Richès Karayib a rencontré Jules Sobion, alias Julius Caesar, fondateur et PDG de Caesar’s Army Limited, lors de la 43ᵉ édition du Caribbean Travel Marketplace. Entrepreneur culturel et ambassadeur informel du festival-caribbean-lifestyle, Jules Sobion revient sur l’évolution de son entreprise et son positionnement stratégique autour du festival-tourisme, où la fête devient un levier de valorisation des territoires caribéens.
De Trinidad aux capitales culturelles du monde
Fondée il y a près de 20 ans à Trinidad-et-Tobago, Caesar’s Army s’est d’abord imposée localement, avant de s’exporter dans la région et au-delà : Barbade, Jamaïque, Miami, New York, Londres…
« Quand on a eu accès au Carnaval de Trinidad, on a pu exporter ce qu’on fait de mieux : de l’immersion, de l’énergie, de la culture vivante. »
Aujourd’hui, Caesar’s Army est à la fois un label événementiel et un mouvement identitaire. Il fédère une communauté de passionnés de culture caribéenne, toujours en quête de nouvelles expériences.
Un pivot vers le tourisme expérientiel
La participation au Caribbean Travel Marketplace 2025 marque une nouvelle étape pour Jules Sobion : la structuration de Caesar’s Army comme opérateur de séjours culturels intégrés.
« On ne veut pas juste faire des événements. On veut créer des week-ends immersifs avec vol, hébergement et découverte culturelle de la destination. »
Ce repositionnement de Jules Sobion vise à ancrer les événements dans les territoires, en s’associant aux offices de tourisme, aux acteurs locaux, et en offrant des formules tout-en-un. Plus qu’un show, chaque événement devient une expérience de territoire.
Un calendrier 2025 sous le signe de la Caraïbe et de la diaspora
Le calendrier événementiel de Caesar’s Army en 2025 reflète une stratégie claire : conjuguer fête, culture, mobilité diasporique et ancrage territorial. Chaque événement est conçu comme une expérience immersive qui lie le public à une destination et à son identité caribéenne.
🌆 Bacchanal Blocko – Miami, USA
🗓️ Samedi 24 mai 2025, de 9h à 15h
📍 Historic Virginia Key Beach Park, Miami
🎯 Block party « beach J’Ouvert » : peinture, poudre, eau, DJs et ambiance soca au lever du jour, célébrée pour marquer le Memorial Day Weekend.
Mai Tai Manhattan – New York, USA
🗓️ Dimanche 22 juin 2025, de 11h à 18h
📍 The Ainsworth Midtown, Manhattan
🎯 Fusion cocktail-soirée urbaine : mixologie tropicale, musique soca, dancehall et afrobeats dans une ambiance rooftop pour les diasporas caribéennes.
Street X Food Festival – Port of Spain, Trinidad-et-Tobago
🗓️ Début juillet 2025
📍 Centre-ville de Port of Spain
🎯 Festival de rue gastronomique : tradition gustative (doubles, roti, jerk), culture hip-hop, performances urbaines, stands d’artistes. Un hommage à la culture de rue caribéenne.
Blocko – Sainte‑Lucie
🗓️ Samedi 19 juillet 2025, de 5h à 11h
📍 Beausejour Promenade, Castries
🎯 J’Ouvert de plage : fête immersive au petit matin, musique live, poudres colorées et communion festive en bord de mer.
A.M.BUSH – Crop Over, Barbade
🗓️ Samedi 2 août 2025, à partir de 2h du matin
📍 Lieu confidentiel, Barbade
🎯 Foreday Morning revisité : événement au cœur de la nature avec DJ sets, peinture, boue et petit-déjeuner à l’aube. Une transe sensorielle typiquement Caesar’s Army.
IN.DE.PAINT.DANCE – Trinidad-et-Tobago
🗓️ Dimanche 31 août 2025, de 2h à 8h du matin
📍 Port of Spain (lieu à confirmer)
🎯 Célébration nationale de l’indépendance : peinture, musique patriotique, danse, culture urbaine et brunch communautaire. L’un des événements les plus emblématiques du mouvement.
« Chaque événement est une porte d’entrée vers un lieu, une communauté, une culture. » — Jules Sobion
Une armée pour célébrer la Caraïbe
Avec Caesar’s Army, Jules Sobion ne vend pas seulement des billets d’entrée : il vend des passages culturels. Chaque destination devient une escale dans un récit plus large : celui d’une Caraïbe plurielle, mobile et festive, consciente de sa force.
« Le Caribbean Travel Marketplace est la plateforme idéale pour connecter culture, tourisme et territoire. Et nous sommes prêts. » — Jules Sobion
La connectivité aérienne inter-îles représente aujourd’hui l’un des plus grands défis pour le développement d’un tourisme durable dans la région caribéenne. Se déplacer entre les différentes îles de la Caraïbe reste complexe malgré le potentiel touristique considérable de cette région. Cette problématique touche autant les voyageurs internationaux que les habitants de l’archipel, pour qui se déplacer d’une île à l’autre relève parfois du parcours du combattant.
État des lieux de la connectivité aérienne dans la Caraïbe
Le paysage aérien caribéen a connu de profonds bouleversements ces dernières années. Des acteurs historiques comme Air Antilles et LIAT ont traversé des crises majeures, la seconde ayant même été liquidée en juin 2020. Cette situation a créé un vide considérable dans la desserte inter-îles, particulièrement ressenti entre les territoires francophones, anglophones et hispanophones de la région.
Air Caraïbes assure désormais une partie des liaisons, notamment entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin, mais l’offre globale reste insuffisante face aux besoins. De nouvelles initiatives émergent toutefois, comme la compagnie Air Adelphi qui a récemment inauguré une ligne régulière reliant la Martinique à Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines, comblant un vide laissé depuis 2019.
Les obstacles structurels à la connectivité inter-îles
Plusieurs facteurs expliquent la difficulté à établir un réseau aérien cohérent dans la Caraïbe. D’abord, la fragmentation politique et linguistique de la région, avec des territoires relevant de différentes juridictions (départements français, territoires britanniques, états indépendants), complique l’harmonisation des réglementations aériennes.
Ensuite, la taille modeste des marchés insulaires rend difficile la rentabilisation des lignes aériennes. Cette réalité économique fragile, essentiellement basée sur le tourisme et tournée vers l’extérieur plutôt que vers les échanges intra-régionaux, constitue un obstacle majeur à une connectivité aérienne inter-îles efficace.
Les enjeux économiques de la connectivité aérienne inter-îles
La connectivité aérienne inter-îles joue un rôle crucial dans le développement économique de la Caraïbe. Chaque vol direct entre deux îles représente une porte ouverte vers de nouvelles opportunités touristiques et commerciales. Une meilleure connectivité permettrait de valoriser les spécificités de chaque territoire et de promouvoir les richesses gastronomiques et culturelles propres à chaque île.
L’impact économique potentiel est considérable : le secteur aérien représente actuellement 3,6% du PIB régional, soutient 8,3 millions d’emplois directs et indirects et génère 240 milliards de dollars. Une amélioration de la connectivité aérienne inter-îles pourrait significativement augmenter ces chiffres en facilitant la circulation des touristes et des professionnels dans toute la région.
Le potentiel inexploité du tourisme multi-destinations
L’un des grands potentiels inexploités de la Caraïbe réside dans le tourisme multi-destinations. Actuellement, la plupart des visiteurs se limitent à une seule île par séjour, faute de liaisons aériennes pratiques et abordables entre les territoires. Pourtant, la diversité culturelle, naturelle et historique de l’archipel constitue un atout majeur qui pourrait être mieux valorisé par des circuits touristiques englobant plusieurs îles.
Des initiatives comme l’alliance CARIBSKY, regroupant autrefois Air Antilles, Winair et LIAT, avaient justement pour objectif de faciliter ce type de tourisme en proposant un “billet unique pour la Caraïbe”. Bien que ce projet spécifique ait été compromis par les difficultés des compagnies participantes, l’idée demeure pertinente.
Vers une aviation durable dans la Caraïbe
Face aux défis environnementaux, l’aviation caribéenne s’engage progressivement dans une transition vers des pratiques plus durables. Les compagnies de la région ont réduit leur consommation de carburant par passager-kilomètre de 28% depuis 2011, grâce au renouvellement des flottes et à l’amélioration de l’efficacité opérationnelle.
Des initiatives comme la certification Green Pilot® reconnaissent les efforts des compagnies aériennes qui développent des programmes robustes de réduction de carbone dans leurs opérations. Cette transition vers une aviation plus verte est essentielle pour assurer que l’amélioration de la connectivité aérienne inter-îles ne se fasse pas au détriment de l’environnement fragile des îles caribéennes.
Le défi des coûts d’exploitation et de la rentabilité
L’un des principaux obstacles à la connectivité aérienne inter-îles reste la faiblesse du modèle économique. Les compagnies régionales doivent faire face à des coûts fixes élevés (salaires, entretien, taxes aéroportuaires), peu sensibles au volume de passagers. Les tarifs des vols varient ainsi de 50 à 150 euros l’aller simple, ce qui représente un frein réel pour les résidents, notamment dans les territoires à faible pouvoir d’achat.
Un aller-retour entre deux îles peut équivaloir à plusieurs jours de salaire pour un travailleur local. À l’inverse, certaines traversées maritimes très courtes restent accessibles, autour de 8 à 15 euros. Mais ces liaisons sont limitées. Cette situation rend difficile la mobilité intra-régionale et freine le développement d’un tourisme durable et multi-destinations au sein de la Caraïbe.
Initiatives et partenariats pour améliorer la connectivité régionale
Face aux défis économiques et logistiques, les alliances entre compagnies aériennes apparaissent comme une solution prometteuse. De nouvelles collaborations émergent aujourd’hui, comme le partenariat entre Winair et Air Caraïbes, ou encore l’expansion de réseaux comme celui d’InterCaribbean Airways. Ces initiatives visent à améliorer la connectivité aérienne inter-îles en mutualisant les ressources.
Les gouvernements et organisations régionales ont un rôle crucial à jouer. La Banque mondiale contribue à cet effort avec des projets comme le “Projet de connectivité du transport aérien régional des Caraïbes”, qui a accordé 159 millions de dollars à plusieurs pays pour renforcer la sécurité du transport aérien et la résilience des infrastructures aéroportuaires.
Perspectives d'avenir pour la connectivité aérienne inter-îles
L’avenir de la connectivité aérienne inter-îles dans la Caraïbe passera nécessairement par des solutions innovantes. Des compagnies comme Air Inter Îles développent de nouveaux services de navette premium avec des appareils adaptés aux courtes distances, comme les TECNAM P2012 STOL.
Les technologies numériques offrent également des perspectives intéressantes, avec des plateformes de réservation intégrées permettant de combiner plus facilement différents segments de vol entre compagnies partenaires.
La connectivité aérienne inter-îles représente un défi majeur mais aussi une formidable opportunité pour le développement d’un tourisme durable dans la Caraïbe. Les obstacles sont nombreux : fragmentation politique, difficultés économiques des compagnies aériennes, coûts d’exploitation élevés et défis environnementaux.
L’enjeu est de taille : il s’agit non seulement de faciliter les déplacements des touristes et des habitants, mais aussi de créer les conditions d’un développement économique plus équilibré et respectueux de l’environnement dans toute la région. En renforçant les liens aériens entre les îles, c’est tout un modèle de tourisme plus inclusif et durable qui peut émerger, valorisant la richesse et la diversité de chaque territoire tout en favorisant une plus grande cohésion régionale.
Richès Karayib a rencontré Marva Williams, directrice générale de la Discover Dominica Authority et directrice du tourisme, lors du Caribbean Travel Marketplace 2025. À travers son regard stratégique et engagé, Marva Williams expose la vision d’une Dominique qui se repositionne sur l’échiquier touristique mondial grâce à un savant mélange de durabilité, d’investissement, et de culture vivante.
Dominique, une île nature encore à découvrir
Pour Marva Williams, la participation à un salon comme le Caribbean Travel Marketplace est un levier indispensable pour la Dominique, une destination qui reste encore méconnue sur les circuits internationaux.
« Nous sommes une île étonnante, durable, riche culturellement… mais encore à découvrir. Pour changer cela, nous devons multiplier les canaux de diffusion numériques, traditionnels, salons professionnels. »
L’objectif est clair : augmenter la visibilité de la Dominique auprès des tour-opérateurs, des agences de voyages, des médias spécialisés et de tous les prescripteurs qui influencent les choix des voyageurs.
Accessibilité aérienne et développement stratégique
Au-delà de la communication, la Dominique travaille sur un plan d’accès aérien structuré, en deux temps :
- D’un côté, la modernisation de l’aéroport actuel, déjà agrandi et renforcé.
De l’autre, la construction d’un aéroport international à 40 % d’achèvement, dont l’ouverture est prévue pour 2027.
« Nous avons lancé un vol avec United Airlines en février. American Airlines continue également de jouer un rôle clé. Et nous travaillons activement à des connexions directes avec l’Europe, le Canada et l’Amérique latine », précise-t-elle.
Ces efforts visent à accueillir davantage de visiteurs, dynamiser l’économie locale via le tourisme communautaire, et consolider la Dominique comme modèle de durabilité dans la Caraïbe.
Un automne culturel au rythme du créole
La Dominique ne se contente pas d’offrir des paysages préservés. Elle cultive aussi une scène culturelle intense, ancrée dans son identité créole. Marva Williams met en avant trois événements phares organisés entre octobre et novembre 2025 :
Dominica’s World Creole Music Festival
📅 Du 24 au 26 octobre 2025
📍 Windsor Park Stadium, Roseau
Célébrant sa 25ᵉ édition, ce festival est selon Marva Williams « le plus grand événement culturel de la Caraïbe, voire du monde ».
Trois nuits de concerts, une programmation pana-caribéenne et internationale, avec une mise à l’honneur de la musique bouyon et des collaborations inédites.
« Cette année, on invite le public à rester deux à trois semaines sur l’île, pour s’immerger totalement dans notre culture, notre gastronomie, notre nature. » – Marva Williams
Ti Vilaj Kweyol
📅 Fin octobre, en amont du festival (généralement entre le 21 et le 24 octobre)
📍 Jardins botaniques de Roseau
Événement familial par excellence, Ti Vilaj Kweyol est un rendez-vous de l’après-midi aux accents de fête populaire. Il rassemble petits et grands autour de la cuisine traditionnelle, de la musique et des danses culturelles.
« C’est aussi l’occasion de porter nos tenues nationales, de valoriser nos traditions dans une ambiance accessible à tous. »
Creole Day
📅 Vendredi 24 octobre 2025
📍 Centre-ville de Roseau
Ce jour marque le lancement officiel du festival, mais aussi un moment d’expression culturelle forte. La capitale s’anime aux sons et couleurs du créole : parades, représentations traditionnelles, artisanat, cuisine locale.
« Le peuple Kalinago, nos communautés autochtones, seront également à l’honneur », souligne Williams. « Ce sera une journée de célébration de notre héritage. »
Une île prête à accueillir, une vision portée par la culture
À travers les propos de Marva Williams, c’est toute une stratégie touristique cohérente qui se déploie : renforcer l’accès, bâtir une image forte, investir dans la culture vivante, et favoriser un tourisme durable, ancré dans les communautés locales.
La Dominique ne se contente pas d’être “naturelle” : elle est ambitieuse, structurée, et résolument tournée vers un tourisme d’avenir, où chaque événement, chaque projet, chaque accueil est une invitation à la redécouverte de la Caraïbe autrement.
Résilience climatique : entre urgence et action
La Caraïbe vit au rythme des ouragans, des sécheresses, de l’érosion côtière et d’une biodiversité en péril. Face à ces menaces, les îles multiplient les actions pour construire une résilience climatique locale. Et si les défis sont immenses, les solutions émergent souvent de manière concrète, chiffrée et ancrée dans les territoires.
Chez Richès Karayib, nous avons sélectionné cinq données récentes, vérifiées et significatives qui dessinent un état des lieux sans détours de l’écologie et de la durabilité dans la région. Ces chiffres illustrent la réalité de la résilience climatique Caraïbe à l’échelle territoriale.
1ʳᵉ – La Dominique, pionnière de la résilience climatique
La Dominique ne s’est pas contentée de reconstruire après le passage dévastateur de l’ouragan Maria en 2017. Elle a pris un tournant radical en s’engageant officiellement à devenir la première “nation résiliente au climat” au monde.
Ce programme de reconstruction verte, piloté par la Climate Resilience Execution Agency for Dominica, inclut des infrastructures renforcées, un urbanisme repensé et des énergies renouvelables intégrées. Une démarche pionnière à l’échelle mondiale, qui fait de la Dominique une vitrine de la résilience climatique Caraïbe.
93 % – Une couverture forestière exceptionnelle au Suriname
Avec 93 % de son territoire recouvert de forêts, le Suriname est l’un des pays les plus boisés de la planète. Ce chiffre impressionnant, confirmé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), place ce petit État d’Amérique du Sud – culturellement et historiquement caribéen – au cœur des enjeux climatiques mondiaux.
Sa forêt dense agit comme un puits de carbone majeur, essentiel pour la régulation du climat régional. La préservation de cette ressource est donc un enjeu vital, autant pour le Suriname que pour toute la zone caraïbe. Elle constitue aussi un pilier central de la résilience climatique Caraïbe dans son ensemble.
0,58 kg/jour – La réalité des déchets en Haïti
Chaque Haïtien produit en moyenne 0,58 kg de déchets par jour, soit plus de 212 kg par an. Cela pourrait sembler peu, mais le problème vient du taux de collecte, qui plafonne à 12 % seulement, selon la Banque mondiale.
Résultat : une large part de ces déchets, souvent plastiques, finit dans les rues, les rivières ou les côtes. Cette situation fragilise les écosystèmes, aggrave les risques sanitaires et souligne l’urgence d’une gestion durable des déchets urbains, en particulier dans les zones à forte densité. Ces enjeux sont intimement liés aux défis de la résilience climatique Caraïbe, notamment en contexte urbain.
10 000+ coraux replantés autour des Bahamas
Face à la dégradation rapide des récifs coralliens, le Bahamas National Trust a lancé le programme Reef Rescue, qui a permis de réimplanter plus de 10 000 coraux depuis 2019 dans les eaux de l’archipel.
Les récifs jouent un rôle crucial dans la protection côtière, la biodiversité marine et l’économie touristique. Ce programme est l’un des plus dynamiques de la Caraïbe, mobilisant scientifiques, plongeurs bénévoles et communautés locales pour restaurer ces barrières naturelles fragilisées par le réchauffement et l’acidification des océans. Il s’agit là d’un levier concret de résilience climatique Caraïbe à l’échelle écologique.
–38 % – Pertes alarmantes de poissons dans la région
Entre 1984 et 2017, la zone Atlantique centre-ouest, qui englobe les Petites Antilles, a enregistré une baisse de 38 % des captures de poissons, selon la FAO et la WECAFC.
Cette chute dramatique est le fruit combiné de la surpêche, de la pollution marine et du réchauffement des eaux. Elle menace directement la sécurité alimentaire, les traditions de pêche artisanale et les économies locales dépendantes des ressources halieutiques. La résilience climatique Caraïbe passe donc aussi par une gestion durable des ressources marines.
Une Caraïbe entre richesses naturelles et fragilités exposées
Ce panorama chiffré montre une Caraïbe à la fois vulnérable et combative. Les défis environnementaux sont nombreux : réchauffement climatique, surexploitation des ressources, pollution côtière. Mais les réponses sont là : elles prennent racine dans la forêt guyanaise, les politiques audacieuses de la Dominique, les coraux restaurés des Bahamas, ou encore les gestes quotidiens pour réduire les déchets en Haïti.
La durabilité dans la Caraïbe ne peut pas être réduite à des slogans : elle se mesure, s’analyse, se discute. Ces chiffres, parfois inquiétants, sont aussi des repères d’action. Ils montrent que la résilience climatique Caraïbe se construit à partir de réalités locales, de savoir-faire communautaires et de politiques visionnaires.
Antigua and Barbuda vient d’être nominée comme meilleure destination culinaire émergente des Caraïbes 2025 par les très respectés World Culinary Awards. Ce n’est pas un hasard. Depuis trois ans, la Antigua and Barbuda Tourism Authority (ABTA) travaille activement à repositionner l’image du pays, jusque-là associée à ses plages, vers un récit profondément enraciné dans la gastronomie, le terroir et l’identité culturelle.
Une nomination par les World Culinary Awards, gage de crédibilité
Cette reconnaissance vient saluer les efforts d’un écosystème entier : des chefs talentueux aux producteurs locaux, en passant par les artisans de rue et les décideurs. Le ministre du Tourisme, Charles Fernandez, l’a bien résumé : « Cette nomination est le reflet de notre riche patrimoine culinaire, et une célébration des talents qui font rayonner notre identité nationale. »
Le Mois de la Gastronomie : pilier de la transformation culinaire
De la traditionnelle Restaurant Week à un mois complet d’événements
Le cœur de cette transformation, c’est le Mois de la Gastronomie. Ce programme phare, lancé par la ABTA, a permis de faire évoluer l’ancienne Restaurant Week en une série d’événements immersifs sur tout un mois. Chaque édition offre une plongée dans la cuisine d’Antigua and Barbuda, bien au-delà de la carte d’un restaurant.
FAB Fest : une vitrine artistique et culinaire
Le FAB Fest (Food, Art and Beverage Festival) est devenu une signature incontournable de ce mois. On y retrouve les meilleurs chefs des deux îles, des mixologues créatifs, des artistes locaux et des producteurs passionnés. Le tout dans une ambiance où se mêlent démonstrations culinaires, concerts, dégustations et expositions artisanales.
Eat Like A Local : cartographier l’authenticité
Autre initiative phare : Eat Like A Local. Il s’agit d’une carte numérique interactive regroupant les vendeurs certifiés, les stands de rue et les petites adresses souvent inconnues des touristes. Ce projet encourage une exploration responsable et authentique du pays, en valorisant les plats maison, les recettes de grand-mère, et les lieux fréquentés par les habitants.
Forum Caribéen de l’Alimentation : penser le futur culinaire régional
Réflexion stratégique sur la sécurité alimentaire et l’innovation
Antigua and Barbuda ne se contente pas de cuisiner : le pays réfléchit à l’avenir. Le Caribbean Food Forum, organisé dans le cadre du Mois de la Gastronomie, réunit des chefs, des entrepreneurs, des chercheurs et des responsables politiques de toute la Caraïbe. Ensemble, ils abordent les enjeux de sécurité alimentaire, d’innovation culinaire, de transmission des savoir-faire et d’agriculture durable.
Des chefs aux politiques : un dialogue transdisciplinaire
Ce forum va bien au-delà de la simple démonstration. Il crée un espace de dialogue entre les métiers, où un chef peut échanger avec un député sur la législation alimentaire, ou un agriculteur avec un chercheur sur l’impact climatique. Ce brassage d’idées donne à Antigua and Barbuda un rôle de laboratoire régional en matière culinaire.
Une ambition portée par des figures engagées
Colin C. James : 365 plages, 365 saveurs
Le directeur général de l’ABTA, Colin C. James, résume parfaitement le nouveau slogan du pays : « Nous sommes passés de 365 plages à 365 saveurs. » Cette transformation ne cherche pas à effacer l’image balnéaire, mais à lui ajouter une couche de profondeur culturelle et gustative.
Shermain Jeremy : identité, fierté et communauté
À la tête de la coordination du Mois de la Gastronomie, Shermain Jeremy est une figure essentielle. Elle insiste : « Ce que nous avons construit va au-delà de la nourriture. C’est une affaire d’identité, de fierté et de communauté. » Pour elle, chaque vendeur de rue, chaque mixologue, chaque artiste contribue à cette dynamique collective.
Antigua and Barbuda s’impose désormais comme une référence dans le paysage culinaire caribéen. La nomination d’Antigua and Barbuda comme meilleure destination culinaire émergente des Caraïbes 2025 par les World Culinary Awards est une étape significative d’un projet collectif, ambitieux et enraciné. Derrière chaque plat servi sur ces îles, il y a une histoire, une mémoire, un savoir-faire. Et cette richesse mérite d’être célébrée, partagée… et savourée
Richès Karayib a rencontré Paul Pennicook, directeur général de Experience Turks and Caicos, lors de la 43ᵉ édition du Caribbean Travel Marketplace. Loin de se limiter à la promotion balnéaire, son intervention confirme l’ambition des îles Turks and Caicos de s’ouvrir à de nouveaux marchés et de renforcer leur visibilité dans la Caraïbe.
Le Caribbean Travel Marketplace, un levier d’expansion mondiale
Pour Paul Pennicook, participer au Caribbean Travel Marketplace s’impose comme une évidence stratégique : il s’agit du plus grand salon B2B touristique de la région, un lieu unique de rencontres avec des opérateurs du monde entier.
« Notre marché principal est les États-Unis, mais ici, nous avons pu rencontrer aussi des partenaires venus du Canada, du Royaume-Uni, d’Europe… Cet événement concentre tout ce que nous cherchons en matière de mise en réseau. »
Grâce à cette plateforme, Experience Turks and Caicos entend renforcer ses partenariats et optimiser sa présence sur les marchés clés.
Visibilité, partenariats et stratégie multicanale
Selon Paul Pennicook, les échanges menés durant les deux jours de rendez-vous d’affaires ont permis à la destination d’envisager plusieurs collaborations avec des tour-opérateurs internationaux. Ces alliances futures s’inscrivent dans une dynamique claire : mieux faire connaître l’offre de l’archipel auprès des voyageurs et des professionnels.
« Ces rencontres vont nous aider à faire circuler notre message, à montrer ce que nous avons à offrir et à attirer davantage de visiteurs », précise Paul Pennicook.
Une approche ciblée, qui combine promotion directe et démarchage stratégique, afin de continuer à développer le positionnement haut de gamme de la destination.
Un festival en préparation… et une invitation à toute la Caraïbe
Aucune annonce officielle pour l’instant, mais Paul Pennicook révèle que les équipes travaillent déjà à la création d’un ou plusieurs festivals musicaux dans un avenir proche.
« Nous savons à quel point les événements musicaux peuvent créer du mouvement touristique. Nous voulons inviter non seulement nos marchés traditionnels, mais aussi nos voisins caribéens – y compris la Martinique – à venir vivre l’expérience Turcs-et-Caïques. »
Ce virage vers une ouverture caribéenne assumée reflète une volonté de diversification et de rapprochement culturel avec les autres territoires de la région.
Turks and Caicos, bien plus qu’une carte postale
Avec une stratégie structurée, une volonté d’élargir ses partenariats et une ouverture affirmée vers les marchés caribéens, Turks and Caicos s’affirme comme une destination en mouvement. Le message de Paul Pennicook est clair : l’archipel est prêt à accueillir, à partager, et à construire avec ses partenaires un tourisme durable et partagé.
« Turks and Caicos, an ocean of experiences. Come and see for yourself. »
Turks and Caicos International Music Festival fait son grand retour du 31 juillet au 3 août 2025, promettant un week-end où la musique, la culture, la beauté et le sport s’entremêlent pour offrir une expérience mémorable sur l’île de Providenciales. Cet événement unique, soutenu par Experience Turks and Caicos, incarne la volonté du gouvernement de promouvoir un tourisme expérientiel, authentique et immersif, qui séduit aussi bien les habitants que les visiteurs venus du monde entier.
Un Festival aux Multiples Facettes : Musique, Culture, Beauté et Sport
Le cœur du Turks and Caicos International Music Festival bat au rythme d’une programmation musicale riche et variée. Cette édition 2025 mettra à l’honneur des genres tels que le reggae, la soca, l’afrobeats et le rake-and-scrape, réunissant sur scène des têtes d’affiche internationales et des artistes locaux en pleine ascension. Parmi les premiers noms annoncés, le groupe Kes the Band promet d’enflammer la scène avec son énergie contagieuse, tandis que d’autres artistes seront bientôt dévoilés. Le festival se distingue par sa capacité à rassembler différentes influences musicales, créant une mosaïque sonore qui reflète la diversité et la richesse culturelle des Îles Turks and Caicos.
La célébration de la beauté avec Miss Universe Turks & Caicos
Impossible de parler du Turks and Caicos International Music Festival sans évoquer l’éblouissant concours Miss Universe Turks & Caicos. Véritable ode à la beauté, à l’élégance et à l’empowerment féminin, cette soirée d’ouverture du 1er août mettra en lumière les femmes les plus inspirantes de l’archipel. Plus qu’un simple concours, il s’agit d’un moment fort où chaque candidate incarne les valeurs, la tradition et la modernité des Îles Turks and Caicos, tout en se préparant à représenter fièrement la nation sur la scène mondiale.
Le tournoi de Golf Célébrité Trevor Ariza
Le dimanche 3 août, le festival prendra une dimension sportive avec le tout premier tournoi de golf célébrité organisé par Trevor Ariza, célèbre joueur NBA originaire des îles. Ce tournoi, qui se tiendra au prestigieux Royal Turks and Caicos Golf Club, réunira sportifs, célébrités et golfeurs locaux autour d’une cause commune : soutenir des initiatives caritatives en faveur de la communauté. Un rendez-vous où la compétition rime avec solidarité, offrant une belle conclusion à ce week-end festif.
Le Fish Fry : plongée dans la culture locale
Le Fish Fry est l’un des moments les plus attendus du Turks and Caicos International Music Festival. Cette soirée festive est une véritable immersion dans la culture locale : dégustation de plats traditionnels, musique live, artisanat et convivialité sont au rendez-vous. C’est l’occasion idéale pour les visiteurs de découvrir les saveurs authentiques des îles et de partager un moment chaleureux avec les habitants.
Les concerts live : des artistes de renom et des talents locaux
Au cœur du Turks and Caicos International Music Festival, les concerts live offrent une scène aux artistes de renommée internationale comme Kes the Band, mais aussi aux jeunes talents locaux. Cette diversité musicale fait la force du festival, qui célèbre aussi bien la scène caribéenne que les nouvelles voix des Îles Turks and Caicos. Les festivaliers pourront vibrer au son de rythmes entraînants, danser sous les étoiles et vivre des instants inoubliables.
Un engagement pour la communauté et la charité
Le Turks and Caicos International Music Festival ne se limite pas à la fête : il s’engage activement en faveur de la communauté. Le tournoi de golf de Trevor Ariza, par exemple, soutient une œuvre caritative locale, démontrant l’importance de l’entraide et de la solidarité au sein de l’événement. Ce volet social renforce l’impact positif du festival sur l’archipel et ses habitants.
Un festival pour tous : locaux et visiteurs
L’un des grands atouts du Turks and Caicos International Music Festival est sa capacité à fédérer aussi bien les locaux que les visiteurs. Que vous soyez passionné de musique, amateur de sport, amoureux de la culture ou simplement curieux de découvrir une nouvelle destination, ce festival offre une expérience sur-mesure, accessible à tous les publics.
Dates, Lieux et Accès
Le Turks and Caicos International Music Festival se déroulera du 31 juillet au 3 août 2025, principalement sur l’île de Providenciales. Les différents événements auront lieu dans des lieux emblématiques, dont le Royal Turks and Caicos Golf Club, des scènes en plein air et des espaces dédiés à la gastronomie et à l’artisanat.
Où Acheter ses Billets et Profiter des Offres
Les billets pour le Turks and Caicos International Music Festival sont déjà en vente sur le site islandetickets.com. Les premiers acheteurs bénéficient de tarifs préférentiels grâce à des offres « early bird » disponibles pour une durée limitée. Il est conseillé de réserver rapidement pour garantir sa place à cet événement exceptionnel.
Le Turks and Caicos International Music Festival allie musique, culture, beauté et sport dans une atmosphère chaleureuse et festive. Que vous soyez mélomane, passionné de golf ou amateur de découvertes culturelles, ce festival vous promet une expérience riche en émotions et en rencontres.
Richès Karayib a rencontré Grégoire Dumel, responsable régional et local au sein de l’Office de Tourisme de Saint-Martin, lors de la 43ᵉ édition du Caribbean Travel Marketplace 2025. Pour Grégoire Dumel, la participation à cet événement incontournable du tourisme caribéen ne se limite pas à serrer des mains : elle engage une stratégie concrète sur le long terme, entre coordination régionale, suivi commercial et actions de terrain.
Un rendez-vous stratégique pour structurer l’avenir
Pour Grégoire Dumel, le Caribbean Travel Marketplace est bien plus qu’un salon : c’est une plateforme d’interconnexion essentielle pour toutes les destinations caribéennes désireuses de renforcer leur ancrage sur les marchés nord-américains, européens et latino-américains.
« Le CHTA met en lien tous les acheteurs et vendeurs de ces grands marchés. Pour nous à Saint-Martin, c’est vital d’être là pour coordonner nos futures actions marketing et communication. »
L’Office de Tourisme de Saint-Martin, présent des deux côtés de l’île (française et néerlandaise), s’inscrit dans une démarche de coopération et de visibilité globale pour faire rayonner la destination.
Un salon, et ensuite ? La suite se joue sur le terrain
Contrairement à une vision superficielle de ces événements, Grégoire Dumel insiste sur le travail post-salon, souvent invisible, mais déterminant.
« Le salon, c’est 20 % du travail. Maintenant, il faut appeler, relancer, construire. C’est là que commence vraiment notre action. »
Ces rencontres doivent donner naissance à des partenariats concrets, des forfaits négociés, des campagnes ciblées, avec un objectif clair : faire progresser la fréquentation touristique à Saint-Martin, en s’appuyant sur un réseau d’agents, de voyagistes et de professionnels engagés.
Love Days 2025 – Le prochain grand rendez-vous à Saint-Martin
L’après-salon ne signifie pas retour à la routine. Bien au contraire. Du 6 au 8 juin 2025, Saint-Martin accueillera une nouvelle édition de ses Love Days, un événement conçu pour séduire aussi bien les couples que les amoureux de la destination.
« Nous invitons nos voisins guadeloupéens, martiniquais, mais aussi les Trinidadiens à venir découvrir l’île durant ce long week-end de Pentecôte », explique Grégoire Dumel.
Portée par une délégation conjointe franco-néerlandaise, l’opération séduction ne se limite pas à un simple week-end : elle s’inscrit dans une logique de séduction régionale, en cohérence avec la présence de Saint-Martin à Trinidad du 3 au 9 juin pour une campagne de promotion directe auprès du grand public et des agences.
Saint-Martin, entre suivi stratégique et hospitalité festive
À travers les propos de Grégoire Dumel, c’est toute la maturité stratégique de Saint-Martin qui transparaît : présence sur les grands forums, rigueur dans le suivi commercial et capacité à activer rapidement des opérations terrain ciblées. Le Caribbean Travel Marketplace est un tremplin, mais c’est bien la constance et la coordination qui feront la différence dans les mois à venir.
Avec les Love Days et la mission à Trinidad, l’île montre qu’elle sait passer du discours à l’action, toujours au service d’un tourisme authentique, partagé et ambitieux.
Richès Karayib a rencontré Patrice Simon, directrice exécutive de l’Antigua and Barbuda Hotels and Tourism Association, à l’occasion de la 43ᵉ édition du Caribbean Travel Marketplace. Pour la première fois, Antigua-et-Barbuda accueillait ce sommet régional du tourisme caribéen. Un défi logistique autant qu’un signal fort pour une destination qui veut faire entendre sa voix et renforcer sa place dans le paysage touristique régional. Entretien avec une actrice clé de cette organisation réussie.
Une île hôte exemplaire
Patrice Simon ne cache pas sa fierté : Antigua-et-Barbuda a relevé le défi. Accueillir plus de 9000 rendez-vous B2B et des délégués venus de toute la Caraïbe était une première pour cette petite nation insulaire. Pourtant, rien n’a été laissé au hasard.
« C’était un immense honneur de recevoir le Caribbean Travel Marketplace pour la première fois », souligne-t-elle. « Nous avons montré que même une petite île peut accueillir un grand événement avec sérieux et professionnalisme. »
Ce succès repose sur une collaboration étroite entre le secteur privé et les institutions publiques : l’Antigua and Barbuda Hotels and Tourism Association, l’Antigua and Barbuda Tourism Authority, et le ministère du Tourisme ont travaillé main dans la main, avec l’appui du ministre Charles Max Fernandez. Cette synergie a permis une organisation fluide et une belle représentativité de la destination.
Valoriser l’authenticité d’Antigua-et-Barbuda
Loin de se contenter d’une vitrine classique, la délégation hôte a souhaité mettre en avant bien plus que ses célèbres plages.
« Tout le monde connaît le slogan “365 plages, une pour chaque jour de l’année” », rappelle Patrice Simon. « Mais nous voulions montrer que la richesse d’Antigua-et-Barbuda, ce sont aussi ses habitants, sa culture, sa cuisine. »
Le message est clair : le pays veut affirmer son identité plurielle, au-delà des images de carte postale. En accueillant le CHTA 2025, la destination espère aussi renforcer son attractivité auprès des professionnels du secteur, en misant sur l’expérience humaine et culturelle.
Une impulsion régionale pour le futur
Pour Patrice Simon, cet événement constitue un tournant. Il ne s’agit pas seulement d’un succès local, mais d’un signal envoyé à l’ensemble de la Caraïbe : les petits États peuvent aussi être au centre de la stratégie régionale.
« Le niveau d’échange, d’information, de collaboration a été exceptionnel. Nous espérons que cela donnera envie à d’autres destinations de s’impliquer avec autant d’enthousiasme. »
Patrice Simon se projette déjà vers les prochaines éditions et se dit prête à poursuivre le travail entamé, notamment dans le cadre de l’intégration régionale du tourisme.
Une Caraïbe des synergies
À travers l’enthousiasme de Patrice Simon, c’est toute une vision du tourisme caribéen qui se dessine : inclusif, ancré dans les réalités locales, porté par des partenariats publics-privés solides. Le CHTA 2025 à Antigua-et-Barbuda aura marqué une étape importante pour la visibilité de l’île, mais aussi pour la reconnaissance du rôle que chaque territoire peut jouer dans l’essor collectif du secteur.
Richès Karayib poursuit sa série d’interviews avec les figures du Caribbean Travel Marketplace 2025. À suivre…
La Martinique se réinvente pour devenir une destination touristique attractive toute l’année. Face aux défis de la saisonnalité et à la nécessité de diversifier son marché touristique, le Comité Martiniquais du Tourisme (CMT) engage une transformation stratégique ambitieuse. Nouveau logo, activation du tourisme local, accompagnement des socioprofessionnels : décryptage d’une démarche inspirante présentée lors de la dernière conférence du CMT.
Pourquoi une nouvelle stratégie touristique ?
La Martinique a franchi un cap en matière de fréquentation touristique avec près d’un million de visiteurs annuels et un objectif affiché de 1,2 million. Pourtant, la forte saisonnalité reste un frein majeur : les pics de fréquentation concentrés sur quelques mois laissent de longues périodes creuses, impactant la rentabilité et l’emploi dans le secteur touristique.
Pour répondre à ce défi, le CMT a conçu une stratégie en trois axes clairs :
– Renforcer l’image d’une Martinique attractive toute l’année.
– S’ouvrir à de nouveaux marchés au-delà de la France hexagonale.
– Dynamiser le territoire à travers une programmation événementielle et des initiatives locales.
Le programme "Partez en vacances en Martinique" : moteur du tourisme local
Au cœur de cette stratégie, le programme “Partez en vacances en Martinique” vise à stimuler le tourisme local et de proximité. Il encourage les résidents de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane et de la diaspora à consommer localement et à redécouvrir leur territoire.
Ce programme offre une plateforme de visibilité et de soutien à 32 socioprofessionnels du tourisme. Parmi eux, Le Mantou, avec ses excursions éco-responsables dans la mangrove.
L‘Hôtel Bambou, avec son offre hôtelière inclusive, illustrent parfaitement la diversité de l’offre touristique martiniquaise.
Les retours sont très positifs : le programme est jugé efficace par les professionnels eux-mêmes, qui constatent un impact direct sur leur chiffre d’affaires en basse saison. Côté budget, le CMT y consacre plusieurs centaines de milliers d’euros, répartis entre les différents marchés ciblés.
Un nouveau logo pour une nouvelle dynamique
Pour accompagner ce renouveau, le CMT a présenté un nouveau logo qui incarne la “martinicalité”, cette identité plurielle et authentique de l’île.
Pourquoi ce changement ? Pour rendre plus lisible l’action du CMT, mieux aligner l’image institutionnelle avec les attentes des marchés touristiques, et renforcer le sentiment d’appartenance des Martiniquais eux-mêmes.
Le dispositif prévoit un double usage :
– Logo CMT : pour les communications institutionnelles.
– Logo “M” destination : pour les actions de promotion touristique, que les professionnels peuvent adopter sous conditions.
Ce logo reflète la richesse de la Martinique : plages, nature, culture, terroir, hospitalité. Il participe à construire une image cohérente et inspirante de l’île à l’international et en local.
Une stratégie de transformation qui inspire
En redéfinissant son image et en activant le tourisme local, la Martinique trace une voie nouvelle pour renforcer son attractivité toute l’année. Le CMT conjugue transformation de la communication et actions concrètes sur le terrain pour soutenir l’ensemble de la filière.
Dans un contexte caribéen où de nombreux territoires affrontent les mêmes enjeux de saisonnalité et de diversification, cette démarche offre un modèle inspirant à suivre.