Le samedi 28 mars, au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, la conférence de presse des CARIFTA Aquatics Championships 2026 n’avait rien d’une simple réunion d’information. En une heure et demie, organisateurs, athlètes et partenaires ont présenté bien plus qu’un programme sportif : du 3 au 8 avril, la Martinique accueillera la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, dix ans après une première édition restée dans toutes les mémoires. Vingt-quatre nations. Trois disciplines. Un territoire qui joue à domicile et le sait.
Une candidature portée par une mémoire collective
En 2024, au congrès de la Caribbean Aquatics Association organisé aux Bahamas, deux candidatures s’affrontent pour l’organisation des CARIFTA Aquatics Championships 2026 : Sainte-Lucie et la Martinique. Le vote est sans appel : une trentaine de voix pour la Martinique, dix pour Sainte-Lucie.
Derrière ce résultat, il y a une histoire. L’édition 2016, première jamais organisée sur le territoire, a marqué les esprits de tous ceux qui y étaient: coachs, responsables de délégations, officiels. En 2024, au moment de voter, beaucoup se souvenaient encore de cette semaine-là.
« C’était une très belle édition, et toujours dans les mémoires. »
L’autre facteur a été plus concret : Sainte-Lucie ne disposait pas encore de son bassin. La Martinique, elle, peut compter sur le Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, bassin olympique à dix couloirs, tribune de 800 places, bassin de 25 mètres pour l’échauffement. L’une des meilleures installations de la Caraïbe.
L’organisation a aussi mis en avant sa capacité d’accueil hors bassin, avec plusieurs solutions d’hébergement mobilisées dans le sud de l’île pour les délégations, complétées par d’autres structures si nécessaire. Ce volet logistique, rarement secondaire dans ce type d’événement, a renforcé la crédibilité de la candidature martiniquaise.
Trois disciplines, 24 nations, un format exigeant
Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 réunissent 24 pays : 21 nations anglophones de la Caraïbe, auxquelles s’ajoutent la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. La natation course occupe quatre journées: séries le matin, finales l’après-midi, du samedi 5 au mardi 8 avril. La natation artistique s’installe à partir du lundi sur la pause méridienne, avec les solos puis les épreuves techniques. Les duos et les équipes clôturent le programme le mercredi matin. Ce même mercredi, l’épreuve d’eau libre se dispute sur cinq kilomètres, aux Anses d’Arlets.
Les compétiteurs : Benjamins (11-12 ans), Minimes (13-14 ans), Cadets (15-17 ans) ne s’inscrivent pas à titre individuel. Ce sont des sélections nationales qui se déplacent, avec les meilleurs nageurs de chaque territoire. Pour entrer dans la sélection martiniquaise, il faut satisfaire une grille de temps établie sur les deux saisons précédentes, qui ne retient que les nageurs capables d’atteindre les finales.
Dans l’esprit des organisateurs, la sélection se construit sur une logique simple : pour marquer des points, il faut entrer en finale, et pour entrer en finale, il faut figurer parmi les huit meilleurs temps des séries du matin. Autrement dit, les nageurs retenus sont censés avoir un niveau leur permettant de jouer une vraie place dans la compétition, et pas seulement de participer.
La délégation de la Martinique lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 compte 61 nageurs : 36 en natation course, 12 en eau libre dont cinq pratiquent également la course et 18 en natation artistique. Cinq capitaines mènent cette équipe : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons (catégorie 15-17 ans), Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.
L’eau comme point de départ et comme destination
Jean-Naël Zozime, capitaine de la sélection garçons, répond sans détour quand on lui demande comment il a commencé : « on m’a mis à la natation pour ne pas me noyer. » Cyrielle Manin, capitaine de la sélection filles, raconte à peu près la même chose : elle a failli se noyer étant petite, et c’est ce qui l’a amenée à apprendre à nager.
Ces deux témoignages, entendus à quelques minutes d’intervalle, disent quelque chose d’important sur ce territoire. Deux jeunes Martiniquais que la mer a d’abord effrayés, qui représentent aujourd’hui leur île face à vingt-trois nations caribéennes. Il y a là bien plus qu’un palmarès sportif.
« La natation, c’est un sport dur. Il ne faut pas croire que ce sera facile, mais avec beaucoup de persévérance, tout le monde peut y arriver.»
— Jean-Naël Zozime
Nohemy Marajo, capitaine de natation artistique, pratique depuis dix ans une discipline que le public connaît encore mal. Elle l’explique concrètement : apprendre les chorégraphies à sec, les répéter dans l’eau, maîtriser sa respiration sous la surface pendant que les jambes dessinent des figures au-dessus. Un sport aussi exigeant techniquement que physiquement, qui tient autant de la danse classique que de l’endurance.
« Il faut savoir endurer, garder le moindre souffle pour terminer la chorégraphie. »
— Nohemy Marajo
La conférence des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a aussi rappelé que la natation artistique reste une discipline encore confidentielle dans l’espace caribéen, en raison des infrastructures qu’elle exige et du niveau de préparation nécessaire. Elle demande du travail en trois dimensions, une préparation technique très poussée, mais aussi l’appui de professionnels extérieurs, notamment en danse et en préparation gymnique. Pour les encadrants, l’enjeu des CARIFTA est donc double : soutenir celles qui pratiquent déjà et susciter de nouvelles vocations.
Ce que l’encadrement observe chez ces jeunes, c’est une constante : ils s’entraînent, passent leurs examens, concourent le week-end, et recommencent. « Généralement, les nageurs sont performants dans leurs études également, parce qu’ils ont travaillé cette rigueur au quotidien.» Ce qu’on apprend dans un bassin s’applique aussi ailleurs.Les organisateurs insistent d’ailleurs sur cette exigence quotidienne : se qualifier ne suffit pas, il faut encore être capable de répondre présent le jour J, dans un sport où la régularité et la discipline comptent autant que le talent.
Des médailles nées des mains de l’île
La façon dont un événement récompense ses champions dit souvent beaucoup de ce qu’il représente. Aux CARIFTA Aquatics Championships 2026, les médailles ont été fabriquées en Martinique, dans du bois noble : poirier pour l’or, mao bleu pour l’argent, mao ghani pour le bronze. Un artisan du Nord-Atlantique en a assuré la réalisation, Joseph Galliard a signé les gravures, et une couturière locale a confectionné les pochons aux trois couleurs du drapeau martiniquais.
C’est la marraine de l’édition, Coralie Balmy , ancienne nageuse de haut niveau passée quatre fois par les CARIFTA dans sa carrière qui a porté cette initiative. Une démarche écoresponsable et identitaire, saluée comme une première à l’échelle caribéenne.
Chaque athlète caribéen qui montera sur le podium lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 repartira avec un bout de la Martinique, une médaille unique, réalisée par des artisans locaux, qui ne ressemble à aucune autre.
La conférence a également précisé que des trophées accompagneront ces récompenses, et que les médailles devaient encore recevoir leurs cordons avant l’ouverture de la compétition. Là aussi, l’objectif est clair : faire de chaque distinction un objet à la fois sportif, local et symbolique.
Une semaine qui mobilise tout le territoire
Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 ne se jouent pas que dans les bassins. Entre 1 500 et 1 800 personnes arrivent en Martinique : nageurs, encadrants, familles répartis dans plusieurs hôtels du sud. Chaque jour, environ 150 bénévoles assurent le bon déroulement de l’événement : des anciens nageurs, des parents, des habitants qui n’ont parfois aucun lien direct avec la natation, mais qui ont voulu s’engager.
Parmi eux, les officiels occupent une place décisive : environ 26 officiels venus de la Caraïbe viendront en renfort des officiels martiniquais, pour atteindre une cinquantaine de personnes autour du bassin à chaque réunion, matin et après-midi. À cela s’ajoutent les secouristes, les équipes d’accueil, les personnes chargées des récompenses, de l’accompagnement des délégations ou encore des espaces ouverts au public.
L’accueil des délégations lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a lui aussi été pensé dans le détail. Toutes devaient arriver le 2 avril, à des horaires étalés sur la journée, parfois très tôt le matin, parfois tard le soir. L’organisation a prévu un dispositif précis à l’aéroport, en lien avec le transporteur et la SAMAC, afin de fluidifier les sorties, le transfert vers les bus puis l’installation dans les hébergements, avec une attention particulière portée aux repas selon l’heure d’arrivée.
La cérémonie d’ouverture des CARIFTA Aquatics Championships 2026, le vendredi 3 avril au stade Georges Gratiant, est gratuite et ouverte à tous : 2 800 places à remplir. Le groupe « Nou Pa Sav » accompagnera le défilé des délégations. Le samedi 4 avril, les Hommes d’Argile seront présents à l’arrivée des délégations sur site, offrant une mise en scène culturelle forte, pensée comme un premier contact symbolique avec l’identité martiniquaise.. Tout au long de la semaine, des groupes culturels martiniquais seront présents pour que les visiteurs repartent avec une image vivante du territoire, pas seulement des résultats de compétition.
La cérémonie des CARIFTA Aquatics Championships 2026 doit se tenir de 16 h à 18 h, avec une retransmission prévue sur écran géant, ainsi qu’un relais par des partenaires médias et via YouTube pour permettre une diffusion plus large dans la Caraïbe. L’ambition affichée est nette: faire de la Martinique le centre de la Caraïbe pendant toute la durée de l’événement.
Au-delà du sport, les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 assument aussi un objectif économique et culturel. Faire venir jusqu’à 1 800 personnes signifie remplir des hébergements, générer de la consommation, encourager les locations de véhicules et faire travailler les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. C’est aussi une façon de montrer la culture martiniquaise, notamment à travers les animations prévues lors de l’ouverture et à l’arrivée des délégations.
L’épreuve d’eau libre aux Anses d’Arlets rappelle aussi que la mer est un milieu vivant, fragile, qui mérite d’être protégé. La représentante de l’association présente à la conférence résume sa mission simplement : « apprendre à nager pour découvrir les mers et les protéger. »
Cette dimension éducative dépasse la seule prévention de la noyade. Elle touche aussi à l’appropriation de l’eau par les Martiniquais, à la découverte de la discipline par les plus jeunes et à la volonté, plus large, de renforcer durablement la culture aquatique du territoire.
Une île qui s’affirme
Une phrase prononcée en fin de conférence résume bien l’état d’esprit général : « Nous sommes prêts, et nous ferons des CARIFTA Aquatics Championships 2026 une réussite collective et une grande fierté pour notre territoire. »
Ce que les délégations emporteront le 8 avril au soir, ce n’est pas seulement un classement. C’est une image de la Martinique , celle d’un territoire qui sait accueillir, s’organiser et affirmer son identité. Pendant six jours, toute la Caraïbe sera là. À la Martinique de montrer ce qu’elle sait faire.
Mais les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 veulent aussi laisser une trace après l’événement. La Ligue de Natation de Martinique a terminé la saison 2024-2025 avec environ 2 540 licenciés, une dizaine de clubs affiliés et, en général, 7 à 8 clubs engagés en compétition. Dans cette perspective, les CARIFTA ne sont pas pensés comme une parenthèse, mais comme un accélérateur possible pour susciter des vocations, renforcer les effectifs et installer durablement la natation dans le paysage sportif martiniquais.
Les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 ont aussi fait le choix de ne pas reproduire à l’identique le grand village de 2016. En 2026, l’animation autour de la compétition doit être plus resserrée, avec une grande journée particulièrement mise en avant, afin de concentrer l’énergie et la fréquentation plutôt que d’éparpiller les temps forts.
Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 sont la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, organisée en Martinique du 3 au 8 avril. Vingt-quatre nations y participent en natation course, natation artistique et eau libre, dans des catégories allant de 11 à 17 ans.
Les épreuves de natation course et de natation artistique ont lieu au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin. L’épreuve d’eau libre sur 5 kilomètres se dispute aux Anses d’Arlets le mercredi 8 avril.
La billetterie est accessible sur cariftamartinique2026.com et sur les réseaux sociaux de la Ligue de Natation de Martinique. Tarifs : 10 € le matin, 20 € l’après-midi pour les adultes pass 4 jours à 125 €. La cérémonie d’ouverture au stade Georges Gratiant est gratuite.
Vingt-quatre pays participent : 21 nations anglophones de la Caraïbe, ainsi que la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.
La sélection martiniquaise est menée par cinq capitaines : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons, Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.
Le 23 mars 1648 occupe une place à part dans l’histoire caribéenne. Ce jour-là, Français et Hollandais signent le Traité de Concordia, un accord qui organise le partage de l’île de Saint-Martin. Plus de trois siècles plus tard, cette particularité demeure l’un des faits historiques les plus marquants de la Caraïbe : une même île, deux administrations, une frontière terrestre devenue l’une des plus singulières de la région.
Une île stratégique au cœur des rivalités européennes
Avant d’être divisée, Saint-Martin est d’abord une île convoitée. Sa position au nord des Petites Antilles en fait un point d’appui important, mais ce sont surtout ses salines naturelles qui attirent les Européens au XVIIe siècle. Le sel constitue alors une ressource essentielle pour la conservation des aliments, et donc un enjeu économique majeur. Espagnols, Français et Hollandais s’y succèdent. En 1633, l’Espagne impose son contrôle sur l’île afin de sécuriser ses routes maritimes dans la région. Cette domination reste limitée dans le temps et s’achève à la veille du partage de 1648.
À ce moment-là, Français et Hollandais se retrouvent présents sur l’île, sans qu’aucun ne puisse en revendiquer le contrôle total. La situation impose un choix stratégique : trouver un accord plutôt que s’engager dans un affrontement.
23 mars 1648 : un accord pour structurer le territoire
Le Traité de Concordia, signé le 23 mars 1648, marque un tournant décisif. Français et Hollandais choisissent de partager l’île en deux zones d’administration distinctes. L’accord fixe les bases d’une organisation durable : chaque puissance administre une partie du territoire, tout en maintenant des possibilités de circulation et d’échanges. Ce choix tranche avec les logiques de conquête totale qui dominent à l’époque. Le partage repose ainsi sur un équilibre particulier : une séparation politique claire, mais un territoire qui continue d’être vécu comme un espace commun.
Une frontière issue d’un compromis durable
La frontière de Saint-Martin s’inscrit dès l’origine dans une logique de coexistence. Elle ne se traduit pas par une rupture totale entre les deux parties de l’île. Au fil du temps, son tracé est précisé et encadré, notamment au début du XIXe siècle, sans remettre en cause le principe posé en 1648. Cette évolution progressive explique la stabilité du partage sur la durée. Aujourd’hui encore, la frontière se distingue par une forte fluidité dans les usages quotidiens. Elle reflète directement l’esprit du Traité de Concordia, fondé sur l’équilibre plutôt que sur la séparation stricte.
Deux systèmes, une réalité insulaire partagée
L’héritage du Traité de Concordia est toujours visible dans l’organisation actuelle de l’île. Au nord, la collectivité française de Saint-Martin. Au sud, Sint Maarten, pays constitutif du Royaume des Pays-Bas. Deux cadres politiques, deux systèmes administratifs, deux organisations juridiques coexistent sur un même territoire. Pourtant, les pratiques quotidiennes dépassent largement cette division. Les déplacements, les activités économiques et les relations sociales s’organisent à l’échelle de l’île, bien au-delà de la frontière. Cette réalité contribue à faire de Saint-Martin un cas rare dans la Caraïbe.
378 ans plus tard, un héritage toujours structurant
Le 23 mars 2026 marque les 378 ans du Traité de Concordia. Cette date reste centrale pour comprendre l’organisation de l’île aujourd’hui. Le partage de 1648 a durablement influencé les équilibres politiques, économiques et sociaux. Il a également façonné une manière particulière de vivre un territoire partagé. Dans le contexte caribéen, Saint-Martin se distingue par cette construction historique issue d’un compromis, qui continue d’organiser le fonctionnement de l’île au quotidien.
Comprendre Saint-Martin à travers le Traité de Concordia
Le Traité de Concordia ne se limite pas à un accord signé au XVIIe siècle. Il constitue le point de départ d’une organisation territoriale toujours en place. Saint-Martin ne se résume ni à une division, ni à une juxtaposition de deux territoires. L’île fonctionne comme un espace partagé, structuré par deux souverainetés qui coexistent depuis plus de trois siècles. Comprendre le 23 mars 1648, c’est donc comprendre l’origine de cette singularité caribéenne, encore visible aujourd’hui dans chaque aspect de la vie sur l’île.
L’île de Saint-Martin est divisée en deux territoires depuis le 23 mars 1648, date de signature du Traité de Concordia entre la France et les Provinces-Unies. Après le départ des Espagnols, les deux puissances se retrouvent présentes sur l’île sans qu’aucune ne puisse en prendre le contrôle total. Plutôt que de s’affronter, elles choisissent de partager le territoire. Cette décision donne naissance à une partie française au nord et une partie néerlandaise au sud, une organisation qui existe encore aujourd’hui.
La frontière entre Saint-Martin (partie française) et Sint Maarten (partie néerlandaise) se distingue par sa grande fluidité au quotidien. Elle sépare deux systèmes politiques et administratifs, mais reste facilement franchissable dans les usages courants. Les habitants circulent régulièrement entre les deux côtés de l’île pour travailler, faire leurs achats ou accéder à certains services. Cette situation reflète directement l’héritage du partage établi en 1648.
Le Traité de Concordia a joué un rôle déterminant dans l’histoire de Saint-Martin en organisant son partage officiel entre Français et Hollandais. Signé en 1648, il pose les bases d’une division territoriale durable tout en permettant une coexistence entre les deux parties. Cet accord a structuré l’organisation politique de l’île sur le long terme et continue d’influencer son fonctionnement actuel, faisant de Saint-Martin un territoire unique dans la Caraïbe.
Nommée Directrice générale déléguée en janvier 2026, Karen Virapin devient la première femme ultramarine à accéder à ce niveau de gouvernance au sein d’Air Caraïbes. Une évolution majeure pour la compagnie aérienne, mais aussi un signal fort pour le secteur du transport aérien caribéen. Au-delà du symbole, cette nomination pose une question centrale : quels impacts concrets peut-elle avoir sur la gouvernance, le dialogue social, le réseau régional et la qualité de service ?
Une nomination qui s’inscrit dans la continuité, mais pas dans l’immobilisme
Présente depuis quatorze ans au sein de la compagnie, Karen Virapin n’est pas une figure parachutée. Ancienne Directrice des Ressources Humaines, Karen Virapin a accompagné l’ensemble des transformations structurelles de l’entreprise : évolution de l’organisation, croissance des effectifs, adaptation aux contraintes économiques et sociales du secteur aérien. Son accession au poste de Directrice générale déléguée s’inscrit donc dans une logique de continuité.
Mais continuité ne signifie pas immobilisme. Dans un secteur aussi exposé que l’aérien, marqué par des équilibres fragiles entre coûts, exigences sociales, qualité de service et attentes territoriales, la gouvernance joue un rôle déterminant. Et c’est précisément à ce niveau que cette nomination prend tout son sens.
Première femme ultramarine à ce niveau : un signal pour l’aviation caribéenne
Le transport aérien reste historiquement un univers très masculin, notamment dans les sphères dirigeantes. L’arrivée de Karen Virapin à la direction générale déléguée constitue donc un marqueur fort, à la fois pour la représentation des femmes et pour celle des talents ultramarins.
Ce signal dépasse le cadre interne de la compagnie. Il renvoie à une réalité plus large : la capacité des entreprises opérant en Caraïbe à reconnaître des parcours construits localement, ancrés dans la connaissance fine des territoires, et non uniquement issus de trajectoires extérieures. Cette reconnaissance n’est pas symbolique ; elle peut influencer la manière dont les décisions stratégiques sont prises, hiérarchisées et appliquées.
Dialogue social : un levier stratégique, pas un slogan
Dans l’aérien, le dialogue social n’est jamais un sujet secondaire. Conditions de travail, organisation des plannings, évolution des métiers, pression opérationnelle : chaque arbitrage a des conséquences directes sur la stabilité de l’entreprise et sur l’expérience client.
Le fait que la nouvelle Directrice générale déléguée soit issue des ressources humaines n’est pas anodin. Cela ne garantit ni l’absence de tensions ni des décisions consensuelles, mais cela implique une méthode. Une méthode fondée sur la compréhension des équilibres internes, des attentes des personnels navigants comme des équipes au sol, et des contraintes propres aux dessertes caribéennes.
À moyen terme, l’impact se mesurera moins aux discours qu’à des indicateurs concrets : climat social, capacité à anticiper les conflits, continuité du service en période sensible.
Réseau régional Caraïbe–Guyane : une gouvernance de proximité à l’épreuve des faits
Basée à Pointe-à-Pitre, Karen Virapin incarne une gouvernance ancrée dans les territoires desservis. Ce positionnement géographique n’est pas neutre. Il place la direction au plus près des réalités du réseau régional Antilles–Guyane, souvent confronté à des enjeux spécifiques : régularité des vols, correspondances, continuité territoriale, attentes des résidents comme des professionnels du tourisme.
La question n’est pas seulement celle du maintien des lignes, mais de leur cohérence globale. Comment articuler réseau régional et transatlantique ? Comment garantir une offre lisible et fiable dans un contexte de concurrence accrue et de pression sur les coûts ? Là encore, les décisions à venir permettront d’évaluer la portée réelle de cette gouvernance dite « de proximité ».
Qualité de service : maintenir l’exigence dans un contexte de transformation
L’un des défis majeurs pour toute compagnie aérienne réside dans sa capacité à se transformer sans dégrader la qualité perçue par les passagers. Modernisation de la flotte, réorganisation interne, ajustements opérationnels : chaque évolution comporte un risque sur l’expérience client.
Dans ce contexte, la trajectoire de la nouvelle Directrice générale déléguée sera observée sur un point précis : la cohérence entre transformation interne et promesse de service. Ponctualité, régularité, qualité de l’accueil, gestion des situations perturbées constituent autant de marqueurs concrets pour les passagers et pour les territoires dépendants de la connectivité aérienne.
Ce que les territoires peuvent observer dans les prochains mois
Pour les Antilles et la Guyane, l’enjeu dépasse largement la gouvernance interne. Il touche à la mobilité, au tourisme, à l’attractivité économique et à la vie quotidienne. Les impacts concrets de cette nomination pourront être évalués à travers plusieurs signaux faibles mais révélateurs : stabilité sociale, lisibilité de l’offre régionale, continuité des dessertes, capacité d’adaptation face aux aléas. Il ne s’agit pas d’attendre des ruptures spectaculaires, mais d’observer si la promesse d’une direction ancrée, attentive aux réalités caribéennes, se traduit dans les faits.
Une nomination observée bien au-delà de la compagnie
En accédant à la direction générale déléguée, Karen Virapin ne devient pas seulement un visage de la gouvernance d’Air Caraïbes. Elle incarne aussi une évolution plus large du rapport entre entreprises, territoires et leadership dans la Caraïbe française. Une évolution encore fragile, mais porteuse d’enjeux structurants. Les prochains mois diront si cette nomination de Karen Virapin marque un simple jalon symbolique ou une étape durable dans la manière de penser la gouvernance du transport aérien caribéen.
Karen Virapin est une dirigeante française originaire de Guadeloupe, nommée Directrice générale déléguée d’Air Caraïbes en janvier 2026. Présente au sein de la compagnie depuis quatorze ans, elle y a occupé pendant plus d’une décennie le poste de Directrice des Ressources Humaines.
Son parcours s’est construit à la fois dans l’Hexagone et aux Antilles, avec une solide expérience du pilotage organisationnel et du dialogue social dans un secteur aérien exigeant. Sa nomination fait d’elle la première femme ultramarine à accéder à ce niveau de gouvernance au sein de la compagnie.
La Directrice générale déléguée occupe un poste exécutif de premier plan au sein de la gouvernance. Elle travaille en étroite coordination avec la direction générale et participe directement aux décisions stratégiques, opérationnelles et organisationnelles de la compagnie.
- – la supervision de l’organisation interne,
- – le pilotage des transformations structurelles,
- – le dialogue social avec les équipes,
- – la cohérence entre stratégie économique, contraintes opérationnelles et qualité de service.
Air Caraïbes joue un rôle central dans la connectivité aérienne des Antilles et de la Guyane. La compagnie assure à la fois :
- – des liaisons transatlantiques essentielles avec l’Hexagone,
- – un réseau régional structurant pour la mobilité intra-caribéenne.
L’ALEFPA – Association Laïque pour l’Éducation, la Formation, la Prévention et l’Autonomie – porte une conviction simple : personne ne doit être réduit à sa fragilité. Derrière chaque histoire, chaque silence, chaque difficulté, il y a une personne qui cherche un appui, un espace où se reconstruire, un regard qui ne juge pas.
Enfants placés, adultes en grande vulnérabilité, personnes en situation de handicap, femmes victimes de violences, aînés isolés : quelle que soit l’histoire, l’ALEFPA apporte ce qui devient essentiel quand tout vacille — un endroit où se poser et des professionnels qui restent à vos côtés.
Aux Antilles – en Martinique, Saint-Martin et Guadeloupe y compris Marie-Galante – cette mission prend une dimension encore plus intime. Les équipes y travaillent au plus près des réalités du terrain, au rythme des vies, des urgences, des îles et de leurs cultures. Elles connaissent les acteurs sociaux, les habitudes locales, les manques, les forces, les solidarités invisibles.
Les équipes de l’ALEFPA y œuvrent avec une conviction forte : accompagner pour redonner une place, une dignité, un rythme, un avenir.
Une gouvernance ancrée dans l’humain
À la tête de l’association, le président de l’ALEFPA, Daniel Dubois, le directeur Olivier Baron et le responsable Antilles, Michel Cailloux, partagent une vision commune : l’action sociale n’a de sens que si elle reste proche du terrain et des personnes accompagnées.
Daniel Dubois incarne cette approche.
Éducateur spécialisé de formation, ancien chef de service, directeur d’établissement, directeur général, puis Président de cette grande association, il connaît chaque étage du travail social. « Quand on voit le sourire des personnes que l’on accompagne, c’est notre salaire », confie-t-il.
Cette phrase résume l’esprit qui guide chaque décision de l’ALEFPA.
Lors de dernier séjour aux Antilles, les dirigeants retrouvent une identité caribéenne forte, chaleureuse, où la singularité est vécue comme une richesse.
Olivier Baron rappelle souvent que l’ALEFPA accompagne “de 6 mois à 101 ans”, une manière de souligner la diversité des vies soutenues par l’association.
Lors du dernier séminaire, il a d’ailleurs mis en avant une expression créole qui en a été le fil conducteur : “Sé an lanmen ka lave lòt.” Une main lave l’autre. Une manière simple et puissante de rappeler que l’on avance toujours mieux ensemble, dans l’esprit du “faire ensemble” qui guide l’ALEFPA.
Michel Cailloux, basé en Guadeloupe, joue un rôle essentiel : présence quotidienne, soutien aux équipes, compréhension fine des réalités insulaires. Il fait remonter ce que vivent les professionnels, mais aussi ce que disent les territoires.
Ensemble, ils appliquent une méthode claire : écouter avant d’agir, adapter chaque projet à la réalité des îles, et construire des solutions qui respectent les rythmes, les cultures et les besoins de chaque communauté.
À Saint-Martin, créer un espace où l’on peut souffler
À Saint‑Martin, l’ALEFPA accompagne des adultes dont les parcours sont souvent marqués par des ruptures profondes, des années de précarité ou d’errance. Lors de sa dernière visite, Daniel Dubois a été frappé par l’état des locaux : malgré l’engagement remarquable des équipes, le lieu n’offrait plus les conditions d’accueil dignes que ces personnes devraient trouver lorsqu’elles cherchent à se stabiliser.
De ce constat est née une décision forte : transformer l’établissement en une véritable Cité de la dignité. Ce projet vise à repenser totalement l’espace pour offrir davantage de confort, d’intimité et de respect — trois éléments essentiels pour permettre à quelqu’un de reprendre souffle.
La future Cité offrira un cadre plus chaleureux, mieux adapté aux besoins du quotidien, et un accompagnement structuré pour aider chacun à retrouver des repères, réorganiser sa vie et reconstruire progressivement sa confiance. Ici, l’objectif n’est pas seulement d’héberger, mais de créer un lieu où l’on peut enfin se poser, respirer et envisager un lendemain plus stable.
Par ailleurs, près de 700 personnes dépendent chaque semaine de l’épicerie solidaire de l’ALEFPA. Un chiffre qui dit, à lui seul, l’importance de renforcer les conditions d’accueil pour que chacun puisse retrouver un espace où se poser, reprendre souffle et reconstruire un minimum de stabilité.
En Martinique, avancer vers une nouvelle stabilité
En Martinique, l’ALEFPA accompagne des hommes qui sortent de longues périodes d’errance ou d’instabilité, souvent après un vécu marqué par la rue ou des fragilités psychiques.
Beaucoup ont la même sensation : Pour certains, cela faisait des années qu’ils n’avaient pas dormi derrière une porte qui se ferme, retrouvé un rythme, pris soin d’eux.
Ces avancées modestes — un repas chaud, un lit, une routine — sont souvent le point de départ d’une reconstruction profonde.
Prochainement, un centre d’accueil pour personnes sortant de détention ouvrira à Fort-de-France, à proximité du tribunal.
Ce lieu offrira une transition sécurisée : écoute, accompagnement, repères, orientation et soutien dans les démarches essentielles.
La Kou Rosalie-Soleil (Cour Rosalie-Soleil), située dans un autre secteur de Fort-de-France, accueille des femmes victimes de violences conjugales ou intrafamiliales.
L’accompagnement se fait au rythme de chacune, sans brusquer, en recréant d’abord un environnement protecteur. Les équipes offrent écoute, soutien psychologique, sécurisation matérielle et travail vers l’autonomie.
Chaque histoire est unique, chaque progression est valorisée.
En Guadeloupe, y compris à Marie-Galante, l’insertion par les talents locaux
En Guadeloupe et à Marie‑Galante, l’ALEFPA mise sur les richesses du territoire pour accompagner les personnes vers plus d’autonomie.
Ici, l’insertion passe par les savoir‑faire locaux, les gestes ancestraux, la terre, l’eau, la transformation des produits du pays.
Dans les ESAT et les structures d’insertion, les ateliers deviennent des espaces de fierté, où chacun retrouve une utilité, un rythme, une place.
On y cultive des jardins créoles sans pesticides, on y transforme des fruits locaux, on y produit des farines traditionnelles, on y fait sécher des fruits du pays.
L’Aquaponie, installée parfois jusque dans les écoles, permet aux enfants de nourrir les poissons et de récolter les salades : un apprentissage concret, durable, qui reconnecte au vivant et au territoire.
Ces activités ne sont pas seulement professionnelles : elles redonnent confiance. Elles permettent d’être acteur de quelque chose, de sentir que l’on contribue, que l’on progresse. Pour beaucoup de personnes accompagnées, retrouver un rôle, même modeste, est un pas immense vers la stabilité.
Un autre enjeu fort traverse ces établissements : le vieillissement des personnes accompagnées au sein des ESAT (Établissements et Services d’Aide par le Travail). Pour celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie dans ces structures, comment préserver les repères lorsqu’ils avancent en âge ?
L’ALEFPA réfléchit à de petites unités de vie, créées à proximité des lieux où ces personnes ont toujours évolué. Des espaces à taille humaine, familiers, qui permettent de vieillir sans être déraciné. Garder ses repères, ses liens, son environnement — c’est préserver sa dignité.
Convaincre plutôt que contraindre : un principe fondateur
Daniel Dubois le répète souvent : on n’aide pas quelqu’un en le forçant, mais en l’aidant à retrouver l’envie et la capacité d’avancer. À l’ALEFPA, l’accompagnement repose sur une posture simple et exigeante : écouter, dialoguer, valoriser chaque petite progression.
Beaucoup des personnes accueillies arrivent meurtries, méfiantes, parfois fatiguées de ne plus croire en elles-mêmes. Le rôle des équipes n’est pas de les contraindre, mais de leur montrer, pas à pas, qu’elles ont encore des ressources, des capacités, des possibilités.
“Notre travail, c’est d’aider chacun à prendre conscience de ce qu’il peut faire”, explique-t-il souvent. Cette approche change tout : elle redonne de la confiance, elle restaure la dignité, elle brise le regard réducteur que la société porte parfois sur les personnes en situation de vulnérabilité.
À l’ALEFPA, aucune personne n’est un dossier. Chacun est une histoire, une identité, une culture, un potentiel.
La culture et le sport comme leviers de fierté et d’appartenance
La culture occupe une place essentielle dans l’ALEFPA : elle crée du lien, réveille la mémoire, rassemble et redonne de la fierté. Chaque année, l’association porte un projet culturel national qui associe l’ensemble de ses établissements.
Cette année, le thème commun est « Cuisine, santé & Territoires », un sujet qui prend une résonance particulière dans la Caraïbe.
En Martinique, en Guadeloupe, à Marie‑Galante et à Saint‑Martin, les équipes recueillent des recettes familiales, des plats transmis de génération en génération, des souvenirs liés à l’enfance, des histoires autour d’un fruit, d’un marché, d’un geste.
Ces contributions seront rassemblées dans un livre collectif, un ouvrage qui mettra en lumière la diversité culinaire et culturelle des territoires, mais aussi les voix et les parcours de ceux qui y participent.
Mais l’essentiel est ailleurs : cuisiner ensemble, raconter, partager, c’est déjà reconstruire l’estime de soi, tisser des liens et valoriser ce qui fait identité.
D’autres initiatives culturelles et sportives rythment l’année, comme les Aléfpiades solidaires ou les raids à vélo. Ces événements rassemblent des participants venus de toutes les régions où se présente l’ALEFPA, parfois pour vivre leur premier voyage hors de leur territoire. Ce sont des moments où l’on se dépasse, où l’on s’encourage, où l’on découvre que l’on peut aller plus loin que ce que l’on pensait.
Ici encore, l’objectif est le même : ouvrir des horizons, permettre aux personnes accompagnées de se projeter, d’oser, de s’inscrire dans une dynamique collective. Ici, le sport devient un pont entre les territoires, un moteur de confiance, une manière de dire : « Nous avons tous une histoire qui mérite d’être reconnue. »
Ancrage local, horizon large
Olivier Baron aime citer Édouard Glissant :
« Agis dans ton lieu et pense avec le monde. »
Cette phrase résume l’esprit de l’ALEFPA. Implantée depuis plus de quarante ans dans la Caraïbe, l’association agit au cœur des territoires tout en s’inspirant de pratiques venues d’ailleurs. Chaque projet nourrit les autres. Chaque expérience locale enrichit la vision nationale.
Au fil des parcours accompagnés, une phrase revient, simple et essentielle :
“J’ai ma place.”
Une place dans un atelier… à table... dans la communauté.
C'est cela, au fond, la mission de l'ALEFPA : rappeler à chacun qu'il n'est pas de trop et qu'il compte.
FAQ
L’ALEFPA (Association Laïque pour l’Éducation, la Formation, la Prévention et l’Autonomie) accompagne des personnes en situation de vulnérabilité à chaque étape de la vie. Sa mission est de proposer un cadre, des professionnels et des solutions concrètes pour restaurer la dignité, retrouver une stabilité, et avancer vers plus d’autonomie.
Aux Antilles, l’ALEFPA agit au plus près des réalités locales : accueil et accompagnement d’adultes fragilisés, soutien aux femmes victimes de violences, insertion via les ESAT et des ateliers ancrés dans les savoir-faire du territoire, et réponses aux urgences sociales comme l’épicerie solidaire. L’objectif reste le même : redonner une place et des repères, sans jugement.
L’article met en avant plusieurs priorités : à Saint-Martin, la transformation d’un établissement en « Cité de la dignité » pour améliorer l’accueil ; en Martinique, l’ouverture à venir d’un centre d’accueil pour personnes sortant de détention à Fort-de-France et l’action de la Kou Rosalie-Soleil pour les femmes victimes de violences ; en Guadeloupe et à Marie-Galante, l’insertion par les talents locaux, ainsi que la réflexion sur le vieillissement des personnes en ESAT.
En Martinique, en Guadeloupe ou à Saint-Martin, la solidarité reste une force tranquille. Elle s’incarne dans les gestes du quotidien, dans l’attention portée à l’autre et dans la conviction partagée qu’aucune vulnérabilité n’est une fatalité. C’est dans cet esprit que l’ALEFPA (Association Laïque pour l’Éducation, la Formation, la Prévention et l’Autonomie) poursuit depuis plus de soixante ans une mission simple et humaine : accompagner chaque personne, à chaque étape de sa vie, vers plus d’autonomie et de dignité.
Une présence historique et des racines caribéennes solides
Présente dans l’ensemble du territoire français, l’ALEFPA agit chaque année auprès de 20 000 personnes grâce à 250 établissements et plus de 4 000 salariés.
Dans la Caraïbe, l’ALEFPA s’est implantée durablement :
- – En Guadeloupe, dès 1981, avec l’Institut Médico-Éducatif Denis Forestier ;
- – En Martinique, depuis 2012, avec le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale Rosannie Soleil ;
- – À Saint-Martin, depuis 2020, avec le CHRS Le Manteau.
Au total, 37 structures de l’ALEFPA accueillent et accompagnent 2 763 bénéficiaires, soutenus par 311 équivalents temps plein. Ce réseau d’acteurs locaux incarne une solidarité ancrée dans les réalités de terrain.
Renforcer le lien social
Les 28 et 29 octobre 2025, l’ALEFPA a organisé deux journées majeures en Martinique, marquées par la venue du président Daniel Dubois et du directeur général Olivier Baron.
Le 28 octobre, les représentants ont visité le Service Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs (SMJPM) à Fort-de-France. Cette rencontre a permis de valoriser le travail des équipes locales qui accompagnent les personnes majeures vulnérables dans leurs démarches juridiques, sociales et humaines.
Le lendemain, l’ALEFPA et la Société Immobilière de la Martinique (SIMAR) ont signé à Schœlcher une convention APL Foyer pour développer de nouvelles solutions de logement social et inclusif. Ce partenariat s’adresse aux personnes âgées, en situation de handicap ou en grande précarité, et s’inscrit dans le cadre du programme national IDRA, soutenu par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) et la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV).
« Ces deux journées symbolisent notre volonté d’ancrer durablement l’action de l’ALEFPA dans les réalités martiniquaises, aux côtés des institutions et acteurs sociaux du territoire », a déclaré Daniel Dubois.
« Agir avec nos partenaires pour que chaque personne vulnérable puisse accéder à un logement digne et à un accompagnement adapté », a ajouté Olivier Baron
Lakou Rosannie Soleil, symbole d’un habitat partagé
À Fort-de-France, le Lakou Rosannie Soleil illustre cette philosophie caribéenne de la solidarité concrète.
Ce site, propriété de la SIMAR et géré par l’ALEFPA, regroupe 57 logements mêlant centre d’hébergement et de réinsertion sociale, maison-relais et résidence d’accueil.
Le mot lakou – la cour partagée des maisons créoles – y prend tout son sens : un espace collectif où l’entraide structure la vie quotidienne.
Deux nouvelles résidences autonomie ALEFPA doivent également voir le jour en Martinique d’ici 2026-2027, prolongeant cette dynamique inclusive déjà amorcée à La Réunion.
Un contexte social exigeant et des réponses locales
En Martinique, près d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, et les difficultés d’accès au logement touchent particulièrement les retraités modestes, les personnes en situation de handicap et les familles en grande précarité.
Face à ce constat, l’ALEFPA agit en lien étroit avec les collectivités locales, l’Agence Régionale de Santé (ARS), la Caisse d’Allocations Familiales (CAF), la Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) et les bailleurs sociaux.
Sa gouvernance intègre des administrateurs ultramarins, garantissant une action en phase avec les besoins du territoire.
En Guadeloupe et à Saint-Martin, inclusion et créativité
En Guadeloupe, la solidarité se cultive littéralement : l’Établissement et Service d’Aide par le Travail (ESAT) La Ravine Bleue de Pointe-Noire a lancé un jardin nourricier en aquaponie, en partenariat avec l’association L’Effet Papillon.
Les travailleurs en situation de handicap y apprennent à produire autrement, dans une logique respectueuse de la nature et de l’économie circulaire.
À Saint-Martin, l’action de l’ALEFPA s’étend à la prévention et à la sensibilisation. L’artiste Esy Kennenga est intervenu auprès des jeunes pour dénoncer les violences faites aux femmes, illustrant le lien entre culture, éducation et inclusion.
Marie-Galante : garantir la continuité médico-sociale
Autre moment fort de 2025 : la reprise de l’Association des Parents et Amis des Enfants Inadaptés (APAEI) de Marie-Galante par l’ALEFPA, confirmée par le tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre le 22 août 2025.
Cette décision a permis de maintenir 73 emplois et d’assurer la continuité de l’accompagnement médico-social, avec le soutien de l’ARS et des collectivités locales.
Une démarche responsable et humaine, fidèle à la vocation de l’ALEFPA : ne jamais rompre le lien avec les plus fragiles.
Une solidarité durable et engagée
Engagée dans une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), l’ALEFPA conjugue inclusion sociale, respect de l’environnement et innovation.
De la Guadeloupe à la Martinique, ses initiatives tissent un réseau de solidarité durable où le social, le sanitaire et l’éducatif s’allient pour recréer du lien.
À travers ces actions, l’ALEFPA confirme qu’en Caraïbe, la solidarité n’est pas un mot mais un mode de vie.
Dans les lakou, les résidences, les jardins et les structures d’accueil, l’association prolonge une tradition de proximité et d’humanité.
Un engagement discret mais profond, qui rappelle que la Caraïbe se construit avant tout dans la chaleur humaine, le respect et la confiance retrouvée.
La Conférence de l’Aérien 2025 se déroulera à Cayenne, en Guyane, les 23 et 24 octobre prochains. Cet événement confirme l’engagement pris lors de la première édition en 2024 en Martinique : donner à la Guyane la responsabilité d’accueillir la suite.
Cette deuxième édition intervient dans un contexte marqué par la nécessité de renforcer la connectivité régionale, d’accélérer la transition écologique et de préparer l’avenir spatial. La Conférence de l’Aérien 2025 s’annonce comme un rendez-vous stratégique pour toute la région Antilles-Guyane.
Six ateliers préparatoires pour poser les bases de la conférence
En septembre, six ateliers préparatoires ont rassemblé aéroports, compagnies aériennes, autorités de l’aviation, collectivités, experts du spatial et acteurs économiques. Ces séances de travail ont permis de dresser un diagnostic et de tracer les grandes lignes qui structureront la Conférence de l’Aérien 2025.
1. Connectivités multi-échelles et compagnies émergentes
L’arrivée de nouveaux opérateurs comme Caribbean Airlines, l’essor de St-Barth Executive et l’ouverture de liaisons spécifiques (vers Cap-Haïtien, par Sunrise) ont marqué les discussions. Les participants ont cependant souligné le poids du cadre réglementaire européen, plus strict que celui d’autres pays de la Caraïbe, et rappelé que les compagnies exigent désormais un partage du risque avec les territoires.
2. Gouvernance et performance aéroportuaire
Un panorama comparatif a mis en lumière la diversité des modèles de gestion : concessions en Martinique, Guadeloupe et Guyane, gestion par les collectivités à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, modèle de société d’État à la Barbade avec un projet de PPP. Les échanges ont convergé sur la nécessité de créer une instance régionale plus technique que politique pour renforcer la coopération entre plateformes.
3. Compétences et synergies aérospatiales
La préparation de la Conférence de l’Aérien Antilles-Guyane a aussi mis en avant l’urgence de structurer un référentiel commun des métiers aéronautiques et spatiaux. Maintenance, télépilotage de drones, ingénierie spatiale : les besoins sont nombreux et stratégiques. La création d’un cluster aérospatial caribéen a été retenue comme outil prioritaire pour fédérer rectorats, universités, CNES et ENAC.
4. Transition écologique et aérien durable
La perspective de la COP30 au Brésil a donné le ton des échanges : la réduction de l’empreinte carbone est devenue centrale. Air France-KLM a détaillé sa stratégie (modernisation de la flotte, 10 % de carburants durables d’ici 2030), tandis que la SARA a présenté ses projets de production locale de biocarburants. Les aéroports de la région ont insisté sur leurs actions en matière de résilience climatique et d’énergies renouvelables.
La création d’une plateforme d’achats groupés de SAF et un plaidoyer commun auprès de l’Union européenne pour adapter le système ETS ont été identifiés comme priorités.
5. Fret, logistique et intégration régionale
Les constats sont clairs : le fret accuse un retard structurel, particulièrement à Cayenne. Le projet EFTI4All a été mis en avant comme levier de digitalisation et de simplification des procédures douanières. Les participants ont souligné l’importance d’accompagner les PME/TPE pour éviter une fracture numérique et d’exploiter le potentiel des zones franches afin de stimuler les exportations.
6. Financement et innovation
L’atelier a mis en lumière les difficultés de financement de projets stratégiques comme Flying Whales en Guyane, tout en proposant la création d’un fonds d’investissement régional. Les institutions financières (AFD, BPI, SEM patrimoniale, banques caribéennes) ont été identifiées comme partenaires incontournables. Tous les acteurs se sont accordés sur la priorité d’officialiser le cluster aérien et spatial lors de la Conférence de l’Aérien 2025.
Le programme officiel des 23 et 24 octobre 2025
Les tables rondes et plénières annoncées viendront donner un cadre concret aux priorités issues des ateliers préparatoires. Le déroulé des deux jours permettra à la Conférence de l’Aérien 2025 de passer de la réflexion stratégique à des engagements opérationnels.
Jour 1 – Jeudi 23 octobre 2025, Cayenne
- 🕐 12h30 – 14h00 : Déjeuner inaugural.
- 🕐 14h00 – 16h00 : Plénière d’ouverture – Connecter le bassin : des liaisons inter-îles aux passerelles internationales – vers un espace aérien intégré Antilles-Guyane – Plateau des Guyanes.
- 🕐 16h00 – 18h00 : Table Ronde n°1 – De l’aérien au spatial : forger les compétences et les innovations pour un avenir durable et partagé.
- 🕐 19h00 : Cocktail de bienvenue.
Jour 2 – Vendredi 24 octobre 2025
- 🕐 09h00 – 09h45 : Plénière d’ouverture.
- 🕐 10h00 – 12h00 : Table Ronde n°2 – Plateformes aéroportuaires : moteurs de compétitivité et de coopération régionale.
- 🕐 12h00 – 13h30 : Déjeuner.
- 🕐 13h30 – 15h00 : Table Ronde n°3 – Fret et logistique : construire les chaînes de valeur de demain du Plateau des Guyanes et de la Grande Caraïbe.
- 🕐 15h30 – 17h30 : Table Ronde n°4 – Investir dans l’aérien : financements et partenariats pour une croissance soutenue.
- 🕐 17h30 – 18h00 : Plénière de clôture.
Des enjeux stratégiques pour la région
L’édition 2025 de la Conférence de l’Aérien 2025 ambitionne d’apporter des réponses claires à plusieurs défis majeurs. La Conférence de l’Aérien 2025 vise à assurer la continuité des liaisons inter-îles, à renforcer la formation, à accélérer la transition écologique et à moderniser le fret. Elle doit aussi poser les bases d’un fonds régional, en officialisant des partenariats public-privé.
Une dimension politique affirmée
La Conférence de l’Aérien 2025 dépasse le cadre technique : elle symbolise une volonté politique forte. Après la Martinique en 2024, la Guyane tient sa promesse d’organiser cette deuxième édition et affirme sa place stratégique dans la coopération caribéenne.
Les 23 et 24 octobre, Cayenne deviendra le point de convergence des ambitions aériennes et spatiales régionales. Avec la Conférence de l’Aérien 2025, la région franchira une nouvelle étape dans sa coopération.
Saint-Martin s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa connectivité aérienne. Plusieurs compagnies, régionales et américaines, ont annoncé l’ouverture de liaisons inédites ou l’augmentation de fréquences existantes. Ces annonces renforcent l’accessibilité de l’île et consolident son rôle de hub caribéen. Dans ce contexte, les vols directs vers Saint Martin deviennent un levier majeur pour soutenir le tourisme et l’économie locale.
Contour Airlines : un lien renforcé avec Porto Rico
À partir du 14 novembre 2025, Contour Airlines assurera une nouvelle liaison directe entre San Juan (Porto Rico) et l’aéroport international Princess Juliana (SXM). Trois rotations par semaine sont prévues : mardi, vendredi et dimanche.
La compagnie opérera des appareils régionaux de 30 sièges, un format adapté aux liaisons courtes et aux flux réguliers. Ce service est stratégique : il rapproche davantage Saint-Martin du reste des Petites Antilles, simplifie les déplacements professionnels et offre aux touristes régionaux un accès direct à l’île.
Avec cette annonce, Contour confirme l’importance des Vols directs vers Saint Martin dans la structuration d’un réseau aérien caribéen efficace et complémentaire aux routes internationales.
Southwest Airlines : Orlando et Baltimore au départ de 2026
L’arrivée de Southwest Airlines constitue une avancée majeure pour Saint-Martin. Dès le 7 avril 2026, un vol quotidien reliera Orlando (MCO) à l’île. Deux jours plus tard, à partir du 9 avril 2026, une liaison le week-end sera inaugurée au départ de Baltimore/Washington (BWI).
Ces ouvertures sont stratégiques. Orlando est une métropole touristique en pleine expansion et un marché émetteur important. Baltimore, de son côté, donne accès à une vaste clientèle de la côte Est. Avec ces nouvelles dessertes, les voyageurs bénéficieront de davantage de Vols directs vers Saint Martin, ce qui réduira le temps de trajet et favorisera une hausse des arrivées touristiques.
JetBlue : renforcement au départ de Boston
JetBlue, déjà présente sur plusieurs axes caribéens, a confirmé l’augmentation de sa desserte vers Saint-Martin. Dès le 18 décembre 2025, la liaison entre Boston Logan (BOS) et SXM passera en fréquence quotidienne, contre seulement quelques vols par semaine auparavant.
Cette évolution témoigne d’une demande en croissance constante pour les Vols directs vers Saint Martin depuis le nord-est des États-Unis. Boston représente un marché stratégique, notamment auprès d’une clientèle haut de gamme, attirée par les séjours balnéaires et les services hôteliers de qualité. En parallèle, JetBlue continue de renforcer ses positions depuis Fort Lauderdale, consolidant sa place d’acteur majeur dans les liaisons aériennes caribéennes.
Frontier Airlines : un accès inédit depuis Atlanta
La low-cost Frontier Airlines a choisi de s’implanter sur le marché de Saint-Martin avec une nouvelle route reliant Atlanta (ATL) à SXM. Ce service débutera le 6 décembre 2025, à raison d’un vol hebdomadaire.
Atlanta est l’un des plus grands hubs aériens du monde, reliant la quasi-totalité des grandes villes américaines. Grâce à cette ouverture, Saint-Martin bénéficie d’un accès élargi à un marché immense. Même si la fréquence reste limitée, ce développement confirme la tendance générale : la multiplication des Vols directs vers Saint Martin est au cœur des stratégies des compagnies aériennes cherchant à élargir leur présence dans les Caraïbes.
Retombées économiques et touristiques attendues
L’impact de ces annonces dépasse largement le secteur aérien. Le tourisme représente le pilier central de l’économie saint-martinoise, et chaque nouveau vol direct contribue à accroître l’attractivité de la destination.
L’augmentation des Vols directs vers Saint Martin offre plusieurs avantages :
- Un accès facilité depuis des villes stratégiques américaines comme Orlando, Boston, Baltimore et Atlanta.
- Une diversification des marchés émetteurs, réduisant la dépendance à certaines zones géographiques.
- Une compétitivité renforcée, puisque la présence de plusieurs compagnies favorise la concurrence tarifaire.
- Une croissance durable pour les secteurs hôteliers, de la restauration et des services liés au tourisme.
En parallèle, les habitants et les professionnels de l’île bénéficient aussi d’un réseau élargi pour leurs déplacements régionaux et internationaux.
Saint-Martin, carrefour aérien caribéen
L’aéroport international Princess Juliana, déjà célèbre pour sa piste unique longeant la plage de Maho, confirme sa position stratégique. L’arrivée combinée de Contour Airlines, Southwest, JetBlue et Frontier témoigne de l’attractivité de Saint-Martin auprès des compagnies aériennes.
Ces nouvelles routes s’inscrivent dans une dynamique où la demande pour des Vols directs vers Saint Martin ne cesse de croître. Elles renforcent le rôle de l’île comme porte d’entrée privilégiée vers les Petites Antilles et comme hub touristique dans la région.
L’ouverture de nouvelles liaisons et l’augmentation de fréquences par Contour Airlines, Southwest, JetBlue et Frontier constituent un signal fort pour l’avenir touristique et économique de Saint-Martin. Les Vols directs vers Saint Martin deviennent un atout stratégique, en offrant aux voyageurs un accès simplifié et en consolidant l’attractivité de la destination.
À partir de fin 2025 et début 2026, les passagers auront plus que jamais la possibilité de rejoindre l’île sans escale, renforçant son statut de carrefour incontournable de la Caraïbe.
La plage de Grandes Cayes se hisse en tête dès que l’on évoque la beauté sauvage et authentique de Saint-Martin. Ce littoral, protégé par la Réserve Naturelle Nationale, offre un décor où la nature règne en maître, loin des foules et de l’agitation. Au fil des années, la plage de Grandes Cayes a su conserver son identité : autrefois le lieu de rassemblement des familles pour les barbecues dominicaux, aujourd’hui un espace préservé où le sable blanc s’étend à perte de vue, sous le regard paisible de l’île de Tintamarre.
Une richesse écologique exceptionnelle
Un site classé en Réserve Naturelle Nationale
Il ne suffit pas d’un simple coup d’œil pour saisir toute la biodiversité qui anime la plage de Grandes Cayes. La majorité du site bénéficie d’un statut de protection intégrale. À chaque saison, les tortues marines choisissent cette plage pour y déposer leurs œufs, préservant ainsi un cycle naturel précieux. La végétation littorale, dominée par des cactus majestueux et d’autres espèces xérophiles, façonne un paysage typique du nord de Saint-Martin, au pied du massif de Red Rock.
Une faune et une flore remarquables
Le relief entourant la plage de Grandes Cayes abrite des gommiers rouges, des mapous, des poiriers pays ou encore le rare gaïac, tous protégés par la réglementation stricte de la réserve. Les promeneurs attentifs y distingueront peut-être des orchidées rares ou des iguanes rayés, espèce aujourd’hui envahissante ayant remplacé l’iguane des Petites Antilles. Ce territoire est aussi le refuge de lézards endémiques, tels que les anolis, scinques et geckos, véritables petits gardiens de ce patrimoine écologique.
Des paysages façonnés par la mer et la roche
Un front de mer spectaculaire
Les rouleaux de l’Atlantique viennent lécher la plage de Grandes Cayes, exposée plein nord-est, mais la barrière corallienne protège la baie et l’îlet Pinel des assauts les plus puissants. Ce récif, enserrant une passe étroite, sert d’abri aux herbiers marins. Entre trois et sept mètres de profondeur, raies, tortues et requins s’y croisent fréquemment : ce sanctuaire sert de nurserie à nombre d’espèces aquatiques, comme l’explique Julien Chalifour, directeur adjoint de la Réserve Naturelle.
Deux sentiers pour s’immerger dans la nature
Le site n’est pas qu’une destination de contemplation ; il invite aussi à la découverte pédestre. Au nord, le sentier des Froussards guide les marcheurs jusqu’à l’anse Marcel, serpentant à travers une végétation luxuriante. Au sud, une autre piste longe la colline par le littoral, promettant des points de vue saisissants sur l’îlet Pinel et la mer en contrebas.
Un lieu authentique, loin de l’aménagement touristique
Sérénité et simplicité absolues
La plage de Grandes Cayes offre une expérience rare dans la Caraïbe : ici, aucun aménagement, aucun service, rien que le calme et l’espace pour renouer avec l’essentiel. Il est conseillé d’apporter de quoi se restaurer et s’hydrater, car la nature reprend ses droits. L’endroit respire la paix, et l’on croise à peine d’autres promeneurs : idéal pour qui cherche la tranquillité loin des plages conventionnelles.
Un patrimoine à protéger
Forte de sa biodiversité, la plage de Grandes Cayes fait l’objet d’un projet de restauration visant à renforcer sa protection. Ce chantier, en cours d’élaboration, témoigne de l’engagement constant en faveur d’une gestion raisonnée du site, pour que chacun, expert naturaliste ou visiteur curieux, y trouve matière à s’émerveiller et à apprendre.
Grandes Cayes, la promesse d’un retour à l’essentiel
En foulant le sable de la plage de Grandes Cayes, c’est tout Saint-Martin qui se dévoile dans sa version la plus brute et la plus authentique. Loin des clichés, ce coin préservé distille une impression de bout du monde, où la nature se donne à voir sans artifice. Que vous soyez passionné d’écologie ou simplement en quête d’une parenthèse apaisante, il suffit de se laisser porter par la magie de cet espace singulier.
Au nord des Petites Antilles, l’île de Saint-Martin abrite des écosystèmes marins d’une richesse remarquable. Récifs coralliens, herbiers, mangroves, tortues et mammifères marins cohabitent dans un environnement aussi fragile qu’essentiel pour le territoire.
Une biodiversité exceptionnelle sous pression
Les écosystèmes marins de Saint-Martin forment un patrimoine naturel d’une rare complexité. L’île, divisée entre la France et les Pays-Bas, concentre une variété d’habitats côtiers et sous-marins : récifs frangeants et barrières, herbiers marins et mangroves. À eux seuls, les récifs couvrent près de 19,4 km² autour de l’île, principalement autour de la Baie Orientale, Coralita, le Galion ou Grandes Cayes.
La Réserve Naturelle recense plus de 1 040 espèces marines, dont une trentaine de coraux et plus de 500 mollusques. On y observe une diversité impressionnante de poissons récifaux, tortues marines, étoiles de mer, oursins, anémones, et mammifères marins — dont les dauphins, cachalots et baleines à bosse.
Ces écosystèmes marins de Saint-Martin servent de refuge, de nurserie et de zone d’alimentation pour des espèces emblématiques telles que la tortue verte, la tortue imbriquée et la tortue luth. De mars à novembre, plusieurs plages de l’île deviennent des sites de ponte cruciaux pour ces reptiles protégés.
Récifs, herbiers, mangroves : des rôles écologiques essentiels
Les récifs coralliens protègent le littoral contre l’érosion et atténuent l’impact des tempêtes. Ils abritent une biodiversité qui garantit l’équilibre des chaînes alimentaires marines. Les herbiers marins, présents sur plus de 60 km² autour de l’île, et les mangroves (24,2 hectares) complètent ces fonctions en servant de filtres biologiques, en séquestrant le carbone, et en assurant la continuité écologique entre terre et mer.
Ces écosystèmes marins de Saint-Martin agissent comme un bouclier naturel face au dérèglement climatique tout en jouant un rôle central dans la régulation du climat, la sécurité alimentaire locale et la préservation des espèces menacées.
Un levier économique majeur
Les écosystèmes marins de Saint-Martin génèrent une valeur économique estimée à 26 millions d’euros par an. La protection côtière, à elle seule, représente 6 millions d’économies potentielles, tandis que les activités nautiques et de plongée contribuent à hauteur de 20 millions à l’économie locale.
Près de 2 600 emplois et plus de 400 entreprises dépendent directement ou indirectement de ces milieux naturels. Le tourisme “bleu” — plongée, snorkeling, excursions marines — attire jusqu’à 80 % des visiteurs. Avec une visibilité sous-marine pouvant atteindre 30 mètres, les eaux saint-martinoises figurent parmi les plus propices à la découverte écologique en Caraïbe.
Des projets innovants comme le parc de sculptures sous-marines “Under SXM” à Little Bay permettent de créer des récifs artificiels tout en diversifiant l’offre touristique et en décongestionnant les sites naturels les plus sensibles. Ce type d’initiative valorise pleinement les écosystèmes marins de Saint-Martin tout en les protégeant.
Une dégradation inquiétante
Mais ce trésor écologique est en péril. Selon l’Ifrecor, seuls 20 % des récifs coralliens de Saint-Martin sont dans un état “bon”. Aucun n’est considéré en “excellent état”. Les autres présentent des signes de dégradation avancée, en lien direct avec l’urbanisation, les aménagements portuaires, et la pollution issue des eaux usées non traitées.
Les sédiments issus du ruissellement urbain ou agricole asphyxient les coraux. Les produits chimiques favorisent les algues invasives au détriment des espèces constructrices. La surexploitation des ressources marines accentue encore la pression sur des écosystèmes marins de Saint-Martin déjà fragilisés.
Le blanchissement corallien de 2023, dû à une température de l’eau dépassant les 30°C, a touché l’ensemble de la réserve naturelle. Malgré cela, certains coraux ont montré une capacité de résilience encourageante. Cette dynamique positive reste cependant fragile.
Réserve naturelle et stratégies de protection
Créée en 1998, la Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin couvre plus de 3 000 hectares, dont 2 796 hectares marins. Elle constitue le principal outil de conservation, protégeant récifs, mangroves, herbiers, étangs et forêts littorales. Cette aire protégée abrite à elle seule près de 2 000 espèces réparties en 44 groupes taxonomiques.
Un plan de gestion quinquennal encadre les actions à mener pour préserver les écosystèmes marins de Saint-Martin : restauration des habitats, contrôle des usages, sensibilisation des usagers, suivi scientifique et coopération régionale.
Les mammifères marins bénéficient du sanctuaire Agoa, qui couvre l’ensemble de la zone économique exclusive des Antilles françaises, tandis que les tortues font l’objet de plans d’action coordonnés avec des réseaux d’éco-volontaires qui surveillent les sites de ponte.
Tourisme durable et restauration écologique
La Réserve naturelle développe une stratégie de mouillage écologique, avec bouées d’amarrage et outils numériques pour limiter les ancrages destructeurs. Les centres de plongée sont également formés à des pratiques écoresponsables, contribuant ainsi à protéger les écosystèmes marins de Saint-Martin tout en maintenant une activité touristique qualitative.
Des programmes de restauration des récifs incluent la création de pépinières de coraux et des transplantations ciblées. La recherche sur la résistance thermique des coraux ouvre de nouvelles perspectives pour renforcer la résilience des écosystèmes marins de Saint-Martin face au changement climatique.
Vers une économie bleue durable
L’avenir de Saint-Martin passe par un développement équilibré de son économie bleue, en valorisant les services écosystémiques comme la protection côtière, la séquestration du carbone ou l’attractivité touristique. Des dispositifs de paiement pour services environnementaux pourraient fournir de nouvelles sources de financement pour la préservation.
La participation de Saint-Martin aux réseaux régionaux comme le projet CAMAC permet aussi de mutualiser les connaissances et les bonnes pratiques, renforçant ainsi la protection des écosystèmes marins de Saint-Martin à l’échelle caribéenne.
Et si une île pouvait se raconter à travers ses arômes, ses recettes et ses chefs ? Le Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025 en est la preuve. Du 11 au 22 novembre, la partie française de l’île se transforme en un immense laboratoire du goût, où la tradition côtoie l’audace, et où le fruit de la passion devient la muse de toutes les créations. Ce rendez-vous annuel ne se contente pas de flatter les papilles : il mobilise une communauté d’artisans, de formateurs, de créateurs et de curieux, tous unis autour d’un art culinaire profondément ancré dans l’identité de Saint-Martin.
Un événement culinaire structurant et inspirant
Bien plus qu’un simple festival gastronomique, le Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025 s’affirme comme l’un des piliers du développement culturel et économique de l’île. À travers une programmation riche et fédératrice, il fait rayonner les talents locaux, accueille des chefs venus d’Afrique, d’Europe, des États-Unis et de toute la Caraïbe, tout en formant la nouvelle génération de cuisiniers et de restaurateurs. Cette cinquième édition promet une immersion sensorielle à part entière, sous le signe du fruit de la passion.
Un programme dense et accessible à tous
Le Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025 commence dès le 9 novembre avec « Taste of Sunrise », un petit-déjeuner face à la mer, porté par les rythmes caribéens et accompagné d’un jus de fruit de la passion. Le lancement officiel se tiendra le 10 novembre sur le boulevard de Grand Case, véritable vitrine vivante de la richesse culinaire locale, ponctuée de concerts et d’animations.
Parmi les moments forts du festival :
- Les menus découverte dans les restaurants du 11 au 22 novembre.
- Le Wine & Cheese Pairing du 12 novembre, animé par des sommeliers passionnés.
- Les dîners à 4 mains, les 12 et 13 novembre, réunissant chefs locaux et invités pour des créations inédites.
- Les compétitions : chefs privés, food trucks, barbecue, desserts, lycéens, mixologues et restaurateurs, toutes animées par des professionnels de renom.
Compétitions gastronomiques : des défis pour les talents
Le Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025 accorde une place centrale à la créativité culinaire sous toutes ses formes. Jason Santos, célèbre chef américain, présidera la compétition des food trucks le 15 novembre, tandis que Kevin Bludso, icône internationale du barbecue, sera le jury star de la compétition BBQ du 16 novembre. Ces événements ne sont pas de simples concours : ce sont de véritables tremplins pour les talents de l’île, où chaque plat devient un manifeste de technique, d’identité et d’émotion.
La compétition des restaurateurs, quant à elle, se déroulera en plein air à la Marina Fort Louis, les 18 et 19 novembre pour les demi-finales, avec une grande finale publique le 21. Un spectacle culinaire ouvert à tous, pensé pour valoriser le métier dans toute sa technicité.
Le fruit de la passion : au cœur de l’inspiration
Ingrédient phare de cette édition, le fruit de la passion insuffle son intensité à l’ensemble du Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025. Ce petit bijou tropical, cultivé localement, est l’objet de toutes les attentions : utilisé en jus, en coulis, en mousse ou en marinade, il permet aux chefs d’exprimer leur savoir-faire dans des compositions audacieuses.
Riche en vitamine C, en fibres et en antioxydants, il allie plaisir gustatif et bienfaits nutritionnels. Des cocktails aux plats salés, en passant par les desserts les plus raffinés, il sera décliné dans toutes les textures et toutes les températures.
Formation, transmission et jeunesse au centre du projet
L’essence même du Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025, c’est la transmission. Chaque année, chefs invités et institutions locales unissent leurs efforts pour encourager les vocations. Des interventions dans les écoles auront lieu le 13 novembre, suivies de la compétition des lycéens le 17. Cette dynamique pédagogique est renforcée par la soirée caritative du 20 novembre, dont les bénéfices seront reversés au Lycée Professionnel Daniella Jeffry pour soutenir la modernisation des équipements et des projets éducatifs.
Les ateliers de cuisine, programmés du 15 au 17 novembre, accueilleront aussi bien les enfants que les adultes, avec des formats variés : sessions techniques, ateliers familiaux, et Sip ’n Cook, où la mixologie rencontre la gastronomie.
Un village culinaire et des artistes pour faire vibrer Marigot
Les 14 et 15 novembre, le front de mer de Marigot accueillera le Village de la Gastronomie, concentré d’excellence culinaire à ciel ouvert. Restaurants, food trucks et stands éphémères proposeront des bouchées savoureuses issues des meilleures tables de Saint-Martin. Des artistes internationaux se produiront sur scène pour électriser l’ambiance et faire de ces deux soirées un véritable festival sensoriel.
L’art de la mixologie et les douceurs sucrées à l’honneur
Le 21 novembre, la compétition de mixologie du Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025 mettra en scène les meilleurs barmen et barmaids de l’île, autour de créations innovantes à base de produits locaux. Cocktails fumés, infusés, glacés ou flambés – tout sera permis, du moment que l’audace est au rendez-vous.
En parallèle, les pâtissiers de l’île rivaliseront pour décrocher le titre du dessert le plus exquis de Saint-Martin. Une compétition dédiée à la finesse, à la technique, et à la mise en valeur du fruit de la passion dans des formats inédits.
Clôture : une symphonie de saveurs venues du monde entier
La soirée de clôture du Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025, le 22 novembre, réunira tous les chefs participants pour un ultime dîner aux accents internationaux. Des mets venus d’Afrique, de la Caraïbe, d’Europe et des États-Unis seront servis dans une atmosphère festive portée par des artistes martiniquais. Une célébration finale à la hauteur d’un événement qui aura, une fois encore, dépassé toutes les attentes.
Participer au Festival de la Gastronomie de Saint-Martin 2025, c’est soutenir une vision : celle d’un territoire qui mise sur ses savoir-faire, ses talents et sa jeunesse pour rayonner au-delà des frontières. En dix jours, ce sont des dizaines d’événements, d’expériences et de rencontres qui tissent une trame commune : celle d’une île gourmande, créative et ouverte sur le monde.