Une réponse collective pour le phénomène des sargasses – le projet SARSEA

SARSEA

La Caraïbe fait face à une pression environnementale croissante liée aux arrivées massives de sargasses : ces algues brunes qui s’échouent en nombre sur les littoraux, fragilisant les écosystèmes côtiers, affectant la pêche, le tourisme, la santé publique et la vie quotidienne des communautés insulaires. C’est dans ce contexte que le projet SARSEA — Sargassum Regional Strategies for Ecosystem-based Actions  a été lancé officiellement le 28 octobre 2025 à Sainte‑Lucie, marquant un tournant pour la gestion régionale de ce défi.

Un cadre structurant et des partenaires engagés

Financé par la Agence Française de Développement (AFD) et mis en œuvre par Expertise France en partenariat avec la Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECS), le projet SARSEA offre aux États concernés un cadre de coopération, de connaissance et d’action.

Parmi les axes essentiels du projet SARSEA :

  • – Renforcer la coopération régionale en matière de planification et de gestion des sargasses, afin d’améliorer la coordination politique et la visibilité internationale du phénomène.
  • – Accompagner les petits États insulaires — notamment la Dominique, la Grenade, Sainte-Lucie et Saint‑Vincent‑et‑les Grenadines — dans la mise en œuvre d’initiatives intégrées de gestion et de valorisation des sargasses, adoptant une approche circulaire et durable.
  • – Soutenir la coopération scientifique régionale pour mieux comprendre le phénomène, anticiper ses effets et orienter les stratégies de gestion.
  • – Intégrer l’approche genre dans toutes les politiques et actions liées aux sargasses, afin de garantir une réponse inclusive et équitable.
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©OECS

Le lancement : un moment fort de dialogue

La cérémonie d’ouverture à Sainte-Lucie a réuni des représentants gouvernementaux, institutionnels et scientifiques venus de toute la Caraïbe orientale. Parmi eux : Madame l’Ambassadrice de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECS, Madame Marie-Noëlle Duris, et Monsieur l’Ambassadeur de France chargé de la coopération régionale dans la zone Atlantique, Monsieur Arnaud Mentré.

La Dominique a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée à plusieurs niveaux pour la gestion des sargasses, évoquant le rôle que chaque île peut jouer dans une chaîne de valeur adaptée à ses capacités. Sainte-Lucie a réaffirmé son engagement à participer activement à cette réponse collective. La Grenade, de son côté, a mis en avant plusieurs priorités : la création d’un centre d’essais régional, la mise en place d’un système de suivi des échouements, un mécanisme de collecte harmonisé et un renforcement du suivi sanitaire.

Lors de l’événement, un protocole de partenariat a été signé entre Expertise France et la Commission de l’OECS, renforçant le cadre institutionnel de l’action régionale. Des tables rondes ont abordé les visions nationales des pays partenaires puis les défis et opportunités de la coopération régionale dans la gestion des sargasses. L’après-midi a été consacré à la présentation de la stratégie du projet et à une réunion de coordination des partenaires. Le lendemain, les participants ont pris part à un atelier scientifique collectif animé par l’Institut de Recherche pour le Développement.

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©OECS
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Vers une stratégie caribéenne partagée

Le projet SARSEA ambitionne de consolider un réseau d’acteurs publics, privés et scientifiques dans la région, en vue de mutualiser compétences, données et bonnes pratiques. L’objectif du projet SARSEA est clair : améliorer la préparation et la réponse aux échouements de sargasses tout en renforçant la résilience des territoires côtiers.

Le projet SARSEA prévoit que, bien que quatre États bénéficient directement du projet, tous les douze États membres de l’OECS pourront tirer profit des enseignements, outils et bonnes pratiques qui en découleront. Cela renforce la dimension régionale et inclusive de l’action.

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©OECS
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Pourquoi ce projet revêt-il tant d’importance ?

Les échouements massifs de sargasses dans la Caraïbe ne sont pas un phénomène isolé : ils perturbent quotidiennement les littoraux, affectent la santé des populations (émissions de gaz toxiques lors de la décomposition, atteintes respiratoires), fragilisent les écosystèmes marins (herbiers, coraux, mangroves) et menacent des secteurs économiques clés comme la pêche ou le tourisme.

Dans ce contexte, une gestion fragmentée ou nationale uniquement ne suffit plus. Le phénomène traverse les frontières, les courants, les écosystèmes. Il impose une réponse coordonnée, à l’échelle de la sous-région, avec une science robuste, voilà ce que le projet SARSEA entend proposer.

Les jalons à venir

  • – Structuration de chaînes de valeur intégrées autour des sargasses : depuis la collecte jusqu’à la valorisation (éventuellement en bioproduits, fertilisants, etc.).
  • – Mise en place de systèmes de suivi harmonisés des échouements, de la collecte et de l’analyse sanitaire.
  • – Déploiement d’actions scientifiques concertées pour combler les lacunes de connaissances et orienter des politiques publiques mieux adaptées.
  • – Promotion de la participation des femmes et de l’intégration des enjeux de genre dans toutes les phases de l’action.
  • Diffusion à tous les États membres de l’OECS des retours d’expérience, outils et bonnes pratiques issus du projet.
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©OECS
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Le lancement du projet SARSEA marque une étape essentielle dans la mobilisation régionale contre l’impact des sargasses dans la Caraïbe orientale. En conjuguant coopération politique, scientifique, technique et inclusive, les États insulaires disposent désormais d’un cadre structuré pour appréhender ce phénomène complexe. Le projet SARSEA ne remplace pas le travail national ou local : il l’amplifie, le structure, lui donne portée et moyens. Avec ce nouvel élan, c’est bien la perspective d’une gestion concertée, mieux informée et durable des sargasses qui prend forme dans la région.

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