La Société Guyanaise de Recyclage : en Guyane française, le problème des véhicules hors d’usage (VHU) représente un défi majeur pour l’environnement et la santé publique. Selon l’Ademe, entre 20 000 et 30 000 VHU jonchent le territoire, avec une concentration significative sur l’île de Cayenne. Pour y remédier, la Société Guyanaise de Recyclage (SGR) a inauguré un centre de recyclage à Matoury, capable de traiter une quinzaine de véhicules par jour et 12 000 tonnes de ferraille chaque année. Cet article explore l’impact de ce projet sur la préservation de nos territoires à travers une gestion optimisée des déchets.

Le problème des Véhicules Hors d'Usage en Guyane française

Les VHU ne se limitent pas à une pollution visuelle ; ils engendrent aussi des risques sanitaires et environnementaux. Ces véhicules abandonnés favorisent la prolifération des moustiques, contribuant ainsi à la propagation de maladies telles que la dengue. De plus, certains sont utilisés pour dissimuler des substances illicites, posant ainsi des problèmes de sécurité. La Société Guyanaise de Recyclage intervient donc dans un contexte où la gestion des déchets est essentielle pour la santé publique et la sécurité. Selon l’Ademe, le nombre de VHU en Guyane française est estimé entre 20 000 et 30 000, avec une croissance annuelle de 2 000 à 3 000 unités. Sans intervention, ce chiffre pourrait atteindre 50 000, dont 80 % sur l’île de Cayenne.

Le Centre de Recyclage de Matoury : une réponse concrète aux défis environnementaux

Le centre de recyclage inauguré par la Société Guyanaise de Recyclage à Matoury est un projet d’envergure, financé à hauteur de 6,4 millions d’euros, dont une grande partie provient des fonds européens, notamment le programme FEDER Guyane française 2021-2027. Ce centre se distingue par l’utilisation d’une technologie de broyage électrique, réduisant ainsi son empreinte carbone. Grâce à cette innovation, seulement 10 kg de déchets ultimes sont produits par tonne de VHU traitée, contre 260 kg pour les méthodes traditionnelles. Conçu pour traiter une quinzaine de véhicules par jour, il contribue à la réduction significative des VHU en Guyane française.

Société Guyanaise de Recyclage
Inauguration du centre en présence du préfet Antoine Poussier. Source : France-Guyane

Les enjeux sanitaires et environnementaux

Les VHU abandonnés représentent un risque écologique majeur. Outre la pollution visuelle, ils dégradent l’environnement et compromettent la santé publique. En récupérant et traitant ces véhicules, la Société Guyanaise de Recyclage aide à limiter ces impacts. Lors de l’épidémie de dengue en 2024, les autorités ont identifié les VHU comme des foyers potentiels de prolifération de moustiques, incitant ainsi à des actions de dépollution renforcées. Par ailleurs, en réduisant la quantité de déchets non recyclables, le centre participe à la préservation des ressources naturelles et à la protection de l’écosystème local.

Impact socio-économique du projet

Le projet de la Société Guyanaise de Recyclage ne se limite pas à son impact écologique : il joue également un rôle clé dans l’économie locale. La création de 20 emplois techniques et administratifs dynamise le marché du travail en Guyane française. De plus, en valorisant les déchets, le centre contribue à l’économie circulaire, un modèle favorisant la réutilisation et le recyclage des matériaux. Ce concept est d’autant plus pertinent dans un contexte où la gestion des déchets devient un enjeu majeur pour le développement durable.

Technologie et innovation

L’innovation technologique est au cœur de la stratégie de la Société Guyanaise de Recyclage. Selon Alain Montjean, président et fondateur de la SGR : “Nous avons mis en place une chaîne de démontage, qui permet de démanteler le véhicule pour qu’il soit nu au niveau de la ligne de broyage“. Le processus de broyage électrique permet de traiter efficacement les déchets tout en réduisant les émissions de CO₂. Le recyclage commence par un démantèlement minutieux des véhicules, permettant d’optimiser la valorisation des matériaux et de minimiser les déchets ultimes. Cette approche illustre comment la technologie peut concilier efficacité et respect de l’environnement.

Société Guyanaise de Recyclage
Alain Montjean, président fondateur de SGR
Société Guyanaise de Recyclage
Alain Montjean, président fondateur de SGR

Partenariats et financements

Le projet de la SGR a bénéficié de financements publics et européens, soulignant l’importance des collaborations entre acteurs privés et institutions publiques. L’Ademe, acteur clé dans la gestion environnementale, soutient également cette initiative, démontrant ainsi que la réussite de tels projets repose sur une approche collective et coordonnée.

La Société Guyanaise de Recyclage joue un rôle essentiel dans la gestion durable des déchets en Guyane française. En adoptant une approche innovante et efficace pour traiter les VHU, elle contribue à la protection de l’environnement, à l’amélioration de la santé publique et au dynamisme économique local. Ce projet démontre qu’une gestion responsable des déchets peut être bénéfique à la fois sur le plan écologique et socio-économique. La SGR incarne ainsi un modèle de développement durable, où progrès environnemental et croissance économique vont de pair.

FEMI 2025, un festival cinématographique organisé par l’Association Images et Culture du Monde (AICM) revient pour sa 29ème édition, offrant une sélection de films provenant de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane française, mais aussi de la Caraïbe, de l’Amérique latine, du continent africain et de l’Océan Indien. Cette année, le festival met en lumière des thématiques fortes et des œuvres audacieuses, consolidant son rôle de plateforme essentielle pour le cinéma régional et international.

Une sélection riche et variée

Les films en compétition : courts et longs métrages

FEMI 2025 propose une compétition comprenant une cinquantaine de films, répartis en plusieurs catégories :

  • 8 courts-métrages documentaires :

    • “Marginal Skin” (Guadeloupe)

    • “Ô Mes Aïeux !” (Martinique)

    • “Un Nòt Kankan” (Louisiane/Canada)

    • “Haraka Haraka” (Mayotte)

    • “I Ké Volé” (Martinique/France)

    • “Vert Bergevin” (Guadeloupe)

    • “Manuela Pioche, une figure oubliée de la musique guadeloupéenne ?” (Guadeloupe)

    • “Tè An Nou” (Guadeloupe)

  • 25 courts-métrages de fiction :

    • FAN (Guadeloupe/France)
    • Myriam en Noir (Guyane)
    • Ma Détresse (Côte d’Ivoire)
    • L’Interrogatoire (Togo)
    • Je ne suis pas elle, je suis l’autre (Guadeloupe)
    • Tord Balle (Réunion)
    • Créature Féroce (Madagascar)
    • Sara (Pérou)
    • Un Ballon (Brésil)
    • Mon Vélo (Bénin)
    • Les Bouts Cassés (Guadeloupe)
    • Solitude (Martinique)
    • Hattayana (Guadeloupe)
    • Chaîne d’Argent (Brésil)
    • Tan Lontan (Réunion)
    • Le Faisan (Argentine)
    • Des Rêves en Bateaux Papiers (Haïti)
    • Au-delà (Martinique)
    • Kabri I Manz Salad (Réunion)
    • Forget (Guadeloupe)
    • L’Étoile de Régina (Guyane)
    • An Sav Ka Ki Ké Rivé (Guadeloupe)
    • Juliette (Guadeloupe/France)
    • Tan Lontan (Réunion)
    • L’Étoile de Régina (Guyane)
    •  
  • 11 documentaires :

    • “Le Temps des Surettes est Fini” (Guadeloupe)

    • “Garanti 100% Kréol” (Réunion)

    • “Le Quatrième Pouvoir en Guadeloupe” (Guadeloupe)

    • “Lisette Malidor, une artiste universelle” (Martinique)

    • “Cyrille Régis, Itinéraire d’une Légende” (Guyane)

    • “Haïti-Chili : Choc et Rencontre” (Haïti)

    • “Transition Écologique en Martinique” (Martinique)

    • “King Daddy Yod, la légende vivante” (Guadeloupe/France)

    • “Tè An Nou” (Guadeloupe)

    • “Kimboto, Voyage au Cœur de la Forêt Guyanaise” (Guyane)

    • “Massacres en Outremer” (Martinique)

  • 6 longs-métrages :

    • “Le Dernier Repas” (Haïti/Québec)

    • “Choke Hold” (Saint-Martin)

    • “Débrouya” (Guyane)

    • “Dream On” (Guadeloupe)

    • “Marmaille” (Réunion)

    • “La Machette et le Marteau” (Guadeloupe/Martinique)

FEMI 2025
FEMI 2025

Les invités et jurys du FEMI 2025

Les Invités d’honneur

  • Ernest PÉPIN : Parrain de la 29ème édition. Poète et romancier guadeloupéen, Ernest PÉPIN est l’auteur de plusieurs recueils de poésie, dont Boucan de mots libres, lauréat du Prix Casa de las Americas en 1991. Il est également un membre important du mouvement de la Créolité, aux côtés de Jean BERNABÉ et Patrick CHAMOISEAU. Parmi ses romans majeurs figurent L’Homme-au-Bâton et Tambour-Babel. Cette année, le FEMI met à l’honneur Ernest PÉPIN avec la projection de L’Homme au bâton, film adapté de son roman éponyme. Il sera présent pour une séance de dédicaces à l’occasion de la sortie de son nouveau recueil de poésie, À tout pays dédié.
  • Mariette Monpierre : née en Guadeloupe, Mariette Monpierre a grandi à Paris et vit entre New York et Le Gosier. Elle a débuté sa carrière à l’agence BBDO NY en produisant des publicités pour de grandes marques. Son premier court-métrage “Rendez-Vous” a été nominé au prix Djibril Diop Mambety à Cannes en 2002. Son film “Le Bonheur d’Elza” a été acclamé aux États-Unis et primé au FESPACO 2013. Elle a également réalisé plusieurs documentaires dont “Entre 2 Rives” et “Les Soldats de la Terre”. Sa dernière série, “Manmzèl New York”, a été sélectionnée à la 29e édition du FESPACO en février 2025.
FEMI 2025
Ernest PÉPIN. Source : FEMI 2025
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Mariette Monpierre. Source : FEMI 2025
  • Alix Véronèze : Réalisateur guadeloupéen, Alix Véronèze s’est fait connaître avec son premier long-métrage “Sentiment Inconnu” en 2011. Il a poursuivi sa carrière avec “Culture en Danger” et “King Daddy Yod, la légende vivante”. Son engagement dans le cinéma indépendant et sa volonté de mettre en avant les réalités sociales de la Guadeloupe en font une figure incontournable du festival.
  • King Daddy Yod : Pionnier du raggamuffin en France, King Daddy Yod a marqué l’histoire du reggae français depuis les années 80. Son album “Redoutable” (1991) et son hit “Faut pas taper la doudou” ont propulsé le mouvement en France. Un documentaire sur sa carrière sera projeté au FEMI 2025.
FEMI 2025
Alix Véronèze. Source : FEMI 2025
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King Daddy Yod. Source : FEMI 2025

Les Jurys du FEMI 2025

Jury Long Métrage

  • Martine Sornay : Enseignante et passionnée de cinéma, elle a créé un atelier audiovisuel en Guadeloupe et a présidé le TERRA Festival jusqu’en 2024.
  • Marc Delmarre : Ancien directeur d’école et dirigeant de football, il est passionné par le chant choral et le cinéma.
  • Étienne Lamoulie : Professeur de Lettres Modernes et Cinéma-Audiovisuel, il a participé à plusieurs festivals cinématographiques.

Jury Courts-Métrages Documentaires – MMI

  • Naelly Créantor : Étudiante en communication et design.
  • Cassandra Bores : Spécialiste en critique cinématographique.
  • Arnaud Hunt : Beatmaker, graphiste et monteur vidéo.

Jury Courts-Métrages

  • Fanny Coco-Viloin : Juriste passionnée d’art, membre de jurys internationaux.
  • Louise Jannin : Jeune réalisatrice en devenir.
  • James Désiris : Artiste haïtien pluridisciplinaire.

Jury Documentaires

  • Laura Édouard : Peintre, photographe et vidéaste autodidacte.
  • Célia Dejoux : Journaliste et réalisatrice de documentaires.
  • Régis Marton : Critique de cinéma et animateur de podcasts sur le cinéma caribéen.

Le programme du FEMI 2025

Le FEMI 2025 se déroulera sur plusieurs jours et dans différents lieux en Guadeloupe, avec des projections, des cérémonies et des rencontres :

  • Samedi 22 mars : Cérémonie d’ouverture au Lamentin Ciné-Théâtre avec discours, présentation et projection de “Manmzèl New-York”.
  • Dimanche 23 mars : Séances de courts-métrages internationaux et documentaires.
  • Lundi 24 mars : Projections thématiques sur les sociétés créoles et écologie.
  • Mardi 25 mars : Masterclass avec Alix Véronèze et projections de films martiniquais.
  • Mercredi 26 mars : Cérémonie de clôture avec remise de prix et projection de “Le Bonheur d’Elza”.
  • Jeudi 27 et Vendredi 28 mars : Projections spéciales et rétrospective sur les cinémas caribéens.
FEMI 2025
FEMI 2025
FEMI 2025
FEMI 2025
FEMI 2025

FEMI 2025 s’annonce comme une édition exceptionnelle, offrant une plongée dans la diversité du cinéma caribéen et international. Entre projections inédites, rencontres avec des artistes et mise en avant de la culture régionale, ce festival confirme son rôle de rendez-vous incontournable pour les amateurs de septième art.

Résidence photographique à Miami – la Station Culturelle, en partenariat avec le prestigieux Women Photographers International Archive (WOPHA), lance un appel à candidatures pour une résidence photographique à Miami. Destinée aux femmes et personnes non-binaires, artistes, photographes de Martinique, Guadeloupe et Guyane, cette initiative exceptionnelle offre une immersion d’un mois dans la scène artistique florissante de Miami en septembre 2025. Voici tous les détails sur cette opportunité unique.

La Station Culturelle et WOPHA : Un partenariat visionnaire

La Station Culturelle, basée en Martinique, est une organisation dédiée à la promotion des artistes contemporains des territoires caribéens. En collaborant avec WOPHA, une organisation internationale fondée en 2020 pour soutenir les femmes et artistes non-binaires dans le domaine de la photographie, elle permet aux talents de la Caraïbe française d’accéder à des plateformes d’envergure mondiale.

Le programme WOPHA Artist-in-Residence est reconnu comme un tremplin pour les artistes émergents et en milieu de carrière. Cette résidence photographique offre un espace dédié à la recherche, l’expérimentation et l’engagement communautaire, tout en connectant les participants avec le paysage culturel dynamique de Miami.

Les avantages de la résidence photographique

Cette résidence photographique d’un mois est conçue pour offrir aux artistes un environnement propice à la création et au développement professionnel. Les bénéfices incluent :

  • Hébergement privé : logement dans le centre artistique El Espacio 23, un espace emblématique du quartier Allapattah.
  • Bourse de 2 500 $ : pour couvrir les frais liés au séjour (transport local, repas, matériel).
  • Soutien à la production de 3 000 $ : pour financer l’exposition finale.
  • Billet d’avion aller-retour : pour faciliter les déplacements internationaux.
  • Exposition collective : présentation des œuvres dans l’espace contemporain Green Space Miami.
  • Accès aux équipements professionnels : studios partagés, laboratoires photo, scanners et imprimantes spécialisés.
  • Réseautage exclusif : Rencontres avec des commissaires d’exposition, collectionneurs et artistes locaux.
Résidence photographique
Open Studio 2020
Résidence photographique
2021 AIR Adama Delphine Fawundu at El Espacio 23.
Résidence photographique
2022 WOPHA AIR Nadia Huggins at The Betsy Hotel. By Courtesy of WOPHA
Résidence photographique
Open Studio 2024 CCI - WOPHA Fellowship Claudia Claremi at El Espacio 23.

Critères d’éligibilité

Pour postuler à cette résidence prestigieuse, les candidates doivent répondre aux critères suivants :

  1. Identifier comme femme ou personne non-binaire travaillant principalement en photographie ou culture visuelle.
  2. Être âgée d’au moins 25 ans avant le 31 mars 2025.
  3. Justifier d’au moins cinq ans de pratique artistique professionnelle.
  4. Pouvoir consacrer un minimum de 30 heures par semaine au travail en studio.
  5. Être disponible pour participer à l’intégralité du programme en septembre 2025.
  6. Ne pas être actuellement inscrite dans un programme universitaire diplômant.
  7. Posséder une connaissance fonctionnelle de l’anglais (l’espagnol est un atout).
  8. Être capable de voyager aux États-Unis (visa requis pour les candidates internationales).

Les artistes ayant déjà participé au programme WOPHA Artist-in-Residence ne sont pas éligibles.

Comment postuler ?

Le programme valorise les pratiques interdisciplinaires et encourage les propositions novatrices mêlant photographie traditionnelle, processus automatisés ou augmentés, collecte et archivage d’images. Les candidates peuvent proposer un projet existant ou développer une nouvelle série pendant leur résidence photographique.

Ressources disponibles

El Espacio 23 offre un cadre exceptionnel avec :

  • Trois appartements privés équipés (cuisine, salle de bain, buanderie).
  • Un espace studio partagé favorisant la collaboration entre résidentes.
  • Accès à des institutions locales partenaires fournissant des équipements spécialisés (chambres noires, scanners haute définition).

Processus de sélection

La sélection repose sur un processus rigoureux mené par un jury international composé de curateurs, universitaires et artistes renommés. Les candidatures seront évaluées selon les critères suivants :

  1. Force conceptuelle (25 %) : Clarté et originalité du projet proposé.
  2. Qualité des travaux antérieurs (20 %) : Excellence artistique et maîtrise technique.
  3. Approche innovante (15 %) : Perspectives nouvelles dans la photographie contemporaine.
  4. Faisabilité (15 %) : Capacité à réaliser le projet avec les ressources disponibles.
  5. Impact potentiel (15 %) : Pertinence par rapport à la mission de WOPHA et contribution à la carrière artistique.
  6. Intérêt général (10 %) : Enthousiasme du jury pour le travail présenté.

Les finalistes seront invitées à un entretien avec l’équipe dirigeante de WOPHA avant l’annonce finale prévue pour le 30 avril 2025.

Engagements des résidentes sélectionnées

Les artistes retenues devront :

  • Participer activement à la résidence pendant tout le mois de septembre 2025.
  • Collaborer avec un curateur pour organiser l’exposition collective entre mai et août 2025.
  • Contribuer à au moins une activité publique (conférence, atelier ou visite studio).
  • S’impliquer dans la communauté artistique locale à Miami.
  • Fournir un rapport final sur leur expérience.

Une opportunité inestimable pour les artistes Caribéennes

Cette collaboration entre La Station Culturelle et WOPHA marque une étape importante dans la reconnaissance internationale des talents photographiques caribéens. En offrant une plateforme unique combinant ressources matérielles, mentorat professionnel et visibilité mondiale, cette résidence photographique promet d’ouvrir des perspectives inédites aux artistes sélectionnées.

Si vous êtes une artiste engagée prête à relever ce défi exceptionnel, ne manquez pas cette chance de faire rayonner votre art sur la scène internationale ! Déposez votre candidature avant le 31 mars 2025.

Résidence photographique
Artist Talk 2024 WOPHA AIR at El Espacio 23. Photo by Gaby Ojeda. Courtesy of WOPHA
Résidence photographique
Exhibition 2020 - 2021- 2022 WOPHA AIR at Green Space Miami. Photo by Diana Larrea. Courtesy of WOPHA
Résidence photographique
2024 CCI - WOPHA Fellowship Claudia Claremi at PAMM. Photo by Vanessa Diaz. Courtesy of WOPHA

Magma, un film réalisé par Cyprien Vial, est un hommage à la Guadeloupe et à son histoire complexe. Actuellement à l’affiche en Guadeloupe, Guyane et Martinique, avant sa sortie nationale le 19 mars, ce long-métrage s’inspire de l’éruption de la Soufrière en 1976 pour aborder des thématiques universelles et contemporaines. Entre tensions sociales, gestion de crise et quête identitaire, Magma est une œuvre qui résonne profondément avec les réalités de l’île.

Les Thèmes Principaux de Magma

La gestion des crises naturelles et humaines :


L’éruption de la Soufrière en 1976 sert de toile de fond pour explorer les défis liés à la gestion des catastrophes naturelles. Le film met en lumière les dilemmes éthiques et logistiques auxquels sont confrontés les scientifiques et les autorités locales lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité des populations tout en évitant la panique.

Les tensions sociales et culturelles :


Au-delà du volcan, Magma fait écho aux fractures sociales qui traversent la Guadeloupe. L’évacuation massive de 1976, surnommée « Magma », a bouleversé l’équilibre entre les habitants de Basse-Terre et ceux de Grande-Terre. Ce passé trouve une résonance dans les tensions actuelles, que le film explore avec subtilité.

L’identité et l’appartenance :


À travers le personnage principal, Katia Reiter (Marina Foïs), une scientifique installée sur l’île depuis dix ans, mais toujours perçue comme une étrangère, le film questionne ce que signifie « appartenir » à une communauté ou à un territoire.

La Soufrière : Un personnage Central

Dans Magma, la Soufrière n’est pas qu’un décor ; elle est un personnage à part entière. Cyprien Vial décrit le volcan comme un être vivant, complexe et imprévisible. Son rôle dans l’intrigue va bien au-delà d’une menace naturelle : il symbolise les tensions latentes de la société guadeloupéenne. Aimé (Théo Christine), le jeune scientifique local, entretient une relation presque intime avec ce volcan qu’il considère comme son terrain de jeu depuis l’enfance. Ce lien contraste avec celui plus distant et analytique de Katia, renforçant ainsi les thématiques d’identité et d’appartenance.

magma
La Soufrière

Le choix des acteurs

Cyprien Vial a porté une attention particulière au casting pour incarner avec authenticité les personnages du film :

  • Marina Foïs (Katia Reiter): le réalisateur cherchait une actrice crédible en tant que vulcanologue expérimentée. Marina Foïs s’est imposée grâce à son jeu nuancé et sa capacité à incarner un personnage humble, mais déterminé. Elle interprète une femme confrontée à ses propres limites face à une crise qui dépasse ses compétences techniques.
  • Théo Christine (Aimé) : pour jouer Aimé, un jeune thésard guadeloupéen passionné par le volcanisme, Vial voulait un acteur capable d’incarner à la fois l’enthousiasme juvénile et la maturité nécessaire pour tenir tête au personnage de Katia. Théo Christine a su apporter cette dualité grâce à son charisme naturel.
  • Mathieu Demy (le préfet) : en tant que représentant des autorités locales, Demy joue un rôle clé dans la gestion des tensions entre scientifiques et population.
magma
Théo Christine
Marina Foïs

Les défis du tournage

Le tournage de Magma, réalisé intégralement en Guadeloupe, a présenté plusieurs défis logistiques et artistiques :

  1. Les conditions climatiques imprévisibles : filmer près du volcan actif de la Soufrière a nécessité une adaptation constante aux caprices du temps. Les équipes ont dû composer avec des pluies soudaines et des vents violents tout en capturant l’essence brute du paysage.
  2. La fidélité historique : bien que le film soit contemporain, il s’inspire fortement des événements réels de 1976. Cyprien Vial a mené des recherches approfondies pour retranscrire fidèlement les émotions et les impacts sociaux liés à cette période.
  3. L’intégration culturelle : tourner un film sur une île aussi riche culturellement que la Guadeloupe exigeait une sensibilité particulière pour éviter les clichés ou les malentendus. L’implication d’acteurs locaux comme Théo Christine a permis d’apporter une authenticité précieuse au projet.
Magma
Tournage de Magma. Source : Gendarmerie de Guadeloupe
Magma
Tournage de Magma. Source : Gendarmerie de Guadeloupe
Magma
Tournage de Magma.

Un message universel

Avec Magma, Cyprien Vial ne se contente pas de raconter une histoire inspirée par des faits réels ; il propose également une réflexion sur notre rapport aux crises naturelles et humaines. Le binôme formé par Katia et Aimé incarne l’espoir d’une collaboration harmonieuse entre générations, cultures et perspectives différentes.

La réception du film

La bande-annonce dévoilée récemment a suscité un grand intérêt auprès du public antillais comme métropolitain. En combinant drame humain et tension géologique, le film promet d’être autant un divertissement qu’un outil pédagogique pour mieux comprendre les réalités complexes de la Guadeloupe.

En mêlant histoire locale, enjeux contemporains et performances captivantes, Magma s’impose comme un film incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à la Caraïbe ou aux dynamiques sociales universelles. Cyprien Vial livre ici une œuvre ambitieuse qui honore autant le passé que l’avenir de la Guadeloupe, tout en offrant au spectateur une expérience cinématographique intense et réfléchie.

Avec sa sortie nationale prévue pour le 19 mars, Magma est bien plus qu’un simple récit dramatique ; c’est une fenêtre ouverte sur l’âme vibrante d’une île unique au monde.

Zion est un film qui se démarque dans le paysage cinématographique français, offrant une plongée saisissante dans le quotidien tumultueux d’un jeune homme en Guadeloupe. Chris, le protagoniste, jongle entre le monde des deals, des aventures éphémères et des rodéos en moto. Repéré par Odell, un caïd local, il se voit confier une mission risquée qui va bouleverser sa vie. Alors qu’il s’apprête à réaliser sa livraison, un événement inattendu se produit : un bébé abandonné est déposé devant sa porte. Ce moment déclenche une course contre la montre où Chris doit faire face à des choix moraux déchirants.

Naissance du projet

Le film Zion trouve son origine dans le court métrage intitulé Timoun Aw (“Ton gamin” en créole guadeloupéen), réalisé par Nelson Foix. Ce court-métrage abordait déjà le thème de l’abandon d’enfants, une réalité poignante qui traverse les sociétés modernes. Nelson Foix a eu l’opportunité de présenter ce court à Mohamed Hamidi, qui, impressionné, a facilité la rencontre avec Jamel Debbouze. Ce dernier a alors proposé de produire le long-métrage, permettant ainsi à une équipe de se rassembler autour de ce projet ambitieux.

Une inspiration autobiographique

L’inspiration derrière Zion est profondément ancrée dans l’expérience personnelle du réalisateur. Nelson Foix évoque le lien qu’il entretient avec son fils aîné, qui n’est pas son fils biologique mais qu’il a élevé depuis ses 8 mois. Cela souligne un thème central du film : la notion de paternité et de responsabilité, qui transcende les liens du sang. Ce choix narratif renforce l’authenticité du récit et permet au public de s’identifier aux luttes de Chris.

Un casting sauvage

Pour donner vie à ce récit, la production a opté pour un casting sauvage, privilégiant des talents bruts rencontrés en Guadeloupe. Sloan Decombes, l’acteur principal, a été découvert par hasard alors qu’il accompagnait une amie lors du casting. Son interprétation naturelle a séduit le réalisateur, qui a vu en lui le potentiel nécessaire pour incarner Chris. Zebrist, qui joue le rôle d’Odell, a également une histoire fascinante, étant récemment sorti de détention. Sa présence apporte une dimension authentique au film, illustrant les réalités parfois difficiles de la vie dans les quartiers chauds.

Zion
Sloan Decombes. Source: Allociné

Des scènes d'action réalistes et intenses

Les scènes d’action de Zion ont nécessité une préparation minutieuse pour garantir la sécurité des acteurs. Le réalisateur a appris à adapter les techniques de tournage pour éviter les dangers, même lors de tirs à blanc. Cette attention portée à la sécurité et à l’authenticité des scènes d’action contribue à l’immersion du spectateur dans l’univers du film. L’adaptation des scènes à la topographie locale permet d’enrichir visuellement le récit et de renforcer son ancrage dans la réalité guadeloupéenne.

Un film en créole pour plus d’authenticité

L’une des décisions les plus marquantes de Nelson Foix a été de filmer Zion principalement en créole. Cette approche vise à refléter fidèlement la culture guadeloupéenne et à donner une voix authentique aux personnages. Le réalisateur exprime son aversion pour le français dans ce contexte, soulignant que diriger des acteurs dans leur langue maternelle renforce la crédibilité du récit. Cette décision audacieuse, soutenue par les producteurs et les diffuseurs, illustre l’engagement du film à représenter la culture locale.

Une bande originale entre tradition et modernité

La bande originale de Zion, composée par Brice Davoli, s’éloigne des clichés habituels associés aux films caribéens. Elle joue sur les contrastes et vise à susciter des émotions profondes. En intégrant des artistes de la scène musicale caribéenne, tels que Kalash, Don Snoop et Keros-N, la musique apporte une dimension supplémentaire à l’expérience cinématographique. La chanson-titre, interprétée par Kalash, renforce le lien entre le film et la culture musicale locale.

Une touche de mysticisme et de fantastique

Nelson Foix a également choisi d’intégrer une dimension spirituelle à Zion, inspirée des croyances antillaises. Cette approche mystique enrichit la narration et permet d’explorer des thèmes universels tels que la résilience et l’espoir. L’iguane, présent tout au long du film, symbolise cette vision d’un monde où la réalité et la spiritualité coexistent, rappelant aux spectateurs l’importance de la culture caribéenne.

Une Guadeloupe loin des cartes postales

Le film dépeint une Guadeloupe bien éloignée des clichés touristiques. Nelson Foix partage son expérience personnelle, évoquant les contrastes frappants entre les paysages paradisiaques et les réalités urbaines souvent difficiles. Ce décalage est illustré dans une scène mémorable où un bateau de croisière, symbole de la richesse touristique, apparaît en arrière-plan alors que Chris traverse une période de détresse. Cette opposition entre deux mondes souligne les enjeux sociaux et économiques auxquels sont confrontés les jeunes de la région.

Zion s’annonce comme un thriller haletant, offrant une vision authentique et poignante de la jeunesse guadeloupéenne. Avec des performances puissantes, une direction artistique soignée et une bande originale captivante, le film promet d’être une expérience cinématographique inoubliable. Préparez-vous à découvrir ce long-métrage qui mêle action, émotion et réflexions profondes sur la vie dans les quartiers chauds de Guadeloupe.

Zion sera projeté dans les salles à partir du 9 avril 2025, avec une sortie anticipée en Guadeloupe, Martinique et Guyane dès le 14 mars. Ne manquez pas cette œuvre qui, à travers le personnage de Chris, interroge les réalités de la société contemporaine et les choix difficiles auxquels sont confrontés les jeunes des Antilles.