Seatrade Cruise Global 2025 : Réinventer les excursions à terre face aux mutations générationnelles de la croisière

Seatrade Cruise Global

Lors du Seatrade Cruise Global 2025, un panel s’est penché sur les nouvelles attentes des voyageurs de croisière, en particulier des jeunes générations, et sur la manière dont ces changements imposent une réinvention complète des expériences proposées à terre.

Seatrade Cruise Global 2025 : de la visite guidée à l’expérience personnalisée

Modérée par Shannon McKee, présidente de Access Cruise, la discussion du Seatrade Cruise Global 2025 a réuni des figures clés de l’industrie : Tracey Diaz (Princess Cruises), Christine Manjencic (Norwegian Cruise Line Holdings), Marc Melville (Chukka Caribbean Adventures), Leyla R. Osorio (Global Cruises LLC) et Claudine Pohl (Lemoneight).

Dès les premières interventions du Seatrade Cruise Global 2025, le constat est posé : les croisiéristes d’aujourd’hui attendent bien plus qu’un simple tour panoramique. « Ce que cette nouvelle génération recherche, c’est une vraie expérience », affirme Christine Manjencic. Elle cite l’exemple d’un « selfie tour » initialement conçu pour Norwegian Cruise Line et adapté à Oceania Cruises sous l’intitulé Capturing the Moment – une requalification simple mais efficace pour séduire un public premium.

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Christine Manjencic

« Aujourd’hui, une nouvelle génération découvre la croisière… et ne la considère plus comme une activité pour les retraités. »
Tracey Diaz
rappelle lors du Seatrade Cruise Global à quel point la pandémie a changé les attentes : voyager n’est plus un acquis, mais un privilège. Les passagers recherchent désormais des expériences plus intimes, plus vraies, plus humaines.

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Tracey Diaz

L’authenticité comme moteur de différenciation

Pour les opérateurs touristiques, le défi est double : rester innovant tout en s’ancrant dans le réel. Pour Marc Melville, la réponse tient en un mot : authenticité. « Notre force, c’est d’être résolument local, sans compromis. Ce qui semble banal pour nous est souvent ce qui marque le plus un visiteur. »

Il insiste sur l’importance du récit. Un geste aussi simple que poser la main sur un arbre peut devenir un souvenir marquant, dès lors qu’il est contextualisé. « Il n’y a pas de prix pour une expérience locale et authentique », souligne-t-il.

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Marc Melville

Avec une présence dans 140 destinations, Leyla Osorio observe que les croisiéristes réguliers ne veulent pas revivre la même excursion. « Nous devons proposer une nouvelle lecture du lieu, avec un autre regard, une autre narration. » Elle met aussi en avant lors du Seatrade Cruise Global l’importance d’adapter les excursions à l’identité propre de chaque compagnie maritime.

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Leyla Osorio

Innover, collaborer et anticiper

Tous les intervenants du Seatrade Cruise Global 2025 s’accordent : l’avenir du secteur dépendra de l’innovation, de l’anticipation… et d’une collaboration renforcée.

Christine Manjencic a partagé des données révélatrices sur l’évolution des comportements depuis la pandémie : « Avant le COVID, nous mettions en ligne les excursions 2 à 3 mois avant la croisière et seuls 20 % étaient vendus à l’avance. »

« Aujourd’hui, nous ouvrons à 365 jours et atteignons 75 % de préventes. »

Elle ajoute, non sans fierté : « En 2019, nous avons envoyé 4,3 millions de passagers en excursions à terre. L’an dernier, nous avons frôlé les 6 millions. »

Une progression spectaculaire, qui montre à quel point l’anticipation, la veille des tendances et la personnalisation sont devenues essentielles dans la conception des offres.

Claudine Pohl rappelle lors du Seatrade Cruise Global 2025 que la compétence à raconter une histoire est aussi précieuse que l’itinéraire lui-même. « Sans formation à la prise de parole, vos guides ne transmettront pas l’expérience. »

Leyla Osorio, pour sa part, a insisté sur une nouvelle dimension essentielle dans le design d’expérience : « Une excursion doit être immersive, authentique… et photogénique. »
À l’heure des voyages dictés par les réseaux sociaux, il ne suffit plus de vivre une expérience : il faut pouvoir la partager, visuellement, et en tirer des “bragging rights”.
Elle encourage les destinations à intégrer des éléments marquants – esthétiques, symboliques, instagrammables – qui deviennent des souvenirs autant que des preuves sociales.

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Enfin, Marc Melville lors du Seatrade Cruise Global 2025 a conclu avec un appel engagé : « La Caraïbe n’a jamais eu autant d’opportunités. Saisissons-les. Travaillons main dans la main avec nos partenaires croisière pour que nos îles rayonnent encore davantage. »

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Shannon McKee
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Les croisiéristes ne cherchent plus des tours, mais des émotions.

Ce panel offre une boussole précieuse pour les territoires de la Caraïbe souhaitant rester attractifs face à des croisiéristes en quête de sens et d’authenticité.

👉 Assumer pleinement l’ancrage local. Comme le souligne Marc Melville : « Ce qui est banal pour vous peut devenir extraordinaire pour un visiteur. » Il est essentiel de miser sur le récit, l’immersion sensorielle et l’expression culturelle plutôt que de se conformer à des standards globalisés.

👉 Proposer une valeur exclusive croisière. Un produit à terre doit offrir ce que les visiteurs ne peuvent pas réserver seuls sur Internet. Parfois, cela tient à un geste, un plat, un lieu symbolique ou un moment à partager… pourvu qu’il touche.

👉 Coopérer à tous les niveaux. Claudine Pohl rappelle l’importance de mobiliser chauffeurs de taxi, artisans, guides et autorités locales. Un simple « Bienvenue » bien pensé ou une mise en scène visuelle peuvent transformer l’expérience.

En résumé : il ne s’agit plus seulement d’accueillir, mais de transmettre une histoire.

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