[CARIFESTA XV] – Martinique : une petite délégation pour un grand message

Richès Karayib - Carifesta

Malgré une présence modeste en nombre, la Martinique a brillé par la force de ses propositions artistiques et culturelles à la CARIFESTA XV. Richès Karayib revient sur l’engagement de ses artistes, l’impact de leurs performances et la portée symbolique d’une participation qui révèle toute la richesse créative de l’île.

Création artistique lors de la CARIFESTA XV : trois expressions, un même territoire

Le groupe Tras La

Le spectacle “Lanmè ka pran, lanmè ka ba” du groupe Tras La, porté par La Soso (Sonya Marc), a transporté le public dans une fresque sensorielle autour de la mer Caraïbe, un spectacle profondément symbolique et incarnée. 

Composé de deux tableaux, ce spectacle tisse un lien sensible entre mémoire, drame historique et célébration vivante :

 La première partie : Lanmè ka pran — la mer qui prend, rend hommage aux vies englouties, aux disparus de la traversée transatlantique, mais aussi à des figures telles que le journaliste André Aliker ou les victimes de Chalvet, tous liés à l’histoire et à la mer.

La seconde partie , Lanmè ka ba – la mer qui donne, s’ancre dans la transmission et la vitalité : la pêche, les Yoles, l’amour, la plage, les fêtes populaires.

La mise en scène chorégraphique mêle l’eau, les corps, les tambours et les récits intimes, pour faire de la mer une actrice centrale de la mémoire collective.

Pour La Soso, ce spectacle prend tout son sens à la Barbade, dans une Caraïbe reliée par la mer, où il devient urgent de dépasser les barrières linguistiques et politiques pour renforcer une rencontre naturelle entre Caribéens. C’est l’esprit même de la CARIFESTA XV.

CARIFESTA XV
CARIFESTA XV
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Boris Reine-Adélaïde

Boris Reine-Adélaïde, alias Boris Percus, a quant à lui livré une performance solo saisissante, où il fusionne le tambour bèlè traditionnel martiniquais avec un sampler électronique. Seul en scène, il crée une musique en direct qui mêle afrobeat, rumba congolaise, drill, dancehall et influences brésiliennes.

Ce voyage sonore puissant, ancré dans la tradition mais ouvert sur le monde, dessine une Martinique contemporaine, en dialogue avec les scènes musicales d’Afrique, d’Europe et d’Amérique latine. Une manière de raconter son île autrement, par le rythme, l’improvisation et la technologie, en parfaite résonance avec la CARIFESTA XV.

CARIFESTA XV
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L’association D’Antilles et d’Ailleurs

Enfin, l’association D’Antilles et d’Ailleurs a fait forte impression avec la marque Made in Women, portée par la designer Alba.

En plus d’un stand d’exposition-vente présent durant le festival, l’équipe a présenté ses créations lors d’un défilé de mode très remarqué.

Les pièces, réalisées à partir de filets de pêche recyclés, conjuguent esthétique contemporaine, engagement écologique et ancrage territorial. Alba défend une vision forte de la mode caribéenne : consciente, circulaire, et connectée aux enjeux sociaux et environnementaux du quotidien insulaire. Ce message a trouvé un écho particulier dans le cadre de la CARIFESTA XV.

CARIFESTA XV
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Diplomatie culturelle : présence politique et coopération régionale

CARIFESTA XV

Si la scène était occupée par les artistes, les représentants politiques martiniquais ont également joué un rôle clé. Marie-Ange Ravin et Dominique Pompée, représentants de la Collectivité Territoriale de Martinique, ont participé à des rencontres stratégiques, notamment avec Dr Shantal Munro-Knight, Ministre déléguée à la Culture au sein du Bureau de la Première Ministre de la Barbade.

Objectif : renforcer les coopérations interrégionales dans le champ culturel, soutenir la mobilité artistique et promouvoir l’intégration caribéenne. Ces échanges ont pris toute leur valeur dans le cadre de la CARIFESTA XV.

Une voix à amplifier dans la Caraïbe

Une délégation mesurée, mais porteuse de sens et de vision. À travers l’art, la mode, la scène et l’engagement politique, la Martinique a démontré sa capacité à dialoguer avec le reste de la Caraïbe, à proposer une parole singulière et à contribuer à la fabrique d’un imaginaire commun régional.

Cette participation à la CARIFESTA XV met en lumière un enjeu fondamental : la nécessité de renforcer les ponts non seulement culturels, mais aussi économiques, environnementaux et diplomatiques entre les territoires de la Grande Caraïbe. Dans cette perspective, l’intégration active à des cadres régionaux comme la CARICOM devient stratégique pour amplifier les collaborations, favoriser la libre circulation des artistes, des biens et des idées, et peser collectivement sur les enjeux globaux. L’avenir de notre région se construira sur ces interactions croisées, sur la circulation des idées, des créations, des produits et des visions, comme l’a rappelé la CARIFESTA XV.

Richès Karayib poursuivra sa mission : faire entendre ces voix, documenter ces passerelles, et contribuer à la reconnaissance mutuelle des peuples de la Grande Caraïbe.

4 réponses

  1. Merci pour ce compte-rendu fait de belles images et des mots pertinents concernant cet échange entre Caribéens où la Martinique a proposé, représentée par une délégation efficace composée de personnels politiques et d’artistes, une vision qui nourrit l’idée de coopération régionale.

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