À Sainte-Lucie, la « figue » est une banane verte. Cuite avec de la morue salée, elle donne le green fig and saltfish, plat national de l’île, où se rejoignent deux histoires, celle du sel venu du nord et celle de la banane d’exportation.

Au bout d’un chemin boueux, dans le village de Desrameaux, les habitants se retrouvent dans une vaste clairière. C’est Jounen Kwéyòl, la fête du créole. Des femmes montrent à tour de rôle comment on prépare la farine de manioc selon les méthodes traditionnelles. Sur les tables, des écrevisses, de la figue verte aux dumplings dans un bouillon de haricots rouges, de la morue au concombre, des soupes servies dans des calebasses. Un reportage publié en 2008 raconte cette scène. Elle dit déjà l’essentiel de Sainte-Lucie, une cuisine de racines, de bananes et de poisson salé.

Une figue qui n'en est pas une

Sur l’île, on appelle « figues » les bananes. Les « green figs » sont des bananes vertes, cueillies avant maturité, fermes, délicates et sans sucre. Le green fig and saltfish les associe à de la morue salée, cuite lentement avec des oignons, des tomates et des poivrons. La banane tient dans l’assiette la place que la pomme de terre occupe ailleurs. Elle apporte la matière, la morue apporte le sel et le goût. Le plat se mange au petit-déjeuner comme au déjeuner. Le samedi matin, au marché de Castries, dont les stands ouvrent vers six heures, il se sert au plus près de la marmite.

Bananes vertes, morue salée dans un bol en bois, poivrons, oignon, tomate, thym, ail et oignons verts posés sur une table en bois
Bananes vertes, morue salée, poivrons, oignon, tomate, thym et ail : la base du plat.

La morue, venue du nord

Elle ne vient pas des eaux caribéennes mais de l’Atlantique Nord. Au début du XIXe siècle, Terre-Neuve expédie plus de 150 000 quintaux de morue salée par an vers les colonies britanniques de la Caraïbe, dont Sainte-Lucie, en 1810 et 1811. Entre 1817 et 1833, la moyenne annuelle reste d’environ 127 000 quintaux. La Jamaïque, la Barbade, la Guyane britannique, Trinité, Grenade, la Dominique et Saint-Vincent figurent dans la même liste de colonies.

Derrière cette morue, il y a l’économie sucrière, qui repose alors sur le travail servile. Les planteurs cherchent une protéine bon marché et durable. Elle nourrit d’abord les personnes réduites en esclavage, puis les travailleurs libres. Les colonies britanniques réclament même les qualités les moins chères. Séchée et salée, la morue voyage bien, ce qui compte dans des îles sans réfrigération. Le sel traverse l’océan avant d’arriver dans la marmite.

Détail de la morue salée effilochée, mijotée avec des oignons et des poivrons, à côté d'une banane verte coupée et de feuilles de chou
La morue salée, venue de l'Atlantique Nord, mijotée avec oignons et poivrons.

La banane, culture d'exportation

Dans les années 1950, la banane devient à Sainte-Lucie une culture d’exportation. L’île est alors présentée comme le premier producteur de la Caraïbe anglophone. Le marché britannique est protégé, par un accord que la première convention de Lomé formalise en 1975. En 1992, l’île exporte 132 000 tonnes de bananes. Dès 1993, l’Union européenne restreint l’accès préférentiel à son marché, et Chiquita conteste le régime devant l’OMC. La même année, des grèves de planteurs font deux morts par balles. Le nombre de planteurs passe de 10 000 à 1 800 selon un bilan de la BBC. Sur le marché mondial, la banane a perdu du terrain. Dans la marmite, la figue verte est restée.

Dans l’assiette, les deux histoires se rejoignent. D’un côté, un poisson salé venu d’un système de provisions coloniales. De l’autre, un fruit devenu produit d’exportation vers l’Europe. Le plat national de Sainte-Lucie les réunit sans les expliquer.

Gros plan sur une assiette en terre cuite : morue salée aux poivrons, banane verte coupée en morceaux et feuilles de chou
Dans l'assiette, la banane verte tient la place de la pomme de terre.

Green fig and saltfish, un plat à plusieurs visages

La figue verte ne s’arrête pas à une recette. Dans le reportage de Desrameaux, elle se sert avec des dumplings dans un bouillon de haricots rouges, et la morue arrive à part, avec du concombre. Le vendredi soir à Gros Islet, la green fig salad accompagne les grillades et les bakes. Les accras de morue et le bouyon, une soupe épaisse de haricots rouges, de viande et de racines, complètent le répertoire. Le green fig and saltfish est le visage le plus connu d’une famille de plats.

Bol bleu garni de morue salée, de bananes vertes bouillies, de tranches d'avocat et de poivrons et tomates en lanières
La figue verte se décline aussi avec la morue à part, des poivrons et de l'avocat.

À lire aussi : Ackee and Saltfish : Le Trésor Culinaire Jamaïcain, l’autre grand plat de morue salée de la Caraïbe.

Jounen Kwéyòl, le dernier dimanche d'octobre

Ce dimanche 25 octobre, Sainte-Lucie célèbre Jounen Kwéyòl. La fête est portée par le Folk Research Centre, fondé en 1973 par Mgr Patrick Anthony et de jeunes étudiants, dans le sillage du mouvement Black Power. Née dans les années 1980, elle redonne au kwéyòl une place publique, avec la musique, l’artisanat, les contes et la cuisine. Écoles, associations et groupes culturels y prennent part, et les rues se couvrent de madras. Cette année, elle se tient notamment à La Clery Playing Field, à Dennery South, et à Vieux Fort.

À la langue que l’on parle répond celle que l’on mange. Les bananeraies ont perdu des milliers de planteurs. La figue verte, elle, est restée dans la marmite. Reste à savoir ce que l’île y mettra demain.

Assiette de green fig and saltfish sur un set de table en bambou, avec des bananes et une orange en arrière-plan
À Jounen Kwéyòl, la table se couvre de plats de la cuisine créole.

Questions fréquentes sur le green fig and saltfish

Le green fig and saltfish est le plat national de Sainte-Lucie. Il associe des bananes vertes, appelées « figues » sur l’île, à de la morue salée cuite lentement avec des oignons, des tomates et des poivrons. Il se mange au petit-déjeuner comme au déjeuner.

Sur l’île, on appelle « figues » les bananes. Les « green figs » sont des bananes vertes, cueillies avant maturité, fermes, délicates et sans sucre. Dans l’assiette, elles tiennent la place que la pomme de terre occupe ailleurs.

La morue vient de l’Atlantique Nord, et non des eaux caribéennes. En 1810 et 1811, Terre-Neuve en expédie plus de 150 000 quintaux par an vers les colonies britanniques de la Caraïbe, dont Sainte-Lucie, pour nourrir d’abord les personnes réduites en esclavage, puis les travailleurs libres. Séchée et salée, elle voyage bien, ce qui compte dans des îles sans réfrigération.

Sir Arthur Lewis, né à Castries, à Sainte-Lucie, le 23 janvier 1915, est l’économiste qui a reçu le prix Nobel d’économie en 1979 pour ses recherches sur le développement. Commis à 14 ans, il devient professeur à Manchester à 33 ans, puis premier président de la Caribbean Development Bank à partir de 1970. Il meurt à Bridgetown, à la Barbade, le 15 juin 1991.

En août 1952, dans une rue de Bangkok, en Thaïlande, Sir Arthur Lewis comprend qu’il peut abandonner l’idée d’une main-d’œuvre limitée. Cette intuition répond à deux énigmes, le prix relatif de l’acier et du café, et des salaires britanniques restés presque stables pendant les débuts de la révolution industrielle. L’histoire commence bien plus tôt, à Castries.

Sir Arthur Lewis souriant, en veste de tweed, cravate et lunettes à monture épaisse, derrière des micros
Sir Arthur Lewis prend la parole derrière un pupitre orné des armes de l'Université de Princeton, devant des micros

Sir Arthur Lewis, un enfant de Castries devenu commis à 14 ans

Sir Arthur Lewis naît le 23 janvier 1915 à Castries, à Sainte-Lucie. Ses parents sont instituteurs et sont arrivés d’Antigua une douzaine d’années plus tôt. À sept ans, une maladie le retient à la maison. Son père lui fait la classe et lui enseigne en trois mois ce que l’école enseigne en deux ans. L’enfant saute de la quatrième à la sixième année.

Son père  meurt cette même année, laissant une veuve et cinq fils. Il gardera de sa mère le souvenir de la personne la plus disciplinée et la plus travailleuse qu’il ait connue. À 14 ans, il quitte l’école et devient commis dans l’administration. Le travail lui apprend à écrire, à taper à la machine et à classer. En 1932, il remporte la bourse du gouvernement de Sainte-Lucie pour étudier dans une université britannique.

Du London School of Economics à la chaire de Manchester

Sir Arthur Lewis rêvait de devenir ingénieur. Dans les colonies britanniques de l’époque, ni l’administration ni les entreprises blanches n’embauchaient un ingénieur noir. Il choisit donc le commerce et s’inscrit en 1933 au London School of Economics, à Londres. Il avoue ne pas savoir alors ce qu’est l’économie. Il sort diplômé en 1937, avec la mention first class.

En 1938, il devient le premier universitaire noir du London School of Economics. Friedrich Hayek, qui dirige alors par intérim le département d’économie, lui demande d’enseigner l’entre-deux-guerres. Sir Arthur Lewis répond qu’il ne sait pas ce qui s’est passé. Friedrich Hayek réplique que la meilleure façon d’apprendre un sujet est de l’enseigner. Ce cours donnera un livre, publié en 1949. En janvier 1948, Sir Arthur Lewis est nommé professeur d’économie politique à l’Université de Manchester, au Royaume-Uni. Il a 33 ans.

L'économie duale, l'idée de Bangkok expliquée simplement

Son modèle repose sur deux secteurs. Le premier est une agriculture traditionnelle de subsistance, qui occupe l’essentiel de la population. Le second est un secteur moderne, tourné vers le marché, qui tire la croissance. Ce secteur moderne recrute dans les campagnes une main-d’œuvre presque illimitée. Les salaires restent proches du niveau rural. Les profits deviennent de l’épargne, qui finance les usines et les machines.

Il publie cette idée en 1954 dans la revue The Manchester School, sous le titre « Economic Development with Unlimited Supplies of Labour ». L’article provoque applaudissements et indignation. Pendant vingt-cinq ans, d’autres chercheurs lui consacrent cinq livres et de nombreux articles.

De l'Université des Indes occidentales à la Caribbean Development Bank

En 1957, Sir Arthur Lewis devient conseiller économique du Premier ministre du Ghana. À partir de 1959, il dirige l’University College of the West Indies, premier Caribéen à ce poste, puis devient vice-chancelier de l’Université des Indes occidentales. En 1963, il rejoint l’Université de Princeton, aux États-Unis, où il enseigne jusqu’en 1983.

Sir Arthur Lewis, en veste de tweed et lunettes, la main levée, s'exprime devant des micros lors d'une conférence

Il quitte provisoirement Princeton pour la Caribbean Development Bank, créée le 26 janvier 1970 et installée à la Barbade. Il en devient le premier président. Sous sa direction, la banque met l’accent sur l’éducation et la formation. Sir Arthur Lewis encourage aussi les pays de la Caraïbe à coopérer et à utiliser ensemble les ressources de l’institution.

Le Nobel d'économie 1979 de Sir Arthur Lewis

En 1979, Sir Arthur Lewis reçoit le prix Nobel d’économie, qu’il partage avec Theodore W. Schultz, de l’Université de Chicago. Le prix récompense ses recherches pionnières sur le développement économique. Le 8 décembre 1979, lors de la conférence Nobel, Sir Arthur Lewis présente « The Slowing Down of the Engine of Growth ». Il étudie un scénario où les économies riches ralentissent. Selon son analyse, les pays en développement pourraient garder une croissance d’environ six pour cent en commerçant davantage entre eux. Il présente ce calcul comme une possibilité, pas comme une prévision.

Ce que Sir Arthur Lewis laisse à Sainte-Lucie

Il est enterré à Sainte-Lucie, sur le campus du Sir Arthur Lewis Community College, à Morne Fortune, aux côtés de Derek Walcott, prix Nobel de littérature. Le collège a ouvert ses portes le 1er juin 1986 et a fêté ses 40 ans en 2026, avec son visage au centre de son logo anniversaire. En mars 2023, le London School of Economics a rebaptisé son bâtiment d’économie Sir Arthur Lewis Building. Chaque 23 janvier, jour de sa naissance, Sainte-Lucie fête le Nobel Laureate Day.

Buste en bronze de Sir Arthur Lewis posé sur un livre ouvert, avec une plaque indiquant sa naissance à Sainte-Lucie le 23 janvier 1915 et son prix Nobel d'économie 1979
Buste en bronze de Sir Arthur Lewis, vu de profil, avec ses lunettes, devant un ciel nuageux

Le Nobel d’économie 2026 sera annoncé le lundi 12 octobre, à Stockholm. Une question demeure, celle que Sir Arthur Lewis posait déjà dans sa conférence de 1979. Les pays en développement peuvent-ils continuer à croître quand les économies riches ralentissent ? Pour l’actualité de l’île, lisez aussi notre article sur la Jounen Kwéyòl 2026.

Questions fréquentes sur Sir Arthur Lewis

Sir Arthur Lewis est un économiste né à Castries, à Sainte-Lucie, le 23 janvier 1915, et mort à Bridgetown, à la Barbade, le 15 juin 1991. Il a reçu le prix Nobel d’économie en 1979 et a été le premier président de la Caribbean Development Bank à partir de 1970.

Sir Arthur Lewis a reçu le Nobel d’économie en 1979 pour ses recherches pionnières sur le développement économique. Il a partagé le prix avec Theodore W. Schultz, de l’Université de Chicago.

C’est un modèle publié en 1954 qui oppose une agriculture de subsistance à un secteur moderne. Ce secteur moderne recrute une main-d’œuvre presque illimitée à des salaires proches du niveau rural, et transforme ses profits en épargne pour investir.

Le 30 septembre, au marché de Laborie, Sainte-Lucie a ouvert son Mois du patrimoine kwéyòl. Jounen Kwéyòl 2026 aura lieu le 25 octobre, dans trois villages. Mais une question traverse la fête, celle de la transmission de la langue aux enfants.

Au marché de Laborie, une langue prend la parole

Mercredi 30 septembre, en fin d’après-midi, le marché de Laborie accueille le lancement du Mwa Ewitaj Kwéyòl. L’événement est organisé par le Folk Research Centre (FRC), avec le gouvernement et l’Events Company of Saint Lucia. Au programme, de la danse et de la musique folklorique. Monseigneur Patrick Anthony, fondateur du FRC, prend la parole. « Le kwéyòl est notre culture, le kwéyòl est notre identité, et chaque Saint-Lucien devrait comprendre que, si je ne connais pas ma langue, je passe à côté de beaucoup de choses sur moi-même », dit-il (traduction de propos tenus en anglais). Il ajoute que « nous l’avons créée, nous l’avons façonnée, nous l’avons formée », et qu’elle est « la base de tout ce qui est saint-lucien ».

Trois percussionnistes en chemises colorées jouant du tambour, avec un musicien tenant un bambou, pour illustrer Jounen Kwéyòl 2026
Musiciens jouant du tambour et d'instruments traditionnels. © Travel Saint Lucia

Le directeur exécutif du FRC, Melchoir Henry, déclare le mois ouvert et annonce les trois communautés hôtes de Jounen Kwéyòl. Le thème de l’année tient en une phrase, « Kwéyòl-la Sé Sa Nou Tout », le kwéyòl appartient à tous.

Jounen Kwéyòl 2026, trois villages et un dimanche à 5 h

Le grand rendez-vous tombe le dimanche 25 octobre. Les festivités commencent à 5 h du matin, dans trois lieux. La Clery, à Castries Nord. Level Grounds, à La Caye (Dennery). Le parc de loisirs de Vieux Fort. À Dennery, la fête porte le thème « From the Field to the People », des champs aux gens.

Danseuses en costume créole madras rouge, jaune et blanc lors d'un défilé nocturne devant la foule et des tambours
Danseuses en costume créole lors d'un défilé nocturne. © Travel Saint Lucia

Le mois a ses étapes. Une marche à l’aube, Douvan Jou, relie Belle Vue à Choiseul le 5 octobre. La Wènn Kwéyòl, l’élection de la reine créole, se tient le 10 octobre au Centre culturel national. Le 28, jour de la Journée internationale du créole, une conférence ferme le calendrier. Le 25, on porte le madras. On mange de la figue verte à la morue salée, des accras, du callaloo. On entend des tambours, des shak-shak, un banjo, un cuatro et un violon.

Deux bols blancs, l'un de poisson salé aux légumes, l'autre de figues vertes, posés sur un tissu madras avec des hibiscus rouges
Figues vertes et poisson salé aux légumes, sur un tissu madras. © Travel Saint Lucia

Près de quinze heures de radio, puis un village

Tout commence en 1983, sous la bannière de Bannzil Kréyòl, un regroupement d’îles créolophones. À Sainte-Lucie, la première Journée internationale du créole passe par la radio. Radio St. Lucia diffuse près de quinze heures de kwéyòl, dès 8 h du matin, avec une liaison de deux heures avec la Dominique. À Laborie, un débat réunit le public. À l’école de Fond Assau, une assemblée du matin ouvre un programme culturel.

L’année suivante, en 1984, la fête s’ouvre à toute une communauté. À Mon Repos, la journée s’ouvre par une messe en kwéyòl dite par le père Patrick Anthony. On honore Sesenne Descartes, figure du folklore saint-lucien. On sert des repas créoles, on joue au walaba, les groupes folkloriques se produisent. Selon le Saint Lucia Star, il vient des centaines de personnes de plus que prévu.

Plats créoles servis dans des bols en terre cuite, entourés de bananes, d'avocats et de tissu madras
Plats créoles et produits locaux : bananes, avocats et citrons verts. © Travel Saint Lucia

Plus de quarante ans plus tard, le FRC décrit Jounen Kwéyòl comme la plus grande activité culturelle du pays. Communautés, écoles, églises, entreprises et administrations y participent. Le FRC en attend une meilleure conscience de la valeur du kwéyòl, des liens entre classes sociales et des retombées économiques locales. L’an dernier, notre article sur le Mwa éwitaj Kwéyòl 2025 montrait déjà cet ancrage dans les communautés.

Une langue qui recule chez les enfants

Le kwéyòl est né, selon le FRC, de la rencontre entre des locuteurs du français et de langues d’Afrique de l’Ouest dans la société de plantation. Il reste présent dans les conversations, les proverbes et les chansons. L’anglais est la langue officielle de l’île. Le linguiste Hubert Devonish a mesuré le recul en 2022. En 1980, expliquait-il, la majorité des enfants entraient à l’école avec le kwéyòl comme première langue. Ils étaient désormais moins de 20 %. Il mettait en garde contre une école qui pourrait devenir « le cimetière de la langue » si les familles cessent de l’utiliser à la maison (Global Voices, traduction RK).

Portrait d'une femme souriante en foulard madras, boucles d'oreilles colorées et collier de perles, devant des palmes
Portrait en tenue créole, avec foulard madras. © Travel Saint Lucia
Panneau du Fond Latisab Creole Park expliquant les étapes de fabrication du pain de cassave, derrière deux hommes en chemise madras
Panneau du Fond Latisab Creole Park sur le pain de cassave traditionnel. © Travel Saint Lucia

L’école a pourtant commencé à répondre. Depuis l’année scolaire 2024-2025, le kwéyòl est enseigné dans quinze écoles pilotes. Le ministre de l’Éducation, Shawn Edward, a annoncé l’initiative le 4 septembre 2024, après quatre décennies de plaidoyer. Le Premier ministre Philip J. Pierre l’avait promise le jour de l’Émancipation, en août 2022. Les annonces ne précisent ni les niveaux concernés ni les premiers résultats.

Ce que Jounen Kwéyòl 2026 change pour Sainte-Lucie

Face à ce recul, la fête a un rôle précis. Le FRC lui assigne trois buts, faire mesurer la force de la langue, rapprocher les classes sociales et créer des occasions économiques à partir des ressources culturelles. Elle relie aussi Sainte-Lucie à d’autres territoires. Le 28 octobre, la Journée internationale du créole réunit, selon le FRC, neuf territoires créolophones, Sainte-Lucie comprise, dont Haïti, la Guadeloupe, la Martinique, la Dominique, la Guyane, Maurice, les Seychelles et La Réunion. Chacun garde sa langue et son histoire.

Artisane debout derrière son stand de robes, sacs, poupées et accessoires en tissu madras, devant un mur orange
Une artisane et ses créations en tissu madras : robes, sacs, poupées et accessoires. © Travel Saint Lucia

Le thème de 2026 insiste sur le mot « tout ». Le kwéyòl n’appartient ni à une génération ni à un seul village. Pour le ministre John Paul Estephan, c’est une question de responsabilité. « Si le kwéyòl nous appartient, son avenir nous appartient aussi », a-t-il déclaré au lancement, selon St. Lucia Times. Le 25 octobre, trois villages répondront à leur manière. Dans dix ans, que parleront les enfants de ces trois villages ?

Crédit photos : © Travel Saint Lucia.

Questions fréquentes

Jounen Kwéyòl 2026 a lieu le dimanche 25 octobre, dès 5 h du matin. Elle se tient à La Clery (Castries Nord), à Level Grounds (La Caye, Dennery) et à Vieux Fort. Elle s’inscrit dans le Mois du patrimoine kwéyòl, lancé le 30 septembre à Laborie.

Elle existe pour faire connaître la force et la valeur du kwéyòl, selon le Folk Research Centre. Elle est née en 1983 d’une émission de radio, autour de la Journée internationale du créole du 28 octobre, avant de devenir en 1984 une fête communautaire à Mon Repos.

Non, l’anglais est la langue officielle de Sainte-Lucie. Le kwéyòl, un créole à base lexicale française, reste très présent dans la vie quotidienne et il est enseigné dans quinze écoles pilotes depuis l’année scolaire 2024-2025.

L’histoire des cinémas caribéens poursuit sa traversée des années 1980. Après trois épisodes consacrés aux premiers développements de plusieurs cinémas de la région, ce quatrième volet réunit deux films martiniquais et une œuvre née à Curaçao.

Du marronnage du Sang du flamboyant à la trajectoire internationale de Rue Cases-Nègres, puis à l’univers singulier d’Almacita di Desolato, trois œuvres donnent à voir des rapports différents à la mémoire, à l’oralité, à l’Afrique et aux imaginaires caribéens. Cet article constitue le quatrième épisode d’une série de dix. Les trois premiers sont déjà disponibles sur Richès Karayib et six autres poursuivront cette histoire jusqu’aux années 2020.

1981: MARTINIQUE - LE SANG DU FLAMBOYANT, DE FRANÇOIS MIGEAT

Ce film est un cas à part dans le cinéma antillais. En effet, son réalisateur est un « Métropolitain » (à savoir un homme blanc de France hexagonale qui n’avait aucune attache primordiale avec les Antilles françaises) qui épousa la comédienne martiniquaise Émilie Benoît et fut invité par le poète et homme politique Aimé Césaire à animer la première formation en audiovisuel des Antilles au SERMAC (Service Municipal d’Action Culturelle) de la ville de Fort-de-France.

À la différence de Dérives ou la femme-jardin (1977), Le Sang du flamboyant, fortement soutenu par Césaire, connut une sortie commerciale en salles et eut même l’honneur d’être projeté dans la célèbre université Columbia à New York. Il se base sur un fait historique, à savoir le « marronnage » (à l’origine, fuite d’un esclave hors de la plantation) de Monsieur Beauregard (devenu Alban dans le film) qui fit courir les gendarmes du sud de la colonie post-esclavagiste de Martinique de 1942 à 1949, ce qui en fait l’un des derniers Marrons historiques de la Caraïbe.

Ce long-métrage se caractérise par le caractère central du Nègre marron, l’un des personnages récurrents du cinéma antillais ainsi que du conteur créole traditionnel à la source de la majorité de l’intrigue dans un cinéma au cœur duquel l’oralité continue de palpiter. Par ailleurs, il est l’un des premiers films à développer une « dimension magique » dans l’intrigue qui met en difficulté le Béké (descendant de famille esclavagiste), généreusement interprété par le célèbre comédien et producteur Jacques Perrin.

La « fémifocalité » n’est pas en reste avec le personnage d’Élia (interprétée avec prestance par Émilie Benoît qui était la comédienne principale de Dérives ou la femme-jardin), « femme-debout » qui conte l’histoire du film au côté de son compagnon conteur Gélus, présence féminine qui contrevient à la tradition historique voulant que les conteurs créoles ne soient que des hommes.

cinémas caribéens
Le Sang du flamboyant de François Migeat, 1981 ©Films Molière/CINUCA – Martinique

1983: MARTINIQUE - RUE CASES-NÈGRES, D’EUZHAN PALCY

À ce jour, il s’agit bien certainement du film antillais le plus connu au Monde. Il est l’adaptation d’un des classiques de la littérature antillaise, le roman autobiographique La Rue Cases-Nègres de Joseph Zobel, un des compagnons de route du poète de la Négritude Aimé Césaire. Ce film reçut le Lion d’Argent et la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Darling Légitimus (grand-mère du célèbre Pascal Légitimus du trio comique « Les Inconnus »), consacrant cinquante ans de carrière, au festival de Venise en 1983.

Par ailleurs, la réalisatrice reçut le César de la meilleure révélation en 1984. La suite du parcours de celle-ci est exceptionnelle : partie travailler à Hollywood, elle y deviendra la première femme noire à diriger des films de studio hollywoodien, avec des œuvres telles qu’Une saison blanche et sèche (1989) sur l’apartheid en Afrique du Sud et qui fit revenir Marlon Brando au cinéma, ou encore la production Walt Disney Le Combat de Ruby Bridges (1998) sur la véritable histoire de la première fille noire à avoir intégré une école d’enfants blancs dans le sud des États-Unis.

Son parcours a récemment été consacré par un Oscar d’Honneur en 2022. Quant à Rue Cases-Nègres, il fit connaître le jeune cinéma antillais à l’international, des États-Unis au Japon. En suivant le parcours du jeune José (Garry Cadenat) dans la colonie post-esclavagiste de Martinique des années 1930, c’est en fait de la condition rude des travailleurs de la canne et des relents de la période esclavagiste qu’il est question. Comme dans Coco la Fleur, candidat (1979) et Le Sang du flamboyant (1981), on retrouve la figure du conteur créole, ici en la personne du vieux Médouze, ainsi que l’influence de la Négritude.

Par ailleurs, le parcours scolaire de cet enfant indique autant son émancipation sociale que le processus d’« assimilation culturelle » par la nature des cours prodigués, la grand-mère Man Tine (Darling Légitimus), véritable incarnation de la « fémifocalité » traditionnelle du cinéma antillais, disant à son petit-fils : « Tu iras à leur école ! ». Un véritable classique des cinémas caribéens !

cinémas caribéens
Rue Cases-Nègres d’Euzhan Palcy, 1983 ©NEF Diffusion/JMJ Productions – Martinique

1986: CURAÇAO – ALMACITA DI DESOLATO, DE FELIX DE ROOY

Après un premier long-métrage tourné à Brooklyn, Désirée (1984), basé sur l’histoire vraie d’une femme qui tua son bébé parce qu’elle était persuadée qu’il était possédé par le Diable, le couple homosexuel Felix De Rooy-Norman de Palm tourne son second film sur l’île de Curaçao, dont il est originaire, en s’inspirant d’un conte caribéen. Les paysages de cette petite île néerlandaise de 444 km2 face au Venezuela, entre grotte et désert, sont le lieu d’une fusion entre rites magiques et réalité miséreuse d’un village isolé à une époque indéterminée.

Cette légende met en avant la part africaine des identités caribéennes (qu’on peut apprécier dans l’architecture du village, l’habillement des femmes, les connaissances traditionnelles transmises par l’oralité, etc.) à travers une intrigue qui raconte, par un formidable détour fictionnel, la traite négrière et l’esclavage, une histoire « inscrite dans la peau » comme le précise la voix-off du film.

Outre son caractère fictionnel plus prononcé que nombre de films caribéens qui restent attachés à une certaine réalité sociale ou historique, ce long-métrage dénote par la pluridisciplinarité de ses références nourries par le parcours de poète, d’homme de théâtre et d’artiste-plasticien (entre autres) de son réalisateur Felix De Rooy qui octroie à cette oeuvre un talentueux maniérisme qui la distingue dans les cinémas de la Caraïbe.

Peu après, le couple De Rooy-De Palm proposera un autre film surprenant : Ava & Gabriel (1990), l’une des premières grandes histoires de désir amoureux, au sein d’un trio interethnique en période coloniale (combinaison « taboue », s’il en est), de ces cinémas, teintée d’homosexualité (sujet très rare dans la région) via des personnages secondaires et doublée d’une généreuse réflexion sur les arts caribéens.

Comme dans Almacita di desolato, le tout est baigné par la musicalité du papiamento (papiamentu), langue créole née du choc entre le néerlandais, le portugais, l’espagnol, l’anglais et des mots d’origine africaine et amérindienne (Arawak), ainsi que par les croyances magico-religieuses dans un efficace réalisme magique. Peu après, ce duo au talent effusif explosera donnant à ce second film un air de précieux testament artistique.

cinémas caribéens
Almacita di Desolato de Felix de Rooy, 1986 ©Hungry Eye Pictures – Curaçao

À propos de l'auteur

Guillaume Robillard est docteur en cinéma, enseignant-chercheur, réalisateur de documentaires et spécialiste du cinéma et de la production artistique antillaise. Il est l’auteur de deux livres : Conquête de l’espace et du temps : le cinéma antillais (Éditions Jannink, “Hypothèses d’Art”, 2023) et Un cinéma décolonial : les personnages du cinéma antillais (Presses Universitaires des Antilles, “Arts et Esthétique”, 2024).

La sortie de Magma, film du réalisateur français Cyprien Vial s’inspirant fortement de l’éruption de la Soufrière de 1976 qui fit craindre l’anéantissement du chef-lieu Basse-Terre (Guadeloupe), puis de deux films réalisés par des Guadeloupéens, respectivement Fanon (Jean-Claude Barny) sur le célèbre intellectuel anticolonialiste dans sa période algérienne, et Zion, en moins d’un mois, a eu le mérite d’interpeller les médias français (Le Monde, Libération, etc.) sur le potentiel du cinéma antillais comme, plus largement, de films portant sur les outre-mer.

Série Histoires des cinémas caribéens. S3/10 est déjà disponible sur Richès Karayib. À suivre prochainement avec S5/10.

À Sainte-Lucie, lors de la 51e réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM, Dr Hyginus « Gene » Leon, directeur exécutif du DBRP/The Nature Bank, a présenté, au cours d’un événement parallèle consacré aux réparations, une idée ambitieuse : utiliser la justice réparatrice pour repenser le développement caribéen. Ici, elle ne désigne pas uniquement une compensation financière. Elle vise à reconnaître les conséquences de l’esclavage et de la colonisation, à réparer les dommages et à transformer les mécanismes qui continuent à les reproduire.

Quatre richesses pour mesurer le développement

Le développement est souvent évalué à travers la croissance, les investissements et les infrastructures. Cette lecture reste incomplète. Une économie peut construire des routes, des ports ou des hôtels tout en affaiblissant ses ressources naturelles, sa population ou ses institutions. La réflexion repose sur quatre formes de richesse. Le capital produit comprend les infrastructures, les entreprises et les ressources financières. Le capital naturel réunit les sols, les forêts, l’eau, les récifs et le climat. Le capital humain englobe la santé, l’éducation, les compétences et la dignité. Enfin, le capital sociétal concerne les institutions, la cohésion et la confiance.

justice réparatrice

Le progrès suppose que ces quatre richesses avancent ensemble. Lorsqu’une forme de capital se développe en détruisant les autres, la croissance devient fragile. Un territoire peut afficher de bons résultats économiques tout en épuisant les bases qui rendent cette prospérité possible.

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Une erreur économique vieille de cinq siècles

La justice réparatrice prend ici une dimension plus large. Elle part d’un constat historique : pendant des siècles, le système économique a donné un prix aux biens produits tout en réduisant les personnes et la nature à des ressources disponibles. La loi britannique d’abolition de 1833 illustre cette logique. Plus de 800 000 personnes réduites en esclavage ont été libérées. Pourtant, les 20 millions de livres mobilisés ont indemnisé les propriétaires, tandis que les personnes libérées n’ont reçu aucune compensation. La valeur financière de la propriété a été reconnue ; celle de la vie humaine est restée absente du bilan.

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Cette logique d’extraction n’a pas entièrement disparu. Le cacao produit au Ghana et en Côte d’Ivoire alimente une industrie mondiale, alors que les producteurs et les territoires d’origine ne conservent qu’une faible part de la valeur créée. Les revenus restent bas, les forêts reculent et l’essentiel des profits se concentre ailleurs.

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Réparations, climat et inégalités : une même racine

Les réparations liées à l’esclavage, les pertes et dommages climatiques et la lutte contre les inégalités sont souvent traitées séparément. Pourtant, ces enjeux reposent sur une même erreur : ne compter qu’une partie de la richesse réelle. Dans la Caraïbe, cette contradiction est visible. Une mangrove peut être détruite pour rendre un projet rentable à court terme. Sa capacité à protéger les côtes, à limiter les dégâts d’une tempête ou à soutenir la pêche n’apparaît pas toujours dans le calcul initial. Lorsque la catastrophe survient, le territoire doit financer la reconstruction, souvent par la dette. La valeur de la nature est ignorée au départ, puis son absence devient une facture collective.

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La justice réparatrice relie ainsi mémoire, économie et environnement. Elle pose une question concrète : comment réparer une injustice historique sans reproduire les mêmes déséquilibres dans les décisions présentes ?

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Secourir, reconstruire et transformer

Trois étapes structurent la justice réparatrice : secourir, reconstruire et repositionner. La première répond aux urgences immédiates. La deuxième restaure ce qui a été perdu. La troisième transforme les règles afin que les dommages ne se répètent pas. Cette dernière étape est décisive. Reconstruire une maison sur la même faille revient à préparer son prochain effondrement. De même, une compensation dispersée dans des projets isolés peut produire des résultats temporaires sans corriger les causes profondes de la vulnérabilité.

justice réparatrice

La justice réparatrice pourrait donc financer des investissements complémentaires : éducation, santé, protection des écosystèmes, infrastructures résistantes, institutions solides et économies capables de conserver davantage de valeur dans les territoires caribéens. L’objectif serait de compenser une perte tout en rendant sa répétition moins probable.

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Trois changements possibles pour la CARICOM

La justice réparatrice ouvre trois pistes pour la région. D’abord, chaque grande décision publique ou financière pourrait mesurer ce qu’elle crée et ce qu’elle détruit dans les quatre formes de richesse. Ensuite, les réparations pourraient être organisées comme un portefeuille cohérent de reconstruction et de transformation. Enfin, les coûts humains et environnementaux pourraient être intégrés dans l’évaluation des projets, des prêts et des investissements.

La justice réparatrice déplacerait ainsi le débat. Pour la Caraïbe, réparer le passé pourrait devenir une manière de protéger l’avenir, en donnant enfin une valeur égale aux personnes, à la nature, aux institutions et aux infrastructures.

Dans ce contexte, la justice réparatrice désigne une démarche visant à reconnaître et à réparer les conséquences durables de l’esclavage et de la colonisation. Elle ne se limite pas au versement d’une compensation financière : elle cherche aussi à investir dans les populations, les institutions, l’environnement et l’économie afin que les mêmes inégalités ne continuent pas à se reproduire.

Les quatre richesses sont le capital produit, qui comprend les infrastructures et les entreprises ; le capital naturel, comme les forêts, les récifs et l’eau ; le capital humain, qui englobe la santé, l’éducation et les compétences ; et le capital sociétal, fondé sur les institutions, la confiance et la cohésion. Un développement durable suppose de faire progresser ces quatre capitaux ensemble, sans enrichir l’un en détruisant les autres.

Elle pourrait permettre de financer un ensemble cohérent d’actions dans l’éducation, la santé, la protection des écosystèmes, la résilience climatique et les infrastructures. Elle suppose aussi d’intégrer les coûts humains et environnementaux dans les décisions financières et de mesurer ce que chaque projet crée ou détruit. Ces orientations ont été présentées comme des propositions à la CARICOM, et non comme des décisions déjà adoptées.

Du 1er au 22 juillet, Saint Lucia Carnival 2026 installe Sainte-Lucie dans l’un de ses temps culturels les plus attendus. Pendant trois semaines, l’île avance vers les grands jours de parade, mais le carnaval ne se résume pas à l’image finale des costumes dans la rue. Il se construit avant, dans les répétitions, les concours, les quartiers et les voix qui préparent Castries.

Avant même que les bands occupent le circuit, le carnaval se fait entendre. Un morceau de soca passe d’un téléphone à un bus. Des artistes testent leurs titres. Des groupes ajustent les derniers détails. À Sainte-Lucie, le carnaval n’arrive pas d’un seul coup. Il monte jusqu’à devenir une voix collective.

Saint Lucia Carnival 2026

Une saison culturelle, pas seulement une parade

Le programme officiel de Saint Lucia Carnival 2026 annonce une saison complète, avec des compétitions de calypso et de soca, des rendez-vous communautaires, Junior Carnival, J’Ouvert, King and Queen of the Bands et la National Parade of the Bands. La jeunesse entre dans le récit avec Junior Carnival. Les calypsonians prolongent une tradition de commentaire social. Les artistes soca cherchent le refrain qui restera dans les têtes. Les bands transforment le costume en langage visuel. Dans ce mouvement, le carnaval devient un espace où l’on danse, mais aussi où l’on se reconnaît.

C’est là que Saint Lucia Carnival 2026 prend de l’épaisseur. L’événement n’est pas seulement une succession de fêtes. Il organise une montée culturelle. Il donne à voir une île anglophone traversée par une mémoire créole forte.

Saint Lucia Carnival 2026
Saint Lucia Carnival 2026
Saint Lucia Carnival 2026
Saint Lucia Carnival 2026

Une mémoire née dans la rue

L’histoire du Lucian Carnival rappelle que la première célébration enregistrée à Sainte-Lucie remonte à 1947. Selon le récit officiel, un petit groupe aurait traversé Castries en vêtements usés, en frappant des rythmes sur des bouteilles et des morceaux d’acier. En 1948, steel bands, calypsos et groupes costumés entraient déjà dans la fête. Ce détail change la lecture du carnaval. Il ne naît pas seulement d’un programme ou d’une affiche. Il vient d’un geste populaire. D’une ville. D’un son improvisé. D’un besoin de prendre la rue autrement.

Aujourd’hui, Saint Lucia Carnival 2026 prolonge cette impulsion. Quand Castries accueille les parades et les grands rendez-vous, la capitale ne sert pas seulement de décor. Elle redevient le lieu où l’histoire, la musique et les corps se rencontrent.

Saint Lucia Carnival 2026
Saint Lucia Carnival 2026

Quand le Kwéyòl prend la route

La singularité lucienne se joue dans la langue. Sainte-Lucie est anglophone, mais son identité culturelle passe fortement par le Kwéyòl, le créole saint-lucien. Dans le carnaval, cette coexistence devient audible. Le calypso porte la parole sociale. La soca donne l’élan collectif. Le Dennery Segment apporte une signature plus récente, plus directe, lucienne dans son énergie. Né à Dennery dans les années 2010, ce genre mêle soca, dancehall et zouk. Ses paroles sont souvent livrées en créole saint-lucien.

Avec Saint Lucia Carnival 2026, le Kwéyòl n’est pas un simple élément folklorique. Il devient une matière vivante. Il surgit dans les refrains, rapproche la rue et rappelle que l’identité lucienne se transmet aussi par la manière de parler, de répondre, de chanter et de faire danser.

Saint Lucia Carnival 2026
Saint Lucia Carnival 2026

La musique comme question d’identité

Cette année, Listwa Kannaval 2026 a donné une profondeur particulière au calendrier. Cette rencontre culturelle posait une question forte : la musique reflète-t-elle seulement qui nous sommes, ou façonne-t-elle aussi notre manière de nous comprendre ?

Cette question éclaire Saint Lucia Carnival 2026. Derrière les plumes, les paillettes et les camions de musique, il y a une conversation sur la mémoire, la langue et la transmission. Que devient une chanson quand elle passe du studio à la rue ? Que devient une langue quand elle est reprise par une foule ? Que transmet une parade quand plusieurs générations avancent ensemble ? À Sainte-Lucie, le carnaval répond. Il ne sépare pas la fête de la mémoire. Il ne sépare pas la musique de l’identité. Il fait circuler les deux dans un même rythme.

Saint Lucia Carnival 2026

Une voix lucienne dans la Caraïbe

La Caraïbe connaît de grands carnavals, chacun avec ses codes, ses sons et ses calendriers. La force de Sainte-Lucie n’est pas d’imiter Trinidad, la Barbade, Saint-Vincent ou Grenade. Sa force est d’affirmer sa propre combinaison : une capitale marquée par l’histoire du carnaval, une culture anglophone nourrie de Kwéyòl, une tradition calypso vivante et un son contemporain qui porte le nom de Dennery. C’est cette singularité qui donne sa valeur à Saint Lucia Carnival 2026. Il ne dit pas seulement : regardez notre carnaval. Il dit plutôt : écoutez notre manière d’être luciens.

Quand les bands entreront dans Castries, les regards iront naturellement vers les costumes. Mais l’essentiel sera peut-être dans les refrains repris ensemble, dans le Kwéyòl dans le son, dans la mémoire de 1947 qui continue de battre sous les sons d’aujourd’hui. Avec Saint Lucia Carnival 2026, Sainte-Lucie ne se contente pas de défiler. Pendant 22 jours, elle fait entendre une voix lucienne claire.

Saint Lucia Carnival 2026 se déroule du 1er au 22 juillet 2026 à Sainte-Lucie. Le carnaval avance sur plusieurs semaines, avec des concours musicaux, des événements communautaires, Junior Carnival, J’Ouvert et les grandes parades finales. Les journées les plus attendues sont prévues les 20 et 21 juillet, lorsque les bands entrent dans les rues de Castries pour la National Parade of the Bands.

Saint Lucia Carnival 2026 est important parce qu’il ne se limite pas à une fête de rue. Il met en scène l’identité lucienne à travers la musique, la langue, les costumes et la mémoire collective. Le carnaval permet de faire entendre plusieurs voix de Sainte-Lucie : le calypso, la soca, le Kwéyòl et le Dennery Segment. C’est un moment où l’île affirme sa singularité dans la grande famille des carnavals caribéens.

Le Kwéyòl, créole saint-lucien, donne au carnaval une profondeur culturelle particulière. Il apparaît dans les chansons, les refrains et les expressions populaires. Le Dennery Segment, né à Dennery dans les années 2010, apporte une signature musicale plus récente, rapide et très expressive. Dans Saint Lucia Carnival 2026, ces éléments montrent que le carnaval lucien n’est pas seulement visuel : il est aussi une voix, une langue et une manière de raconter Sainte-Lucie.

Dans la Caraïbe, une facture d’énergie trop lourde peut ralentir une entreprise. Une tempête peut couper une route, bloquer un port, fragiliser une récolte. Une crise sécuritaire peut aussi dépasser les frontières d’un seul pays. C’est dans cette réalité quotidienne que le dialogue Canada-CARICOM prend aujourd’hui une nouvelle dimension.

Réunis à Panama City, en marge de l’Assemblée générale 2026 de l’Organisation des États américains, les ministres des Affaires étrangères du Canada et de la CARICOM ont voulu donner une nouvelle force à leur partenariat stratégique. Au centre des échanges : un plan d’action tourné vers trois priorités majeures pour la région : la sécurité, le climat et l’économie.

Une coopération qui cherche des résultats concrets

Le partenariat Canada-CARICOM s’inscrit dans la continuité de l’accord stratégique lancé en 2023. Mais la réunion de 2026 marque une étape importante : les deux parties veulent désormais avancer avec un plan plus précis, plus lisible et plus mesurable.

L’objectif n’est pas seulement d’afficher une proximité diplomatique. Il s’agit de fixer des priorités, des calendriers et des mécanismes de financement capables de produire des résultats. Pour les pays caribéens, cette précision compte. La région fait face à des défis qui se croisent : coût de l’énergie, catastrophes climatiques, sécurité maritime, vulnérabilité financière, crise haïtienne. La Caraïbe ne demande pas seulement de l’aide. Elle cherche des partenaires capables de comprendre ses réalités et d’agir avec elle sur le long terme.

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La sécurité, une urgence régionale

La sécurité occupe une place centrale dans ce nouveau plan Canada-CARICOM. Les ministres ont évoqué la criminalité transnationale, les gangs, les migrations irrégulières, la sécurité maritime et les flux illicites. Pour la région, ces sujets ne sont pas isolés. La mer est un lien, mais aussi une zone de vulnérabilité. Les trafics, les réseaux criminels, les cybermenaces et les crises politiques circulent parfois plus vite que les réponses institutionnelles.

Le Canada soutient déjà certaines initiatives régionales à travers le renforcement des capacités, des interventions ciblées et des partenariats opérationnels. Le nouvel enjeu est d’aller vers une réponse plus coordonnée : mieux protéger les espaces maritimes, renforcer les institutions, partager les informations utiles et limiter l’influence des réseaux criminels.

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Haïti, une crise qui concerne toute la Caraïbe

Haïti occupe une place majeure dans les discussions. La crise politique, sécuritaire et humanitaire que traverse le pays a des conséquences directes sur la région. Les ministres ont notamment souligné les risques liés aux trafics de drogue et d’armes. Le soutien à la Gang Suppression Force fait partie des points abordés. Cette force doit contribuer à rétablir la sécurité sur le terrain, avec un mandat appelé à être renouvelé au Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Les ministres ont aussi rappelé le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Ils soutiennent l’organisation d’élections crédibles dès que les conditions le permettront, ainsi que les efforts contre la corruption et l’impunité. Haïti apparaît comme un rappel fort : aucune stabilité caribéenne durable ne peut se construire en laissant un territoire seul face à une crise aussi profonde.

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Climat et économie : deux faces d’un même défi

Le nouveau plan Canada-CARICOM relie aussi clairement climat et économie. Dans la Caraïbe, une catastrophe naturelle n’est jamais seulement un événement météorologique. Elle touche les familles, les entreprises, les routes, les écoles, les ports et les finances publiques. L’accès à une énergie fiable et abordable revient comme une priorité. Une énergie trop chère freine l’innovation et pèse sur les ménages. Une énergie plus stable peut soutenir l’industrie, les services, l’investissement et la transition vers des modèles plus durables.

Le commerce fait aussi partie de l’équation. Le programme CARIBCAN, qui donne à la majorité des produits originaires de 18 pays et territoires caribéens du Commonwealth un accès sans droits de douane au marché canadien, reste un levier important. Il rappelle que le partenariat Canada-CARICOM ne concerne pas seulement la diplomatie. Il touche aussi les débouchés économiques, les chaînes d’approvisionnement et la capacité des entreprises caribéennes à se projeter au-delà de leur marché local.

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La vulnérabilité caribéenne mieux prise en compte

Un autre point essentiel du partenariat Canada-CARICOM concerne le financement. Plusieurs États caribéens sont considérés comme des pays à revenu intermédiaire. Pourtant, leur exposition aux catastrophes climatiques, aux chocs économiques et aux ruptures d’approvisionnement reste très forte. C’est l’un des grands paradoxes de la région. Sur le papier, certains pays semblent trop “avancés” pour accéder facilement à des financements concessionnels. Dans la réalité, une seule crise peut fragiliser des années d’efforts.

Les ministres ont donc insisté sur la nécessité de réformer l’architecture financière internationale. L’idée est simple : la vulnérabilité réelle des petits États doit être mieux prise en compte. Pas seulement leur revenu moyen.

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Un plan à suivre de près

Les prochains mois seront importants. Les responsables doivent encore finaliser les détails du plan d’action, identifier les initiatives prioritaires, construire un calendrier de mise en œuvre et renforcer le suivi. Un dialogue de hauts fonctionnaires est prévu à l’automne pour faire avancer ce travail.

Le partenariat Canada-CARICOM ne réglera pas à lui seul les défis de la Caraïbe. Mais il dit quelque chose du moment actuel : la région veut être écoutée comme un espace stratégique, pas seulement comme une zone vulnérable. Reste maintenant la vraie question : ce nouveau plan produira-t-il des changements visibles pour les populations, les entreprises et les territoires caribéens ?

Le nouveau plan Canada-CARICOM est une feuille de route destinée à renforcer la coopération entre le Canada et la Communauté caribéenne. Il repose sur trois priorités : des économies plus résilientes, l’action climatique, et la sécurité régionale. L’objectif est de passer d’un partenariat diplomatique à des actions plus concrètes, avec des calendriers, des résultats mesurables et des mécanismes de financement durables.

Haïti occupe une place centrale parce que sa crise politique, sécuritaire et humanitaire a des conséquences sur toute la région. Les ministres ont évoqué les trafics de drogue et d’armes, le soutien à la Gang Suppression Force, mais aussi le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Pour la CARICOM, la stabilité d’Haïti reste donc un enjeu régional, pas seulement national.

Le partenariat Canada-CARICOM relie directement climat et économie. Il met en avant l’accès à une énergie fiable et abordable, le développement du commerce, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et l’accès à des financements adaptés aux vulnérabilités des petits États caribéens. L’enjeu est de permettre à la région de mieux résister aux catastrophes naturelles, aux chocs économiques et aux crises internationales.

Organisée par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE), la deuxième édition des Caribbean Days a réuni au siège de l’UNESCO, à Paris, plusieurs expressions de la culture caribéenne. Pendant quatre jours, l’événement a créé un espace de dialogue autour de la coopération régionale, du tourisme durable et des relations économiques entre la Caraïbe et l’Europe.

Une table caribéenne face à Paris

Sur le toit de l’UNESCO, des chefs antillais de l’association Les Toques françaises préparent un menu caribéen en trois services. Depuis le restaurant, les invités aperçoivent la tour Eiffel, les Invalides et la rive gauche. Cette scène résume l’esprit des Caribbean Days : présenter la Caraïbe par ses créations et ses savoir-faire, puis utiliser cette présence culturelle pour engager des échanges plus larges. 

La Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE) a organisé cette deuxième édition dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes. Placée sous le thème « Paix, diversité et durabilité », la manifestation a réuni des acteurs culturels, institutionnels, diplomatiques et économiques.

Durant quatre jours, la programmation a accordé une place aux arts visuels, à la gastronomie, à la mode, au cinéma, à la littérature, à la poésie, à la musique et à la danse. Ces disciplines ont montré plusieurs facettes de la création caribéenne dans un lieu consacré à l’éducation, à la science, à la culture et au patrimoine.

Les industries créatives au premier plan

Les Caribbean Days ont présenté les industries créatives comme l’une des forces de la région. La cuisine, les vêtements, les films, les récits, la musique et la danse ont servi de points de rencontre entre différents territoires et différents secteurs.

Cette diversité a permis de réunir des ambassadeurs caribéens, d’autres diplomates, des représentants du secteur public et des acteurs privés. La culture a ainsi créé un cadre commun pour des discussions portant sur le développement, l’investissement et les partenariats.

Fondée en novembre 2019, la CCCE a pour mission de faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe. Elle cherche également à encourager les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, cette mission s’est traduite par des rencontres entre institutions, entreprises et représentants caribéens.

Caribbean Days
Florian Valmy-Desvillers( directeur du développement commercial, CTO Chapter UK & Europe), Geoffey Lipman, (conférencier principal, ancien président du WTTC et secrétaire général adjoint de l'OMT), Jo Spalburg (secrétaire générale du CCCE), Tracy Jones (directrice pour l'Europe chez Barbados Tourism Marketing Inc.) et Carol Charran-Timlelt (présidente de l'Association de Trinité-et-Tobago en France).

La coopération régionale autour d’un même déjeuner

Un déjeuner-débat a porté sur la coopération entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Des représentants de la Banque de France, d’Expertise France et de l’OCDE ont participé aux présentations.

L’intervention de la sénatrice française Micheline Jacques, qui soutient un partenariat économique entre les territoires d’outre-mer et Haïti, a recentré les débats sur une question concrète : comment renforcer les liens entre les différentes composantes de l’espace caribéen ?

À travers cette rencontre, les Caribbean Days ont rapproché la culture, la diplomatie et l’économie. La gastronomie n’était pas un simple décor. Elle a accompagné un dialogue sur les coopérations possibles et sur la place de la Caraïbe dans ses relations avec l’Europe.

Le tourisme durable face au changement climatique

Une table ronde a été consacrée au tourisme durable. Geoffrey Lipman, ancien président du World Travel and Tourism Council et ancien secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale du tourisme, y a participé aux côtés de Florian Valmy-Desvillers, directeur du développement commercial de la Caribbean Tourism Organization pour le Royaume-Uni et l’Europe.

Jo Spalburg, secrétaire général de la CCCE, a résumé le message principal de ces échanges. Selon lui, l’accélération du changement climatique rend nécessaire un tourisme plus durable et plus bénéfique pour les communautés locales. Celles-ci jouent un rôle direct dans la protection de la nature et de la culture de la région pour les générations futures.

Cette réflexion donne aux Caribbean Days une portée particulière. Elle relie la promotion des destinations caribéennes à la responsabilité de préserver ce qui attire les visiteurs : les paysages, les patrimoines, les pratiques culturelles et les connaissances locales.

Caribbean Days
Jo Spalburg, secrétaire général du CCCE, en compagnie des chefs français des Antilles de l'association « Les Toques françaises ».

De la visibilité culturelle aux alliances

Au terme de cette deuxième édition, la CCCE met en avant une ambition collective : transformer la visibilité culturelle en collaborations, en innovation et en croissance durable pour la région.

Les Caribbean Days ont montré que la culture peut ouvrir des discussions entre diplomates, institutions, entreprises et acteurs créatifs. La suite dépendra désormais de la capacité des partenaires réunis à Paris à convertir ces échanges en alliances concrètes au bénéfice des territoires et des communautés caribéennes.

Les Caribbean Days, également appelés Journées des Caraïbes, sont un événement organisé par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe au siège de l’UNESCO, à Paris. Pendant quatre jours, leur deuxième édition a mis en avant les arts visuels, la gastronomie, la mode, le cinéma, la littérature, la poésie, la musique et la danse. L’événement s’est déroulé sous le thème « Paix, diversité et durabilité », dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Les Caribbean Days sont organisés par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe, ou CCCE. Fondée en novembre 2019, cette organisation cherche à faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe, tout en encourageant les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, la CCCE a réuni des représentants culturels, diplomatiques, institutionnels et économiques autour des créations et des enjeux caribéens.

Les Caribbean Days ont associé la promotion des industries créatives à des discussions sur la coopération régionale et le tourisme durable. Un déjeuner-débat a porté sur les relations entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Une table ronde a également abordé les effets du changement climatique et la nécessité de développer un tourisme plus durable, capable de mieux bénéficier aux communautés locales qui protègent les patrimoines naturels et culturels de la région.

À partir de la saison 2026/2027, Sainte-Lucie va apparaître dans l’univers d’Arsenal comme partenaire officiel de destination. Ce partenariat place une île caribéenne au cœur d’une stratégie qui veut transformer le football mondial en tourisme, en fierté et en opportunités pour sa jeunesse.

Un partenariat officialisé à Castries

À Castries, la Saint Lucia Tourism Authority a officialisé un partenariat mondial pluriannuel avec Arsenal Football Club. Le club londonien devient ainsi un relais d’image pour une île de l’Est caribéen d’environ 180 500 habitants.

Le choix n’est pas anodin. Sainte-Lucie cherche à faire connaître davantage sa beauté, sa culture et son offre touristique à un public international. Le Royaume-Uni occupe une place importante dans cette stratégie, car il compte parmi les principaux marchés touristiques de l’île. Arsenal devient une porte d’entrée vers des millions de supporters, des matchs suivis dans de nombreux pays et des plateformes capables de porter une image très loin. Pour une destination insulaire, cette visibilité peut compter.

Sainte-Lucie
Sainte-Lucie

Sainte-Lucie, une vitrine au cœur du football anglais

Le partenariat prévoit une présence de Sainte-Lucie dans l’environnement d’Arsenal. L’île bénéficiera notamment d’une visibilité à l’Emirates Stadium, lors de matchs de Premier League, de Women’s Super League et de matchs de coupe. Elle sera aussi présente sur les plateformes et canaux digitaux du club.

Aujourd’hui, le tourisme ne se joue plus seulement dans les salons professionnels ou les campagnes classiques. Il se joue aussi dans les émotions collectives. Un match, un maillot, une vidéo, une communauté de supporters : ce sont des lieux de mémoire, de conversation et parfois de désir de voyage. Sainte-Lucie place donc son image là où l’attention existe déjà pour faire circuler son nom, sa campagne “Let Her Inspire You” et son identité auprès d’un public qui connaît peut-être Arsenal avant de connaître les Pitons.

Sainte-Lucie regarde vers sa jeunesse

La partie la plus intéressante de l’accord se trouve loin des tribunes. Le partenariat doit aussi soutenir la création d’un Academy Hub à Sainte-Lucie. L’objectif annoncé est de créer des possibilités de mentorat et des parcours pour aider de jeunes joueurs à développer leur talent.

Dans beaucoup d’îles, le sport est une langue commune. Il porte les rêves d’enfants, les efforts des familles, les terrains improvisés, les clubs locaux et les entraîneurs qui donnent du temps. Quand un partenariat international promet des passerelles pour les jeunes, il doit être regardé avec attention. Le défi sera simple à formuler, plus difficile à mesurer : cette visibilité mondiale pourra-t-elle produire des effets réels sur le terrain ? Pour les jeunes joueurs de Sainte-Lucie, l’Academy Hub sera le point à suivre.

Sainte-Lucie
Sainte-Lucie
Sainte-Lucie
Sainte-Lucie

Une destination avec une histoire à raconter

L’île est présentée comme le seul pays au monde nommé d’après une femme. Elle est connue pour les Pitons, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais aussi pour ses forêts, ses plages, ses bains de boue à Sulphur Springs Park, son héritage chocolatier et ses grands rendez-vous culturels.

Le Gros Islet Friday Night Street Party, le Saint Lucia Jazz & Arts Festival, le Lucian Carnival ou encore le Creole Heritage Month donnent déjà à l’île un calendrier fort. L’accord avec Arsenal vient donc amplifier une histoire existante. La présence de Julien Alfred, championne olympique et ambassadrice du tourisme, renforce aussi cette lecture. Sainte-Lucie sait déjà que le sport peut faire voyager un nom bien au-delà de ses frontières. Avec Arsenal, l’île change simplement d’échelle.

Le tourisme sportif comme stratégie

Ce n’est pas la première fois que la Saint Lucia Tourism Authority s’appuie sur de grands noms du sport. L’organisme cite déjà des collaborations avec les New York Yankees, les Toronto Raptors, les Toronto Maple Leafs et les Brooklyn Nets. L’accord avec Arsenal vient donc s’ajouter à une stratégie plus large autour du tourisme sportif.

Football, cricket, rugby, natation : Sainte-Lucie veut attirer des équipes, des athlètes, des visiteurs et des regards. Pour une île caribéenne, cette stratégie peut devenir un levier puissant si elle reste connectée au territoire. La visibilité seule ne suffit pas. Elle doit nourrir l’économie locale, les événements, les jeunes talents et la reconnaissance culturelle. C’est là que ce partenariat sera vraiment jugé. Pas seulement à la taille des écrans ou au nombre de supporters touchés, mais à ce qu’il laissera dans l’île.

Sainte-Lucie
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Sainte-Lucie
Sainte-Lucie

Quand une île entre dans le jeu mondial

Avec Arsenal, Sainte-Lucie entre dans un espace où le sport, le tourisme et l’identité se croisent. Le football devient une vitrine. L’île devient un récit. Et la jeunesse devient une promesse à suivre. La question est maintenant ouverte : jusqu’où une petite île caribéenne peut-elle transformer la puissance d’un grand club en bénéfices concrets pour son peuple ?

Sainte-Lucie devient partenaire officiel de destination d’Arsenal Football Club à partir de la saison 2026/2027. Ce partenariat pluriannuel, porté par la Saint Lucia Tourism Authority, doit renforcer la visibilité internationale de l’île, notamment au Royaume-Uni, l’un de ses marchés touristiques importants. Il prévoit aussi une présence de Sainte-Lucie dans l’environnement d’Arsenal, à l’Emirates Stadium, lors de matchs masculins et féminins, ainsi que sur les plateformes digitales du club.

Sainte-Lucie mise sur Arsenal pour toucher un public mondial déjà engagé autour du football. L’objectif est de faire circuler le nom de l’île au-delà des campagnes touristiques classiques, en associant sa destination à un club suivi dans de nombreux pays. Ce partenariat permet aussi de renforcer la campagne “Let Her Inspire You” et de présenter Sainte-Lucie comme une destination caribéenne liée à la nature, à la culture, aux événements et au tourisme sportif.

L’Academy Hub prévu à Sainte-Lucie doit créer des possibilités de mentorat et des parcours pour aider de jeunes joueurs à développer leur talent. C’est l’un des volets les plus importants du partenariat avec Arsenal, car il dépasse la simple visibilité touristique. L’enjeu sera de voir comment cette collaboration pourra produire des effets concrets pour les jeunes sportifs, les clubs locaux et le développement du football sur l’île.

À partir du 1er juillet 2026, Sainte-Lucie prendra la présidence de la CARICOM pour une période de six mois. Quelques jours plus tard, l’île accueillera la 51e réunion régulière de la Conférence des chefs de gouvernement, du 5 au 8 juillet. Derrière ce calendrier officiel, une question plus large se dessine : comment rendre l’intégration caribéenne plus concrète pour les peuples ?

Sainte-Lucie au centre du calendrier caribéen

Dans les prochains jours, Sainte-Lucie deviendra l’un des lieux où la Caraïbe viendra parler d’elle-même, de ses urgences et de son avenir commun. Lors du lancement national de la réunion, le Premier ministre Philip J. Pierre a présenté ce rendez-vous comme un moment important pour son pays et pour l’ensemble de la Communauté caribéenne.

Le calendrier est clair. Sainte-Lucie prendra la présidence de la CARICOM le 1er juillet 2026. Philip J. Pierre succédera alors à Dr Terrance Drew, Premier ministre de Saint Kitts and Nevis, actuel président de l’organisation. Cette présidence durera jusqu’au 31 décembre 2026

CARICOM
CARICOM

Une présidence tournante, une responsabilité partagée

Dans la CARICOM, la présidence tourne entre les États membres. Ce principe peut sembler très institutionnel. Pourtant, il dit quelque chose d’essentiel sur la région. Les petits États caribéens ne portent pas seuls leurs défis. Ils se relaient, se coordonnent et cherchent à maintenir une continuité dans les décisions collectives.

Pour Sainte-Lucie, cette responsabilité arrive à un moment où la région fait face à plusieurs pressions en même temps. Le changement climatique, les vulnérabilités économiques, la sécurité, l’alimentation et la jeunesse ne sont plus des sujets séparés. Ils se croisent dans la vie quotidienne des habitants. C’est précisément là que la CARICOM veut être attendue : non pas uniquement dans les discours, mais dans les résultats.

Du 5 au 8 juillet, les dirigeants de la CARICOM réunis

La 51e réunion régulière de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM se tiendra à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet 2026. La cérémonie d’ouverture est prévue le dimanche 5 juillet. Le lundi 6 juillet, les chefs de gouvernement ou leurs représentants participeront au Heads Retreat, un temps réservé aux échanges directs entre dirigeants.

Les sessions formelles auront ensuite lieu les mardi 7 et mercredi 8 juillet. Elles doivent permettre d’aborder les dossiers jugés essentiels pour l’avenir de la Communauté. Ce format, entre discussions politiques et réunions officielles, vise à créer un espace de dialogue, de coordination et de décision.

CARICOM

De la résilience au renouvellement

Le thème choisi résume l’ambition affichée : « CARICOM: From Resilience to Renewal in a Changing World ». La formule part d’un constat connu dans toute la Caraïbe. Les peuples caribéens ont appris à tenir face aux crises. Ouragans, chocs économiques, héritages coloniaux, dépendances extérieures : la résilience fait partie de l’histoire régionale. Mais le message porté par Sainte-Lucie est clair : tenir ne suffit plus. La région veut entrer dans une phase de renouvellement. Renouvellement des économies, des institutions, de la coopération, des opportunités et de la confiance collective.

CARICOM

Des décisions qui doivent se voir

L’un des points les plus importants du discours de Philip J. Pierre concerne la visibilité des résultats. La CARICOM ne peut pas rester une idée réservée aux sommets, aux communiqués ou aux salles de conférence. Pour compter, l’intégration régionale doit toucher la vie des citoyens.

Cela passe par des sujets concrets : meilleure préparation face aux catastrophes, coopération en matière de sécurité, justice climatique, sécurité alimentaire, développement durable, santé publique, éducation et possibilités économiques. Ces thèmes paraissent vastes. Ils deviennent concrets quand une famille doit payer son panier alimentaire, quand une île se relève après un cyclone, ou quand un jeune cherche une place dans l’économie régionale.

CARICOM

Une question pour toute la Caraïbe

En juillet 2026, Sainte-Lucie accueillera plus qu’une réunion de dirigeants. L’île portera, pendant six mois, une part de la responsabilité régionale. La 51e réunion de la CARICOM sera un moment de diplomatie, mais aussi un test politique : la Caraïbe peut-elle transformer sa résilience en décisions visibles ? La réponse ne se jouera pas seulement à Sainte-Lucie. Elle se mesurera dans la capacité de toute la région à faire de la coopération caribéenne une réalité que les peuples peuvent reconnaître dans leur quotidien.

Saint-Lucia prendra officiellement la présidence de la CARICOM le 1er juillet 2026. Le Premier ministre Philip J. Pierre succédera alors à Dr Terrance Drew, Premier ministre de Saint Kitts and Nevis. Cette présidence tournante durera six mois, jusqu’au 31 décembre 2026.

La 51e réunion régulière de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM se tiendra à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet 2026. La cérémonie d’ouverture est prévue le dimanche 5 juillet, avant le Heads Retreat du 6 juillet et les sessions formelles des 7 et 8 juillet.

Cette réunion est importante parce qu’elle intervient au moment où Sainte-Lucie prend la présidence de la CARICOM. Elle doit permettre aux dirigeants caribéens d’aborder des sujets majeurs comme le climat, la sécurité, la coopération économique, la sécurité alimentaire et l’avenir de l’intégration régionale. L’enjeu est de transformer les discussions politiques en résultats visibles pour les peuples caribéens.