WHO : dans les coulisses du pari cinéma de Wil Aime

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Avec WHO, Wil Aime signe son premier long-métrage et revient aux Antilles avec une équipe, une méthode et une histoire de création. En Guadeloupe et en Martinique, sa tournée a révélé l’envers du décor : celui d’un film porté pendant des années, entre création indépendante, soutien territorial et désir de faire son propre cinéma.

Une tournée pensée comme un retour

Le public a vu les salles, les rencontres, les photos, les échanges après projection. Derrière cette tournée de WHO en Guadeloupe et en Martinique, il y avait une mécanique précise. Des dates à organiser. Des partenaires à mobiliser. Une équipe à faire venir. Une envie surtout : présenter le film là où une partie de son imaginaire a pris racine.

Du 30 mai au 1er juin 2026, Wil Aime et son équipe ont enchaîné plusieurs temps forts : séance spéciale au Cinestar, Creative Talk au Café Papier à Jarry, séance au Madiana, puis rencontre avec des professionnels, étudiants, médias et acteurs culturels. Dans l’entretien réalisé autour de cette venue, Wil Aime explique que présenter le film aux Antilles comptait pour lui. La Guadeloupe et la Martinique apparaissent comme des territoires d’attachement, d’inspiration et de retour.

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@Wil Aime

Un film nourri par les Antilles

Certaines séquences de WHO ont été tournées en Guadeloupe. Le film circule entre plusieurs espaces : France, DROM-COM, Belgique, Suisse, Canada et Afrique francophone. L’œuvre naît d’un créateur guadeloupéen, se développe dans un cadre indépendant, puis cherche son public au-delà des frontières habituelles du cinéma français.

Dans la Creative Talk, Wil Aime parle des Antilles comme d’un lieu qui a nourri le film. Il évoque ces îles, leur place dans le monde francophone, leur position dans un imaginaire plus vaste. Le film laisse passer quelque chose du rapport au territoire : les paysages, les tensions, les identités, la manière de se situer quand on vient d’un espace souvent présenté comme petit, alors qu’il produit des talents capables d’aller très loin.

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Faire son cinéma

Le cœur de cette histoire se trouve peut-être dans une nuance. Pendant l’échange avec le public, Wil Aime parle du rêve de “faire mon cinéma”. Avant le long-métrage, il y a eu les vidéos. Des formats courts. Des récits à tiroirs. Des scénarios où le détail compte. Avec WHO, cette grammaire construite sur les réseaux sociaux change d’échelle.

Le passage au long-métrage impose une autre discipline. Wil Aime le reconnaît lui-même : passer des réseaux sociaux au cinéma l’a obligé à apprendre à transmettre sa vision. Sur un film, une idée doit être comprise, portée et exécutée par beaucoup plus de monde.

Chaque Détail Productions, une équipe construite dans la durée

Dans les coulisses de WHO, il y a un collectif : Ashley, Samira, Gary, Yasser, Emmanuel et les autres membres de Chaque Détail Productions. Beaucoup ont appris sur le terrain. Le mot qui revient est la polyvalence.

Ashley, cofondatrice et sœur de Wil Aime, raconte une aventure née avant même que la structure existe vraiment. Samira évoque un démarrage autour d’un smartphone. Gary parle de son apprentissage technique. Yasser insiste sur le rôle de terrain. Emmanuel apporte une expérience de production, de distribution et de diffusion. Ce collectif donne à WHO une dimension concrète. Le film avance grâce à une équipe qui apprend, s’adapte, cherche des solutions et accepte de travailler hors des chemins les plus confortables.

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Samira Chaban
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Yasser Saïd Soilihi
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Emmanuel

Transmettre une vision à 400 personnes

L’un des passages les plus forts de l’interview concerne le défi du management artistique. Wil Aime explique que son équipe proche fonctionne presque comme une seule personne. Avec elle, les idées circulent vite. Le vrai défi arrive quand il faut élargir cette vision à une équipe beaucoup plus grande.

Il parle de 400 personnes ayant travaillé sur le film. À cette échelle, la vision doit être transmise, comprise, reformulée, portée par chaque département. Pour lui, c’est l’une des plus grandes difficultés du projet. Il a fallu apprendre à communiquer autrement.

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Wil Aime

La Guadeloupe comme territoire de création

La Région Guadeloupe a accompagné le film, notamment dans le cadre de sa post-production. Avec le CTIG, elle a aussi soutenu la venue de Wil Aime et de son équipe en Guadeloupe et en Martinique. Derrière ce soutien, il y a un enjeu plus large : montrer que la Guadeloupe peut être un territoire d’accueil pour les tournages, un espace de création audiovisuelle et un lieu d’émergence pour de nouveaux talents.

Un film comme WHO interroge la place des créateurs ultramarins dans les industries culturelles. Il montre l’importance des passerelles entre Guadeloupe, Martinique, France hexagonale, Canada francophone et Afrique francophone.

Ce que WHO ouvre

Dans la Creative Talk, une idée traverse plusieurs prises de parole : comment faire grand quand on vient d’un territoire souvent perçu comme petit ? Wil Aime répond par l’utilité, la sincérité et le commencement modeste. Il parle de famille, de proches, de premiers cercles. Il rappelle qu’un projet grandit souvent à partir d’un espace réduit, d’une petite chambre, d’un carnet.

C’est peut-être là que WHO devient un cas d’école pour une génération de créateurs caribéens qui cherchent à raconter autrement, à produire autrement, à circuler autrement. Son parcours montre les difficultés, les détours, les refus, les négociations, les apprentissages.

La suite dira ce que Chaque Détail Productions construira après cette étape. Pour l’instant, WHO laisse une question ouverte aux territoires caribéens : comment transformer ces réussites en filière durable, pour que d’autres rêves de cinéma trouvent eux aussi leur chemin vers l’écran ?

WHO marque une étape importante parce qu’il porte le premier long-métrage de Wil Aime, créateur guadeloupéen connu pour ses récits courts et ses thrillers psychologiques. Le film met aussi en lumière la Guadeloupe comme territoire de création, d’inspiration et d’accueil pour des projets audiovisuels capables de circuler en France, aux Antilles, au Canada et en Afrique francophone.

La Guadeloupe et la Martinique ont été au cœur d’une tournée spéciale autour de WHO, avec des projections, des rencontres avec le public et des Creative Talks destinés aux professionnels, étudiants, médias et acteurs culturels. Pour Wil Aime, cette venue aux Antilles avait une valeur particulière, car ces territoires ont nourri l’imaginaire du film et représentent un espace de retour pour son équipe.

Les coulisses de WHO montrent une aventure collective construite dans la durée. Autour de Wil Aime, l’équipe de Chaque Détail Productions a avancé avec une méthode indépendante, beaucoup de polyvalence et une volonté forte de garder une vision artistique claire. Le projet raconte aussi le passage d’un créateur venu des réseaux sociaux vers le cinéma, avec les défis humains, techniques et créatifs que cela implique.

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