Opération Pays Propre livre le bilan de sa 29e édition en Martinique : 950 participants, 18 sites naturels nettoyés et 6,137 tonnes de déchets ramassés. Derrière ces chiffres, une mobilisation collective rappelle que la protection des paysages martiniquais repose aussi sur des gestes organisés et transmis.
950 participants sur le terrain
Sur les sites naturels concernés, le geste est simple, mais il dit beaucoup. Ramasser un déchet, remplir un sac, avancer en groupe, regarder autrement un lieu que l’on croyait connaître. Pour la 29e édition de l’Opération Pays Propre, 950 participants ont pris part à cette action environnementale en Martinique.
La mobilisation a réuni 15 entreprises, 8 associations et 8 établissements scolaires. Ce mélange d’acteurs donne à l’action une portée particulière. L’enjeu dépasse le nettoyage après coup. Il consiste aussi à faire comprendre, notamment aux plus jeunes, que les déchets abandonnés ne disparaissent pas du paysage. Ils abîment les sols, les plages, les sentiers, les milieux marins, et fragilisent ce qui fait la valeur quotidienne de l’île.
6,137 tonnes de déchets ramassés
Le bilan de l’Opération Pays Propre est précis : 6,137 tonnes de déchets ont été collectées lors de cette édition. Le nettoyage a concerné 18 sites naturels. Ce chiffre donne la mesure du travail réalisé, mais il oblige aussi à regarder le problème en face. Si autant de déchets peuvent être retirés en quelques jours, c’est que la pression sur les espaces naturels reste forte.
En Martinique, la question environnementale touche directement au cadre de vie, au patrimoine naturel et à l’activité touristique. Un site naturel pollué devient un espace dégradé. Il fragilise aussi un lieu de mémoire, de promenade, de transmission familiale et parfois d’activité économique. À travers cette opération, les participants ne protègent donc pas une abstraction. Ils agissent sur des lieux que les habitants fréquentent, traversent ou racontent.
Une action née en 2010
Depuis son lancement en octobre 2010, à l’occasion de la Fête des Entreprises, l’Opération Pays Propre s’est inscrite dans la durée. L’idée était de fédérer des salariés autour d’une action d’intérêt public : le nettoyage de sites remarquables. Depuis, deux opérations sont organisées chaque année en partenariat avec l’Office National des Forêts, et l’initiative s’est ouverte aux entreprises, particuliers, associations, écoles et collectivités.
Cette évolution compte. Elle montre qu’une action pensée au départ dans le monde de l’entreprise peut devenir un rendez-vous citoyen élargi. La présence d’établissements scolaires est particulièrement importante. Elle donne à l’Opération Pays Propre une dimension pédagogique. Les enfants ne reçoivent pas seulement un discours sur l’environnement. Ils voient concrètement ce qui est jeté, ce qui s’accumule, ce qui doit être enlevé.
Plus de 335 tonnes depuis le lancement
Avec cette nouvelle édition, les opérations menées depuis 2010 totalisent plus de 335,2 tonnes de déchets récoltés et plus de 23 474 participants. Ces deux chiffres installent l’action dans une autre échelle. L’Opération Pays Propre garde la forme d’un rendez-vous local, mais son bilan cumulé raconte une mobilisation de long terme.
Cette continuité est essentielle. Un nettoyage isolé peut marquer les esprits vite. Une opération répétée, mesurée et organisée crée une mémoire collective. Entreprises, associations, établissements scolaires et bénévoles deviennent les maillons d’une même chaîne, chacun avec son rôle, ses moyens et sa présence sur le terrain.
Une organisation collective
Avec l’Opération Pays Propre, la réussite repose sur plus que le nombre de volontaires. Elle demande aussi une logistique. Le bilan cite l’Office National des Forêts pour l’accompagnement dans l’organisation, la fourniture de sacs poubelles, l’encadrement des bénévoles et l’évacuation des déchets. L’Office de l’Eau apporte un soutien financier. Alizé Environnement, la CACEM, Cap Nord, EKIP, Métal Dom et le SMTVD interviennent dans la gestion des déchets. Les communes participent aussi à l’enlèvement.
Cette répartition des rôles rappelle une évidence : protéger un territoire demande de la coordination. Le geste bénévole est indispensable, mais il doit être encadré, sécurisé, financé et prolongé par une gestion correcte des déchets collectés.
Protéger le pays, ensemble
La force de l’Opération Pays Propre tient à cette rencontre entre action concrète et responsabilité partagée. Dans une île où les paysages naturels font partie du quotidien, du tourisme, de l’attachement familial et de l’identité collective, chaque déchet retiré raconte aussi une manière de regarder le pays.
La phrase créole mise en avant est: “Ansanm an nou protéjé péyi nou”, signifie “ensemble, protégeons notre pays”. Elle résume bien l’enjeu. Cette mobilisation rappelle que la protection de la Martinique ne relève pas uniquement des grandes décisions. Elle commence aussi sur un site naturel, un sac à la main, avec la volonté de laisser derrière soi un lieu plus propre que celui que l’on a trouvé.
L’Opération Pays Propre est une action environnementale organisée en Martinique pour nettoyer des sites naturels et sensibiliser les participants à l’impact des déchets sur les milieux terrestres et marins.
La 29e Opération Pays Propre a réuni 950 participants, dont 15 entreprises, 8 associations et 8 établissements scolaires. Le bilan annonce 6,137 tonnes de déchets ramassés sur 18 sites naturels nettoyés.
Elle contribue à protéger les paysages, le cadre de vie, les milieux naturels et l’image touristique de la Martinique. Depuis 2010, ces opérations ont permis de récolter plus de 335,2 tonnes de déchets avec plus de 23 474 participants.
Matnik Convergences ouvre une nouvelle voie pour financer la culture : celle d’un engagement structuré des entreprises au service de projets d’intérêt général. Avec sept membres fondateurs et l’appui de la Direction des Affaires Culturelles de la Martinique, ce fonds de dotation veut créer un dialogue plus lisible entre porteurs de projets, mécènes et institutions.
Une passerelle entre culture et économie
En Martinique, beaucoup de porteurs de projets culturels rencontrent la même difficulté : identifier les bons interlocuteurs, structurer un dossier, comprendre les attentes des financeurs, puis défendre leur initiative dans un cadre clair. Du côté des entreprises, plusieurs acteurs économiques souhaitent soutenir la création, le patrimoine ou les initiatives artistiques du territoire, sans toujours savoir comment agir.
C’est dans cet espace trop peu structuré que Matnik Convergences entend prendre place. Lancé à l’initiative de la Direction des Affaires Culturelles de la Martinique, le fonds est présenté comme un outil de convergence entre entreprises, institutions et monde culturel. Sa vocation n’est pas seulement de collecter des financements. Elle consiste aussi à créer une méthode et un cadre capables de rapprocher des univers qui se croisent souvent, mais travaillent encore trop rarement ensemble.
Sept fondateurs pour lancer le mouvement
La création du fonds repose sur un collectif d’acteurs économiques engagés. Sept membres fondateurs : Crédit Mutuel de Martinique, Groupe Elizé, Société Boris Constant, Distillerie Neisson, SACEM, SARL Maurice Laouchez et Contact-Entreprises.
Cette diversité compte. Matnik Convergences ne part pas d’une initiative isolée, portée par une seule entreprise. Le projet cherche au contraire à construire une logique collective. L’objectif est de permettre aux entreprises martiniquaises qui veulent contribuer à la vie culturelle du territoire de le faire dans un cadre plus clair et plus lisible pour les porteurs de projets.
Le fonds reste toutefois un fonds d’entreprise. La DAC Martinique apporte un soutien, notamment en matière de cadrage et d’expertise, mais le dispositif garde une logique propre. Les entreprises contribuent, les projets sont examinés selon l’intérêt général, et les modalités de sélection devront être confirmées par la gouvernance du fonds.
Un outil de mécénat culturel
Pour les acteurs culturels, Matnik Convergences pourrait ouvrir une voie complémentaire. Le fonds ne remplace pas les demandes de subventions classiques auprès de l’État ou de la Collectivité Territoriale de Martinique. Il crée un autre chemin possible pour des projets culturels, artistiques, patrimoniaux ou environnementaux capables de répondre à une mission d’intérêt général.
La distinction entre mécénat et sponsoring reste essentielle. Dans le mécénat, une entreprise soutient une action sans attendre une contrepartie publicitaire équivalente. Elle peut être identifiée comme mécène, mais elle ne devient pas le centre du projet. Le sponsoring relève plutôt d’une stratégie de visibilité.
C’est cette logique de mécénat que le fonds veut installer. Pour la Martinique, l’enjeu dépasse la seule recherche de financement. Il s’agit de créer un climat de confiance entre ceux qui créent, transmettent ou restaurent, et ceux qui peuvent apporter des ressources financières, techniques ou humaines.
Un fonds qui ne remplace pas l’argent public
Le point doit être clair : Matnik Convergences n’a pas vocation à remplacer l’argent public. Le fonds doit ouvrir une voie supplémentaire, portée par les entreprises, sans se substituer aux politiques culturelles de l’État ou des collectivités.
Cette nuance est essentielle. La culture en Martinique touche à la mémoire, à la transmission, à l’éducation et à l’attractivité du territoire. Dans un espace où les enjeux patrimoniaux, artistiques et économiques se croisent, un outil structuré de mécénat peut donner plus de visibilité à des projets qui peinent parfois à trouver leur place.
Le test commencera maintenant : quels projets seront soutenus, selon quels critères, et avec quelle gouvernance ? C’est sur ces réponses que se mesurera la portée réelle de Matnik Convergences. Pour la Martinique, l’enjeu dépasse la création d’un outil financier : il s’agit de savoir si la culture peut devenir un terrain durable de coopération entre celles et ceux qui créent, financent, transmettent et font vivre le territoire.
Matnik Convergences est un fonds de dotation créé pour soutenir le développement culturel en Martinique. Il vise à rapprocher les entreprises, les institutions et les porteurs de projets culturels autour d’actions d’intérêt général.
L’objectif de Matnik Convergences est de créer une passerelle plus claire entre le monde économique et le secteur culturel martiniquais. Le fonds doit permettre à des entreprises de soutenir des projets culturels, artistiques ou patrimoniaux dans un cadre structuré.
Non. Matnik Convergences ne remplace pas l’argent public. Il ouvre une voie complémentaire, portée par des entreprises mécènes, pour accompagner des projets culturels en Martinique sans se substituer aux politiques culturelles de l’État ou des collectivités.
En Martinique, la DAC et l’ARS renouvellent leur convention culture et santé pour la période 2026-2030. Derrière ce texte signé le 22 avril, il y a des enfants hospitalisés, des résidents d’EHPAD, des personnes en situation de handicap, des soignants et des artistes qui tentent de maintenir un lien essentiel : l’accès à la culture, même dans les moments de fragilité.
Une convention pour que l’hôpital ne coupe pas du monde
La convention culture et santé entre dans une nouvelle étape en Martinique. Le 22 avril 2026, au Marin, la Direction des Affaires Culturelles de Martinique et l’Agence Régionale de Santé de Martinique ont signé une nouvelle convention régionale pour la période 2026-2030. Le sujet peut sembler institutionnel. Il touche pourtant à quelque chose de très concret : ce qui reste de la vie culturelle quand la maladie, l’âge ou le handicap modifient le quotidien.
Dans une chambre de pédiatrie, dans un EHPAD, dans un établissement médico-social, l’art n’arrive pas comme un simple divertissement. Il peut devenir un moment de respiration, une manière de parler autrement, de faire revenir un souvenir, de remettre une personne au centre de sa propre histoire. C’est ce que résume Séverine HUBY, conseillère éducation artistique et culturelle et action culturelle à la DAC Martinique, lorsqu’elle rappelle qu’« il ne faut pas de rupture dans l’accès à la culture ».
Deux objectifs : accès à la culture et santé globale
La convention culture et santé poursuit deux objectifs complémentaires. Le premier est culturel : renforcer l’accès aux œuvres et aux pratiques artistiques pour les personnes hospitalisées, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, mais aussi leurs proches, les aidants et les équipes professionnelles. Le second relève de la santé : mobiliser l’art et la culture comme leviers d’accompagnement, de prévention, de bien-être, d’autonomie et d’inclusion.
Ce cadre régional s’inscrit dans une politique nationale engagée depuis plus de 25 ans. Le premier texte interministériel date de 1999. Une nouvelle convention nationale a été signée en juillet 2025, avant que la Martinique ne renouvelle à son tour son engagement pour 2026-2030.
Sur le terrain, cela signifie que des projets artistiques pourront être menés dans des hôpitaux, des EHPAD, des structures accompagnant des personnes en situation de handicap ou d’autres lieux de soin et d’accompagnement. La convention culture et santé couvre de nombreux champs : musique, danse, théâtre, conte, marionnettes, arts visuels, livre, cinéma, patrimoine culturel immatériel, création numérique.
110 000 € par an et une exigence professionnelle
Pour 2026, un nouvel appel à projets doit être lancé début mai. Selon Séverine HUBY, l’enveloppe annuelle prévue s’élève à 110 000 €, avec 60 000 € portés par l’ARS et 50 000 € par la DAC. Elle précise aussi que, malgré un contexte budgétaire contraint, les crédits consacrés à ce programme ont été sanctuarisés.
Les projets ne pourront pas être imaginés par un artiste seul, ni par un établissement seul. Ils devront être co-construits entre un acteur culturel professionnel et une structure de santé ou médico-sociale. Cette exigence est au cœur du dispositif. Elle permet d’éviter les propositions déconnectées des besoins réels des patients, des résidents et des équipes.
La convention insiste aussi sur le rôle actif des bénéficiaires. La personne accompagnée ne doit pas rester simple spectatrice. Elle doit pouvoir participer, créer, raconter, bouger, transmettre, selon son état de santé, son âge, son handicap ou ses capacités du moment.
149 projets déjà accompagnés en Martinique
Le bilan précédent donne une idée de ce que la convention culture et santé a déjà produit. Entre 2021 et 2025, 149 projets ont été accompagnés en Martinique, pour un montant total de 540 000 €. Les projets liés au spectacle vivant et au patrimoine culturel immatériel représentent plus des deux tiers des actions soutenues. Musique, danse, tambour, conte, métiers d’art : ces pratiques trouvent un écho particulier dans les établissements accueillant des personnes âgées, parce qu’elles activent la mémoire, les gestes, les sons et les repères culturels.
Parmi les projets mis en avant figure l’association Clowns Dokté. À la Maison de la Femme et de l’Enfant (MFME) à Fort-de-France, en pédiatrie à Trinité ou encore au Centre Hospitalier du Nord Caraïbe, les clowns interviennent auprès d’enfants hospitalisés et de leurs familles. Avant l’intervention, une transmission médicale est assurée avec l’équipe soignante. Après l’intervention, un retour peut être fait sur des éléments observés chez l’enfant.
Leur travail ne consiste pas seulement à faire rire. Il vise aussi à réduire le stress, soutenir les familles, dédramatiser certains temps d’attente ou de soin, et créer une rencontre à hauteur d’enfant. Avec Kloun Gran Moun, l’association intervient également auprès de personnes âgées en EHPAD, dans une logique de lien social, de mémoire et de présence humaine.
Une politique culturelle, mais aussi un choix de société
La convention culture et santé pose une question plus large : quelle place laisse-t-on aux personnes fragilisées dans la vie culturelle du territoire ? La réponse portée par cette convention est claire : l’hospitalisation, l’âge ou le handicap ne doivent pas exclure de la création, de la parole, de la mémoire et du sensible. Pour la Martinique, l’enjeu est aussi patrimonial. Quand un tambour, une marionnette, une émission de radio, un atelier de danse ou un conte entre dans un établissement de soin, ce n’est pas seulement une activité qui commence. C’est une part du territoire qui circule, qui se transmet et qui rappelle que la culture ne s’arrête pas aux portes des lieux de fragilité.
La nouvelle convention culture et santé 2026-2030 ouvre donc une période décisive. Reste à voir quels artistes, quelles associations et quels établissements répondront à l’appel à projets 2026. Et surtout, quelles histoires naîtront de ces rencontres entre soin, mémoire et création.
La convention culture et santé est un partenariat entre la DAC Martinique et l’ARS Martinique. Elle vise à soutenir des projets artistiques et culturels dans les hôpitaux, les EHPAD et les établissements médico-sociaux, afin de maintenir l’accès à la culture pour les personnes hospitalisées, âgées ou en situation de handicap.
Les projets doivent être portés conjointement par un acteur culturel professionnel artiste, association, compagnie ou structure culturelle et un établissement de santé ou médico-social. Cette co-construction est obligatoire pour que le projet réponde à la fois aux objectifs artistiques et aux besoins des bénéficiaires.
La convention culture et santé permet de faire entrer l’art dans des lieux où l’isolement peut être fort. En Martinique, elle soutient des projets liés à la musique, à la danse, au conte, au patrimoine culturel immatériel ou encore aux arts visuels, tout en renforçant le lien social, la mémoire, l’expression et l’autonomie des publics accompagnés.
Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale a marqué une étape importante pour plusieurs communautés afrodescendantes et autochtones de la région. Réuni à San Andrés, le sommet a débouché sur la remise officielle de la déclaration de San Andrés, de l’Acte de Constitution et du Plan d’action de la Confédération des Peuples de la Caraïbe occidentale. Cette avancée donne un cadre politique plus solide à une dynamique régionale portée par des représentants raizals, garifunas, miskitos, créoles et d’autres peuples du bassin occidental.
Avec cette confédération, le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale franchit un cap. La rencontre de San Andrés ne se limite plus à une prise de parole collective. Elle installe une structure commune destinée à porter des priorités régionales sur la connectivité, les droits, la culture, l’économie, l’éducation, l’environnement et la gouvernance.
Le 2ᵉ sommet des peuples de la Caraïbe occidentale : une organisation régionale qui se structure
La portée du sommet tient d’abord à ce qu’il officialise. La création de la Confédération des Peuples de la Caraïbe occidentale donne davantage de continuité à un processus engagé depuis la première édition. Elle permet aussi de renforcer le poids politique de communautés qui partagent des réalités proches : marginalisation, fragilités économiques, pression sur les territoires, invisibilisation culturelle et besoin de représentation régionale.
San Andrés s’impose ici comme un lieu hautement symbolique. L’archipel occupe une position stratégique dans la Caraïbe occidentale et représente un espace central pour le peuple raizal. Le choix de ce territoire donne au sommet une forte portée historique et régionale, en rappelant les liens anciens entre les îles, les côtes et les peuples qui vivent dans cet espace maritime.
Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale met ainsi en avant une lecture de la région fondée sur les communautés elles-mêmes. Cette approche replace au premier plan les langues, les circulations maritimes, les héritages communs, les échanges locaux et les formes d’organisation propres aux territoires concernés.
Une feuille de route centrée sur la circulation, l’économie et les territoires
L’un des points forts du 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale réside dans son contenu concret. La déclaration retient plusieurs priorités : renforcer les routes maritimes et aériennes, réduire les coûts logistiques, faciliter les échanges régionaux, soutenir les entreprises communautaires et consolider les chaînes de production locales. La pêche artisanale, l’agriculture de subsistance, la bioéconomie et le tourisme durable occupent une place importante dans cette vision.
Cette orientation donne au sommet une portée très pratique. La question régionale y apparaît sous l’angle de la circulation des personnes, des marchandises, des savoir-faire et des opportunités. Pour des territoires souvent confrontés à l’isolement, aux coûts élevés et à des dépendances extérieures fortes, cette feuille de route économique a un poids réel.
La déclaration prévoit aussi des mécanismes de coopération plus poussés sur le commerce, les investissements, la logistique et la coordination institutionnelle. Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale donne donc une place centrale à l’autonomie économique et à la capacité des communautés à mieux maîtriser leurs propres circuits d’échange.
Langues ancestrales et mémoire collective : un axe majeur du sommet
La question linguistique occupe une place importante dans les décisions issues de San Andrés. Le créole, le miskito, le garifuna et d’autres langues régionales y sont présentés comme des composantes essentielles de l’identité des peuples de la Caraïbe occidentale. Leur transmission intergénérationnelle, leur présence dans l’éducation et leur reconnaissance institutionnelle figurent parmi les objectifs retenus. Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale donne ici un signal fort. Dans cette région, la langue touche directement à la mémoire, à la culture, à la dignité collective et à la relation au territoire. Sa préservation relève donc d’un choix politique et culturel de premier plan.
La déclaration évoque également la possibilité d’une reconnaissance plus large des langues ancestrales comme patrimoine immatériel. Cette perspective renforce le rôle de la culture dans la structuration du projet régional porté à San Andrés.
Climat, justice historique et intelligence artificielle dans le programme régional
Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale articule aussi des enjeux historiques et des défis très actuels. Les communautés réunies à San Andrés rappellent les effets durables du racisme structurel, de l’exclusion politique, des dépossessions territoriales et des violences subies dans plusieurs territoires de la région. La déclaration place clairement la question de la réparation historique et de la protection des droits collectifs dans son programme régional.
L’environnement figure également parmi les grands dossiers du sommet. Les peuples de la Caraïbe occidentale sont présentés comme des gardiens historiques de territoires fragiles, exposés aux ouragans, à la dégradation des écosystèmes et aux effets du dérèglement climatique. La réponse défendue à San Andrés repose sur la biodiversité, les savoirs traditionnels, la résilience communautaire et des formes de production compatibles avec les équilibres locaux.
Autre sujet marquant : la technologie. La déclaration consacre plusieurs passages à l’intelligence artificielle, aux biais algorithmiques, à l’extraction des données et aux nouvelles inégalités numériques. Elle introduit la notion d’ethnocodification, présentée comme une approche régionale destinée à adapter les technologies aux réalités culturelles, linguistiques et territoriales des peuples concernés. Ce volet donne au 2ᵉ Sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale une dimension particulièrement contemporaine.
San Andrés ouvre une nouvelle phase
Le principal résultat politique du 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale tient à cette volonté d’organisation durable. Avec la confédération, les peuples réunis à San Andrés disposent désormais d’un cadre plus structuré pour porter leurs positions sur la connectivité, les territoires, les langues, le commerce, les droits et la gouvernance régionale. Le sommet donne aussi davantage de visibilité à une Caraïbe occidentale souvent reléguée dans les récits officiels. Ici, les communautés prennent la parole sur leur avenir, sur leurs priorités et sur les moyens de peser davantage dans les débats régionaux. Cette évolution donne à San Andrés une place particulière dans l’histoire récente de la coopération caribéenne.
La prochaine édition prévue à Bocas del Toro, au Panama, confirme cette volonté de continuité. Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale laisse donc un signal politique clair : la Caraïbe occidentale s’organise, précise ses priorités et entend compter davantage dans la définition de son avenir régional.
📸©GOV.CO
Le 2ᵉ sommet des peuples de la Caraïbe occidentale est une rencontre régionale réunissant des représentants de communautés afrodescendantes et autochtones, ainsi que des acteurs institutionnels et académiques, autour des enjeux d’intégration, de culture, d’économie et de gouvernance dans la région.
Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale a conduit à la création de la Confédération des Peuples de la Caraïbe occidentale, accompagnée d’une déclaration officielle et d’un plan d’action structurant la coopération régionale.
Le 2ᵉ sommet des peuples de la Caraïbe occidentale marque une avancée dans la structuration politique des peuples de la région, en leur donnant un cadre commun pour porter leurs priorités sur les plans économique, culturel, environnemental et institutionnel.
Le 2ᵉ sommet des Peuples de la Caraïbe occidentale a abordé des sujets clés comme la connectivité régionale, le développement économique local, la préservation des langues ancestrales, la justice historique, la gestion du climat et les enjeux liés aux technologies et à l’intelligence artificielle.
La prochaine étape annoncée après le 2ᵉ Sommet des peuples de la Caraïbe occidentale est l’organisation d’une troisième édition, prévue à Bocas del Toro au Panama, afin de poursuivre la structuration et la coopération entre les peuples de la région.
Vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria s’inscrit dans une évolution plus profonde des relations entre la Caraïbe et le continent africain. Le 21 mars 2026, un vol charter a quitté l’aéroport international Robert L. Bradshaw avec plus de 100 passagers issus de huit territoires caribéens. L’appareil a atterri le lendemain à Abuja, au Nigeria, marquant une rupture concrète avec les circuits de déplacement traditionnels. Ce trajet ne relève pas d’une simple performance logistique. Il matérialise une volonté politique : réduire la dépendance aux hubs européens et nord-américains, et structurer des connexions directes entre deux régions historiquement liées mais encore peu connectées dans les faits.
Une rupture avec les routes imposées
Jusqu’ici, se rendre en Afrique depuis la Caraïbe impliquait des détours longs et coûteux. Escales multiples, temps de trajet allongé, complexité administrative : ces contraintes limitaient les échanges, en particulier économiques. Ce vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria change ce cadre. Il ne réduit pas seulement la durée du voyage. Il redéfinit les conditions d’accès. En supprimant les intermédiaires géographiques, il ouvre la possibilité d’une relation plus directe, plus fluide, et potentiellement plus fréquente.
Cette évolution est stratégique. Dans une région où la connectivité conditionne les opportunités, chaque nouvelle route aérienne peut modifier les dynamiques commerciales, touristiques et institutionnelles.
Un levier assumé de diplomatie économique
La composition de la délégation en dit long sur les intentions. Aux côtés des représentants politiques figuraient des entrepreneurs, des investisseurs et des acteurs culturels. Ce choix confirme que l’objectif dépasse le cadre institutionnel. Le déplacement s’inscrit dans le contexte du Afri-Caribbean Investment Summit (AACIS), organisé à Abuja. Les discussions portent sur des secteurs identifiés comme prioritaires : agriculture, économie bleue, investissements croisés, industries culturelles.
Le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria devient ainsi un outil. Il facilite les rencontres, accélère les négociations et donne une crédibilité opérationnelle à des projets souvent évoqués mais rarement concrétisés. L’ambition affichée est claire : créer un corridor d’échanges entre la Caraïbe et l’Afrique de l’Ouest. Cette notion, encore théorique, prend ici une forme tangible.
Une lecture politique du rapprochement Afrique–Caraïbe
Au-delà des enjeux économiques, l’initiative s’inscrit dans une lecture plus large des relations internationales. Elle traduit une volonté de renforcer les liens entre l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce positionnement marque une évolution. La Caraïbe ne cherche plus uniquement à consolider ses relations avec ses partenaires traditionnels. Elle explore des axes alternatifs, en cohérence avec une logique de coopération Sud-Sud. Le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria devient dans ce contexte un signal. Il montre qu’une articulation entre blocs régionaux est possible, à condition de s’appuyer sur des infrastructures concrètes.
“Reverse Middle Passage” : un symbole réinvesti
L’initiative s’accompagne d’une dimension symbolique forte, à travers l’expression “Reverse Middle Passage”. Elle renvoie à l’histoire transatlantique, mais en inverse la signification. Il ne s’agit plus d’une traversée imposée, mais d’un déplacement choisi, organisé autour d’intérêts économiques et stratégiques. Ce changement de perspective n’est pas anodin. Il participe à une relecture des relations entre Afrique et Caraïbe, fondée sur la coopération plutôt que sur la mémoire seule. Dans ce cadre, le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria dépasse le transport aérien. Il s’inscrit dans une tentative de repositionnement politique et économique.
Des opportunités réelles, mais conditionnées
Les perspectives ouvertes par cette liaison sont nombreuses. Elles concernent notamment :
- – les investissements bilatéraux,
- – les exportations caribéennes,
- – les collaborations dans l’économie bleue,
- – la circulation des acteurs culturels et créatifs.
Mais ces opportunités restent conditionnées. Un vol ponctuel ne suffit pas à structurer une relation durable. La continuité sera déterminante : accords économiques, mécanismes de financement, régularité des liaisons, suivi diplomatique. Le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria constitue un point de départ, pas un aboutissement.
Une nouvelle géographie des échanges en construction
Ce déplacement pose une question de fond : la Caraïbe est-elle en train de redessiner ses axes de connexion ? En contournant les routes dominées par le Nord, cette initiative propose une autre lecture de l’Atlantique. Elle rapproche deux espaces qui, malgré leur histoire commune, restent encore éloignés dans les échanges contemporains. Le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria ne transforme pas immédiatement les équilibres régionaux. Mais il introduit une possibilité concrète : celle d’une relation directe, structurée et assumée entre la Caraïbe et l’Afrique. Dans un contexte où la mobilité influence directement les opportunités économiques, cette évolution mérite une attention particulière.
Le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria modifie en profondeur les conditions de mobilité entre la Caraïbe et l’Afrique. Jusqu’à présent, les déplacements nécessitaient des escales en Europe ou en Amérique du Nord, ce qui allongeait considérablement les temps de trajet et les coûts. Cette nouvelle liaison réduit ces contraintes et facilite les déplacements des décideurs, des entrepreneurs et des investisseurs. À moyen terme, cela peut accélérer les échanges commerciaux, encourager les partenariats économiques et renforcer la présence caribéenne sur les marchés africains.
Ce vol est stratégique parce qu’il ne s’agit pas seulement d’un déplacement aérien, mais d’un outil de coopération régionale. Il s’inscrit dans une logique de rapprochement entre l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS) et la CEDEAO. Le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria permet de créer un lien opérationnel entre deux blocs régionaux, en facilitant les rencontres économiques, les négociations et les projets communs. Il contribue aussi à repositionner la Caraïbe comme un acteur actif dans les dynamiques Sud-Sud.
À ce stade, il s’agit d’un vol charter organisé dans le cadre d’un événement économique majeur. Pour qu’une liaison régulière voie le jour, plusieurs conditions devront être réunies : une demande suffisante, des accords bilatéraux solides, un modèle économique viable pour les compagnies aériennes et un engagement politique durable. Le vol direct entre Saint-Kitts et Nigeria constitue donc une première étape, mais sa transformation en ligne régulière dépendra des retombées concrètes de cette initiative.
Le vodou entre dans une nouvelle phase de son histoire internationale. Avec la candidature conjointe portée par Haïti et le Bénin pour une inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, ce sont des siècles de mémoire, de transmission et de création qui se trouvent placés au centre d’un débat patrimonial mondial. L’échéance fixée par l’UNESCO pour les dossiers examinés en 2027, déposés avant le 31 mars 2026, situe cette initiative dans un calendrier institutionnel précis et structuré, mais l’enjeu dépasse largement la procédure administrative.
Pour la Caraïbe, et en particulier pour Haïti, cette candidature ne constitue pas une simple formalité culturelle. Elle touche à la reconnaissance d’un héritage vivant, souvent mal compris, parfois caricaturé, mais profondément enraciné dans l’histoire sociale, artistique et spirituelle du pays. Le vodou ne relève pas d’un folklore figé ; il est une matrice culturelle, une manière d’organiser le lien entre les générations, les communautés et le sacré. Le replacer dans une dynamique patrimoniale internationale revient à reconnaître sa complexité, sa profondeur et sa vitalité.
Une candidature qui redéfinit le regard porté sur le vodou
La force de cette initiative réside dans son ambition de dépasser les représentations simplificatrices. Trop souvent enfermé dans des images spectaculaires ou déformées, le vodou apparaît ici comme un système culturel complet, articulant croyances, pratiques sociales, arts, rituels et modes de transmission. La documentation officielle associée au projet béninois rappelle que le vodou trouve ses racines en Afrique de l’Ouest et qu’il s’est diffusé dans les territoires marqués par la traite transatlantique. Cette continuité historique éclaire le lien profond entre le Bénin et Haïti, non comme une juxtaposition diplomatique, mais comme une histoire partagée.
Ce repositionnement est essentiel. Inscrire le vodou dans le cadre du patrimoine culturel immatériel signifie reconnaître qu’il ne s’agit pas d’un objet isolé, mais d’un ensemble de savoirs, de gestes, de rythmes et de récits transmis au sein de communautés vivantes. La reconnaissance patrimoniale ne fige pas la tradition ; elle en souligne la capacité d’adaptation et d’évolution. Elle affirme que la valeur du vodou tient autant à sa dimension spirituelle qu’à son rôle social et artistique.
Haïti, territoire du vodou dans la Caraïbe
Une présence structurante dans la société haïtienne
En Haïti, le vodou traverse les couches profondes de la société. Il façonne des rituels, mais aussi des formes de sociabilité, des calendriers symboliques, des rapports aux ancêtres et des manières d’interpréter le monde. Il ne s’exprime pas uniquement dans les cérémonies ; il imprègne les gestes quotidiens, les récits familiaux, les relations communautaires. Comprendre le vodou en Haïti exige de dépasser la frontière entre religion et culture : il s’agit d’un univers de sens où spiritualité, esthétique et organisation sociale dialoguent constamment.
Cette réalité explique pourquoi la candidature revêt une dimension particulière pour le pays. Haïti ne présente pas seulement un héritage historique ; elle affirme la vitalité d’un patrimoine qui continue de structurer des identités et des pratiques contemporaines. Dans un contexte où l’image internationale d’Haïti est souvent dominée par des narrations de crise, mettre en avant le vodou comme patrimoine vivant participe d’une réécriture plus équilibrée et plus juste du récit national.
Une matrice artistique et créative
Il nourrit depuis longtemps les expressions artistiques haïtiennes. Les rythmes percussifs, les chants responsoriaux, les danses codifiées et les symboles tracés au sol composent un langage esthétique d’une richesse remarquable. Les vèvè, ces dessins symboliques associés aux esprits, témoignent d’une sophistication graphique qui a influencé des générations d’artistes. Les œuvres textiles, les broderies et les créations contemporaines inspirées par l’imaginaire vodou illustrent la manière dont la tradition continue de dialoguer avec la modernité.
Cette dimension artistique n’est pas secondaire ; elle est au cœur de la candidature. Elle montre que le vodou n’est pas seulement un système de croyances, mais aussi un espace de création où le corps, la voix et la matière deviennent des vecteurs de mémoire et de transmission. Pour les lecteurs caribéens, cette perspective permet de mieux comprendre pourquoi il occupe une place singulière dans l’écosystème culturel régional.
Du golfe du Bénin à Haïti : une continuité historique transatlantique
Une histoire façonnée par la traite atlantique
Le lien entre le Bénin et Haïti s’inscrit dans l’histoire longue de la traite transatlantique. Les croyances et pratiques issues des anciens royaumes de la région du golfe du Bénin ont traversé l’océan avec les personnes réduites en esclavage. Arrivées dans la Caraïbe, elles se sont transformées, adaptées et enrichies au contact d’autres traditions et du contexte colonial. Le vodou haïtien n’est pas une simple reproduction ; il est le résultat d’un processus de recréation culturelle face à la violence de l’arrachement.
Reconnaître cette continuité, c’est reconnaître la capacité des peuples déplacés à préserver des éléments essentiels de leur vision du monde. La candidature conjointe met en lumière cette trajectoire complexe, où la mémoire africaine et l’expérience caribéenne se rejoignent dans un patrimoine partagé.
Une diplomatie culturelle tournée vers la reconnaissance
Au-delà de l’histoire, cette initiative participe d’une diplomatie culturelle active. Le Bénin et Haïti affirment ensemble la valeur d’un héritage commun, inscrit dans une dynamique de dialogue interculturel. Cette coopération souligne que le patrimoine immatériel peut devenir un terrain de rapprochement et de reconnaissance mutuelle, loin des logiques de concurrence symbolique.
Les enjeux pour Haïti : reconnaissance, transmission et image internationale
Un patrimoine déjà présent sur la scène UNESCO
Haïti s’est récemment distinguée par l’inscription de plusieurs éléments culturels sur la Liste représentative de l’UNESCO, notamment la soupe joumou en 2021, les savoirs liés au pain de cassave en 2024 et le compas en 2025. Cette trajectoire confirme la volonté du pays de valoriser ses traditions vivantes. Dans cette continuité, il apparaît comme un pilier fondamental, dont la reconnaissance renforcerait la cohérence de cette politique patrimoniale.
Une opportunité de rééquilibrer les représentations
La reconnaissance internationale du vodou aurait une portée symbolique forte. Elle contribuerait à déconstruire les visions sensationnalistes et à replacer la tradition dans son contexte historique et social. Pour Haïti, l’enjeu est aussi pédagogique : offrir aux jeunes générations une lecture plus structurée de leur héritage et encourager des programmes de documentation, d’éducation et de sauvegarde.
Une reconnaissance patrimoniale comme levier d’avenir
L’inscription sur la Liste représentative ne constituerait pas une fin en soi. Elle ouvrirait un espace de réflexion sur la manière de préserver un patrimoine vivant sans le figer. Elle encouragerait la participation active des communautés et renforcerait les dispositifs de transmission. Surtout, elle affirmerait que le vodou appartient pleinement au patrimoine culturel mondial, non comme curiosité exotique, mais comme système complexe de savoirs et d’expressions artistiques.
Au croisement de l’Afrique et de la Caraïbe, il raconte une histoire de continuité malgré la rupture, de création malgré la contrainte, de mémoire malgré l’effacement. Pour Haïti, cette candidature représente une étape significative dans la reconnaissance d’un héritage qui continue de structurer son identité culturelle et son rayonnement international.
Non. Le vodou fait l’objet d’une candidature conjointe entre Haïti et le Bénin pour une inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La décision finale est attendue lors d’un prochain cycle d’évaluation du comité intergouvernemental.
En Haïti, le vodou est un patrimoine vivant qui structure la mémoire collective, les pratiques sociales, les expressions artistiques et la transmission intergénérationnelle. Il joue un rôle central dans l’identité culturelle haïtienne.
Le vodou trouve ses origines en Afrique de l’Ouest, notamment dans la région du golfe du Bénin. À la suite de la traite transatlantique, ces croyances et pratiques ont été transmises dans la Caraïbe, où elles se sont adaptées et transformées en Haïti tout en conservant des racines communes.
Le samedi 14 mars 2026, l’hôtel de l’Assemblée de la CTM à Fort-de-France a accueilli la 6e édition de la Caribbean Business Cruise (CBC). Organisée par Isanaja Consulting en partenariat avec Martinique Développement, cette matinée économique a réuni des entrepreneurs caribéens venus de Guadeloupe, de Sainte-Lucie et d’Antigua & Barbuda autour d’un objectif commun : faire de la Caraïbe un espace de coopération économique concret.
Une croisière d'affaires, un concept pionnier dans la Caraïbe
La Caribbean Business Cruise n’est pas un événement de networking ordinaire. Créée en 2019 par Isabelle Adelis Flandrina, fondatrice et dirigeante d’Isanaja Consulting, la Caribbean Business Cruise est présentée comme la première croisière d’affaires caribéenne. Le concept : permettre à des chefs d’entreprise de se retrouver à bord d’un navire, loin des agendas chargés, pour construire de vraies relations commerciales.
« Nous avons créé avec mon époux en 2019 la première édition de la Caribbean Business Cruise qui a été à l'origine fondée pour permettre aux chefs d'entreprise de partir en mission avec leur famille. »
— Isabelle Adelis Flandrina, fondatrice d'Isanaja Consulting
En six ans, la Caribbean Business Cruise a évolué pour intégrer une dimension économique de plus en plus structurée. La Caribbean Business Cruise 6 affiche désormais un accord de partenariat avec l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS), faisant d’Isanaja Consulting une des rares entreprises françaises privées à détenir ce partenariat selon sa fondatrice. Une reconnaissance qui ouvre l’accès à un réseau anglophone et hispanophone que la Martinique peine encore à exploiter pleinement.
La Martinique comme territoire d'accueil et d'investissement
La Caribbean Business Cruise a débuté par une prise de parole d’Alexandre Ventadour, conseiller territorial à l’Assemblée de la Martinique et président de Martinique Développement. Son message : la Martinique n’attend pas les investisseurs, elle se prépare à les recevoir.
« Nos entreprises martiniquaises sont là pour faire valoir ce que la Martinique sait faire de mieux. »
— Alexandre Ventadour, président de Martinique Développement
Yann Yala, également de Martinique Développement, a livré un panorama économique du territoire : un PIB qui dépasse les 10 milliards d’euros avec une croissance d’environ 1 %, un PIB par habitant de 29 000 €, une population de 356 000 habitants, et une balance commerciale largement déficitaire avec un taux de couverture de l’ordre de 20 % en 2025. Trois secteurs sont identifiés comme moteurs prioritaires du développement : le tourisme (6 % du PIB, 600 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel), les énergies renouvelables et l’économie numérique.
Ce diagnostic posé, la question de l’accompagnement à l’export est apparue centrale. Martinique Développement se positionne sur l’attractivité et l’accompagnement à l’installation, tandis que la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique (CCIM) prend le relais pour l’export, via notamment la Trade Facilitation Team Caraïbes. Stéphanie Pujar, responsable de projet coopération Caraïbes à la CCIM, a présenté ce dispositif bilingue: français et anglophone, qui accompagne les entreprises martiniquaises, guadeloupéennes et guyanaises dans leur développement à l’export.
« L'accompagnement à l'international est vraiment un accompagnement sur mesure. Chaque entreprise a son projet, donc chaque entreprise aussi a des prestations qui lui conviennent. »
— Stéphanie Pujar, responsable coopération Caraïbes, CCIM
Les entreprises françaises peuvent bénéficier d’aides du ministère des Outre-mer couvrant de 50 à 75 % du coût des missions à l’international. Un levier peu connu, régulièrement rappelé lors de ce type de rencontre.
Des entrepreneurs caribéens venus chercher des partenaires
La Caribbean Business Cruise 6 a permis à une dizaine d’entreprises de se présenter en deux minutes chrono avant d’amorcer des échanges en B2B. Un format volontairement resserré pour aller à l’essentiel.
Parmi les participantes anglophones, Celia Samuel, représentante de Go To Enterprise (Antigua & Barbuda) et membre du conseil d’administration de la Chambre de Commerce d’Antigua, était revenue pour la deuxième année consécutive. Elle distribue des produits alimentaires en gros: fruits, légumes, viandes, produits agrotransformés, depuis le producteur jusqu’au client final, et cherche des fabricants souhaitant exporter dans la Caraïbe anglophone.
« I am passionate about working with other Caribbean islands and other Caribbean companies. Time waits for no man. So if you see an opportunity, jump on it. »
« Je suis passionnée par le travail avec les autres îles et entreprises de la Caraïbe. Le temps n'attend personne. Alors si vous voyez une opportunité, saisissez-la. »
— Celia Samuel, Go To Enterprise, Antigua & Barbuda
Son témoignage illustre concrètement la valeur de la Caribbean Business Cruise : lors de l’édition précédente, elle avait noué une relation avec un producteur de Grenade et est aujourd’hui distributrice exclusive de sa marque en Antigua, avec des perspectives d’extension à d’autres îles.
Chantal Alexander, directrice générale d’Abby’s Exotic Blends (Sainte-Lucie), présentait quant à elle une gamme de produits agrotransformés sans conservateurs à base de plantain, fruit à pain, patate douce et banane verte, chips, confiseries, punches au rhum et recherchait des distributeurs ou des entreprises partenaires de production.
Du côté guadeloupéen, les secteurs représentés couvraient un spectre large : cybersécurité avec CyberCorsaire (Jérémy Benallal), ingénierie de l’eau et des énergies renouvelables avec Prest’eau Caraïbes (Luigi Apoari), conseil aux dirigeants avec Auxiliaire Être (Franciane Morvany), logiciels et formation numérique avec ISP Informatique, et valorisation culturelle et touristique avec l’association Fout Gwada Bel (Leslie Morvany). La Chambre des Métiers de l’Artisanat de la Guadeloupe était également présente pour promouvoir son label Artisans Pays de Guadeloupe et explorer des synergies avec ses homologues martiniquais.
Un mindset à construire
Isabelle Adelis Flandrina a tenu à nommer une réalité que la salle connaît bien : les entrepreneurs francophones et anglophones n’arrivent pas aux mêmes rencontres avec le même état d’esprit.
Le côté anglais, eux, quand ils y vont, ils y vont pour faire du business. Clairement, s'ils viennent vous rencontrer, c'est pour savoir si vous pouvez répondre à leur demande. »
— Isabelle Adelis Flandrina
Cette différence de culture entrepreneuriale revient comme un fil conducteur dans les CBC successives. La délégation martiniquaise et caribéenne étaient, cette année, plus prudente que prévu: la fondatrice évoque notamment le contexte géopolitique caribéen lié aux politiques américaines et son impact sur les dynamiques d’affaires régionales. Une délégation haïtienne, initialement prévue, n’a pas pu se joindre à l’événement pour des raisons logistiques.
Malgré ces absences, la Caribbean Business Cruise 2026 a confirmé l’utilité de ces rendez-vous régionaux. Les échanges B2B qui ont suivi les présentations, dans le hall de l’Assemblée, ont matérialisé ce que la CBC cherche à provoquer : des connexions réelles entre des acteurs qui, géographiquement proches, ne se croisent pas spontanément.
Digicel Business, partenaire de l’événement, a souligné par la voix de son directeur administratif et financier René Klock l’importance de ce type d’initiative pour renforcer le tissu économique régional autour des TPE et PME caribéennes.
La 7e édition de la Caribbean Business Cruise est déjà en perspective avec, selon les organisateurs, l’espoir d’une délégation martiniquaise plus fournie à bord.
La Caribbean Business Cruise (CBC) est la première croisière d’affaires caribéenne, créée en 2019 par Isanaja Consulting. Elle réunit chaque année des chefs d’entreprise de toute la Caraïbe — francophones, anglophones et hispanophones — pour des échanges B2B et des opportunités de partenariats régionaux. La 6e édition s’est tenue le 14 mars 2026 à Fort-de-France, en Martinique.
La Martinique dispose d’un PIB de plus de 10 milliards d’euros, d’une économie largement tertiaire et de secteurs porteurs identifiés : tourisme, énergies renouvelables et numérique. Martinique Développement et la CCI de la Martinique proposent un accompagnement sur mesure à l’installation et à l’export, avec des aides pouvant couvrir 50 à 75 % des coûts de missions internationales pour les entreprises françaises.
La 6e édition de la Caribbean Business Cruise à Fort-de-France a rassemblé des entreprises dans cinq secteurs : l’agro-transformation (Abby’s Exotic Blends, Sainte-Lucie), la cybersécurité (CyberCorsaire, Guadeloupe), l’ingénierie de l’eau et l’environnement (Prest’eau Caraïbes, Guadeloupe), la distribution et le commerce international (Go To Enterprise, Antigua), et la formation et l’accompagnement des entreprises.
Le partenariat entre CTO et The Travel Foundation marque une étape importante dans l’évolution des politiques touristiques dans la Caraïbe. Lors du salon international ITB Berlin 2026, les dirigeants du tourisme de la région ont confirmé le renforcement de leur coopération afin de soutenir un modèle touristique plus durable, plus résilient face aux changements climatiques et davantage centré sur les communautés locales.
Dans une région où l’économie dépend fortement du tourisme, la question climatique n’est plus un sujet abstrait. Les effets du réchauffement planétaire, l’intensification des phénomènes météorologiques et l’érosion des écosystèmes côtiers représentent désormais des défis immédiats pour de nombreux territoires insulaires. C’est dans ce contexte que le partenariat entre CTO et The Travel Foundation prend une dimension stratégique. L’objectif est clair : transformer les engagements climatiques en actions concrètes capables de soutenir l’avenir économique et social des destinations caribéennes.
L’ITB Berlin, un espace stratégique pour porter la voix de la Caraïbe
Chaque année, ITB Berlin réunit les principaux acteurs du tourisme mondial : ministères, organisations internationales, compagnies aériennes, destinations et experts du secteur. Pour la Caraïbe, ce rendez-vous constitue une plateforme essentielle pour rappeler une réalité souvent sous-estimée à l’échelle internationale : les petits États insulaires figurent parmi les territoires les plus exposés aux effets du changement climatique.
Lors d’une session consacrée à l’écart entre les risques climatiques et les solutions d’adaptation dans le tourisme, la secrétaire générale et directrice générale de la Caribbean Tourism Organization, Dona Regis-Prosper, a insisté sur l’expérience concrète vécue par la région. Les ouragans dévastateurs qui frappent régulièrement la Caraïbe, la montée du niveau de la mer ou encore la pression croissante sur les écosystèmes marins ont profondément marqué les territoires. Cette expérience directe constitue aujourd’hui un moteur pour repenser les stratégies touristiques de la région. Le partenariat entre CTO et The Travel Foundation s’inscrit précisément dans cette dynamique de transformation.
Passer des discours climatiques à des solutions concrètes
Au cœur du partenariat entre CTO et The Travel Foundation, une conviction domine : les stratégies climatiques doivent désormais dépasser les déclarations d’intention. Les destinations caribéennes disposent déjà de nombreuses études, données scientifiques et scénarios prospectifs sur les risques climatiques. Cependant, un défi persistant subsiste : transformer ces informations en projets réellement financés et opérationnels.
C’est l’un des points soulevés par Narendra Ramgulam, directeur adjoint du tourisme durable au sein de la Caribbean Tourism Organization. Selon lui, la région ne manque ni d’idées ni d’analyses, mais la mise en œuvre concrète des projets reste souvent freinée par l’accès aux financements. Dans ce contexte, le partenariat entre CTO et The Travel Foundation vise précisément à combler ce fossé entre la planification stratégique et l’action réelle sur le terrain.
Un modèle touristique centré sur les communautés locales
L’un des axes majeurs du partenariat entre CTO et The Travel Foundation concerne la place des populations locales dans le développement touristique. Dans de nombreuses destinations caribéennes, les retombées économiques du tourisme restent parfois concentrées dans certains segments de l’industrie. Le nouveau cadre de coopération souhaite favoriser une approche plus inclusive dans laquelle les projets touristiques génèrent des bénéfices directs pour les communautés.
Cette vision implique également un renforcement des compétences locales dans les métiers du tourisme durable ainsi qu’un soutien accru aux initiatives économiques valorisant les ressources naturelles et culturelles de la région. Cette approche correspond à une évolution globale du secteur touristique. Les voyageurs manifestent aujourd’hui un intérêt croissant pour des expériences responsables, authentiques et étroitement liées aux réalités des territoires qu’ils visitent.
Le tourisme caribéen face à une transformation structurelle
Le partenariat entre CTO et The Travel Foundation intervient à un moment charnière pour l’industrie touristique de la Caraïbe. Plusieurs transformations profondes redéfinissent aujourd’hui l’avenir du secteur. L’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, la fragilisation progressive des récifs coralliens, l’érosion de certaines plages et l’évolution des attentes des voyageurs en matière de durabilité modifient progressivement l’équilibre du tourisme régional.
Ces éléments ne concernent pas uniquement l’environnement. Ils influencent directement l’expérience touristique, la compétitivité des destinations et les moyens de subsistance de nombreuses populations locales. Dans ce contexte, renforcer la résilience du tourisme caribéen devient une priorité économique autant qu’environnementale.
Une coopération internationale pour renforcer la résilience
Le renouvellement du partenariat entre CTO et The Travel Foundation formalise une collaboration renforcée entre deux organisations engagées dans la transformation du tourisme mondial. The Travel Foundation travaille depuis plusieurs années sur des initiatives visant à rendre les destinations touristiques plus durables, notamment à travers la planification climatique, la gestion des flux touristiques et la protection des écosystèmes.
De son côté, la Caribbean Tourism Organization représente les intérêts touristiques de nombreux territoires de la région et joue un rôle central dans la coordination des politiques régionales. En combinant leurs expertises, les deux institutions souhaitent développer des outils et des stratégies permettant aux destinations caribéennes de mieux anticiper les risques climatiques tout en maintenant leur attractivité touristique.
Une vision régionale pour l’avenir du tourisme caribéen
Au-delà de la coopération technique, le partenariat entre CTO et The Travel Foundation s’inscrit également dans une vision plus large : celle d’une approche régionale coordonnée du tourisme durable. La Caraïbe partage plusieurs réalités communes. Les économies de nombreux territoires reposent fortement sur le tourisme, les îles restent particulièrement exposées aux risques climatiques et la région possède un patrimoine naturel et culturel exceptionnel.
Face à ces caractéristiques communes, la coopération régionale apparaît comme un levier essentiel pour développer des solutions adaptées aux spécificités des destinations insulaires. Cette orientation rejoint également les ambitions du CTO Reimagine Plan, une stratégie qui vise à repositionner le tourisme caribéen autour de la durabilité, de l’innovation et de la résilience.
La Caraïbe, laboratoire mondial du tourisme durable
À travers le partenariat entre CTO et The Travel Foundation, la Caraïbe cherche aussi à affirmer son rôle dans les débats internationaux sur l’avenir du tourisme. Les défis auxquels la région est confrontée aujourd’hui pourraient préfigurer ceux que d’autres destinations touristiques devront affronter dans les prochaines décennies. Dans cette perspective, la Caraïbe peut devenir un véritable laboratoire d’innovation pour les stratégies de tourisme résilient face au climat, la gestion durable des destinations insulaires et l’intégration des communautés dans l’économie touristique.
L’enjeu du partenariat entre CTO et The Travel Foundation dépasse donc largement les frontières régionales. Les solutions développées dans la Caraïbe pourraient inspirer d’autres régions du monde confrontées aux mêmes défis.
Le partenariat vise à développer des stratégies concrètes pour rendre le tourisme caribéen plus résilient face au changement climatique tout en soutenant les communautés locales.
Les destinations caribéennes doivent faire face à l’intensification des ouragans, à l’érosion des plages, à la dégradation des récifs coralliens et à la montée du niveau de la mer.
Le Caribbean Tourism Organization souhaite positionner la Caraïbe comme une destination durable, capable de concilier développement touristique, protection des écosystèmes et bénéfices pour les populations locales.
Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ouvre une nouvelle étape dans les relations entre deux territoires voisins dont les liens humains, culturels et historiques dépassent depuis longtemps les frontières administratives. Le mardi 10 mars 2026, Xavier Lédée, président du Conseil territorial de Saint-Barthélemy, et Albert Bryan Jr, gouverneur des Îles Vierges des États-Unis, ont officiellement signé l’acte de jumelage entre les deux îles. Cette signature donne un cadre concret à une relation régionale ancienne et pose les bases d’une coopération appelée à se développer dans plusieurs domaines, notamment la culture, l’éducation, le sport et les échanges institutionnels.
À l’échelle de la Caraïbe, où les territoires voisins partagent souvent des histoires, des familles et des circulations économiques communes, ce type d’accord prend une dimension particulière. Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas illustre cette réalité régionale : celle d’îles proches qui choisissent aujourd’hui de structurer davantage leurs relations pour construire des projets communs et renforcer leur dialogue.
Une signature officielle portée par des acteurs engagés
La signature du jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas s’est déroulée en présence d’une délégation représentative de la vie institutionnelle et associative de Saint-Barthélemy. Autour du président Xavier Lédée, plusieurs personnalités impliquées dans la vie culturelle et associative du territoire étaient présentes : Bettina Cointre, présidente de la commission culture, Cécile Coudreau, présidente de l’AJOE, Vianney Blanchard, président de l’association « Jumelage Saint-Barth et Saint-Thomas », ainsi que Jean-Yann Bouchaut, responsable du service Culture et communication.
Cette composition souligne l’ambition du projet. Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ne se limite pas à une relation entre institutions. Il s’appuie également sur des acteurs culturels, associatifs et éducatifs qui auront un rôle essentiel pour transformer cet accord en initiatives concrètes. Les premières réunions de travail doivent permettre d’identifier rapidement les projets capables de donner une visibilité réelle à ce rapprochement entre les deux territoires.
Deux îles voisines liées par une histoire régionale
La proximité entre Saint-Barth et Saint-Thomas ne date pas d’aujourd’hui. Situées à quelques dizaines de kilomètres l’une de l’autre, les deux îles ont entretenu au fil des décennies des relations régulières faites d’échanges humains, économiques et culturels. Dans la Caraïbe, les circulations entre îles voisines ont toujours façonné la vie quotidienne. Les familles, les migrations, les activités commerciales et les échanges culturels ont contribué à créer un espace régional où les frontières administratives ne reflètent pas toujours la réalité des liens humains.
Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas s’inscrit dans cette logique. Il officialise une proximité déjà bien ancrée dans la région et ouvre la possibilité de la traduire en projets structurés et durables.
Un projet préparé depuis plusieurs mois
La signature de mars 2026 vient concrétiser une démarche engagée auparavant par les autorités locales. Dès 2025, l’idée d’un jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas avait été évoquée afin de renforcer les relations entre les deux territoires et de développer des initiatives communes. Les discussions menées à cette période avaient déjà identifié plusieurs axes de coopération possibles : événements culturels, échanges éducatifs, rencontres sportives et collaborations institutionnelles. La signature officielle donne désormais un cadre formel à cette volonté de rapprochement et ouvre la voie à une phase de mise en œuvre.
Culture, jeunesse et sport : les premiers axes de coopération
L’un des principaux objectifs du jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas est de favoriser les échanges entre les habitants des deux territoires.
Des initiatives culturelles pour valoriser les patrimoines caribéens
La culture constitue naturellement l’un des premiers terrains de coopération. Expositions, rencontres artistiques, échanges entre associations ou initiatives autour du patrimoine pourraient contribuer à renforcer la visibilité des liens culturels entre les deux îles. Dans une région marquée par la diversité linguistique et l’héritage de plusieurs influences historiques, ces échanges culturels permettent aussi de valoriser les identités locales tout en renforçant les passerelles régionales.
Des échanges éducatifs tournés vers la jeunesse
Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ouvre également des perspectives pour les jeunes générations. Des programmes d’échanges scolaires ou linguistiques pourraient permettre aux élèves de mieux découvrir les réalités culturelles et sociales de leurs voisins caribéens. Dans un espace régional où coexistent plusieurs langues: français, anglais, espagnol et créoles, ces initiatives représentent aussi une opportunité d’ouverture et d’apprentissage.
Le sport comme moteur de rapprochement
Le sport constitue un autre levier important de coopération. Les rencontres sportives entre jeunes, clubs ou associations offrent souvent un cadre simple et efficace pour renforcer les liens entre territoires voisins. Ces événements permettent non seulement de favoriser les échanges entre habitants, mais aussi de donner une visibilité concrète au jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas auprès de la population.
Saint-Thomas et la mémoire francophone de la région
Le rapprochement entre les deux territoires s’inscrit également dans un contexte culturel plus large. Saint-Thomas possède une histoire marquée par la présence de communautés venues de différents territoires caribéens, dont les îles francophones voisines. Cette dimension culturelle a été récemment mise en avant lorsque les autorités des Îles Vierges américaines ont proclamé une French Heritage Week, reconnaissant l’influence durable des communautés francophones dans le territoire, notamment celles liées à Saint-Barth, à la Guadeloupe et à Saint-Martin.
Dans ce contexte, le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas prend une résonance particulière. Il contribue à mettre en lumière une histoire partagée et à renforcer les échanges entre des territoires dont les relations culturelles remontent à plusieurs générations.
Un rapprochement révélateur des dynamiques caribéennes
Au-delà de l’actualité institutionnelle, le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas reflète une dynamique plus large dans la Caraïbe. Les territoires de la région cherchent de plus en plus à renforcer leurs coopérations directes afin de répondre à des enjeux communs, qu’ils soient culturels, économiques ou éducatifs. Ces partenariats entre îles voisines participent à la construction d’un espace régional plus connecté, où les initiatives locales peuvent favoriser les échanges et encourager une meilleure compréhension mutuelle.
Dans cette perspective, le rapprochement entre Saint-Barth et Saint-Thomas apparaît comme un exemple concret de la manière dont les territoires caribéens peuvent transformer leurs liens historiques en projets d’avenir.
Une coopération appelée à se concrétiser
La signature du jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ouvre désormais une nouvelle phase : celle de la mise en œuvre des projets qui donneront vie à cet accord. Les prochaines initiatives permettront de mesurer l’ampleur de cette coopération et d’observer comment les deux territoires choisissent de développer leurs échanges. Dans une Caraïbe où les relations entre îles voisines jouent un rôle essentiel dans la circulation des cultures, des idées et des initiatives, ce jumelage pourrait devenir un exemple de coopération régionale construite à partir de liens humains et historiques déjà solides.
Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas est un accord officiel signé le 10 mars 2026 entre la Collectivité de Saint-Barthélemy et le gouvernement des Îles Vierges américaines. Il vise à renforcer les échanges entre les deux territoires dans plusieurs domaines, notamment la culture, l’éducation, le sport et les relations institutionnelles.
Ce partenariat formalise une relation ancienne entre deux îles voisines de la Caraïbe et permet de développer des projets communs. Il contribue également à renforcer les liens culturels et humains entre territoires francophones et anglophones de la région.
Les premières pistes évoquées concernent des événements culturels, des échanges scolaires, des rencontres sportives et des collaborations institutionnelles, destinées à favoriser les relations entre habitants, associations et institutions des deux territoires.
À Ouagadougou, la culture a récemment pris une dimension internationale particulière. Du 28 février au 3 mars 2026, la capitale du Burkina Faso a accueilli Roots and Future 2026, une rencontre consacrée au développement des industries culturelles et créatives et à la coopération entre l’Afrique et sa diaspora. Pensé comme un espace de dialogue et de structuration du secteur culturel, cet événement a rassemblé artistes, entrepreneurs, institutions et acteurs de l’économie créative autour d’une même ambition : renforcer les ponts entre les territoires africains et les communautés diasporiques, notamment dans la Caraïbe.
Pour de nombreux observateurs, Roots and Future 2026 marque une étape importante dans la construction d’un réseau culturel international où les échanges artistiques et entrepreneuriaux deviennent un levier de développement.
Une vision : relier l’Afrique et ses diasporas culturelles
Placée sous le thème « Authentic Africa and the Africa of the Diasporas », la première édition de Roots and Future 2026 s’inscrit dans un mouvement global visant à valoriser les identités culturelles noires et à renforcer les coopérations entre les territoires historiquement liés par la diaspora africaine. Dans cet esprit, l’événement a proposé plusieurs formats de rencontres professionnelles : masterclasses, sessions stratégiques, discussions entre entrepreneurs culturels et moments d’échanges entre artistes.
Ces initiatives ont permis d’aborder des questions essentielles pour le secteur : financement des projets culturels, circulation des œuvres, professionnalisation des acteurs et développement de nouveaux marchés pour les artistes africains. Au-delà des discussions, Roots and Future 2026 s’est surtout distingué par sa volonté de créer des collaborations concrètes entre les différents participants.
Une présence caribéenne remarquée
L’un des aspects les plus significatifs de Roots and Future 2026 a été la participation de personnalités issues de la Caraïbe, illustrant l’importance croissante des échanges culturels entre ces deux espaces.
Parmi les invités figuraient l’entrepreneur Davon Carty ainsi que Victor E. Lewis, PDG de Caribbean One Media Group et directeur du Creative Campus Eco Institute (CCEI). À travers le CCEI, Victor E. Lewis développe des initiatives de formation et d’accompagnement destinées aux talents évoluant dans les industries créatives, le sport ou encore les secteurs liés à l’environnement. Son travail vise à ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles pour les jeunes artistes et entrepreneurs culturels.
Sa présence à Roots and Future 2026 a permis de partager l’expérience caribéenne en matière d’économie créative, un domaine dans lequel la région possède une expertise reconnue, notamment dans la musique, l’événementiel et les festivals culturels. Ces échanges ont également rappelé à quel point les trajectoires culturelles de l’Afrique et de la Caraïbe restent profondément liées.
Ouagadougou, un terrain fertile pour l’économie culturelle
Avant même l’ouverture officielle de Roots and Future 2026, une réunion stratégique a été organisée au Centre culturel Gambidi, un lieu emblématique de la scène artistique burkinabè. Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs internationaux ainsi que Claude Guingané, directeur général du centre et représentant du point focal IKAM Burkina Faso.
Les discussions ont porté sur la consolidation du partenariat établi en 2019 entre IKAM et la Maison des industries culturelles et créatives de Ouagadougou (MICCO). L’un des projets évoqués concerne la création d’un pôle entrepreneurial dédié aux industries culturelles, destiné à accompagner les artistes et porteurs de projets dans le développement de leurs initiatives. Une telle structure pourrait jouer un rôle essentiel dans la structuration du secteur culturel burkinabè et dans son ouverture vers les réseaux internationaux.
Des rencontres professionnelles tournées vers l’action
Parmi les moments clés de Roots and Future 2026, un atelier média organisé à l’hôtel Pacific a permis de réunir plusieurs professionnels du secteur culturel dans le cadre de rencontres B2B. Ces échanges ont donné aux participants l’occasion de présenter leurs projets artistiques, d’identifier des partenaires potentiels et d’explorer de nouvelles pistes de coopération.
Les discussions ont notamment porté sur la circulation des artistes entre l’Afrique et la Caraïbe, la coproduction d’événements culturels et le développement de projets médiatiques transatlantiques. Pour de nombreux acteurs présents, ces rencontres constituent une première étape vers la création de collaborations durables.
Une dynamique appelée à se poursuivre
La première édition de Roots and Future 2026 s’est conclue sur une note encourageante. En réunissant des décideurs, entrepreneurs culturels et artistes autour d’une vision commune, l’événement a posé les bases d’une coopération internationale plus structurée dans le domaine culturel. Dans un contexte où les industries créatives représentent un levier économique important, l’initiative ouvre également des perspectives pour la circulation des talents et le développement de nouveaux projets culturels.
Pour la Caraïbe, ces échanges représentent une opportunité de renforcer les liens historiques avec le continent africain tout en participant à la construction d’un espace culturel diasporique plus connecté. Avec cette première édition, Roots and Future 2026 positionne Ouagadougou comme un point de rencontre stratégique entre l’Afrique et les diasporas créatives du monde.
Roots and Future 2026 est un événement international consacré au développement des industries culturelles et créatives, organisé à Ouagadougou au Burkina Faso.
L’événement vise à renforcer la coopération entre l’Afrique et sa diaspora, notamment dans la Caraïbe, et à soutenir la structuration du secteur culturel.
L’entrepreneur Davon Carty et Victor E. Lewis, PDG de Caribbean One Media Group et directeur du Creative Campus Eco Institute, faisaient partie des invités internationaux.