprend les infrastructures et les entreprises ; le capital naturel, comme les forêts, les récifs et l’eau ; le capital humain, qui englobe la santé, l’éducation et les compétences ; et le capital sociétal, fondé sur les institutions, la confiance et la cohésion. Un développement durable suppose de faire progresser ces quatre capitaux ensemble, sans enrichir l’un en détruisant les autres.

Elle pourrait permettre de financer un ensemble cohérent d’actions dans l’éducation, la santé, la protection des écosystèmes, la résilience climatique et les infrastructures. Elle suppose aussi d’intégrer les coûts humains et environnementaux dans les décisions financières et de mesurer ce que chaque projet crée ou détruit. Ces orientations ont été présentées comme des propositions à la CARICOM, et non comme des décisions déjà adoptées.

Le 7 juillet 2026, à Sainte-Lucie, la Guyane est officiellement devenue le huitième membre associé de la Communauté caribéenne. L’adhésion de la Guyane à la CARICOM marque l’aboutissement de plus de dix ans de rapprochement et ouvre un nouveau cadre de coopération avec les territoires voisins. Elle intervient deux jours après la première participation officielle de la Martinique, comme membre associé, à la Conférence des chefs de gouvernement.

L’adhésion de la Guyane à la CARICOM signée à Sainte-Lucie

À Gros-Islet, Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane, a signé l’accord aux côtés de Philip J. Pierre, Premier ministre de Sainte-Lucie et président en exercice de la CARICOM. La cérémonie s’est tenue pendant la 51e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement, organisée du 5 au 8 juillet 2026. Selon le secrétariat de l’organisation, la signature du 7 juillet a fait de la Guyane son huitième membre associé. L’adhésion de la Guyane à la CARICOM transforme ainsi une démarche diplomatique ancienne en présence institutionnelle dans l’espace caribéen.

Il faut distinguer la Guyane française de la République coopérative du Guyana, membre de plein droit de la CARICOM depuis 1973. La Guyane française partage toutefois une frontière avec le Suriname et appartient au plateau des Guyanes, directement relié aux dynamiques sud-américaines et caribéennes.

Adhésion de la Guyane à la CARICOM
Adhésion de la Guyane à la CARICOM

Ce que l’adhésion de la Guyane à la CARICOM permet

La Guyane ne devient pas un État membre de plein droit. Le statut de membre associé lui permet néanmoins de participer, comme observatrice, aux réunions de la Conférence des chefs de gouvernement et à plusieurs institutions de la Communauté. Elle pourra prendre part aux échanges des organismes auxquels elle sera associée, proposer des programmes et bénéficier de certaines initiatives régionales. Ce statut ne lui confère pas les mêmes pouvoirs de décision qu’aux membres de plein droit, mais il crée un cadre de travail plus régulier.

L’adhésion de la Guyane à la CARICOM peut soutenir des coopérations dans plusieurs secteurs. Lors de la signature, Philip J. Pierre a évoqué le développement régional, les échanges économiques, la résilience climatique, les questions frontalières, la sécurité, la culture, l’éducation, la santé et la protection de l’environnement. Ces priorités résonnent particulièrement en Guyane. Territoire amazonien et européen situé en Amérique du Sud, elle fait face à des problématiques qui dépassent ses frontières. Les circulations humaines, la santé publique, la biodiversité et les risques climatiques appellent souvent des réponses partagées.

Adhésion de la Guyane à la CARICOM
©CTG Collectivité Territoriale de Guyane
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©CTG Collectivité Territoriale de Guyane

Plus de dix ans de rapprochement régional

Le processus d’adhésion de la Guyane à la CARICOM n’a pas commencé en 2026. Dès janvier 2015, une délégation guyanaise menée par Rodolphe Alexandre, alors président du Conseil régional, rencontrait le secrétaire général de la CARICOM pour discuter d’une entrée comme membre associé. Les échanges portaient déjà sur l’économie, la santé, l’éducation, le climat et la biodiversité. La Guyane mettait aussi en avant ses liens avec le Suriname et Trinité-et-Tobago, ainsi que ses compétences dans les technologies satellitaires et numériques.

Une étape juridique importante a été franchie en France en avril 2026 avec l’approbation de l’accord relatif aux privilèges et immunités de la CARICOM. Ce cadre devait faciliter l’activité de l’organisation sur les territoires français concernés. L’adhésion de la Guyane à la CARICOM fait donc passer le territoire d’une coopération ponctuelle à une relation institutionnelle appelée à durer.

Adhésion de la Guyane à la CARICOM

Deux jours après la première participation de la Martinique

Cette séquence régionale avait commencé le dimanche 5 juillet. À l’ouverture de la 51e Conférence des chefs de gouvernement, la Martinique a siégé pour la première fois comme membre associé de la CARICOM. La délégation était conduite par Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique. Son statut de membre associé était devenu effectif le 16 juin 2026, après la signature de l’accord d’adhésion en février 2025 et la transmission par la France de l’instrument nécessaire à son entrée en vigueur. Sa présence à Sainte-Lucie a marqué la première traduction concrète de cette nouvelle place institutionnelle.

Deux jours plus tard, la Guyane rejoignait à son tour l’organisation. Ces adhésions successives marquent une évolution importante pour les collectivités françaises d’Amérique. Elles restent intégrées à la France et à l’Union européenne, tout en prenant une place plus formelle dans leur environnement régional. Pour la Martinique, l’enjeu est de renforcer ses liens avec les îles voisines. Pour la Guyane, il s’agit aussi d’articuler son appartenance amazonienne avec les dynamiques du plateau des Guyanes et de la Caraïbe.

L’adhésion de la Guyane à la CARICOM doit maintenant devenir concrète

La signature de l’adhésion de la Guyane à la CARICOM ne transforme pas immédiatement les transports, les échanges économiques ou les coopérations universitaires. Elle crée cependant un cadre dans lequel des projets communs peuvent être conçus et suivis avec davantage de continuité. La prochaine étape consistera à déterminer les institutions et programmes auxquels la Guyane participera en priorité. Il faudra aussi mesurer les effets concrets de ce statut pour les acteurs culturels, les étudiants, les entreprises, les chercheurs, les professionnels de santé et les habitants.

L’adhésion de la Guyane à la CARICOM inscrit désormais le territoire dans une architecture régionale où ses réalités pourront être davantage entendues. Après plus de dix ans de discussions, l’enjeu ne sera plus seulement d’être présent autour de la table, mais de transformer cette présence en coopérations visibles. La Guyane vient de franchir une étape historique : reste à savoir quels ponts elle choisira de construire en premier.

Adhésion de la Guyane à la CARICOM
©CTG Collectivité Territoriale de Guyane

L’adhésion de la Guyane à la CARICOM a été officialisée le 7 juillet 2026 à Gros-Islet, à Sainte-Lucie. L’accord a été signé par Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane, et Philip J. Pierre, Premier ministre de Sainte-Lucie et président en exercice de la CARICOM. La Guyane est ainsi devenue le huitième membre associé de l’organisation et a participé à la 51e Conférence des chefs de gouvernement.

Le statut de membre associé permet à la Guyane d’assister comme observatrice aux réunions de la Conférence des chefs de gouvernement et de participer à plusieurs institutions de la CARICOM. Elle peut contribuer aux discussions, proposer des programmes et bénéficier de certaines initiatives régionales. Elle ne dispose toutefois pas du même rôle décisionnel qu’un État membre de plein droit et ne participe pas au Conseil des relations extérieures et communautaires.

Les adhésions de la Guyane et de la Martinique marquent une nouvelle étape dans l’intégration régionale des collectivités françaises d’Amérique. La Martinique est devenue le septième membre associé de la CARICOM le 16 juin 2026, avant de participer à la Conférence organisée à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet. Deux jours après l’ouverture de ce sommet, la Guyane est devenue le huitième membre associé, renforçant à son tour sa présence institutionnelle dans la Caraïbe.

La décision a été signée à Brasilia, mais ses effets se feront sentir sur les rives de l’Oyapock. Mercredi 1er juillet 2026, la France-Brésil ont adopté une feuille de route destinée à renforcer leur coopération à la frontière guyanaise. Le texte prévoit notamment la suspension de l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens souhaitant se rendre en Guyane, à partir du 31 juillet.

Sur le papier, il s’agit d’une mesure administrative. Dans la réalité, elle touche à une question plus sensible : celle d’une frontière longtemps vécue comme proche par les habitants, mais compliquée par les règles. Pour de nombreux Brésiliens de l’Amapá, entrer en Guyane nécessitait jusqu’ici une démarche lourde, alors même que les liens familiaux, commerciaux et sociaux existent de part et d’autre du fleuve.

Une anomalie difficile à défendre

L’annonce France-Brésil vient corriger une situation souvent décrite comme injuste. Les ressortissants brésiliens pouvaient se rendre en France hexagonale sans visa de court séjour, mais devaient en demander un pour entrer en Guyane, territoire français situé pourtant à leur frontière immédiate. Cette différence de traitement nourrissait un sentiment d’incompréhension, parfois même de discrimination.

La Guyane n’appartient pas à l’espace Schengen, ce qui explique en partie ce régime particulier. Mais sur le terrain, l’explication juridique ne suffisait plus. À Saint-Georges-de-l’Oyapock comme à Oiapoque, la frontière n’est pas seulement une ligne diplomatique. Elle structure des vies, des déplacements, des marchés, des familles et des habitudes anciennes.

France-Brésil

Une frontière humaine et stratégique

La France partage avec le Brésil sa plus longue frontière terrestre : environ 730 kilomètres entre la Guyane et l’État de l’Amapá, au cœur de l’Amazonie. Cette réalité géographique donne à l’accord une portée particulière. La France n’est pas seulement un acteur européen face au Brésil. Par la Guyane, elle est aussi un voisin sud-américain, amazonien et caribéen.

La suspension du visa de court séjour ne concerne pas seulement la mobilité touristique. Elle peut faciliter les échanges, rapprocher les habitants, soutenir certains commerces et alléger une barrière qui pesait surtout sur les populations frontalières. Elle reconnaît aussi que la Guyane ne peut être pensée uniquement depuis Paris ou Brasília, mais à partir de son propre espace régional.

Sécurité, narcotrafic et environnement

Cette ouverture ne signifie pas absence de contrôle. La feuille de route signée à Brasilia vise aussi à renforcer la coopération contre le narcotrafic, l’orpaillage illégal et les crimes environnementaux. Ces enjeux sont majeurs dans une zone forestière difficile à surveiller, où circulent des réseaux criminels, des flux d’or illégal et des pressions fortes sur l’Amazonie.

La mesure porte donc un équilibre délicat : faciliter la circulation légale tout en renforçant la lutte contre les trafics. Pour les autorités françaises et brésiliennes, l’enjeu sera de prouver que l’assouplissement du visa ne fragilise pas la sécurité, mais s’inscrit au contraire dans une coopération plus efficace, mieux coordonnée et plus respectueuse des réalités locales.

France-Brésil
France-Brésil

Une ouverture à suivre de près

Il faut rester précis : il ne s’agit pas d’une suppression générale et définitive annoncée sans conditions. La mesure concerne la suspension de l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens entrant en Guyane. Les règles de durée, de contrôle et d’entrée sur le territoire restent donc importantes.

C’est plus qu’un accord diplomatique France-Brésil. Elle montre comment une décision administrative peut devenir un marqueur de dignité, de reconnaissance et de coopération régionale. À l’Oyapock, la suspension du visa de court séjour ouvre une nouvelle étape. Elle ne réglera pas seule les tensions de la frontière, mais elle peut corriger une anomalie et obliger les deux pays à regarder la Guyane comme un véritable carrefour amazonien, caribéen et sud-américain.

À condition, toutefois, que cette ouverture soit accompagnée de moyens concrets : présence administrative, information claire aux voyageurs, coopération policière durable et dialogue avec les élus locaux. Sans cela, l’annonce France-Brésil pourrait rester un symbole. Avec un suivi sérieux, elle peut devenir un changement tangible pour celles et ceux qui vivent la frontière chaque jour, et non seulement dans les communiqués des capitales, mais au plus près des habitants concernés.

L’accord France-Brésil signé le 1er juillet 2026 à Brasilia prévoit une coopération renforcée entre les deux pays à la frontière guyanaise. Il concerne notamment la lutte contre le narcotrafic, l’orpaillage illégal et les crimes environnementaux. Il prévoit aussi la suspension de l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens souhaitant se rendre en Guyane à partir du 31 juillet.

La suspension du visa de court séjour est importante parce qu’elle corrige une situation longtemps perçue comme une anomalie frontalière. Les ressortissants brésiliens pouvaient voyager en France hexagonale sans visa de court séjour, mais devaient en demander un pour entrer en Guyane, pourtant située à la frontière directe de l’Amapá. Cette mesure peut donc faciliter les liens familiaux, commerciaux et sociaux entre les deux territoires.

Non. La suspension concerne l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens se rendant en Guyane, mais elle ne supprime pas les contrôles aux frontières. Les voyageurs devront toujours respecter les conditions d’entrée, la durée autorisée du séjour et les règles applicables au territoire guyanais. La mesure vise à faciliter la circulation légale tout en maintenant la coopération sécuritaire entre la France et le Brésil.

Dans la Caraïbe, une facture d’énergie trop lourde peut ralentir une entreprise. Une tempête peut couper une route, bloquer un port, fragiliser une récolte. Une crise sécuritaire peut aussi dépasser les frontières d’un seul pays. C’est dans cette réalité quotidienne que le dialogue Canada-CARICOM prend aujourd’hui une nouvelle dimension.

Réunis à Panama City, en marge de l’Assemblée générale 2026 de l’Organisation des États américains, les ministres des Affaires étrangères du Canada et de la CARICOM ont voulu donner une nouvelle force à leur partenariat stratégique. Au centre des échanges : un plan d’action tourné vers trois priorités majeures pour la région : la sécurité, le climat et l’économie.

Une coopération qui cherche des résultats concrets

Le partenariat Canada-CARICOM s’inscrit dans la continuité de l’accord stratégique lancé en 2023. Mais la réunion de 2026 marque une étape importante : les deux parties veulent désormais avancer avec un plan plus précis, plus lisible et plus mesurable.

L’objectif n’est pas seulement d’afficher une proximité diplomatique. Il s’agit de fixer des priorités, des calendriers et des mécanismes de financement capables de produire des résultats. Pour les pays caribéens, cette précision compte. La région fait face à des défis qui se croisent : coût de l’énergie, catastrophes climatiques, sécurité maritime, vulnérabilité financière, crise haïtienne. La Caraïbe ne demande pas seulement de l’aide. Elle cherche des partenaires capables de comprendre ses réalités et d’agir avec elle sur le long terme.

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La sécurité, une urgence régionale

La sécurité occupe une place centrale dans ce nouveau plan Canada-CARICOM. Les ministres ont évoqué la criminalité transnationale, les gangs, les migrations irrégulières, la sécurité maritime et les flux illicites. Pour la région, ces sujets ne sont pas isolés. La mer est un lien, mais aussi une zone de vulnérabilité. Les trafics, les réseaux criminels, les cybermenaces et les crises politiques circulent parfois plus vite que les réponses institutionnelles.

Le Canada soutient déjà certaines initiatives régionales à travers le renforcement des capacités, des interventions ciblées et des partenariats opérationnels. Le nouvel enjeu est d’aller vers une réponse plus coordonnée : mieux protéger les espaces maritimes, renforcer les institutions, partager les informations utiles et limiter l’influence des réseaux criminels.

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Haïti, une crise qui concerne toute la Caraïbe

Haïti occupe une place majeure dans les discussions. La crise politique, sécuritaire et humanitaire que traverse le pays a des conséquences directes sur la région. Les ministres ont notamment souligné les risques liés aux trafics de drogue et d’armes. Le soutien à la Gang Suppression Force fait partie des points abordés. Cette force doit contribuer à rétablir la sécurité sur le terrain, avec un mandat appelé à être renouvelé au Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Les ministres ont aussi rappelé le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Ils soutiennent l’organisation d’élections crédibles dès que les conditions le permettront, ainsi que les efforts contre la corruption et l’impunité. Haïti apparaît comme un rappel fort : aucune stabilité caribéenne durable ne peut se construire en laissant un territoire seul face à une crise aussi profonde.

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Climat et économie : deux faces d’un même défi

Le nouveau plan Canada-CARICOM relie aussi clairement climat et économie. Dans la Caraïbe, une catastrophe naturelle n’est jamais seulement un événement météorologique. Elle touche les familles, les entreprises, les routes, les écoles, les ports et les finances publiques. L’accès à une énergie fiable et abordable revient comme une priorité. Une énergie trop chère freine l’innovation et pèse sur les ménages. Une énergie plus stable peut soutenir l’industrie, les services, l’investissement et la transition vers des modèles plus durables.

Le commerce fait aussi partie de l’équation. Le programme CARIBCAN, qui donne à la majorité des produits originaires de 18 pays et territoires caribéens du Commonwealth un accès sans droits de douane au marché canadien, reste un levier important. Il rappelle que le partenariat Canada-CARICOM ne concerne pas seulement la diplomatie. Il touche aussi les débouchés économiques, les chaînes d’approvisionnement et la capacité des entreprises caribéennes à se projeter au-delà de leur marché local.

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La vulnérabilité caribéenne mieux prise en compte

Un autre point essentiel du partenariat Canada-CARICOM concerne le financement. Plusieurs États caribéens sont considérés comme des pays à revenu intermédiaire. Pourtant, leur exposition aux catastrophes climatiques, aux chocs économiques et aux ruptures d’approvisionnement reste très forte. C’est l’un des grands paradoxes de la région. Sur le papier, certains pays semblent trop “avancés” pour accéder facilement à des financements concessionnels. Dans la réalité, une seule crise peut fragiliser des années d’efforts.

Les ministres ont donc insisté sur la nécessité de réformer l’architecture financière internationale. L’idée est simple : la vulnérabilité réelle des petits États doit être mieux prise en compte. Pas seulement leur revenu moyen.

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Un plan à suivre de près

Les prochains mois seront importants. Les responsables doivent encore finaliser les détails du plan d’action, identifier les initiatives prioritaires, construire un calendrier de mise en œuvre et renforcer le suivi. Un dialogue de hauts fonctionnaires est prévu à l’automne pour faire avancer ce travail.

Le partenariat Canada-CARICOM ne réglera pas à lui seul les défis de la Caraïbe. Mais il dit quelque chose du moment actuel : la région veut être écoutée comme un espace stratégique, pas seulement comme une zone vulnérable. Reste maintenant la vraie question : ce nouveau plan produira-t-il des changements visibles pour les populations, les entreprises et les territoires caribéens ?

Le nouveau plan Canada-CARICOM est une feuille de route destinée à renforcer la coopération entre le Canada et la Communauté caribéenne. Il repose sur trois priorités : des économies plus résilientes, l’action climatique, et la sécurité régionale. L’objectif est de passer d’un partenariat diplomatique à des actions plus concrètes, avec des calendriers, des résultats mesurables et des mécanismes de financement durables.

Haïti occupe une place centrale parce que sa crise politique, sécuritaire et humanitaire a des conséquences sur toute la région. Les ministres ont évoqué les trafics de drogue et d’armes, le soutien à la Gang Suppression Force, mais aussi le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Pour la CARICOM, la stabilité d’Haïti reste donc un enjeu régional, pas seulement national.

Le partenariat Canada-CARICOM relie directement climat et économie. Il met en avant l’accès à une énergie fiable et abordable, le développement du commerce, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et l’accès à des financements adaptés aux vulnérabilités des petits États caribéens. L’enjeu est de permettre à la région de mieux résister aux catastrophes naturelles, aux chocs économiques et aux crises internationales.

Depuis son adhésion à la Caribbean Telecommunications Union, la Guyane affirme une place: celle d’un territoire français d’Amérique qui regarde vers la Caraïbe, l’Amazonie et l’Europe à la fois. Ce choix peut sembler technique. Il dit pourtant quelque chose de plus profond : pour la Guyane, l’intégration régionale ne passe pas seulement par la politique ou les avions. Elle passe aussi par les réseaux, les données, les entreprises et les usages du quotidien.

Une adhésion qui dépasse les télécoms

La Caribbean Telecommunications Union est une organisation régionale consacrée au développement des technologies de l’information et de la communication dans la Caraïbe. En rejoignant ce réseau comme membre associé, la Guyane entre dans un espace où se discutent la connectivité, la cybersécurité, la gouvernance numérique et les infrastructures. L’adhésion formelle a été signée à Port-of-Spain, à Trinidad-et-Tobago, après une validation ministérielle lors de l’ICT Week 2025 à Kingston, en Jamaïque. Le fait est important : la Guyane devient l’un des territoires associés à une organisation pensée pour organiser le numérique à l’échelle caribéenne.

Pour Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane, cette étape s’inscrit dans une stratégie plus large. L’objectif n’est pas seulement de mieux communiquer avec les voisins. Il s’agit aussi d’ouvrir des possibilités pour les entreprises, la santé, les startups, le spatial et les services publics.

Caribbean Telecommunications Union
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La Guyane entre Caraïbe et Amazonie

La Guyane n’est pas une île, mais elle partage avec la Caraïbe des enjeux concrets : éloignement, coûts de connexion, dépendance aux câbles internationaux, besoin de réseaux plus résilients, circulation difficile entre territoires proches. Avec la Caribbean Telecommunications Union, la Guyane peut défendre ses besoins dans un cadre régional. Elle peut aussi faire entendre une autre géographie : celle d’un territoire posé entre le plateau des Guyanes, le bassin amazonien et l’arc caribéen.

Ce positionnement donne du sens aux projets évoqués autour de l’adhésion. Le projet Lum@link doit notamment diversifier les connexions internationales, augmenter la bande passante et sécuriser les communications du territoire. La perspective d’un data center de grande capacité en Guyane a aussi été présentée, tout comme des projets liés à l’observation du littoral et à l’adaptation climatique via le programme SEAS.

Caribbean Telecommunications Union
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Ce que cela peut changer

L’adhésion à la  Caribbean Telecommunications Union ne signifie pas que de nouveaux opérateurs télécoms vont immédiatement s’installer en Guyane. L’enjeu est ailleurs : créer des passerelles. Des entreprises guyanaises pourraient travailler avec des acteurs caribéens. Des institutions pourraient partager leurs expertises. Des projets communs pourraient naître autour de la cybersécurité, de la connectivité, de l’innovation ou de la gestion des données.

C’est aussi pour cela que le sujet dépasse le numérique. Quand un territoire peut mieux échanger, il peut mieux coopérer. Quand il sécurise ses communications, il protège aussi son économie, ses services essentiels et sa capacité à agir en cas de crise.

Caribbean Telecommunications Union
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Un signal avant la CARICOM

L’entrée dans la Caribbean Telecommunications Union arrive dans un moment où la Guyane poursuit aussi son rapprochement avec la CARICOM. L’adhésion politique serait une étape majeure. Mais elle ne suffira pas seule. Avant les grands symboles, il faut des coopérations concrètes. Des câbles. Des protocoles. Des entreprises qui se parlent. Des administrations qui travaillent ensemble. Des jeunes professionnels qui voient la Caraïbe comme un espace possible, et pas seulement comme une carte.

C’est peut-être là que se trouve le vrai intérêt de cette adhésion. La Guyane ne construit pas uniquement une connexion technique. Elle construit un pont numérique. Et dans une région où les distances sont parfois plus fortes que les kilomètres, ce pont pourrait devenir l’un des chemins les plus utiles vers une Caraïbe plus connectée.

Caribbean Telecommunications Union
@CTG
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La Caribbean Telecommunications Union est une organisation régionale qui accompagne le développement des télécommunications et du numérique dans la Caraïbe. Elle travaille sur des sujets comme la connectivité, les infrastructures, la cybersécurité, les données et la coopération numérique entre territoires caribéens.

L’adhésion de la Guyane à la Caribbean Telecommunications Union marque une étape dans son rapprochement avec la Caraïbe. Elle permet au territoire de participer à des discussions régionales sur le numérique, les réseaux, les infrastructures et les coopérations économiques. Pour la Guyane, c’est aussi une façon de renforcer son rôle entre la Caraïbe, l’Amazonie, l’Europe et l’Amérique du Sud.

Cette adhésion ne signifie pas forcément l’arrivée immédiate de nouveaux opérateurs télécoms en Guyane. Elle ouvre surtout des possibilités de partenariats avec des acteurs caribéens, notamment pour les entreprises, les institutions, la santé, les startups, la cybersécurité, la connectivité et la gestion des données. L’enjeu est de construire des coopérations concrètes dans la région.