Quand Brandy et Monica monteront ensemble sur la grande scène de Pigeon Island, elles n’inaugureront pas la 34e édition du Saint Lucia Jazz & Arts Festival. Elles signeront l’un des derniers grands moments d’une histoire longue qui, en trente-quatre ans, est devenue l’une des affirmations culturelles majeures de la Caraïbe anglophone. En 2026, le festival se tient du 30 avril au 10 mai, entre Castries, Rodney Bay et Pigeon Island.
Onze jours entre jazz, arts et musiques caribéennes
Le Saint Lucia Jazz & Arts Festival se déroule sur onze jours. Sainte-Lucie, 617 km² et environ 180 000 habitants, accueille alors un public local, régional et international autour d’une programmation qui mêle jazz, gospel, soca, reggae, R&B, afrobeats, pop, zouk et créations culturelles. Le lieu le plus emblématique reste Pigeon Island National Landmark, à Gros Islet, site patrimonial majeur du nord de l’île et scène centrale du week-end final.
De 1992 à 2026, une identité élargie
Le festival a beaucoup changé depuis sa création en 1992. Né autour du jazz dans une logique musicale et touristique, il s’est progressivement ouvert aux arts visuels, au théâtre, à la mode, à la gastronomie et aux expressions scéniques. En 2026, le Saint Lucia Jazz & Arts Festival garde le jazz comme héritage, tout en laissant davantage de place aux musiques du présent.
Le programme musical complet
Le programme du Saint Lucia Jazz & Arts Festival s’ouvre le 30 avril à Mindoo Philip Park, à Castries, avec Opening Night. La soirée réunit Capleton, Valiant, Asa Banton, D’YANI, Shervon Sealy, LM Stone et Amber Digby. Le 5 mai, Pure Jazz : Ladies in Concert prend place au Pavilion on the Ramp, à Rodney Bay, avec Esperanza Spalding, Chantal Esdelle & Moyenne, Camille Charlemagne et Leandra Modeste.
Le 6 mai, Kingdom Night installe le gospel à Pigeon Island avec Tye Tribbett, Ada Ehi, Shirleyann Cyril-Mayers, Nigela St. Clair-Daniel et des voix gospel saint-luciennes. Le 7 mai, Pure Jazz : Elements of the Arts revient à Rodney Bay avec le Branford Marsalis Quartet, Jesse Billy et une production artistique portée par la Cultural Development Foundation.
Le week-end final concentre les grandes scènes de Pigeon Island. Le 8 mai, Caribbean Fusion réunit Kes the Band, The Original Wailers avec Al Anderson et Skip Marley, Dexta Daps, ainsi qu’un Saint Lucian Mélange mené par Imran Nerdy. Le 9 mai, World Beats accueille Tems, Ella Mai, X-MAN, Lu City, Princess Lover, Les Aiglons de Guadeloupe et October 4. Le 10 mai, The Ultimate Celebration referme le festival avec Mervin Wilkinson and Friends, Beverley Knight, Billy Ocean, Brandy et Monica.
Caraïbe, Afrique et diaspora
Cette programmation dit quelque chose d’important. Le festival n’est plus seulement un rendez-vous jazz élargi à d’autres genres. Il assume un rôle d’agrégateur caribéen et afro-diasporique. Trinidad apparaît avec Kes the Band. La Jamaïque résonne avec Capleton, Valiant, D’YANI, Dexta Daps et The Original Wailers. Le Nigeria arrive avec Tems. Le Royaume-Uni est représenté par Ella Mai, Beverley Knight et Billy Ocean. La Guadeloupe entre dans le récit avec Les Aiglons, la Martinique avec X-MAN, et Sainte-Lucie garde sa place grâce à Lu City, Imran Nerdy, Camille Charlemagne et Leandra Modeste.
Art and the City, l’autre programme
Dans l’arrière-cour du Saint Lucia Jazz & Arts Festival, Art and the City transforme Castries en espace de création à ciel ouvert. Du 25 avril à la mi-mai, avec certaines expositions annoncées jusqu’au 16 mai, la programmation associe expositions, théâtre, spoken word, cinéma local et régional, artisanat, gastronomie et activations urbaines.
Le programme comprend la Cultural Icon Series autour d’Edward « Chef Harry » Joseph, le Film Showcase, l’exposition Life in Colour, Ten to One : The Mighty Sparrow Musical, Fish Friday : Art and the City Edition, la pièce Triptych, Voices of the Underground, ARTSCAPE, puis Ti Tak Ste. Lisi. Cette partie rappelle qu’un festival d’envergure tient aussi par son enracinement culturel.
Tourisme, culture et création locale
Ce qui rend le Saint Lucia Jazz & Arts Festival singulier, dans le paysage caribéen, c’est sa capacité à tenir ensemble deux exigences. D’un côté, attirer des artistes internationaux capables de placer Sainte-Lucie sur la carte des grands rendez-vous culturels. De l’autre, préserver une présence locale forte : Community Jazz, artistes saint-luciens, programmation à Castries et mise en avant de la création nationale.
Saint Lucia Jazz & Arts Festival est produit par la Saint Lucia Tourism Authority, en collaboration avec la Cultural Development Foundation et l’Events Company of Saint Lucia. Cette articulation entre tourisme, culture et événementiel donne une lecture claire de la stratégie saint-lucienne : faire du festival un outil de visibilité internationale, sans le réduire à une simple opération touristique.
Quand la culture caribéenne fait venir le monde
Parce que la Caraïbe parle à elle-même autant qu’au monde, le Saint Lucia Jazz & Arts Festival pose une question utile à toute la région. Comment faire durer un festival pendant plus de trois décennies sans l’épuiser ? Comment élargir une identité musicale sans la diluer? Sainte-Lucie propose une réponse concrète : garder le jazz comme mémoire, ouvrir la scène aux musiques du présent, et placer la création locale au centre du récit.
Au moment où Brandy et Monica chanteront à Pigeon Island, ce ne sera pas seulement un concert de clôture. Ce sera l’affirmation d’une chose simple : quand la culture caribéenne se structure, se programme et se raconte avec sérieux, elle fait venir le monde.
Le Saint Lucia Jazz & Arts Festival 2026 se déroule du 30 avril au 10 mai 2026 à Sainte-Lucie, avec des concerts et événements culturels organisés notamment à Castries, Rodney Bay et Pigeon Island.
Le programme du Saint Lucia Jazz & Arts Festival 2026 réunit notamment Brandy, Monica, Tems, Ella Mai, Beverley Knight, Billy Ocean, Kes the Band, The Original Wailers, Dexta Daps, Capleton, Valiant et plusieurs artistes saint-luciens.
Le Saint Lucia Jazz & Arts Festival est important parce qu’il relie musique, patrimoine, création locale et attractivité touristique. En 2026, il confirme le rôle de Sainte-Lucie comme plateforme culturelle caribéenne ouverte au jazz, au reggae, à la soca, au gospel, au R&B, à l’afrobeats et aux arts visuels.
Avec Bandi, série Netflix de 2026 située en Martinique, huit épisodes ont fait circuler une expression créole martiniquaise bien au-delà de son territoire d’origine. « Sa sa pé foutew » signifie bien plus que « qu’est-ce que ça peut te faire ? ». C’est une manière de poser une limite, parfois avec humour, parfois avec fermeté, toujours avec une part d’identité.
Trois mots, une frontière
Trois mots créoles, une question, et une attitude. Quand la série Bandi est arrivée sur Netflix en 2026, elle a apporté avec elle une formule que de nombreux Martiniquais reconnaissent : « sa sa pé foutew ». Pour les uns, c’est de la fierté. Pour les autres, c’est une victoire silencieuse. Pour tous ceux qui savent ce que ces mots portent dans une conversation, c’est un moment qui compte.
Littéralement, l’expression peut se traduire par « qu’est-ce que ça peut te faire ? » ou « en quoi ça te concerne ? ». Mais la traduction trahit toujours. En réalité, « sa sa pé foutew » fonctionne comme une bulle d’air entre soi et l’autre. Elle signifie : tu n’as pas autorité sur ma vie, ce que je fais ne te regarde pas, je n’attends pas ta validation. C’est une frontière, pas une agression.
Une formule courte, plusieurs émotions
Et c’est précisément cette double dimension: la défense et la tendresse qui rend la formule si particulière. Selon le contexte, le ton et le visage, « sa sa pé foutew » peut être un éclat de rire entre amies, une mise au point glaciale, ou un soupir résigné. La langue créole excelle dans ces formules courtes qui portent plusieurs émotions à la fois.
Le créole martiniquais est riche de ce type d’expressions. Selon l’Atlas of Pidgin and Creole Language Structures, il est parlé par environ 400 000 locuteurs en Martinique, avec une diaspora également importante. Mais les chiffres ne disent pas tout. Une langue ne vit pas seulement par son nombre de locuteurs. Elle vit par les intonations, les usages, les situations du quotidien, les répliques qui circulent dans les familles, les quartiers, les marchés, les chansons ou les conversations entre proches.
Dans « sa sa pé foutew », il y a plus qu’une phrase. Il y a une posture. Celle d’une personne qui refuse l’intrusion. Celle d’une parole populaire qui sait dire non sans faire un discours. C’est aussi pour cela que l’expression reste difficile à traduire proprement. En français, elle paraît brusque. En créole martiniquais, elle peut être drôle, sèche, affectueuse ou tranchante selon la bouche qui la prononce.
Quand le créole martiniquais arrive sur Netflix
L’arrivée de la formule sur Netflix marque quelque chose. Pendant longtemps, le créole martiniquais a surtout circulé dans des espaces culturels locaux, musicaux, théâtraux, familiaux ou militants. Le voir installé dans une série diffusée sur une plateforme internationale change la perception. Ce qui était local devient audible ailleurs. Ce qui était familier pour certains devient sujet de curiosité pour d’autres.
Ce passage ne transforme pas automatiquement l’expression en phénomène mondial. Il ne faut pas exagérer. Mais il donne à entendre une langue dans un espace où elle reste encore rare. Et, pour une langue régionale souvent réduite à l’oralité ou à l’intimité, cette visibilité a du poids. Elle montre que le créole martiniquais peut porter une intrigue, une tension, une émotion et une réplique forte sans être décoratif.
Une résonance caribéenne, sans effacer les différences
Cette poussée du créole martiniquais ne se lit pas seule. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance des langues créoles dans la Caraïbe. À la Dominique, le profil officiel du pays mentionne l’anglais et le French Patois, appelé aussi « Kwéyòl ». À Sainte-Lucie, la fierté kwéyòl s’exprime chaque année en octobre autour de Jounen Kwéyòl, liée à la Journée internationale du créole du 28 octobre. En Haïti, la Constitution de 1987 reconnaît le créole et le français comme langues officielles de la République.
En Guadeloupe, on trouve aussi des formules-sœurs. « Ki sa ou ka chèché ? » porte une intensité voisine, même si elle ne dit pas exactement la même chose. Mais chaque île a sa propre musique. Le créole guadeloupéen n’est pas le créole martiniquais. Le kwéyòl saint-lucien n’est pas le créole haïtien. Ce sont des langues parentes, pas une langue unique.
Une phrase populaire, une revendication d’autonomie
Ce qui rend « sa sa pé foutew » singulière dans le contexte martiniquais, c’est sa portée sociale. La formule traduit un rapport à l’autorité qu’elle soit familiale, sociale ou institutionnelle et une revendication d’autonomie qui traverse une partie de la culture populaire. Dans la chanson zouk, dans le théâtre comique, dans le carnaval, on retrouve cette posture : je tiens ma place, je ne demande pas la permission.
Quand une telle formule sort de son territoire pour arriver aux oreilles de spectateurs qui n’ont pas forcément de lien direct avec la Martinique, elle ne devient pas universelle. Elle devient curieuse. Et la curiosité, pour une langue longtemps tenue à distance des grands circuits culturels, c’est déjà une forme de victoire.
La semaine prochaine, on traverse la mer pour aller chercher l’équivalent à Trinidad. Quelle expression, là-bas, dira la même chose autrement ?
« Sa sa pé foutew » peut se traduire par « qu’est-ce que ça peut te faire ? » ou « en quoi ça te concerne ? ». En créole martiniquais, l’expression sert souvent à poser une limite, avec humour, fermeté ou distance selon le contexte.
L’expression est remise en lumière par la série Bandi, diffusée sur Netflix et située en Martinique. Sa présence dans une production internationale donne une visibilité nouvelle au créole martiniquais et à ses formules populaires.
« Sa sa pé foutew » ne se limite pas à une traduction littérale. L’expression porte une attitude, une manière de refuser l’intrusion et d’affirmer son autonomie. Elle montre la force expressive du créole martiniquais dans la vie quotidienne.
Journée de la Terre : le 22 avril offre une entrée particulièrement juste pour relire la Caraïbe à travers ses grands sites protégés. Reconnue par l’ONU comme Journée internationale de la Terre nourricière, cette date invite à regarder les paysages autrement : non comme un simple décor, mais comme des espaces où se croisent biodiversité, mémoire humaine, savoirs anciens et rapports de force hérités de l’histoire.
Dans la région, la Journée de la Terre prend une résonance particulière, parce que plusieurs biens inscrits par l’UNESCO montrent une vérité souvent sous-estimée : dans la Caraïbe, la montagne, la forêt, le récif ou le volcan conservent des traces concrètes du passé. Certains sites racontent la lutte pour la liberté, d’autres la formation géologique des îles, d’autres encore l’équilibre fragile entre milieux marins, activités humaines et protection du vivant.
En Jamaïque, la forêt a protégé une histoire de résistance
Pour la Journée de la Terre, les Blue and John Crow Mountains constituent sans doute l’exemple le plus fort de cette alliance entre nature et histoire. Classé par l’UNESCO comme bien mixte, ce vaste ensemble de 26 252 hectares de forêt tropicale de montagne se situe dans l’est de la Jamaïque, au sein de deux chaînes qui couvrent environ 20 % de la surface de l’île. L’intérêt du site tient à sa biodiversité remarquable, avec de nombreux habitats et un fort taux d’endémisme, mais aussi à son rôle de refuge.
L’UNESCO rappelle que ces montagnes ont abrité d’abord des Taïnos fuyant l’esclavage, puis des communautés marronnes, qui y ont établi sentiers, cachettes, points d’observation et implantations liés à la Nanny Town Heritage Route. Ici, le relief accidenté a offert bien plus qu’un abri : il a permis l’organisation d’une vie autonome et la transmission d’un héritage culturel encore vivant.
Au Belize, le récif raconte la longue histoire écologique de la mer caraïbe
Au Belize, la Journée de la Terre ramène vers un autre type de mémoire : celle du monde marin. Le Belize Barrier Reef Reserve System, inscrit en 1996, réunit sept aires protégées et forme le plus grand complexe récifal de la région Atlantique-Caraïbe ; l’UNESCO le présente aussi comme le deuxième plus vaste système récifal au monde. Cette inscription protège un ensemble où coexistent récifs-barrières, atolls, mangroves, cayes, lagunes et estuaires.
Ce paysage sous-marin raconte l’évolution des récifs sur le temps long, mais il éclaire aussi des enjeux très actuels pour la Caraïbe : protection des côtes, survie d’espèces menacées comme le lamantin des Antilles ou plusieurs tortues marines, et dépendance de nombreuses économies insulaires à la santé des milieux marins. À travers ce site, la mer apparaît comme une archive écologique majeure de la région.
À Sainte-Lucie, les Pitons relient géologie, présence amérindienne et identité visuelle
Sous l’angle de la Journée de la Terre, le Pitons Management Area offre une lecture très dense de Sainte-Lucie. Inscrit en 2004, ce bien de 2 909 hectares associe relief terrestre et espace marin autour des célèbres Gros Piton et Petit Piton, qui culminent à 770 et 743 mètres. L’UNESCO insiste sur la richesse géologique du site, marqué par le centre volcanique de Soufrière, les fumerolles, les sources chaudes et des récifs frangeants couvrant plus de 60 % de la zone marine.
Le site conserve aussi des pétroglyphes et divers objets liés à la présence amérindienne caraïbe. Autrement dit, ce paysage emblématique de Sainte-Lucie porte à la fois la trace des forces internes de la Terre et celle des premières occupations humaines.
En Dominique, la terre volcanique rappelle la puissance fondatrice des îles
Pour la Journée de la Terre, Morne Trois Pitons National Park permet de comprendre avec une grande clarté la matrice géologique de la Caraïbe orientale. Ce parc, inscrit par l’UNESCO en 1997, s’étend sur 6 857 hectares, soit environ 9 % du territoire dominiquais. L’UNESCO y décrit un relief de volcans abrupts, de canyons profonds, de lacs naturels, de rivières, de sources chaudes et de zones actives comme la Valley of Desolation.
Le Morne Trois Pitons lui-même fait partie des cinq centres volcaniques actifs du parc. À l’échelle régionale, ce site rappelle que plusieurs îles caribéennes se sont construites dans un dialogue permanent entre beauté des paysages, risques naturels, ressources en eau et fertilité des terres. La mémoire de la région s’y lit dans la roche autant que dans la végétation.
Ce que ces patrimoines disent de la Caraïbe aujourd’hui
La Journée de la Terre rappelle, à travers ces sites, qu’une politique patrimoniale solide dans la Caraïbe concerne autant la culture que l’environnement. Protéger ces lieux, c’est préserver des récits de résistance, des savoirs liés aux milieux naturels, des repères identitaires puissants et des écosystèmes dont dépendent le tourisme, la pêche, les ressources en eau et l’équilibre des littoraux. Pour un lecteur d’aujourd’hui, l’enjeu est clair : le patrimoine mondial caribéen aide à comprendre comment la région s’est formée, comment ses sociétés se sont adaptées et pourquoi la conservation reste un sujet de long terme.
Dans la Caraïbe, la Journée de la Terre gagne ainsi une profondeur particulière. Des montagnes jamaïcaines aux récifs du Belize, des Pitons de Sainte-Lucie aux paysages volcaniques de la Dominique, la nature y parle d’histoire, de liberté, de peuplement, de fragilité écologique et de responsabilité collective. C’est précisément ce lien entre territoire et mémoire qui donne à ces sites UNESCO une portée qui dépasse largement leur beauté.
Le 22 avril correspond à la Journée internationale de la Terre nourricière reconnue par l’ONU. Cette date offre un cadre pertinent pour parler des sites UNESCO caribéens, car plusieurs d’entre eux associent protection de la biodiversité, mémoire des peuples et compréhension de la formation des îles.
Les Blue and John Crow Mountains, en Jamaïque, constituent un exemple particulièrement fort. L’UNESCO y souligne à la fois l’importance écologique du massif et son rôle historique comme refuge pour des Taïnos puis pour des Marrons, avec des traces matérielles associées à la Nanny Town Heritage Route.
Le Belize Barrier Reef Reserve System montre que le patrimoine caribéen se joue aussi en mer. Inscrit en 1996, il regroupe sept aires protégées et représente le plus grand complexe récifal de la région Atlantique-Caraïbe. Sa protection concerne à la fois les habitats, les espèces menacées et l’équilibre écologique des littoraux.
Le Pitons Management Area permet de lire ensemble la géologie, l’occupation ancienne du territoire et la richesse des milieux côtiers. L’UNESCO y mentionne les deux pitons volcaniques, les fumerolles, les sources chaudes, les récifs coralliens ainsi que des pétroglyphes et objets liés à la présence amérindienne caraïbe.
Morne Trois Pitons National Park rappelle avec force que la Caraïbe est une région façonnée par le volcanisme. Le parc couvre environ 9 % du territoire dominiquais et rassemble volcans escarpés, canyons, lacs, sources chaudes et zones d’activité géothermique. Il aide à comprendre comment la géologie a structuré les paysages, les ressources et les conditions de vie de plusieurs îles de la région.
Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution qui marque une étape importante dans la reconnaissance internationale de l’histoire esclavagiste. Le texte qualifie la traite transatlantique des Africains et l’esclavage racialisé de type chattel comme le crime le plus grave contre l’humanité. Le texte, porté par le Ghana, a été adopté par 123 voix pour, avec 3 votes contre et 52 abstentions. Parmi les oppositions figurent notamment les États-Unis, l’Argentine et Israël, tandis que plusieurs pays européens, dont le Royaume-Uni, ont choisi de s’abstenir. Derrière cette formulation forte, il ne s’agit pas simplement d’un geste symbolique. Pour la Caraïbe, cette décision s’inscrit dans une continuité historique et politique, en écho à des décennies de travaux, de revendications et de luttes pour une reconnaissance plus juste de cette mémoire.
Une reconnaissance qui redéfinit le débat international
En qualifiant l’esclavage de crime majeur contre l’humanité, l’ONU franchit un seuil rarement atteint dans les instances internationales. Cette reconnaissance ne crée pas une obligation juridique immédiate pour les États, mais elle modifie profondément le cadre du débat mondial. Elle introduit une lecture plus explicite de l’histoire, dans laquelle la traite transatlantique n’est plus seulement évoquée comme une tragédie passée, mais comme un crime dont les conséquences se prolongent dans le présent.
Cette évolution du discours international n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte où les questions liées aux héritages coloniaux, aux discriminations structurelles et aux inégalités historiques occupent une place croissante dans les débats publics. En prenant une position claire, l’ONU contribue à légitimer les analyses portées depuis longtemps par les chercheurs, les institutions et les acteurs culturels de la Caraïbe, qui soulignent que l’histoire de l’esclavage ne peut être dissociée des réalités contemporaines.
La Caraïbe, au cœur de l’histoire et des enjeux actuels
Pour les territoires caribéens, cette décision ne relève pas d’un simple constat historique. Elle touche directement à leur construction. La traite transatlantique et le système esclavagiste ont façonné les économies, les sociétés, les langues et les cultures de la région. Les plantations, les structures foncières, les hiérarchies sociales et même certaines dynamiques économiques actuelles trouvent leurs racines dans cette période.
La reconnaissance portée par l’ONU vient donc confirmer une réalité que la Caraïbe n’a jamais cessé de porter : celle d’une histoire fondatrice, dont les effets sont encore visibles. Elle permet également de repositionner la région dans le récit mondial, non pas comme un espace périphérique, mais comme un territoire central dans la compréhension des grandes transformations historiques liées à l’esclavage et à la colonisation.
Cette reconnaissance internationale offre aussi une opportunité stratégique. Elle renforce la capacité des territoires caribéens à peser dans les discussions globales sur la mémoire, la justice et les réparations. Elle donne une légitimité supplémentaire aux démarches déjà engagées par certaines institutions régionales, qui travaillent depuis plusieurs années à structurer des propositions concrètes sur ces questions.
Réparations et justice mémorielle : une dynamique relancée
L’un des effets les plus importants de cette résolution concerne la question des réparations. En qualifiant l’esclavage de crime majeur contre l’humanité, l’ONU ouvre la voie à des discussions plus structurées sur les formes de justice réparatrice. Cela inclut des pistes comme les excuses officielles, la restitution de biens culturels, le financement de programmes éducatifs ou encore des politiques publiques visant à corriger les inégalités héritées de cette histoire.
Dans la Caraïbe, ces enjeux ne sont pas nouveaux. Ils s’inscrivent dans un travail de longue haleine, porté notamment par des initiatives régionales qui cherchent à faire reconnaître les conséquences durables de l’esclavage. La décision de l’ONU ne crée pas un cadre contraignant, mais elle modifie les rapports de force en donnant un appui international à ces revendications.
Elle peut également encourager une meilleure structuration des politiques de mémoire. Dans plusieurs territoires, la transmission de l’histoire de l’esclavage reste inégale, parfois fragmentée, alors qu’elle constitue un élément central pour comprendre les sociétés actuelles. La reconnaissance de l’ONU peut servir de levier pour renforcer les programmes éducatifs, soutenir la recherche et valoriser les lieux de mémoire.
Une reconnaissance qui révèle aussi des tensions
Le vote de cette résolution met en lumière des divergences persistantes au sein de la communauté internationale. Si une large majorité d’États a soutenu le texte, certaines oppositions et abstentions montrent que la question reste sensible. Les réserves exprimées portent notamment sur les implications politiques et historiques de cette qualification, ainsi que sur les conséquences qu’elle pourrait avoir en matière de réparations.
Ces tensions rappellent que la reconnaissance de l’esclavage comme crime majeur ne fait pas l’objet d’un consensus absolu. Elle reste un sujet de débat, où s’entremêlent enjeux diplomatiques, responsabilités historiques et considérations économiques. Pour la Caraïbe, cette situation confirme que la bataille pour une reconnaissance pleine et entière de cette histoire est encore en cours.
Repenser le récit caribéen à l’échelle mondiale
Au-delà des enjeux politiques, cette décision offre une opportunité de redéfinir la manière dont la Caraïbe est racontée à l’échelle internationale. Trop souvent réduite à une image touristique ou culturelle simplifiée, la région porte pourtant une histoire complexe, marquée par la violence, la résistance et la reconstruction.
La position de l’ONU permet de remettre cette histoire au centre du récit mondial. Elle invite à considérer la Caraïbe non seulement comme un espace de mémoire, mais aussi comme un lieu de production intellectuelle et politique. Les réflexions issues de la région sur l’esclavage, la colonisation et leurs conséquences continuent d’éclairer les débats contemporains, bien au-delà de ses frontières.
Pour un média comme RichèsKarayib, cette actualité souligne l’importance de proposer une lecture exigeante et contextualisée des territoires caribéens. Elle rappelle que la culture, l’histoire et les enjeux économiques de la région sont profondément liés, et qu’ils doivent être abordés dans leur globalité.
Transformer une reconnaissance en levier d’action
La portée réelle de cette résolution dépendra des actions qui suivront. La reconnaissance internationale constitue une avancée, mais elle ne suffit pas à elle seule à produire des changements concrets. Pour la Caraïbe, l’enjeu est désormais de transformer cette décision en levier d’action, en renforçant les coopérations, en structurant les politiques publiques et en consolidant les démarches de recherche et de transmission.
L’ONU a posé un jalon important en qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage de crime majeur contre l’humanité. Pour les territoires caribéens, cette reconnaissance représente une opportunité de faire avancer des débats essentiels, en lien avec leur histoire et leur développement. Elle ouvre un espace pour penser autrement les relations internationales, en intégrant pleinement les héritages du passé dans la construction du présent et de l’avenir.
La décision de l’ONU adoptée le 25 mars 2026 reconnaît la traite transatlantique des Africains et l’esclavage comme le crime le plus grave contre l’humanité. Elle vise à affirmer la gravité historique de ces faits et à encourager des discussions internationales sur la mémoire, la justice et les réparations.
Non, cette résolution de l’ONU n’est pas juridiquement contraignante. Elle n’impose pas d’obligations directes, mais elle a une forte portée politique et symbolique qui peut influencer les discussions internationales et les politiques publiques.
La Caraïbe a été profondément marquée par la traite transatlantique et l’esclavage. Cette reconnaissance de l’ONU valide une lecture historique portée depuis longtemps dans la région et peut soutenir les démarches liées à la mémoire, à l’éducation et aux réparations.
L’Organisation internationale de la Francophonie a publié un chiffre qui rebat les cartes du débat linguistique mondial : 396 millions de personnes parlent aujourd’hui français. Avec ce total, la langue française dans le monde passe de la 5e à la 4e position mondiale, derrière l’anglais, le mandarin et l’espagnol, mais devant l’arabe standard. L’information ne relève pas d’un simple effet d’annonce. Elle marque une évolution de fond dans la place du français à l’échelle internationale et confirme que cette langue continue de progresser dans des espaces stratégiques comme l’éducation, les échanges économiques, le numérique et les mobilités culturelles.
Une progression mondiale qui change le récit autour du français
Pendant des années, le français a souvent été présenté comme une grande langue d’influence, mais fragilisée dans la compétition mondiale. Le rapport 2026 de l’OIF introduit un correctif important. La langue française dans le monde ne se maintient pas seulement : elle gagne du terrain en nombre de locuteurs et en visibilité internationale. Le passage à la 4e place mondiale lui donne un poids symbolique fort, mais surtout un poids politique, éducatif et économique. Une langue qui progresse dans un classement mondial n’est pas simplement une langue transmise par héritage ; c’est une langue qui continue à être apprise, utilisée, relayée et investie.
Le français ne doit pas être analysé uniquement comme langue institutionnelle ou diplomatique. Il reste une langue de circulation concrète, parlée, enseignée, travaillée et adaptée à des contextes très différents. La langue française dans le monde est aujourd’hui portée par des réalités démographiques et sociales qui dépassent largement le cadre européen, et c’est précisément ce que le rapport 2026 met en lumière.
396 millions de locuteurs : ce que signifie réellement ce chiffre
Le chiffre de 396 millions doit être lu avec rigueur. Il désigne une communauté linguistique répartie sur les cinq continents, et non un bloc homogène. Cela signifie que le français continue d’exister dans des contextes très variés : langue maternelle pour certains, langue d’enseignement pour d’autres, langue administrative, professionnelle, culturelle ou de communication commune dans des sociétés multilingues. Cette diversité est au cœur de la langue française dans le monde telle qu’elle existe réellement en 2026.
Cette donnée a aussi une portée éditoriale forte. Elle rappelle qu’on ne peut plus parler du français comme d’une langue enfermée dans un territoire unique ou dans une seule histoire nationale. Le français circule dans des espaces très différents, avec des usages multiples et des dynamiques propres. C’est cette pluralité qui fait aujourd’hui sa force. Le chiffre de 396 millions ne raconte donc pas seulement une augmentation ; il raconte l’ampleur géographique, sociale et culturelle d’une langue mondiale.
L’Afrique, centre de gravité décisif de la langue française dans le mond
L’un des enseignements majeurs du rapport 2026 tient dans la place du continent africain. L’OIF indique que 65 % des locuteurs francophones vivent en Afrique. Cette proportion suffit à elle seule à déplacer le regard. L’avenir du français ne se joue plus en priorité dans les espaces où il a longtemps concentré son prestige institutionnel ; il se joue désormais dans des sociétés africaines jeunes, nombreuses, urbaines, créatives et traversées par de profonds enjeux éducatifs et économiques.
Cette réalité oblige à revoir les représentations anciennes. Parler de la langue française dans le monde sans reconnaître le rôle central de l’Afrique reviendrait à passer à côté du fait majeur du rapport. La croissance du français repose aujourd’hui sur des dynamiques démographiques puissantes, mais aussi sur la capacité des systèmes éducatifs, des médias, des industries culturelles et des économies francophones africaines à maintenir et élargir les usages du français. Le poids africain ne constitue pas une note de bas de page du rapport ; il en est un axe structurant.
Une langue qui avance aussi par l’école, le numérique et les affaires
Le rapport 2026 souligne que le français est la 2e langue étrangère la plus apprise dans le monde, avec près de 170 millions d’apprenants, ce qui confirme son poids dans les systèmes éducatifs et son attractivité bien au-delà des seuls espaces francophones.. Il est également indiqué comme 4e langue sur Internet et 3e langue de l’économie et des affaires. Ces éléments donnent de l’épaisseur au chiffre de 396 millions : ils montrent que la progression du français ne repose pas uniquement sur la démographie, mais aussi sur l’apprentissage, les usages numériques et la valeur professionnelle de la langue.
Ces données comptent énormément à l’heure actuelle. Une langue mondiale n’existe pas seulement par son passé ni par son statut officiel. Elle existe aussi par sa capacité à rester visible dans les moteurs de recherche, les contenus numériques, les réseaux éducatifs, les plateformes, les échanges commerciaux et les environnements de travail. Le rapport suggère donc une lecture plus complète : la langue française dans le monde conserve une utilité concrète, ce qui contribue à expliquer sa résistance et sa progression.
2050 : pourquoi les projections de l’OIF comptent déjà aujourd’hui ?
L’autre donnée forte du rapport est la projection avancée pour les prochaines décennies. L’OIF estime que, selon les tendances actuelles, le français pourrait être parlé par 590 millions de personnes en 2050, dont 9 sur 10 en Afrique. Il ne s’agit pas d’une certitude mécanique, mais d’une projection fondée sur les dynamiques observées. Elle met en évidence un enjeu central : la progression future du français dépendra moins des discours symboliques que des politiques d’éducation, de formation, de transmission et d’accès aux contenus.
Autrement dit, l’avenir de la langue française dans le monde ne se résume pas à un rang flatteur dans un classement. Il dépend de décisions très concrètes : qualité de l’enseignement, présence du français dans les parcours professionnels, adaptation aux usages numériques, production culturelle et médiatique, place de la langue dans les mobilités étudiantes et économiques. Le rapport 2026 donne donc un signal positif, mais ce signal reste lié à des conditions de consolidation.
Ce que dit vraiment le chiffre de 396 millions
Le rapport 2026 de l’OIF ne livre pas seulement un total impressionnant. Il redessine la carte mentale de la francophonie contemporaine. 396 millions de personnes parlent français ; la langue gagne une place dans le classement mondial ; son ancrage africain se renforce ; son poids dans l’apprentissage, le numérique et l’économie reste significatif. Pris ensemble, ces éléments donnent une image plus juste de la langue française dans le monde : une langue internationale, diverse, en transformation, et encore capable d’élargir son périmètre.
Pour un média, un acteur culturel, une institution éducative ou une entreprise, ce constat a une conséquence claire : le français ne doit pas être considéré comme une langue de repli, mais comme une langue d’avenir, à condition d’être pensée dans toute sa diversité géographique et sociale. C’est là que réside l’intérêt réel du rapport 2026 : derrière le chiffre, il y a une recomposition du paysage linguistique mondial.
Selon le rapport La langue française dans le monde 2026 publié par l’Organisation internationale de la Francophonie, 396 millions de personnes parlent aujourd’hui français dans le monde. Ce chiffre est important, car il montre que la langue française conserve un poids international réel et continue de progresser dans le paysage linguistique mondial. Il ne s’agit pas seulement d’une langue héritée d’une histoire commune entre plusieurs pays, mais d’une langue toujours transmise, apprise et utilisée dans des contextes éducatifs, économiques, administratifs et culturels très différents.
D’après l’OIF, la langue française est désormais la 4e langue la plus parlée dans le monde, derrière l’anglais, le chinois et l’espagnol, et devant l’arabe standard. Ce changement de rang est significatif, car il traduit une évolution concrète dans la place du français à l’échelle mondiale. Ce classement renforce l’idée que le français reste une grande langue internationale, présente dans de nombreux domaines, et qu’il ne faut plus la considérer comme une langue seulement institutionnelle ou patrimoniale.
La progression de la langue française s’explique par plusieurs facteurs qui se complètent. D’abord, la langue bénéficie d’une forte dynamique démographique dans plusieurs pays francophones, en particulier en Afrique, où vit aujourd’hui la majorité des locuteurs francophones. Ensuite, le français conserve une place importante dans l’enseignement, dans la coopération internationale et dans certains secteurs économiques. L’OIF souligne aussi que le français reste la 2e langue étrangère la plus apprise, avec près de 170 millions d’apprenants, ce qui montre qu’il continue à attirer bien au-delà des seuls territoires où il est langue officielle.
Du 16 au 21 mars 2026, 35 programmateurs et programmatrices venus de France hexagonale, du Québec et des territoires ultramarins sont en Martinique pour rencontrer artistes et compagnies locales. Organisée par l’Office National de Diffusion Artistique (ONDA), cette semaine de rencontres est une opportunité concrète pour les professionnels du spectacle vivant martiniquais de tisser des liens durables avec des lieux de diffusion nationaux et internationaux.
Une délégation inédite pour la diffusion artistique en Martinique
Trente-cinq professionnels du spectacle vivant ont fait le déplacement jusqu’en Martinique cette semaine. Parmi eux : des directeurs de scènes nationales, des programmateurs de festivals dont la co-rectrice de la programmation du Festival d’Avignon, des responsables de centres dramatiques nationaux, ainsi qu’un directeur de festival jeune public venu de Montréal. Une composition qui témoigne de l’intérêt croissant du réseau hexagonal pour les créations martiniquaises.
« Pour la première fois, il y a des gens de tous les territoires ultramarins dans la délégation. Il y a des Guadeloupéens, des Réunionnais, des Guyanais. Et un programmateur québécois aussi, en se disant que ce n'est pas si loin. »
— Marie-Pia Bureau, directrice de l'ONDA
La délégation a été élaborée en co-construction avec la Direction des Affaires Culturelles (DAC), Tropiques Atrium Scène Nationale, Korzémo L’Envol, Les Coulisses de Saint-Esprit et d’autres structures de proximité. Ce maillage territorial garantit que les rencontres reflètent la diversité réelle de l’écosystème artistique de l’île.
Des disciplines multiples, des artistes professionnels
Les rencontres couvrent l’ensemble des champs du spectacle vivant : théâtre, danse, cirque, musique de création (jazz improvisé, musiques contemporaines), arts de la parole et arts visuels. Cette dernière dimension constitue une spécificité martiniquaise reconnue par la délégation elle-même plusieurs lieux représentés disposent de galeries et s’intéressent aux artistes plasticiens.
Les artistes rencontrés cette semaine sont des professionnels, parfois très jeunes et encore émergents, mais inscrits dans une démarche de création contemporaine. L’ONDA n’accompagne pas la reproduction de formes traditionnelles à proprement parler, mais s’intéresse aux démarches qui travaillent la tradition pour l’emmener ailleurs.
« Ce qu'on encourage, c'est plutôt les démarches contemporaines. Parfois la tradition est très intéressante quand elle n'est pas juste sur de la reproduction de gestes, mais qu'elle emmène aussi quelque part. »
— Marie-Pia Bureau, directrice de l'ONDA
Environ cinquante artistes martiniquais sont présentés au cours de la semaine, dans des formats variés : spectacles en salle, présentations en déambulation sur le territoire, tables de travail. Certains n’ont pas l’espace pour montrer un spectacle complet, mais peuvent présenter leur travail directement aux programmateurs ce qui, à ce niveau de réseau, est déjà une étape décisive.
Le jeune public, un axe stratégique pour la diffusion artistique en Martinique
Parmi les professionnels présents cette semaine figure Estelle Picot-Derquenne, directrice de Scènes d’enfance, ASSITEJ France, l’association nationale qui fédère les acteurs de la création artistique pour l’enfance et la jeunesse. Sa présence en Martinique illustre un axe fort de cette délégation : le jeune public, déjà signalé par la venue d’un programmateur québécois spécialisé en festival jeunesse.
« J'anime région par région des réseaux qui regroupent les programmateurs et les artistes autour d'enjeux de coopération, de diffusion, de circulation des œuvres et des artistes. »
— Estelle Picot-Derquenne, directrice de Scènes d'enfance – ASSITEJ France
Elle accompagne également le réseau jeune public martiniquais Rézo Filibo, dont une journée entière lui est consacrée le lundi 23 mars avec des temps de rencontre entre professionnels, des élus, des journalistes et des institutions. L’objectif est explicite : faciliter la vie des artistes et des diffuseurs qui font le choix de la jeunesse, en créant les conditions d’une interconnaissance durable entre acteurs locaux et réseau national.
Diffusion artistique : ce que ces rencontres produisent concrètement
La diffusion artistique se construit, souvent lentement, par accumulation de liens et de confiance. Marie-Pia Bureau est claire sur ce point : à chaque édition de ces rencontres itinérantes organisées tous les quatre ans sur chacun des territoires ultramarins deux ou trois artistes trouvent de nouveaux partenaires durables dans l’Hexagone.
« Je pense à Véronique Kanor, par exemple, qui est maintenant artiste associée à la scène nationale de Chambéry et dont les productions sont soutenues depuis trois ans. C'est elle qui me vient, mais il y en a d'autres comme ça à chaque fois. »
— Marie-Pia Bureau, directrice de l'ONDA
Ces liens peuvent prendre plusieurs formes : une date de programmation, une invitation en résidence, une coproduction. La logique est souvent celle de la fidélité progressive, on accueille d’abord, on coproduit ensuite, on programme enfin. Johan Hillel Hamel, directeur de la DAC Martinique, insiste sur l’importance économique de ces ouvertures pour les compagnies locales.
« La possibilité de diffusion à l'extérieur de la Martinique est absolument fondamentale pour l'économie d'une compagnie, mais aussi pour la diversité des publics qu'elle va toucher et le retour que ça aura sur le travail des artistes. »
— Johan Hillel Hamel, directeur de la DAC Martinique
Un regard qui change : la fin de l'exotisme
Il y a vingt ans, être programmé en tant qu’artiste martiniquais dans l’Hexagone signifiait souvent être associé à une image folklorique: musique, rhum, soleil. Ce n’est plus la grille de lecture dominante. Les programmateurs qui font le déplacement jusqu’en Martinique ne cherchent pas de l’exotisme : ils cherchent des voix singulières, des points de vue artistiques qui élargissent leur propre compréhension de l’histoire et de la société françaises.
« On essaie d'écouter des voix singulières qui regardent avec un autre angle de vue toute notre histoire et qui viennent la partager sur les plateaux — pas nécessairement à destination de populations ultramarines, mais de tous les Français. »
— Marie-Pia Bureau, directrice de l'ONDA
C’est un glissement culturel significatif. Pour les artistes martiniquais, il ouvre un espace de diffusion artistique qui ne repose plus sur la nécessité de se conformer à une image attendue, mais sur la singularité de leur démarche.
Une semaine pour construire des liens qui durent
La Rencontre Itinéraire ONDA en Martinique se tient du 16 au 21 mars 2026. Elle constitue une séquence dense : spectacles à Tropiques Atrium, présentations à Korzémo L’Envol (Ducos), aux Coulisses de Saint-Esprit, à l’espace A’zwel de Schoelcher, au Campus Caraïbéen des Arts, à Terre d’Arts et ETC Caraïbes à Fort-de-France. Un laboratoire de performance clôt la semaine à la Savane des Pétrifications, en présence d’Annabel Guérédrat et d’artistes performeurs martiniquais.
Pour les artistes et professionnels culturels de l’île, cette semaine est moins un événement ponctuel qu’un point de départ. Les liens noués ici peuvent se transformer en tournées, en résidences, en coproductions. L’ONDA s’engage à soutenir les projets qui en découleront à condition qu’ils naissent d’une rencontre vraie, construite dans la durée.
L’ONDA (Office National de Diffusion Artistique) est un opérateur public qui soutient la diffusion du spectacle vivant en France. Il est signataire du Pacte de visibilité des artistes ultramarins avec le ministère de la Culture et le ministère des Outre-mer. Son rôle est de renforcer les liens entre les artistes des territoires ultramarins et les programmateurs hexagonaux, notamment via des rencontres itinérantes organisées tous les quatre ans sur chaque territoire.
Les rencontres ONDA en Martinique couvrent le théâtre, la danse, le cirque, la musique de création (jazz improvisé, musiques contemporaines), les arts de la parole et les arts visuels. L’ONDA soutient principalement les démarches artistiques contemporaines, y compris celles qui réinterprètent des formes traditionnelles de manière innovante.
Les rencontres permettent aux artistes de présenter leur travail directement à des programmateurs de scènes nationales, de centres dramatiques nationaux et de festivals. Des collaborations peuvent en découler : dates de programmation, résidences, coproductions. L’ONDA accompagne ensuite les projets qui se concrétisent. À titre d’exemple, Véronique Canor est aujourd’hui artiste associée à la scène nationale de Chambéry, un lien né de ce type de rencontre.
Le samedi 14 mars 2026, l’hôtel de l’Assemblée de la CTM à Fort-de-France a accueilli la 6e édition de la Caribbean Business Cruise (CBC). Organisée par Isanaja Consulting en partenariat avec Martinique Développement, cette matinée économique a réuni des entrepreneurs caribéens venus de Guadeloupe, de Sainte-Lucie et d’Antigua & Barbuda autour d’un objectif commun : faire de la Caraïbe un espace de coopération économique concret.
Une croisière d'affaires, un concept pionnier dans la Caraïbe
La Caribbean Business Cruise n’est pas un événement de networking ordinaire. Créée en 2019 par Isabelle Adelis Flandrina, fondatrice et dirigeante d’Isanaja Consulting, la Caribbean Business Cruise est présentée comme la première croisière d’affaires caribéenne. Le concept : permettre à des chefs d’entreprise de se retrouver à bord d’un navire, loin des agendas chargés, pour construire de vraies relations commerciales.
« Nous avons créé avec mon époux en 2019 la première édition de la Caribbean Business Cruise qui a été à l'origine fondée pour permettre aux chefs d'entreprise de partir en mission avec leur famille. »
— Isabelle Adelis Flandrina, fondatrice d'Isanaja Consulting
En six ans, la Caribbean Business Cruise a évolué pour intégrer une dimension économique de plus en plus structurée. La Caribbean Business Cruise 6 affiche désormais un accord de partenariat avec l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS), faisant d’Isanaja Consulting une des rares entreprises françaises privées à détenir ce partenariat selon sa fondatrice. Une reconnaissance qui ouvre l’accès à un réseau anglophone et hispanophone que la Martinique peine encore à exploiter pleinement.
La Martinique comme territoire d'accueil et d'investissement
La Caribbean Business Cruise a débuté par une prise de parole d’Alexandre Ventadour, conseiller territorial à l’Assemblée de la Martinique et président de Martinique Développement. Son message : la Martinique n’attend pas les investisseurs, elle se prépare à les recevoir.
« Nos entreprises martiniquaises sont là pour faire valoir ce que la Martinique sait faire de mieux. »
— Alexandre Ventadour, président de Martinique Développement
Yann Yala, également de Martinique Développement, a livré un panorama économique du territoire : un PIB qui dépasse les 10 milliards d’euros avec une croissance d’environ 1 %, un PIB par habitant de 29 000 €, une population de 356 000 habitants, et une balance commerciale largement déficitaire avec un taux de couverture de l’ordre de 20 % en 2025. Trois secteurs sont identifiés comme moteurs prioritaires du développement : le tourisme (6 % du PIB, 600 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel), les énergies renouvelables et l’économie numérique.
Ce diagnostic posé, la question de l’accompagnement à l’export est apparue centrale. Martinique Développement se positionne sur l’attractivité et l’accompagnement à l’installation, tandis que la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique (CCIM) prend le relais pour l’export, via notamment la Trade Facilitation Team Caraïbes. Stéphanie Pujar, responsable de projet coopération Caraïbes à la CCIM, a présenté ce dispositif bilingue: français et anglophone, qui accompagne les entreprises martiniquaises, guadeloupéennes et guyanaises dans leur développement à l’export.
« L'accompagnement à l'international est vraiment un accompagnement sur mesure. Chaque entreprise a son projet, donc chaque entreprise aussi a des prestations qui lui conviennent. »
— Stéphanie Pujar, responsable coopération Caraïbes, CCIM
Les entreprises françaises peuvent bénéficier d’aides du ministère des Outre-mer couvrant de 50 à 75 % du coût des missions à l’international. Un levier peu connu, régulièrement rappelé lors de ce type de rencontre.
Des entrepreneurs caribéens venus chercher des partenaires
La Caribbean Business Cruise 6 a permis à une dizaine d’entreprises de se présenter en deux minutes chrono avant d’amorcer des échanges en B2B. Un format volontairement resserré pour aller à l’essentiel.
Parmi les participantes anglophones, Celia Samuel, représentante de Go To Enterprise (Antigua & Barbuda) et membre du conseil d’administration de la Chambre de Commerce d’Antigua, était revenue pour la deuxième année consécutive. Elle distribue des produits alimentaires en gros: fruits, légumes, viandes, produits agrotransformés, depuis le producteur jusqu’au client final, et cherche des fabricants souhaitant exporter dans la Caraïbe anglophone.
« I am passionate about working with other Caribbean islands and other Caribbean companies. Time waits for no man. So if you see an opportunity, jump on it. »
« Je suis passionnée par le travail avec les autres îles et entreprises de la Caraïbe. Le temps n'attend personne. Alors si vous voyez une opportunité, saisissez-la. »
— Celia Samuel, Go To Enterprise, Antigua & Barbuda
Son témoignage illustre concrètement la valeur de la Caribbean Business Cruise : lors de l’édition précédente, elle avait noué une relation avec un producteur de Grenade et est aujourd’hui distributrice exclusive de sa marque en Antigua, avec des perspectives d’extension à d’autres îles.
Chantal Alexander, directrice générale d’Abby’s Exotic Blends (Sainte-Lucie), présentait quant à elle une gamme de produits agrotransformés sans conservateurs à base de plantain, fruit à pain, patate douce et banane verte, chips, confiseries, punches au rhum et recherchait des distributeurs ou des entreprises partenaires de production.
Du côté guadeloupéen, les secteurs représentés couvraient un spectre large : cybersécurité avec CyberCorsaire (Jérémy Benallal), ingénierie de l’eau et des énergies renouvelables avec Prest’eau Caraïbes (Luigi Apoari), conseil aux dirigeants avec Auxiliaire Être (Franciane Morvany), logiciels et formation numérique avec ISP Informatique, et valorisation culturelle et touristique avec l’association Fout Gwada Bel (Leslie Morvany). La Chambre des Métiers de l’Artisanat de la Guadeloupe était également présente pour promouvoir son label Artisans Pays de Guadeloupe et explorer des synergies avec ses homologues martiniquais.
Un mindset à construire
Isabelle Adelis Flandrina a tenu à nommer une réalité que la salle connaît bien : les entrepreneurs francophones et anglophones n’arrivent pas aux mêmes rencontres avec le même état d’esprit.
Le côté anglais, eux, quand ils y vont, ils y vont pour faire du business. Clairement, s'ils viennent vous rencontrer, c'est pour savoir si vous pouvez répondre à leur demande. »
— Isabelle Adelis Flandrina
Cette différence de culture entrepreneuriale revient comme un fil conducteur dans les CBC successives. La délégation martiniquaise et caribéenne étaient, cette année, plus prudente que prévu: la fondatrice évoque notamment le contexte géopolitique caribéen lié aux politiques américaines et son impact sur les dynamiques d’affaires régionales. Une délégation haïtienne, initialement prévue, n’a pas pu se joindre à l’événement pour des raisons logistiques.
Malgré ces absences, la Caribbean Business Cruise 2026 a confirmé l’utilité de ces rendez-vous régionaux. Les échanges B2B qui ont suivi les présentations, dans le hall de l’Assemblée, ont matérialisé ce que la CBC cherche à provoquer : des connexions réelles entre des acteurs qui, géographiquement proches, ne se croisent pas spontanément.
Digicel Business, partenaire de l’événement, a souligné par la voix de son directeur administratif et financier René Klock l’importance de ce type d’initiative pour renforcer le tissu économique régional autour des TPE et PME caribéennes.
La 7e édition de la Caribbean Business Cruise est déjà en perspective avec, selon les organisateurs, l’espoir d’une délégation martiniquaise plus fournie à bord.
La Caribbean Business Cruise (CBC) est la première croisière d’affaires caribéenne, créée en 2019 par Isanaja Consulting. Elle réunit chaque année des chefs d’entreprise de toute la Caraïbe — francophones, anglophones et hispanophones — pour des échanges B2B et des opportunités de partenariats régionaux. La 6e édition s’est tenue le 14 mars 2026 à Fort-de-France, en Martinique.
La Martinique dispose d’un PIB de plus de 10 milliards d’euros, d’une économie largement tertiaire et de secteurs porteurs identifiés : tourisme, énergies renouvelables et numérique. Martinique Développement et la CCI de la Martinique proposent un accompagnement sur mesure à l’installation et à l’export, avec des aides pouvant couvrir 50 à 75 % des coûts de missions internationales pour les entreprises françaises.
La 6e édition de la Caribbean Business Cruise à Fort-de-France a rassemblé des entreprises dans cinq secteurs : l’agro-transformation (Abby’s Exotic Blends, Sainte-Lucie), la cybersécurité (CyberCorsaire, Guadeloupe), l’ingénierie de l’eau et l’environnement (Prest’eau Caraïbes, Guadeloupe), la distribution et le commerce international (Go To Enterprise, Antigua), et la formation et l’accompagnement des entreprises.
Le partenariat entre CTO et The Travel Foundation marque une étape importante dans l’évolution des politiques touristiques dans la Caraïbe. Lors du salon international ITB Berlin 2026, les dirigeants du tourisme de la région ont confirmé le renforcement de leur coopération afin de soutenir un modèle touristique plus durable, plus résilient face aux changements climatiques et davantage centré sur les communautés locales.
Dans une région où l’économie dépend fortement du tourisme, la question climatique n’est plus un sujet abstrait. Les effets du réchauffement planétaire, l’intensification des phénomènes météorologiques et l’érosion des écosystèmes côtiers représentent désormais des défis immédiats pour de nombreux territoires insulaires. C’est dans ce contexte que le partenariat entre CTO et The Travel Foundation prend une dimension stratégique. L’objectif est clair : transformer les engagements climatiques en actions concrètes capables de soutenir l’avenir économique et social des destinations caribéennes.
L’ITB Berlin, un espace stratégique pour porter la voix de la Caraïbe
Chaque année, ITB Berlin réunit les principaux acteurs du tourisme mondial : ministères, organisations internationales, compagnies aériennes, destinations et experts du secteur. Pour la Caraïbe, ce rendez-vous constitue une plateforme essentielle pour rappeler une réalité souvent sous-estimée à l’échelle internationale : les petits États insulaires figurent parmi les territoires les plus exposés aux effets du changement climatique.
Lors d’une session consacrée à l’écart entre les risques climatiques et les solutions d’adaptation dans le tourisme, la secrétaire générale et directrice générale de la Caribbean Tourism Organization, Dona Regis-Prosper, a insisté sur l’expérience concrète vécue par la région. Les ouragans dévastateurs qui frappent régulièrement la Caraïbe, la montée du niveau de la mer ou encore la pression croissante sur les écosystèmes marins ont profondément marqué les territoires. Cette expérience directe constitue aujourd’hui un moteur pour repenser les stratégies touristiques de la région. Le partenariat entre CTO et The Travel Foundation s’inscrit précisément dans cette dynamique de transformation.
Passer des discours climatiques à des solutions concrètes
Au cœur du partenariat entre CTO et The Travel Foundation, une conviction domine : les stratégies climatiques doivent désormais dépasser les déclarations d’intention. Les destinations caribéennes disposent déjà de nombreuses études, données scientifiques et scénarios prospectifs sur les risques climatiques. Cependant, un défi persistant subsiste : transformer ces informations en projets réellement financés et opérationnels.
C’est l’un des points soulevés par Narendra Ramgulam, directeur adjoint du tourisme durable au sein de la Caribbean Tourism Organization. Selon lui, la région ne manque ni d’idées ni d’analyses, mais la mise en œuvre concrète des projets reste souvent freinée par l’accès aux financements. Dans ce contexte, le partenariat entre CTO et The Travel Foundation vise précisément à combler ce fossé entre la planification stratégique et l’action réelle sur le terrain.
Un modèle touristique centré sur les communautés locales
L’un des axes majeurs du partenariat entre CTO et The Travel Foundation concerne la place des populations locales dans le développement touristique. Dans de nombreuses destinations caribéennes, les retombées économiques du tourisme restent parfois concentrées dans certains segments de l’industrie. Le nouveau cadre de coopération souhaite favoriser une approche plus inclusive dans laquelle les projets touristiques génèrent des bénéfices directs pour les communautés.
Cette vision implique également un renforcement des compétences locales dans les métiers du tourisme durable ainsi qu’un soutien accru aux initiatives économiques valorisant les ressources naturelles et culturelles de la région. Cette approche correspond à une évolution globale du secteur touristique. Les voyageurs manifestent aujourd’hui un intérêt croissant pour des expériences responsables, authentiques et étroitement liées aux réalités des territoires qu’ils visitent.
Le tourisme caribéen face à une transformation structurelle
Le partenariat entre CTO et The Travel Foundation intervient à un moment charnière pour l’industrie touristique de la Caraïbe. Plusieurs transformations profondes redéfinissent aujourd’hui l’avenir du secteur. L’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, la fragilisation progressive des récifs coralliens, l’érosion de certaines plages et l’évolution des attentes des voyageurs en matière de durabilité modifient progressivement l’équilibre du tourisme régional.
Ces éléments ne concernent pas uniquement l’environnement. Ils influencent directement l’expérience touristique, la compétitivité des destinations et les moyens de subsistance de nombreuses populations locales. Dans ce contexte, renforcer la résilience du tourisme caribéen devient une priorité économique autant qu’environnementale.
Une coopération internationale pour renforcer la résilience
Le renouvellement du partenariat entre CTO et The Travel Foundation formalise une collaboration renforcée entre deux organisations engagées dans la transformation du tourisme mondial. The Travel Foundation travaille depuis plusieurs années sur des initiatives visant à rendre les destinations touristiques plus durables, notamment à travers la planification climatique, la gestion des flux touristiques et la protection des écosystèmes.
De son côté, la Caribbean Tourism Organization représente les intérêts touristiques de nombreux territoires de la région et joue un rôle central dans la coordination des politiques régionales. En combinant leurs expertises, les deux institutions souhaitent développer des outils et des stratégies permettant aux destinations caribéennes de mieux anticiper les risques climatiques tout en maintenant leur attractivité touristique.
Une vision régionale pour l’avenir du tourisme caribéen
Au-delà de la coopération technique, le partenariat entre CTO et The Travel Foundation s’inscrit également dans une vision plus large : celle d’une approche régionale coordonnée du tourisme durable. La Caraïbe partage plusieurs réalités communes. Les économies de nombreux territoires reposent fortement sur le tourisme, les îles restent particulièrement exposées aux risques climatiques et la région possède un patrimoine naturel et culturel exceptionnel.
Face à ces caractéristiques communes, la coopération régionale apparaît comme un levier essentiel pour développer des solutions adaptées aux spécificités des destinations insulaires. Cette orientation rejoint également les ambitions du CTO Reimagine Plan, une stratégie qui vise à repositionner le tourisme caribéen autour de la durabilité, de l’innovation et de la résilience.
La Caraïbe, laboratoire mondial du tourisme durable
À travers le partenariat entre CTO et The Travel Foundation, la Caraïbe cherche aussi à affirmer son rôle dans les débats internationaux sur l’avenir du tourisme. Les défis auxquels la région est confrontée aujourd’hui pourraient préfigurer ceux que d’autres destinations touristiques devront affronter dans les prochaines décennies. Dans cette perspective, la Caraïbe peut devenir un véritable laboratoire d’innovation pour les stratégies de tourisme résilient face au climat, la gestion durable des destinations insulaires et l’intégration des communautés dans l’économie touristique.
L’enjeu du partenariat entre CTO et The Travel Foundation dépasse donc largement les frontières régionales. Les solutions développées dans la Caraïbe pourraient inspirer d’autres régions du monde confrontées aux mêmes défis.
Le partenariat vise à développer des stratégies concrètes pour rendre le tourisme caribéen plus résilient face au changement climatique tout en soutenant les communautés locales.
Les destinations caribéennes doivent faire face à l’intensification des ouragans, à l’érosion des plages, à la dégradation des récifs coralliens et à la montée du niveau de la mer.
Le Caribbean Tourism Organization souhaite positionner la Caraïbe comme une destination durable, capable de concilier développement touristique, protection des écosystèmes et bénéfices pour les populations locales.
Sur la côte sud-ouest de l’île de Sainte-Lucie, près de la ville de Soufrière, Anse Chastanet s’impose comme l’un des sites les plus remarquables du littoral caribéen. Cette baie, bordée de collines tropicales et tournée vers la mer des Caraïbes, combine un environnement naturel préservé, un patrimoine historique discret et l’un des récifs les plus accessibles de l’île. Pour les voyageurs attentifs aux paysages et à la vie marine, Anse Chastanet représente aujourd’hui un point d’observation privilégié de la Caraïbe insulaire.
Une baie naturelle au cœur de la côte volcanique de Sainte-Lucie
Anse Chastanet se situe à quelques kilomètres au nord de Soufrière, sur une portion du littoral dominée par des reliefs volcaniques et des forêts tropicales. Le paysage est caractéristique de cette partie de Sainte-Lucie : des collines abruptes couvertes de végétation, une mer profonde à proximité du rivage et, au large, la silhouette des Pitons, ces deux montagnes volcaniques inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La baie elle-même est relativement protégée, ce qui explique la clarté des eaux et la richesse de l’écosystème marin. Le sable y est d’origine volcanique et présente souvent une teinte sombre, typique de plusieurs plages du sud de l’île. Cette configuration géologique rappelle que Sainte-Lucie est avant tout une île volcanique, où la mer et la montagne coexistent à très courte distance.
Un récif accessible directement depuis la plage
L’un des éléments qui distingue Anse Chastanet dans la Caraïbe est la proximité immédiate de son récif corallien. À seulement quelques mètres du rivage, les visiteurs peuvent observer une zone marine riche en poissons tropicaux et en formations coralliennes. Le récif commence à environ dix mètres du bord de l’eau et se développe ensuite en plateau avant de descendre progressivement vers des profondeurs plus importantes. Cette configuration permet la pratique de la plongée avec masque et tuba directement depuis la plage. Plus de 150 espèces de poissons ont été recensées dans cette zone, ce qui en fait l’un des sites de plongée côtière les plus connus de Sainte-Lucie.
Pour protéger cet environnement fragile, certaines zones du récif sont balisées afin d’empêcher l’accès des bateaux. Cette organisation contribue à préserver la faune marine tout en permettant une observation sécurisée pour les visiteurs.
Une plage accessible au public
Bien que la baie soit associée à un établissement hôtelier, la plage d’Anse Chastanet reste accessible au public. Les visiteurs peuvent y passer la journée, se baigner ou pratiquer la plongée libre, même s’ils ne séjournent pas dans les hébergements situés à proximité. Cette accessibilité participe à la popularité du site, notamment auprès des voyageurs qui explorent la côte de Soufrière. Sur place, plusieurs services sont disponibles : restaurants, centre de plongée et équipements pour les activités nautiques.
Un sentier côtier permet également de rejoindre la plage voisine d’Anse Mamin, située à quelques minutes de marche. Cette seconde baie, plus discrète, est entourée de vestiges d’une ancienne plantation coloniale.
Un site marqué par l’histoire des plantations
Derrière la plage d’Anse Chastanet se trouvent les ruines d’une plantation datant du XVIIIᵉ siècle. Ces vestiges témoignent de l’histoire agricole de Sainte-Lucie, lorsque la production de sucre dominait l’économie de l’île. Aujourd’hui, ces traces du passé sont intégrées au paysage. Des sentiers permettent d’explorer les anciennes structures en pierre et d’observer la manière dont la végétation tropicale a progressivement repris possession du site.
Cette présence historique ajoute une dimension supplémentaire à la visite : Anse Chastanet n’est pas seulement une plage, mais aussi un lieu où se rencontrent histoire coloniale, nature et tourisme.
Une baie intégrée à un environnement protégé
La zone d’Anse Chastanet se trouve au cœur des réserves marines de Sainte-Lucie. Ces espaces protégés ont été mis en place afin de préserver les récifs coralliens et les écosystèmes marins qui entourent l’île. Cette gestion environnementale est essentielle pour maintenir l’équilibre entre fréquentation touristique et conservation des milieux naturels. Les activités nautiques y sont donc encadrées, et certaines zones restent exclusivement dédiées à l’observation sous-marine.
Une destination représentative de la Caraïbe naturelle
Anse Chastanet résume plusieurs caractéristiques majeures du paysage caribéen : une mer riche en biodiversité, une forêt tropicale dense et un littoral façonné par l’activité volcanique. Cette combinaison explique pourquoi la baie attire à la fois des plongeurs, des photographes et des voyageurs à la recherche d’un environnement préservé. Située dans l’une des régions les plus spectaculaires de Sainte-Lucie, à proximité immédiate des Pitons et des reliefs montagneux du sud de l’île, Anse Chastanet offre une lecture claire de la géographie locale. Elle rappelle que la Caraïbe ne se limite pas à ses plages, mais qu’elle se comprend aussi à travers ses paysages, son histoire et ses écosystèmes marins.
Pour les visiteurs qui souhaitent explorer Sainte-Lucie au-delà des stations balnéaires classiques, Anse Chastanet constitue aujourd’hui un site de référence, où nature, mer et patrimoine se rencontrent dans un espace relativement préservé.
Anse Chastanet est située sur la côte sud-ouest de Sainte-Lucie, près de la ville de Soufrière, dans la mer des Caraïbes.
La baie est réputée pour son récif corallien accessible directement depuis la plage, qui abrite plus de 150 espèces de poissons et constitue l’un des sites de plongée les plus connus de l’île.
Oui. La plage d’Anse Chastanet est accessible au public, et les visiteurs peuvent y pratiquer la baignade, la plongée libre ou profiter des services disponibles sur place.
TeMeUm 2026 marque une nouvelle étape dans la politique de soutien aux initiatives locales en faveur de la biodiversité dans les territoires ultramarins. Lancée par l’Office français de la biodiversité (OFB), cette campagne annuelle vise à financer des micro-projets portés par des associations, petites collectivités et gestionnaires d’espaces naturels engagés sur le terrain.
Dans un contexte où les écosystèmes insulaires subissent de fortes pressions – urbanisation, changement climatique, pollution, érosion de la biodiversité – ce programme apporte des moyens financiers et techniques pour transformer des initiatives locales en actions concrètes et mesurables. Les porteurs de projets ont jusqu’au 14 avril 2026 pour déposer leur candidature via une procédure entièrement dématérialisée.
Depuis sa création en 2010, le programme a soutenu plus de 420 micro-projets dans l’ensemble des Outre-mer, confirmant son rôle structurant dans l’accompagnement des dynamiques environnementales locales.
Des financements adaptés aux petites structures
L’un des atouts majeurs de TeMeUm 2026 réside dans son accessibilité. Le programme cible volontairement les structures de taille modeste, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux financements traditionnels. Les subventions accordées varient de quelques milliers d’euros à 20 000 euros, et peuvent couvrir jusqu’à 80 % du budget total du projet.
Le versement de l’aide est effectué en une seule fois dès le lancement de l’action, permettant aux porteurs de projets de démarrer rapidement leurs initiatives sans attendre des phases administratives longues. Cette approche répond à une réalité bien connue dans les territoires ultramarins : les acteurs locaux disposent d’expertises solides mais manquent souvent de moyens financiers immédiats.
Au-delà de l’appui financier, l’OFB met en place un accompagnement technique et administratif pour sécuriser la mise en œuvre des projets et favoriser leur valorisation à l’échelle territoriale.
Trois dispositifs complémentaires pour structurer les projets
La campagne TeMeUm 2026 s’articule autour de trois dispositifs distincts, conçus pour répondre à des besoins variés.
Tremplin : soutenir l’action locale immédiate
Le dispositif Tremplin constitue le cœur opérationnel du programme. Il soutient des micro-projets de protection ou de restauration de la biodiversité, qu’il s’agisse de premières expériences de gestion écologique ou d’initiatives pilotes innovantes.
Chaque année, environ trente projets sont cofinancés pour un montant pouvant atteindre 15 000 euros. Les actions soutenues couvrent des domaines variés : suivi d’espèces, restauration d’habitats naturels, sensibilisation du public, ou encore expérimentation de nouvelles méthodes de gestion écologique.
Parmi les initiatives accompagnées en 2025 figurent le suivi participatif de la biodiversité marine à Saint-Pierre-et-Miquelon, un projet de mobilisation citoyenne autour de la ville durable en Guyane ou encore la création d’un sentier botanique en Polynésie pour préserver une flore endémique menacée.
Coopération : renforcer les compétences techniques
Le volet Coopération vise à structurer des partenariats entre acteurs de la biodiversité afin de renforcer les capacités techniques locales. Doté d’une subvention pouvant atteindre 20 000 euros, ce dispositif soutient des projets collaboratifs associant plusieurs structures.
Ces coopérations permettent notamment de mutualiser les expertises scientifiques, d’améliorer les méthodes de gestion écologique et de développer des stratégies territoriales plus cohérentes. En 2025, un projet de restauration de zones humides à Mayotte a ainsi bénéficié de ce financement à la suite d’un cyclone ayant fragilisé les écosystèmes locaux.
Compagnonnages : transmission et formation sur le terrain
Le troisième dispositif de TeMeUm 2026, intitulé Compagnonnages, se concentre sur la formation professionnelle et la transmission de savoir-faire. Il permet à des équipes ultramarines de réaliser des immersions de courte durée – une à deux semaines – au sein de structures expertes.
L’OFB prend en charge les frais de déplacement, d’hébergement et de restauration, dans la limite de 5 000 euros. Ce format favorise des échanges techniques directs et des transferts de compétences rapides.
En 2025, des agents environnementaux de l’océan Indien ont ainsi été formés aux techniques de capture et d’étude des chiroptères, tandis qu’un partenariat international a permis d’étudier l’impact des microplastiques sur les sites de ponte des tortues vertes et la nidification des oiseaux marins.
Une procédure simplifiée et un accompagnement de proximité
Le programme TeMeUm 2026 repose sur une volonté claire de simplification administrative. Les candidatures sont entièrement dématérialisées via la plateforme Démarches Simplifiées, ce qui facilite l’accès pour les structures éloignées des grands centres administratifs. Les dossiers sont examinés par des jurys locaux composés d’acteurs de la biodiversité propres à chaque territoire. Cette organisation garantit une évaluation adaptée aux réalités écologiques et sociales de chaque zone ultramarine.
L’accompagnement ne s’arrête pas à la sélection. Les équipes nationales de TeMeUm et les délégations territoriales de l’OFB suivent les porteurs de projets tout au long du processus : montage du dossier, mise en œuvre opérationnelle, évaluation et valorisation des résultats.
Un cahier d’accompagnement détaillant les critères d’éligibilité et les engagements attendus est mis à disposition des candidats. Deux webinaires d’information sont également programmés les 23 et 25 mars 2026 afin d’aider les structures à préparer leur candidature.
Un enjeu majeur pour les territoires de la Caraïbe et de l’océan Indien
Pour les territoires ultramarins, la biodiversité constitue à la fois un patrimoine naturel exceptionnel et un facteur de résilience économique, culturelle et touristique. Les écosystèmes marins et terrestres de la Caraïbe, de la Guyane ou de l’océan Indien jouent un rôle central dans la protection contre les risques climatiques, la sécurité alimentaire et l’attractivité des territoires. Dans ce contexte, TeMeUm 2026 représente une opportunité stratégique pour les acteurs locaux souhaitant développer des projets concrets, qu’il s’agisse de restauration d’habitats naturels, de protection d’espèces endémiques ou de sensibilisation des populations.
Le programme contribue également à structurer un réseau d’acteurs engagés, favorisant la circulation des compétences et le partage d’expériences entre territoires ultramarins.
Une mobilisation locale au service d’une biodiversité durable
En renouvelant son appel à projets, l’OFB confirme l’importance d’une approche territoriale de la biodiversité, fondée sur l’expertise des acteurs locaux. TeMeUm 2026 ne se limite pas à un dispositif de financement : il s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer les capacités d’action des structures ultramarines et à soutenir des initiatives adaptées aux réalités écologiques de chaque territoire. Les candidatures pour les trois dispositifs – Tremplin, Coopération et Compagnonnages – sont ouvertes jusqu’au 14 avril 2026. Les porteurs de projets peuvent se rapprocher de leur délégation territoriale de l’OFB ou contacter directement l’équipe TeMeUm pour obtenir des informations complémentaires.
À travers cette nouvelle campagne, TeMeUm 2026 confirme que la préservation de la biodiversité ultramarine repose avant tout sur l’engagement des acteurs locaux, capables de transformer des initiatives ciblées en solutions durables pour leurs territoires.
TeMeUm 2026 est un programme de l’Office français de la biodiversité destiné à financer des micro-projets de protection et de restauration de la biodiversité dans les territoires ultramarins. Il soutient les associations, collectivités et gestionnaires d’espaces naturels engagés sur le terrain.
Les associations, petites collectivités, établissements publics et gestionnaires d’espaces naturels situés dans les territoires d’Outre-mer peuvent déposer un dossier. Le programme est conçu pour être accessible aux petites structures ayant des projets concrets en faveur de la biodiversité.
Les candidatures pour les dispositifs Tremplin, Coopération et Compagnonnages sont ouvertes jusqu’au 14 avril 2026. Les dossiers doivent être déposés en ligne via la plateforme Démarches Simplifiées de l’Office français de la biodiversité.