Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ouvre une nouvelle étape dans les relations entre deux territoires voisins dont les liens humains, culturels et historiques dépassent depuis longtemps les frontières administratives. Le mardi 10 mars 2026, Xavier Lédée, président du Conseil territorial de Saint-Barthélemy, et Albert Bryan Jr, gouverneur des Îles Vierges des États-Unis, ont officiellement signé l’acte de jumelage entre les deux îles. Cette signature donne un cadre concret à une relation régionale ancienne et pose les bases d’une coopération appelée à se développer dans plusieurs domaines, notamment la culture, l’éducation, le sport et les échanges institutionnels.

À l’échelle de la Caraïbe, où les territoires voisins partagent souvent des histoires, des familles et des circulations économiques communes, ce type d’accord prend une dimension particulière. Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas illustre cette réalité régionale : celle d’îles proches qui choisissent aujourd’hui de structurer davantage leurs relations pour construire des projets communs et renforcer leur dialogue.

Une signature officielle portée par des acteurs engagés

La signature du jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas s’est déroulée en présence d’une délégation représentative de la vie institutionnelle et associative de Saint-Barthélemy. Autour du président Xavier Lédée, plusieurs personnalités impliquées dans la vie culturelle et associative du territoire étaient présentes : Bettina Cointre, présidente de la commission culture, Cécile Coudreau, présidente de l’AJOE, Vianney Blanchard, président de l’association « Jumelage Saint-Barth et Saint-Thomas », ainsi que Jean-Yann Bouchaut, responsable du service Culture et communication.

Cette composition souligne l’ambition du projet. Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ne se limite pas à une relation entre institutions. Il s’appuie également sur des acteurs culturels, associatifs et éducatifs qui auront un rôle essentiel pour transformer cet accord en initiatives concrètes. Les premières réunions de travail doivent permettre d’identifier rapidement les projets capables de donner une visibilité réelle à ce rapprochement entre les deux territoires.

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©Collectivité de Saint-Barthélemy Officiel

Deux îles voisines liées par une histoire régionale

La proximité entre Saint-Barth et Saint-Thomas ne date pas d’aujourd’hui. Situées à quelques dizaines de kilomètres l’une de l’autre, les deux îles ont entretenu au fil des décennies des relations régulières faites d’échanges humains, économiques et culturels. Dans la Caraïbe, les circulations entre îles voisines ont toujours façonné la vie quotidienne. Les familles, les migrations, les activités commerciales et les échanges culturels ont contribué à créer un espace régional où les frontières administratives ne reflètent pas toujours la réalité des liens humains.

Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas s’inscrit dans cette logique. Il officialise une proximité déjà bien ancrée dans la région et ouvre la possibilité de la traduire en projets structurés et durables.

Un projet préparé depuis plusieurs mois

La signature de mars 2026 vient concrétiser une démarche engagée auparavant par les autorités locales. Dès 2025, l’idée d’un jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas avait été évoquée afin de renforcer les relations entre les deux territoires et de développer des initiatives communes. Les discussions menées à cette période avaient déjà identifié plusieurs axes de coopération possibles : événements culturels, échanges éducatifs, rencontres sportives et collaborations institutionnelles. La signature officielle donne désormais un cadre formel à cette volonté de rapprochement et ouvre la voie à une phase de mise en œuvre.

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©Collectivité de Saint-Barthélemy Officiel

Culture, jeunesse et sport : les premiers axes de coopération

L’un des principaux objectifs du jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas est de favoriser les échanges entre les habitants des deux territoires.

Des initiatives culturelles pour valoriser les patrimoines caribéens

La culture constitue naturellement l’un des premiers terrains de coopération. Expositions, rencontres artistiques, échanges entre associations ou initiatives autour du patrimoine pourraient contribuer à renforcer la visibilité des liens culturels entre les deux îles. Dans une région marquée par la diversité linguistique et l’héritage de plusieurs influences historiques, ces échanges culturels permettent aussi de valoriser les identités locales tout en renforçant les passerelles régionales.

Des échanges éducatifs tournés vers la jeunesse

Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ouvre également des perspectives pour les jeunes générations. Des programmes d’échanges scolaires ou linguistiques pourraient permettre aux élèves de mieux découvrir les réalités culturelles et sociales de leurs voisins caribéens. Dans un espace régional où coexistent plusieurs langues: français, anglais, espagnol et créoles, ces initiatives représentent aussi une opportunité d’ouverture et d’apprentissage.

Le sport comme moteur de rapprochement

Le sport constitue un autre levier important de coopération. Les rencontres sportives entre jeunes, clubs ou associations offrent souvent un cadre simple et efficace pour renforcer les liens entre territoires voisins. Ces événements permettent non seulement de favoriser les échanges entre habitants, mais aussi de donner une visibilité concrète au jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas auprès de la population.

Saint-Thomas et la mémoire francophone de la région

Le rapprochement entre les deux territoires s’inscrit également dans un contexte culturel plus large. Saint-Thomas possède une histoire marquée par la présence de communautés venues de différents territoires caribéens, dont les îles francophones voisines. Cette dimension culturelle a été récemment mise en avant lorsque les autorités des Îles Vierges américaines ont proclamé une French Heritage Week, reconnaissant l’influence durable des communautés francophones dans le territoire, notamment celles liées à Saint-Barth, à la Guadeloupe et à Saint-Martin.

Dans ce contexte, le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas prend une résonance particulière. Il contribue à mettre en lumière une histoire partagée et à renforcer les échanges entre des territoires dont les relations culturelles remontent à plusieurs générations.

Un rapprochement révélateur des dynamiques caribéennes

Au-delà de l’actualité institutionnelle, le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas reflète une dynamique plus large dans la Caraïbe. Les territoires de la région cherchent de plus en plus à renforcer leurs coopérations directes afin de répondre à des enjeux communs, qu’ils soient culturels, économiques ou éducatifs. Ces partenariats entre îles voisines participent à la construction d’un espace régional plus connecté, où les initiatives locales peuvent favoriser les échanges et encourager une meilleure compréhension mutuelle.

Dans cette perspective, le rapprochement entre Saint-Barth et Saint-Thomas apparaît comme un exemple concret de la manière dont les territoires caribéens peuvent transformer leurs liens historiques en projets d’avenir.

jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas
©Collectivité de Saint-Barthélemy Officiel

Une coopération appelée à se concrétiser

La signature du jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas ouvre désormais une nouvelle phase : celle de la mise en œuvre des projets qui donneront vie à cet accord. Les prochaines initiatives permettront de mesurer l’ampleur de cette coopération et d’observer comment les deux territoires choisissent de développer leurs échanges. Dans une Caraïbe où les relations entre îles voisines jouent un rôle essentiel dans la circulation des cultures, des idées et des initiatives, ce jumelage pourrait devenir un exemple de coopération régionale construite à partir de liens humains et historiques déjà solides.

Le jumelage entre Saint-Barth et Saint-Thomas est un accord officiel signé le 10 mars 2026 entre la Collectivité de Saint-Barthélemy et le gouvernement des Îles Vierges américaines. Il vise à renforcer les échanges entre les deux territoires dans plusieurs domaines, notamment la culture, l’éducation, le sport et les relations institutionnelles.

Ce partenariat formalise une relation ancienne entre deux îles voisines de la Caraïbe et permet de développer des projets communs. Il contribue également à renforcer les liens culturels et humains entre territoires francophones et anglophones de la région.

Les premières pistes évoquées concernent des événements culturels, des échanges scolaires, des rencontres sportives et des collaborations institutionnelles, destinées à favoriser les relations entre habitants, associations et institutions des deux territoires.

À Ouagadougou, la culture a récemment pris une dimension internationale particulière. Du 28 février au 3 mars 2026, la capitale du Burkina Faso a accueilli Roots and Future 2026, une rencontre consacrée au développement des industries culturelles et créatives et à la coopération entre l’Afrique et sa diaspora. Pensé comme un espace de dialogue et de structuration du secteur culturel, cet événement a rassemblé artistes, entrepreneurs, institutions et acteurs de l’économie créative autour d’une même ambition : renforcer les ponts entre les territoires africains et les communautés diasporiques, notamment dans la Caraïbe.

Pour de nombreux observateurs, Roots and Future 2026 marque une étape importante dans la construction d’un réseau culturel international où les échanges artistiques et entrepreneuriaux deviennent un levier de développement.

Une vision : relier l’Afrique et ses diasporas culturelles

Placée sous le thème « Authentic Africa and the Africa of the Diasporas », la première édition de Roots and Future 2026 s’inscrit dans un mouvement global visant à valoriser les identités culturelles noires et à renforcer les coopérations entre les territoires historiquement liés par la diaspora africaine. Dans cet esprit, l’événement a proposé plusieurs formats de rencontres professionnelles : masterclasses, sessions stratégiques, discussions entre entrepreneurs culturels et moments d’échanges entre artistes.

Ces initiatives ont permis d’aborder des questions essentielles pour le secteur : financement des projets culturels, circulation des œuvres, professionnalisation des acteurs et développement de nouveaux marchés pour les artistes africains. Au-delà des discussions, Roots and Future 2026 s’est surtout distingué par sa volonté de créer des collaborations concrètes entre les différents participants.

Roots and Future

Une présence caribéenne remarquée

L’un des aspects les plus significatifs de Roots and Future 2026 a été la participation de personnalités issues de la Caraïbe, illustrant l’importance croissante des échanges culturels entre ces deux espaces.

Parmi les invités figuraient l’entrepreneur Davon Carty ainsi que Victor E. Lewis, PDG de Caribbean One Media Group et directeur du Creative Campus Eco Institute (CCEI). À travers le CCEI, Victor E. Lewis développe des initiatives de formation et d’accompagnement destinées aux talents évoluant dans les industries créatives, le sport ou encore les secteurs liés à l’environnement. Son travail vise à ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles pour les jeunes artistes et entrepreneurs culturels.

Sa présence à Roots and Future 2026 a permis de partager l’expérience caribéenne en matière d’économie créative, un domaine dans lequel la région possède une expertise reconnue, notamment dans la musique, l’événementiel et les festivals culturels. Ces échanges ont également rappelé à quel point les trajectoires culturelles de l’Afrique et de la Caraïbe restent profondément liées.

Roots and Future

Ouagadougou, un terrain fertile pour l’économie culturelle

Avant même l’ouverture officielle de Roots and Future 2026, une réunion stratégique a été organisée au Centre culturel Gambidi, un lieu emblématique de la scène artistique burkinabè. Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs internationaux ainsi que Claude Guingané, directeur général du centre et représentant du point focal IKAM Burkina Faso.

Les discussions ont porté sur la consolidation du partenariat établi en 2019 entre IKAM et la Maison des industries culturelles et créatives de Ouagadougou (MICCO). L’un des projets évoqués concerne la création d’un pôle entrepreneurial dédié aux industries culturelles, destiné à accompagner les artistes et porteurs de projets dans le développement de leurs initiatives. Une telle structure pourrait jouer un rôle essentiel dans la structuration du secteur culturel burkinabè et dans son ouverture vers les réseaux internationaux.

Des rencontres professionnelles tournées vers l’action

Parmi les moments clés de Roots and Future 2026, un atelier média organisé à l’hôtel Pacific a permis de réunir plusieurs professionnels du secteur culturel dans le cadre de rencontres B2B. Ces échanges ont donné aux participants l’occasion de présenter leurs projets artistiques, d’identifier des partenaires potentiels et d’explorer de nouvelles pistes de coopération.

Les discussions ont notamment porté sur la circulation des artistes entre l’Afrique et la Caraïbe, la coproduction d’événements culturels et le développement de projets médiatiques transatlantiques. Pour de nombreux acteurs présents, ces rencontres constituent une première étape vers la création de collaborations durables.

Roots and Future

Une dynamique appelée à se poursuivre

La première édition de Roots and Future 2026 s’est conclue sur une note encourageante. En réunissant des décideurs, entrepreneurs culturels et artistes autour d’une vision commune, l’événement a posé les bases d’une coopération internationale plus structurée dans le domaine culturel. Dans un contexte où les industries créatives représentent un levier économique important, l’initiative ouvre également des perspectives pour la circulation des talents et le développement de nouveaux projets culturels.

Pour la Caraïbe, ces échanges représentent une opportunité de renforcer les liens historiques avec le continent africain tout en participant à la construction d’un espace culturel diasporique plus connecté. Avec cette première édition, Roots and Future 2026 positionne Ouagadougou comme un point de rencontre stratégique entre l’Afrique et les diasporas créatives du monde.

Roots and Future 2026 est un événement international consacré au développement des industries culturelles et créatives, organisé à Ouagadougou au Burkina Faso.

L’événement vise à renforcer la coopération entre l’Afrique et sa diaspora, notamment dans la Caraïbe, et à soutenir la structuration du secteur culturel.

L’entrepreneur Davon Carty et Victor E. Lewis, PDG de Caribbean One Media Group et directeur du Creative Campus Eco Institute, faisaient partie des invités internationaux.

À première vue, un sommet sur la connectivité aérienne semble relever du domaine strictement technique : routes, capacités, infrastructures, stratégies de croissance. Pourtant, aux Bermudes, le CTO Air Connectivity Summit a démontré qu’un événement consacré à l’aviation peut aussi devenir une véritable vitrine culturelle et touristique. Dans les territoires insulaires de la région élargie, la mobilité n’est jamais uniquement économique. Elle est profondément humaine, identitaire et culturelle.

Relier les territoires, rapprocher les cultures

Les discussions lors du CTO Air Connectivity Summit ont largement porté sur les enjeux de connectivité intra-régionale et sur la nécessité de renforcer les liens au sein de la région. Mais derrière ces enjeux techniques se dessine une réalité plus large : mieux connecter la région, c’est aussi faciliter la circulation des idées, des artistes, des entrepreneurs, des talents et des visiteurs.

La connectivité aérienne devient ainsi un levier indirect de dynamisation culturelle et touristique. Elle conditionne :

  • – le développement du tourisme multi-destinations
  • – l’organisation d’événements régionaux
  • – la mobilité des jeunes et des créateurs
  • – la visibilité internationale des patrimoines insulaires

Dans une région riche de traditions et de créativité, chaque nouvelle route aérienne est aussi une passerelle entre identités.

CTO Air Connectivity Summit
CTO Air Connectivity Summit
CTO Air Connectivity Summit

Une ouverture ancrée dans l’identité bermudienne

Le CTO Air Connectivity Summit  s’est ouvert par l’interprétation de l’hymne national, moment solennel affirmant l’ancrage institutionnel du territoire hôte.

Entre plusieurs panels, une chorale de jeunes est intervenue, offrant une parenthèse empreinte d’engagement et de transmission. Dans un sommet consacré à l’avenir de la connectivité régionale, la présence de la jeunesse n’était pas anodine : elle rappelait que le développement économique s’inscrit dans la continuité des générations.

CTO Air Connectivity Summit
CTO Air Connectivity Summit

La clôture du CTO Air Connectivity Summit  a donné lieu à une performance traditionnelle des Gombeys, expression emblématique du patrimoine bermudien. Cette tradition mêle musique percussive, danse rythmée et costumes distinctifs ornés de franges, de plumes et de masques colorés. Héritée d’influences africaines et britanniques, elle incarne une identité culturelle forte et assumée.

Ces moments ont transformé un sommet stratégique en expérience territoriale.

CTO Air Connectivity Summit
CTO Air Connectivity Summit
CTO Air Connectivity Summit

Culture et attractivité : une alliance naturelle

Dans un contexte de concurrence touristique mondiale accrue, les destinations ne peuvent plus se limiter à promouvoir leurs paysages. Elles doivent affirmer leur singularité.

Aux Bermudes, la culture se présente comme une composante active de l’expérience. Elle s’exprime dans la musique, dans les traditions, dans la jeunesse mise à l’honneur — et même dans le code vestimentaire.

Les célèbres Bermuda shorts constituent en effet une tenue professionnelle reconnue dans l’archipel. Portés avec veste et cravate dans les environnements institutionnels et économiques, ils illustrent une adaptation élégante au climat insulaire tout en affirmant une identité propre. Tradition et modernité coexistent naturellement, y compris dans les espaces diplomatiques et d’affaires.

Cette cohérence entre culture, protocole et environnement économique participe pleinement au positionnement touristique du territoire.

CTO Air Connectivity Summit
Duncan Beveridge ( Bermuda Tourism Authority)

Une dynamique régionale qui s’affirme

Au-delà des discussions techniques, le CTO Air Connectivity Summit  a mis en lumière une réalité essentielle : la connectivité est un outil stratégique, mais elle est aussi un vecteur de rayonnement culturel. Dans l’espace régional caribéen, le développement aérien ne peut être dissocié de l’identité des territoires qu’il dessert.

Relier les destinations, c’est aussi :

  • – renforcer les échanges culturels
  • – valoriser les patrimoines locaux
  • – soutenir l’attractivité touristique
  • – construire une vision régionale plus intégrée

Aux Bermudes, l’équilibre entre stratégie économique et affirmation culturelle a offert un exemple inspirant.

Le CTO Air Connectivity Summit n’a pas seulement parlé de routes aériennes et d’infrastructures. Il a montré qu’un événement économique peut devenir un espace de représentation culturelle, où un territoire accueille, affirme son identité et projette son image. Dans une région où tourisme et culture sont intimement liés, la connectivité ne se résume pas à des flux de passagers. Elle devient un pont entre territoires, générations et imaginaires et c’est peut-être là que réside sa véritable richesse.

CTO Air Connectivity Summit
CTO Air Connectivity Summit

Le CTO Air Connectivity Summit est un sommet régional organisé par la Caribbean Tourism Organization (CTO), consacré aux enjeux de connectivité aérienne, aux stratégies de développement des routes et à la coopération entre territoires insulaires.

Le CTO Air Connectivity Summit permet de renforcer la connectivité intra-régionale, de soutenir le tourisme multi-destinations et de faciliter les échanges économiques, culturels et institutionnels entre territoires insulaires.

Aux Bermudes, le CTO Air Connectivity Summit a intégré des éléments culturels forts, notamment une performance des Gombeys et la participation d’une chorale de jeunes, illustrant le lien entre connectivité, identité territoriale et attractivité touristique.

TeMeUm 2026 marque une nouvelle étape dans la politique de soutien aux initiatives locales en faveur de la biodiversité dans les territoires ultramarins. Lancée par l’Office français de la biodiversité (OFB), cette campagne annuelle vise à financer des micro-projets portés par des associations, petites collectivités et gestionnaires d’espaces naturels engagés sur le terrain.

Dans un contexte où les écosystèmes insulaires subissent de fortes pressions – urbanisation, changement climatique, pollution, érosion de la biodiversité – ce programme apporte des moyens financiers et techniques pour transformer des initiatives locales en actions concrètes et mesurables. Les porteurs de projets ont jusqu’au 14 avril 2026 pour déposer leur candidature via une procédure entièrement dématérialisée.

Depuis sa création en 2010, le programme a soutenu plus de 420 micro-projets dans l’ensemble des Outre-mer, confirmant son rôle structurant dans l’accompagnement des dynamiques environnementales locales.

Des financements adaptés aux petites structures

L’un des atouts majeurs de TeMeUm 2026 réside dans son accessibilité. Le programme cible volontairement les structures de taille modeste, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux financements traditionnels. Les subventions accordées varient de quelques milliers d’euros à 20 000 euros, et peuvent couvrir jusqu’à 80 % du budget total du projet.

Le versement de l’aide est effectué en une seule fois dès le lancement de l’action, permettant aux porteurs de projets de démarrer rapidement leurs initiatives sans attendre des phases administratives longues. Cette approche répond à une réalité bien connue dans les territoires ultramarins : les acteurs locaux disposent d’expertises solides mais manquent souvent de moyens financiers immédiats.

Au-delà de l’appui financier, l’OFB met en place un accompagnement technique et administratif pour sécuriser la mise en œuvre des projets et favoriser leur valorisation à l’échelle territoriale.

Trois dispositifs complémentaires pour structurer les projets

La campagne TeMeUm 2026 s’articule autour de trois dispositifs distincts, conçus pour répondre à des besoins variés.

Tremplin : soutenir l’action locale immédiate

Le dispositif Tremplin constitue le cœur opérationnel du programme. Il soutient des micro-projets de protection ou de restauration de la biodiversité, qu’il s’agisse de premières expériences de gestion écologique ou d’initiatives pilotes innovantes.

Chaque année, environ trente projets sont cofinancés pour un montant pouvant atteindre 15 000 euros. Les actions soutenues couvrent des domaines variés : suivi d’espèces, restauration d’habitats naturels, sensibilisation du public, ou encore expérimentation de nouvelles méthodes de gestion écologique.

Parmi les initiatives accompagnées en 2025 figurent le suivi participatif de la biodiversité marine à Saint-Pierre-et-Miquelon, un projet de mobilisation citoyenne autour de la ville durable en Guyane ou encore la création d’un sentier botanique en Polynésie pour préserver une flore endémique menacée.

Coopération : renforcer les compétences techniques

Le volet Coopération vise à structurer des partenariats entre acteurs de la biodiversité afin de renforcer les capacités techniques locales. Doté d’une subvention pouvant atteindre 20 000 euros, ce dispositif soutient des projets collaboratifs associant plusieurs structures.

Ces coopérations permettent notamment de mutualiser les expertises scientifiques, d’améliorer les méthodes de gestion écologique et de développer des stratégies territoriales plus cohérentes. En 2025, un projet de restauration de zones humides à Mayotte a ainsi bénéficié de ce financement à la suite d’un cyclone ayant fragilisé les écosystèmes locaux.

Compagnonnages : transmission et formation sur le terrain

Le troisième dispositif de TeMeUm 2026, intitulé Compagnonnages, se concentre sur la formation professionnelle et la transmission de savoir-faire. Il permet à des équipes ultramarines de réaliser des immersions de courte durée – une à deux semaines – au sein de structures expertes.

L’OFB prend en charge les frais de déplacement, d’hébergement et de restauration, dans la limite de 5 000 euros. Ce format favorise des échanges techniques directs et des transferts de compétences rapides.

En 2025, des agents environnementaux de l’océan Indien ont ainsi été formés aux techniques de capture et d’étude des chiroptères, tandis qu’un partenariat international a permis d’étudier l’impact des microplastiques sur les sites de ponte des tortues vertes et la nidification des oiseaux marins.

TeMeUm 2026
TeMeUm 2026
TeMeUm 2026

Une procédure simplifiée et un accompagnement de proximité

Le programme TeMeUm 2026 repose sur une volonté claire de simplification administrative. Les candidatures sont entièrement dématérialisées via la plateforme Démarches Simplifiées, ce qui facilite l’accès pour les structures éloignées des grands centres administratifs. Les dossiers sont examinés par des jurys locaux composés d’acteurs de la biodiversité propres à chaque territoire. Cette organisation garantit une évaluation adaptée aux réalités écologiques et sociales de chaque zone ultramarine.

L’accompagnement ne s’arrête pas à la sélection. Les équipes nationales de TeMeUm et les délégations territoriales de l’OFB suivent les porteurs de projets tout au long du processus : montage du dossier, mise en œuvre opérationnelle, évaluation et valorisation des résultats.

Un cahier d’accompagnement détaillant les critères d’éligibilité et les engagements attendus est mis à disposition des candidats. Deux webinaires d’information sont également programmés les 23 et 25 mars 2026 afin d’aider les structures à préparer leur candidature.

Un enjeu majeur pour les territoires de la Caraïbe et de l’océan Indien

Pour les territoires ultramarins, la biodiversité constitue à la fois un patrimoine naturel exceptionnel et un facteur de résilience économique, culturelle et touristique. Les écosystèmes marins et terrestres de la Caraïbe, de la Guyane ou de l’océan Indien jouent un rôle central dans la protection contre les risques climatiques, la sécurité alimentaire et l’attractivité des territoires. Dans ce contexte, TeMeUm 2026 représente une opportunité stratégique pour les acteurs locaux souhaitant développer des projets concrets, qu’il s’agisse de restauration d’habitats naturels, de protection d’espèces endémiques ou de sensibilisation des populations.

Le programme contribue également à structurer un réseau d’acteurs engagés, favorisant la circulation des compétences et le partage d’expériences entre territoires ultramarins.

TeMeUm 2026
©Roatan-Marine-Park
TeMeUm 2026
©zoo-de-Guyane
TeMeUm 2026
©Buccoo-Reef-Trust
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©Roatan-Marine-Park

Une mobilisation locale au service d’une biodiversité durable

En renouvelant son appel à projets, l’OFB confirme l’importance d’une approche territoriale de la biodiversité, fondée sur l’expertise des acteurs locaux. TeMeUm 2026 ne se limite pas à un dispositif de financement : il s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer les capacités d’action des structures ultramarines et à soutenir des initiatives adaptées aux réalités écologiques de chaque territoire. Les candidatures pour les trois dispositifs – Tremplin, Coopération et Compagnonnages – sont ouvertes jusqu’au 14 avril 2026. Les porteurs de projets peuvent se rapprocher de leur délégation territoriale de l’OFB ou contacter directement l’équipe TeMeUm pour obtenir des informations complémentaires.

À travers cette nouvelle campagne, TeMeUm 2026 confirme que la préservation de la biodiversité ultramarine repose avant tout sur l’engagement des acteurs locaux, capables de transformer des initiatives ciblées en solutions durables pour leurs territoires.

TeMeUm 2026 est un programme de l’Office français de la biodiversité destiné à financer des micro-projets de protection et de restauration de la biodiversité dans les territoires ultramarins. Il soutient les associations, collectivités et gestionnaires d’espaces naturels engagés sur le terrain.

 Les associations, petites collectivités, établissements publics et gestionnaires d’espaces naturels situés dans les territoires d’Outre-mer peuvent déposer un dossier. Le programme est conçu pour être accessible aux petites structures ayant des projets concrets en faveur de la biodiversité.

Les candidatures pour les dispositifs Tremplin, Coopération et Compagnonnages sont ouvertes jusqu’au 14 avril 2026. Les dossiers doivent être déposés en ligne via la plateforme Démarches Simplifiées de l’Office français de la biodiversité.

L’intégration de Richès Karayib au sein du Caribbean Broadcasting Union (CBU) marque une nouvelle étape dans le développement du média caribéen. Cette adhésion officialise l’ancrage régional de Richès Karayib et renforce sa volonté de contribuer activement à la structuration du paysage médiatique de la Caraïbe.

Dans un contexte où la circulation des contenus reste fragmentée entre territoires linguistiques et géographiques, rejoindre le Caribbean Broadcasting Union représente un levier stratégique pour renforcer la visibilité et la circulation des contenus caribéens.

Le Caribbean Broadcasting Union, pilier du paysage médiatique caribéen

Le Caribbean Broadcasting Union est l’organisation régionale qui fédère les médias de la Caraïbe, couvrant la radio, la télévision, la presse écrite et les plateformes digitales. Il joue un rôle central dans la coopération entre diffuseurs, la circulation des contenus, la professionnalisation des acteurs du secteur et la valorisation des productions caribéennes.

Chaque année, le Caribbean Broadcasting Union organise notamment les CBU Media Awards, qui récompensent les productions les plus remarquables en radio, télévision, print et digital. Ces distinctions constituent un rendez-vous majeur pour les professionnels des médias caribéens et contribuent à élever les standards de qualité journalistique et éditoriale dans la région. En devenant membre du Caribbean Broadcasting Union, Richès Karayib s’inscrit dans un réseau structuré et reconnu, au cœur des dynamiques médiatiques régionales.

Richès Karayib

Une étape stratégique pour Richès Karayib

Depuis sa création, Richès Karayib valorise la culture, le patrimoine, le tourisme ainsi que les femmes et les hommes qui façonnent l’attractivité et l’influence de la Caraïbe. L’adhésion au Caribbean Broadcasting Union consolide cette trajectoire en ouvrant de nouvelles perspectives :

  • – coopération éditoriale à l’échelle régionale
  • – circulation accrue des contenus
  • – échanges professionnels entre médias membres
  • – visibilité renforcée auprès d’acteurs institutionnels et économiques

Rejoindre le Caribbean Broadcasting Union permet également à Richès Karayib d’inscrire ses productions dans un cadre régional exigeant, où la qualité du contenu, la rigueur journalistique et l’impact éditorial sont déterminants. Cette nouvelle étape intervient alors que le média développe ses formats print, digitaux et audiovisuels, avec une ambition claire : connecter les territoires caribéens au-delà des frontières linguistiques.

Richès Karayib

Construire un espace médiatique caribéen structuré

La Caraïbe est riche de talents, de cultures et d’initiatives. Pourtant, les contenus produits dans un territoire circulent encore trop peu dans les autres îles et pays de la région. L’un des enjeux majeurs du Caribbean Broadcasting Union est précisément de favoriser cette circulation et d’encourager les collaborations régionales.

En intégrant le Caribbean Broadcasting Union, Richès Karayib affirme sa volonté de participer activement à cette dynamique. Il ne s’agit pas seulement d’une reconnaissance institutionnelle, mais d’un engagement : contribuer à une Caraïbe médiatique plus connectée, plus visible et plus structurée.

Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la mission de Richès Karayib : valoriser les talents, initiatives et patrimoines de la région tout en favorisant les synergies entre territoires.

Cap sur les CBU Media Awards

Dans le cadre de cette adhésion, Richès Karayib participera à la 37e édition des CBU Media Awards organisés par le Caribbean Broadcasting Union. Cette participation s’inscrit dans une logique de professionnalisation et de rayonnement régional.

Au-delà de la compétition, les CBU Media Awards représentent un espace de rencontre, d’échange et de visibilité pour les médias caribéens. Pour RK, il s’agit d’une opportunité supplémentaire de porter une voix éditoriale engagée au service de la Caraïbe.

Richès Karayib

Une nouvelle phase de développement

L’adhésion au Caribbean Broadcasting Union marque une évolution naturelle pour Richès Karayib. Après avoir consolidé sa présence dans la Caraïbe francophone, le média franchit une étape décisive vers une intégration régionale plus large.

Dans un environnement médiatique en mutation, où les enjeux de coopération, de qualité éditoriale et de visibilité internationale sont essentiels, rejoindre le Caribbean Broadcasting Union constitue un signal fort.

Richès Karayib poursuit ainsi son ambition : contribuer à une Caraïbe médiatique plus visible, plus cohérente et résolument affirmée.

Le Caribbean Broadcasting Union (CBU) est l’organisation régionale qui fédère les médias de la Caraïbe, couvrant la radio, la télévision, la presse écrite et les plateformes digitales. Il favorise la coopération, la circulation des contenus et la professionnalisation des acteurs du secteur.

L’adhésion au Caribbean Broadcasting Union permet à Richès Karayib d’intégrer un réseau régional structuré, de renforcer sa visibilité à l’échelle caribéenne et de développer des collaborations éditoriales avec d’autres médias membres.

Les CBU Media Awards sont une compétition annuelle organisée par le Caribbean Broadcasting Union afin de récompenser les meilleures productions en radio, télévision, presse écrite et digital dans la région.

La pression touristique sur les sites patrimoniaux caribéens n’est plus un phénomène marginal ni ponctuel. Dans de nombreux territoires, la hausse continue des fréquentations, la vulnérabilité accrue des écosystèmes et les attentes économiques locales mettent à l’épreuve des modèles de gestion arrivés à saturation.

Ce sont moins les principes du patrimoine mondial qui sont en cause que la capacité des territoires à les piloter dans la durée. C’est dans ce contexte que l’UNESCO a réuni à Saint-Domingo des gestionnaires de sites du patrimoine mondial d’Amérique latine et de la Caraïbe. Une rencontre discrète, mais révélatrice d’une inflexion : le patrimoine mondial est désormais abordé comme un objet de gouvernance avant d’être un levier d’attractivité.

Pourquoi l’UNESCO intervient maintenant ?

Depuis plusieurs années, l’UNESCO observe une évolution rapide des usages autour des sites classés. Dans la Caraïbe, cette dynamique est particulièrement sensible. Les flux touristiques progressent plus vite que les capacités de régulation, tandis que le changement climatique accentue la fragilité des milieux naturels et des structures urbaines. À cette pression s’ajoute une lecture encore largement économique du patrimoine, souvent mobilisé comme vecteur de visibilité avant d’être pensé comme un bien commun à préserver.

L’intervention de l’UNESCO s’inscrit dans une logique de clarification. Il ne s’agit pas de remettre en cause le label, mais de rappeler que le classement engage des responsabilités durables. La réunion organisée à Saint-Domingo, du 24 au 26 novembre 2025, a ainsi rassemblé des autorités de gestion et des experts issus de neuf pays de la région. Organisé avec le ministère de la Culture et la municipalité du District national, l’atelier s’inscrivait dans le programme “Communities for Heritage – Latin America and the Caribbean”, financé par le ministère de la Culture du Royaume d’Arabie saoudite. Les échanges ont porté sur des enjeux très concrets tels que la planification, suivi des flux, gouvernance des sites et capacité des territoires à arbitrer entre fréquentation, conservation et usages locaux.

UNESCO
©UNESCO

Les « nouvelles lignes » UNESCO : ce qui change réellement

Derrière les discussions, plusieurs lignes de fond se dégagent. 

  • – La première concerne le passage d’une logique de promotion à une logique de gestion. Le patrimoine mondial n’est plus envisagé comme une vitrine touristique, mais comme un espace à réguler. La maîtrise des flux devient un enjeu central, appuyé sur des outils de suivi, d’évaluation et d’anticipation des fréquentations.
  • – Deuxième inflexion majeure : la place accordée aux communautés locales. L’UNESCO insiste sur leur intégration effective dans la gouvernance des sites et dans les retombées économiques. Le patrimoine ne peut être durable s’il est perçu comme une ressource captée de l’extérieur, sans bénéfice tangible pour les territoires qui le portent. Cette approche dépasse le principe d’inclusion pour devenir un critère de crédibilité des dispositifs de gestion.
  • – Troisième orientation structurante : l’intégration opérationnelle de la durabilité. Protection des écosystèmes, adaptation au changement climatique et gestion des infrastructures touristiques ne relèvent plus de déclarations d’intention. Elles s’inscrivent désormais dans des exigences concrètes, appelant des arbitrages clairs et documentés.

L’UNESCO met également en avant le renforcement des capacités locales, à travers la formation, l’ingénierie patrimoniale et la coopération régionale, afin de réduire les écarts entre sites bien dotés et territoires plus fragiles.

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Ce que ces lignes impliquent pour les territoires caribéens

Pour les sites déjà classés, ces orientations se traduisent par un niveau d’exigence accru. La conservation ne peut plus être dissociée de la gestion touristique, et les autorités de gestion sont appelées à démontrer leur capacité à concilier fréquentation, protection des sites et acceptabilité sociale. 

Pour les territoires candidats ou inscrits sur les listes indicatives, le message est tout aussi clair : les futures inscriptions devront reposer sur des projets de gestion solides, intégrant dès l’amont les dimensions sociales, environnementales et économiques.

Cette évolution peut constituer un réel défi. Elle met en lumière des arbitrages complexes, entre besoins économiques immédiats et préservation à long terme, entre attractivité touristique et qualité de vie des habitants. Mais elle ouvre aussi une perspective : celle de modèles de tourisme patrimonial mieux adaptés aux réalités insulaires, moins dépendants de la seule croissance des flux et davantage fondés sur la maîtrise des usages.

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Un contexte chiffré qui renforce l’urgence

Les données rappelées lors de l’atelier soulignent l’ampleur des enjeux. Le tourisme représente près de 10 % du produit intérieur brut de l’Amérique latine et de la Caraïbe et soutient plus de 35 millions d’emplois dans la région. Cette croissance rapide n’est toutefois pas sans conséquences : environ 40 % des sites du patrimoine mondial déclarent subir aujourd’hui des pressions liées au tourisme.

À Saint-Domingo, la fréquentation du centre historique a ainsi enregistré une hausse de 30 % des visiteurs internationaux en 2024 par rapport à l’année précédente. Une évolution qui illustre concrètement les tensions auxquelles sont confrontés les gestionnaires de sites patrimoniaux, sommés de maintenir l’équilibre entre attractivité, conservation et fonctionnement urbain.

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Vers un patrimoine pensé comme un outil de gouvernance

En filigrane, la démarche portée par l’UNESCO interroge un modèle touristique longtemps dominant dans la région. Un patrimoine surexploité, réduit à sa valeur d’image, tend à s’épuiser rapidement, au détriment des territoires et de leurs habitants. Les orientations discutées à Saint-Domingo esquissent une autre voie, celle d’un patrimoine pensé comme une ressource partagée, à piloter et à transmettre plutôt qu’à consommer.

La réunion de Saint-Domingo ne redéfinit pas le patrimoine mondial ; elle redéfinit les responsabilités qui l’accompagnent. Pour la Caraïbe, ces lignes plus exigeantes constituent à la fois une contrainte et une opportunité.

Elles imposent des standards plus élevés, mais offrent aussi un cadre pour renforcer la gouvernance des sites, mieux maîtriser les usages et inscrire le patrimoine dans des stratégies territoriales durables. À terme, le patrimoine mondial pourrait ainsi devenir, dans la Caraïbe, non plus un simple label d’excellence, mais un véritable outil de pilotage au service des territoires.

Elle observe une intensification rapide des flux touristiques dans la région, combinée à une vulnérabilité accrue des écosystèmes et des centres historiques. Ces évolutions mettent sous tension les modèles de gestion existants. En renforçant ses lignes directrices, l’UNESCO cherche à rappeler que le classement au patrimoine mondial implique des responsabilités durables en matière de gouvernance, de conservation et d’équilibre territorial.

Elle opère un glissement clair d’une logique de promotion vers une logique de gestion. La maîtrise des flux, l’intégration des communautés locales et l’adaptation au changement climatique deviennent des critères centraux. Le patrimoine n’est plus seulement envisagé comme un levier d’attractivité, mais comme un espace à réguler et à piloter sur le long terme.

Pour les sites déjà classés, ces orientations impliquent un niveau d’exigence plus élevé en matière de planification et de gouvernance. Pour les territoires candidats elles conditionnent désormais les futures inscriptions à l’existence de projets de gestion solides et crédibles. À terme, ces lignes peuvent favoriser des modèles touristiques mieux adaptés aux réalités insulaires et plus respectueux des populations locales.

Le 19 novembre, le Centre Europe Direct Antilles-Guyane (CEDAG), en partenariat avec le COMOB de la Martinique et la DRAJES Martinique, organisait deux temps d’échanges à l’occasion de la venue de Madame Flora Goudappel, spécialiste en droit constitutionnel européen et représentante Europe Direct Curaçao. La rencontre avait pour objectif de mieux comprendre les liens entre les Régions ultrapériphériques (RUP) et Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM) et l’Union européenne. Elle s’inscrivait dans une volonté partagée d’explorer ce que signifient concrètement les dynamiques RUP et PTOM pour les territoires caribéens.

Ce déplacement s’inscrivait dans une dynamique initiée depuis un an : Curaçao souhaite mieux comprendre la Martinique, son statut européen et les marges de coopération possibles dans la Caraïbe. Un territoire de 160 000 habitants, qui vient de célébrer avec fierté sa première qualification historique à la Coupe du monde, manifestait sa volonté de tisser des relations concrètes avec un autre territoire insulaire voisin… et européen. Une manière de montrer qu’au-delà des dispositifs institutionnels, la coopération prend d’abord racine dans les initiatives humaines.

Des statuts européens qui structurent les relations caribéennes

Au fil des échanges, Madame Flora Goudappel a éclairé les nuances entre les statuts RUP et PTOM. 

Les RUP comme la Martinique, la Guyane ou les Canaries – appartiennent pleinement au territoire de l’Union européenne et bénéficient de dérogations adaptées à leurs réalités insulaires et économiques.

Les PTOM dont Curaçao, ne font pas partie du territoire de l’Union, mais disposent d’une position préférentielle leur permettant notamment d’accéder au marché européen et de développer des partenariats. Ces différences structurent profondément les relations dans la région.

Pour illustrer ces distinctions, Madame Flora Goudappel s’est appuyée sur des situations concrètes : pressions migratoires aux Canaries, choix nationaux concernant le visa Schengen, ou encore débats aux Pays-Bas autour des évolutions statutaires envisagées à Bonaire et Saint-Eustache. Ces réalités montrent combien les cadres RUP et PTOM façonnent les trajectoires de chaque territoire.

RUP et PTOM

Construire la coopération européenne : une mécanique à faire fonctionner ensemble

Une idée forte est revenue à plusieurs reprises : pour utiliser les fonds européens, il faut maîtriser les compétences nécessaires.
Les travaux réalisés avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) durant dix-huit mois ont mis en lumière un enjeu réel : la coordination entre Union européenne, État, Région et acteurs opérationnels doit être renforcée pour permettre un accès plus fluide aux fonds. Lorsque l’un de ces maillons se fragilise, tout le processus se complique, en particulier pour les territoires RUP et PTOM.

La boîte à outils OCDE – désormais accessible via le Centre Europe Direct Antilles-Guyane (CEDAG) – a été conçue pour accompagner les équipes locales, faciliter leurs démarches et rendre les dispositifs européens plus accessibles.
L’association Bwa Lansan a également partagé un retour d’expérience, illustrant comment la maîtrise progressive des programmes peut transformer la portée d’un projet et améliorer les coopérations RUP et PTOM.

Les dynamiques caribéennes : où se rencontrent Martinique et Curaçao

Les discussions ont ensuite abordé la place de la Martinique et de Curaçao dans les espaces régionaux comme le Caribbean Forum of the African, Caribbean and Pacific Group of States (CARIFORUM) et la Caribbean Community (CARICOM).
L’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et CARIFORUM ouvre des perspectives variées : mobilité des jeunes, programmes éducatifs, projets économiques ou environnementaux, autant de domaines où les territoires RUP et PTOM peuvent trouver un terrain commun.

Concernant le CARICOM, la Martinique et Curaçao y sont observatrices. Elles peuvent assister aux réunions et participer aux discussions, mais sans bénéficier de toutes les prérogatives. Pour la Martinique, cette position reste en attente d’une ratification par la France, condition nécessaire pour rendre ce statut pleinement opérationnel. Les échanges ont montré l’importance de mieux comprendre ces mécanismes pour que les collectivités martiniquaises puissent évaluer ce que ces espaces régionaux peuvent réellement leur apporter.

RUP et PTOM
©Europe Direct Antilles-Guyane

Une journée d’échanges sincères et d’interrogations partagées

Lorsque les participants ont pris la parole, les présentations ont dessiné une mosaïque de parcours : agents de collectivités, acteurs du tourisme, responsables associatifs, professionnels de la mobilité internationale. Tous partageaient le même désir : faire émerger des liens plus solides entre les territoires caribéens, malgré les frontières administratives, les langues différentes et les statuts divergents.

Plusieurs participants ont formulé des interrogations précises, d’autres ont partagé des expériences vécues. Les échanges se sont distingués par leur franchise, leur lucidité et une volonté commune de comprendre comment avancer ensemble de manière concrète.
Cette dynamique collective a donné corps à l’idée que la coopération régionale n’est pas qu’un principe institutionnel : elle se construit dans les voix, les attentes, les besoins et les ambitions de chacun, et dans l’articulation subtile des réalités RUP et PTOM.

RUP et PTOM
©Europe Direct Antilles-Guyane

Une trajectoire commune à écrire entre Europe et Caraïbe

Alors que la rencontre touchait à sa fin, un sentiment clair s’est imposé : la Martinique et Curaçao possèdent un terrain fertile pour développer des projets communs. Mobilité, éducation, écologie, économie de proximité, innovation, culture… les possibilités sont nombreuses, à condition que les territoires puissent mobiliser les outils européens et régionaux de manière cohérente, comme l’encouragent les dispositifs RUP et PTOM.

Les discussions du 19 novembre ont ouvert un chemin. Un chemin où les collaborations deviennent possibles, où les cadres européens se lisent plus clairement, et où les territoires caribéens trouvent des espaces pour se rencontrer autrement.

Ce jour-là, la coopération a pris forme dans les voix présentes, mais aussi dans la volonté de prolonger ces échanges au-delà de cette rencontre, pour construire une relation durable, adaptée aux réalités de la Caraïbe et aux ambitions de chaque territoire — une dynamique précieuse dans l’ensemble des relations RUP et PTOM.

RUP et PTOM
RUP et PTOM

FAQ – RUP et PTOM dans l’espace caribéen

Les Régions ultrapériphériques (RUP) font pleinement partie de l’Union européenne et appliquent le droit européen, avec des adaptations liées à leur insularité. Les Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM), eux, ne sont pas intégrés au territoire européen mais bénéficient d’un statut préférentiel permettant des coopérations renforcées, notamment économiques et éducatives.

La Martinique, en tant que RUP, et Curaçao, en tant que PTOM, partagent des défis communs : mobilité des jeunes, transition écologique, économie locale, éducation, innovation. Leur coopération permet d’utiliser les outils européens et caribéens de manière complémentaire et d’ouvrir des perspectives régionales jusque-là peu exploitées.

Les dispositifs européens – mobilité, formation, partenariats, programmes régionaux – offrent aux RUP et PTOM des opportunités concrètes de collaboration. La boîte à outils élaborée avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) aide les acteurs des territoires à mieux utiliser ces programmes.

La COP30 se tient à Belém, dans l’État de Pará, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025. Cette 30ᵉ Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se déroule pour la première fois au cœur de l’Amazonie, symbole d’un écosystème vital pour la planète. À travers cette COP30, les dirigeants du monde s’engagent dans une négociation décisive, celle de la mise en œuvre réelle des engagements pris depuis l’Accord de Paris. Pour les pays de la Caraïbe, directement exposés aux effets du réchauffement, cette édition porte un espoir concret : obtenir une reconnaissance plus juste de leurs besoins et un financement durable de leur adaptation climatique.

Une ouverture centrée sur l’Amazonie et la justice climatique

Le président Luiz Inácio Lula da Silva a ouvert la COP30 en insistant sur la responsabilité partagée des nations et la nécessité d’agir sans délai. « Nous avançons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse », a-t-il affirmé devant les délégations réunies au Brésil. Ce message résonne comme un avertissement mondial.

Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention climat, a rappelé que chaque retard se paie cher, en vies humaines et en pertes économiques. Tenir la conférence au Brésil, au cœur d’un territoire qui abrite 60 % de la forêt amazonienne, souligne la dimension symbolique et écologique de cette édition. La COP30 veut replacer la biodiversité, les peuples autochtones et la coopération Sud-Sud au centre des décisions internationales.

Les premières sessions ont montré une dynamique nouvelle : l’adoption rapide de l’agenda et la volonté de traduire les promesses en actions concrètes, notamment dans les domaines de l’énergie, de la transparence et du financement.

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Luiz Inácio Lula da Silva. ©Alex Ferro/COP30
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Simon Stiell. ©Alex Ferro/COP30

Un programme ambitieux entre transition et gouvernance

La COP30 s’articule autour de quatre priorités : réduction des émissions, adaptation, financement et gouvernance climatique. Le Brésil, en accueillant la conférence à Belém, veut incarner la transition vers un modèle économique fondé sur la préservation de la nature.
Le « Capacity-Building Hub », l’un des temps forts de la conférence, met en avant le renforcement des compétences locales. Ses sessions abordent le financement durable, la transition énergétique, les solutions fondées sur la nature et le rôle du patrimoine culturel dans la résilience des territoires.

Les Nations Unies rappellent que limiter la hausse des températures à 1,5 °C reste un impératif, et non un objectif théorique. La COP30 doit ainsi valider des mécanismes concrets de suivi et de transparence, capables d’assurer la crédibilité des engagements nationaux.

La Caraïbe, une voix unie pour la survie

Pour la Caraïbe, la COP30 est une tribune vitale. Les États insulaires réclament des réponses immédiates face à la montée du niveau de la mer et à l’intensification des cyclones. Le Caribbean Development Bank a rappelé que « la région n’a jamais été aussi exposée ni aussi déterminée à défendre sa survie climatique ».

Les délégations caribéennes plaident pour un accès direct aux fonds internationaux, sans conditions d’endettement. Elles demandent que les promesses de 1 300 milliards de dollars annuels d’ici 2035 soient honorées et réparties de manière équitable.
Dans les espaces parallèles de Belém, plusieurs projets d’adaptation sont présentés : restauration côtière à la Dominique, gestion durable de l’eau à Sainte-Lucie, reforestation communautaire en Haïti. Ces initiatives démontrent que la région agit déjà, mais qu’elle manque de soutien financier à la hauteur des défis.

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©Raimundo Pacco/COP30
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©Raimundo Pacco/COP30

Des divergences persistantes entre Nord et Sud

Les discussions de la COP30 révèlent des tensions structurelles entre les pays industrialisés et les États vulnérables. Le débat sur la finance climatique cristallise les désaccords. Les nations du Nord reconnaissent la nécessité d’accroître leur contribution, mais sans préciser les modalités de transfert ni les critères d’accès.

L’initiative « Together4Transparency » cherche à instaurer un cadre universel de suivi des engagements, garantissant des données publiques et comparables. Pour les petits États insulaires, cette transparence permettra de mettre en lumière leurs efforts souvent invisibles dans les bilans mondiaux.
Les délégations des territoires tropicaux insistent sur une équation simple : sans financement juste, pas d’adaptation possible. Les négociateurs doivent donc trancher entre rhétorique et responsabilité, entre engagements financiers et justice climatique réelle.

Belém, symbole d’une gouvernance climatique renouvelée

La ville de Belém incarne les contradictions du monde actuel : vulnérabilité écologique, espoirs collectifs et contraintes logistiques. Malgré les défis d’organisation, cette COP30 connaît une mobilisation record de la société civile et des communautés locales.
Le Brésil, en tant que pays hôte, s’affirme comme médiateur entre les grands émetteurs et les nations vulnérables. L’Amazonie devient ainsi un miroir global : préserver ses forêts revient à protéger les îles, les deltas et les littoraux menacés.
Les peuples autochtones d’Amazonie et les représentants caribéens partagent une même revendication : être écoutés, participer aux décisions et bénéficier des ressources nécessaires à la protection de leurs territoires.

COP30
©Alex Ferro/COP30
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©Alex Ferro/COP30
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©Alex Ferro/COP30
©Alex Ferro/COP30

Une COP30 décisive pour la Caraïbe et le monde

Alors que les négociations se poursuivent, la COP30 s’impose comme un moment de vérité. La Caraïbe espère voir inscrites ses priorités dans le texte final : financement équitable, inclusion institutionnelle et reconnaissance du rôle des territoires tropicaux dans la régulation climatique.
L’édition de Belém pourrait marquer le début d’un changement profond, où les petites nations insulaires cessent d’être spectatrices pour devenir partenaires d’une gouvernance mondiale équilibrée.
La COP30, plus qu’un sommet, agit comme une boussole pour les décennies à venir. Si les décisions de Belém se traduisent en actions concrètes, elles pourraient transformer l’avenir de la Caraïbe et de l’ensemble du monde tropical, unis par une même urgence : survivre dans un climat en mutation rapide.

L’OECO poursuit sa modernisation régionale avec une initiative marquante à Sainte-Lucie : la mise en service de bornes automatisées dans les deux principaux aéroports du pays. Un pas décisif vers une gestion des frontières plus fluide, plus technologique et plus sécurisée dans l’espace caribéen.

Un projet régional tourné vers l’avenir

La Commission de l’OECO (Organisation des États de la Caraïbe orientale) a remis dix bornes en libre-service à Sainte-Lucie : huit à l’aéroport international Hewanorra (HIA) et deux à celui de George F. L. Charles. Ces équipements de pointe permettent aux voyageurs d’effectuer eux-mêmes les formalités d’entrée, réduisant ainsi l’attente et la congestion dans les halls d’arrivée.

Cette opération s’inscrit dans le cadre du Programme d’amélioration de la gestion des frontières de l’OECO, financé par l’Union européenne à travers le programme Regional Integration Through Growth Harmonisation and Technology (RIGHT). Ce partenariat illustre la volonté de l’organisation régionale de renforcer la coopération entre ses États membres tout en misant sur la technologie comme levier d’efficacité et de sécurité.

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Des bornes automatisées pour une meilleure expérience passager

Grâce à cette installation, Sainte-Lucie devient un exemple concret de transformation numérique au service du tourisme. Les nouvelles bornes automatisées permettent de scanner les passeports, capturer les empreintes digitales et accélérer la vérification des données tout en maintenant un haut niveau de sécurité.

L’objectif est double : faciliter le voyage des ressortissants de la région, notamment ceux de la CARICOM et de l’OECO, et renforcer la capacité du pays à identifier et filtrer les passagers à haut risque. Cette approche intelligente illustre l’équilibre que cherche à atteindre la région entre ouverture touristique et contrôle renforcé.

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Les paroles fortes du leadership caribéen

Lors de la cérémonie officielle de remise à l’aéroport international Hewanorra, le Directeur général de l’OECO, le Dr Didacus Jules, a souligné la portée stratégique de cette évolution :

« À mesure que le tourisme mondial devient plus compétitif, les voyageurs recherchent non seulement de belles destinations, mais aussi une expérience d’entrée efficace, fluide et sécurisée. »

Le Dr Didacus Jules a insisté sur le fait que la modernisation des points d’entrée constitue un pilier essentiel pour soutenir la croissance économique des États membres et renforcer la perception internationale d’une Caraïbe organisée, technologique et accueillante.

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De son côté, le ministre sainte-lucien de l’Intérieur, de la prévention de la criminalité et des personnes en situation de handicap, l’honorable Jeremiah Norbert, a salué l’investissement :

« Pour maintenir la compétitivité mondiale de notre secteur touristique et répondre aux enjeux de sécurité, il est essentiel de disposer de systèmes de gestion frontalière performants. Ils doivent refuser l’entrée aux passagers à risque tout en offrant un passage fluide aux voyageurs légitimes. »

Ces déclarations reflètent une vision partagée : faire de l’espace OECO un modèle de gestion régionale harmonisée, où l’innovation technologique s’intègre aux impératifs de souveraineté et de mobilité.

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Un programme régional déjà en marche

La remise de dix bornes à Sainte-Lucie intervient quelques mois après une initiative similaire à la Grenade, où six bornes avaient été livrées en mars 2025. À terme, la Commission de l’OECO ambitionne d’équiper tous les États membres : Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Montserrat, ainsi que les territoires associés comme Anguilla ou les Îles Vierges britanniques.

Au-delà des infrastructures, l’objectif est d’instaurer un cadre de coopération et de partage de données pour harmoniser les procédures d’entrée, renforcer la traçabilité et garantir une meilleure coordination entre les services d’immigration.

L’initiative s’aligne ainsi sur les priorités régionales de l’OECO, qui visent à accélérer la transformation numérique, stimuler le tourisme durable et améliorer la connectivité régionale. La technologie devient un outil stratégique pour accompagner la mobilité des citoyens caribéens tout en soutenant la compétitivité économique.

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Sainte-Lucie, vitrine d’une nouvelle ère caribéenne

Pour Sainte-Lucie, ce partenariat avec l’OECO et l’Union européenne symbolise une avancée majeure. L’île renforce son image de destination moderne et accueillante, dotée d’infrastructures à la hauteur des standards internationaux. L’automatisation des points d’entrée est appelée à réduire les délais d’attente, améliorer la satisfaction des visiteurs et optimiser la gestion des flux touristiques — un enjeu crucial pour un pays où le tourisme représente plus de 60 % du PIB.

Mais au-delà du gain immédiat, cette initiative traduit la volonté politique d’inscrire Sainte-Lucie dans une trajectoire régionale d’intégration numérique. En s’appuyant sur la structure et la coordination de l’OECO, l’île bénéficie d’un cadre commun d’expertise, de financement et de formation, tout en contribuant à la construction d’une Caraïbe orientale interconnectée.

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Vers une connectivité régionale intelligente

L’OECO démontre ici sa capacité à articuler vision, financement et exécution autour de projets à impact concret. L’installation de ces bornes n’est pas un simple geste technologique : elle symbolise la montée en puissance d’une région qui modernise ses infrastructures, renforce la sécurité et fluidifie les mobilités.

À l’heure où la concurrence entre destinations touristiques s’intensifie, cette modernisation positionne la Caraïbe orientale sur un créneau stratégique : celui d’un espace intégré, sûr et technologiquement avancé.

En unissant ses membres autour d’initiatives tangibles, l’OECO affirme une fois encore son rôle de moteur régional, au service d’une Caraïbe plus efficace, plus connectée et résolument tournée vers l’avenir.

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La Caraïbe fait face à une pression environnementale croissante liée aux arrivées massives de sargasses : ces algues brunes qui s’échouent en nombre sur les littoraux, fragilisant les écosystèmes côtiers, affectant la pêche, le tourisme, la santé publique et la vie quotidienne des communautés insulaires. C’est dans ce contexte que le projet SARSEA — Sargassum Regional Strategies for Ecosystem-based Actions  a été lancé officiellement le 28 octobre 2025 à Sainte‑Lucie, marquant un tournant pour la gestion régionale de ce défi.

Un cadre structurant et des partenaires engagés

Financé par la Agence Française de Développement (AFD) et mis en œuvre par Expertise France en partenariat avec la Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECS), le projet SARSEA offre aux États concernés un cadre de coopération, de connaissance et d’action.

Parmi les axes essentiels du projet SARSEA :

  • – Renforcer la coopération régionale en matière de planification et de gestion des sargasses, afin d’améliorer la coordination politique et la visibilité internationale du phénomène.
  • – Accompagner les petits États insulaires — notamment la Dominique, la Grenade, Sainte-Lucie et Saint‑Vincent‑et‑les Grenadines — dans la mise en œuvre d’initiatives intégrées de gestion et de valorisation des sargasses, adoptant une approche circulaire et durable.
  • – Soutenir la coopération scientifique régionale pour mieux comprendre le phénomène, anticiper ses effets et orienter les stratégies de gestion.
  • – Intégrer l’approche genre dans toutes les politiques et actions liées aux sargasses, afin de garantir une réponse inclusive et équitable.
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Le lancement : un moment fort de dialogue

La cérémonie d’ouverture à Sainte-Lucie a réuni des représentants gouvernementaux, institutionnels et scientifiques venus de toute la Caraïbe orientale. Parmi eux : Madame l’Ambassadrice de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECS, Madame Marie-Noëlle Duris, et Monsieur l’Ambassadeur de France chargé de la coopération régionale dans la zone Atlantique, Monsieur Arnaud Mentré.

La Dominique a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée à plusieurs niveaux pour la gestion des sargasses, évoquant le rôle que chaque île peut jouer dans une chaîne de valeur adaptée à ses capacités. Sainte-Lucie a réaffirmé son engagement à participer activement à cette réponse collective. La Grenade, de son côté, a mis en avant plusieurs priorités : la création d’un centre d’essais régional, la mise en place d’un système de suivi des échouements, un mécanisme de collecte harmonisé et un renforcement du suivi sanitaire.

Lors de l’événement, un protocole de partenariat a été signé entre Expertise France et la Commission de l’OECS, renforçant le cadre institutionnel de l’action régionale. Des tables rondes ont abordé les visions nationales des pays partenaires puis les défis et opportunités de la coopération régionale dans la gestion des sargasses. L’après-midi a été consacré à la présentation de la stratégie du projet et à une réunion de coordination des partenaires. Le lendemain, les participants ont pris part à un atelier scientifique collectif animé par l’Institut de Recherche pour le Développement.

SARSEA
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Vers une stratégie caribéenne partagée

Le projet SARSEA ambitionne de consolider un réseau d’acteurs publics, privés et scientifiques dans la région, en vue de mutualiser compétences, données et bonnes pratiques. L’objectif du projet SARSEA est clair : améliorer la préparation et la réponse aux échouements de sargasses tout en renforçant la résilience des territoires côtiers.

Le projet SARSEA prévoit que, bien que quatre États bénéficient directement du projet, tous les douze États membres de l’OECS pourront tirer profit des enseignements, outils et bonnes pratiques qui en découleront. Cela renforce la dimension régionale et inclusive de l’action.

SARSEA
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Pourquoi ce projet revêt-il tant d’importance ?

Les échouements massifs de sargasses dans la Caraïbe ne sont pas un phénomène isolé : ils perturbent quotidiennement les littoraux, affectent la santé des populations (émissions de gaz toxiques lors de la décomposition, atteintes respiratoires), fragilisent les écosystèmes marins (herbiers, coraux, mangroves) et menacent des secteurs économiques clés comme la pêche ou le tourisme.

Dans ce contexte, une gestion fragmentée ou nationale uniquement ne suffit plus. Le phénomène traverse les frontières, les courants, les écosystèmes. Il impose une réponse coordonnée, à l’échelle de la sous-région, avec une science robuste, voilà ce que le projet SARSEA entend proposer.

Les jalons à venir

  • – Structuration de chaînes de valeur intégrées autour des sargasses : depuis la collecte jusqu’à la valorisation (éventuellement en bioproduits, fertilisants, etc.).
  • – Mise en place de systèmes de suivi harmonisés des échouements, de la collecte et de l’analyse sanitaire.
  • – Déploiement d’actions scientifiques concertées pour combler les lacunes de connaissances et orienter des politiques publiques mieux adaptées.
  • – Promotion de la participation des femmes et de l’intégration des enjeux de genre dans toutes les phases de l’action.
  • Diffusion à tous les États membres de l’OECS des retours d’expérience, outils et bonnes pratiques issus du projet.
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Le lancement du projet SARSEA marque une étape essentielle dans la mobilisation régionale contre l’impact des sargasses dans la Caraïbe orientale. En conjuguant coopération politique, scientifique, technique et inclusive, les États insulaires disposent désormais d’un cadre structuré pour appréhender ce phénomène complexe. Le projet SARSEA ne remplace pas le travail national ou local : il l’amplifie, le structure, lui donne portée et moyens. Avec ce nouvel élan, c’est bien la perspective d’une gestion concertée, mieux informée et durable des sargasses qui prend forme dans la région.