Du 17 au 19 août 2026, Georgetown a accueilli la 57e Assemblée générale de la Caribbean Broadcasting Union. Réunis autour du thème « Caribbean Media and AI », dirigeants de médias, journalistes, créateurs, universitaires et spécialistes ont confronté leurs pratiques à cette transformation. Derrière l’intelligence artificielle, une question s’est imposée, comment renforcer des médias caribéens capables de rester crédibles, indépendants et durables dans un environnement numérique en mutation.
Quand l’IA entre dans les rédactions caribéennes
À Georgetown, le président du Guyana, Mohamed Irfaan Ali, a résumé un défi central. L’intelligence artificielle peut aider les rédactions à transcrire et traduire des contenus, analyser des données et gagner en efficacité. Mais elle ne doit pas se substituer au jugement éditorial, au contexte ni à l’expérience humaine. Son avertissement a été clair, « Never allow the technology to become the journalist ». Le message rejoint une priorité de la Caribbean Broadcasting Union, développer des usages responsables de l’IA tout en renforçant les mécanismes de vérification et la transparence sur les contenus générés.
Cette volonté se traduit par les CBU Media Awards. Les règles imposent désormais aux candidats de déclarer l’utilisation de grands modèles de langage ou d’autres outils d’intelligence artificielle. La part de contenu généré par IA ne peut dépasser 20 % du contenu total d’une candidature. Un cadre qui place la responsabilité éditoriale au centre de l’innovation.
La viabilité devient le véritable enjeu
L’IA n’est pourtant qu’une partie du chantier. La Caribbean Broadcasting Union a annoncé la Caribbean Media Viability Initiative, un programme consacré à la durabilité, à la résilience, à la compétitivité et à l’indépendance éditoriale des médias de la région. L’initiative doit réunir diffuseurs, éditeurs de presse et médias numériques, producteurs indépendants, enseignants, régulateurs, décideurs publics, annonceurs, plateformes technologiques et partenaires de développement de la Caraïbe néerlandophone, anglophone, francophone et hispanophone.
Les premières rencontres en ligne sont prévues au quatrième trimestre 2026. Elles doivent porter sur les modèles économiques durables, la transformation numérique, la confiance du public, l’engagement des audiences, l’innovation éditoriale, les compétences et les partenariats. La Caribbean Broadcasting Union a aussi retenu « Caribbean Media Viability » comme thème de sa 58e Assemblée générale en 2027.
Mieux connaître le secteur pour mieux agir
Le CBU Media Industry Overview, coordonné par l’ancienne présidente, Dr Claire Grant, doit connaître une première publication au premier trimestre 2027. Ce rapport annoncé examinera la structure du secteur, sa portée, la propriété des médias, les effectifs et leur environnement de travail. Il doit aussi aborder la liberté de l’information, la sécurité des journalistes, la formation, la transition numérique, l’influence des grandes plateformes technologiques et la résilience des médias.
Pour la Caribbean Broadcasting Union, cette base doit soutenir le plaidoyer, la planification des entreprises médiatiques et le développement professionnel. Une stratégie régionale suppose d’abord de disposer d’une image suffisamment précise des réalités vécues par les médias.
Une coopération régionale qui s’élargit
Cette réflexion sur l’avenir du secteur s’accompagne d’un élargissement de la représentation régionale. En 2026, quatre nouvelles organisations ont rejoint la Caribbean Broadcasting Union, parmi lesquelles Richès Karayib, média numérique de Martinique. Cette entrée intervient au moment où la CBU cherche à élargir sa présence parmi les médias commerciaux, institutionnels et numériques, tout en renforçant les liens entre les espaces linguistiques régionaux.
La 37e édition des CBU Media Awards a aussi marqué la première participation de Richès Karayib. Le média martiniquais y a obtenu deux Awards et deux Special Mentions. La compétition a attiré plus de 680 candidatures, en hausse de plus de 25 % sur un an, avec 92 Awards et Special Mentions attribués dans 13 pays et territoires.
Caribbean Broadcasting Union, après Georgetown le chantier continue
L’Assemblée de Georgetown n’a donc pas seulement posé la question de l’intelligence artificielle. Elle a relié technologie, modèles économiques, connaissance du secteur, confiance du public et coopération régionale. Les travaux doivent se poursuivre jusqu’à l’AGA 58, avec l’ambition de nourrir une Caribbean Media Viability Roadmap. Pour la Caribbean Broadcasting Union, le défi sera de transformer les constats et les échanges en solutions concrètes adaptées aux réalités de la région. Pour les médias caribéens, la question reste ouverte, comment conserver la maîtrise de leurs outils, de leur indépendance et surtout des histoires qu’ils choisissent de raconter ?
La Caribbean Broadcasting Union met notamment l’accent sur l’usage responsable de l’intelligence artificielle, la viabilité économique des médias, une meilleure connaissance du secteur et le renforcement de la coopération régionale. Ces priorités ont été mises en avant lors de sa 57e Assemblée générale organisée à Georgetown en août 2026.
La CBU encourage l’utilisation de l’IA comme outil au service du journalisme, tout en insistant sur la vérification, la transparence et le maintien du jugement éditorial humain. Pour les CBU Media Awards, les candidats doivent désormais déclarer l’utilisation d’outils d’IA et le contenu généré par intelligence artificielle ne peut dépasser 20 % d’une candidature.
Richès Karayib fait partie des quatre nouvelles organisations admises à la Caribbean Broadcasting Union en 2026. Pour sa première participation aux CBU Media Awards, le média martiniquais a également obtenu deux Awards et deux Special Mentions, dans une compétition ayant reçu plus de 680 candidatures.