Au sommet de la CARICOM, la Martinique n’a pas seulement occupé un nouveau siège. Le 7 juillet 2026, en marge de la rencontre organisée à Sainte-Lucie, Serge Letchimy et Mia Amor Mottley ont signé un accord de coopération entre la Martinique et la Barbade. Un objectif concret se dessine : transformer la proximité caribéenne en projets suivis, financés et évalués.
Une première participation déjà tournée vers l’action
Cette signature intervient dans un moment particulier pour la Martinique. Devenue officiellement le septième membre associé de la CARICOM le 16 juin 2026, elle participait pour la première fois à une Conférence des chefs de gouvernement de l’organisation régionale. L’accord avec la Barbade donne immédiatement une dimension opérationnelle à cette nouvelle étape. Il ne s’agit plus seulement d’affirmer que la Martinique appartient à son espace caribéen. L’accord ouvre un cadre de travail bilatéral avec un voisin régional capable de partager des compétences, des expériences et des priorités communes.
Serge Letchimy résume cette ambition par une formule claire : la Martinique ne vient pas uniquement « prendre place à la table » de la CARICOM. Elle veut construire, proposer et agir. Cette volonté place la coopération au-delà du symbole diplomatique.
Neuf secteurs pour rapprocher les deux territoires
L’accord couvre neuf grands domaines : les industries culturelles et créatives, le sport, l’éducation, la formation professionnelle, la gestion des risques, la santé, le tourisme, la pêche et la facilitation des échanges commerciaux.
Cette diversité montre que la relation recherchée ne se limite pas aux institutions. Elle concerne directement les étudiants, les artistes, les sportifs, les professionnels du tourisme, les pêcheurs, les entreprises et les acteurs de la santé.
Pour la jeunesse, l’enjeu pourrait notamment passer par de nouvelles formations, des échanges de compétences ou des programmes communs. Pour les secteurs culturels, cet accord peut créer des passerelles entre deux territoires voisins qui partagent un espace régional, mais dont les langues, les administrations et les circuits économiques restent souvent séparés.
La culture comme outil de développement
La présence des industries culturelles et créatives parmi les priorités n’est pas secondaire. Elle reconnaît la culture comme un secteur économique, un moyen de circulation régionale et un espace de construction identitaire.
Entre la Martinique francophone et la Barbade anglophone, les collaborations artistiques peuvent aussi devenir une manière très concrète de réduire les distances. Musique, cinéma, patrimoine, arts visuels ou création numérique peuvent circuler plus facilement lorsque des institutions organisent les échanges, mobilisent des moyens et suivent les projets.
C’est ici que l’accord peut prendre une couleur véritablement caribéenne : non pas en effaçant les différences entre les deux territoires, mais en utilisant leurs singularités pour créer de nouvelles collaborations.
Un dispositif conçu pour produire des résultats
L’accord prévoit un Comité conjoint de coopération, coprésidé par la Barbade et la Collectivité territoriale de Martinique. Cette instance devra définir les priorités, approuver les programmes, suivre leur mise en œuvre et examiner leurs résultats. Un Secrétariat technique assurera le suivi opérationnel. Un rapport annuel devra présenter les actions réalisées, les ressources mobilisées, les indicateurs de performance, les difficultés rencontrées et le programme prévu pour l’année suivante.
Ces mécanismes constituent l’un des éléments les plus importants de l’accord. Les coopérations régionales sont souvent annoncées avec ambition, mais leur impact dépend ensuite du calendrier, des financements et de la continuité administrative. En prévoyant une évaluation régulière, la Martinique et la Barbade affichent leur volonté de rendre la relation mesurable. Et surtout, d’en rendre les effets visibles pour les populations concernées.
Cinq ans pour installer une coopération durable
Conclu pour cinq ans et renouvelable, l’accord laisse aux deux territoires le temps de construire des projets au-delà des rencontres ponctuelles. Il donne également à leur relation un cadre stable, alors que la Martinique cherche à renforcer sa place entre la Caraïbe, l’Europe, les Amériques et l’Afrique.
Le véritable test commencera désormais avec les premiers programmes retenus. Quels projets seront lancés en priorité ? Quels publics en bénéficieront directement ? La réponse permettra de savoir si cette signature marque seulement une nouvelle étape institutionnelle, ou le début d’une coopération capable de changer concrètement les échanges entre la Martinique et la Barbade.
L’accord établit un cadre de coopération dans neuf secteurs : les industries culturelles et créatives, le sport, l’éducation, la formation professionnelle, la gestion des risques, la santé, le tourisme, la pêche et la facilitation des échanges commerciaux. Il doit permettre aux deux territoires de développer des programmes communs et des projets concrets.
L’accord de coopération entre la Martinique et la Barbade est conclu pour une durée de cinq ans renouvelable. Cette période doit permettre aux deux partenaires de lancer des actions, d’en mesurer les résultats et de construire une relation durable au-delà des rencontres institutionnelles ponctuelles.
Un Comité conjoint de coopération définira les priorités, approuvera les programmes et évaluera les résultats. Un Secrétariat technique assurera le suivi opérationnel. Chaque année, un rapport commun présentera les actions réalisées, les ressources mobilisées, les difficultés rencontrées et le programme prévu pour l’année suivante.
Le 7 juillet 2026, à Sainte-Lucie, la Guyane est officiellement devenue le huitième membre associé de la Communauté caribéenne. L’adhésion de la Guyane à la CARICOM marque l’aboutissement de plus de dix ans de rapprochement et ouvre un nouveau cadre de coopération avec les territoires voisins. Elle intervient deux jours après la première participation officielle de la Martinique, comme membre associé, à la Conférence des chefs de gouvernement.
L’adhésion de la Guyane à la CARICOM signée à Sainte-Lucie
À Gros-Islet, Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane, a signé l’accord aux côtés de Philip J. Pierre, Premier ministre de Sainte-Lucie et président en exercice de la CARICOM. La cérémonie s’est tenue pendant la 51e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement, organisée du 5 au 8 juillet 2026. Selon le secrétariat de l’organisation, la signature du 7 juillet a fait de la Guyane son huitième membre associé. L’adhésion de la Guyane à la CARICOM transforme ainsi une démarche diplomatique ancienne en présence institutionnelle dans l’espace caribéen.
Il faut distinguer la Guyane française de la République coopérative du Guyana, membre de plein droit de la CARICOM depuis 1973. La Guyane française partage toutefois une frontière avec le Suriname et appartient au plateau des Guyanes, directement relié aux dynamiques sud-américaines et caribéennes.
Ce que l’adhésion de la Guyane à la CARICOM permet
La Guyane ne devient pas un État membre de plein droit. Le statut de membre associé lui permet néanmoins de participer, comme observatrice, aux réunions de la Conférence des chefs de gouvernement et à plusieurs institutions de la Communauté. Elle pourra prendre part aux échanges des organismes auxquels elle sera associée, proposer des programmes et bénéficier de certaines initiatives régionales. Ce statut ne lui confère pas les mêmes pouvoirs de décision qu’aux membres de plein droit, mais il crée un cadre de travail plus régulier.
L’adhésion de la Guyane à la CARICOM peut soutenir des coopérations dans plusieurs secteurs. Lors de la signature, Philip J. Pierre a évoqué le développement régional, les échanges économiques, la résilience climatique, les questions frontalières, la sécurité, la culture, l’éducation, la santé et la protection de l’environnement. Ces priorités résonnent particulièrement en Guyane. Territoire amazonien et européen situé en Amérique du Sud, elle fait face à des problématiques qui dépassent ses frontières. Les circulations humaines, la santé publique, la biodiversité et les risques climatiques appellent souvent des réponses partagées.
Plus de dix ans de rapprochement régional
Le processus d’adhésion de la Guyane à la CARICOM n’a pas commencé en 2026. Dès janvier 2015, une délégation guyanaise menée par Rodolphe Alexandre, alors président du Conseil régional, rencontrait le secrétaire général de la CARICOM pour discuter d’une entrée comme membre associé. Les échanges portaient déjà sur l’économie, la santé, l’éducation, le climat et la biodiversité. La Guyane mettait aussi en avant ses liens avec le Suriname et Trinité-et-Tobago, ainsi que ses compétences dans les technologies satellitaires et numériques.
Une étape juridique importante a été franchie en France en avril 2026 avec l’approbation de l’accord relatif aux privilèges et immunités de la CARICOM. Ce cadre devait faciliter l’activité de l’organisation sur les territoires français concernés. L’adhésion de la Guyane à la CARICOM fait donc passer le territoire d’une coopération ponctuelle à une relation institutionnelle appelée à durer.
Deux jours après la première participation de la Martinique
Cette séquence régionale avait commencé le dimanche 5 juillet. À l’ouverture de la 51e Conférence des chefs de gouvernement, la Martinique a siégé pour la première fois comme membre associé de la CARICOM. La délégation était conduite par Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique. Son statut de membre associé était devenu effectif le 16 juin 2026, après la signature de l’accord d’adhésion en février 2025 et la transmission par la France de l’instrument nécessaire à son entrée en vigueur. Sa présence à Sainte-Lucie a marqué la première traduction concrète de cette nouvelle place institutionnelle.
Deux jours plus tard, la Guyane rejoignait à son tour l’organisation. Ces adhésions successives marquent une évolution importante pour les collectivités françaises d’Amérique. Elles restent intégrées à la France et à l’Union européenne, tout en prenant une place plus formelle dans leur environnement régional. Pour la Martinique, l’enjeu est de renforcer ses liens avec les îles voisines. Pour la Guyane, il s’agit aussi d’articuler son appartenance amazonienne avec les dynamiques du plateau des Guyanes et de la Caraïbe.
L’adhésion de la Guyane à la CARICOM doit maintenant devenir concrète
La signature de l’adhésion de la Guyane à la CARICOM ne transforme pas immédiatement les transports, les échanges économiques ou les coopérations universitaires. Elle crée cependant un cadre dans lequel des projets communs peuvent être conçus et suivis avec davantage de continuité. La prochaine étape consistera à déterminer les institutions et programmes auxquels la Guyane participera en priorité. Il faudra aussi mesurer les effets concrets de ce statut pour les acteurs culturels, les étudiants, les entreprises, les chercheurs, les professionnels de santé et les habitants.
L’adhésion de la Guyane à la CARICOM inscrit désormais le territoire dans une architecture régionale où ses réalités pourront être davantage entendues. Après plus de dix ans de discussions, l’enjeu ne sera plus seulement d’être présent autour de la table, mais de transformer cette présence en coopérations visibles. La Guyane vient de franchir une étape historique : reste à savoir quels ponts elle choisira de construire en premier.
L’adhésion de la Guyane à la CARICOM a été officialisée le 7 juillet 2026 à Gros-Islet, à Sainte-Lucie. L’accord a été signé par Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane, et Philip J. Pierre, Premier ministre de Sainte-Lucie et président en exercice de la CARICOM. La Guyane est ainsi devenue le huitième membre associé de l’organisation et a participé à la 51e Conférence des chefs de gouvernement.
Le statut de membre associé permet à la Guyane d’assister comme observatrice aux réunions de la Conférence des chefs de gouvernement et de participer à plusieurs institutions de la CARICOM. Elle peut contribuer aux discussions, proposer des programmes et bénéficier de certaines initiatives régionales. Elle ne dispose toutefois pas du même rôle décisionnel qu’un État membre de plein droit et ne participe pas au Conseil des relations extérieures et communautaires.
Les adhésions de la Guyane et de la Martinique marquent une nouvelle étape dans l’intégration régionale des collectivités françaises d’Amérique. La Martinique est devenue le septième membre associé de la CARICOM le 16 juin 2026, avant de participer à la Conférence organisée à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet. Deux jours après l’ouverture de ce sommet, la Guyane est devenue le huitième membre associé, renforçant à son tour sa présence institutionnelle dans la Caraïbe.
La décision a été signée à Brasilia, mais ses effets se feront sentir sur les rives de l’Oyapock. Mercredi 1er juillet 2026, la France-Brésil ont adopté une feuille de route destinée à renforcer leur coopération à la frontière guyanaise. Le texte prévoit notamment la suspension de l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens souhaitant se rendre en Guyane, à partir du 31 juillet.
Sur le papier, il s’agit d’une mesure administrative. Dans la réalité, elle touche à une question plus sensible : celle d’une frontière longtemps vécue comme proche par les habitants, mais compliquée par les règles. Pour de nombreux Brésiliens de l’Amapá, entrer en Guyane nécessitait jusqu’ici une démarche lourde, alors même que les liens familiaux, commerciaux et sociaux existent de part et d’autre du fleuve.
Une anomalie difficile à défendre
L’annonce France-Brésil vient corriger une situation souvent décrite comme injuste. Les ressortissants brésiliens pouvaient se rendre en France hexagonale sans visa de court séjour, mais devaient en demander un pour entrer en Guyane, territoire français situé pourtant à leur frontière immédiate. Cette différence de traitement nourrissait un sentiment d’incompréhension, parfois même de discrimination.
La Guyane n’appartient pas à l’espace Schengen, ce qui explique en partie ce régime particulier. Mais sur le terrain, l’explication juridique ne suffisait plus. À Saint-Georges-de-l’Oyapock comme à Oiapoque, la frontière n’est pas seulement une ligne diplomatique. Elle structure des vies, des déplacements, des marchés, des familles et des habitudes anciennes.
Une frontière humaine et stratégique
La France partage avec le Brésil sa plus longue frontière terrestre : environ 730 kilomètres entre la Guyane et l’État de l’Amapá, au cœur de l’Amazonie. Cette réalité géographique donne à l’accord une portée particulière. La France n’est pas seulement un acteur européen face au Brésil. Par la Guyane, elle est aussi un voisin sud-américain, amazonien et caribéen.
La suspension du visa de court séjour ne concerne pas seulement la mobilité touristique. Elle peut faciliter les échanges, rapprocher les habitants, soutenir certains commerces et alléger une barrière qui pesait surtout sur les populations frontalières. Elle reconnaît aussi que la Guyane ne peut être pensée uniquement depuis Paris ou Brasília, mais à partir de son propre espace régional.
Sécurité, narcotrafic et environnement
Cette ouverture ne signifie pas absence de contrôle. La feuille de route signée à Brasilia vise aussi à renforcer la coopération contre le narcotrafic, l’orpaillage illégal et les crimes environnementaux. Ces enjeux sont majeurs dans une zone forestière difficile à surveiller, où circulent des réseaux criminels, des flux d’or illégal et des pressions fortes sur l’Amazonie.
La mesure porte donc un équilibre délicat : faciliter la circulation légale tout en renforçant la lutte contre les trafics. Pour les autorités françaises et brésiliennes, l’enjeu sera de prouver que l’assouplissement du visa ne fragilise pas la sécurité, mais s’inscrit au contraire dans une coopération plus efficace, mieux coordonnée et plus respectueuse des réalités locales.
Une ouverture à suivre de près
Il faut rester précis : il ne s’agit pas d’une suppression générale et définitive annoncée sans conditions. La mesure concerne la suspension de l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens entrant en Guyane. Les règles de durée, de contrôle et d’entrée sur le territoire restent donc importantes.
C’est plus qu’un accord diplomatique France-Brésil. Elle montre comment une décision administrative peut devenir un marqueur de dignité, de reconnaissance et de coopération régionale. À l’Oyapock, la suspension du visa de court séjour ouvre une nouvelle étape. Elle ne réglera pas seule les tensions de la frontière, mais elle peut corriger une anomalie et obliger les deux pays à regarder la Guyane comme un véritable carrefour amazonien, caribéen et sud-américain.
À condition, toutefois, que cette ouverture soit accompagnée de moyens concrets : présence administrative, information claire aux voyageurs, coopération policière durable et dialogue avec les élus locaux. Sans cela, l’annonce France-Brésil pourrait rester un symbole. Avec un suivi sérieux, elle peut devenir un changement tangible pour celles et ceux qui vivent la frontière chaque jour, et non seulement dans les communiqués des capitales, mais au plus près des habitants concernés.
L’accord France-Brésil signé le 1er juillet 2026 à Brasilia prévoit une coopération renforcée entre les deux pays à la frontière guyanaise. Il concerne notamment la lutte contre le narcotrafic, l’orpaillage illégal et les crimes environnementaux. Il prévoit aussi la suspension de l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens souhaitant se rendre en Guyane à partir du 31 juillet.
La suspension du visa de court séjour est importante parce qu’elle corrige une situation longtemps perçue comme une anomalie frontalière. Les ressortissants brésiliens pouvaient voyager en France hexagonale sans visa de court séjour, mais devaient en demander un pour entrer en Guyane, pourtant située à la frontière directe de l’Amapá. Cette mesure peut donc faciliter les liens familiaux, commerciaux et sociaux entre les deux territoires.
Non. La suspension concerne l’obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens se rendant en Guyane, mais elle ne supprime pas les contrôles aux frontières. Les voyageurs devront toujours respecter les conditions d’entrée, la durée autorisée du séjour et les règles applicables au territoire guyanais. La mesure vise à faciliter la circulation légale tout en maintenant la coopération sécuritaire entre la France et le Brésil.
Dans la Caraïbe, une facture d’énergie trop lourde peut ralentir une entreprise. Une tempête peut couper une route, bloquer un port, fragiliser une récolte. Une crise sécuritaire peut aussi dépasser les frontières d’un seul pays. C’est dans cette réalité quotidienne que le dialogue Canada-CARICOM prend aujourd’hui une nouvelle dimension.
Réunis à Panama City, en marge de l’Assemblée générale 2026 de l’Organisation des États américains, les ministres des Affaires étrangères du Canada et de la CARICOM ont voulu donner une nouvelle force à leur partenariat stratégique. Au centre des échanges : un plan d’action tourné vers trois priorités majeures pour la région : la sécurité, le climat et l’économie.
Une coopération qui cherche des résultats concrets
Le partenariat Canada-CARICOM s’inscrit dans la continuité de l’accord stratégique lancé en 2023. Mais la réunion de 2026 marque une étape importante : les deux parties veulent désormais avancer avec un plan plus précis, plus lisible et plus mesurable.
L’objectif n’est pas seulement d’afficher une proximité diplomatique. Il s’agit de fixer des priorités, des calendriers et des mécanismes de financement capables de produire des résultats. Pour les pays caribéens, cette précision compte. La région fait face à des défis qui se croisent : coût de l’énergie, catastrophes climatiques, sécurité maritime, vulnérabilité financière, crise haïtienne. La Caraïbe ne demande pas seulement de l’aide. Elle cherche des partenaires capables de comprendre ses réalités et d’agir avec elle sur le long terme.
La sécurité, une urgence régionale
La sécurité occupe une place centrale dans ce nouveau plan Canada-CARICOM. Les ministres ont évoqué la criminalité transnationale, les gangs, les migrations irrégulières, la sécurité maritime et les flux illicites. Pour la région, ces sujets ne sont pas isolés. La mer est un lien, mais aussi une zone de vulnérabilité. Les trafics, les réseaux criminels, les cybermenaces et les crises politiques circulent parfois plus vite que les réponses institutionnelles.
Le Canada soutient déjà certaines initiatives régionales à travers le renforcement des capacités, des interventions ciblées et des partenariats opérationnels. Le nouvel enjeu est d’aller vers une réponse plus coordonnée : mieux protéger les espaces maritimes, renforcer les institutions, partager les informations utiles et limiter l’influence des réseaux criminels.
Haïti, une crise qui concerne toute la Caraïbe
Haïti occupe une place majeure dans les discussions. La crise politique, sécuritaire et humanitaire que traverse le pays a des conséquences directes sur la région. Les ministres ont notamment souligné les risques liés aux trafics de drogue et d’armes. Le soutien à la Gang Suppression Force fait partie des points abordés. Cette force doit contribuer à rétablir la sécurité sur le terrain, avec un mandat appelé à être renouvelé au Conseil de sécurité des Nations unies.
Mais la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Les ministres ont aussi rappelé le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Ils soutiennent l’organisation d’élections crédibles dès que les conditions le permettront, ainsi que les efforts contre la corruption et l’impunité. Haïti apparaît comme un rappel fort : aucune stabilité caribéenne durable ne peut se construire en laissant un territoire seul face à une crise aussi profonde.
Climat et économie : deux faces d’un même défi
Le nouveau plan Canada-CARICOM relie aussi clairement climat et économie. Dans la Caraïbe, une catastrophe naturelle n’est jamais seulement un événement météorologique. Elle touche les familles, les entreprises, les routes, les écoles, les ports et les finances publiques. L’accès à une énergie fiable et abordable revient comme une priorité. Une énergie trop chère freine l’innovation et pèse sur les ménages. Une énergie plus stable peut soutenir l’industrie, les services, l’investissement et la transition vers des modèles plus durables.
Le commerce fait aussi partie de l’équation. Le programme CARIBCAN, qui donne à la majorité des produits originaires de 18 pays et territoires caribéens du Commonwealth un accès sans droits de douane au marché canadien, reste un levier important. Il rappelle que le partenariat Canada-CARICOM ne concerne pas seulement la diplomatie. Il touche aussi les débouchés économiques, les chaînes d’approvisionnement et la capacité des entreprises caribéennes à se projeter au-delà de leur marché local.
La vulnérabilité caribéenne mieux prise en compte
Un autre point essentiel du partenariat Canada-CARICOM concerne le financement. Plusieurs États caribéens sont considérés comme des pays à revenu intermédiaire. Pourtant, leur exposition aux catastrophes climatiques, aux chocs économiques et aux ruptures d’approvisionnement reste très forte. C’est l’un des grands paradoxes de la région. Sur le papier, certains pays semblent trop “avancés” pour accéder facilement à des financements concessionnels. Dans la réalité, une seule crise peut fragiliser des années d’efforts.
Les ministres ont donc insisté sur la nécessité de réformer l’architecture financière internationale. L’idée est simple : la vulnérabilité réelle des petits États doit être mieux prise en compte. Pas seulement leur revenu moyen.
Un plan à suivre de près
Les prochains mois seront importants. Les responsables doivent encore finaliser les détails du plan d’action, identifier les initiatives prioritaires, construire un calendrier de mise en œuvre et renforcer le suivi. Un dialogue de hauts fonctionnaires est prévu à l’automne pour faire avancer ce travail.
Le partenariat Canada-CARICOM ne réglera pas à lui seul les défis de la Caraïbe. Mais il dit quelque chose du moment actuel : la région veut être écoutée comme un espace stratégique, pas seulement comme une zone vulnérable. Reste maintenant la vraie question : ce nouveau plan produira-t-il des changements visibles pour les populations, les entreprises et les territoires caribéens ?
Le nouveau plan Canada-CARICOM est une feuille de route destinée à renforcer la coopération entre le Canada et la Communauté caribéenne. Il repose sur trois priorités : des économies plus résilientes, l’action climatique, et la sécurité régionale. L’objectif est de passer d’un partenariat diplomatique à des actions plus concrètes, avec des calendriers, des résultats mesurables et des mécanismes de financement durables.
Haïti occupe une place centrale parce que sa crise politique, sécuritaire et humanitaire a des conséquences sur toute la région. Les ministres ont évoqué les trafics de drogue et d’armes, le soutien à la Gang Suppression Force, mais aussi le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Pour la CARICOM, la stabilité d’Haïti reste donc un enjeu régional, pas seulement national.
Le partenariat Canada-CARICOM relie directement climat et économie. Il met en avant l’accès à une énergie fiable et abordable, le développement du commerce, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et l’accès à des financements adaptés aux vulnérabilités des petits États caribéens. L’enjeu est de permettre à la région de mieux résister aux catastrophes naturelles, aux chocs économiques et aux crises internationales.
Organisée par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE), la deuxième édition des Caribbean Days a réuni au siège de l’UNESCO, à Paris, plusieurs expressions de la culture caribéenne. Pendant quatre jours, l’événement a créé un espace de dialogue autour de la coopération régionale, du tourisme durable et des relations économiques entre la Caraïbe et l’Europe.
Une table caribéenne face à Paris
Sur le toit de l’UNESCO, des chefs antillais de l’association Les Toques françaises préparent un menu caribéen en trois services. Depuis le restaurant, les invités aperçoivent la tour Eiffel, les Invalides et la rive gauche. Cette scène résume l’esprit des Caribbean Days : présenter la Caraïbe par ses créations et ses savoir-faire, puis utiliser cette présence culturelle pour engager des échanges plus larges.
La Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE) a organisé cette deuxième édition dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes. Placée sous le thème « Paix, diversité et durabilité », la manifestation a réuni des acteurs culturels, institutionnels, diplomatiques et économiques.
Durant quatre jours, la programmation a accordé une place aux arts visuels, à la gastronomie, à la mode, au cinéma, à la littérature, à la poésie, à la musique et à la danse. Ces disciplines ont montré plusieurs facettes de la création caribéenne dans un lieu consacré à l’éducation, à la science, à la culture et au patrimoine.
Les industries créatives au premier plan
Les Caribbean Days ont présenté les industries créatives comme l’une des forces de la région. La cuisine, les vêtements, les films, les récits, la musique et la danse ont servi de points de rencontre entre différents territoires et différents secteurs.
Cette diversité a permis de réunir des ambassadeurs caribéens, d’autres diplomates, des représentants du secteur public et des acteurs privés. La culture a ainsi créé un cadre commun pour des discussions portant sur le développement, l’investissement et les partenariats.
Fondée en novembre 2019, la CCCE a pour mission de faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe. Elle cherche également à encourager les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, cette mission s’est traduite par des rencontres entre institutions, entreprises et représentants caribéens.
La coopération régionale autour d’un même déjeuner
Un déjeuner-débat a porté sur la coopération entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Des représentants de la Banque de France, d’Expertise France et de l’OCDE ont participé aux présentations.
L’intervention de la sénatrice française Micheline Jacques, qui soutient un partenariat économique entre les territoires d’outre-mer et Haïti, a recentré les débats sur une question concrète : comment renforcer les liens entre les différentes composantes de l’espace caribéen ?
À travers cette rencontre, les Caribbean Days ont rapproché la culture, la diplomatie et l’économie. La gastronomie n’était pas un simple décor. Elle a accompagné un dialogue sur les coopérations possibles et sur la place de la Caraïbe dans ses relations avec l’Europe.
Le tourisme durable face au changement climatique
Une table ronde a été consacrée au tourisme durable. Geoffrey Lipman, ancien président du World Travel and Tourism Council et ancien secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale du tourisme, y a participé aux côtés de Florian Valmy-Desvillers, directeur du développement commercial de la Caribbean Tourism Organization pour le Royaume-Uni et l’Europe.
Jo Spalburg, secrétaire général de la CCCE, a résumé le message principal de ces échanges. Selon lui, l’accélération du changement climatique rend nécessaire un tourisme plus durable et plus bénéfique pour les communautés locales. Celles-ci jouent un rôle direct dans la protection de la nature et de la culture de la région pour les générations futures.
Cette réflexion donne aux Caribbean Days une portée particulière. Elle relie la promotion des destinations caribéennes à la responsabilité de préserver ce qui attire les visiteurs : les paysages, les patrimoines, les pratiques culturelles et les connaissances locales.
De la visibilité culturelle aux alliances
Au terme de cette deuxième édition, la CCCE met en avant une ambition collective : transformer la visibilité culturelle en collaborations, en innovation et en croissance durable pour la région.
Les Caribbean Days ont montré que la culture peut ouvrir des discussions entre diplomates, institutions, entreprises et acteurs créatifs. La suite dépendra désormais de la capacité des partenaires réunis à Paris à convertir ces échanges en alliances concrètes au bénéfice des territoires et des communautés caribéennes.
Les Caribbean Days, également appelés Journées des Caraïbes, sont un événement organisé par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe au siège de l’UNESCO, à Paris. Pendant quatre jours, leur deuxième édition a mis en avant les arts visuels, la gastronomie, la mode, le cinéma, la littérature, la poésie, la musique et la danse. L’événement s’est déroulé sous le thème « Paix, diversité et durabilité », dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes.
Les Caribbean Days sont organisés par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe, ou CCCE. Fondée en novembre 2019, cette organisation cherche à faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe, tout en encourageant les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, la CCCE a réuni des représentants culturels, diplomatiques, institutionnels et économiques autour des créations et des enjeux caribéens.
Les Caribbean Days ont associé la promotion des industries créatives à des discussions sur la coopération régionale et le tourisme durable. Un déjeuner-débat a porté sur les relations entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Une table ronde a également abordé les effets du changement climatique et la nécessité de développer un tourisme plus durable, capable de mieux bénéficier aux communautés locales qui protègent les patrimoines naturels et culturels de la région.
À partir de la saison 2026/2027, Sainte-Lucie va apparaître dans l’univers d’Arsenal comme partenaire officiel de destination. Ce partenariat place une île caribéenne au cœur d’une stratégie qui veut transformer le football mondial en tourisme, en fierté et en opportunités pour sa jeunesse.
Un partenariat officialisé à Castries
À Castries, la Saint Lucia Tourism Authority a officialisé un partenariat mondial pluriannuel avec Arsenal Football Club. Le club londonien devient ainsi un relais d’image pour une île de l’Est caribéen d’environ 180 500 habitants.
Le choix n’est pas anodin. Sainte-Lucie cherche à faire connaître davantage sa beauté, sa culture et son offre touristique à un public international. Le Royaume-Uni occupe une place importante dans cette stratégie, car il compte parmi les principaux marchés touristiques de l’île. Arsenal devient une porte d’entrée vers des millions de supporters, des matchs suivis dans de nombreux pays et des plateformes capables de porter une image très loin. Pour une destination insulaire, cette visibilité peut compter.
Sainte-Lucie, une vitrine au cœur du football anglais
Le partenariat prévoit une présence de Sainte-Lucie dans l’environnement d’Arsenal. L’île bénéficiera notamment d’une visibilité à l’Emirates Stadium, lors de matchs de Premier League, de Women’s Super League et de matchs de coupe. Elle sera aussi présente sur les plateformes et canaux digitaux du club.
Aujourd’hui, le tourisme ne se joue plus seulement dans les salons professionnels ou les campagnes classiques. Il se joue aussi dans les émotions collectives. Un match, un maillot, une vidéo, une communauté de supporters : ce sont des lieux de mémoire, de conversation et parfois de désir de voyage. Sainte-Lucie place donc son image là où l’attention existe déjà pour faire circuler son nom, sa campagne “Let Her Inspire You” et son identité auprès d’un public qui connaît peut-être Arsenal avant de connaître les Pitons.
Sainte-Lucie regarde vers sa jeunesse
La partie la plus intéressante de l’accord se trouve loin des tribunes. Le partenariat doit aussi soutenir la création d’un Academy Hub à Sainte-Lucie. L’objectif annoncé est de créer des possibilités de mentorat et des parcours pour aider de jeunes joueurs à développer leur talent.
Dans beaucoup d’îles, le sport est une langue commune. Il porte les rêves d’enfants, les efforts des familles, les terrains improvisés, les clubs locaux et les entraîneurs qui donnent du temps. Quand un partenariat international promet des passerelles pour les jeunes, il doit être regardé avec attention. Le défi sera simple à formuler, plus difficile à mesurer : cette visibilité mondiale pourra-t-elle produire des effets réels sur le terrain ? Pour les jeunes joueurs de Sainte-Lucie, l’Academy Hub sera le point à suivre.
Une destination avec une histoire à raconter
L’île est présentée comme le seul pays au monde nommé d’après une femme. Elle est connue pour les Pitons, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais aussi pour ses forêts, ses plages, ses bains de boue à Sulphur Springs Park, son héritage chocolatier et ses grands rendez-vous culturels.
Le Gros Islet Friday Night Street Party, le Saint Lucia Jazz & Arts Festival, le Lucian Carnival ou encore le Creole Heritage Month donnent déjà à l’île un calendrier fort. L’accord avec Arsenal vient donc amplifier une histoire existante. La présence de Julien Alfred, championne olympique et ambassadrice du tourisme, renforce aussi cette lecture. Sainte-Lucie sait déjà que le sport peut faire voyager un nom bien au-delà de ses frontières. Avec Arsenal, l’île change simplement d’échelle.
Le tourisme sportif comme stratégie
Ce n’est pas la première fois que la Saint Lucia Tourism Authority s’appuie sur de grands noms du sport. L’organisme cite déjà des collaborations avec les New York Yankees, les Toronto Raptors, les Toronto Maple Leafs et les Brooklyn Nets. L’accord avec Arsenal vient donc s’ajouter à une stratégie plus large autour du tourisme sportif.
Football, cricket, rugby, natation : Sainte-Lucie veut attirer des équipes, des athlètes, des visiteurs et des regards. Pour une île caribéenne, cette stratégie peut devenir un levier puissant si elle reste connectée au territoire. La visibilité seule ne suffit pas. Elle doit nourrir l’économie locale, les événements, les jeunes talents et la reconnaissance culturelle. C’est là que ce partenariat sera vraiment jugé. Pas seulement à la taille des écrans ou au nombre de supporters touchés, mais à ce qu’il laissera dans l’île.
Quand une île entre dans le jeu mondial
Avec Arsenal, Sainte-Lucie entre dans un espace où le sport, le tourisme et l’identité se croisent. Le football devient une vitrine. L’île devient un récit. Et la jeunesse devient une promesse à suivre. La question est maintenant ouverte : jusqu’où une petite île caribéenne peut-elle transformer la puissance d’un grand club en bénéfices concrets pour son peuple ?
Sainte-Lucie devient partenaire officiel de destination d’Arsenal Football Club à partir de la saison 2026/2027. Ce partenariat pluriannuel, porté par la Saint Lucia Tourism Authority, doit renforcer la visibilité internationale de l’île, notamment au Royaume-Uni, l’un de ses marchés touristiques importants. Il prévoit aussi une présence de Sainte-Lucie dans l’environnement d’Arsenal, à l’Emirates Stadium, lors de matchs masculins et féminins, ainsi que sur les plateformes digitales du club.
Sainte-Lucie mise sur Arsenal pour toucher un public mondial déjà engagé autour du football. L’objectif est de faire circuler le nom de l’île au-delà des campagnes touristiques classiques, en associant sa destination à un club suivi dans de nombreux pays. Ce partenariat permet aussi de renforcer la campagne “Let Her Inspire You” et de présenter Sainte-Lucie comme une destination caribéenne liée à la nature, à la culture, aux événements et au tourisme sportif.
L’Academy Hub prévu à Sainte-Lucie doit créer des possibilités de mentorat et des parcours pour aider de jeunes joueurs à développer leur talent. C’est l’un des volets les plus importants du partenariat avec Arsenal, car il dépasse la simple visibilité touristique. L’enjeu sera de voir comment cette collaboration pourra produire des effets concrets pour les jeunes sportifs, les clubs locaux et le développement du football sur l’île.
À partir du 1er juillet 2026, Sainte-Lucie prendra la présidence de la CARICOM pour une période de six mois. Quelques jours plus tard, l’île accueillera la 51e réunion régulière de la Conférence des chefs de gouvernement, du 5 au 8 juillet. Derrière ce calendrier officiel, une question plus large se dessine : comment rendre l’intégration caribéenne plus concrète pour les peuples ?
Sainte-Lucie au centre du calendrier caribéen
Dans les prochains jours, Sainte-Lucie deviendra l’un des lieux où la Caraïbe viendra parler d’elle-même, de ses urgences et de son avenir commun. Lors du lancement national de la réunion, le Premier ministre Philip J. Pierre a présenté ce rendez-vous comme un moment important pour son pays et pour l’ensemble de la Communauté caribéenne.
Le calendrier est clair. Sainte-Lucie prendra la présidence de la CARICOM le 1er juillet 2026. Philip J. Pierre succédera alors à Dr Terrance Drew, Premier ministre de Saint Kitts and Nevis, actuel président de l’organisation. Cette présidence durera jusqu’au 31 décembre 2026
Une présidence tournante, une responsabilité partagée
Dans la CARICOM, la présidence tourne entre les États membres. Ce principe peut sembler très institutionnel. Pourtant, il dit quelque chose d’essentiel sur la région. Les petits États caribéens ne portent pas seuls leurs défis. Ils se relaient, se coordonnent et cherchent à maintenir une continuité dans les décisions collectives.
Pour Sainte-Lucie, cette responsabilité arrive à un moment où la région fait face à plusieurs pressions en même temps. Le changement climatique, les vulnérabilités économiques, la sécurité, l’alimentation et la jeunesse ne sont plus des sujets séparés. Ils se croisent dans la vie quotidienne des habitants. C’est précisément là que la CARICOM veut être attendue : non pas uniquement dans les discours, mais dans les résultats.
Du 5 au 8 juillet, les dirigeants de la CARICOM réunis
La 51e réunion régulière de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM se tiendra à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet 2026. La cérémonie d’ouverture est prévue le dimanche 5 juillet. Le lundi 6 juillet, les chefs de gouvernement ou leurs représentants participeront au Heads Retreat, un temps réservé aux échanges directs entre dirigeants.
Les sessions formelles auront ensuite lieu les mardi 7 et mercredi 8 juillet. Elles doivent permettre d’aborder les dossiers jugés essentiels pour l’avenir de la Communauté. Ce format, entre discussions politiques et réunions officielles, vise à créer un espace de dialogue, de coordination et de décision.
De la résilience au renouvellement
Le thème choisi résume l’ambition affichée : « CARICOM: From Resilience to Renewal in a Changing World ». La formule part d’un constat connu dans toute la Caraïbe. Les peuples caribéens ont appris à tenir face aux crises. Ouragans, chocs économiques, héritages coloniaux, dépendances extérieures : la résilience fait partie de l’histoire régionale. Mais le message porté par Sainte-Lucie est clair : tenir ne suffit plus. La région veut entrer dans une phase de renouvellement. Renouvellement des économies, des institutions, de la coopération, des opportunités et de la confiance collective.
Des décisions qui doivent se voir
L’un des points les plus importants du discours de Philip J. Pierre concerne la visibilité des résultats. La CARICOM ne peut pas rester une idée réservée aux sommets, aux communiqués ou aux salles de conférence. Pour compter, l’intégration régionale doit toucher la vie des citoyens.
Cela passe par des sujets concrets : meilleure préparation face aux catastrophes, coopération en matière de sécurité, justice climatique, sécurité alimentaire, développement durable, santé publique, éducation et possibilités économiques. Ces thèmes paraissent vastes. Ils deviennent concrets quand une famille doit payer son panier alimentaire, quand une île se relève après un cyclone, ou quand un jeune cherche une place dans l’économie régionale.
Une question pour toute la Caraïbe
En juillet 2026, Sainte-Lucie accueillera plus qu’une réunion de dirigeants. L’île portera, pendant six mois, une part de la responsabilité régionale. La 51e réunion de la CARICOM sera un moment de diplomatie, mais aussi un test politique : la Caraïbe peut-elle transformer sa résilience en décisions visibles ? La réponse ne se jouera pas seulement à Sainte-Lucie. Elle se mesurera dans la capacité de toute la région à faire de la coopération caribéenne une réalité que les peuples peuvent reconnaître dans leur quotidien.
Saint-Lucia prendra officiellement la présidence de la CARICOM le 1er juillet 2026. Le Premier ministre Philip J. Pierre succédera alors à Dr Terrance Drew, Premier ministre de Saint Kitts and Nevis. Cette présidence tournante durera six mois, jusqu’au 31 décembre 2026.
La 51e réunion régulière de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM se tiendra à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet 2026. La cérémonie d’ouverture est prévue le dimanche 5 juillet, avant le Heads Retreat du 6 juillet et les sessions formelles des 7 et 8 juillet.
Cette réunion est importante parce qu’elle intervient au moment où Sainte-Lucie prend la présidence de la CARICOM. Elle doit permettre aux dirigeants caribéens d’aborder des sujets majeurs comme le climat, la sécurité, la coopération économique, la sécurité alimentaire et l’avenir de l’intégration régionale. L’enjeu est de transformer les discussions politiques en résultats visibles pour les peuples caribéens.
Les 2 et 3 juin 2026, autour d’une même table en Guadeloupe, des acteurs publics et économiques venus de Guadeloupe, d’Antigua-et-Barbuda, de la Dominique et de Saint-Kitts-et-Nevis ont travaillé sur une question très concrète : comment mieux relier des îles proches, dont les échanges restent freinés par les ruptures de transport ? Le premier comité de pilotage de KARULINK ne lance pas encore de nouvelles lignes. Il installe une méthode, des partenaires et un calendrier pour examiner la faisabilité de dessertes maritimes régulières de passagers.
Un premier COPIL pour passer du principe à la méthode
Cette réunion marque une étape importante pour KARULINK, projet de coopération territoriale européenne cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme INTERREG Caraïbes 2021-2027. Les discussions ont porté sur trois axes : les études de faisabilité pour de futures dessertes maritimes, le développement de solutions de transport plus respectueuses de l’environnement, et les perspectives de coopération économique et touristique entre les territoires partenaires.
Ce cadrage est essentiel. Une liaison maritime ne se résume pas à mettre un navire en mer. Il faut étudier les flux possibles, les ports concernés, les correspondances terrestres, les coûts d’exploitation, les normes, la sûreté, les horaires, la billetterie et l’accueil des passagers. C’est toute la chaîne du déplacement qui doit être pensée. C’est l’un des enjeux de l’intermodalité évoquée dans le projet : permettre au voyageur de passer plus facilement d’un mode de transport à un autre.
Un projet guadeloupéen à portée caribéenne
KARULINK est porté par le Groupe STEP, en Guadeloupe, avec plusieurs partenaires économiques et institutionnels : l’Antigua and Barbuda Chamber of Commerce, la Dominica Association of Industry and Commerce, la St. Kitts and Nevis Chamber of Industry and Commerce, la Communauté d’Agglomération La Riviera du Levant et la Ville de Bouillante. Le projet doit être mis en œuvre jusqu’au 31 décembre 2027.
Les données publiées par INTERREG Caraïbes indiquent une période allant du 4 janvier 2025 au 31 décembre 2027, avec un coût total de 1 868 743 euros, dont 1 143 896 euros au titre du FEDER et 444 535 euros au titre du FED. Ces montants inscrivent KARULINK dans un cadre structuré, financé et européen, avec des objectifs mesurables.
La mer comme espace de coopération
L’intérêt de KARULINK tient à son point de départ : la mer peut redevenir un espace de circulation, de travail et de coopération entre des îles proches. Le projet vise à renforcer la connectivité au sein de l’archipel guadeloupéen tout en étudiant de nouvelles lignes vers la Dominique, Antigua et Saint-Kitts. Il associe aussi des objectifs plus larges : stimuler l’économie touristique, favoriser le transport bas-carbone, créer des emplois locaux et développer des formations dans les métiers du transport maritime et terrestre.
Cette dimension est importante pour la Caraïbe orientale. Les territoires concernés partagent des proximités géographiques, des échanges commerciaux, des liens familiaux, des circulations touristiques et des besoins économiques. Pourtant, la mobilité régionale reste un sujet sensible, car elle dépend de décisions publiques, d’opérateurs privés, de contraintes techniques et d’équilibres économiques fragiles. KARULINK devra donc prouver que la coopération peut produire des solutions concrètes.
Une réponse à l’enjeu d’intégration régionale
Le projet s’inscrit dans la priorité « Une Caraïbe plus connectée » du programme INTERREG Caraïbes. Cette priorité comprend un objectif spécifique consacré à la mobilité durable, intelligente et transfrontalière. Elle correspond à l’ambition annoncée : réduire les obstacles à la mobilité entre les îles et favoriser les échanges économiques, touristiques et humains.
Pour la Guadeloupe, l’enjeu est aussi stratégique. En tant que région ultrapériphérique européenne située dans la Caraïbe, elle cherche à mieux s’inscrire dans son environnement régional. KARULINK lui donne un rôle de pivot, non pas pour parler à la place des autres territoires, mais pour construire avec eux des liaisons utiles, réalistes et durables.
La prochaine étape sera décisive
À ce stade, les éléments disponibles évoquent des études de faisabilité, une coordination entre partenaires et la préparation des prochaines étapes. Les futures lignes restent donc à définir : trajets retenus, fréquence, prix, navires, ports concernés et partenaires d’exploitation.
C’est là que KARULINK sera attendu. S’il aboutit, le projet pourrait donner à la Caraïbe orientale un exemple concret de coopération maritime, au service des habitants, des visiteurs, des entreprises et des territoires. Les 2 et 3 juin 2026 n’ont pas encore changé la carte des transports. Mais ils ont posé une première pierre : celle d’une mobilité caribéenne pensée depuis la région, avec ses contraintes, ses besoins et ses ambitions.
KARULINK est un projet de coopération territoriale européenne qui vise à renforcer la connectivité maritime entre plusieurs territoires de la Caraïbe orientale. Il associe la Guadeloupe, Antigua-et-Barbuda, la Dominique et Saint-Kitts-et-Nevis autour d’un objectif concret : étudier la mise en place de liaisons maritimes régulières de passagers, améliorer l’intermodalité des transports et faciliter les échanges économiques, touristiques et humains entre les îles.
Le projet KARULINK concerne principalement la Guadeloupe, Antigua-et-Barbuda, la Dominique et Saint-Kitts-et-Nevis. Côté guadeloupéen, il implique notamment le Groupe STEP, la Communauté d’Agglomération La Riviera du Levant et la Ville de Bouillante. Le projet s’inscrit dans une logique régionale : mieux relier des territoires proches géographiquement, mais encore freinés par des contraintes de transport, de coordination et d’organisation des flux maritimes.
KARULINK est important parce qu’il répond à un enjeu central dans la Caraïbe : la difficulté de se déplacer facilement entre des îles pourtant voisines. En travaillant sur des dessertes maritimes, des solutions de transport plus durables et une meilleure coopération entre acteurs publics et privés, le projet peut contribuer à renforcer l’intégration régionale. Il peut aussi soutenir le tourisme, les échanges économiques, les liens familiaux et la circulation des habitants dans la Caraïbe orientale.
Barbade et Guyana vont franchir une nouvelle étape dans la mobilité caribéenne. À partir du 1er juillet 2026, les citoyens éligibles des deux pays pourront voyager entre les deux territoires avec une carte d’identité nationale valide, sans avoir à présenter de passeport. Derrière cette mesure administrative, c’est une idée plus large qui se dessine : rendre l’intégration régionale plus visible dans la vie quotidienne.
Une carte d’identité nationale pour voyager
Dans les aéroports, le changement pourrait se voir dès l’enregistrement. Un citoyen barbadien se rendant au Guyana, ou un citoyen guyanien partant vers la Barbade, pourra utiliser sa carte d’identité nationale pour effectuer ce trajet, à condition qu’elle soit valide et reconnue dans le cadre du nouvel accord bilatéral.
Cette décision ne supprime pas les contrôles aux frontières. Elle ne signifie pas non plus, à ce stade, que les citoyens auront automatiquement le droit de résider ou de travailler librement dans l’autre pays. L’accord porte d’abord sur le document exigé pour voyager. C’est une précision importante : Barbade et Guyana facilitent le déplacement, sans annoncer pour autant une ouverture totale des frontières.
Une annonce au moment des 60 ans du Guyana
L’annonce intervient dans un moment hautement symbolique : le Guyana marque ce 26 mai 2026 ses 60 ans d’indépendance, tandis que la Barbade atteindra le même cap le 30 novembre 2026. Les deux pays, indépendants depuis 1966, choisissent donc de donner à cet anniversaire une traduction très pratique : rapprocher leurs citoyens par une procédure plus simple.
Le message politique est clair. Dans une région où les liens historiques, familiaux et culturels sont forts, les démarches de voyage restent parfois lourdes. En permettant à certains citoyens de circuler avec une carte d’identité nationale, les deux gouvernements veulent rendre le passage entre les territoires plus accessible.
Un signal fort pour la CARICOM
Depuis des décennies, la CARICOM défend l’idée d’une Caraïbe plus unie. Mais pour beaucoup d’habitants, cette ambition reste souvent associée aux sommets, aux déclarations officielles et aux textes institutionnels. Ici, l’intégration devient plus concrète. Elle se mesure à un document que l’on garde dans son portefeuille.
Avec cette décision, Barbade et Guyana montrent qu’une coopération régionale peut toucher directement les citoyens. Une famille pourra envisager un déplacement avec moins de contraintes. Un entrepreneur pourra organiser un voyage plus facilement. Un artiste, un étudiant ou un professionnel pourra se rendre dans l’autre pays sans passer par la procédure classique du passeport, si toutes les conditions prévues sont remplies.
La mesure peut aussi soutenir les échanges touristiques, culturels et économiques. La Barbade et le Guyana occupent deux places différentes, mais complémentaires, dans l’espace caribéen anglophone. L’une est une île fortement tournée vers les services, le tourisme et les échanges internationaux. L’autre est un territoire continental, en pleine transformation économique, avec une profondeur géographique et culturelle particulière. Leur rapprochement donne du relief à l’idée d’une Caraïbe moins fragmentée.
Des détails encore attendus
Il faudra toutefois suivre les prochaines précisions officielles. À ce stade, l’accord prévoit que les citoyens éligibles pourront voyager avec leur carte d’identité nationale. Les gouvernements devront encore clarifier les conditions exactes d’éligibilité, les procédures d’application, les règles pour les mineurs, la durée des séjours et les consignes qui seront appliquées par les compagnies aériennes.
Ces détails seront essentiels pour éviter les confusions au moment du départ. Une mesure de mobilité ne fonctionne vraiment que si les citoyens, les agents d’immigration et les transporteurs disposent des mêmes informations. C’est sur ce terrain pratique que l’accord sera jugé.
Une Caraïbe plus proche, pas seulement dans les discours
L’accord entre Barbade et Guyana rappelle qu’une région ne se construit pas seulement avec de grands principes. Elle se construit aussi avec des décisions simples, capables de modifier les habitudes. Voyager avec une carte d’identité nationale au lieu d’un passeport peut sembler technique. Pour les citoyens concernés, cela peut devenir un signe concret d’appartenance à un espace régional plus proche.
Reste maintenant à voir si cette mesure inspirera d’autres États de la CARICOM. Car derrière cet accord, une question plus large se pose : jusqu’où la Caraïbe est-elle prête à aller pour rendre la mobilité régionale plus simple pour ses propres citoyens ?
À partir du 1er juillet 2026, les citoyens éligibles de Barbade et Guyana pourront voyager entre les deux pays avec une carte d’identité nationale valide. Ils n’auront donc plus besoin de présenter un passeport pour ce trajet précis, selon le nouvel arrangement bilatéral annoncé par les deux gouvernements.
L’accord annoncé concerne d’abord le document nécessaire pour voyager. Il ne faut donc pas le confondre avec un droit automatique de résidence ou de travail. Les gouvernements devront encore préciser les conditions exactes d’éligibilité, les règles de séjour et les procédures applicables aux citoyens concernés.
Cette mesure donne une forme concrète à l’intégration régionale caribéenne. En facilitant les déplacements entre Barbade et Guyana, elle peut renforcer les liens familiaux, culturels, touristiques et économiques entre deux pays membres de la CARICOM, tout en ouvrant la voie à d’autres initiatives similaires dans la région.
Opération Pays Propre livre le bilan de sa 29e édition en Martinique : 950 participants, 18 sites naturels nettoyés et 6,137 tonnes de déchets ramassés. Derrière ces chiffres, une mobilisation collective rappelle que la protection des paysages martiniquais repose aussi sur des gestes organisés et transmis.
950 participants sur le terrain
Sur les sites naturels concernés, le geste est simple, mais il dit beaucoup. Ramasser un déchet, remplir un sac, avancer en groupe, regarder autrement un lieu que l’on croyait connaître. Pour la 29e édition de l’Opération Pays Propre, 950 participants ont pris part à cette action environnementale en Martinique.
La mobilisation a réuni 15 entreprises, 8 associations et 8 établissements scolaires. Ce mélange d’acteurs donne à l’action une portée particulière. L’enjeu dépasse le nettoyage après coup. Il consiste aussi à faire comprendre, notamment aux plus jeunes, que les déchets abandonnés ne disparaissent pas du paysage. Ils abîment les sols, les plages, les sentiers, les milieux marins, et fragilisent ce qui fait la valeur quotidienne de l’île.
6,137 tonnes de déchets ramassés
Le bilan de l’Opération Pays Propre est précis : 6,137 tonnes de déchets ont été collectées lors de cette édition. Le nettoyage a concerné 18 sites naturels. Ce chiffre donne la mesure du travail réalisé, mais il oblige aussi à regarder le problème en face. Si autant de déchets peuvent être retirés en quelques jours, c’est que la pression sur les espaces naturels reste forte.
En Martinique, la question environnementale touche directement au cadre de vie, au patrimoine naturel et à l’activité touristique. Un site naturel pollué devient un espace dégradé. Il fragilise aussi un lieu de mémoire, de promenade, de transmission familiale et parfois d’activité économique. À travers cette opération, les participants ne protègent donc pas une abstraction. Ils agissent sur des lieux que les habitants fréquentent, traversent ou racontent.
Une action née en 2010
Depuis son lancement en octobre 2010, à l’occasion de la Fête des Entreprises, l’Opération Pays Propre s’est inscrite dans la durée. L’idée était de fédérer des salariés autour d’une action d’intérêt public : le nettoyage de sites remarquables. Depuis, deux opérations sont organisées chaque année en partenariat avec l’Office National des Forêts, et l’initiative s’est ouverte aux entreprises, particuliers, associations, écoles et collectivités.
Cette évolution compte. Elle montre qu’une action pensée au départ dans le monde de l’entreprise peut devenir un rendez-vous citoyen élargi. La présence d’établissements scolaires est particulièrement importante. Elle donne à l’Opération Pays Propre une dimension pédagogique. Les enfants ne reçoivent pas seulement un discours sur l’environnement. Ils voient concrètement ce qui est jeté, ce qui s’accumule, ce qui doit être enlevé.
Plus de 335 tonnes depuis le lancement
Avec cette nouvelle édition, les opérations menées depuis 2010 totalisent plus de 335,2 tonnes de déchets récoltés et plus de 23 474 participants. Ces deux chiffres installent l’action dans une autre échelle. L’Opération Pays Propre garde la forme d’un rendez-vous local, mais son bilan cumulé raconte une mobilisation de long terme.
Cette continuité est essentielle. Un nettoyage isolé peut marquer les esprits vite. Une opération répétée, mesurée et organisée crée une mémoire collective. Entreprises, associations, établissements scolaires et bénévoles deviennent les maillons d’une même chaîne, chacun avec son rôle, ses moyens et sa présence sur le terrain.
Une organisation collective
Avec l’Opération Pays Propre, la réussite repose sur plus que le nombre de volontaires. Elle demande aussi une logistique. Le bilan cite l’Office National des Forêts pour l’accompagnement dans l’organisation, la fourniture de sacs poubelles, l’encadrement des bénévoles et l’évacuation des déchets. L’Office de l’Eau apporte un soutien financier. Alizé Environnement, la CACEM, Cap Nord, EKIP, Métal Dom et le SMTVD interviennent dans la gestion des déchets. Les communes participent aussi à l’enlèvement.
Cette répartition des rôles rappelle une évidence : protéger un territoire demande de la coordination. Le geste bénévole est indispensable, mais il doit être encadré, sécurisé, financé et prolongé par une gestion correcte des déchets collectés.
Protéger le pays, ensemble
La force de l’Opération Pays Propre tient à cette rencontre entre action concrète et responsabilité partagée. Dans une île où les paysages naturels font partie du quotidien, du tourisme, de l’attachement familial et de l’identité collective, chaque déchet retiré raconte aussi une manière de regarder le pays.
La phrase créole mise en avant est: “Ansanm an nou protéjé péyi nou”, signifie “ensemble, protégeons notre pays”. Elle résume bien l’enjeu. Cette mobilisation rappelle que la protection de la Martinique ne relève pas uniquement des grandes décisions. Elle commence aussi sur un site naturel, un sac à la main, avec la volonté de laisser derrière soi un lieu plus propre que celui que l’on a trouvé.
L’Opération Pays Propre est une action environnementale organisée en Martinique pour nettoyer des sites naturels et sensibiliser les participants à l’impact des déchets sur les milieux terrestres et marins.
La 29e Opération Pays Propre a réuni 950 participants, dont 15 entreprises, 8 associations et 8 établissements scolaires. Le bilan annonce 6,137 tonnes de déchets ramassés sur 18 sites naturels nettoyés.
Elle contribue à protéger les paysages, le cadre de vie, les milieux naturels et l’image touristique de la Martinique. Depuis 2010, ces opérations ont permis de récolter plus de 335,2 tonnes de déchets avec plus de 23 474 participants.