Barbade et Guyana vont franchir une nouvelle étape dans la mobilité caribéenne. À partir du 1er juillet 2026, les citoyens éligibles des deux pays pourront voyager entre les deux territoires avec une carte d’identité nationale valide, sans avoir à présenter de passeport. Derrière cette mesure administrative, c’est une idée plus large qui se dessine : rendre l’intégration régionale plus visible dans la vie quotidienne.

Une carte d’identité nationale pour voyager

Dans les aéroports, le changement pourrait se voir dès l’enregistrement. Un citoyen barbadien se rendant au Guyana, ou un citoyen guyanien partant vers la Barbade, pourra utiliser sa carte d’identité nationale pour effectuer ce trajet, à condition qu’elle soit valide et reconnue dans le cadre du nouvel accord bilatéral.

Cette décision ne supprime pas les contrôles aux frontières. Elle ne signifie pas non plus, à ce stade, que les citoyens auront automatiquement le droit de résider ou de travailler librement dans l’autre pays. L’accord porte d’abord sur le document exigé pour voyager. C’est une précision importante : Barbade et Guyana facilitent le déplacement, sans annoncer pour autant une ouverture totale des frontières.

Une annonce au moment des 60 ans du Guyana

L’annonce intervient dans un moment hautement symbolique : le Guyana marque ce 26 mai 2026 ses 60 ans d’indépendance, tandis que la Barbade atteindra le même cap le 30 novembre 2026. Les deux pays, indépendants depuis 1966, choisissent donc de donner à cet anniversaire une traduction très pratique : rapprocher leurs citoyens par une procédure plus simple.

Le message politique est clair. Dans une région où les liens historiques, familiaux et culturels sont forts, les démarches de voyage restent parfois lourdes. En permettant à certains citoyens de circuler avec une carte d’identité nationale, les deux gouvernements veulent rendre le passage entre les territoires plus accessible.

Barbade et Guyana

Un signal fort pour la CARICOM

Depuis des décennies, la CARICOM défend l’idée d’une Caraïbe plus unie. Mais pour beaucoup d’habitants, cette ambition reste souvent associée aux sommets, aux déclarations officielles et aux textes institutionnels. Ici, l’intégration devient plus concrète. Elle se mesure à un document que l’on garde dans son portefeuille.

Avec cette décision, Barbade et Guyana montrent qu’une coopération régionale peut toucher directement les citoyens. Une famille pourra envisager un déplacement avec moins de contraintes. Un entrepreneur pourra organiser un voyage plus facilement. Un artiste, un étudiant ou un professionnel pourra se rendre dans l’autre pays sans passer par la procédure classique du passeport, si toutes les conditions prévues sont remplies.

La mesure peut aussi soutenir les échanges touristiques, culturels et économiques. La Barbade et le Guyana occupent deux places différentes, mais complémentaires, dans l’espace caribéen anglophone. L’une est une île fortement tournée vers les services, le tourisme et les échanges internationaux. L’autre est un territoire continental, en pleine transformation économique, avec une profondeur géographique et culturelle particulière. Leur rapprochement donne du relief à l’idée d’une Caraïbe moins fragmentée.

Barbade et Guyana
@Barbados Today

Des détails encore attendus

Il faudra toutefois suivre les prochaines précisions officielles. À ce stade, l’accord prévoit que les citoyens éligibles pourront voyager avec leur carte d’identité nationale. Les gouvernements devront encore clarifier les conditions exactes d’éligibilité, les procédures d’application, les règles pour les mineurs, la durée des séjours et les consignes qui seront appliquées par les compagnies aériennes.

Ces détails seront essentiels pour éviter les confusions au moment du départ. Une mesure de mobilité ne fonctionne vraiment que si les citoyens, les agents d’immigration et les transporteurs disposent des mêmes informations. C’est sur ce terrain pratique que l’accord sera jugé.

Une Caraïbe plus proche, pas seulement dans les discours

L’accord entre Barbade et Guyana rappelle qu’une région ne se construit pas seulement avec de grands principes. Elle se construit aussi avec des décisions simples, capables de modifier les habitudes. Voyager avec une carte d’identité nationale au lieu d’un passeport peut sembler technique. Pour les citoyens concernés, cela peut devenir un signe concret d’appartenance à un espace régional plus proche.

Reste maintenant à voir si cette mesure inspirera d’autres États de la CARICOM. Car derrière cet accord, une question plus large se pose : jusqu’où la Caraïbe est-elle prête à aller pour rendre la mobilité régionale plus simple pour ses propres citoyens ?

À partir du 1er juillet 2026, les citoyens éligibles de Barbade et Guyana pourront voyager entre les deux pays avec une carte d’identité nationale valide. Ils n’auront donc plus besoin de présenter un passeport pour ce trajet précis, selon le nouvel arrangement bilatéral annoncé par les deux gouvernements.

L’accord annoncé concerne d’abord le document nécessaire pour voyager. Il ne faut donc pas le confondre avec un droit automatique de résidence ou de travail. Les gouvernements devront encore préciser les conditions exactes d’éligibilité, les règles de séjour et les procédures applicables aux citoyens concernés.

Cette mesure donne une forme concrète à l’intégration régionale caribéenne. En facilitant les déplacements entre Barbade et Guyana, elle peut renforcer les liens familiaux, culturels, touristiques et économiques entre deux pays membres de la CARICOM, tout en ouvrant la voie à d’autres initiatives similaires dans la région.

Lors de l’édition 2026 du Bocas Lit Fest, dans l’Old Fire Station à Port of Spain, Trinité-et-Tobago, Margaret Busby, présidente du jury, prononce le nom de Tessa McWatt. La salle applaudit. Ce moment est historique : pour la première fois en seize années d’existence du Prix OCM Bocas pour la littérature caribéenne, une autrice née au Guyana remporte le grand prix.

Un livre primé au-delà de la récompense

Le livre primé est: “The Snag: A Mother, a Forest, and Wild Grief”. Un mémoire. Random House Canada et Scribe, au Royaume-Uni, le publient. Les juges l’ont décrit comme « un travail d’une rare brillance ». Le prix s’accompagne d’une dotation de 10 000 dollars américains, financée par One Caribbean Media Limited. Mais l’argent n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est ce que cette reconnaissance signifie pour le Guyana   un pays caribéen continental dont la littérature reste trop peu lue en dehors de ses frontières.

Tessa McWatt est née à Georgetown, au Guyana. Tessa McWatt a quitté le pays jeune pour le Canada, puis s’est établie au Royaume-Uni, où elle enseigne l’écriture créative à l’Université d’East Anglia. Tessa McWatt a publié onze livres : romans, textes pour la jeunesse, essais et ouvrages de non-fiction. Tessa McWatt est aussi librettiste, autrice de livrets d’opéra, et membre de la Royal Society of Literature.

Tessa McWatt
Tessa McWatt
Tessa McWatt

The Snag, un mémoire sur la perte, la forêt et le vivant

Le mémoire couronné par le Prix OCM Bocas n’est pas un livre facile à résumer. The Snag qu’on pourrait traduire par « l’accroc » ou « l’obstacle »  entrelace plusieurs fils. Le récit du moment où la mère de l’autrice, atteinte de démence, ne peut plus vivre seule et doit quitter son foyer. Une méditation sur la forêt et sur ce que les écosystèmes naturels nous apprennent de la perte, de l’attachement et du vivant. Et une réflexion sur la grande déstabilisation contemporaine : climat, perte de biodiversité, solitude, vieillissement, vies humaines parfois réduites à des statistiques.

Tessa McWatt
Tessa McWatt

Un prix caribéen en trois catégories

Le Prix OCM Bocas existe depuis 2011. Il est attribué chaque année à un livre publié l’année précédente par un auteur caribéen, citoyen ou né dans la Caraïbe. Le prix se décline en trois catégories : poésie, fiction et non-fiction littéraire. Chaque catégorie a son lauréat, qui reçoit 3 000 dollars américains. Puis un grand gagnant est désigné parmi les trois, avec une dotation de 10 000 dollars américains.

Pour l’édition 2026, les deux autres lauréats catégoriels étaient Justin Haynes, pour le roman Ibis, et Canisia Lubrin, pour The World After Rain: Anne’s Poem. Tessa McWatt a d’abord remporté la catégorie non-fiction avant d’être désignée lauréate générale. Ce parcours renforce l’importance de The Snag dans une sélection où la poésie, le roman et la non-fiction portaient chacun une voix forte de la Caraïbe contemporaine.

Tessa McWatt
Tessa McWatt

Le Guyana, territoire continental de la Caraïbe littéraire

Une singularité de la sélection 2026 mérite d’être nommée. Les trois lauréats catégoriels écrivent depuis la diaspora : McWatt depuis le Royaume-Uni, Haynes depuis les États-Unis, Lubrin depuis le Canada. Le Prix OCM Bocas rappelle ainsi que la littérature caribéenne ne s’arrête pas aux frontières physiques des territoires. Elle circule avec les familles, les langues, les blessures, les souvenirs et les livres.

Pour le Guyana, le moment est doublement historique. La même cérémonie a aussi récompensé un autre Guyanien-Canadien : Frank Birbalsingh, érudit et critique littéraire, lauréat du Prix Henry Swanzy 2026 pour son service distingué aux lettres caribéennes. Deux figures liées au Guyana primées dans le même cadre : pour un pays de moins d’un million d’habitants, c’est une affirmation publique forte.

Cette singularité Guyanienne mérite d’être précisée. Le Guyana anglophone, situé sur le continent sud-américain, frontalier du Venezuela, du Brésil et du Suriname, appartient géographiquement à l’Amérique du Sud mais culturellement à la Caraïbe anglophone. Cette double appartenance produit une littérature qui interroge constamment les catégories. Wilson Harris, David Dabydeen, Pauline Melville, Fred D’Aguiar, Oonya Kempadoo : la liste des grandes voix guyaniennes de la diaspora est dense, et la consécration de Tessa McWatt s’inscrit dans cette lignée.

Tessa McWatt
Tessa McWatt
Tessa McWatt
Tessa McWatt

Une consécration qui ouvre le récit

Le thème 2026 du Bocas Lit Fest était « All Together Now ». Dans ce contexte, la victoire de Tessa McWatt prend une résonance particulière. Elle rappelle que la Caraïbe littéraire se construit aussi par ses voix dispersées, ses trajectoires migrantes et ses mémoires familiales. Elle rappelle surtout que le Guyana, souvent placé à la marge des récits insulaires, écrit depuis longtemps une part essentielle de l’histoire caribéenne.

À lire The Snag, on retrouve une tension majeure de la littérature caribéenne : faire entrer le monde dans le récit intime, et faire entendre le récit caribéen dans le monde. Tessa McWatt y parvient sans transformer la douleur en slogan. Son livre part d’une situation familiale précise, une mère qui ne peut plus vivre seule, pour ouvrir une réflexion plus vaste sur la perte, la mémoire, la forêt et notre manière d’habiter un monde fragilisé. Sa victoire au Prix OCM Bocas ne ferme donc pas une histoire. Elle ouvre une question : combien d’autres voix Guyaniennes attendent encore d’être lues à la hauteur de leur puissance ?

Tessa McWatt est une autrice née à Georgetown, au Guyana, dont le parcours s’inscrit entre la Caraïbe, le Canada et le Royaume-Uni. Elle est connue pour une œuvre qui mêle mémoire familiale, identité, migrations et rapport au monde vivant. Sa victoire au Prix OCM Bocas 2026 renforce la place du Guyana dans la littérature caribéenne anglophone et met en lumière une voix importante de la diaspora Guyanienne.

La victoire de Tessa McWatt est historique parce qu’elle fait d’elle la première autrice née au Guyana à remporter le grand prix du Prix OCM Bocas pour la littérature caribéenne. Cette reconnaissance dépasse le simple palmarès littéraire : elle rappelle que le Guyana, bien que situé sur le continent sud-américain, occupe une place majeure dans l’espace culturel caribéen anglophone.

The Snag: A Mother, a Forest, and Wild Grief est un mémoire qui relie une expérience familiale intime à une réflexion plus large sur la nature, la forêt et les fragilités contemporaines. Tessa McWatt y évoque le moment où sa mère, atteinte de démence, ne peut plus vivre seule et doit quitter son foyer. Le livre raconte une situation de perte d’autonomie, de déplacement, d’attachement familial et de transformation intérieure, mise en relation avec les crises écologiques et humaines de notre époque.

Eric Walrond n’a pas laissé une œuvre abondante, mais son nom occupe une place singulière dans l’histoire littéraire du monde noir atlantique. Né à Georgetown, au Guyana, alors territoire sous domination britannique, il a grandi entre la Barbade, le Panama, New York et l’Angleterre. Cette trajectoire forme la matière même de son écriture. Chez lui, le Guyana n’est pas un point de départ effacé par la migration. Il reste une origine fondatrice, prolongée par les ports, les journaux et les langues qui circulent autour de l’Atlantique.

Georgetown, premier ancrage d’une vie déplacée

Eric Walrond naît le 18 décembre 1898 à Georgetown, au Guyana. Son père vient de ce territoire continental de la Caraïbe anglophone ; sa mère est originaire de la Barbade. Très tôt, son enfance se construit entre plusieurs lieux. Il quitte Georgetown, vit à la Barbade, puis à Colón, au Panama, une ville marquée par la construction du canal et par l’arrivée de travailleurs venus de la région.

Ce passage par le Panama est décisif. Il y observe une société où les hommes et les femmes originaires des territoires anglophones travaillent dans des conditions difficiles, souvent enfermés dans des hiérarchies raciales dures. Cette réalité nourrit son regard. Il ne racontera jamais les tropiques comme un décor paisible. Il les écrit comme des lieux de travail, de tensions, de peurs, de résistances et de survie.

Eric Walrond
Eric Walrond

Une voix de Guyana dans le New York noir

En 1918, Eric Walrond arrive à New York. Harlem devient alors l’un des centres majeurs de la pensée, de la presse et de la création noire. Mais son importance tient à ce qu’il n’y arrive pas comme un écrivain américain. Il y arrive avec une mémoire de Guyana, une expérience panaméenne et une connaissance directe des migrations issues de la Caraïbe anglophone.

Dans les années 1920, le New York noir rassemble des trajectoires venues des États-Unis, de Jamaïque, de Trinidad, de la Barbade, de Guyana et du Panama. Eric Walrond apporte une sensibilité particulière : celle d’un homme formé par les territoires britanniques de la région, par les ports et par la presse. Il collabore avec plusieurs publications et se rapproche des milieux intellectuels de la Harlem Renaissance.

Eric Walrond
Eric Walrond

Tropic Death, un livre qui refuse l’exotisme

En 1926, Eric Walrond publie Tropic Death, son ouvrage le plus important. Ce recueil de nouvelles ne cherche pas à flatter l’imaginaire touristique ou colonial. Il montre des existences fragiles, exposées à la pauvreté, aux accidents, aux croyances, aux violences sociales et à la mort. Les personnages ne sont pas des silhouettes décoratives. Ce sont des travailleurs, des femmes isolées, des enfants, des marins, des paysans, des habitants de villages ou de quartiers portuaires.

La force du livre tient aussi à sa langue. Il ne lisse pas les paroles pour les rendre plus confortables. Il laisse entendre les accents, les rythmes oraux, les expressions populaires et les traces de créole. Cette écriture donne une place littéraire à des voix que l’édition anglophone de son époque tenait à distance. Tropic Death devient ainsi un texte important pour comprendre comment un auteur né au Guyana a inscrit les réalités du monde tropical noir dans une littérature moderne.

Eric Walrond
Eric Walrond
Eric Walrond

La reconnaissance, puis l’effacement

Dans les années 1920, Eric Walrond est remarqué. Son talent circule dans les cercles de Harlem. Pourtant, après Tropic Death, sa trajectoire se fragilise. Il quitte les États-Unis, passe par l’Europe, séjourne à Paris, puis s’installe en Angleterre. Peu à peu, son nom s’éloigne des centres littéraires qui l’avaient d’abord reconnu.

Cet effacement ne peut pas être lu seulement comme une affaire personnelle. Eric Walrond occupe une place difficile à classer. Il n’entre pas proprement dans la littérature afro-américaine, car son imaginaire vient de Guyana, du Panama et des circulations coloniales britanniques. Il n’appartient pas non plus à une littérature nationale facile à ranger, car sa vie se construit dans le déplacement. Cette position instable explique l’oubli qui a longtemps entouré son œuvre.

Un auteur à replacer dans l’histoire

Relire Eric Walrond, c’est corriger un oubli. C’est reconnaître qu’un écrivain né au Guyana a participé à élargir la Harlem Renaissance au-delà du seul cadre américain. Son œuvre rappelle que l’histoire noire atlantique s’écrit aussi depuis Georgetown, Colón, Harlem, Paris et Londres. Elle passe par les ports, les journaux, les migrations, les langues mêlées et les mémoires laissées en marge.

Mort à Londres le 8 août 1966. Il revient aujourd’hui dans le regard des chercheurs, des lecteurs et des éditeurs. Son importance tient à une chose simple : il a refusé de transformer les tropiques en image facile. Il a écrit les vies du monde noir tropical avec dureté, précision et dignité. C’est pour cela que son nom mérite de retrouver une place nette dans l’histoire littéraire de Guyana.

Eric Walrond

Eric Walrond est un écrivain et journaliste né à Georgetown, au Guyana, en 1898. Son parcours l’a conduit vers la Barbade, le Panama, New York, Paris puis Londres. Il est surtout connu pour Tropic Death, publié en 1926, un recueil de nouvelles qui donne une place littéraire forte aux réalités du monde noir tropical. Son œuvre est souvent associée à la Harlem Renaissance, mais son regard reste profondément lié à Guyana, aux migrations caribéennes anglophones et aux circulations de l’Atlantique noir.

Eric Walrond est important parce qu’il a élargi la Harlem Renaissance au-delà du seul cadre afro-américain. Il a apporté une voix de Guyana, nourrie par l’expérience du Panama, des ports, des travailleurs migrants et des sociétés coloniales britanniques. À travers Tropic Death, il a montré des vies rarement représentées dans la littérature de son époque : travailleurs, femmes isolées, marins, paysans et habitants de territoires tropicaux confrontés à la pauvreté, aux tensions sociales et aux violences héritées du colonialisme.

Eric Walrond est né à Georgetown, au Guyana, un territoire continental rattaché historiquement et culturellement à la Caraïbe anglophone. Il ne faut pas confondre Guyana avec la Guyane française ni avec Guayana, qui renvoie à d’autres espaces géographiques et historiques. Son œuvre part de cette origine guyanaise, mais elle s’élargit ensuite vers la Barbade, le Panama, New York et Londres. C’est ce parcours qui fait de lui un auteur essentiel pour comprendre les migrations, les langues et les mémoires du monde noir atlantique.

Le samedi 28 mars, au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, la conférence de presse des CARIFTA Aquatics Championships 2026 n’avait rien d’une simple réunion d’information. En une heure et demie, organisateurs, athlètes et partenaires ont présenté bien plus qu’un programme sportif : du 3 au 8 avril, la Martinique accueillera la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, dix ans après une première édition restée dans toutes les mémoires. Vingt-quatre nations. Trois disciplines. Un territoire qui joue à domicile et le sait.

Une candidature portée par une mémoire collective

En 2024, au congrès de la Caribbean Aquatics Association organisé aux Bahamas, deux candidatures s’affrontent pour l’organisation des CARIFTA Aquatics Championships 2026 : Sainte-Lucie et la Martinique. Le vote est sans appel : une trentaine de voix pour la Martinique, dix pour Sainte-Lucie.

Derrière ce résultat, il y a une histoire. L’édition 2016, première jamais organisée sur le territoire, a marqué les esprits de tous ceux qui y étaient:  coachs, responsables de délégations, officiels. En 2024, au moment de voter, beaucoup se souvenaient encore de cette semaine-là.

« C’était une très belle édition, et toujours dans les mémoires. »

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’autre facteur a été plus concret : Sainte-Lucie ne disposait pas encore de son bassin. La Martinique, elle, peut compter sur le Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, bassin olympique à dix couloirs, tribune de 800 places, bassin de 25 mètres pour l’échauffement. L’une des meilleures installations de la Caraïbe.

L’organisation a aussi mis en avant sa capacité d’accueil hors bassin, avec plusieurs solutions d’hébergement mobilisées dans le sud de l’île pour les délégations, complétées par d’autres structures si nécessaire. Ce volet logistique, rarement secondaire dans ce type d’événement, a renforcé la crédibilité de la candidature martiniquaise.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Trois disciplines, 24 nations, un format exigeant

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 réunissent 24 pays : 21 nations anglophones de la Caraïbe, auxquelles s’ajoutent la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. La natation course occupe quatre journées: séries le matin, finales l’après-midi,  du samedi 5 au mardi 8 avril. La natation artistique s’installe à partir du lundi sur la pause méridienne, avec les solos puis les épreuves techniques. Les duos et les équipes clôturent le programme le mercredi matin. Ce même mercredi, l’épreuve d’eau libre se dispute sur cinq kilomètres, aux Anses d’Arlets.

Les compétiteurs : Benjamins (11-12 ans), Minimes (13-14 ans), Cadets (15-17 ans) ne s’inscrivent pas à titre individuel. Ce sont des sélections nationales qui se déplacent, avec les meilleurs nageurs de chaque territoire. Pour entrer dans la sélection martiniquaise, il faut satisfaire une grille de temps établie sur les deux saisons précédentes, qui ne retient que les nageurs capables d’atteindre les finales.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

Dans l’esprit des organisateurs, la sélection se construit sur une logique simple : pour marquer des points, il faut entrer en finale, et pour entrer en finale, il faut figurer parmi les huit meilleurs temps des séries du matin. Autrement dit, les nageurs retenus sont censés avoir un niveau leur permettant de jouer une vraie place dans la compétition, et pas seulement de participer.

La délégation de la Martinique lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 compte 61 nageurs : 36 en natation course, 12 en eau libre dont cinq pratiquent également la course et 18 en natation artistique. Cinq capitaines mènent cette équipe : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons (catégorie 15-17 ans), Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.

L’eau comme point de départ et comme destination

Jean-Naël Zozime, capitaine de la sélection garçons, répond sans détour quand on lui demande comment il a commencé : « on m’a mis à la natation pour ne pas me noyer. » Cyrielle Manin, capitaine de la sélection filles, raconte à peu près la même chose :  elle a failli se noyer étant petite, et c’est ce qui l’a amenée à apprendre à nager.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Cyrielle Manin

Ces deux témoignages, entendus à quelques minutes d’intervalle, disent quelque chose d’important sur ce territoire. Deux jeunes Martiniquais que la mer a d’abord effrayés, qui représentent aujourd’hui leur île face à vingt-trois nations caribéennes. Il y a là bien plus qu’un palmarès sportif.

« La natation, c’est un sport dur. Il ne faut pas croire que ce sera facile, mais avec beaucoup de persévérance, tout le monde peut y arriver.»

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Jean-Naël Zozime

Nohemy Marajo, capitaine de natation artistique, pratique depuis dix ans une discipline que le public connaît encore mal. Elle l’explique concrètement : apprendre les chorégraphies à sec, les répéter dans l’eau, maîtriser sa respiration sous la surface pendant que les jambes dessinent des figures au-dessus. Un sport aussi exigeant techniquement que physiquement, qui tient autant de la danse classique que de l’endurance.

« Il faut savoir endurer, garder le moindre souffle pour terminer la chorégraphie. »

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Nohemy Marajo

La conférence des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a aussi rappelé que la natation artistique reste une discipline encore confidentielle dans l’espace caribéen, en raison des infrastructures qu’elle exige et du niveau de préparation nécessaire. Elle demande du travail en trois dimensions, une préparation technique très poussée, mais aussi l’appui de professionnels extérieurs, notamment en danse et en préparation gymnique. Pour les encadrants, l’enjeu des CARIFTA est donc double : soutenir celles qui pratiquent déjà et susciter de nouvelles vocations.

Ce que l’encadrement observe chez ces jeunes, c’est une constante : ils s’entraînent, passent leurs examens, concourent le week-end, et recommencent. « Généralement, les nageurs sont performants dans leurs études également, parce qu’ils ont travaillé cette rigueur au quotidien.» Ce qu’on apprend dans un bassin s’applique aussi ailleurs.Les organisateurs insistent d’ailleurs sur cette exigence quotidienne : se qualifier ne suffit pas, il faut encore être capable de répondre présent le jour J, dans un sport où la régularité et la discipline comptent autant que le talent.

Des médailles nées des mains de l’île

La façon dont un événement récompense ses champions dit souvent beaucoup de ce qu’il représente. Aux CARIFTA Aquatics Championships 2026, les médailles ont été fabriquées en Martinique, dans du bois noble : poirier pour l’or, mao bleu pour l’argent, mao ghani pour le bronze. Un artisan du Nord-Atlantique en a assuré la réalisation, Joseph Galliard a signé les gravures, et une couturière locale a confectionné les pochons aux trois couleurs du drapeau martiniquais.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

C’est la marraine de l’édition, Coralie Balmy , ancienne nageuse de haut niveau passée quatre fois par les CARIFTA dans sa carrière qui a porté cette initiative. Une démarche écoresponsable et identitaire, saluée comme une première à l’échelle caribéenne.

Chaque athlète caribéen qui montera sur le podium lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 repartira avec un bout de la Martinique, une médaille unique, réalisée par des artisans locaux, qui ne ressemble à aucune autre.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Coralie Balmy

La conférence a également précisé que des trophées accompagneront ces récompenses, et que les médailles devaient encore recevoir leurs cordons avant l’ouverture de la compétition. Là aussi, l’objectif est clair : faire de chaque distinction un objet à la fois sportif, local et symbolique.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Une semaine qui mobilise tout le territoire

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 ne se jouent pas que dans les bassins. Entre 1 500 et 1 800 personnes arrivent en Martinique : nageurs, encadrants, familles répartis dans plusieurs hôtels du sud. Chaque jour, environ 150 bénévoles assurent le bon déroulement de l’événement : des anciens nageurs, des parents, des habitants qui n’ont parfois aucun lien direct avec la natation, mais qui ont voulu s’engager.

Parmi eux, les officiels occupent une place décisive : environ 26 officiels venus de la Caraïbe viendront en renfort des officiels martiniquais, pour atteindre une cinquantaine de personnes autour du bassin à chaque réunion, matin et après-midi. À cela s’ajoutent les secouristes, les équipes d’accueil, les personnes chargées des récompenses, de l’accompagnement des délégations ou encore des espaces ouverts au public.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’accueil des délégations lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a lui aussi été pensé dans le détail. Toutes devaient arriver le 2 avril, à des horaires étalés sur la journée, parfois très tôt le matin, parfois tard le soir. L’organisation a prévu un dispositif précis à l’aéroport, en lien avec le transporteur et la SAMAC, afin de fluidifier les sorties, le transfert vers les bus puis l’installation dans les hébergements, avec une attention particulière portée aux repas selon l’heure d’arrivée.

La cérémonie d’ouverture des CARIFTA Aquatics Championships 2026, le vendredi 3 avril au stade Georges Gratiant, est gratuite et ouverte à tous : 2 800 places à remplir. Le groupe     « Nou Pa Sav » accompagnera le défilé des délégations. Le samedi 4 avril, les Hommes d’Argile seront présents à l’arrivée des délégations sur site, offrant une mise en scène culturelle forte, pensée comme un premier contact symbolique avec l’identité martiniquaise.. Tout au long de la semaine, des groupes culturels martiniquais seront présents pour que les visiteurs repartent avec une image vivante du territoire, pas seulement des résultats de compétition.

La cérémonie des CARIFTA Aquatics Championships 2026 doit se tenir de 16 h à 18 h, avec une retransmission prévue sur écran géant, ainsi qu’un relais par des partenaires médias et via YouTube pour permettre une diffusion plus large dans la Caraïbe. L’ambition affichée est nette: faire de la Martinique le centre de la Caraïbe pendant toute la durée de l’événement.

Au-delà du sport, les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 assument aussi un objectif économique et culturel. Faire venir jusqu’à 1 800 personnes signifie remplir des hébergements, générer de la consommation, encourager les locations de véhicules et faire travailler les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. C’est aussi une façon de montrer la culture martiniquaise, notamment à travers les animations prévues lors de l’ouverture et à l’arrivée des délégations.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’épreuve d’eau libre aux Anses d’Arlets rappelle aussi que la mer est un milieu vivant, fragile, qui mérite d’être protégé. La représentante de l’association présente à la conférence résume sa mission simplement : « apprendre à nager pour découvrir les mers et les protéger. »

Cette dimension éducative dépasse la seule prévention de la noyade. Elle touche aussi à l’appropriation de l’eau par les Martiniquais, à la découverte de la discipline par les plus jeunes et à la volonté, plus large, de renforcer durablement la culture aquatique du territoire.

Une île qui s’affirme

Une phrase prononcée en fin de conférence résume bien l’état d’esprit général : « Nous sommes prêts, et nous ferons des CARIFTA Aquatics Championships 2026 une réussite collective et une grande fierté pour notre territoire. »

Ce que les délégations emporteront le 8 avril au soir, ce n’est pas seulement un classement. C’est une image de la Martinique , celle d’un territoire qui sait accueillir, s’organiser et affirmer son identité. Pendant six jours, toute la Caraïbe sera là. À la Martinique de montrer ce qu’elle sait faire.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Mais les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 veulent aussi laisser une trace après l’événement. La Ligue de Natation de Martinique a terminé la saison 2024-2025 avec environ 2 540 licenciés, une dizaine de clubs affiliés et, en général, 7 à 8 clubs engagés en compétition. Dans cette perspective, les CARIFTA ne sont pas pensés comme une parenthèse, mais comme un accélérateur possible pour susciter des vocations, renforcer les effectifs et installer durablement la natation dans le paysage sportif martiniquais.

Les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 ont aussi fait le choix de ne pas reproduire à l’identique le grand village de 2016. En 2026, l’animation autour de la compétition doit être plus resserrée, avec une grande journée particulièrement mise en avant, afin de concentrer l’énergie et la fréquentation plutôt que d’éparpiller les temps forts.

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 sont la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, organisée en Martinique du 3 au 8 avril. Vingt-quatre nations y participent en natation course, natation artistique et eau libre, dans des catégories allant de 11 à 17 ans.

Les épreuves de natation course et de natation artistique ont lieu au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin. L’épreuve d’eau libre sur 5 kilomètres se dispute aux Anses d’Arlets le mercredi 8 avril.

La billetterie est accessible sur cariftamartinique2026.com et sur les réseaux sociaux de la Ligue de Natation de Martinique. Tarifs : 10 € le matin, 20 € l’après-midi pour les adultes  pass 4 jours à 125 €. La cérémonie d’ouverture au stade Georges Gratiant est gratuite.

Vingt-quatre pays participent : 21 nations anglophones de la Caraïbe, ainsi que la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.

La sélection martiniquaise est menée par cinq capitaines : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons, Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.

Caribbean Energy Week 2026 marque un tournant majeur pour l’économie caribéenne. Longtemps perçue comme une région essentiellement dépendante du tourisme et des services, la Caraïbe s’impose désormais comme un territoire stratégique dans le secteur mondial de l’énergie. L’événement, prévu du 30 mars au 1er avril 2026 à Paramaribo, au Suriname, rassemble gouvernements, investisseurs, compagnies énergétiques et institutions financières autour d’un objectif commun : transformer le potentiel énergétique régional en moteur économique durable.

Cette nouvelle édition intervient dans un contexte de transformation profonde. Les découvertes pétrolières au Guyana et au Suriname, la consolidation du rôle énergétique de Trinidad-et-Tobago et l’essor des projets d’énergies renouvelables dans plusieurs îles repositionnent la Caraïbe sur la carte économique mondiale. Le Caribbean Energy Week 2026 se présente ainsi comme une plateforme stratégique pour comprendre comment l’énergie redéfinit les équilibres économiques régionaux.

Une plateforme régionale pour les investissements énergétiques

Le Caribbean Energy Week 2026 n’est pas une simple conférence sectorielle. L’événement se positionne comme une véritable plateforme d’investissement et de coopération économique. Organisé au Royal Torarica Hotel de Paramaribo, il réunira chefs d’État, ministres, investisseurs internationaux, banques de développement et entreprises énergétiques autour de projets concrets visant à accélérer la transformation énergétique de la région.

L’objectif affiché est clair : connecter les projets caribéens aux capitaux internationaux. Les organisateurs souhaitent faciliter les partenariats entre États et investisseurs, accélérer la mise en œuvre d’infrastructures énergétiques et présenter des projets jugés « bancables » susceptibles d’attirer des financements internationaux. Cette dimension économique fait du Caribbean Energy Week 2026 un événement central pour l’avenir financier de la région.

Au-delà des discussions techniques, l’événement vise à transformer les échanges en accords et en investissements réels. Des tables rondes réuniront gouvernements et investisseurs afin d’identifier les opportunités concrètes de développement, tandis que des sessions de networking permettront de nouer des partenariats stratégiques à long terme.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Une nouvelle géographie économique caribéenne

Le Caribbean Energy Week 2026 intervient à un moment où la géographie économique de la Caraïbe se redessine. Les découvertes pétrolières au Guyana et au Suriname ont déjà commencé à transformer les flux financiers et les priorités d’investissement dans la région. Le Guyana, devenu l’un des pays à la croissance la plus rapide au monde grâce au pétrole offshore, attire désormais capitaux, entreprises et main-d’œuvre qualifiée. Le Suriname, hôte de l’édition 2026, se prépare à suivre une trajectoire similaire.

Cette évolution ne concerne pas uniquement les pays producteurs d’hydrocarbures. Elle influence l’ensemble de la région. Les États caribéens cherchent à diversifier leurs économies, à renforcer leurs infrastructures et à développer des compétences locales afin de profiter des retombées économiques de ce boom énergétique. Le Caribbean Energy Week 2026 constitue un espace privilégié pour coordonner ces stratégies régionales.

La Caraïbe ne se définit plus seulement comme une destination touristique. Elle s’affirme progressivement comme une zone d’investissement énergétique et industriel, capable d’attirer des capitaux internationaux et de développer des chaînes de valeur régionales. Cette mutation économique est au cœur des discussions prévues lors de l’événement.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Diversité énergétique et opportunités économiques

Le thème officiel du Caribbean Energy Week 2026, « Leveraging Energy Diversity Across the Caribbean », met en avant la diversité des ressources énergétiques de la région. La Caraïbe dispose d’un éventail de sources énergétiques allant du pétrole offshore aux énergies renouvelables, en passant par le gaz naturel et les crédits carbone. Cette diversité constitue un levier stratégique pour la croissance économique régionale.

Les hydrocarbures demeurent un pilier important. Le pétrole et le gaz continuent d’attirer des investissements massifs, notamment au Guyana, au Suriname et à Trinidad-et-Tobago. Toutefois, l’événement met également l’accent sur les énergies renouvelables, telles que le solaire, l’éolien et la géothermie. Plusieurs territoires insulaires cherchent à réduire leur dépendance aux importations de carburants en développant des infrastructures énergétiques locales.

Le Caribbean Energy Week 2026 abordera également les marchés du carbone, le stockage d’énergie et les minéraux critiques nécessaires à la transition énergétique mondiale. Ces secteurs représentent de nouvelles opportunités économiques pour les pays caribéens, qui peuvent se positionner comme fournisseurs de ressources ou comme hubs d’innovation énergétique.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power
Caribbean Energy Week 2026
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Impact sur l’emploi et la formation

L’une des conséquences majeures de la transformation énergétique régionale concerne l’emploi. Les projets énergétiques nécessitent des compétences spécialisées dans l’ingénierie, la logistique, la maintenance et la gestion de projets. Le Caribbean Energy Week 2026 mettra en avant la nécessité de renforcer la formation et le développement des compétences locales afin de permettre aux populations caribéennes de bénéficier directement de ces nouvelles opportunités.

Plusieurs sessions seront consacrées au renforcement des capacités locales et à la formation de la main-d’œuvre. L’objectif est de réduire la dépendance à la main-d’œuvre étrangère et de favoriser l’intégration des talents caribéens dans les projets énergétiques. Cette dimension sociale et économique est essentielle pour garantir que la croissance énergétique profite réellement aux populations locales.

La montée en puissance du secteur énergétique pourrait également stimuler d’autres secteurs, notamment la construction, les services financiers, la logistique et les technologies numériques. Le Caribbean Energy Week 2026 mettra en évidence ces effets multiplicateurs sur l’économie régionale.

Infrastructures et connectivité régionale

Le développement énergétique entraîne également des investissements dans les infrastructures. Ports, réseaux électriques, pipelines et installations de stockage font partie des projets envisagés dans plusieurs pays. Ces infrastructures sont essentielles pour soutenir la croissance économique et améliorer la connectivité régionale.

Le Caribbean Energy Week 2026 permettra de présenter plusieurs projets d’infrastructures visant à renforcer l’intégration énergétique de la région. La coopération entre États caribéens est considérée comme un facteur clé pour optimiser les ressources et réduire les coûts. Des discussions porteront sur les interconnexions électriques, le transport du gaz naturel et la création de hubs logistiques régionaux.

Ces investissements pourraient transformer la mobilité des biens et des services dans la Caraïbe, facilitant les échanges commerciaux et renforçant la compétitivité régionale. L’énergie devient ainsi un vecteur d’intégration économique.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power
Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Attractivité internationale et flux financiers

L’un des enjeux majeurs du Caribbean Energy Week 2026 réside dans sa capacité à attirer des capitaux internationaux. La région cherche à se positionner comme une destination d’investissement fiable et stable. Les banques de développement, les fonds d’investissement et les institutions financières internationales seront présents afin d’évaluer les opportunités offertes par la transformation énergétique caribéenne.

La participation d’acteurs internationaux renforce la crédibilité des projets régionaux et facilite l’accès au financement. Le Caribbean Energy Week 2026 servira de vitrine pour présenter les opportunités d’investissement et démontrer la viabilité économique des projets énergétiques caribéens. Cette visibilité internationale est essentielle pour attirer les capitaux nécessaires au développement des infrastructures.

L’afflux de financements pourrait également contribuer à diversifier les économies caribéennes et à réduire leur dépendance à certains secteurs traditionnels. L’énergie devient un levier de stabilité économique et de croissance à long terme.

Une transition vers une économie plus diversifiée

Le Caribbean Energy Week 2026 illustre une transition plus large vers une économie caribéenne diversifiée. Si le tourisme demeure un pilier important, l’énergie ouvre de nouvelles perspectives. Les pays de la région cherchent à développer des industries complémentaires, à renforcer leurs capacités technologiques et à améliorer leur résilience économique.

Cette diversification est essentielle pour faire face aux chocs externes, qu’ils soient économiques ou climatiques. En investissant dans l’énergie et les infrastructures, la Caraïbe peut réduire sa vulnérabilité et renforcer sa souveraineté économique. Le Caribbean Energy Week 2026 s’inscrit dans cette logique de transformation structurelle.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Une nouvelle ère pour l’économie caribéenne

Le Caribbean Energy Week 2026 ne se limite pas à un rassemblement d’experts et de décideurs. Il symbolise l’entrée de la Caraïbe dans une nouvelle ère économique. La région, longtemps dépendante de secteurs traditionnels, se positionne désormais comme un acteur stratégique dans le paysage énergétique mondial.

Les discussions et les partenariats qui émergeront lors de cet événement pourraient avoir des répercussions durables sur les économies caribéennes. Investissements, emplois, infrastructures et coopération régionale sont au cœur de cette transformation. Le Caribbean Energy Week 2026 offre ainsi une vision concrète de l’avenir économique de la région.

Alors que la Caraïbe se redéfinit sur la scène internationale, cet événement apparaît comme un moment charnière. Il permet d’anticiper les évolutions économiques à venir et de mesurer l’ampleur des transformations en cours. Pour les décideurs, les investisseurs et les populations de la région, le Caribbean Energy Week 2026 représente bien plus qu’une conférence : il marque l’émergence d’une nouvelle dynamique économique caribéenne.

IL se tiendra du 30 mars au 1er avril 2026 à Paramaribo, au Suriname, réunissant acteurs publics et privés du secteur énergétique.

Cet événement met en relation gouvernements, investisseurs et entreprises afin d’accélérer les projets énergétiques, d’attirer des capitaux internationaux et de renforcer l’économie régionale.

Il couvre le pétrole, le gaz, les énergies renouvelables, les infrastructures électriques, les crédits carbone et les minéraux critiques liés à la transition énergétique.

Les Anthony N Sabga Excellence Awards 2026 distinguent cette année cinq figures majeures de la Caraïbe dont les travaux, les entreprises et les engagements produisent des effets mesurables à l’échelle régionale. Science du climat, biotechnologie, action civique, arts visuels et entrepreneuriat industriel : l’édition 2026 confirme la vocation de ce prix — soutenir des solutions concrètes, conçues par et pour la Caraïbe, et leur donner les moyens d’accélérer.

Un prix caribéen pensé pour l’impact régional

Créés en 2005, les Anthony N Sabga Caribbean Awards for Excellence sont nés d’une idée simple : reconnaître l’excellence lorsque celle-ci bénéficie directement au développement humain, économique et culturel de la région. Initié par le philanthrope et entrepreneur Anthony N. Sabga, le programme s’est imposé comme une référence grâce à un processus de sélection rigoureux, appuyé sur des comités nationaux et un jury régional indépendant.

Contrairement à des distinctions purement honorifiques, chaque lauréat reçoit un soutien financier substantiel (l’équivalent local de 500 000 $) destiné à prolonger le travail déjà engagé. Cette philosophie explique la crédibilité du prix : il récompense des trajectoires éprouvées et investit dans leur avenir immédiat.

Anthony N Sabga Excellence Awards
©Anthony N. Sabga Awards

Les lauréats 2026, au cœur des défis caribéens

Science & Technology – Climat et santé, deux priorités régionales

Tannecia Stephenson, climatologue jamaïcaine et co-directrice du Climate Studies Group à Mona, est distinguée pour un travail qui fait le lien entre recherche, données et décision publique. Ses outils et plateformes numériques renforcent la capacité des gouvernements caribéens à anticiper les risques climatiques et à adapter les politiques sectorielles. Dans une région exposée aux chocs extrêmes, cette approche transforme la science en instrument d’action.

Anthony N Sabga Excellence Awards
Professor Tannecia Stephenson

Niven R. Narain, innovateur biotechnologique d’origine guyanaise basé aux États-Unis, reçoit également un prix en Science & Technology. Co-fondateur et président d’une entreprise de biotechnologie à Boston, il a développé une plateforme de découverte de médicaments alimentée par l’intelligence artificielle, à l’origine d’environ 650 brevets et de plus de 100 publications scientifiques. Son parcours illustre la contribution de la diaspora caribéenne aux avancées mondiales, tout en maintenant des passerelles actives avec la région.

Anthony N Sabga Excellence Awards
Dr Niven R. Narain

Public & Civic Contributions – L’action sociale structurée

Shamelle Rice, fondatrice et directrice de Jabez House à la Barbade, est récompensée pour une action civique durable. Depuis 2012, son organisation accompagne des femmes impliquées dans le travail du sexe à travers des programmes de formation, d’insertion professionnelle, de soutien psychologique et d’accès au logement. Plus de 1 000 femmes, souvent mères, ont bénéficié de cet accompagnement dans la Caraïbe. L’approche est pragmatique : stabiliser les parcours, restaurer l’autonomie et créer des débouchés réels.

Anthony N Sabga Excellence Awards
Shamelle Rice

Arts & Letters – Une scène contemporaine sans caricature

Sheena Rose, artiste visuelle barbadienne, est distinguée pour une œuvre qui circule entre peinture, performance, fresques et médias mixtes. Présentée à Londres, New York, Taïwan et dans l’ensemble de la Caraïbe, sa pratique refuse l’assignation folklorique et revendique une contemporanéité caribéenne assumée. Lauréate Fulbright en 2014 et mentor de jeunes artistes, elle participe à la structuration d’un écosystème créatif régional exigeant.

Anthony N Sabga Excellence Awards
Sheena Rose

Entrepreneurship – Bâtir des entreprises régionales solides

Dean Nevers, ingénieur jamaïcain et fondateur-directeur général de Konnex Services Ltd., est récompensé pour une trajectoire entrepreneuriale ancrée dans l’industrie. Son entreprise déploie des solutions de télécommunications, d’énergies renouvelables et de réseaux industriels dans dix territoires caribéens, emploie des centaines de personnes et a dépassé les 20 millions USD de chiffre d’affaires annuel après des débuts déficitaires. Cette réussite, reconnue par l’Ordre de la Distinction en Jamaïque, illustre une croissance régionale maîtrisée.

Anthony N Sabga Excellence Awards
Dean Nevers

Ce que les Anthony N Sabga Excellence Awards 2026 apportent à la Caraïbe

Les Anthony N Sabga Excellence Awards 2026 produisent un effet levier à plusieurs niveaux :

  • – Accélération des projets : le financement est affecté à des programmes existants, ce qui réduit le temps entre la reconnaissance et l’impact.
  • – Crédibilité institutionnelle : la distinction facilite l’accès à des partenariats, des données et des marchés.
  • – Mise en réseau régionale : les lauréats opèrent dans des domaines différents mais partagent des enjeux communs (résilience, innovation, inclusion).
  • – Narration maîtrisée : le prix documente une Caraïbe capable de produire des réponses exportables, sans dépendre de récits extérieurs.
  • – Transmission : mentorat, formation et diffusion des savoirs prolongent l’effet du prix au-delà des individus.

Une édition qui confirme une vision de l’excellence

Anthony N Sabga Excellence Awards 2026 montre que l’excellence caribéenne n’est ni abstraite ni symbolique. Elle se mesure à la capacité de transformer la recherche en politiques publiques, l’innovation en brevets et partenariats, l’action sociale en trajectoires stabilisées, la création artistique en scènes structurées et l’entrepreneuriat en emplois durables. À ce titre, les Anthony N Sabga Excellence Awards 2026 constituent un outil stratégique pour la région : ils identifient des solutions éprouvées et investissent dans leur déploiement.

Les Anthony N Sabga Excellence Awards 2026 sont une distinction régionale majeure qui récompense des personnalités caribéennes dont les travaux ont un impact concret en science, arts, entrepreneuriat et engagement civique, avec un soutien financier destiné à prolonger leurs actions.

Les lauréats 2026 sont Tannecia Stephenson, Niven R. Narain, Shamelle Rice, Sheena Rose et Dean Nevers, reconnus pour leurs contributions respectives à la recherche scientifique, à l’innovation, à l’action sociale, à la création artistique et au développement économique régional.

Les Anthony N Sabga Excellence Awards 2026 soutiennent des projets déjà opérationnels, renforcent la crédibilité internationale des acteurs caribéens et favorisent une croissance fondée sur la connaissance, l’innovation et l’impact social durable dans la région.

Le séminaire Rézo 2025, organisé à Grenade, a réuni les directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone autour d’une même ambition : consolider les liens entre les territoires et renforcer la vitalité de la francophonie dans la région.

Après avoir exploré dans l’article précédent : « Le réseau des Alliances Françaises au cœur de la Caraïbe : coopérer, innover, partager » la vision institutionnelle et stratégique de cette coopération régionale, Richès Karayib met ici en lumière celles et ceux qui en sont le cœur battant.

Pendant plusieurs jours, les participantes et participants ont partagé leurs expériences, leurs défis et leurs réussites, révélant une conviction commune : faire vivre la culture et la francophonie au plus près des populations caribéennes via les Alliances Françaises.

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Une rencontre indispensable pour un réseau éclaté

Chaque Alliance Française agit sur une île, souvent isolée géographiquement. Ce séminaire, organisé avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France à Sainte-Lucie, a été un véritable moment d’oxygène pour le réseau des Alliances Françaises. Les directrices et directeurs ont souligné combien ces rencontres représentent une étape essentielle: elles permettent d’échanger des outils, de confronter les réalités locales et de trouver ensemble des solutions concrètes aux défis partagés. Tous ont insisté sur la force du collectif, la richesse des échanges dans un environnement anglophone et la complémentarité des approches entre territoires.

Ces moments offrent à la fois une dimension humaine et formatrice : ils redonnent de l’énergie, renforcent la solidarité et rappellent que, malgré la diversité des contextes, les Alliances Françaises avancent avec une même ambition — faire vivre et rayonner la francophonie dans la Caraïbe. Du point de vue institutionnel, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a rappelé que ce séminaire annuel est le seul moment où l’ensemble des directrices et directeurs peut se retrouver pour échanger sur les réussites, les difficultés et les perspectives communes.

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Neuf territoires, neuf réalités, mais une même conviction: ces temps d’échange sont essentiels pour maintenir la dynamique du réseau et renforcer la coopération dans la Caraïbe. Au-delà de ces échanges collectifs, c’est sur le terrain que la vitalité du réseau des Alliances Françaises prend tout son sens. Chaque Alliance Française agit à sa manière, en lien avec les réalités de son environnement, les langues et les cultures de son territoire.

Alliances Françaises
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Un réseau enraciné : dix Alliances, un même engagement

Si leurs contextes diffèrent, les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone partagent une même vocation: enseigner, relier et faire vivre la francophonie au quotidien. Elles s’adaptent aux réalités locales avec la même conviction: la culture et la langue sont des leviers de lien social, d’ouverture et d’avenir.

Grenade – Ilona Forte-Gilbert : enseigner autrement, relier autrement

L’Alliance Française de Grenade évolue sans local permanent, une situation que Ilona Forte-Gilbert a su transformer en atout.

Les cours sont désormais proposés en ligne, ce qui permet de maintenir la présence du français et d’atteindre de nouveaux publics. L’Alliance intervient également dans les écoles à travers des activités pédagogiques et culturelles menées en partenariat avec les enseignants. Des projections et ateliers « hors les murs » permettent de garder le contact avec la communauté.

« Notre priorité, c’est de rester présents et utiles, même sans bâtiment. Le numérique et les partenariats nous permettent de continuer à faire vivre l’Alliance. »

Alliances Françaises

Sainte-Lucie – Aurélie Gbeffa : coordonner et fédérer

À Sainte-Lucie, Aurélie Gbeffa dirige l’Alliance locale et assure la coordination régionale des dix Alliances Françaises de la Caraïbe orientale. Elle accompagne les directeurs sur la communication, la mutualisation, la gouvernance associative, la transition numérique et la dynamisation culturelle.

Elle pilote également le projet Rézo, séminaire annuel soutenu par le SCAC, devenu un rendez-vous clé de cohésion et de réflexion collective. À Castries, l’Alliance Française de Sainte-Lucie conjugue cours de langue, actions culturelles et valorisation du créole à travers des expositions et des ateliers.

« Notre force, c’est d’avancer ensemble tout en valorisant la diversité culturelle de nos îles. »

Alliances Françaises

Barbade – Océane Gaillard : faire rayonner le français dans un environnement anglophone

À la Barbade, l’Alliance Française agit comme un pont linguistique et culturel. Sous la direction d’Océane Gaillard, elle a su consolider son ancrage dans un environnement majoritairement anglophone. Des programmes éducatifs sont mis en place pour les écoles et les adultes, et l’Alliance a formé les membres du Regional Security System en français et en créole haïtien.

Côté culture, elle a accueilli la troupe guyanaise Ôtepé et développe une programmation ouverte sur les différentes expressions francophones.

« Nous représentons une francophonie plurielle : la France, l’Afrique, le Canada et les Caraïbes. La culture est notre meilleur levier pour donner envie d’apprendre. »

Alliances Françaises

Trinidad & Tobago – Anyka Batista : une francophonie ouverte et inclusive

À Trinidad & Tobago, Anyka Batista défend une francophonie inclusive et créative, qui valorise les langues locales autant que le français. Chaque mois d’octobre, le Creole Heritage Month réunit projections, conférences et concerts, reflet d’un engagement fort pour la diversité culturelle.

L’Alliance Française propose aussi des cours pour enfants, adolescents et adultes, ainsi que des soirées culturelles qui favorisent la rencontre entre communautés. Les défis liés à la visibilité et au financement persistent, mais sont compensés par une approche collaborative avec les écoles et les institutions locales.

« Nous voulons que la francophonie soit perçue comme une part de notre culture, et non comme quelque chose d’extérieur. »

Alliances Françaises

Jamaïque – Clovis Lemée : créer des espaces vivants

En Jamaïque, Clovis Lemée revitalise une Alliance Française historique en la transformant en lieu de vie et de création. Les Language Exchanges, soirées mensuelles multilingues, rassemblent un public varié autour de thèmes culturels, tandis que les French Library Sessions — mini-concerts filmés dans la médiathèque — font de la langue un outil de rencontre et d’expression artistique.

« Apprendre une langue, c’est créer du lien. Les Alliances Françaises sont des espaces faits pour ça. »

La dynamique culturelle attire un public plus jeune et contribue à redonner au français sa place dans l’espace caribéen anglophone.

Alliances Françaises

Saint-Kitts & Nevis – Lucille Caulliez : éducation et écologie

L’Alliance Française de Saint-Kitts & Nevis relie apprentissage linguistique et engagement citoyen. Son projet Naturally Learn French, mené grâce à une subvention de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a offert six mois de cours gratuits à douze adolescents issus de milieux défavorisés, alliant découverte du français, ateliers écologiques et activités culturelles. Chaque mois, les participants ont exploré les écosystèmes locaux, cultivé un jardin, créé avec des matériaux recyclés ou échangé en ligne avec des élèves de Guadeloupe — une manière concrète et vivante d’apprendre la langue tout en tissant des liens dans la Caraïbe.

Ce projet, qui a valu à l’Alliance le prix du Fonds pour l’Environnement mondial dans le cadre de l’initiative Alliance Verte, illustre la vitalité d’une francophonie ouverte, durable et tournée vers la jeunesse. Elle développe également Francoscop, une série audiovisuelle réalisée par des jeunes, dédiée à la francophonie mondiale.

Lucille Caulliez, la directrice, résume l’esprit du programme :

« Nous voulons montrer que le français est un outil d’ouverture et de créativité. »

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Dominique – Cévinne M’Voula-Henderson : relier les langues et les cultures

Implantée depuis 1965, l’Alliance Française de la Dominique agit dans le champ éducatif et culturel. Les Creole & French Spelling Bees, concours d’orthographe bilingues, encouragent les élèves à jouer avec les deux langues, à comprendre leur complémentarité et à en être fiers. Des ateliers de formation et des activités culturelles soutiennent la valorisation du patrimoine créole tout en promouvant la langue française.

« L’objectif est de faire du français et du créole des langues de fierté et de transmission. »

Alliances Françaises

Guyana – Déborah First-Quao : reconstruire et former

À Georgetown, Déborah First-Quao, récemment nommée au Guyana, relance une Alliance Française ancienne mais peu visible en misant sur la formation et les partenariats éducatifs. Elle a créé un réseau d’enseignants de français, développé des ateliers bilingues à la Bibliothèque nationale et renoué avec les institutions locales. Les actions culturelles et éducatives visent à replacer le français dans la vie quotidienne, malgré des contraintes logistiques importantes.

« Nous voulons redonner au français sa place dans les écoles, en montrant qu’il peut être utile, vivant et accessible. »

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Suriname – Virginie Lemay : bâtir des ponts institutionnels

Au Suriname, Virginie Lemay renforce les liens entre l’Alliance Française et les institutions locales. Des formations linguistiques sont proposées aux forces de sécurité, au ministère de l’Éducation, aux entreprises et au secteur hôtelier. La Journée Française, organisée avec la Collectivité Territoriale de Guyane, se déploie sur cinq jours autour d’expositions, de rencontres professionnelles et de concerts.

« Le français devient ici un outil concret de coopération régionale. »

Cette approche intersectorielle positionne l’Alliance Française comme un acteur clé du dialogue entre le Suriname, la Guyane et le reste de la Caraïbe.

Alliances Françaises

Une vision partagée : soutenir, relier, faire rayonner

Pour Christiane Bourgeois, conseillère régionale de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France en résidence à Sainte-Lucie, ce séminaire est un moment essentiel pour consolider les liens du réseau. Elle rappelle que c’est « la seule occasion de l’année où nous avons la possibilité de rencontrer les directeurs et directrices des Alliances Françaises », un temps privilégié pour faire le point, échanger les pratiques, les difficultés et monter des projets communs.

« Les Alliances Françaises sont pour les ambassades un dispositif essentiel, surtout dans des zones comme la Caraïbe, où il n’y a pas d’Institut Français. Ce sont des organisations locales, ancrées dans le territoire, qui ont leur propre conseil d’administration et leur propre stratégie». Elle a également rappelé le rôle clé des Alliances dans la diffusion du français et le dialogue entre les peuples, soulignant qu’elles promeuvent la langue, assurent son enseignement et maintiennent le lien entre le culturel et l’éducatif, entre la France et les pays de la région.

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Consciente de la fragilité économique du modèle associatif, Christiane Bourgeois insiste sur l’importance du soutien apporté par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) et par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Enfin, elle rend hommage à la Grenade, hôte du séminaire, et à ses habitants :

« C’est une île absolument authentique, avec des habitants extrêmement chaleureux. J’encourage tous les Français et tous les Caribéens à venir à la Grenade, un pays qui gagne à être connu et apprécié. »

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Là où la francophonie prend vie

Au-delà des bilans et des chiffres, ces rencontres rappellent que la francophonie vit avant tout à travers celles et ceux qui la portent. Dans chaque île, les Alliances Françaises rassemblent, transmettent et inspirent.  Ancrées dans leur réalité, elles bâtissent des ponts entre langues, cultures et générations — une francophonie vivante, inclusive et profondément caribéenne.

Les Alliances Françaises jouent un rôle central dans l’enseignement du français, la diffusion culturelle et le dialogue entre les territoires caribéens. Ancrées localement, elles adaptent leurs actions aux réalités sociales, linguistiques et culturelles de chaque île.

Le séminaire Rézo est le seul moment annuel où l’ensemble des directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe se retrouvent. Il permet de mutualiser les pratiques, renforcer la coopération régionale et maintenir une dynamique collective dans un réseau géographiquement dispersé.

Les Alliances Françaises développent des projets sur mesure : cours en ligne ou en présentiel, actions dans les écoles, projets écologiques, événements culturels, formations professionnelles ou coopérations institutionnelles. Cette capacité d’adaptation fait leur force dans un environnement majoritairement anglophone.

Dans un paysage mondial marqué par les crises alimentaires, un pays caribéen s’impose là où on ne l’attendait pas : Guyana. Une étude récente publiée dans la revue Nature Food révèle que ce territoire est le premier pays au monde capable de nourrir entièrement sa population avec sa seule production nationale, tout en garantissant un régime varié et équilibré. Une distinction qui reconfigure la manière dont la Caraïbe aborde la sécurité alimentaire.

Une étude qui place Guyana en tête d’un classement mondial inattendu

Guyana
Guyana

Les chercheurs ont analysé la production de 186 pays, en la comparant aux besoins essentiels d’une alimentation saine fondée sur sept groupes d’aliments : fruits, légumes, féculents, protéines végétales, produits laitiers, viande et poisson. La majorité des nations ne couvrent qu’une partie de ces catégories. Certains pays restent très dépendants des importations.

Guyana, lui, atteint les sept critères. Riz, fruits tropicaux, légumes, racines, canne à sucre, produits de la mer, élevage : l’ensemble des besoins nutritionnels peut être couvert par la production locale. Le pays importe toujours certains produits pour diversifier les habitudes alimentaires, mais il pourrait, en théorie, se suffire à lui-même en cas de rupture des échanges internationaux.

Dans un monde où la volatilité des prix, les conflits et les aléas climatiques fragilisent l’accès à la nourriture, cette capacité place le territoire dans une catégorie unique.

Guyana

Pourquoi Guyana atteint un tel niveau d’autonomie alimentaire ?

Guyana

L’autosuffisance de Guyana repose sur plusieurs facteurs complémentaires. Le littoral, aménagé depuis l’époque coloniale avec des digues et des canaux, offre des terres fertiles capables de soutenir une production abondante. Le pays cultive massivement le riz, produit des volumes importants de sucre, développe un élevage diversifié et dispose de ressources halieutiques qui complètent son offre en protéines.

À cela s’ajoute un engagement politique clair. Malgré l’essor du secteur pétrolier, l’agriculture reste perçue comme un pilier du développement national. Modernisation des infrastructures rurales, soutien aux agriculteurs, achats locaux pour les cantines scolaires : les autorités ont choisi de renforcer la production intérieure au lieu de s’en éloigner.

Guyana

Un rôle stratégique pour la Caraïbe, entre besoins et opportunités

Guyana
Guyana

Dans une région où la majorité des territoires importent l’essentiel de ce qu’ils consomment, la situation de Guyana résonne comme un signal fort. La CARICOM ambitionne de réduire significativement sa facture d’importations alimentaires, et Guyana occupe une place centrale dans cette vision. Le pays exporte déjà du riz, de la farine, de la viande, du poisson et de nombreux produits agricoles vers ses voisins.

Avec de meilleurs outils logistiques, des capacités de transformation accrues et un renforcement des liens commerciaux intra-régionaux, le territoire peut contribuer à améliorer la sécurité alimentaire de l’ensemble de la Caraïbe. Pour les régions dépendantes des importations, cela représente une opportunité d’accès à des produits régionaux plus stables et moins vulnérables aux fluctuations internationales.

Guyana

Une réussite à préserver face aux défis climatiques

Cette position enviable n’efface pas les risques. Guyana est l’un des pays les plus exposés aux effets du changement climatique. La majorité de sa population et de ses terres agricoles se concentre sur une plaine côtière située en dessous du niveau de la mer. Les inondations récentes ont montré combien le modèle peut être fragilisé : pertes de récoltes, rizières submergées, exploitations interrompues.

L’avenir du pays dépendra de sa capacité à renforcer ses infrastructures, à protéger ses mangroves, à moderniser le drainage et à accélérer la transition vers une agriculture plus résiliente.

Guyana
Guyana

Une inspiration pour la région

L’exemple de Guyana apporte une nouvelle perspective à la Caraïbe. Il montre qu’un pays peut bâtir une autonomie alimentaire robuste en misant sur la diversité agricole, le soutien aux producteurs et une vision cohérente du territoire. Il rappelle aussi que l’accès à une alimentation saine dépend autant de la production que de la résilience climatique et de l’équité sociale.

Sans se présenter comme un modèle parfait, Guyana démontre qu’une autre trajectoire est possible pour la région. Une trajectoire où nourrir sa population devient une force stratégique, un choix politique et un levier d’avenir pour l’ensemble de la Caraïbe.

FAQ

Selon l’étude Nature Food, Guyana est le seul pays qui produit suffisamment de fruits, légumes, féculents, protéines végétales, viande, poisson et produits laitiers pour couvrir intégralement les besoins nutritionnels de sa population, sans dépendre des importations essentielles.

Oui. Le pays continue d’importer certains produits pour diversifier l’offre alimentaire, mais il pourrait théoriquement nourrir l’ensemble de sa population uniquement avec sa production locale en cas de crise ou de rupture logistique.

Le principal défi est climatique. Une grande partie des terres agricoles se situe en dessous du niveau de la mer, ce qui rend le pays vulnérable aux inondations, à l’érosion et à la salinisation. Le maintien de l’autosuffisance dépendra donc d’investissements importants dans l’adaptation et la protection du littoral.

Ensemble pour une Caraïbe qui rayonne, les Alliances Françaises deviennent des passerelles entre cultures, langues et territoires.

Lors du séminaire RÉZO organisé à la Grenade, les directrices, directeurs, présidentes et présidents des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone se sont réunis pour renforcer ensemble la coopération culturelle et linguistique dans la région et définir de nouvelles orientations communes.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France, également présent sur certains échanges, le séminaire a été l’occasion de renforcer la synergie entre les acteurs du réseau des Alliances Françaises et de consolider le dialogue avec le SCAC, dans un esprit d’écoute et de collaboration.

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Suelin Low Chew Tung (Présidente AF Grenade), Aurélie GBEFFA (Directrice AF Sainte-Lucie et Coordinatrice régionale), Ilona Fort-Gilbert (Directrice AF Grenade) et Christiane Bourgeois (CORCAC)

Entre échanges, stratégies communes et projets innovants, cette rencontre a dessiné les contours d’une francophonie et d’une Caraïbe culturelle et plurilingue plus ouverte, inclusive et moderne.

Un moment clé pour un réseau en pleine évolution, au service d’une Caraïbe qui apprend, partage et rayonne.

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Une rencontre aux accents de famille

Ils se connaissent parfois depuis des années, parfois seulement à travers un écran. Mais dès les premières minutes, les rires, les accolades et la chaleur des retrouvailles rappellent que, dans la Caraïbe, le réseau des Alliances Françaises est avant tout une aventure humaine.

Pendant trois jours, directrices, directeurs, présidentes et présidents ont confronté leurs réalités de pays en pays — entre défis du quotidien, fiertés locales et volonté commune de bâtir un réseau plus fort, plus solidaire et plus visible. Dans la salle, la diversité se lit dans les accents, les parcours, les idées. De la Jamaïque à Trinité-et-Tobago, chaque voix apportait sa nuance, son expérience, sa manière d’animer la culture et la francophonie au cœur des territoires.

Accueillis par Ilona Fort-Gilbert, directrice, et Suelin Low Chew Tung, présidente de l’Alliance Française de la Grenade, les participantes et participants ont partagé plusieurs jours d’échanges et de réflexion dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.

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Suelin Low Chew Tung (sur la gauche) et Ilona Fort-Gilbert (sur la droite) (Alliance Française de Grenade)
Équipe de l'AF de la Grenade - Dalia Barbour (Support Staff), Mathias Dorel (Consul honoraire de France), Ilona Forte-Gilbert (Directrice), Nafessah Abdullateef (Secrétaire du comité exécutif), Suelin Low Chew Tung (Présidente)

Autour de la table, les directrices et directeurs : Aurélie Gbeffa (Sainte-Lucie et coordinatrice régionale des Alliances Françaises de la Caraïbe orientale), Océane Gaillard (Barbade), Virginie Lemay (Suriname), Lucille Caulliez (Saint Christophe-et-Niévès), Cévinne M’Voula (Dominique), Anyka Batista (Trinité-et-Tobago), Ilona Forte-Gilbert (Grenade), Déborah First-Quao (Guyana) et Clovis Lemée ( Jamaïque), ainsi que Christiane Bourgeois (CORCAC – Sainte-Lucie) et Suelin Low Chew Tung (Présidente – Grenade).

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En visioconférence, les ont rejoints les président(e)s : Charlene White-Christian (Dominique), Ruben Del Prado (Suriname), Danielle Parkinson (Trinité-et-Tobago), Kara Daly (Saint-Christophe-et-Niévès), Delphine Hadley et son successeur Denvil Douglas (Saint-Vincent-et-les-Grenadines), ainsi que Stuart Defreitas, vice-président (Guyana).

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Au fil des échanges, Christiane Bourgeois, Conseillère Régionale de Coopération et d’Action Culturelle (CORCAC), cheffe du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a souligné le rôle essentiel des Alliances Françaises comme maillon du rayonnement culturel français et caribéen.

La CORCAC structure son action autour de la coopération culturelle, éducative, scientifique et économique, en cherchant à relier les priorités françaises — culture, francophonie, durabilité et droits humains — aux besoins spécifiques des pays de la Caraïbe anglophone. Pour elle, au-delà des structures, ce sont des femmes et des hommes engagés, véritables acteurs de terrain, porteurs de lien et d’action qui font vivre cette francophonie ouverte, solidaire et créative.

« Les Alliances Françaises sont des partenaires essentiels. »

La présence de Jean-François Hans, Délégué géographique pour la zone C à la Fondation des Alliances Françaises, a rappelé, depuis Paris, l’importance de la cohésion mondiale du réseau.

Charte de valeurs, outils de gouvernance, identité visuelle et accompagnement des équipes locales : la Fondation veille à maintenir une qualité et une éthique partagées sur les cinq continents.

“Une grande Alliance doit toujours tendre la main à une plus petite. C’est notre ADN collectif.”

Cette solidarité, moteur du mouvement, prend tout son sens dans la Caraïbe, où les défis logistiques et humains se conjuguent à la richesse culturelle et linguistique.

Une francophonie mondiale, ancrée dans les réalités locales

Le réseau des Alliances Françaises, fondé en 1883, est aujourd’hui le plus vaste réseau culturel au monde, avec plus de 820 établissements dans 135 pays.

Dans la Caraïbe anglophone, dix Alliances portent la langue et la culture françaises : Barbade, Sainte-Lucie, Dominique, Grenade, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Guyana, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago et Suriname.

En 2024, elles ont accueilli plus de 1 000 apprenants, dispensé 9 000 heures de cours et organisé 160 événements culturels, réunissant plus de 7 000 participants.

Autant de chiffres qui traduisent une réalité vivante et dynamique: la francophonie caribéenne n’est pas une idée, c’est une présence quotidienne dans les salles de classe, les galeries, les festivals et les rues des capitales insulaires.  La Francophonie se nourrit d’échanges, d’initiatives locales et de la passion de celles et ceux qui font vivre la langue française.

Un réseau en mouvement : entre vision et action

Projet Rézo

Porté par une volonté commune de faire évoluer le réseau, le projet RÉZO s’impose comme un véritable moteur pour les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone, c’est aussi une manière de penser le réseau autrement : plus collaboratif, plus agile, plus visible.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC), de l’Ambassade de France, il vise à renforcer la coordination régionale, la mutualisation des outils et la professionnalisation des équipes. Au fil des sessions, les échanges ont mis en lumière une ambition partagée : harmoniser les pratiques, encourager l’innovation pédagogique et renforcer les compétences, tout en consolidant la place de la francophonie dans des environnements linguistiques pluriels.

Sous la coordination d’Aurélie Gbeffa, six axes de travail ont été abordés :

  • Gouvernance associative et transparence : renforcer la gestion interne et la communication avec les membres.
  • Formation des équipes : consolider les compétences et favoriser la mobilité régionale.
  • Certifications et qualité pédagogique : harmoniser les standards de formation et d’évaluation.
  • Transition numérique : développer des outils collaboratifs et des ressources digitales communes.
  • Mise en place de projets RÉZO: créer et animer des projets communs entre Alliances.
  • Revitalisation des médiathèques : moderniser les espaces culturels pour les adapter aux usages d’aujourd’hui.

Chaque Alliance repart avec une feuille de route personnalisée, preuve d’un engagement partagé et d’une dynamique régionale forte.

Micro-projets

Dans cette même logique, le SCAC a rappelé son rôle clé d’accompagnateur et de facilitateur à travers le dispositif de micro-projets. Ces subventions, allouées chaque année à des porteurs de projets locaux, constituent un levier concret pour la mise en œuvre d’initiatives culturelles, éducatives ou citoyennes à l’échelle de la région.

Un mécanisme vertueux qui soutient la créativité locale, tout en favorisant la formation et l’autonomie des acteurs de terrain. Au-delà de l’aspect financier, ce dispositif, signature du poste diplomatique de Sainte-Lucie incarne une diplomatie de la proximité, au service des échanges humains et de la coopération entre territoires francophones et anglophones.

De Sainte-Lucie à la Dominique, de Trinité-et-Tobago à la Grenade, les micro-projets soutenus reflètent la diversité des enjeux partagés : culture, éducation, environnement, inclusion, innovation. Autant de champs où les Alliances Françaises, appuyées par le SCAC, deviennent des passerelles entre les sociétés et un moteur de coopération durable dans la Caraïbe.

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CARIFRAN

Cette stratégie s’inscrit également dans la dynamique régionale du programme CARIFRAN, consacré à la formation et à la mobilité des enseignants de français dans la Caraïbe.

Mis en œuvre par l’Organisation des États Américains et financé par l’Ambassade de France auprès des Etats de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO à hauteur de 453 000 euros, CARIFRAN contribue à renforcer une communauté éducative francophone ouverte aux échanges inter-îles et à la coopération linguistique. Il incarne la complémentarité entre actions éducatives, culturelles et diplomatiques au sein du réseau.

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La force d’un réseau fragile

Au-delà des échanges, des ateliers et des décisions, le séminaire RÉZO aura surtout confirmé la vitalité d’un réseau en pleine transformation. Mais il aura aussi rappelé, en filigrane, la fragilité d’un modèle associatif qui repose sur l’engagement, la passion et la solidarité plus que sur des moyens conséquents.

Dans la Caraïbe anglophone comme ailleurs, les Alliances Françaises mènent leurs actions avec des moyens modestes mais une remarquable efficacité et avec une réelle volonté d’avancer ensemble  grâce à la force de leurs équipes, de leurs présidentes et présidents bénévoles et du soutien constant du SCAC et de la Fondation des Alliances Françaises.

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Les directeurs des Alliances Française en compagnie du Ministre des Affaires Étrangères Hon. Joseph Andall

C’est cette humanité collective, faite de résilience et de conviction, qui fait la singularité du réseau : une capacité à créer du lien, à inventer, à se réinventer même dans l’incertitude. Et si la coopération culturelle et linguistique est parfois un défi, elle reste aussi une promesse : celle d’une Caraïbe plurielle, connectée, fière de sa diversité et capable d’écrire son avenir à travers le dialogue des cultures.

Au nom de l’Ambassade de France, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a remis aux directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe des châles, bracelets et pin’s aux couleurs d’Octobre Rose, symboles d’engagement et de solidarité face au cancer du sein.

Un tournoi 100 % féminin au cœur du Guyana

La Women’s Caribbean Premier League 2025 revient pour une quatrième édition, du 6 au 17 septembre, avec un format concentré et une visibilité accrue. Le Guyana, pays hôte, accueille l’intégralité des rencontres au Providence Stadium, symbole de la passion cricket dans la région. Pour le public caribéen, c’est une opportunité unique de voir s’affronter les meilleures joueuses du moment dans une compétition pensée pour donner toute sa place au sport féminin.

Un calendrier serré du 6 au 17 septembre

La compétition adopte un format clair : six matchs de phase de groupes en double round-robin, suivis d’une finale opposant les deux meilleures équipes. Le calendrier permet d’assurer une intensité sportive sans dispersion, avec des rencontres chaque semaine jusqu’à la grande finale du 17 septembre.

Au-delà du sport, ce choix de programmation vise aussi à attirer les spectateurs locaux et régionaux. Le Guyana profite de l’événement pour renforcer son attractivité, puisque chaque match devient une vitrine internationale, diffusée auprès des fans de cricket partout dans le monde.

Caribbean Premier League 2025
©female Cricket

Trois franchises en quête de gloire

Trois équipes féminines se disputent le trophée de la Women’s Caribbean Premier League 2025 :

  • Guyana Amazon Warriors Women, portées par l’avantage de jouer à domicile.
  • Barbados Royals Women, doubles championnes en titre, qui défendront leur suprématie après des victoires en 2023 et 2024.
    Trinbago Knight Riders Women, toujours déterminées à briller dans ce format court.

Ce triangle compétitif reflète la diversité des talents caribéens. Chaque franchise rassemble des joueuses issues des îles voisines, confirmant le rôle intégrateur du tournoi.

Caribbean Premier League 2025
©CPL T20

Le cricket féminin caribéen, un levier de visibilité internationale

Si le cricket occupe une place centrale dans la culture sportive caribéenne, la Women’s Caribbean Premier League 2025 contribue à donner aux femmes une plateforme équivalente à celle des compétitions masculines. L’événement attire les médias régionaux et internationaux, renforçant l’image d’une Caraïbe sportive, ambitieuse et ouverte sur le monde.

Pour les jeunes générations, voir des joueuses caribéennes fouler la pelouse du Providence Stadium en première partie de saison est un signal fort. Cela illustre la volonté de promouvoir l’égalité des chances et de donner à la jeunesse féminine des modèles d’excellence sportive.

Caribbean Premier League 2025
©CPL T20

Guyana, vitrine touristique et sportive de la Caraïbe

L’organisation de la Women’s Caribbean Premier League 2025 au Guyana dépasse la seule dimension sportive. Le pays y voit une occasion de valoriser son patrimoine naturel et culturel. Entre les matchs, les visiteurs découvrent Georgetown, ses marchés, son architecture coloniale et ses spécialités culinaires.

Le Guyana mise également sur les retombées économiques directes : hôtellerie, restauration et transport profitent de l’afflux de supporters, de journalistes et de délégations sportives. En se positionnant comme hôte de grands événements sportifs, le pays renforce son image sur la scène caribéenne et internationale.

Une finale très attendue

La grande finale de la Women’s Caribbean Premier League 2025 du 17 septembre au Providence Stadium s’annonce comme un moment clé. Elle désignera l’équipe qui succédera — ou non — aux Barbados Royals Women. L’édition 2025 pourrait marquer un tournant, soit par la confirmation d’une domination régionale, soit par l’émergence d’une nouvelle force.

Au-delà du trophée, l’enjeu est symbolique : donner au cricket féminin la place qu’il mérite dans l’imaginaire sportif caribéen. La Women’s Caribbean Premier League 2025 n’est pas seulement un tournoi, c’est un message adressé au monde : la Caraïbe investit pleinement dans la valorisation de ses sportives et dans la modernité de ses compétitions.

Caribbean Premier League 2025
©CPL T20

En accueillant la Women’s Caribbean Premier League 2025, le Guyana confirme sa place de carrefour du sport caribéen. Le tournoi allie compétition de haut niveau, retombées touristiques et mise en avant du cricket féminin. Dans un contexte où la visibilité des femmes dans le sport reste un enjeu mondial, la Caraïbe se positionne en précurseur. L’édition 2025, resserrée mais ambitieuse, s’annonce comme un jalon majeur dans l’histoire du cricket féminin régional.