Conférence de l’Aérien 2025 : la Guyane accueille la deuxième édition les 23 et 24 octobre

Aérien 2025

La Conférence de l’Aérien 2025 se déroulera à Cayenne, en Guyane, les 23 et 24 octobre prochains. Cet événement confirme l’engagement pris lors de la première édition en 2024 en Martinique : donner à la Guyane la responsabilité d’accueillir la suite.
Cette deuxième édition intervient dans un contexte marqué par la nécessité de renforcer la connectivité régionale, d’accélérer la transition écologique et de préparer l’avenir spatial. La Conférence de l’Aérien 2025 s’annonce comme un rendez-vous stratégique pour toute la région Antilles-Guyane.

Six ateliers préparatoires pour poser les bases de la conférence

En septembre, six ateliers préparatoires ont rassemblé aéroports, compagnies aériennes, autorités de l’aviation, collectivités, experts du spatial et acteurs économiques. Ces séances de travail ont permis de dresser un diagnostic et de tracer les grandes lignes qui structureront la Conférence de l’Aérien 2025.

1. Connectivités multi-échelles et compagnies émergentes

L’arrivée de nouveaux opérateurs comme Caribbean Airlines, l’essor de St-Barth Executive et l’ouverture de liaisons spécifiques (vers Cap-Haïtien, par Sunrise) ont marqué les discussions. Les participants ont cependant souligné le poids du cadre réglementaire européen, plus strict que celui d’autres pays de la Caraïbe, et rappelé que les compagnies exigent désormais un partage du risque avec les territoires.

2. Gouvernance et performance aéroportuaire

Un panorama comparatif a mis en lumière la diversité des modèles de gestion : concessions en Martinique, Guadeloupe et Guyane, gestion par les collectivités à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, modèle de société d’État à la Barbade avec un projet de PPP. Les échanges ont convergé sur la nécessité de créer une instance régionale plus technique que politique pour renforcer la coopération entre plateformes.

3. Compétences et synergies aérospatiales

La préparation de la Conférence de l’Aérien Antilles-Guyane a aussi mis en avant l’urgence de structurer un référentiel commun des métiers aéronautiques et spatiaux. Maintenance, télépilotage de drones, ingénierie spatiale : les besoins sont nombreux et stratégiques. La création d’un cluster aérospatial caribéen a été retenue comme outil prioritaire pour fédérer rectorats, universités, CNES et ENAC.

4. Transition écologique et aérien durable

La perspective de la COP30 au Brésil a donné le ton des échanges : la réduction de l’empreinte carbone est devenue centrale. Air France-KLM a détaillé sa stratégie (modernisation de la flotte, 10 % de carburants durables d’ici 2030), tandis que la SARA a présenté ses projets de production locale de biocarburants. Les aéroports de la région ont insisté sur leurs actions en matière de résilience climatique et d’énergies renouvelables.
La création d’une plateforme d’achats groupés de SAF et un plaidoyer commun auprès de l’Union européenne pour adapter le système ETS ont été identifiés comme priorités.

5. Fret, logistique et intégration régionale

Les constats sont clairs : le fret accuse un retard structurel, particulièrement à Cayenne. Le projet EFTI4All a été mis en avant comme levier de digitalisation et de simplification des procédures douanières. Les participants ont souligné l’importance d’accompagner les PME/TPE pour éviter une fracture numérique et d’exploiter le potentiel des zones franches afin de stimuler les exportations.

6. Financement et innovation

L’atelier a mis en lumière les difficultés de financement de projets stratégiques comme Flying Whales en Guyane, tout en proposant la création d’un fonds d’investissement régional. Les institutions financières (AFD, BPI, SEM patrimoniale, banques caribéennes) ont été identifiées comme partenaires incontournables. Tous les acteurs se sont accordés sur la priorité d’officialiser le cluster aérien et spatial lors de la Conférence de l’Aérien 2025.

Aérien 2025

Le programme officiel des 23 et 24 octobre 2025

Les tables rondes et plénières annoncées viendront donner un cadre concret aux priorités issues des ateliers préparatoires. Le déroulé des deux jours permettra à la Conférence de l’Aérien 2025 de passer de la réflexion stratégique à des engagements opérationnels.

Jour 1 – Jeudi 23 octobre 2025, Cayenne

  • 🕐 12h30 – 14h00 : Déjeuner inaugural.
  • 🕐 14h00 – 16h00 : Plénière d’ouverture – Connecter le bassin : des liaisons inter-îles aux passerelles internationales – vers un espace aérien intégré Antilles-Guyane – Plateau des Guyanes.
  • 🕐 16h00 – 18h00 : Table Ronde n°1 – De l’aérien au spatial : forger les compétences et les innovations pour un avenir durable et partagé.
  • 🕐 19h00 : Cocktail de bienvenue.

Jour 2 – Vendredi 24 octobre 2025

  • 🕐 09h00 – 09h45 : Plénière d’ouverture.
  • 🕐 10h00 – 12h00 : Table Ronde n°2 – Plateformes aéroportuaires : moteurs de compétitivité et de coopération régionale.
  • 🕐 12h00 – 13h30 : Déjeuner.
  • 🕐 13h30 – 15h00 : Table Ronde n°3 – Fret et logistique : construire les chaînes de valeur de demain du Plateau des Guyanes et de la Grande Caraïbe.
  • 🕐 15h30 – 17h30 : Table Ronde n°4 – Investir dans l’aérien : financements et partenariats pour une croissance soutenue.
  • 🕐 17h30 – 18h00 : Plénière de clôture.
Aérien 2025
Aérien 2025

Des enjeux stratégiques pour la région

L’édition 2025 de la Conférence de l’Aérien 2025 ambitionne d’apporter des réponses claires à plusieurs défis majeurs. La Conférence de l’Aérien 2025 vise à assurer la continuité des liaisons inter-îles, à renforcer la formation, à accélérer la transition écologique et à moderniser le fret. Elle doit aussi poser les bases d’un fonds régional, en officialisant des partenariats public-privé.

Aérien 2025

Une dimension politique affirmée

La Conférence de l’Aérien 2025 dépasse le cadre technique : elle symbolise une volonté politique forte. Après la Martinique en 2024, la Guyane tient sa promesse d’organiser cette deuxième édition et affirme sa place stratégique dans la coopération caribéenne.

Les 23 et 24 octobre, Cayenne deviendra le point de convergence des ambitions aériennes et spatiales régionales. Avec la Conférence de l’Aérien 2025, la région franchira une nouvelle étape dans sa coopération.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

Doubles, plat de rue de Trinité-et-Tobago composé de deux baras frits et de pois chiches au curry
ART CULINAIRE
Tolotra

Doubles, l’histoire d’Emamool Deen derrière le plat de rue de Trinité

À Princes Town, dans le sud de Trinidad &Tobago, les doubles naissent en 1936 d’un geste tout simple, un client qui réclame un second morceau de pain. Emamool Deen et son épouse Rasulan vendaient alors des pois chiches au curry sur un pain frit unique, sans savoir qu’ils inventaient le plat de rue le plus reconnaissable du pays. Près d’un siècle plus tard, les doubles racontent toujours l’histoire indo-trinidadienne à travers ce sandwich de pois chiches devenu symbole national. Une matinée à Princes Town, en 1936 À quatre heures du matin, dans une cour de Princes Town, au sud de Trinité-et-Tobago, Rasulan Deen allume le bois qui chauffera l’huile de coco. Son mari Emamool Deen fait bouillir les pois chiches que le couple a pu acheter grâce à la vente d’une chèvre, seul bien dont ils disposaient. Nous sommes en 1936, et selon la tradition orale conservée par plusieurs médias

Lire la suite "
María Elena Llorente recevant un hommage floral, Ballet Nacional de Cuba
DANSE
Tolotra

María Elena Llorente, 50 ans de ballet au service de Cuba

En mai 1977, une danseuse cubaine entre en scène à New York avec l’Alvin Ailey Dance Theatre. Dans la salle ce soir-là, l’acteur Harry Belafonte assiste à la représentation et qualifiera la soirée de fait historique important. Cette danseuse s’appelle María Elena Llorente, primera bailarina et maîtresse de ballet du Ballet Nacional de Cuba. Son parcours raconte cinquante ans de danse construits presque entièrement au sein d’une seule compagnie, celle fondée par Alicia Alonso à La Havane, dans une île où le ballet classique est devenu, au fil des décennies, un motif de fierté nationale autant qu’un art. María Elena Llorente, de la Sociedad Pro-Arte à l’Académie nationale Tout commence à la Sociedad Pro-Arte Musical, école havanaise où de jeunes Cubaines apprennent les bases classiques avant même la fondation officielle du ballet national. María Elena Llorente poursuit ensuite sa formation à l’Académie nationale de ballet, sous la direction d’Alicia Alonso

Lire la suite "
Deux hommes se saluent dans une rue de La Havane, à Cuba, avec le Capitole en arrière-plan
HISTOIRE et PATRIMOINE
Tolotra

« Asere, ¿qué bolá? », le salut de rue qu’Obama a osé lancer à Cuba

« Asere, ¿qué bolá? », ce salut de rue cubain, circule dans les quartiers populaires de La Havane bien avant qu’un président américain ne s’en empare à son tour. Le samedi 19 mars 2016, à la veille d’un voyage présidentiel inédit depuis près de neuf décennies, Barack Obama apparaît dans un sketch télévisé cubain aux côtés de Pánfilo, personnage comique bien connu des téléspectateurs de l’île, et lance un « qué bolá » que personne n’attendait dans la bouche d’un chef d’État américain. Le lendemain, en posant le pied à La Havane, il récidive sur Twitter, « ¿Que bolá Cuba? Just touched down here. » Deux mots d’argot habanero venaient de franchir, en quelques heures, la distance qui sépare la rue de la diplomatie. Que signifie « Asere, ¿qué bolá? » ? Pris mot à mot, « asere » ne se traduit pas vraiment et « qué bolá », qui

Lire la suite "

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande