MARTINIQUE – Quand l’île rayonne à l’international : la race Brahman en égérie du Salon de l’Agriculture

Brahman

Le 4 juin, dans le cadre verdoyant de l’ancienne Habitation Dillon, une nouvelle page de l’agriculture martiniquaise s’est écrite. En annonçant que la race bovine Brahman représentera le Salon International de l’Agriculture à Paris en 2026, le directeur du Salon, Jérôme Despey, a fait plus qu’un choix symbolique : il a reconnu la Martinique comme un acteur agricole légitime, stratégique et innovant.

Une annonce portée par l’engagement de Sandrine Hayot, présidente de l’Union des éleveurs de bovins Brahman, de l’animatrice génétique Jessica Perrette, salariée depuis plus de six ans, et de l’éleveur André Prosper.

Le Salon International de l’Agriculture 2026 se tiendra à Paris Expo Porte de Versailles, comme chaque année, du 21 février au 1er mars 2026.

Brahman
Jérôme Despey

Une race rustique, un savoir-faire caribéen reconnu

Le Brahman, race bovine emblématique des Antilles françaises, est adapté aux conditions tropicales : peu exigeant, naturellement résistant aux parasites, et apte à une élevage extensif en plein air. « C’est un animal très attachant, spectaculaire, idoine pour nos territoires », confie Jessica Perrette.

En Martinique comme en Guyane, des programmes de sélection génétique permettent de maintenir la diversité et la qualité de la race, valorisant une viande locale, saine et produite dans le respect de l’environnement.

Brahman
Jessica Perrette

Des coopérations régionales à l'écoute des savoir-faire

C’est André Prosper qui trace la vision régionale : « Il y a un vrai développement inter-îles à mettre en place. Nous sommes encore à l’état embryonnaire, mais il faut aller beaucoup plus loin. » Des liens se tissent avec Saint-Martin, la Dominique, la Guadeloupe. La visite de délégations caribéennes sur son élevage a révélé le potentiel du modèle martiniquais.

À l’inverse, la coopération avec la Guyane est déjà bien avancée : le livre généalogique de la race Brahman y est partagé, les structures collaborent activement (coopérative SEBOG, UEBB), et les compétences circulent entre les éleveurs. Une intégration concrète, porteuse d’une dynamique caribéenne prometteuse.

Brahman
André Prosper

Rayonnement territorial et ambition collective

Pour le Salon de l’Agriculture, 600 000 visiteurs, 4300 journalistes, 88 débats officiels… La visibilité est immense. En choisissant une vache Brahman martiniquaise, c’est toute l’île qui sera mise en lumière : ses pratiques agricoles respectueuses, ses éleveurs engagés, ses jeunes en formation, mobilisés pour accompagner l’événement à Paris.

Ce projet est collectif, ancré et porteur de fierté. Comme le résume Sandrine Hayot : « C’est une belle vitrine pour montrer la Martinique agricole, celle qui innove, coopère et inspire. »

Brahman

À Paris en 2026, c’est un tout: un animal, une race, un savoir-faire, une culture, une agriculture, un territoire et ses richesses qui seront représentés. La Brahman cristallise bien plus qu’une réussite locale : elle incarne une Martinique exigeante, inventive, tournée vers l’avenir. Ce choix d’égérie est un signal fort : l’agriculture martiniquaise rayonne, séduit, attire.

Elle devient aussi un levier de visibilité touristique et économique. À travers elle, c’est toute une île qui affirme sa place, fièrement, sur la carte des agricultures d’avenir.

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