Quand on arrive par la rivière Suriname, ce n’est pas une silhouette de béton qui se dessine, mais une succession de bâtiments blancs en planches, alignés depuis plus de trois siècles. Paramaribo n’a pas l’allure des autres capitales sud-américaines. Elle a fait un pari étrange : rester en bois. Et elle l’a tenu, malgré les incendies, l’humidité et les pressions urbaines.

Un centre historique reconnu par l’UNESCO depuis 2002

Tracée à partir de 1683, Paramaribo est l’une des rares villes coloniales d’Amérique dont le centre historique reste principalement construit en bois. Là où d’autres capitales ont remplacé leurs maisons coloniales par des immeubles de pierre ou de béton, Paramaribo a conservé le tracé d’origine de ses rues et une grande partie de son tissu bâti ancien. Cette persistance lui a valu, le 29 juin 2002, son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, sur la base des critères culturels ii et iv. La fusion entre architecture hollandaise, techniques européennes, matériaux sud-américains et savoir-faire locaux a été décisive. La ville n’est pas un musée figé : elle est une pratique vivante.

Paramaribo
©UNESCO
Paramaribo
©UNESCO

Trente hectares où se concentrent les grands repères patrimoniaux

Le bien inscrit au patrimoine mondial couvre 30 hectares, entourés d’une zone tampon de 60 hectares. Il regroupe des bâtiments emblématiques comme Fort Zeelandia, construit en 1667, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, édifice catholique romain de style néogothique construit en bois en 1885, la synagogue Neve Shalom, située Keizerstraat, et le palais présidentiel, daté de 1730, construit en pierre avec un étage supérieur en bois. Dans le même secteur, la mosquée Keizerstraat rappelle la pluralité religieuse de la capitale. Tous ces lieux partagent un point commun : ils montrent comment Paramaribo a composé avec le bois, la brique, le climat et le temps.

Paramaribo
©UNESCO
Paramaribo
Paramaribo
©UNESCO

Pourquoi le bois de Paramaribo a traversé les siècles ?

Plusieurs raisons convergent. D’abord, l’utilisation de bois tropicaux venus de l’arrière-pays, associés à des matériaux locaux et à des techniques de construction transmises sur plusieurs générations. Ensuite, un tracé urbain adapté au terrain : les grandes rues suivent des crêtes coquillières, qui offraient une base naturellement drainée. Enfin, l’explication principale n’est pas seulement climatique. L’UNESCO souligne aussi le rôle d’une croissance économique limitée, qui a empêché les grands bouleversements urbains, les ruptures d’alignement et les tours dans le centre.

Paramaribo
©UNESCO
Paramaribo
©UNESCO

Un cas à part dans le patrimoine urbain caribéen

Cette singularité prend tout son sens quand on la replace dans la Caraïbe. À Saint-Pierre, en Martinique, l’éruption de 1902 a détruit presque toute une ville en pleine croissance. À Port-au-Prince, le séisme de 2010 a touché des institutions, des archives et des bâtiments patrimoniaux. Willemstad, à Curaçao, est elle aussi inscrite à l’UNESCO depuis 1997, mais avec un patrimoine urbain plus marqué par la pierre, le stuc et les couleurs caribéennes. Paramaribo présente un cas différent : un patrimoine bâti où le matériau périssable a continué à structurer l’identité visuelle.

Le feu, l’entretien et la pression immobilière menacent encore le site

Le défi aujourd’hui n’est plus seulement la nature, mais l’économie, le feu et la pression immobilière. Restaurer un bâtiment en bois demande des moyens, des savoir-faire et une protection continue. La fondation Stichting Stadsherstel Paramaribo, créée en 2011, achète, restaure et réutilise des bâtiments historiques délabrés pour préserver le paysage urbain. Mais la fragilité reste réelle. En 2025, le Comité du patrimoine mondial a exprimé sa préoccupation après la perte récente de cinq bâtiments patrimoniaux détruits par le feu. Plusieurs maisons restent menacées faute d’entretien ou par des projets mal adaptés au centre ancien.

Une ville historique qui reste habitée et active

Et puis il y a la question de l’usage. Une ville historique ne survit que si elle vit. Paramaribo accueille encore des fonctions gouvernementales, commerciales et résidentielles dans son centre ancien. Au moment du dossier UNESCO, le Grand Paramaribo comptait environ 250 000 habitants, dont moins de 10 000 dans le périmètre proposé. Les rues, les institutions, les maisons restaurées et les bâtiments fragiles montrent la différence entre une ville-musée et un patrimoine habité.

Paramaribo
©UNESCO
Paramaribo
©UNESCO

Plus de trois siècles après 1683, une mémoire toujours debout

Plus de 340 ans après le tracé planifié de 1683, Paramaribo reste donc l’une des plus discrètes capitales d’Amérique. Elle ne brille pas comme La Havane, ne s’expose pas comme Cartagena, ne fascine pas comme Santo Domingo. Mais elle continue, paisiblement, de tenir debout : en bois, et en mémoire. Et si la prochaine génération de Caribéens redécouvrait, à Paramaribo, qu’un patrimoine peut tenir sans pierre ?

Paramaribo est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002 grâce à son centre historique exceptionnel, tracé à partir de 1683. La capitale du Suriname conserve une grande partie de son tissu urbain ancien, marqué par une architecture principalement en bois, issue d’un mélange entre influences hollandaises, matériaux sud-américains et savoir-faire locaux.

Paramaribo n’est pas entièrement construite en bois, mais son centre historique reste principalement marqué par des bâtiments en bois. Cette caractéristique donne à la capitale du Suriname une identité rare en Amérique du Sud et dans la Caraïbe, avec des façades blanches, des toitures hautes, des volets verts et des constructions adaptées au climat tropical.

Le centre historique de Paramaribo regroupe plusieurs sites importants, dont Fort Zeelandia, le palais présidentiel, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, la synagogue Neve Shalom et la mosquée Keizerstraat. Ce périmètre classé par l’UNESCO montre comment la capitale du Suriname a conservé un patrimoine urbain vivant, entre fonctions gouvernementales, commerces, lieux religieux et bâtiments résidentiels.

Le samedi 28 mars, au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, la conférence de presse des CARIFTA Aquatics Championships 2026 n’avait rien d’une simple réunion d’information. En une heure et demie, organisateurs, athlètes et partenaires ont présenté bien plus qu’un programme sportif : du 3 au 8 avril, la Martinique accueillera la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, dix ans après une première édition restée dans toutes les mémoires. Vingt-quatre nations. Trois disciplines. Un territoire qui joue à domicile et le sait.

Une candidature portée par une mémoire collective

En 2024, au congrès de la Caribbean Aquatics Association organisé aux Bahamas, deux candidatures s’affrontent pour l’organisation des CARIFTA Aquatics Championships 2026 : Sainte-Lucie et la Martinique. Le vote est sans appel : une trentaine de voix pour la Martinique, dix pour Sainte-Lucie.

Derrière ce résultat, il y a une histoire. L’édition 2016, première jamais organisée sur le territoire, a marqué les esprits de tous ceux qui y étaient:  coachs, responsables de délégations, officiels. En 2024, au moment de voter, beaucoup se souvenaient encore de cette semaine-là.

« C’était une très belle édition, et toujours dans les mémoires. »

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’autre facteur a été plus concret : Sainte-Lucie ne disposait pas encore de son bassin. La Martinique, elle, peut compter sur le Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin, bassin olympique à dix couloirs, tribune de 800 places, bassin de 25 mètres pour l’échauffement. L’une des meilleures installations de la Caraïbe.

L’organisation a aussi mis en avant sa capacité d’accueil hors bassin, avec plusieurs solutions d’hébergement mobilisées dans le sud de l’île pour les délégations, complétées par d’autres structures si nécessaire. Ce volet logistique, rarement secondaire dans ce type d’événement, a renforcé la crédibilité de la candidature martiniquaise.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Trois disciplines, 24 nations, un format exigeant

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 réunissent 24 pays : 21 nations anglophones de la Caraïbe, auxquelles s’ajoutent la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. La natation course occupe quatre journées: séries le matin, finales l’après-midi,  du samedi 5 au mardi 8 avril. La natation artistique s’installe à partir du lundi sur la pause méridienne, avec les solos puis les épreuves techniques. Les duos et les équipes clôturent le programme le mercredi matin. Ce même mercredi, l’épreuve d’eau libre se dispute sur cinq kilomètres, aux Anses d’Arlets.

Les compétiteurs : Benjamins (11-12 ans), Minimes (13-14 ans), Cadets (15-17 ans) ne s’inscrivent pas à titre individuel. Ce sont des sélections nationales qui se déplacent, avec les meilleurs nageurs de chaque territoire. Pour entrer dans la sélection martiniquaise, il faut satisfaire une grille de temps établie sur les deux saisons précédentes, qui ne retient que les nageurs capables d’atteindre les finales.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

Dans l’esprit des organisateurs, la sélection se construit sur une logique simple : pour marquer des points, il faut entrer en finale, et pour entrer en finale, il faut figurer parmi les huit meilleurs temps des séries du matin. Autrement dit, les nageurs retenus sont censés avoir un niveau leur permettant de jouer une vraie place dans la compétition, et pas seulement de participer.

La délégation de la Martinique lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 compte 61 nageurs : 36 en natation course, 12 en eau libre dont cinq pratiquent également la course et 18 en natation artistique. Cinq capitaines mènent cette équipe : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons (catégorie 15-17 ans), Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.

L’eau comme point de départ et comme destination

Jean-Naël Zozime, capitaine de la sélection garçons, répond sans détour quand on lui demande comment il a commencé : « on m’a mis à la natation pour ne pas me noyer. » Cyrielle Manin, capitaine de la sélection filles, raconte à peu près la même chose :  elle a failli se noyer étant petite, et c’est ce qui l’a amenée à apprendre à nager.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Cyrielle Manin

Ces deux témoignages, entendus à quelques minutes d’intervalle, disent quelque chose d’important sur ce territoire. Deux jeunes Martiniquais que la mer a d’abord effrayés, qui représentent aujourd’hui leur île face à vingt-trois nations caribéennes. Il y a là bien plus qu’un palmarès sportif.

« La natation, c’est un sport dur. Il ne faut pas croire que ce sera facile, mais avec beaucoup de persévérance, tout le monde peut y arriver.»

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Jean-Naël Zozime

Nohemy Marajo, capitaine de natation artistique, pratique depuis dix ans une discipline que le public connaît encore mal. Elle l’explique concrètement : apprendre les chorégraphies à sec, les répéter dans l’eau, maîtriser sa respiration sous la surface pendant que les jambes dessinent des figures au-dessus. Un sport aussi exigeant techniquement que physiquement, qui tient autant de la danse classique que de l’endurance.

« Il faut savoir endurer, garder le moindre souffle pour terminer la chorégraphie. »

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Nohemy Marajo

La conférence des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a aussi rappelé que la natation artistique reste une discipline encore confidentielle dans l’espace caribéen, en raison des infrastructures qu’elle exige et du niveau de préparation nécessaire. Elle demande du travail en trois dimensions, une préparation technique très poussée, mais aussi l’appui de professionnels extérieurs, notamment en danse et en préparation gymnique. Pour les encadrants, l’enjeu des CARIFTA est donc double : soutenir celles qui pratiquent déjà et susciter de nouvelles vocations.

Ce que l’encadrement observe chez ces jeunes, c’est une constante : ils s’entraînent, passent leurs examens, concourent le week-end, et recommencent. « Généralement, les nageurs sont performants dans leurs études également, parce qu’ils ont travaillé cette rigueur au quotidien.» Ce qu’on apprend dans un bassin s’applique aussi ailleurs.Les organisateurs insistent d’ailleurs sur cette exigence quotidienne : se qualifier ne suffit pas, il faut encore être capable de répondre présent le jour J, dans un sport où la régularité et la discipline comptent autant que le talent.

Des médailles nées des mains de l’île

La façon dont un événement récompense ses champions dit souvent beaucoup de ce qu’il représente. Aux CARIFTA Aquatics Championships 2026, les médailles ont été fabriquées en Martinique, dans du bois noble : poirier pour l’or, mao bleu pour l’argent, mao ghani pour le bronze. Un artisan du Nord-Atlantique en a assuré la réalisation, Joseph Galliard a signé les gravures, et une couturière locale a confectionné les pochons aux trois couleurs du drapeau martiniquais.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

C’est la marraine de l’édition, Coralie Balmy , ancienne nageuse de haut niveau passée quatre fois par les CARIFTA dans sa carrière qui a porté cette initiative. Une démarche écoresponsable et identitaire, saluée comme une première à l’échelle caribéenne.

Chaque athlète caribéen qui montera sur le podium lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 repartira avec un bout de la Martinique, une médaille unique, réalisée par des artisans locaux, qui ne ressemble à aucune autre.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
Coralie Balmy

La conférence a également précisé que des trophées accompagneront ces récompenses, et que les médailles devaient encore recevoir leurs cordons avant l’ouverture de la compétition. Là aussi, l’objectif est clair : faire de chaque distinction un objet à la fois sportif, local et symbolique.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Une semaine qui mobilise tout le territoire

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 ne se jouent pas que dans les bassins. Entre 1 500 et 1 800 personnes arrivent en Martinique : nageurs, encadrants, familles répartis dans plusieurs hôtels du sud. Chaque jour, environ 150 bénévoles assurent le bon déroulement de l’événement : des anciens nageurs, des parents, des habitants qui n’ont parfois aucun lien direct avec la natation, mais qui ont voulu s’engager.

Parmi eux, les officiels occupent une place décisive : environ 26 officiels venus de la Caraïbe viendront en renfort des officiels martiniquais, pour atteindre une cinquantaine de personnes autour du bassin à chaque réunion, matin et après-midi. À cela s’ajoutent les secouristes, les équipes d’accueil, les personnes chargées des récompenses, de l’accompagnement des délégations ou encore des espaces ouverts au public.

CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’accueil des délégations lors des CARIFTA Aquatics Championships 2026 a lui aussi été pensé dans le détail. Toutes devaient arriver le 2 avril, à des horaires étalés sur la journée, parfois très tôt le matin, parfois tard le soir. L’organisation a prévu un dispositif précis à l’aéroport, en lien avec le transporteur et la SAMAC, afin de fluidifier les sorties, le transfert vers les bus puis l’installation dans les hébergements, avec une attention particulière portée aux repas selon l’heure d’arrivée.

La cérémonie d’ouverture des CARIFTA Aquatics Championships 2026, le vendredi 3 avril au stade Georges Gratiant, est gratuite et ouverte à tous : 2 800 places à remplir. Le groupe     « Nou Pa Sav » accompagnera le défilé des délégations. Le samedi 4 avril, les Hommes d’Argile seront présents à l’arrivée des délégations sur site, offrant une mise en scène culturelle forte, pensée comme un premier contact symbolique avec l’identité martiniquaise.. Tout au long de la semaine, des groupes culturels martiniquais seront présents pour que les visiteurs repartent avec une image vivante du territoire, pas seulement des résultats de compétition.

La cérémonie des CARIFTA Aquatics Championships 2026 doit se tenir de 16 h à 18 h, avec une retransmission prévue sur écran géant, ainsi qu’un relais par des partenaires médias et via YouTube pour permettre une diffusion plus large dans la Caraïbe. L’ambition affichée est nette: faire de la Martinique le centre de la Caraïbe pendant toute la durée de l’événement.

Au-delà du sport, les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 assument aussi un objectif économique et culturel. Faire venir jusqu’à 1 800 personnes signifie remplir des hébergements, générer de la consommation, encourager les locations de véhicules et faire travailler les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. C’est aussi une façon de montrer la culture martiniquaise, notamment à travers les animations prévues lors de l’ouverture et à l’arrivée des délégations.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

L’épreuve d’eau libre aux Anses d’Arlets rappelle aussi que la mer est un milieu vivant, fragile, qui mérite d’être protégé. La représentante de l’association présente à la conférence résume sa mission simplement : « apprendre à nager pour découvrir les mers et les protéger. »

Cette dimension éducative dépasse la seule prévention de la noyade. Elle touche aussi à l’appropriation de l’eau par les Martiniquais, à la découverte de la discipline par les plus jeunes et à la volonté, plus large, de renforcer durablement la culture aquatique du territoire.

Une île qui s’affirme

Une phrase prononcée en fin de conférence résume bien l’état d’esprit général : « Nous sommes prêts, et nous ferons des CARIFTA Aquatics Championships 2026 une réussite collective et une grande fierté pour notre territoire. »

Ce que les délégations emporteront le 8 avril au soir, ce n’est pas seulement un classement. C’est une image de la Martinique , celle d’un territoire qui sait accueillir, s’organiser et affirmer son identité. Pendant six jours, toute la Caraïbe sera là. À la Martinique de montrer ce qu’elle sait faire.

CARIFTA Aquatics Championships 2026
CARIFTA Aquatics Championships 2026

Mais les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 veulent aussi laisser une trace après l’événement. La Ligue de Natation de Martinique a terminé la saison 2024-2025 avec environ 2 540 licenciés, une dizaine de clubs affiliés et, en général, 7 à 8 clubs engagés en compétition. Dans cette perspective, les CARIFTA ne sont pas pensés comme une parenthèse, mais comme un accélérateur possible pour susciter des vocations, renforcer les effectifs et installer durablement la natation dans le paysage sportif martiniquais.

Les organisateurs des CARIFTA Aquatics Championships 2026 ont aussi fait le choix de ne pas reproduire à l’identique le grand village de 2016. En 2026, l’animation autour de la compétition doit être plus resserrée, avec une grande journée particulièrement mise en avant, afin de concentrer l’énergie et la fréquentation plutôt que d’éparpiller les temps forts.

Les CARIFTA Aquatics Championships 2026 sont la 39e édition du principal rendez-vous aquatique junior de la Caraïbe, organisée en Martinique du 3 au 8 avril. Vingt-quatre nations y participent en natation course, natation artistique et eau libre, dans des catégories allant de 11 à 17 ans.

Les épreuves de natation course et de natation artistique ont lieu au Centre Aquatique Pierre Samot du Lamentin. L’épreuve d’eau libre sur 5 kilomètres se dispute aux Anses d’Arlets le mercredi 8 avril.

La billetterie est accessible sur cariftamartinique2026.com et sur les réseaux sociaux de la Ligue de Natation de Martinique. Tarifs : 10 € le matin, 20 € l’après-midi pour les adultes  pass 4 jours à 125 €. La cérémonie d’ouverture au stade Georges Gratiant est gratuite.

Vingt-quatre pays participent : 21 nations anglophones de la Caraïbe, ainsi que la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane.

La sélection martiniquaise est menée par cinq capitaines : Jean-Naël Zozime et Maxime Auguste-Charlery pour la natation course garçons, Cyrielle Manin et Sayanne Guivissa pour la natation course filles, et Nohemy Marajo pour la natation artistique.

Caribbean Energy Week 2026 marque un tournant majeur pour l’économie caribéenne. Longtemps perçue comme une région essentiellement dépendante du tourisme et des services, la Caraïbe s’impose désormais comme un territoire stratégique dans le secteur mondial de l’énergie. L’événement, prévu du 30 mars au 1er avril 2026 à Paramaribo, au Suriname, rassemble gouvernements, investisseurs, compagnies énergétiques et institutions financières autour d’un objectif commun : transformer le potentiel énergétique régional en moteur économique durable.

Cette nouvelle édition intervient dans un contexte de transformation profonde. Les découvertes pétrolières au Guyana et au Suriname, la consolidation du rôle énergétique de Trinidad-et-Tobago et l’essor des projets d’énergies renouvelables dans plusieurs îles repositionnent la Caraïbe sur la carte économique mondiale. Le Caribbean Energy Week 2026 se présente ainsi comme une plateforme stratégique pour comprendre comment l’énergie redéfinit les équilibres économiques régionaux.

Une plateforme régionale pour les investissements énergétiques

Le Caribbean Energy Week 2026 n’est pas une simple conférence sectorielle. L’événement se positionne comme une véritable plateforme d’investissement et de coopération économique. Organisé au Royal Torarica Hotel de Paramaribo, il réunira chefs d’État, ministres, investisseurs internationaux, banques de développement et entreprises énergétiques autour de projets concrets visant à accélérer la transformation énergétique de la région.

L’objectif affiché est clair : connecter les projets caribéens aux capitaux internationaux. Les organisateurs souhaitent faciliter les partenariats entre États et investisseurs, accélérer la mise en œuvre d’infrastructures énergétiques et présenter des projets jugés « bancables » susceptibles d’attirer des financements internationaux. Cette dimension économique fait du Caribbean Energy Week 2026 un événement central pour l’avenir financier de la région.

Au-delà des discussions techniques, l’événement vise à transformer les échanges en accords et en investissements réels. Des tables rondes réuniront gouvernements et investisseurs afin d’identifier les opportunités concrètes de développement, tandis que des sessions de networking permettront de nouer des partenariats stratégiques à long terme.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Une nouvelle géographie économique caribéenne

Le Caribbean Energy Week 2026 intervient à un moment où la géographie économique de la Caraïbe se redessine. Les découvertes pétrolières au Guyana et au Suriname ont déjà commencé à transformer les flux financiers et les priorités d’investissement dans la région. Le Guyana, devenu l’un des pays à la croissance la plus rapide au monde grâce au pétrole offshore, attire désormais capitaux, entreprises et main-d’œuvre qualifiée. Le Suriname, hôte de l’édition 2026, se prépare à suivre une trajectoire similaire.

Cette évolution ne concerne pas uniquement les pays producteurs d’hydrocarbures. Elle influence l’ensemble de la région. Les États caribéens cherchent à diversifier leurs économies, à renforcer leurs infrastructures et à développer des compétences locales afin de profiter des retombées économiques de ce boom énergétique. Le Caribbean Energy Week 2026 constitue un espace privilégié pour coordonner ces stratégies régionales.

La Caraïbe ne se définit plus seulement comme une destination touristique. Elle s’affirme progressivement comme une zone d’investissement énergétique et industriel, capable d’attirer des capitaux internationaux et de développer des chaînes de valeur régionales. Cette mutation économique est au cœur des discussions prévues lors de l’événement.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Diversité énergétique et opportunités économiques

Le thème officiel du Caribbean Energy Week 2026, « Leveraging Energy Diversity Across the Caribbean », met en avant la diversité des ressources énergétiques de la région. La Caraïbe dispose d’un éventail de sources énergétiques allant du pétrole offshore aux énergies renouvelables, en passant par le gaz naturel et les crédits carbone. Cette diversité constitue un levier stratégique pour la croissance économique régionale.

Les hydrocarbures demeurent un pilier important. Le pétrole et le gaz continuent d’attirer des investissements massifs, notamment au Guyana, au Suriname et à Trinidad-et-Tobago. Toutefois, l’événement met également l’accent sur les énergies renouvelables, telles que le solaire, l’éolien et la géothermie. Plusieurs territoires insulaires cherchent à réduire leur dépendance aux importations de carburants en développant des infrastructures énergétiques locales.

Le Caribbean Energy Week 2026 abordera également les marchés du carbone, le stockage d’énergie et les minéraux critiques nécessaires à la transition énergétique mondiale. Ces secteurs représentent de nouvelles opportunités économiques pour les pays caribéens, qui peuvent se positionner comme fournisseurs de ressources ou comme hubs d’innovation énergétique.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power
Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Impact sur l’emploi et la formation

L’une des conséquences majeures de la transformation énergétique régionale concerne l’emploi. Les projets énergétiques nécessitent des compétences spécialisées dans l’ingénierie, la logistique, la maintenance et la gestion de projets. Le Caribbean Energy Week 2026 mettra en avant la nécessité de renforcer la formation et le développement des compétences locales afin de permettre aux populations caribéennes de bénéficier directement de ces nouvelles opportunités.

Plusieurs sessions seront consacrées au renforcement des capacités locales et à la formation de la main-d’œuvre. L’objectif est de réduire la dépendance à la main-d’œuvre étrangère et de favoriser l’intégration des talents caribéens dans les projets énergétiques. Cette dimension sociale et économique est essentielle pour garantir que la croissance énergétique profite réellement aux populations locales.

La montée en puissance du secteur énergétique pourrait également stimuler d’autres secteurs, notamment la construction, les services financiers, la logistique et les technologies numériques. Le Caribbean Energy Week 2026 mettra en évidence ces effets multiplicateurs sur l’économie régionale.

Infrastructures et connectivité régionale

Le développement énergétique entraîne également des investissements dans les infrastructures. Ports, réseaux électriques, pipelines et installations de stockage font partie des projets envisagés dans plusieurs pays. Ces infrastructures sont essentielles pour soutenir la croissance économique et améliorer la connectivité régionale.

Le Caribbean Energy Week 2026 permettra de présenter plusieurs projets d’infrastructures visant à renforcer l’intégration énergétique de la région. La coopération entre États caribéens est considérée comme un facteur clé pour optimiser les ressources et réduire les coûts. Des discussions porteront sur les interconnexions électriques, le transport du gaz naturel et la création de hubs logistiques régionaux.

Ces investissements pourraient transformer la mobilité des biens et des services dans la Caraïbe, facilitant les échanges commerciaux et renforçant la compétitivité régionale. L’énergie devient ainsi un vecteur d’intégration économique.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power
Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Attractivité internationale et flux financiers

L’un des enjeux majeurs du Caribbean Energy Week 2026 réside dans sa capacité à attirer des capitaux internationaux. La région cherche à se positionner comme une destination d’investissement fiable et stable. Les banques de développement, les fonds d’investissement et les institutions financières internationales seront présents afin d’évaluer les opportunités offertes par la transformation énergétique caribéenne.

La participation d’acteurs internationaux renforce la crédibilité des projets régionaux et facilite l’accès au financement. Le Caribbean Energy Week 2026 servira de vitrine pour présenter les opportunités d’investissement et démontrer la viabilité économique des projets énergétiques caribéens. Cette visibilité internationale est essentielle pour attirer les capitaux nécessaires au développement des infrastructures.

L’afflux de financements pourrait également contribuer à diversifier les économies caribéennes et à réduire leur dépendance à certains secteurs traditionnels. L’énergie devient un levier de stabilité économique et de croissance à long terme.

Une transition vers une économie plus diversifiée

Le Caribbean Energy Week 2026 illustre une transition plus large vers une économie caribéenne diversifiée. Si le tourisme demeure un pilier important, l’énergie ouvre de nouvelles perspectives. Les pays de la région cherchent à développer des industries complémentaires, à renforcer leurs capacités technologiques et à améliorer leur résilience économique.

Cette diversification est essentielle pour faire face aux chocs externes, qu’ils soient économiques ou climatiques. En investissant dans l’énergie et les infrastructures, la Caraïbe peut réduire sa vulnérabilité et renforcer sa souveraineté économique. Le Caribbean Energy Week 2026 s’inscrit dans cette logique de transformation structurelle.

Caribbean Energy Week 2026
© Energy Capital & Power

Une nouvelle ère pour l’économie caribéenne

Le Caribbean Energy Week 2026 ne se limite pas à un rassemblement d’experts et de décideurs. Il symbolise l’entrée de la Caraïbe dans une nouvelle ère économique. La région, longtemps dépendante de secteurs traditionnels, se positionne désormais comme un acteur stratégique dans le paysage énergétique mondial.

Les discussions et les partenariats qui émergeront lors de cet événement pourraient avoir des répercussions durables sur les économies caribéennes. Investissements, emplois, infrastructures et coopération régionale sont au cœur de cette transformation. Le Caribbean Energy Week 2026 offre ainsi une vision concrète de l’avenir économique de la région.

Alors que la Caraïbe se redéfinit sur la scène internationale, cet événement apparaît comme un moment charnière. Il permet d’anticiper les évolutions économiques à venir et de mesurer l’ampleur des transformations en cours. Pour les décideurs, les investisseurs et les populations de la région, le Caribbean Energy Week 2026 représente bien plus qu’une conférence : il marque l’émergence d’une nouvelle dynamique économique caribéenne.

IL se tiendra du 30 mars au 1er avril 2026 à Paramaribo, au Suriname, réunissant acteurs publics et privés du secteur énergétique.

Cet événement met en relation gouvernements, investisseurs et entreprises afin d’accélérer les projets énergétiques, d’attirer des capitaux internationaux et de renforcer l’économie régionale.

Il couvre le pétrole, le gaz, les énergies renouvelables, les infrastructures électriques, les crédits carbone et les minéraux critiques liés à la transition énergétique.

Le séminaire Rézo 2025, organisé à Grenade, a réuni les directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone autour d’une même ambition : consolider les liens entre les territoires et renforcer la vitalité de la francophonie dans la région.

Après avoir exploré dans l’article précédent : « Le réseau des Alliances Françaises au cœur de la Caraïbe : coopérer, innover, partager » la vision institutionnelle et stratégique de cette coopération régionale, Richès Karayib met ici en lumière celles et ceux qui en sont le cœur battant.

Pendant plusieurs jours, les participantes et participants ont partagé leurs expériences, leurs défis et leurs réussites, révélant une conviction commune : faire vivre la culture et la francophonie au plus près des populations caribéennes via les Alliances Françaises.

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Une rencontre indispensable pour un réseau éclaté

Chaque Alliance Française agit sur une île, souvent isolée géographiquement. Ce séminaire, organisé avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France à Sainte-Lucie, a été un véritable moment d’oxygène pour le réseau des Alliances Françaises. Les directrices et directeurs ont souligné combien ces rencontres représentent une étape essentielle: elles permettent d’échanger des outils, de confronter les réalités locales et de trouver ensemble des solutions concrètes aux défis partagés. Tous ont insisté sur la force du collectif, la richesse des échanges dans un environnement anglophone et la complémentarité des approches entre territoires.

Ces moments offrent à la fois une dimension humaine et formatrice : ils redonnent de l’énergie, renforcent la solidarité et rappellent que, malgré la diversité des contextes, les Alliances Françaises avancent avec une même ambition — faire vivre et rayonner la francophonie dans la Caraïbe. Du point de vue institutionnel, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a rappelé que ce séminaire annuel est le seul moment où l’ensemble des directrices et directeurs peut se retrouver pour échanger sur les réussites, les difficultés et les perspectives communes.

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Neuf territoires, neuf réalités, mais une même conviction: ces temps d’échange sont essentiels pour maintenir la dynamique du réseau et renforcer la coopération dans la Caraïbe. Au-delà de ces échanges collectifs, c’est sur le terrain que la vitalité du réseau des Alliances Françaises prend tout son sens. Chaque Alliance Française agit à sa manière, en lien avec les réalités de son environnement, les langues et les cultures de son territoire.

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Un réseau enraciné : dix Alliances, un même engagement

Si leurs contextes diffèrent, les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone partagent une même vocation: enseigner, relier et faire vivre la francophonie au quotidien. Elles s’adaptent aux réalités locales avec la même conviction: la culture et la langue sont des leviers de lien social, d’ouverture et d’avenir.

Grenade – Ilona Forte-Gilbert : enseigner autrement, relier autrement

L’Alliance Française de Grenade évolue sans local permanent, une situation que Ilona Forte-Gilbert a su transformer en atout.

Les cours sont désormais proposés en ligne, ce qui permet de maintenir la présence du français et d’atteindre de nouveaux publics. L’Alliance intervient également dans les écoles à travers des activités pédagogiques et culturelles menées en partenariat avec les enseignants. Des projections et ateliers « hors les murs » permettent de garder le contact avec la communauté.

« Notre priorité, c’est de rester présents et utiles, même sans bâtiment. Le numérique et les partenariats nous permettent de continuer à faire vivre l’Alliance. »

Alliances Françaises

Sainte-Lucie – Aurélie Gbeffa : coordonner et fédérer

À Sainte-Lucie, Aurélie Gbeffa dirige l’Alliance locale et assure la coordination régionale des dix Alliances Françaises de la Caraïbe orientale. Elle accompagne les directeurs sur la communication, la mutualisation, la gouvernance associative, la transition numérique et la dynamisation culturelle.

Elle pilote également le projet Rézo, séminaire annuel soutenu par le SCAC, devenu un rendez-vous clé de cohésion et de réflexion collective. À Castries, l’Alliance Française de Sainte-Lucie conjugue cours de langue, actions culturelles et valorisation du créole à travers des expositions et des ateliers.

« Notre force, c’est d’avancer ensemble tout en valorisant la diversité culturelle de nos îles. »

Alliances Françaises

Barbade – Océane Gaillard : faire rayonner le français dans un environnement anglophone

À la Barbade, l’Alliance Française agit comme un pont linguistique et culturel. Sous la direction d’Océane Gaillard, elle a su consolider son ancrage dans un environnement majoritairement anglophone. Des programmes éducatifs sont mis en place pour les écoles et les adultes, et l’Alliance a formé les membres du Regional Security System en français et en créole haïtien.

Côté culture, elle a accueilli la troupe guyanaise Ôtepé et développe une programmation ouverte sur les différentes expressions francophones.

« Nous représentons une francophonie plurielle : la France, l’Afrique, le Canada et les Caraïbes. La culture est notre meilleur levier pour donner envie d’apprendre. »

Alliances Françaises

Trinidad & Tobago – Anyka Batista : une francophonie ouverte et inclusive

À Trinidad & Tobago, Anyka Batista défend une francophonie inclusive et créative, qui valorise les langues locales autant que le français. Chaque mois d’octobre, le Creole Heritage Month réunit projections, conférences et concerts, reflet d’un engagement fort pour la diversité culturelle.

L’Alliance Française propose aussi des cours pour enfants, adolescents et adultes, ainsi que des soirées culturelles qui favorisent la rencontre entre communautés. Les défis liés à la visibilité et au financement persistent, mais sont compensés par une approche collaborative avec les écoles et les institutions locales.

« Nous voulons que la francophonie soit perçue comme une part de notre culture, et non comme quelque chose d’extérieur. »

Alliances Françaises

Jamaïque – Clovis Lemée : créer des espaces vivants

En Jamaïque, Clovis Lemée revitalise une Alliance Française historique en la transformant en lieu de vie et de création. Les Language Exchanges, soirées mensuelles multilingues, rassemblent un public varié autour de thèmes culturels, tandis que les French Library Sessions — mini-concerts filmés dans la médiathèque — font de la langue un outil de rencontre et d’expression artistique.

« Apprendre une langue, c’est créer du lien. Les Alliances Françaises sont des espaces faits pour ça. »

La dynamique culturelle attire un public plus jeune et contribue à redonner au français sa place dans l’espace caribéen anglophone.

Alliances Françaises

Saint-Kitts & Nevis – Lucille Caulliez : éducation et écologie

L’Alliance Française de Saint-Kitts & Nevis relie apprentissage linguistique et engagement citoyen. Son projet Naturally Learn French, mené grâce à une subvention de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a offert six mois de cours gratuits à douze adolescents issus de milieux défavorisés, alliant découverte du français, ateliers écologiques et activités culturelles. Chaque mois, les participants ont exploré les écosystèmes locaux, cultivé un jardin, créé avec des matériaux recyclés ou échangé en ligne avec des élèves de Guadeloupe — une manière concrète et vivante d’apprendre la langue tout en tissant des liens dans la Caraïbe.

Ce projet, qui a valu à l’Alliance le prix du Fonds pour l’Environnement mondial dans le cadre de l’initiative Alliance Verte, illustre la vitalité d’une francophonie ouverte, durable et tournée vers la jeunesse. Elle développe également Francoscop, une série audiovisuelle réalisée par des jeunes, dédiée à la francophonie mondiale.

Lucille Caulliez, la directrice, résume l’esprit du programme :

« Nous voulons montrer que le français est un outil d’ouverture et de créativité. »

Alliances Françaises

Dominique – Cévinne M’Voula-Henderson : relier les langues et les cultures

Implantée depuis 1965, l’Alliance Française de la Dominique agit dans le champ éducatif et culturel. Les Creole & French Spelling Bees, concours d’orthographe bilingues, encouragent les élèves à jouer avec les deux langues, à comprendre leur complémentarité et à en être fiers. Des ateliers de formation et des activités culturelles soutiennent la valorisation du patrimoine créole tout en promouvant la langue française.

« L’objectif est de faire du français et du créole des langues de fierté et de transmission. »

Alliances Françaises

Guyana – Déborah First-Quao : reconstruire et former

À Georgetown, Déborah First-Quao, récemment nommée au Guyana, relance une Alliance Française ancienne mais peu visible en misant sur la formation et les partenariats éducatifs. Elle a créé un réseau d’enseignants de français, développé des ateliers bilingues à la Bibliothèque nationale et renoué avec les institutions locales. Les actions culturelles et éducatives visent à replacer le français dans la vie quotidienne, malgré des contraintes logistiques importantes.

« Nous voulons redonner au français sa place dans les écoles, en montrant qu’il peut être utile, vivant et accessible. »

Alliances Françaises

Suriname – Virginie Lemay : bâtir des ponts institutionnels

Au Suriname, Virginie Lemay renforce les liens entre l’Alliance Française et les institutions locales. Des formations linguistiques sont proposées aux forces de sécurité, au ministère de l’Éducation, aux entreprises et au secteur hôtelier. La Journée Française, organisée avec la Collectivité Territoriale de Guyane, se déploie sur cinq jours autour d’expositions, de rencontres professionnelles et de concerts.

« Le français devient ici un outil concret de coopération régionale. »

Cette approche intersectorielle positionne l’Alliance Française comme un acteur clé du dialogue entre le Suriname, la Guyane et le reste de la Caraïbe.

Alliances Françaises

Une vision partagée : soutenir, relier, faire rayonner

Pour Christiane Bourgeois, conseillère régionale de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France en résidence à Sainte-Lucie, ce séminaire est un moment essentiel pour consolider les liens du réseau. Elle rappelle que c’est « la seule occasion de l’année où nous avons la possibilité de rencontrer les directeurs et directrices des Alliances Françaises », un temps privilégié pour faire le point, échanger les pratiques, les difficultés et monter des projets communs.

« Les Alliances Françaises sont pour les ambassades un dispositif essentiel, surtout dans des zones comme la Caraïbe, où il n’y a pas d’Institut Français. Ce sont des organisations locales, ancrées dans le territoire, qui ont leur propre conseil d’administration et leur propre stratégie». Elle a également rappelé le rôle clé des Alliances dans la diffusion du français et le dialogue entre les peuples, soulignant qu’elles promeuvent la langue, assurent son enseignement et maintiennent le lien entre le culturel et l’éducatif, entre la France et les pays de la région.

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Consciente de la fragilité économique du modèle associatif, Christiane Bourgeois insiste sur l’importance du soutien apporté par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) et par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Enfin, elle rend hommage à la Grenade, hôte du séminaire, et à ses habitants :

« C’est une île absolument authentique, avec des habitants extrêmement chaleureux. J’encourage tous les Français et tous les Caribéens à venir à la Grenade, un pays qui gagne à être connu et apprécié. »

Alliances Françaises
Alliances Françaises

Là où la francophonie prend vie

Au-delà des bilans et des chiffres, ces rencontres rappellent que la francophonie vit avant tout à travers celles et ceux qui la portent. Dans chaque île, les Alliances Françaises rassemblent, transmettent et inspirent.  Ancrées dans leur réalité, elles bâtissent des ponts entre langues, cultures et générations — une francophonie vivante, inclusive et profondément caribéenne.

Les Alliances Françaises jouent un rôle central dans l’enseignement du français, la diffusion culturelle et le dialogue entre les territoires caribéens. Ancrées localement, elles adaptent leurs actions aux réalités sociales, linguistiques et culturelles de chaque île.

Le séminaire Rézo est le seul moment annuel où l’ensemble des directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe se retrouvent. Il permet de mutualiser les pratiques, renforcer la coopération régionale et maintenir une dynamique collective dans un réseau géographiquement dispersé.

Les Alliances Françaises développent des projets sur mesure : cours en ligne ou en présentiel, actions dans les écoles, projets écologiques, événements culturels, formations professionnelles ou coopérations institutionnelles. Cette capacité d’adaptation fait leur force dans un environnement majoritairement anglophone.

Depuis le 22 novembre et jusqu’au 30 novembre 2025, le festival Caribbean Film Days est en cours en ligne. Pour la première fois, un espace entièrement dédié au cinéma caribéen rassemble plus de quarante œuvres accessibles partout dans le monde, à toute heure. Ce rendez-vous, né d’une collaboration entre Caribbean Creativity et la Caribbean Chamber of Commerce in Europe, transforme le mois de novembre en moment de partage culturel et de solidarité, au profit des populations touchées par l’ouragan Melissa.

Caribbean Film Days ne se contente pas d’exposer des films : il construit un lien. Un lien entre les îles, entre la diaspora et les territoires d’origine, entre l’art et la réalité sociale, entre la mémoire et l’avenir. Pour un public souvent éloigné des salles traditionnelles ou privé d’accès aux films caribéens, c’est une occasion rare, presque unique, d’entrer dans des histoires qui racontent la région de l’intérieur.

Un festival pensé pour être vu partout

Contrairement aux festivals physiques, le Caribbean Film Days ne demande ni déplacement, ni réservation ni horaires imposés.

Comment regarder les films ?

  • – se rendre sur la plateforme YardVibes,
  • – parcourir le catalogue,
  • – choisir un film,
  • – le louer via Vimeo on Demand,
  • – et le regarder en streaming, à n’importe quel moment de la journée.

Pas de contrainte géographique : Europe, Amériques, Caraïbes, Océanie: chacun peut participer.

Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity
Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity

Un cinéma qui raconte les îles comme elles vivent

Pour apprécier un festival, il faut comprendre ce qu’il montre. Le Caribbean Film Days ne se limitent pas à une liste de titres : ils composent une mosaïque des réalités de la Caraïbe, de sa musique à ses luttes, de sa créativité à ses contradictions.

Quelques exemples parmi les œuvres proposées lors du Caribbean Film Days :

  • “Kanaval” (Haïti – République dominicaine) : un long-métrage puissant sur l’identité, la migration et la mémoire.
  • “Jocelyne Béroard, At Heart” : un portrait sensible de l’icône du zouk et de son influence dans la Caraïbe.
  • “Joseph” (Barbade – Jamaïque – Ghana) : un récit de quête des origines reliant les Amériques à l’Afrique.
  • “Stones Have Laws” (Suriname) : une immersion dans les traditions marronne et leur rapport à la terre.
  • “Heart of Haiti” : un voyage au cœur de la création artistique haïtienne.
  • “Why Do Jamaicans Run So Fast ?” : un regard intime sur les athlètes jamaïcains et leur héritage.

Documentaires, fictions, archives, projets indépendants, expériences artistiques : c’est un panorama complet du cinéma caribéen, trop souvent absent des plateformes internationales. L’intérêt de cette programmation est clair : montrer une Caraïbe qui ne se résume ni aux plages ni aux clichés touristiques, mais qui s’exprime par des voix, des visages, des luttes et des rêves.

Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity
Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity
Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity

Un festival en soutien aux îles touchées par l’ouragan Melissa

Caribbean Film Days

Cette première édition de Caribbean Film Days n’aurait pas la même portée sans le contexte dans lequel elle s’inscrit.

L’ouragan Melissa a frappé la région en laissant une empreinte dévastatrice, en particulier en Jamaïque, à Cuba, en Haïti et en République dominicaine.

Les pluies, les destructions et les pertes humaines ont profondément marqué les communautés.

Le Caribbean Film Days a choisi d’agir à son échelle. Chaque location de film génère un don, entièrement reversé aux initiatives de reconstruction et d’accompagnement.
Regarder un film, c’est donc :

  • – soutenir les familles affectées,
  • – contribuer au relèvement des infrastructures,
  • – affirmer un geste de solidarité qui dépasse les mots.

Il s’agit d’un positionnement éthique : la Caraïbe, bien qu’elle contribue très peu aux émissions mondiales, est exposée aux conséquences les plus violentes du dérèglement climatique.

Ce festival rappelle cette injustice en donnant un rôle central à la culture.

Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity
Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity

Un rendez-vous pour la diaspora et les passionnés de culture caribéenne

Pour beaucoup, regarder “un film de chez soi” signifie renouer avec une langue, un accent, un paysage, une manière de raconter. La diaspora caribéenne en Europe et en Amérique du Nord trouvera dans le festival un moyen de se reconnecter à des univers qui leur ressemblent. Pour les spectateurs non-caribéens, c’est une découverte essentielle : la Caraïbe ne se limite pas à une zone de vacances, c’est une région traversée de dynamiques sociales, politiques et artistiques qui méritent d’être comprises.

Le format en ligne permet aussi d’impliquer un public jeune, souvent habitué aux plateformes de streaming, mais peu exposé au cinéma caribéen.

Pourquoi ce festival compte aujourd’hui ?

Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity

Le Caribbean Film Days comblent un vide. Un vide d’accès, un vide d’infrastructures de diffusion, un vide de reconnaissance internationale.

Ils montrent que :

– la Caraïbe possède une production cinématographique solide, diverse et porteuse de sens ;

– la solidarité peut prendre la forme d’un geste culturel ;

– un film peut relier des territoires qui, parfois, ne se croisent pas ;

– les histoires racontées par les Caribéens ont leur place dans les espaces numériques mondiaux.

Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity
Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity
Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity
Caribbean Film Days
©Caribbean Creativity

Comment participer ?

  • ▶️ Rendez-vous sur YardVibes (plateforme officielle).
  • ▶️ Choisissez l’un des films proposés.
  • ▶️ Louez-le via Vimeo on Demand.
  • ▶️ Regardez, partagez, recommandez autour de vous.
  • ▶️ Chaque visionnage participe aux efforts d’aide post-hurricane Melissa.

FAQ

Il suffit de se rendre sur YardVibes, de choisir un film et de le louer via Vimeo on Demand. Le visionnage est disponible 24/7.

Plus de quarante œuvres issues du cinéma caribéen : documentaires, fictions, portraits, récits historiques et films musicaux.

Oui. L’intégralité des revenus provenant des locations de films durant les Caribbean Film Days est reversée aux initiatives de secours et de reconstruction après l’ouragan Melissa, notamment en Jamaïque, à Cuba, en Haïti et en République dominicaine.

Ensemble pour une Caraïbe qui rayonne, les Alliances Françaises deviennent des passerelles entre cultures, langues et territoires.

Lors du séminaire RÉZO organisé à la Grenade, les directrices, directeurs, présidentes et présidents des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone se sont réunis pour renforcer ensemble la coopération culturelle et linguistique dans la région et définir de nouvelles orientations communes.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France, également présent sur certains échanges, le séminaire a été l’occasion de renforcer la synergie entre les acteurs du réseau des Alliances Françaises et de consolider le dialogue avec le SCAC, dans un esprit d’écoute et de collaboration.

Alliances Françaises
Suelin Low Chew Tung (Présidente AF Grenade), Aurélie GBEFFA (Directrice AF Sainte-Lucie et Coordinatrice régionale), Ilona Fort-Gilbert (Directrice AF Grenade) et Christiane Bourgeois (CORCAC)

Entre échanges, stratégies communes et projets innovants, cette rencontre a dessiné les contours d’une francophonie et d’une Caraïbe culturelle et plurilingue plus ouverte, inclusive et moderne.

Un moment clé pour un réseau en pleine évolution, au service d’une Caraïbe qui apprend, partage et rayonne.

Alliances Françaises
Alliances Françaises
Alliances Françaises

Une rencontre aux accents de famille

Ils se connaissent parfois depuis des années, parfois seulement à travers un écran. Mais dès les premières minutes, les rires, les accolades et la chaleur des retrouvailles rappellent que, dans la Caraïbe, le réseau des Alliances Françaises est avant tout une aventure humaine.

Pendant trois jours, directrices, directeurs, présidentes et présidents ont confronté leurs réalités de pays en pays — entre défis du quotidien, fiertés locales et volonté commune de bâtir un réseau plus fort, plus solidaire et plus visible. Dans la salle, la diversité se lit dans les accents, les parcours, les idées. De la Jamaïque à Trinité-et-Tobago, chaque voix apportait sa nuance, son expérience, sa manière d’animer la culture et la francophonie au cœur des territoires.

Accueillis par Ilona Fort-Gilbert, directrice, et Suelin Low Chew Tung, présidente de l’Alliance Française de la Grenade, les participantes et participants ont partagé plusieurs jours d’échanges et de réflexion dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.

Alliances Françaises
Suelin Low Chew Tung (sur la gauche) et Ilona Fort-Gilbert (sur la droite) (Alliance Française de Grenade)
Équipe de l'AF de la Grenade - Dalia Barbour (Support Staff), Mathias Dorel (Consul honoraire de France), Ilona Forte-Gilbert (Directrice), Nafessah Abdullateef (Secrétaire du comité exécutif), Suelin Low Chew Tung (Présidente)

Autour de la table, les directrices et directeurs : Aurélie Gbeffa (Sainte-Lucie et coordinatrice régionale des Alliances Françaises de la Caraïbe orientale), Océane Gaillard (Barbade), Virginie Lemay (Suriname), Lucille Caulliez (Saint Christophe-et-Niévès), Cévinne M’Voula (Dominique), Anyka Batista (Trinité-et-Tobago), Ilona Forte-Gilbert (Grenade), Déborah First-Quao (Guyana) et Clovis Lemée ( Jamaïque), ainsi que Christiane Bourgeois (CORCAC – Sainte-Lucie) et Suelin Low Chew Tung (Présidente – Grenade).

Alliances Françaises

En visioconférence, les ont rejoints les président(e)s : Charlene White-Christian (Dominique), Ruben Del Prado (Suriname), Danielle Parkinson (Trinité-et-Tobago), Kara Daly (Saint-Christophe-et-Niévès), Delphine Hadley et son successeur Denvil Douglas (Saint-Vincent-et-les-Grenadines), ainsi que Stuart Defreitas, vice-président (Guyana).

Alliances Françaises
Alliances Françaises
Alliances Françaises

Au fil des échanges, Christiane Bourgeois, Conseillère Régionale de Coopération et d’Action Culturelle (CORCAC), cheffe du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a souligné le rôle essentiel des Alliances Françaises comme maillon du rayonnement culturel français et caribéen.

La CORCAC structure son action autour de la coopération culturelle, éducative, scientifique et économique, en cherchant à relier les priorités françaises — culture, francophonie, durabilité et droits humains — aux besoins spécifiques des pays de la Caraïbe anglophone. Pour elle, au-delà des structures, ce sont des femmes et des hommes engagés, véritables acteurs de terrain, porteurs de lien et d’action qui font vivre cette francophonie ouverte, solidaire et créative.

« Les Alliances Françaises sont des partenaires essentiels. »

La présence de Jean-François Hans, Délégué géographique pour la zone C à la Fondation des Alliances Françaises, a rappelé, depuis Paris, l’importance de la cohésion mondiale du réseau.

Charte de valeurs, outils de gouvernance, identité visuelle et accompagnement des équipes locales : la Fondation veille à maintenir une qualité et une éthique partagées sur les cinq continents.

“Une grande Alliance doit toujours tendre la main à une plus petite. C’est notre ADN collectif.”

Cette solidarité, moteur du mouvement, prend tout son sens dans la Caraïbe, où les défis logistiques et humains se conjuguent à la richesse culturelle et linguistique.

Une francophonie mondiale, ancrée dans les réalités locales

Le réseau des Alliances Françaises, fondé en 1883, est aujourd’hui le plus vaste réseau culturel au monde, avec plus de 820 établissements dans 135 pays.

Dans la Caraïbe anglophone, dix Alliances portent la langue et la culture françaises : Barbade, Sainte-Lucie, Dominique, Grenade, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Guyana, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago et Suriname.

En 2024, elles ont accueilli plus de 1 000 apprenants, dispensé 9 000 heures de cours et organisé 160 événements culturels, réunissant plus de 7 000 participants.

Autant de chiffres qui traduisent une réalité vivante et dynamique: la francophonie caribéenne n’est pas une idée, c’est une présence quotidienne dans les salles de classe, les galeries, les festivals et les rues des capitales insulaires.  La Francophonie se nourrit d’échanges, d’initiatives locales et de la passion de celles et ceux qui font vivre la langue française.

Un réseau en mouvement : entre vision et action

Projet Rézo

Porté par une volonté commune de faire évoluer le réseau, le projet RÉZO s’impose comme un véritable moteur pour les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone, c’est aussi une manière de penser le réseau autrement : plus collaboratif, plus agile, plus visible.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC), de l’Ambassade de France, il vise à renforcer la coordination régionale, la mutualisation des outils et la professionnalisation des équipes. Au fil des sessions, les échanges ont mis en lumière une ambition partagée : harmoniser les pratiques, encourager l’innovation pédagogique et renforcer les compétences, tout en consolidant la place de la francophonie dans des environnements linguistiques pluriels.

Sous la coordination d’Aurélie Gbeffa, six axes de travail ont été abordés :

  • Gouvernance associative et transparence : renforcer la gestion interne et la communication avec les membres.
  • Formation des équipes : consolider les compétences et favoriser la mobilité régionale.
  • Certifications et qualité pédagogique : harmoniser les standards de formation et d’évaluation.
  • Transition numérique : développer des outils collaboratifs et des ressources digitales communes.
  • Mise en place de projets RÉZO: créer et animer des projets communs entre Alliances.
  • Revitalisation des médiathèques : moderniser les espaces culturels pour les adapter aux usages d’aujourd’hui.

Chaque Alliance repart avec une feuille de route personnalisée, preuve d’un engagement partagé et d’une dynamique régionale forte.

Micro-projets

Dans cette même logique, le SCAC a rappelé son rôle clé d’accompagnateur et de facilitateur à travers le dispositif de micro-projets. Ces subventions, allouées chaque année à des porteurs de projets locaux, constituent un levier concret pour la mise en œuvre d’initiatives culturelles, éducatives ou citoyennes à l’échelle de la région.

Un mécanisme vertueux qui soutient la créativité locale, tout en favorisant la formation et l’autonomie des acteurs de terrain. Au-delà de l’aspect financier, ce dispositif, signature du poste diplomatique de Sainte-Lucie incarne une diplomatie de la proximité, au service des échanges humains et de la coopération entre territoires francophones et anglophones.

De Sainte-Lucie à la Dominique, de Trinité-et-Tobago à la Grenade, les micro-projets soutenus reflètent la diversité des enjeux partagés : culture, éducation, environnement, inclusion, innovation. Autant de champs où les Alliances Françaises, appuyées par le SCAC, deviennent des passerelles entre les sociétés et un moteur de coopération durable dans la Caraïbe.

Alliances Françaises

CARIFRAN

Cette stratégie s’inscrit également dans la dynamique régionale du programme CARIFRAN, consacré à la formation et à la mobilité des enseignants de français dans la Caraïbe.

Mis en œuvre par l’Organisation des États Américains et financé par l’Ambassade de France auprès des Etats de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO à hauteur de 453 000 euros, CARIFRAN contribue à renforcer une communauté éducative francophone ouverte aux échanges inter-îles et à la coopération linguistique. Il incarne la complémentarité entre actions éducatives, culturelles et diplomatiques au sein du réseau.

Alliances Françaises

La force d’un réseau fragile

Au-delà des échanges, des ateliers et des décisions, le séminaire RÉZO aura surtout confirmé la vitalité d’un réseau en pleine transformation. Mais il aura aussi rappelé, en filigrane, la fragilité d’un modèle associatif qui repose sur l’engagement, la passion et la solidarité plus que sur des moyens conséquents.

Dans la Caraïbe anglophone comme ailleurs, les Alliances Françaises mènent leurs actions avec des moyens modestes mais une remarquable efficacité et avec une réelle volonté d’avancer ensemble  grâce à la force de leurs équipes, de leurs présidentes et présidents bénévoles et du soutien constant du SCAC et de la Fondation des Alliances Françaises.

Alliances Françaises
Les directeurs des Alliances Française en compagnie du Ministre des Affaires Étrangères Hon. Joseph Andall

C’est cette humanité collective, faite de résilience et de conviction, qui fait la singularité du réseau : une capacité à créer du lien, à inventer, à se réinventer même dans l’incertitude. Et si la coopération culturelle et linguistique est parfois un défi, elle reste aussi une promesse : celle d’une Caraïbe plurielle, connectée, fière de sa diversité et capable d’écrire son avenir à travers le dialogue des cultures.

Au nom de l’Ambassade de France, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a remis aux directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe des châles, bracelets et pin’s aux couleurs d’Octobre Rose, symboles d’engagement et de solidarité face au cancer du sein.

Le 16 juillet 2025, Jennifer Geerlings-Simons a prêté serment en tant que première femme présidente du Suriname. Cette investiture historique n’est pas simplement un changement de visage à la tête de l’État : elle marque une transformation profonde des mentalités, dans un pays où la diversité culturelle est aussi vaste que ses forêts primaires. Femme de conviction, médecin de formation, parlementaire de longue date, Jennifer Geerlings-Simons incarne une nouvelle figure du leadership, fondée sur l’écoute, la transmission, et l’universalité des droits.

Une femme médecin au service du bien commun

Née le 5 septembre 1953 à Paramaribo, Jennifer Geerlings-Simons a d’abord consacré sa vie à la médecine, avant même de songer à la sphère publique. Diplômée de l’université Anton de Kom, elle a travaillé près de trente ans comme médecin généraliste dans le secteur public. Spécialisée en dermatologie et engagée très tôt dans la lutte contre les infections sexuellement transmissibles, elle s’est illustrée par sa capacité à créer des ponts entre la santé, l’éducation et le développement communautaire.

Cette expérience de terrain, elle la revendique comme fondement de sa vision humaniste. Pour elle, diriger un pays, c’est comprendre les réalités quotidiennes de ses habitants. Cette proximité constitue l’une des clés de son approche : mettre la personne au centre, écouter avant d’agir, et s’appuyer sur les compétences locales pour bâtir un avenir collectif.

Jennifer Geerlings-Simons
Jennifer Geerlings-Simons, la première femme présidente du Suriname. •©PETROLEUMAG

Une carrière forgée dans la rigueur et la continuité

Si Jennifer Geerlings-Simons est aujourd’hui présidente, c’est le fruit d’un long cheminement, marqué par la constance, la discrétion et l’exigence. Élue pour la première fois en 1996 à l’Assemblée nationale, elle a gagné la confiance de ses pairs à force de travail et d’intégrité. Elle y est restée sans discontinuer pendant 24 ans, dont dix à la présidence de l’Assemblée, devenant une figure de stabilité dans un environnement institutionnel parfois chahuté.

Mais jamais elle ne s’est présentée comme une femme de pouvoir. Ce qui l’anime, c’est l’idée de service. Durant son discours d’investiture, elle a déclaré : « J’ai appris à prendre soin avant de diriger. Mon métier m’a appris à respecter la vie, à ne pas juger, et à penser long terme. » Ces mots résument la manière dont elle aborde sa nouvelle fonction : non comme un sommet à conquérir, mais comme une mission à accomplir.

Jennifer Geerlings-Simons
©CTG Collectivité Territoriale de Guyane

Un message d’émancipation pour les femmes de la Caraïbe

L’élection de Jennifer Geerlings-Simons dépasse les frontières du Suriname. Elle envoie un signal puissant à toutes les femmes de la Caraïbe et d’Amérique du Sud : accéder à la plus haute fonction de l’État n’est plus une exception, c’est une voie désormais ouverte.

À 71 ans, elle devient un modèle d’accomplissement tardif, prouvant qu’il n’est jamais trop tard pour concrétiser une ambition portée par l’intérêt général. Dans un environnement régional où les femmes restent sous-représentées dans les fonctions de décision, sa présence à la tête de l’État vient combler un vide symbolique.

Jennifer Geerlings-Simons ne revendique pas pour autant un leadership fondé sur le genre. Mais elle reconnaît la portée de son élection pour toutes celles qui n’osent pas franchir les barrières. « Si mon parcours peut inspirer ne serait-ce qu’une jeune fille à croire en elle, alors cette responsabilité prend tout son sens », confiait-elle récemment.

Jennifer Geerlings-Simons
©CTG Collectivité Territoriale de Guyane
Jennifer Geerlings-Simons
©Ouest Guyane

Une nouvelle ère dans la gouvernance caribéenne

En rejoignant Mia Mottley à la Barbade ou Claudia Sheinbaum au Mexique, Jennifer Geerlings-Simons inscrit son nom dans un mouvement profond de réinvention de la gouvernance dans les Amériques. Mais sa singularité réside dans la manière dont elle conjugue humilité et détermination.

Ce n’est pas tant l’autorité qu’elle incarne, mais l’attention. Pas le verbe fort, mais l’écoute active. Son mandat repose sur la conviction que le leadership ne se mesure pas à l’ampleur des discours, mais à la constance des actes. Dans une région souvent traversée par les crises, cette approche calme, résiliente et structurante peut faire école.

Jennifer Geerlings-Simons
©Ouest Guyane
Jennifer Geerlings-Simons
©CTG Collectivité Territoriale de Guyane
Jennifer Geerlings-Simons
©Ouest Guyane
Jennifer Geerlings-Simons
©CTG Collectivité Territoriale de Guyane

L’élection de Jennifer Geerlings-Simons comme première femme présidente du Suriname ne représente pas seulement une avancée institutionnelle. Elle incarne une rupture de style, une réaffirmation des valeurs humaines dans l’exercice du pouvoir, et une source d’inspiration pour toutes celles et ceux qui croient en une gouvernance fondée sur le soin, l’équité et la responsabilité.

À travers son parcours, c’est une autre voie qui s’ouvre pour la Caraïbe : celle d’un leadership apaisé, porté par l’expérience de vie, la connaissance du terrain et une foi inébranlable dans les capacités collectives. Pour le Suriname, c’est une femme qui prend la tête. Pour la région, c’est un message d’avenir.

COP30 : ce nom désigne la 30ᵉ Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tiendra du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au Brésil. Organisée pour la première fois au cœur de l’Amazonie, cette conférence internationale réunira plus de 190 délégations nationales, des chefs d’État, des ONG, des scientifiques, ainsi que des représentants de la société civile, pour négocier des mesures urgentes face à l’aggravation du dérèglement climatique.

Ce choix géographique marque un tournant : la plus grande forêt tropicale du monde devient à la fois le décor et le sujet central des discussions. Face aux records de déforestation, à la perte de biodiversité et à la pression croissante des industries extractives, la COP30 ambitionne de redéfinir les priorités de la lutte climatique en plaçant la protection des écosystèmes au cœur des engagements internationaux.

COP30
©Reproduction du gouvernement fédéral

Curupira : un esprit ancien pour des enjeux d’avenir

Pour incarner cette édition décisive, le Brésil a choisi une figure issue des légendes autochtones : Curupira, gardien mythique de la forêt amazonienne. Bien loin des symboles consensuels, ce personnage incarne une forme de résistance. Dans la tradition tupi-guarani, il est représenté comme un petit homme aux cheveux rouges, aux pieds retournés, capable de semer les intrus et de défendre farouchement son territoire.

Son nom, formé des mots « curumin » (garçon) et « pira » (corps), évoque à la fois l’enfance et la vitalité. Curupira n’est pas un simple personnage folklorique : il est profondément enraciné dans la mémoire collective des peuples de la forêt, et son influence dépasse les frontières brésiliennes.

En Guyane, il prend le nom de Makilili. En Colombie, il devient Madre Monte. En Équateur, on l’appelle Sachamama, la mère des arbres. Dans l’Amazonie péruvienne, il est connu sous le nom de Chullachaqui. Au Suriname et au Guyana, il est évoqué sous les formes de Winti-boskopu ou Watramama. Tous ces avatars remplissent une même mission : protéger la forêt des prédateurs.

Un territoire partagé, une urgence commune

L’Amazonie s’étend sur plus de cinq millions de kilomètres carrés et traverse neuf pays : Brésil, Colombie, Pérou, Bolivie, Équateur, Venezuela, Suriname, Guyana et Guyane Française. Ce vaste territoire abrite environ 34 millions d’habitants, dont des centaines de peuples autochtones, souvent en première ligne face aux effets des politiques extractivistes et de la crise climatique.

En choisissant Curupira comme mascotte officielle, la COP30 envoie un signal fort : celui de reconnaître les savoirs ancestraux, les luttes locales, et d’impliquer pleinement les populations amazoniennes dans les débats mondiaux.

COP30
©grandsespaces
COP30
©grandsespaces
COP30
COP30
©grandsespaces
©grandsespaces
COP30
©grandsespaces

COP30 : objectifs, tensions et attentes

La COP30 s’annonce comme un moment stratégique dans la gouvernance climatique internationale. Plusieurs points cruciaux seront abordés à Belém :

  • ✔️ La mise en œuvre d’une transition énergétique juste, en assurant un soutien concret aux populations les plus vulnérables.
  • ✔️ La création d’un fonds global de préservation des forêts tropicales, avec un soutien annoncé de la Chine.
  • ✔️ L’objectif de mobiliser 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour financer l’adaptation au changement climatique.
  • ✔️ Des négociations sensibles autour de la réduction des énergies fossiles, dans un pays comme le Brésil, grand producteur de pétrole.

À ces enjeux s’ajoute une forte pression populaire. La société civile brésilienne, les chercheurs et les organisations autochtones attendent des décisions ambitieuses. Dans ce contexte, Curupira n’est pas qu’un symbole : il est devenu le porte-voix d’une Amazonie qui réclame sa place à la table des négociations.

Et la Caraïbe dans tout cela ?

Les territoires caribéens participent pleinement à la COP30, en tant que membres de la Convention-cadre et représentants des petits États insulaires en développement. Parmi eux : Barbade, Trinité-et-Tobago, Haïti, Sainte-Lucie, Jamaïque, Cuba, Antigua-et-Barbuda, Dominique, Saint-Kitts-et-Nevis, Grenade, ou encore Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Pourquoi leur présence est-elle essentielle ? Parce que ces États, bien que peu émetteurs de gaz à effet de serre, subissent de plein fouet les effets du dérèglement climatique : cyclones de plus en plus violents, montée des eaux, stress hydrique, érosion des côtes, effondrement de la biodiversité marine.

La COP30 est pour la Caraïbe l’occasion de plaider en faveur de mécanismes de financement spécifiques, adaptés à leur vulnérabilité, mais aussi de valoriser leurs initiatives locales, souvent innovantes, en matière de résilience, d’agriculture durable et de gestion des risques.

Un dispositif éducatif et symbolique autour de Curupira

Si toutes les conférences climatiques n’ont pas eu de mascotte, Curupira marque une rupture. À la COP28, une tortue marine symbolisait la fragilité des écosystèmes marins. Mais aucune figure n’avait, jusqu’ici, incarné une force protectrice ancrée dans les croyances populaires.

Il est prévu que Curupira soit décliné en objets pédagogiques et symboliques : affiches, jeux éducatifs, animations scolaires et ateliers dans les « villages citoyens » parallèles à la conférence officielle. Ce choix vise à sensibiliser un public plus large, notamment les jeunes, aux enjeux climatiques globaux à travers une figure issue de l’imaginaire collectif.

COP30

Curupira, l’alerte rouge de l’Amazonie au monde

À travers Curupira, la COP30 rappelle que les réponses aux crises écologiques ne viendront pas uniquement des laboratoires ou des ministères. Elles passeront aussi par l’écoute des territoires, la reconnaissance des savoirs locaux et la capacité à redéfinir notre rapport au vivant.

En installant ses débats en Amazonie, la COP30 ouvre une page inédite. Pour la Caraïbe comme pour les pays amazoniens, il s’agit de transformer une voix longtemps marginalisée en un levier de décision mondiale. Et peut-être qu’en regardant Curupira dans les yeux, les dirigeants comprendront que la forêt ne demande pas la charité. Elle exige le respect.

Du 6 juillet au 08 juillet 2025, Montego Bay vibre au rythme du 49e Sommet de la CARICOM, où les chefs d’État et de gouvernement des pays membres se retrouvent pour discuter des défis majeurs qui traversent la région. Cette édition, présidée par Andrew Holness, Premier ministre de la Jamaïque, se déroule dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte d’urgence, chaque délégation étant venue avec des attentes fortes sur la sécurité alimentaire, la résilience économique, la crise haïtienne et, surtout, la refonte de la logistique régionale. 

Les couloirs du Montego Bay Convention Centre bruissent de conversations stratégiques, tandis que les sessions plénières alternent avec des ateliers thématiques, donnant à chaque territoire la possibilité de faire entendre sa voix.

Un contexte régional exigeant

Dès l’ouverture du 49e Sommet de la CARICOM, le ton a été donné : la Caraïbe traverse une période charnière. Les interventions successives des représentants de la Barbade, de la Trinité-et-Tobago, de Sainte-Lucie ou encore de la Dominique ont mis en lumière la réalité des perturbations logistiques, la dépendance à un transport aérien coûteux et la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Les débats sont animés, chaque chef de délégation insistant sur la nécessité de solutions concrètes et immédiates. Les échanges en coulisses témoignent d’une volonté partagée de faire de ce sommet un moment décisif pour la région.

49e Sommet de la Caricom
©CARICOM

Les priorités de la présidence jamaïcaine

Andrew Holness, dans son discours inaugural, a rappelé l’importance d’une coopération renforcée et d’une diversification des échanges, tout en soulignant la nécessité d’apporter des réponses rapides aux enjeux sécuritaires et climatiques. Son appel à une mobilisation collective n’est pas resté sans effet : les tables rondes du 49e Sommet de la CARICOM se sont succédé, abordant la question de la paix régionale, la mutualisation des ressources et la place de la jeunesse dans la construction d’une prospérité partagée.

49e Sommet de la Caricom
©Andrew Holness, président de la CARICOM. ©CARICOM
49e Sommet de la Caricom
©Andrew Holness, président de la CARICOM. ©CARICOM

Mia Mottley : un plaidoyer pour une transformation logistique

La prise de parole de Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, a marqué l’un des temps forts du 49e Sommet de la CARICOM. Avec une éloquence saluée par l’ensemble des participants, elle a dressé un tableau lucide des failles logistiques qui freinent le développement caribéen. Sa voix, ferme et posée, a résonné dans l’auditorium lorsqu’elle a évoqué la nécessité d’une « révolution du fret régional », insistant sur l’urgence de démocratiser les transports et de redonner à la mer son rôle historique de trait d’union entre les îles.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

Des propositions concrètes pour le fret régional

Mia Mottley n’est pas restée dans l’incantation. Elle a annoncé que deux États membres de la CARICOM sont en négociation avancée pour acquérir des avions cargo, une initiative qui, selon elle, permettra de fluidifier les échanges et de garantir l’approvisionnement en biens essentiels. Elle a également évoqué la présentation attendue d’un projet de ferry régional porté par le secteur privé, qui pourrait révolutionner la connectivité entre les îles. Ces annonces, formulées au cœur du 49e Sommet de la CARICOM, ont été accueillies par des applaudissements nourris, signe que la question logistique est au cœur des préoccupations collectives.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

La volonté politique au cœur du changement

Mia Mottley a profité de sa tribune pour rappeler que la réussite de ces projets dépend avant tout de la volonté politique des dirigeants. Elle a évoqué avec émotion les souvenirs du Federal Maple et du Federal Palm, symboles d’une époque où la mer unissait les peuples caribéens. Son plaidoyer, relayé dans plusieurs sessions du 49e Sommet de la CARICOM, a trouvé un écho particulier auprès des délégations, qui ont reconnu la nécessité de dépasser les inerties institutionnelles pour bâtir une logistique régionale moderne et résiliente.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM
49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

Les apports concrets du 49e Sommet de la CARICOM pour les territoires membres

Sécurité alimentaire et fluidité des échanges

L’un des axes majeurs des discussions du 49e Sommet de la CARICOM porte sur la sécurité alimentaire. Les participants ont souligné que la mise en place de nouvelles liaisons maritimes et aériennes, comme celles évoquées par Mia Mottley, permettra d’assurer un approvisionnement régulier en produits agricoles et en biens de première nécessité. Les échanges de bonnes pratiques entre les ministres de l’Agriculture et de l’Économie témoignent d’une volonté commune d’optimiser les circuits logistiques et de renforcer la souveraineté alimentaire de chaque territoire.

Renforcement de l’intégration et de la résilience économique

Les débats sur l’intégration économique ont mis en avant l’importance de mutualiser les ressources et de diversifier les partenaires commerciaux. Les annonces d’investissements publics et privés dans le fret régional, formulées à l’occasion du 49e Sommet de la CARICOM, ouvrent la voie à une coopération renforcée, qui permettra aux territoires membres de mieux résister aux chocs extérieurs, qu’ils soient économiques, sanitaires ou climatiques. Les participants s’accordent sur le fait que cette édition constitue un jalon crucial vers une prospérité partagée.

Perspectives pour la jeunesse et l’innovation

Au fil des ateliers, la jeunesse caribéenne et l’innovation technologique ont occupé une place centrale. Les initiatives présentées, qu’il s’agisse de programmes de formation, de mobilité étudiante ou de soutien à l’entrepreneuriat, illustrent la volonté des dirigeants de préparer la relève et de donner aux jeunes les moyens de s’inscrire dans la dynamique régionale. Ces perspectives, discutées en profondeur au 49e Sommet de la CARICOM, laissent entrevoir de nouvelles opportunités concrètes pour la jeunesse.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

Le 49e Sommet de la CARICOM, catalyseur d’une nouvelle ère régionale

À Montego Bay, le 49e Sommet de la CARICOM se poursuit dans une atmosphère studieuse et déterminée. Portée par des personnalités comme Mia Mottley et Andrew Holness, la région est en train de franchir une étape décisive vers la modernisation de ses infrastructures et l’approfondissement de son intégration. Les discussions, riches et parfois passionnées, témoignent d’une volonté collective de transformer les défis en opportunités et de bâtir un avenir durable pour l’ensemble des populations caribéennes.

📸 Galerie photo : revivez en images les temps forts de la cérémonie d'ouverture ©CARICOM

49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom

Renforcer la protection des tortues marines grâce à une gouvernance régionale des océans a été l’un des enjeux majeurs de la réunion annuelle 2025 du réseau WIDECAST, qui s’est tenue à Saint-Kitts-et-Nevis. À cette occasion, des experts marins et des acteurs de la conservation issus de la Grande Caraïbe, d’Australie et des Pays-Bas ont uni leurs voix pour approfondir la coopération régionale autour de la protection des tortues marines, avec un rôle central joué par le Suriname et les Guyanes.

tortues marines

Un engagement partagé pour les tortues marines de la Caraïbe

Organisée en mars au St. Kitts Marriott Resort, l’AGM 2025 de WIDECAST a réuni plus de 80 participants engagés dans la conservation marine. L’événement a permis de faire le point sur les actions nationales, de partager des données scientifiques et d’avancer collectivement sur des projets phares comme le Blue Corridors for Sea Turtles, centré sur la préservation des routes migratoires des tortues marines et le plan d’action régional (PAR) pour la tortue luth de l’Atlantique Nord-Ouest (NWA) pour les Caraïbes élargies, axé sur la protection de la tortue luth dans cette région.

Les ateliers ont abordé des thèmes fondamentaux : lutte contre le commerce illégal, autopsie des tortues marines, santé marine, et usage de la plateforme EarthRanger pour le suivi des espèces. Ces échanges ont illustré le rôle clef de WIDECAST comme réseau reliant actions locales et stratégies régionales.

Le Suriname et les Guyanes en action

sea turtle

En tant que coordinateur des océans pour le WWF-Guianes et coordinateur national référent de WIDECAST au Suriname, l’orateur a présenté un exposé intitulé « Transformer la gouvernance régionale des océans en luttant contre la pêche INN et en protégeant les tortues marines dans les Guyanes ».

Sa présentation a mis en lumière l’un des principaux défis du déclin de la tortue luth, à savoir la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ainsi que les efforts entrepris pour y remédier, notamment :

  • Le renforcement des cadres de gouvernance de la pêche ;

  • La surveillance renforcée et le partage d’informations sur le terrain ;

  • La protection des plages de ponte et des couloirs migratoires ;

  • L’adaptation aux impacts du changement climatique ;

  • L’actualisation du Plan de Récupération des Tortues Marines du Suriname (STRAP).

Les Guyanes se positionnent ainsi comme des territoires moteurs pour une gouvernance des océans durable et concertée à l’échelle caribéenne.

tortues marines

Une action locale pour un impact régional

L’intervention du Suriname a souligné combien les menaces pesant sur la biodiversité marine dépassent les frontières. La conservation des tortues marines, espèce migratoire par excellence, appelle des réponses coordonnées et transversales.

Cette dynamique est illustrée par le plan d’action régional (PAR) pour l’Atlantique du Nord-Ouest (NWA) pour les Caraïbes élargies et le projet Corridors bleus, ainsi que par les engagements pris collectivement. Dans un contexte de pression croissante sur les écosystèmes marins, le futur de la conservation passera par une coopération renforcée, des décisions fondées sur la science et un véritable sens du bien commun.