Le 12 mai 2025, sur le quai de la Pointe des Grives, le Grand Port Maritime de la Martinique a présenté deux portiques nouvelle génération. Ces équipements marquent une avancée stratégique pour le territoire, au cœur du projet Hub Antilles, soutenu par l’État, les collectivités et des partenaires privés.

Une avancée structurante pour le terminal de la Pointe des Grives

« Ce n’est qu’une brique du projet plus global, le projet Hub Antilles », affirme Bruno Mencé, Président du Directoire du Grand Port Maritime. L’arrivée de ces deux portiques marque une étape essentielle d’un programme de modernisation de grande ampleur, visant à faire de la Martinique une plateforme logistique performante dans la Caraïbe.

Hub Antilles
Bruno Mencé

Conçus par un groupement franco-chinois, fabriqués en Chine, ces équipements du projet Hub Antilles est de type low profile — rares dans le monde — ont nécessité 60 jours de mer pour atteindre Fort-de-France. Chacun pèse 1 600 tonnes et représente un investissement total de 35 millions d’euros. Leur mise en service est prévue entre fin juillet et septembre 2025.

« Nous allons passer de 180 000 EVP à 300 000, en ajoutant du transbordement à nos opérations. Ces portiques vont améliorer d’au moins 30 % notre performance », précise-t-il. Cette progression répond aux besoins d’accueillir des navires de plus grande taille, jusqu’à 7 900 EVP, en prévision d’une croissance du trafic régional.

Hub Antilles

Développement économique, coopération régionale et souveraineté logistique

Bruno Mencé a détaillé l’ambition du Hub Antilles : « Ce n’est pas que du transbordement. Il faut créer de la valeur, capter des flux depuis l’Amérique du Sud, transformer localement, et réexporter. » Une zone logistique en arrière-port est prévue pour développer ces activités de transformation.

L’objectif  du Hub Antilles est clair : offrir aux entreprises locales de nouveaux débouchés économiques en facilitant l’approvisionnement, la transformation industrielle et la réexportation dans la zone Caraïbe. Ce levier logistique doit permettre de structurer une nouvelle chaîne de valeur, plus intégrée, plus compétitive, et moins dépendante des circuits traditionnels passant par l’Europe.

Hub Antilles

Il a également annoncé sa présence au congrès annuel des ports de la Caraïbe, à Curaçao, où le projet sera présenté pour renforcer la visibilité de la Martinique dans la région. Le port entend ainsi offrir une alternative aux hubs saturés comme Kingston ou Cartagena.

Coordonner, sécuriser, adapter : les clés de la mise en service

Pour Ivanh Alingéry, directeur des opérations du port, l’arrivée des portiques est l’aboutissement d’un chantier long de plus de deux ans : « C’est une grosse étape. Ces équipements, commandés il y a plus de deux ans, sont enfin là. Maintenant, il faut transformer l’essai. »

Hub Antilles
Yvanh Alingéry

Le déchargement des portiques depuis le navire constitue une opération délicate. « Chaque portique fait 1 600 tonnes. Il faut les transférer sur le quai en toute sécurité, grâce à des capteurs installés pour surveiller la structure pendant la manœuvre. »

La suite ? Des mois de réglages fins et d’adaptation. « Il faut compter un à deux ans pour une utilisation optimale. C’est ce qu’on appelle une période de déverminage, où l’on affine les paramètres pour les adapter à nos navires et cadences. »

Malgré les défis techniques, Alingéry souligne l’engagement collectif : « Les équipes ont su relever chaque défi jusqu’à présent. C’est une réussite partagée. »

Interventions croisées : vision institutionnelle, mémoire du port et ambition écologique

Frantz Thodiard, vice-président du Conseil de surveillance et ancien directeur du port, a retracé l’histoire des générations de portiques : « On en est à la quatrième, ce sont les ports qui s’adaptent aux navires, pas l’inverse. Le projet est mûr, accompagné par l’État, la CTM, l’AFD, et les fonds européens. » Il insiste sur la création de valeur et d’emplois : « Alé, viré é rété. C’est créer de l’emploi local, des entreprises, autour du transport maritime, du numérique, de l’environnement. »

Hub Antilles
Frantz Thodiard

Jean-Claude Florentiny, au nom du Conseil de développement, a salué un renouvellement rare et structurant : « Ce n’est pas banal. L’attractivité passe aussi par la capacité à attirer d’autres compagnies maritimes. C’est un outil commun, et il faut en être fier. »

Hub Antilles
Jean-Claude Florentiny

Philippe Rech, représentant CMA CGM, a quant à lui valorisé la qualité de la collaboration : « Une véritable écoute, une rigueur professionnelle. C’est un plaisir de travailler avec des professionnels. » Il a également annoncé l’arrivée de six cavaliers hybrides, et le déploiement d’un nouveau parc reefer alimenté en photovoltaïque pour un investissement d’environ 30 millions d’euros.

Hub Antilles
Philippe Rech

Maurice Claude, ancien salarié du port, a livré un témoignage chargé de mémoire et de transmission. « Ce que vous voyez, on l’a bâti de nos mains. Il n’y avait rien au départ. Ce terminal est le fruit de nos sacrifices », a-t-il rappelé avec émotion. Fort de ses 38 ans de carrière, il a insisté sur l’importance de ne jamais perdre de vue la dimension humaine de ces réalisations : « Un homme sans mémoire est un homme sans vie. Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »

Hub Antilles
Claude Maurice

Deux salariés actuels ont également pris la parole lors de l’événement. Le premier, impressionné, a déclaré : « Ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça. On a l’habitude de voir des portiques sur rail, mais posés sur un bateau comme ça, c’est impressionnant. »

Le second a partagé un regard plus tourné vers la transmission : « J’ai assisté à l’arrivée du P4, du P5, du P6… Aujourd’hui, le P7 et le P8. J’espère que les jeunes qui viennent d’arriver, et ceux qui arriveront, pourront continuer le travail que nous avons commencé. »

Hub Antilles
Kevin Modestin
Hub Antilles
Michel Jouan

Un outil d’avenir pour le territoire

Ce projet est labellisé “La Mer en Commun” dans le cadre de l’Année de la Mer 2025. Il s’agit autant d’un investissement technique que d’un engagement structurant : la Martinique affirme sa volonté de jouer un rôle moteur dans les échanges régionaux.

La transformation du port est en marche, et c’est tout un écosystème qui est appelé à s’en emparer : entreprises, industriels, importateurs, élus. « Il faut que les acteurs économiques s’en emparent », insiste Bruno Mencé. « Ces portiques sont une clé. À nous tous de construire la suite. »

Hub Antilles
Hub Antilles
Hub Antilles
Hub Antilles
Hub Antilles
Hub Antilles

Sint Maarten affirme sa capacité à allier gigantisme et qualité d'accueil

Présent au Seatrade Cruise Global 2025 à Miami, Sint Maarten a mis en lumière l’une de ses plus grandes forces :
sa capacité unique à accueillir simultanément plusieurs des plus grands paquebots du monde, tout en offrant une expérience sûre, fluide et chaleureuse aux croisiéristes.
À travers le témoignage de Rensley Rollan, Responsable de la sûreté des installations portuaires au Port de Sint-Maarten, l’île néerlandaise affirme son ambition de conjuguer excellence opérationnelle et hospitalité caribéenne.

Sint Maarten

Une maîtrise impressionnante du flux de croisiéristes

Pour Rensley Rollan, la performance de Sint Maarten repose sur une organisation millimétrée.
Le port peut accueillir jusqu’à sept navires de croisière en simultané, y compris l’Icon of the Seas, le plus grand paquebot du monde.

« Nous sommes capables de gérer plus de 30 000 passagers en une journée, soit plus que la population totale du côté néerlandais de l’île », explique-t-il.
Un défi relevé grâce à une coordination étroite entre les équipes du port, les forces de sécurité et les autorités locales.

Guyane
Rensley Rollan

Le dispositif est renforcé les jours de grande affluence :

  • Régulation du trafic,

  • Création de zones piétonnes sécurisées,

  • Patrouilles permanentes pour garantir la sûreté des passagers.

Même les incidents liés à l’alcool ou les urgences médicales sont pris en charge avec réactivité et efficacité.
🎯 Le souhait de Rensley Rollan : agrandir encore le port pour anticiper la croissance du marché et continuer à offrir une expérience sans faille aux visiteurs.

Une destination animée, entre loisirs et authenticité

Guyane

Au-delà de ses infrastructures, Sint Maarten séduit par son énergie unique.
Avec ses sports nautiques, ses plages animées, ses festivals, ses casinos et sa vie nocturne foisonnante, l’île est souvent décrite comme un véritable “mini Las Vegas” des Caraïbes.

Cette diversité permet aux croisiéristes de vivre des expériences variées :

  • Farniente sur des plages de sable blanc,

  • Exploration culturelle,

  • Gastronomie créole et internationale,

  • Activités sportives pour tous les goûts.

Même pendant la basse saison estivale, Sint Maarten conserve une activité croisière régulière, accueillant plusieurs escales par semaine.

🎯 La vision portée par Rensley Rollan : continuer à offrir une destination vivante, riche et attractive, tout en maîtrisant l’accueil des volumes croissants de visiteurs.

Sint Maarten, l’équilibre entre puissance et hospitalité

Au Seatrade Cruise Global 2025, Sint Maarten a rappelé son positionnement unique : un port d’excellence capable d’accueillir les plus grands navires du monde, sans jamais sacrifier l’expérience humaine et la qualité d’accueil.

Entre infrastructures de classe mondiale et énergie caribéenne, Sint Maarten incarne une promesse forte : faire rimer gigantisme, fluidité et authenticité dans l’univers de la croisière moderne.

Croisière à Saint Kitts : cette annonce marque un tournant pour l’île, qui a enregistré une progression de 8 % des arrivées de croisiéristes durant la haute saison 2024-2025, par rapport à l’année précédente. Entre octobre 2024 et avril 2025, Saint Kitts a accueilli 748 056 passagers de croisière, contre 690 244 lors de la saison précédente. Cette augmentation n’est pas un simple hasard, mais le fruit d’une stratégie réfléchie, menée par le ministère du Tourisme, ses agences partenaires et les acteurs de l’industrie.

La ministre du Tourisme, Marsha Henderson, a souligné lors d’une conférence de presse au St. Kitts Marriott Resort le 29 avril 2025, que cette croissance était « le résultat d’efforts collectifs visant à améliorer l’expérience des visiteurs, à renforcer les infrastructures portuaires et à garantir la satisfaction et la sécurité des touristes ». Ce dynamisme s’inscrit dans une volonté affirmée de faire du tourisme un levier de développement pour l’ensemble de la population de Saint Kitts.

Croisière à Saint Kitts
©Hon. Marsha T. Henderson

Les moteurs de la croissance du tourisme de croisière à Saint Kitts

Collaboration stratégique et efforts conjoints

Le succès de la saison 2024/2025 ne repose pas uniquement sur l’attrait naturel de l’île, mais sur une collaboration étroite entre le ministère du Tourisme, les agences partenaires et les professionnels du secteur. Cette synergie a permis d’optimiser l’accueil des croisiéristes, d’offrir des services de qualité et d’assurer une organisation sans faille à chaque escale.

La ministre Marsha Henderson insiste sur l’importance de cette approche collective : « Cette croissance est le fruit d’efforts conjoints, tous centrés sur l’amélioration de l’expérience des visiteurs, le développement des infrastructures portuaires et la satisfaction des touristes ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes : croisière à Saint Kitts, c’est désormais 748 056 visiteurs en une saison, ce qui place l’île parmi les destinations les plus performantes de la région.

Croisière à Saint Kitts
Le port de Zante

Amélioration des infrastructures portuaires

L’un des piliers de cette croissance est l’investissement continu dans les infrastructures portuaires. Le port de Zante, principal point d’arrivée des croisiéristes, a bénéficié d’aménagements visant à fluidifier le débarquement, à renforcer la sécurité et à offrir des espaces commerciaux attractifs pour les visiteurs. Ces améliorations ont contribué à renforcer l’image de croisière à Saint Kitts comme une escale agréable et bien organisée.

Les compagnies telles que Royal Caribbean, Norwegian, Celebrity, Carnival et MSC ont multiplié les escales, séduites par la qualité des installations et l’accueil réservé à leurs passagers. Cet engouement confirme que la croisière à Saint Kitts suit une tendance durable.

Croisière à Saint Kitts
Le port de Zante. ©The St. Kitts-Nevis Times

L’impact du tourisme de croisière sur la population locale

Retombées économiques et sociales

Au-delà des chiffres, la ministre du Tourisme rappelle que « la véritable réussite du tourisme ne se mesure pas uniquement en nombre de visiteurs, mais dans l’impact concret sur la vie des citoyens ». L’augmentation des arrivées a généré des retombées économiques significatives : création d’emplois, dynamisation du commerce local, développement de nouvelles activités et hausse du pouvoir d’achat.

Le secteur de la croisière à Saint Kitts agit comme un moteur pour de nombreux petits entrepreneurs, artisans, restaurateurs et guides locaux. Grâce à l’afflux de visiteurs, ces acteurs bénéficient d’une clientèle renouvelée et de nouvelles opportunités de croissance.

Le Tour Development Programme : un levier pour les petites entreprises

Objectifs et fonctionnement du programme

Pour faire profiter l’ensemble de la population des retombées du tourisme, le ministère a lancé en août 2024 le Tour Development Programme. Ce dispositif accompagne les petites entreprises dans la création d’expériences touristiques authentiques, valorisant la culture et le patrimoine de l’île.

Actuellement, 15 entreprises locales bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour concevoir, promouvoir et commercialiser leurs offres auprès des croisiéristes. L’objectif est clair : faire en sorte que la croisière à Saint Kitts soutienne également les petits acteurs du secteur.

Résultats obtenus et perspectives

Les premiers résultats sont encourageants : hausse du chiffre d’affaires, meilleure visibilité, capacité d’innovation renforcée. Le ministère du Tourisme s’engage à poursuivre ce soutien afin que ces entreprises puissent continuer à se développer.

Croisière à Saint Kitts
Hon. Marsha T. Henderson

L’évolution des opérateurs touristiques et la résolution des défis

L’assurance : un obstacle levé

Un des principaux freins rencontrés par les petits opérateurs était l’accès à une assurance adaptée, indispensable pour proposer leurs services aux croisiéristes. Grâce à l’action du ministère, ce problème est désormais résolu. Ces entreprises peuvent proposer leurs offres directement via les compagnies de croisière, au même titre que les grands opérateurs.

Cette avancée garantit une concurrence plus équitable et ouvre de nouvelles perspectives de croissance pour les petites structures, renforçant la diversité dans l’offre de croisière à Saint Kitts .

Accès direct aux croisiéristes

Désormais, les petites entreprises locales peuvent présenter leurs excursions directement aux passagers, sans intermédiaire. Cette évolution favorise un tourisme plus authentique et plus équitable, en lien direct avec la population locale.

Perspectives et partenariats pour l’avenir

Visites des grands groupes de croisière

L’avenir s’annonce prometteur, avec la visite prochaine de responsables de Royal Caribbean, venus explorer les possibilités de partenariat. Cette démarche fait suite à une rencontre avec Carnival Corporation en octobre 2024.

Ces échanges témoignent de l’intérêt des grandes compagnies pour la croisière à Saint Kitts et laissent entrevoir de nouvelles perspectives pour les saisons à venir.

Défis à venir et durabilité

Malgré ces succès, plusieurs défis persistent : gestion des flux, préservation de l’environnement, adaptation aux attentes des visiteurs. Le ministère du Tourisme s’emploie à mettre en place des solutions durables pour que la croisière à Saint Kitts reste un modèle de croissance équilibrée.

La croisière à Saint Kitts connaît une croissance significative, portée par une stratégie concertée, des investissements ciblés et un soutien affirmé aux acteurs locaux. La progression de 8 % des arrivées en 2024-2025 ne marque pas seulement une réussite statistique, mais illustre une ambition : bâtir un modèle touristique inclusif, résilient et durable au service de toute la population.

Saint-Kitts affirme son engagement pour un tourisme durable et d’une expérience immersive

Présente au Seatrade Cruise Global 2025 à Miami, Saint-Kitts a confirmé sa volonté de s’imposer comme une destination caribéenne authentique, durable et attractive toute l’année.
À travers les témoignages des représentantes de la St. Christopher Air and Sea Ports Authority et de la St. Kitts Tourism Authority, l’île a montré qu’elle mise à la fois sur l’innovation environnementale et sur l’enrichissement de l’expérience touristique pour séduire les croisiéristes et les visiteurs du monde entier.

Un port au service de l'attractivité de l'île – La stratégie de l'Autorité Portuaire

Adeola Moore, directrice générale de la St. Christopher Air and Sea Ports Authority, rappelle que le port est bien plus qu’un simple point d’entrée : « C’est la première et la dernière impression que les croisiéristes gardent de notre île », souligne-t-elle.

Consciente de ce rôle essentiel dans l’expérience des visiteurs, l’île s’attache à améliorer constamment ses infrastructures pour répondre aux attentes d’une industrie en pleine évolution.

Face aux nouvelles exigences du secteur, Saint-Kitts investit dans des projets durables :

  • Déploiement de solutions solaires et éoliennes pour réduire l’empreinte carbone,

  • Anticipation de l’arrivée des premiers navires alimentés en shore power (électricité à quai).

Saint-Kitts
Adeola Moore

Avec son nouveau slogan “Venture Deeper”, l’île invite ses visiteurs à plonger plus profondément dans l’âme de Saint-Kitts : explorer sa culture, savourer sa gastronomie, vibrer au rythme de sa musique et découvrir son mode de vie authentique.

🎯 Le souhait d’Adeola Moore : faire de Saint-Kitts une destination croisière dynamique et attractive toute l’année, au-delà de la seule haute saison.

Renforcer l'offre touristique – L'engagement du Comité du Tourisme

Kelly Fontenelle

Pour Kelly Fontenelle, représentante du Comité de Tourisme de St.Kitts (St. Kitts Tourism Authority), participer au Seatrade est essentiel :
« Il est crucial de rappeler aux compagnies tout ce que Saint-Kitts a à offrir », affirme-t-elle.

Cette saison, l’île vise un cap historique : accueillir plus d’un million de croisiéristes — une performance marquante après les ralentissements liés à la pandémie.

Saint-Kitts séduit par la diversité de son offre :

– Plages préservées,

– Forteresse de Brimstone Hill, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO,

– Patrimoine culturel riche,

– Expériences gastronomiques locales,

– Nombreuses animations et événements.

Pour enrichir encore son attractivité nautique, l’île prépare le lancement de sa propre régate, prévue pour 2026–2027.

🎯 L’ambition de Kelly Fontenelle : faire de cette régate un rendez-vous majeur du calendrier nautique caribéen.

Saint-Kitts, un nouvel élan pour un tourisme durable et immersif

Au Seatrade Cruise Global 2025, Saint-Kitts a clairement affirmé sa volonté de consolider son positionnement comme destination croisière de référence, étendre son attractivité au-delà de la saison traditionnelle, proposer une expérience plus authentique et inscrire son développement dans une démarche durable.

À Saint-Kitts, la croisière n’est pas qu’une escale : c’est une immersion dans une île vivante, généreuse et résolument tournée vers l’avenir.

La Dominique affirme son identité au Seatrade et renforce sa stratégie croisière

Présente à Miami lors du Seatrade Cruise Global, la ministre du Tourisme de la Dominique, Denise Charles Pemberton, a mis en lumière les atouts naturels et culturels de l’île. Dans un contexte de montée en puissance du tourisme de croisière, elle a également souligné l’importance de mieux faire connaître la Dominique à l’international — souvent confondue avec son homonyme hispanophone — et de poursuivre les efforts d’accessibilité et d’accueil.

Dominique
Denise Charles Pemberton

Une destination singulière portée par la nature et les traditions

Surnommée “l’île nature de la Caraïbe”, la Dominique cultive un positionnement unique autour du bien-être, de l’aventure et de la culture. Avec ses 365 rivières, ses sources thermales, ses chutes d’eau spectaculaires et son lac bouillant — le deuxième plus grand du monde —, elle séduit les amoureux d’écotourisme et d’expériences immersives.

Dominique

Mais l’île ne se limite pas à ses paysages. Elle est aussi le berceau du peuple autochtone Kalinago, une richesse vivante qui nourrit l’identité culturelle dominiquaise. Randonnées sur le Waitukubuli Trail, itinéraires côtiers en kayak, plongée, gastronomie locale… l’offre est dense, variée, et profondément ancrée dans le territoire.

La croisière, un moteur économique en pleine accélération

« L’an dernier, nous avons enregistré une hausse de 23 % du nombre de passagers de croisière débarquant sur l’île », annonce fièrement la ministre. Ce dynamisme profite à de nombreux acteurs : artisans, restaurateurs, chauffeurs de taxi, guides… Chaque escale génère une activité économique immédiate et tangible.

Consciente de cet enjeu, la Dominique investit actuellement dans la modernisation de ses infrastructures portuaires afin de pouvoir accueillir des navires de plus grande capacité. Une stratégie qui vise à renforcer la place de l’île sur la carte des destinations croisières incontournables de la région.

Dominique
Dominique

Clarifier l’image de la Dominique et renforcer la connectivité

Malgré ses atouts, la Dominique souffre encore d’un déficit de notoriété. « Beaucoup confondent notre île avec la République dominicaine », déplore Denise Charles Pemberton. « Si je pouvais agir d’un coup de baguette magique, je ferais en sorte que le monde entier sache que la Dominique est une île anglophone située entre la Martinique et la Guadeloupe. »

Améliorer la connectivité aérienne et maritime reste une priorité pour faciliter l’accès à ce joyau encore trop discret de la Caraïbe.

La ministre en a profité pour inviter le public à découvrir l’île à travers ses événements culturels majeurs, notamment le Jazz & Créole le 4 mai à Portsmouth, et surtout le 25e anniversaire du World Creole Music Festival en octobre prochain, une édition anniversaire qu’elle promet « grandiose, entre musique, culture et gastronomie ».

Dominique
Dominique

Crédit photo @Discover Dominica, Ministry of Tourism et Richès Karayib

Fondation de la mer incarne l’action, l’innovation et la mobilisation pour la défense de l’Océan. Dès le début, il est essentiel de comprendre que la Fondation de la mer agit concrètement pour préserver la biodiversité marine, lutter contre la pollution, soutenir la recherche et sensibiliser tous les publics, notamment dans les zones sensibles comme la mer des Caraïbes. La Fondation de la mer est aujourd’hui un acteur majeur de la protection des écosystèmes marins, fédérant ONG, scientifiques, collectivités et citoyens autour d’une cause universelle.

Historique de la Fondation de la mer

Créée en 2015, la Fondation de la mer est née de l’initiative de passionnés du monde maritime, de la société civile et de scientifiques. Leur ambition : répondre à l’urgence écologique par une approche globale, mêlant écologie, recherche, innovation et implication citoyenne. Grâce à des partenariats solides avec des institutions comme le Ministère de la Transition écologique, le CNRS ou encore le Muséum national d’Histoire naturelle, la Fondation de la mer a rapidement gagné en crédibilité et en efficacité.

Mission et valeurs de la Fondation de la mer

Les cinq piliers d’action


La Fondation de la mer structure ses missions autour de cinq axes majeurs :

  • Connaître : soutenir la recherche et la connaissance des océans.
  • Protéger : préserver la biodiversité et les écosystèmes marins.
  • Impliquer : mobiliser citoyens, entreprises et collectivités.
  • Transformer : encourager l’innovation et les modèles économiques durables.
  • Sensibiliser : informer et former tous les publics, en particulier les jeunes.

Les partenaires clés

Son réseau de partenaires inclut des institutions publiques, des associations, des centres de recherche et des entreprises, ce qui lui permet de mutualiser les compétences et de renforcer l’impact de ses actions.

Les grands programmes de la Fondation de la mer

Protection de la biodiversité marine

La Fondation de la mer pilote et soutient plus de 40 programmes, dont plusieurs dans la Caraïbe, pour restaurer les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers marins. Elle agit aussi contre la surpêche, la pollution et la dégradation des habitats marins.

Lutte contre la pollution et soutien à la recherche

L’ONG a permis la collecte de plus de 1 500 tonnes de déchets sur les littoraux depuis 2020, grâce à la mobilisation de 97 000 bénévoles. Elle finance également des projets de recherche pour mieux comprendre et combattre les menaces qui pèsent sur les océans.

Sensibilisation et implication du public

Plus de 350 000 jeunes ont été sensibilisés aux enjeux marins via des ateliers, des ressources pédagogiques et des événements locaux. La Fondation de la mer mise sur l’implication de tous pour bâtir une dynamique collective.

Actions concrètes dans la mer des Caraïbes et zones concernées

La Fondation de la mer déploie plusieurs projets phares dans la mer des Caraïbes, en Martinique, Guadeloupe, Guyane et dans d’autres territoires d’Outre-mer.
Ces initiatives renforcent la présence et la mission de la Fondation de la mer dans cette région particulièrement fragile.

Coup de pouce participatif à la Mangrove Martiniquaise (Martinique)

Porté par l’association Roots of the Sea, ce projet lauréat du programme SOS Corail 2024 vise à restaurer deux zones de mangrove dégradées, l’une sur la côte Atlantique, l’autre sur la côte Caraïbe. Ces zones sont menacées par le réchauffement climatique, les échouages de sargasses, l’urbanisation et la pollution. L’objectif est de replanter et de régénérer la mangrove, tout en impliquant la population locale, les gestionnaires et d’autres associations du territoire.

Le projet comprend :

  • Une étude d’impact et un inventaire faunistique et floristique.
  • L’analyse des conditions environnementales avant toute intervention.
  • La création de pépinières in situ et ex situ pour cultiver des plants de palétuviers.
  • La plantation et le suivi de croissance sur 5 000 m² de mangroves.
  • Un volet de sensibilisation et de formation des habitants et des scolaires.
Fondation de la mer

Restauration des mangroves du Diamant et du Robert (Martinique)

Ce projet, également soutenu par la Fondation de la mer, cible la restauration de deux zones de mangroves, au Diamant (côte Caraïbe) et au Robert (côte Atlantique). Il s’agit de répondre à la dégradation rapide de ces écosystèmes, due à l’urbanisation, la pollution et les pressions climatiques. L’initiative implique une collaboration étroite avec les collectivités, la population riveraine et des experts pour garantir une approche durable et inclusive.

 Le projet prévoit :

  • Des études préalables pour identifier les pressions et les besoins.
  • La replantation de mangroves avec des espèces locales.
  • Un suivi environnemental continu et l’implication des acteurs locaux.
Fondation de la mer

Éco-ancrages pour protéger les fonds marins (Guadeloupe)

En Guadeloupe, la Fondation de la mer soutient le projet innovant d’installation de 200 éco-récifs de mouillage, porté par l’association Kazarecycle. Ces éco-ancrages sont conçus pour protéger les herbiers marins et les récifs coralliens, très affectés par les ancres des bateaux. Immergés, ils servent de refuge à la faune marine et de support à la croissance des coraux. En surface, ils permettent un amarrage respectueux de l’environnement, évitant la destruction des habitats sensibles.

 Le projet comprend :

  • L’immersion de 200 éco-récifs dans des zones à protéger.
  • 12 actions de nettoyage des fonds marins.
  • Un volet d’insertion sociale et d’économie circulaire via l’Atelier Chantier d’Insertion de Kazarecycle.
  • Un suivi scientifique pour garantir l’absence d’impact négatif sur l’environnement.
Fondation de la mer
Fondation de la mer
Fondation de la mer
Fondation de la mer

Appels à projets pour la protection et la réhabilitation des mangroves et des récifs (Caraïbes et Guyane)

La Fondation de la mer, en partenariat avec l’IFRECOR, lance régulièrement des appels à projets pour soutenir la protection et la restauration des mangroves, des récifs coralliens et des herbiers marins dans les territoires d’Outre-mer, dont la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.

Ces appels à projets permettent :

  • De financer des actions concrètes de restauration écologique (plantation, nettoyage, suivi scientifique).
  • D’impliquer les associations locales, les collectivités et les citoyens.
  • De sensibiliser le public à l’importance de ces écosystèmes.
  • D’encourager l’innovation et la recherche sur les solutions fondées sur la nature.
Fondation de la mer

Sensibilisation et implication des jeunes et des populations locales

Au-delà des projets de restauration, la Fondation de la mer mène des actions de sensibilisation dans les écoles et auprès du grand public, pour faire connaître le rôle essentiel des mangroves, des récifs et des herbiers marins dans la Caraïbe. Ces actions incluent des ateliers, des conférences, des sorties sur le terrain et la création de supports pédagogiques adaptés.

Chiffres clés et perspectives d’avenir

Résultats obtenus

  • Plus de 40 programmes actifs, dont plusieurs dans la Caraïbe.
  • 1 500 tonnes de déchets collectés depuis 2020.
  • 350 000 jeunes sensibilisés.
  • 97 000 bénévoles engagés.
  • En Guadeloupe, densification des herbiers marins et création de nouveaux habitats coralliens grâce aux éco-ancrages.

Les défis à venir

La Fondation de la mer doit poursuivre ses efforts face à l’accélération du changement climatique, à la pollution et à la perte de biodiversité. L’innovation, l’implication citoyenne et le renforcement des partenariats locaux seront clés pour garantir la pérennité de ses actions dans la mer des Caraïbes et au-delà.

 Fondation de la mer prouve chaque jour que la préservation de l’Océan, en particulier dans la mer des Caraïbes, est possible grâce à des actions concrètes, innovantes et inclusives. Que ce soit par la restauration des mangroves, la mise en place d’éco-ancrages ou la sensibilisation des populations, l’ONG s’impose comme un acteur de référence. Les résultats sont là, mais la mobilisation doit continuer pour que la mer reste une source de vie et d’équilibre pour les générations futures.

Le nom de Joseph Laroche résonne aujourd’hui comme un symbole puissant, celui d’un homme haïtien, ingénieur de talent, père de famille et surtout, le seul passager noir connu à bord du Titanic. Pourtant, pendant des décennies, son histoire a été éclipsée, oubliée ou ignorée dans les récits officiels du légendaire naufrage. Retour sur un destin hors du commun, qui éclaire non seulement l’histoire du Titanic, mais aussi celle d’Haïti, joyau méconnu de la Caraïbe et des combats silencieux contre le racisme au début du XXe siècle.

Une enfance haïtienne entre héritage et ambitions

Joseph Philippe Lemercier Laroche voit le jour en 1886 à Cap-Haïtien, ville historique du nord d’Haïti, berceau de la révolution haïtienne et symbole fort de la Caraïbe. Issu d’une famille bourgeoise, il porte en lui un héritage prestigieux : son grand-père fut bottier du roi Henri Christophe, figure emblématique de l’indépendance haïtienne. Sa mère, femme d’affaires avisée, prospère dans le négoce du café, cacao, canne à sucre et coton. Elle investit tout dans l’éducation de son fils unique, convaincue que la connaissance est la clé de la réussite.

À 15 ans, Joseph quitte Haïti pour la France, destination choisie pour ses études supérieures. Ce départ marque le début d’un parcours qui mêle espoir, détermination et confrontation aux réalités d’un monde racialisé.

Études en France : un ingénieur face aux barrières invisibles

À Beauvais, Joseph Laroche décroche son baccalauréat puis un diplôme d’ingénieur agronome. Il épouse Juliette Lafargue, une jeune Française, union rare et courageuse pour l’époque, bravant les préjugés raciaux et sociaux. Ensemble, ils fondent une famille avec deux filles, Simone et Louise, puis attendent un troisième enfant. Malgré ses compétences, Joseph rencontre en France un racisme insidieux.

Son diplôme ne suffit pas à lui ouvrir toutes les portes. Il travaille notamment à la construction de la ligne 12 du métro parisien, reliant la Porte de la Chapelle à la Porte de Versailles, un projet d’envergure dont il est fier. Mais les opportunités se font rares, les emplois stables absents. La France républicaine, pourtant porteuse d’idéaux d’égalité, se montre souvent fermée aux talents venus des anciennes colonies.

Joseph Laroche
La famille Laroche, Joseph en compagnie de sa femme Juliette et de leurs filles Simone et Louise. Source : Domaine public

Le retour en Haïti : un espoir porté par la famille

Face à ces difficultés, Joseph Laroche et Juliette décident de rentrer en Haïti, où l’oncle par alliance de Joseph, Cincinnatus Leconte, vient d’être élu président de la République. Ce lien familial ouvre des perspectives : Joseph est promis à un poste de professeur de mathématiques, une reconnaissance professionnelle et sociale bienvenue.

Le retour en terre natale devient alors un projet familial, un rêve d’un avenir meilleur pour leurs enfants, loin des discriminations européennes.

Le choix du Titanic : un voyage d’espoir et de contraintes

La famille de Joseph Laroche réserve d’abord des billets en première classe sur le paquebot France, symbole d’élégance et de statut social. Mais la politique du navire interdit aux enfants de dîner avec leurs parents, un affront insupportable pour Joseph et Juliette. Ils annulent leur réservation et choisissent de voyager en deuxième classe à bord du Titanic, un navire flambant neuf, réputé insubmersible, qui accepte les enfants à table.

Le 10 avril 1912, ils embarquent à Cherbourg, avec l’espoir de rejoindre New York puis Haïti. Le voyage débute sous les meilleurs auspices : luxe, confort, émerveillement des enfants. Juliette écrit une lettre décrivant leur bonheur, ignorant encore le drame qui se profile.

Joseph Laroche
Le RMS Titanic, à Southampton, le 10 avril 1912. Source : Francis Godolphin Osbourne Stuart

Le naufrage : un sacrifice et une séparation douloureuse

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic heurte un iceberg. La panique s’empare du navire. Les femmes et les enfants sont prioritaires pour les canots de sauvetage. Joseph Laroche veille à ce que Juliette et leurs filles embarquent en sécurité. Il confie la petite Louise à sa femme et sa fille Simone, leur promettant de les rejoindre bientôt. Ce sera leur dernier adieu.

Joseph disparaît dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord, son corps jamais retrouvé. Juliette et ses filles sont sauvées par le Carpathia, mais le traumatisme est immense. Juliette donne naissance à leur troisième enfant, un garçon prénommé Joseph, en hommage à son père disparu.

Haïti, la Caraïbe et la mémoire retrouvée

L’histoire de Joseph Laroche est aussi celle d’Haïti, pays fondateur de la première République noire indépendante, souvent marginalisé dans les récits historiques globaux. Son parcours illustre les défis d’un homme noir issu de la Caraïbe, confronté aux discriminations en Europe, mais porteur d’un héritage culturel et politique fort.

Pendant longtemps, son nom fut effacé, oublié dans les archives du Titanic. Ce silence témoigne des biais raciaux et des oublis volontaires de l’histoire. Ce n’est que grâce aux recherches du journaliste et auteur Serge Bilé dans son livre : “Le seul passager noir du TITANIC” que la mémoire de Joseph Laroche a été ravivée, offrant une nouvelle perspective sur le drame du Titanic, plus inclusive et humaine.

Joseph Laroche
Le journaliste et auteur Serge Bilé. Source: Conrad Vitasse
Joseph Laroche
Couverture du livre : "Le seul passager noir du TITANIC"

Joseph Laroche incarne la force d’un homme qui, malgré les obstacles, a poursuivi ses rêves et protégé sa famille jusqu’au sacrifice ultime. Son histoire invite à repenser les récits historiques, à reconnaître les voix oubliées, et à célébrer la richesse des héritages caribéens dans la grande histoire mondiale.

Lors du Seatrade Cruise Global 2025, un panel s’est penché sur les nouvelles attentes des voyageurs de croisière, en particulier des jeunes générations, et sur la manière dont ces changements imposent une réinvention complète des expériences proposées à terre.

Seatrade Cruise Global 2025 : de la visite guidée à l’expérience personnalisée

Modérée par Shannon McKee, présidente de Access Cruise, la discussion du Seatrade Cruise Global 2025 a réuni des figures clés de l’industrie : Tracey Diaz (Princess Cruises), Christine Manjencic (Norwegian Cruise Line Holdings), Marc Melville (Chukka Caribbean Adventures), Leyla R. Osorio (Global Cruises LLC) et Claudine Pohl (Lemoneight).

Dès les premières interventions du Seatrade Cruise Global 2025, le constat est posé : les croisiéristes d’aujourd’hui attendent bien plus qu’un simple tour panoramique. « Ce que cette nouvelle génération recherche, c’est une vraie expérience », affirme Christine Manjencic. Elle cite l’exemple d’un « selfie tour » initialement conçu pour Norwegian Cruise Line et adapté à Oceania Cruises sous l’intitulé Capturing the Moment – une requalification simple mais efficace pour séduire un public premium.

Seatrade Cruise Global
Christine Manjencic

« Aujourd’hui, une nouvelle génération découvre la croisière… et ne la considère plus comme une activité pour les retraités. »
Tracey Diaz
rappelle lors du Seatrade Cruise Global à quel point la pandémie a changé les attentes : voyager n’est plus un acquis, mais un privilège. Les passagers recherchent désormais des expériences plus intimes, plus vraies, plus humaines.

Seatrade Cruise Global
Tracey Diaz

L’authenticité comme moteur de différenciation

Pour les opérateurs touristiques, le défi est double : rester innovant tout en s’ancrant dans le réel. Pour Marc Melville, la réponse tient en un mot : authenticité. « Notre force, c’est d’être résolument local, sans compromis. Ce qui semble banal pour nous est souvent ce qui marque le plus un visiteur. »

Il insiste sur l’importance du récit. Un geste aussi simple que poser la main sur un arbre peut devenir un souvenir marquant, dès lors qu’il est contextualisé. « Il n’y a pas de prix pour une expérience locale et authentique », souligne-t-il.

Seatrade Cruise Global
Marc Melville

Avec une présence dans 140 destinations, Leyla Osorio observe que les croisiéristes réguliers ne veulent pas revivre la même excursion. « Nous devons proposer une nouvelle lecture du lieu, avec un autre regard, une autre narration. » Elle met aussi en avant lors du Seatrade Cruise Global l’importance d’adapter les excursions à l’identité propre de chaque compagnie maritime.

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Leyla Osorio

Innover, collaborer et anticiper

Tous les intervenants du Seatrade Cruise Global 2025 s’accordent : l’avenir du secteur dépendra de l’innovation, de l’anticipation… et d’une collaboration renforcée.

Christine Manjencic a partagé des données révélatrices sur l’évolution des comportements depuis la pandémie : « Avant le COVID, nous mettions en ligne les excursions 2 à 3 mois avant la croisière et seuls 20 % étaient vendus à l’avance. »

« Aujourd’hui, nous ouvrons à 365 jours et atteignons 75 % de préventes. »

Elle ajoute, non sans fierté : « En 2019, nous avons envoyé 4,3 millions de passagers en excursions à terre. L’an dernier, nous avons frôlé les 6 millions. »

Une progression spectaculaire, qui montre à quel point l’anticipation, la veille des tendances et la personnalisation sont devenues essentielles dans la conception des offres.

Claudine Pohl rappelle lors du Seatrade Cruise Global 2025 que la compétence à raconter une histoire est aussi précieuse que l’itinéraire lui-même. « Sans formation à la prise de parole, vos guides ne transmettront pas l’expérience. »

Leyla Osorio, pour sa part, a insisté sur une nouvelle dimension essentielle dans le design d’expérience : « Une excursion doit être immersive, authentique… et photogénique. »
À l’heure des voyages dictés par les réseaux sociaux, il ne suffit plus de vivre une expérience : il faut pouvoir la partager, visuellement, et en tirer des “bragging rights”.
Elle encourage les destinations à intégrer des éléments marquants – esthétiques, symboliques, instagrammables – qui deviennent des souvenirs autant que des preuves sociales.

Seatrade Cruise Global

Enfin, Marc Melville lors du Seatrade Cruise Global 2025 a conclu avec un appel engagé : « La Caraïbe n’a jamais eu autant d’opportunités. Saisissons-les. Travaillons main dans la main avec nos partenaires croisière pour que nos îles rayonnent encore davantage. »

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Seatrade Cruise Global
Shannon McKee
Seatrade Cruise Global

Les croisiéristes ne cherchent plus des tours, mais des émotions.

Ce panel offre une boussole précieuse pour les territoires de la Caraïbe souhaitant rester attractifs face à des croisiéristes en quête de sens et d’authenticité.

👉 Assumer pleinement l’ancrage local. Comme le souligne Marc Melville : « Ce qui est banal pour vous peut devenir extraordinaire pour un visiteur. » Il est essentiel de miser sur le récit, l’immersion sensorielle et l’expression culturelle plutôt que de se conformer à des standards globalisés.

👉 Proposer une valeur exclusive croisière. Un produit à terre doit offrir ce que les visiteurs ne peuvent pas réserver seuls sur Internet. Parfois, cela tient à un geste, un plat, un lieu symbolique ou un moment à partager… pourvu qu’il touche.

👉 Coopérer à tous les niveaux. Claudine Pohl rappelle l’importance de mobiliser chauffeurs de taxi, artisans, guides et autorités locales. Un simple « Bienvenue » bien pensé ou une mise en scène visuelle peuvent transformer l’expérience.

En résumé : il ne s’agit plus seulement d’accueillir, mais de transmettre une histoire.

Renforcer la protection des tortues marines grâce à une gouvernance régionale des océans a été l’un des enjeux majeurs de la réunion annuelle 2025 du réseau WIDECAST, qui s’est tenue à Saint-Kitts-et-Nevis. À cette occasion, des experts marins et des acteurs de la conservation issus de la Grande Caraïbe, d’Australie et des Pays-Bas ont uni leurs voix pour approfondir la coopération régionale autour de la protection des tortues marines, avec un rôle central joué par le Suriname et les Guyanes.

tortues marines

Un engagement partagé pour les tortues marines de la Caraïbe

Organisée en mars au St. Kitts Marriott Resort, l’AGM 2025 de WIDECAST a réuni plus de 80 participants engagés dans la conservation marine. L’événement a permis de faire le point sur les actions nationales, de partager des données scientifiques et d’avancer collectivement sur des projets phares comme le Blue Corridors for Sea Turtles, centré sur la préservation des routes migratoires des tortues marines et le plan d’action régional (PAR) pour la tortue luth de l’Atlantique Nord-Ouest (NWA) pour les Caraïbes élargies, axé sur la protection de la tortue luth dans cette région.

Les ateliers ont abordé des thèmes fondamentaux : lutte contre le commerce illégal, autopsie des tortues marines, santé marine, et usage de la plateforme EarthRanger pour le suivi des espèces. Ces échanges ont illustré le rôle clef de WIDECAST comme réseau reliant actions locales et stratégies régionales.

Le Suriname et les Guyanes en action

sea turtle

En tant que coordinateur des océans pour le WWF-Guianes et coordinateur national référent de WIDECAST au Suriname, l’orateur a présenté un exposé intitulé « Transformer la gouvernance régionale des océans en luttant contre la pêche INN et en protégeant les tortues marines dans les Guyanes ».

Sa présentation a mis en lumière l’un des principaux défis du déclin de la tortue luth, à savoir la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ainsi que les efforts entrepris pour y remédier, notamment :

  • Le renforcement des cadres de gouvernance de la pêche ;

  • La surveillance renforcée et le partage d’informations sur le terrain ;

  • La protection des plages de ponte et des couloirs migratoires ;

  • L’adaptation aux impacts du changement climatique ;

  • L’actualisation du Plan de Récupération des Tortues Marines du Suriname (STRAP).

Les Guyanes se positionnent ainsi comme des territoires moteurs pour une gouvernance des océans durable et concertée à l’échelle caribéenne.

tortues marines

Une action locale pour un impact régional

L’intervention du Suriname a souligné combien les menaces pesant sur la biodiversité marine dépassent les frontières. La conservation des tortues marines, espèce migratoire par excellence, appelle des réponses coordonnées et transversales.

Cette dynamique est illustrée par le plan d’action régional (PAR) pour l’Atlantique du Nord-Ouest (NWA) pour les Caraïbes élargies et le projet Corridors bleus, ainsi que par les engagements pris collectivement. Dans un contexte de pression croissante sur les écosystèmes marins, le futur de la conservation passera par une coopération renforcée, des décisions fondées sur la science et un véritable sens du bien commun.

Le projet MAGHIC 2, lancé en mars à Pointe-à-Pitre avec le soutien du programme INTERREG Caraïbes, marque une étape décisive dans le développement d’une filière maritime décarbonée adaptée aux réalités caribéennes.

Alors que les enjeux climatiques exigent des mutations profondes, la Caraïbe affirme sa volonté de devenir un territoire pilote en matière de transport maritime durable. C’est dans ce contexte que FARWIND Energy, jeune pousse engagée dans la décarbonation du transport maritime, coordonne le projet MAGHIC 2, avec pour objectif de structurer une véritable filière industrielle et scientifique autour de la propulsion vélique et de l’hydrogène dans la région.

Financé à hauteur de 2,2 millions d’euros de fonds FEDER via INTERREG Caraïbes, MAGHIC 2 incarne une alliance entre innovation technologique, recherche académique, et ambition régionale.

Une propulsion maritime innovante testée en conditions réelles

Au cœur du projet MAGHIC 2, la voile rotor développée par FARWIND Energy promet une réduction significative des émissions de CO₂, pouvant aller jusqu’à 40 % de carburant en moins pour les navires. Cette technologie, éprouvée dans des environnements maritimes sévères, ouvre des perspectives concrètes pour un transport maritime plus responsable, en phase avec les objectifs climatiques européens et ceux de l’OMI.

Mais MAGHIC 2 va plus loin : le projet explore également des solutions innovantes de stockage d’hydrogène, à terre comme en mer, capables de contenir entre 10 et 100 tonnes, avec un impact foncier réduit. Une réponse aux défis logistiques et énergétiques spécifiques à la géographie insulaire.

Un réseau caribéen de recherche et d’industrie pour accompagner la transition

L’une des forces du projet réside dans sa capacité à créer une dynamique régionale autour des compétences et des savoirs. FARWIND Energy fédère ainsi un réseau d’institutions académiques de premier plan :

  • Caribbean Maritime University (Jamaïque)

  • Université de Trinité-et-Tobago

  • Centro Nacional de Investigaciones Cientificas (Cuba)

  • Universidad Autonoma de Campeche (Mexique)

Ces établissements concentreront leurs travaux sur la tenue en service des matériaux et l’adaptation des solutions aux conditions climatiques et maritimes spécifiques de la Caraïbe.

Côté industriel, la SARA (Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles) s’associe au projet pour favoriser le transfert technologique et renforcer les compétences locales. L’ambition est claire : structurer un écosystème régional pérenne autour de la propulsion maritime décarbonée et de la filière hydrogène.

MAGHIC 2
MAGHIC 2

Une vision stratégique pour la souveraineté énergétique caribéenne

En consolidant un socle de compétences régionales et en misant sur des technologies adaptées, MAGHIC 2 place la Caraïbe sur la voie d’une transition énergétique maritime ambitieuse et cohérente. Le projet participe à la construction d’une souveraineté énergétique au service de la compétitivité et de la résilience des territoires caribéens.

« Ce projet illustre une approche intégrée combinant innovation, industrialisation et coopération scientifique, et représente une avancée majeure pour un transport maritime plus durable », souligne Arnaud Poitou, président de FARWIND Energy.

Lancé en Guadeloupe, MAGHIC 2 fait émerger une Caraïbe plus intelligente et plus audacieuse, capable d’inventer ses propres réponses aux défis énergétiques mondiaux tout en valorisant ses ressources naturelles, son savoir-faire et sa position stratégique.