Ensemble pour une Caraïbe qui rayonne, les Alliances Françaises deviennent des passerelles entre cultures, langues et territoires.

Lors du séminaire RÉZO organisé à la Grenade, les directrices, directeurs, présidentes et présidents des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone se sont réunis pour renforcer ensemble la coopération culturelle et linguistique dans la région et définir de nouvelles orientations communes.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France, également présent sur certains échanges, le séminaire a été l’occasion de renforcer la synergie entre les acteurs du réseau des Alliances Françaises et de consolider le dialogue avec le SCAC, dans un esprit d’écoute et de collaboration.

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Suelin Low Chew Tung (Présidente AF Grenade), Aurélie GBEFFA (Directrice AF Sainte-Lucie et Coordinatrice régionale), Ilona Fort-Gilbert (Directrice AF Grenade) et Christiane Bourgeois (CORCAC)

Entre échanges, stratégies communes et projets innovants, cette rencontre a dessiné les contours d’une francophonie et d’une Caraïbe culturelle et plurilingue plus ouverte, inclusive et moderne.

Un moment clé pour un réseau en pleine évolution, au service d’une Caraïbe qui apprend, partage et rayonne.

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Une rencontre aux accents de famille

Ils se connaissent parfois depuis des années, parfois seulement à travers un écran. Mais dès les premières minutes, les rires, les accolades et la chaleur des retrouvailles rappellent que, dans la Caraïbe, le réseau des Alliances Françaises est avant tout une aventure humaine.

Pendant trois jours, directrices, directeurs, présidentes et présidents ont confronté leurs réalités de pays en pays — entre défis du quotidien, fiertés locales et volonté commune de bâtir un réseau plus fort, plus solidaire et plus visible. Dans la salle, la diversité se lit dans les accents, les parcours, les idées. De la Jamaïque à Trinité-et-Tobago, chaque voix apportait sa nuance, son expérience, sa manière d’animer la culture et la francophonie au cœur des territoires.

Accueillis par Ilona Fort-Gilbert, directrice, et Suelin Low Chew Tung, présidente de l’Alliance Française de la Grenade, les participantes et participants ont partagé plusieurs jours d’échanges et de réflexion dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.

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Suelin Low Chew Tung (sur la gauche) et Ilona Fort-Gilbert (sur la droite) (Alliance Française de Grenade)
Équipe de l'AF de la Grenade - Dalia Barbour (Support Staff), Mathias Dorel (Consul honoraire de France), Ilona Forte-Gilbert (Directrice), Nafessah Abdullateef (Secrétaire du comité exécutif), Suelin Low Chew Tung (Présidente)

Autour de la table, les directrices et directeurs : AurĂ©lie Gbeffa (Sainte-Lucie et coordinatrice rĂ©gionale des Alliances Françaises de la CaraĂŻbe orientale), OcĂ©ane Gaillard (Barbade), Virginie Lemay (Suriname), Lucille Caulliez (Saint Christophe-et-NiĂ©vès), CĂ©vinne M’Voula (Dominique), Anyka Batista (TrinitĂ©-et-Tobago), Ilona Forte-Gilbert (Grenade), DĂ©borah First-Quao (Guyana) et Clovis LemĂ©e ( JamaĂŻque), ainsi que Christiane Bourgeois (CORCAC – Sainte-Lucie) et Suelin Low Chew Tung (PrĂ©sidente – Grenade).

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En visioconférence, les ont rejoints les président(e)s : Charlene White-Christian (Dominique), Ruben Del Prado (Suriname), Danielle Parkinson (Trinité-et-Tobago), Kara Daly (Saint-Christophe-et-Niévès), Delphine Hadley et son successeur Denvil Douglas (Saint-Vincent-et-les-Grenadines), ainsi que Stuart Defreitas, vice-président (Guyana).

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Au fil des échanges, Christiane Bourgeois, Conseillère Régionale de Coopération et d’Action Culturelle (CORCAC), cheffe du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a souligné le rôle essentiel des Alliances Françaises comme maillon du rayonnement culturel français et caribéen.

La CORCAC structure son action autour de la coopération culturelle, éducative, scientifique et économique, en cherchant à relier les priorités françaises — culture, francophonie, durabilité et droits humains — aux besoins spécifiques des pays de la Caraïbe anglophone. Pour elle, au-delà des structures, ce sont des femmes et des hommes engagés, véritables acteurs de terrain, porteurs de lien et d’action qui font vivre cette francophonie ouverte, solidaire et créative.

« Les Alliances Françaises sont des partenaires essentiels. »

La présence de Jean-François Hans, Délégué géographique pour la zone C à la Fondation des Alliances Françaises, a rappelé, depuis Paris, l’importance de la cohésion mondiale du réseau.

Charte de valeurs, outils de gouvernance, identité visuelle et accompagnement des équipes locales : la Fondation veille à maintenir une qualité et une éthique partagées sur les cinq continents.

“Une grande Alliance doit toujours tendre la main à une plus petite. C’est notre ADN collectif.”

Cette solidarité, moteur du mouvement, prend tout son sens dans la Caraïbe, où les défis logistiques et humains se conjuguent à la richesse culturelle et linguistique.

Une francophonie mondiale, ancrée dans les réalités locales

Le réseau des Alliances Françaises, fondé en 1883, est aujourd’hui le plus vaste réseau culturel au monde, avec plus de 820 établissements dans 135 pays.

Dans la Caraïbe anglophone, dix Alliances portent la langue et la culture françaises : Barbade, Sainte-Lucie, Dominique, Grenade, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Guyana, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago et Suriname.

En 2024, elles ont accueilli plus de 1 000 apprenants, dispensé 9 000 heures de cours et organisé 160 événements culturels, réunissant plus de 7 000 participants.

Autant de chiffres qui traduisent une réalité vivante et dynamique: la francophonie caribéenne n’est pas une idée, c’est une présence quotidienne dans les salles de classe, les galeries, les festivals et les rues des capitales insulaires.  La Francophonie se nourrit d’échanges, d’initiatives locales et de la passion de celles et ceux qui font vivre la langue française.

Un réseau en mouvement : entre vision et action

Projet Rézo

Porté par une volonté commune de faire évoluer le réseau, le projet RÉZO s’impose comme un véritable moteur pour les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone, c’est aussi une manière de penser le réseau autrement : plus collaboratif, plus agile, plus visible.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC), de l’Ambassade de France, il vise à renforcer la coordination régionale, la mutualisation des outils et la professionnalisation des équipes. Au fil des sessions, les échanges ont mis en lumière une ambition partagée : harmoniser les pratiques, encourager l’innovation pédagogique et renforcer les compétences, tout en consolidant la place de la francophonie dans des environnements linguistiques pluriels.

Sous la coordination d’Aurélie Gbeffa, six axes de travail ont été abordés :

  • Gouvernance associative et transparence : renforcer la gestion interne et la communication avec les membres.
  • Formation des Ă©quipes : consolider les compĂ©tences et favoriser la mobilitĂ© rĂ©gionale.
  • Certifications et qualitĂ© pĂ©dagogique : harmoniser les standards de formation et d’évaluation.
  • Transition numĂ©rique : dĂ©velopper des outils collaboratifs et des ressources digitales communes.
  • Mise en place de projets RÉZO: crĂ©er et animer des projets communs entre Alliances.
  • Revitalisation des mĂ©diathèques : moderniser les espaces culturels pour les adapter aux usages d’aujourd’hui.

Chaque Alliance repart avec une feuille de route personnalisée, preuve d’un engagement partagé et d’une dynamique régionale forte.

Micro-projets

Dans cette même logique, le SCAC a rappelé son rôle clé d’accompagnateur et de facilitateur à travers le dispositif de micro-projets. Ces subventions, allouées chaque année à des porteurs de projets locaux, constituent un levier concret pour la mise en œuvre d’initiatives culturelles, éducatives ou citoyennes à l’échelle de la région.

Un mécanisme vertueux qui soutient la créativité locale, tout en favorisant la formation et l’autonomie des acteurs de terrain. Au-delà de l’aspect financier, ce dispositif, signature du poste diplomatique de Sainte-Lucie incarne une diplomatie de la proximité, au service des échanges humains et de la coopération entre territoires francophones et anglophones.

De Sainte-Lucie à la Dominique, de Trinité-et-Tobago à la Grenade, les micro-projets soutenus reflètent la diversité des enjeux partagés : culture, éducation, environnement, inclusion, innovation. Autant de champs où les Alliances Françaises, appuyées par le SCAC, deviennent des passerelles entre les sociétés et un moteur de coopération durable dans la Caraïbe.

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CARIFRAN

Cette stratégie s’inscrit également dans la dynamique régionale du programme CARIFRAN, consacré à la formation et à la mobilité des enseignants de français dans la Caraïbe.

Mis en œuvre par l’Organisation des États Américains et financé par l’Ambassade de France auprès des Etats de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO à hauteur de 453 000 euros, CARIFRAN contribue à renforcer une communauté éducative francophone ouverte aux échanges inter-îles et à la coopération linguistique. Il incarne la complémentarité entre actions éducatives, culturelles et diplomatiques au sein du réseau.

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La force d’un réseau fragile

Au-delà des échanges, des ateliers et des décisions, le séminaire RÉZO aura surtout confirmé la vitalité d’un réseau en pleine transformation. Mais il aura aussi rappelé, en filigrane, la fragilité d’un modèle associatif qui repose sur l’engagement, la passion et la solidarité plus que sur des moyens conséquents.

Dans la Caraïbe anglophone comme ailleurs, les Alliances Françaises mènent leurs actions avec des moyens modestes mais une remarquable efficacité et avec une réelle volonté d’avancer ensemble  grâce à la force de leurs équipes, de leurs présidentes et présidents bénévoles et du soutien constant du SCAC et de la Fondation des Alliances Françaises.

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Les directeurs des Alliances Française en compagnie du Ministre des Affaires Étrangères Hon. Joseph Andall

C’est cette humanité collective, faite de résilience et de conviction, qui fait la singularité du réseau : une capacité à créer du lien, à inventer, à se réinventer même dans l’incertitude. Et si la coopération culturelle et linguistique est parfois un défi, elle reste aussi une promesse : celle d’une Caraïbe plurielle, connectée, fière de sa diversité et capable d’écrire son avenir à travers le dialogue des cultures.

Au nom de l’Ambassade de France, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a remis aux directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe des châles, bracelets et pin’s aux couleurs d’Octobre Rose, symboles d’engagement et de solidarité face au cancer du sein.

La coopération entre États membres de la CARICOM prend une nouvelle dimension depuis le 1ᵉʳ octobre 2025. La Barbade, le Belize, la Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines ont officiellement levé les barrières à la circulation de leurs citoyens. Ces quatre nations ont lancé un accord inédit qui autorise leurs ressortissants à vivre, travailler et s’installer librement au sein de cet espace caribéen sans permis de travail. Un signal fort pour la construction d’une région plus unie et solidaire.

Un accord fondateur pour la libre mobilité régionale

Lancé sous l’appellation « Enhanced Cooperation in Free Movement », cet engagement a été ratifié par les chefs de gouvernement lors du 49ᵉ sommet de la CARICOM à Montego Bay. Pour la première fois, des pays caribéens appliquent pleinement les principes de libre circulation déjà évoqués dans le Traité de Chaguaramas.

Grâce à cet accord, les ressortissants de la Barbade, du Belize, de la Dominique et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines peuvent entrer, sortir, travailler et résider dans les pays partenaires sans certificat CSME ni permis spécial. Ils bénéficient également d’un accès limité, mais réel aux services publics essentiels, notamment la santé de base et l’éducation primaire ou secondaire.

Cette coopération entre États membres de la CARICOM constitue la première étape d’un projet plus vaste d’unification humaine et économique de la région.

Coopération entre États membres de la CARICOM
©CARICOM
Coopération entre États membres de la CARICOM
©CARICOM

Un levier stratégique pour quatre économies complémentaires

  • – Pour la Barbade, l’enjeu est clair : faire face Ă  une population vieillissante et Ă  un manque de main-d’œuvre. Bridgetown espère attirer de jeunes travailleurs issus des pays voisins afin de soutenir les secteurs clĂ©s du tourisme, des services et de la santĂ©.
  • – Le Belize, dont le territoire est soixante fois plus vaste que celui de la plupart des Ă®les caribĂ©ennes, souhaite encourager le peuplement de ses zones rurales et stimuler son dĂ©veloppement. Avec seulement 400 000 habitants pour plus de 22 000 km², le pays voit dans cette coopĂ©ration entre États membres de la CARICOM une occasion d’accueillir des talents et d’accroĂ®tre sa productivitĂ©.
  • – La Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines privilĂ©gient quant Ă  elles le lien culturel et historique. Ă€ Kingstown, le Premier ministre Ralph Gonsalves a rappelĂ© que cette initiative rĂ©pond aussi Ă  une dimension identitaire :

« Nos frères et sœurs Garifuna du Belize peuvent venir passer plus de temps ici, travailler s’ils le souhaitent, et nos citoyens sont désormais libres d’aller là-bas. »

Coopération entre États membres de la CARICOM
Coopération entre États membres de la CARICOM
Coopération entre États membres du CARICOM
Coopération entre États membres de la CARICOM

Une histoire partagée, socle de l’intégration

Cette coopération entre États membres de la CARICOM repose sur un socle historique commun. Les quatre nations partagent une expérience coloniale britannique, un héritage linguistique proche et une structure institutionnelle similaire. Ces affinités ont facilité la mise en œuvre d’un dispositif de mobilité inédite dans la région.

Un mécanisme de vérification commun a été instauré pour filtrer les demandes. Les autorités conservent le droit de refuser l’entrée à tout individu représentant un risque pour l’ordre public ou un fardeau financier pour l’État d’accueil. Cette clause vise à préserver l’équilibre entre ouverture et responsabilité.

Un laboratoire d’intégration régionale

Les dirigeants considèrent cette coopération entre États membres de la CARICOM comme un projet pilote. Si les résultats sont concluants, elle pourrait être étendue à d’autres pays membres dès 2026. Des discussions sont déjà en cours avec la Jamaïque, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago pour rejoindre l’initiative.

Selon les économistes régionaux, cette coopération entre États membres de la CARICOM représente une opportunité majeure pour fluidifier les échanges de compétences et renforcer les chaînes de valeur locales. En supprimant les contraintes administratives, elle favorise la mobilité professionnelle, l’entrepreneuriat et la mise en réseau des talents caribéens.

Coopération entre États membres du CARICOM
©CARICOM

Des retombées sociales et humaines durables

Au-delà des chiffres, la portée humaine de cet accord est considérable. Des milliers de familles pourront désormais envisager un avenir au-delà de leurs frontières nationales. L’accès à l’emploi, à la formation et aux soins élémentaires ouvre la voie à une intégration réelle des sociétés caribéennes.

Cette coopération entre États membres de la CARICOM redonne aussi du sens au projet initial de la Communauté : bâtir une région solidaire où les citoyens partagent les mêmes droits fondamentaux. Elle incarne une nouvelle génération de politiques régionales fondées sur la confiance et la réciprocité.

Vers une CaraĂŻbe unie et inclusive

L’entrée en vigueur de cette mesure confirme la volonté de la région d’écrire une nouvelle page de son histoire. La coopération entre États membres de la CARICOM dépasse les considérations économiques : elle symbolise la volonté politique d’unir les peuples et de renforcer la stabilité sociale.

En s’ouvrant mutuellement leurs frontières, la Barbade, le Belize, la Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines démontrent qu’une autre Caraïbe est possible : une Caraïbe mobile, connectée et consciente de sa destinée commune.

Le Partenariat Caraïbe Japon vient de franchir une nouvelle étape avec l’organisation du premier Dialogue régional caribéen, tenu les 21 et 22 août 2025 à Sainte-Lucie. Accueilli au Bay Gardens Hotel et orchestré par la Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) en collaboration avec la Fondation Sasakawa pour la Paix (SPF) du Japon, cet événement a réuni gouvernements, organisations régionales, secteur privé, monde académique, société civile et représentants de la jeunesse de l’ensemble de la région CARICOM. Pendant deux jours, les discussions se sont articulées autour d’un thème central : « Faire progresser la prospérité résiliente dans la Caraïbe ».

Une ambition partagée : transformer la résilience en moteur de prospérité

Dans son discours d’ouverture, l’honorable Wayne Girard, ministre auprès du ministère des Finances, du Développement économique et de l’Économie des jeunes de Sainte-Lucie, a souligné que la résilience ne se limite pas à la capacité de rebondir après les crises. Elle doit être conçue comme une volonté d’avancer vers la durabilité, l’inclusion et l’innovation. Pour lui, ce Dialogue constitue à la fois un rappel à la conscience et une plateforme de coopération pour redéfinir la trajectoire caribéenne.

Le Partenariat Caraïbe Japon s’inscrit dans cette logique de transformation. Le Dr Didacus Jules, directeur général de l’OECO, a invité la région à repenser son récit au niveau mondial. Selon lui, la Caraïbe doit se présenter non comme un territoire vulnérable mais comme une source de solutions innovantes : énergies renouvelables, économie bleue, tourisme communautaire ou encore transformation des systèmes alimentaires.

Partenariat CaraĂŻbe Japon
Hon. Wayne Girard. ©OECO
Partenariat CaraĂŻbe Japon
S.E. Dr Didacus Jules. ©OECO

Cinq piliers stratégiques pour un développement durable

Les échanges se sont structurés autour de cinq piliers majeurs :

  1. Économie bleue : valorisation durable des ressources marines et développement de chaînes de valeur.
  2. Tourisme communautaire : implication des populations locales pour un tourisme plus équitable.
  3. Agriculture et sécurité alimentaire : renforcement de la souveraineté alimentaire des îles.
  4. Développement économique et commercial : diversification et intégration dans l’économie mondiale.
  5. Réduction des risques climatiques et de catastrophes : construction d’infrastructures et de politiques adaptées aux réalités insulaires.

À travers le Partenariat Caraïbe Japon, ces piliers sont renforcés par des thématiques transversales : l’importance des données, la prise en compte du genre, la participation de la jeunesse, le rôle central de la société civile et l’engagement du secteur privé.

Des initiatives concrètes proposées par l’OECO

Le Dr Didacus Jules a proposé plusieurs instruments opérationnels afin de transformer les discussions en résultats tangibles :

  • âś… Un Pacte de gestion des systèmes insulaires caribĂ©ens, pour harmoniser les politiques et amĂ©liorer la rĂ©silience rĂ©gionale.
  • âś… Un AccĂ©lĂ©rateur des chaĂ®nes de valeur bleues, destinĂ© Ă  maximiser les retombĂ©es Ă©conomiques des ressources marines.
  • âś… Une BoĂ®te Ă  outils pour le financement rĂ©silient au climat, afin d’orienter les flux financiers vers des projets durables et adaptĂ©s aux rĂ©alitĂ©s locales.

Le Partenariat Caraïbe Japon se veut donc un levier pour traduire l’Agenda d’Antigua-et-Barbuda pour les PEID en solutions concrètes et mesurables.

Une coopération renforcée avec le Japon

Le Partenariat Caraïbe Japon ne se limite pas à un simple exercice diplomatique. Il prépare la région à une visibilité accrue sur la scène mondiale. En effet, ce Dialogue de Castries a servi de prélude au Dialogue interrégional et au Sommet mondial des îles, prévus en 2026 à Tokyo. Ces rendez-vous réuniront les nations insulaires de la Caraïbe, du Pacifique et de l’océan Indien, afin de relever ensemble les défis communs et de saisir des opportunités partagées.

Le professeur Mitsutaku Makino, président de l’Institut de recherche sur les politiques océaniques (Ocean Policy Research Institute, OPRI-SPF), a déclaré que ces discussions représentaient une première étape importante pour bâtir une coopération internationale solide. Selon lui, le Partenariat Caraïbe Japon est une opportunité pour avancer des solutions collectives aux défis climatiques et économiques des petites nations insulaires.

De son côté, Hideyuki Shiozawa, directeur des Nations insulaires à l’OPRI-SPF, a insisté sur la nécessité de combler l’écart entre les politiques internationales et les réalités vécues par les populations locales. Pour lui, favoriser le dialogue et fournir des données aux décideurs est la clé pour créer une dynamique vers la Conférence mondiale des synergies et le Sommet de Tokyo.

Partenariat CaraĂŻbe Japon
Professeur Mitsutaku Makino. ©OECO
Partenariat CaraĂŻbe Japon
M. Hideyuki Shiozawa. ©OECO

La Caraïbe : d’un catalogue de vulnérabilités à un portefeuille de solutions

Tout au long des débats, un message fort a émergé : aucun pays caribéen ne peut relever seul les défis globaux. Les menaces communes — montée des eaux, diminution des ressources halieutiques, inégalités dans les systèmes financiers mondiaux — exigent des réponses collectives et une innovation audacieuse.

En conclusion, les participants ont affirmé leur volonté de présenter la Caraïbe comme un portefeuille de solutions. Le Dr Didacus Jules a résumé cette ambition en déclarant :
« Ce n’est pas simplement une réunion ; c’est une étape importante vers une coopération renforcée, des systèmes plus solides et une vision caribéenne partagée de paix, de résilience et de prospérité. »

Cet objectif est au cœur du Partenariat Caraïbe Japon, qui entend dépasser la simple diplomatie pour devenir un outil concret de développement et de résilience.

Une étape vers l’avenir

Le Partenariat Caraïbe Japon ouvre de nouvelles perspectives pour les petites nations insulaires. Il s’agit désormais de transformer les promesses en actions mesurables et de faire entendre la voix caribéenne dans les grands débats internationaux. À l’approche du Sommet mondial des îles à Tokyo en 2026, la Caraïbe se présente non pas comme une périphérie fragile, mais comme un acteur stratégique, porteur de solutions globales pour un avenir durable.

Un rendez-vous historique Ă  Addis-Abeba

Le Sommet CARICOM-Afrique 2025 s’est tenu le 7 septembre au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, marquant une nouvelle phase dans le rapprochement entre les Caraïbes et le continent africain. Présentée comme un « retour aux sources » par la secrétaire générale de la CARICOM, Dr Carla Barnett, cette rencontre a symbolisé la volonté commune de dépasser les fractures héritées de l’histoire et de renforcer des liens fraternels.

Au-delà des déclarations, ce deuxième sommet a concrétisé des engagements concrets, allant du développement sanitaire à la coopération économique, en passant par les revendications en faveur de la justice réparatrice.

Héritage partagé et mémoire commune

Dans son discours d’ouverture, Dr Barnett a rappelé l’importance de ce rendez-vous : « Nos peuples ont été séparés pendant des siècles par l’océan, le système colonial et un ordre économique mondial injuste. Pourtant, nous restons liés par un esprit indestructible et un patrimoine commun. »

Le Sommet CARICOM-Afrique 2025 s’inscrit dans cette mémoire collective, marquée par les déportations, l’esclavage et les luttes pour l’émancipation. Les dirigeants caribéens et africains ont souligné que la diaspora africaine, présente dans les Amériques et dans les Caraïbes, constitue une force qui doit désormais s’unir pour défendre ses intérêts et préparer un avenir commun.

Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM

Des avancées concrètes depuis 2021

Ce deuxième rendez-vous fait suite au premier sommet de 2021, qui s’était tenu en virtuel. Depuis, plusieurs initiatives ont vu le jour. Le protocole d’accord entre la CARICOM et l’Union africaine a permis de poser un cadre institutionnel solide. Le lancement du Partenariat pour le développement de la santé en Afrique et dans les Caraïbes (HeDPAC) illustre cette dynamique, avec un plan d’action axé sur le renforcement des capacités médicales.

Le Sommet CARICOM-Afrique 2025 a également mis en avant la coopération croissante avec l’Afreximbank, dont le siège caribéen a été installé à la Barbade. L’organisation du Forum commercial et d’investissement Afro-Caraïbe (ACTIF)

Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM
Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM

Une ambition tournée vers la justice réparatrice

L’un des axes majeurs du Sommet CARICOM-Afrique 2025 fut la question des réparations. Le thème choisi – « Un partenariat transcontinental en quête de justice réparatrice pour les Africains et les descendants d’Africains » – a renforcé la légitimité de ce combat.

Les participants ont rappelé que l’esclavage et la colonisation ont profondément marqué les sociétés des deux régions. Pour Dr Barnett, il s’agit désormais de « transformer ces blessures en une force collective de plaidoyer ». La Commission des réparations de la CARICOM, active depuis plus d’une décennie, a été mise en avant comme fer de lance de cette mobilisation.

Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM
Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM

Enjeux économiques et climatiques

Le Sommet CARICOM-Afrique 2025 a aussi insisté sur la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale, dans la continuité de l’Initiative de Bridgetown. Les dirigeants ont dénoncé les inégalités persistantes d’un système qui pèse lourdement sur les pays du Sud.

Autre sujet central : le changement climatique. Bien que responsables de seulement 6 % des émissions mondiales, les États africains et caribéens subissent de plein fouet ses effets. Les discussions ont donc porté sur des réponses coordonnées pour protéger les populations les plus vulnérables.

Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM
Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM

Vers une voix unifiée sur la scène internationale

La connectivité aérienne a également été abordée. Un accord multilatéral sur les services aériens est en préparation, tandis que des initiatives bilatérales, comme la coentreprise entre Antigua-et-Barbuda et le Nigeria pour relancer LIAT 2020, visent à renforcer les échanges humains et commerciaux.

Les chefs d’État et de gouvernement présents ont insisté sur l’importance d’une voix commune. Ensemble, l’Afrique et la Caraïbe représentent un cinquième de la population mondiale. Le Sommet CARICOM-Afrique 2025 a ainsi appelé à une stratégie coordonnée pour peser dans les débats internationaux, qu’il s’agisse des réformes du Conseil de sécurité des Nations unies, de la gouvernance économique mondiale ou des négociations climatiques.

Cette volonté d’unité s’appuie sur un héritage panafricain revendiqué, inspiré de figures historiques telles que Marcus Garvey, Patrice Lumumba ou encore Kwame Nkrumah.

Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM
Sommet CARICOM-Afrique 2025
©CARICOM

Un moment fondateur pour l’avenir

En clôture, les dirigeants ont insisté sur le caractère fondateur du Sommet CARICOM-Afrique 2025. Pour Terrance Drew, Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis et président entrant de la CARICOM, il s’agit d’un « moment de réunion, de mémoire et d’affirmation », où la repentance ne suffit plus et où les réparations deviennent une exigence légitime.

À travers le Sommet CARICOM-Afrique 2025, les deux régions entendent transformer les injustices du passé en leviers de solidarité et de coopération. Leur objectif commun : bâtir un avenir reposant sur la dignité, la justice et la prospérité partagée.

L’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) a franchi une nouvelle étape dans son engagement en faveur du développement durable en signant un protocole d’accord avec l’Alliance solaire internationale (ISA). Cet accord a été conclu à Santiago du Chili lors de la septième réunion du Comité régional de l’ISA pour l’Amérique latine et les Caraïbes, du 4 au 6 août 2025.

Plus qu’un simple document technique, il incarne une vision collective : accélérer la transition énergétique des petits États insulaires grâce à l’énergie solaire et réduire la dépendance aux importations coûteuses de combustibles fossiles.

OECO : un acteur central de la CaraĂŻbe orientale

Créée en 1981, l’OECO regroupe actuellement onze membres, dont six États indépendants : Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Cette organisation régionale joue un rôle fondamental dans l’intégration économique, la gouvernance partagée et la coordination de politiques publiques dans des domaines stratégiques tels que l’éducation, la santé, le climat et l’énergie.

La signature de ce protocole avec l’ISA s’inscrit donc dans une logique plus large : renforcer la résilience économique et environnementale d’une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique, des ouragans dévastateurs et de la volatilité des prix de l’énergie.

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Les atouts de l’Alliance solaire internationale

L’ISA, fondée en 2015 à l’initiative de l’Inde et de la France, rassemble aujourd’hui 124 États membres répartis sur quatre continents. Elle se positionne comme un accélérateur de la transition solaire, en offrant des financements innovants, un appui technique et des programmes de renforcement des capacités. Son expertise est particulièrement précieuse pour les pays du Sud, qui doivent concilier développement économique et impératifs climatiques.

Dans le cadre de l’accord, l’ISA s’engage à :

  • âś… promouvoir l’énergie solaire dans les États membres,
  • âś… mobiliser des fonds publics et privĂ©s via le Fonds solaire mondial et d’autres instruments de finance climatique,
  • âś… renforcer les compĂ©tences locales grâce aux Centres de ressources d’applications technologiques solaires (STAR–C).
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Une coopération tournée vers l’action

Pour l’OECO, l’accord signé avec l’ISA dépasse la simple coopération institutionnelle. Il vise des résultats concrets :

  • âś… dĂ©velopper des projets solaires capables de rĂ©duire la dĂ©pendance au diesel,
  • âś… faciliter l’accès aux financements pour les gouvernements comme pour les entreprises,
  • âś… crĂ©er de l’emploi qualifiĂ© dans les filières vertes,
  • âś… mutualiser les achats d’équipements solaires pour abaisser les coĂ»ts.

Cette stratégie s’aligne parfaitement avec la « Décennie de l’énergie durable » lancée par l’OECO pour la période 2025–2035. L’objectif est clair : faire du solaire une pierre angulaire du développement économique et social des États membres.

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Les défis spécifiques des petits États insulaires

Les pays membres de l’OECO appartiennent à la catégorie des petits États insulaires en développement (PEID). Leur vulnérabilité est multiple :

  • gĂ©ographique, car les ouragans et phĂ©nomènes climatiques extrĂŞmes peuvent dĂ©truire en quelques heures les infrastructures Ă©nergĂ©tiques ;
  • financière, puisque l’accès aux crĂ©dits internationaux reste limitĂ© en raison de la taille rĂ©duite de leurs Ă©conomies ;
  • structurelle, avec une forte dĂ©pendance aux importations de carburants fossiles qui pèsent sur les budgets nationaux et les balances commerciales.

Kerryne James, ministre de la Résilience climatique et coprésidente du Comité régional de l’ISA pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a souligné ce point : « Nous devons reconnaître que l’accès au financement pour la transition énergétique demeure un défi majeur pour les PEID. »

Un centre régional d’excellence pour l’énergie solaire

L’un des volets les plus innovants de cette coopération  est la création d’un Centre régional d’excellence pour l’énergie solaire. Celui-ci servira à développer l’expertise locale, favoriser le partage de connaissances et mettre en place des formations adaptées aux réalités caribéennes.

Selon Ashish Khanna, Directeur général de l’ISA, cette initiative permettra aussi de tirer parti des innovations numériques : « En favorisant les achats groupés d’énergie solaire grâce à des plateformes d’appel d’offres digitales, nous améliorerons l’efficacité, réduirons les coûts et attirerons des investissements privés de grande ampleur. »

Une vision de long terme pour la CaraĂŻbe

Pour Dr Didacus Jules, Directeur général de l’OECO, l’accord signé ne se limite pas à une question énergétique. Il s’agit d’un véritable investissement stratégique dans la résilience et l’indépendance économique de la région. En transformant le secteur énergétique, l’OECO entend offrir à ses citoyens une meilleure qualité de vie, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

La Décennie de l’énergie durable (2025–2035) marque ainsi un tournant : l’énergie solaire n’est plus considérée comme une option parmi d’autres, mais comme un pilier de l’avenir économique et social des îles de la Caraïbe orientale.

L’OECO en chef de file régional

En signant cet accord avec l’Alliance solaire internationale, l’OECO confirme son rôle de chef de file dans la transition énergétique caribéenne. En misant sur l’énergie solaire, elle trace une voie crédible vers plus de résilience, d’indépendance et de prospérité pour ses États membres. Au-delà de l’aspect technique, ce partenariat incarne une ambition : permettre aux petits États insulaires de transformer leur vulnérabilité en atout, en devenant des laboratoires de solutions durables à l’échelle mondiale.

Le Caribbean Global Awards 2025 s’apprête à faire de Londres le centre mondial de la créativité, de l’innovation et de l’identité caribéennes. Le 27 septembre prochain, le prestigieux Cumberland Hotel se transformera en scène d’honneur pour célébrer des figures majeures de la Caraïbe et de sa diaspora. Porté par une volonté affirmée de mettre en lumière les talents qui transforment la région, cet événement s’annoncera comme un moment fort de reconnaissance internationale.

Un rendez-vous au service de l’excellence caribéenne

Organisé par le Caribbean Global Institute, le Caribbean Global Awards 2025 aura pour mission de promouvoir l’impact réel de personnalités caribéennes dans des domaines aussi variés que l’entrepreneuriat, la culture, l’engagement social ou la recherche scientifique. La soirée s’articulera autour d’un gala ponctué de remises de prix, de performances artistiques, d’un dîner assis et de moments de réseautage de haut niveau.

Plus qu’un palmarès, le Caribbean Global Awards 2025 affirmera une ambition claire : renforcer la fierté caribéenne dans un monde globalisé, en s’appuyant sur des réussites concrètes et inspirantes.

Caribbean Global Awards 2025
©Caribbean Global Awards
Caribbean Global Awards 2025
©Caribbean Global Awards
Caribbean Global Awards 2025
©Caribbean Global Awards

Des distinctions pour refléter les dynamiques contemporaines

Les prix attribués au cours de Caribbean Global Awards 2025 couvriront plusieurs catégories essentielles :

  • 🏆 Ĺ’uvre d’une vie
  • 🏆 Excellence culturelle
  • 🏆 Impact social
  • 🏆 Innovation scientifique
  • 🏆 Entreprise Ă©thique
  • 🏆 Talent Ă©mergent

Une mention spéciale, le People’s Choice Award – Caribbean Global Leader, reviendra à une figure emblématique élue par le public. En 2025, c’est la Trinidadienne Kamla Persad-Bissessar, ancienne Première ministre de Trinité-et-Tobago, qui aura été désignée lauréate. Son parcours, marqué par un engagement constant en faveur de l’éducation et de l’égalité des chances, aura mobilisé des milliers de soutiens dans la diaspora.

Caribbean Global Awards 2025
© Caribbean Global Awards

Une scénographie enracinée dans l’identité caribéenne

Le Cumberland Hotel, situé à deux pas de Marble Arch, accueillera les invités dans un décor mêlant élégance britannique et références culturelles caribéennes. Tissus traditionnels, objets artisanaux et œuvres contemporaines composeront un environnement immersif, reflétant la diversité du patrimoine régional.

Durant le dîner, les convives découvriront une sélection de plats emblématiques, parmi lesquels le callaloo de Trinidad, le lambi guadeloupéen ou encore le jerk chicken jamaïcain, revisités par des chefs caribéens installés au Royaume-Uni.

Caribbean Global Awards 2025
©Caribbean Global Awards

Une programmation artistique engagée

La chanteuse Angie Lang, figure montante de la scène soul et caribéenne, ouvrira la cérémonie avec une performance live. D’autres artistes, dont les noms seront dévoilés dans les semaines à venir, mêleront musique traditionnelle, spoken word et créations hybrides. Le programme artistique, fidèle à l’esprit du Caribbean Global Awards 2025, mettra en avant la richesse des expressions contemporaines de la région.

Des prises de parole ponctueront également la soirée : entrepreneurs, activistes, chercheurs ou éducateurs évoqueront les défis et avancées de leurs territoires respectifs, soulignant ainsi la capacité de la Caraïbe à s’inscrire dans les grandes dynamiques globales.

Caribbean Global Awards 2025
© Angie Lang

Une portée qui dépassera l’événement

Le Caribbean Global Awards 2025 ne se limitera pas à une reconnaissance symbolique. L’événement générera des effets tangibles : bourses d’études, projets de coopération régionale, incubateurs numériques ou encore fonds pour l’innovation durable verront le jour dans la foulée.

Des partenariats pérennes seront également consolidés avec des institutions académiques, des fondations privées et des organisations de la diaspora, faisant de cette cérémonie un levier stratégique pour le développement de la région.

Une scène mondiale pour une Caraïbe influente

En s’implantant à Londres, le Caribbean Global Awards 2025 réaffirmera la place de la Caraïbe dans les sphères internationales de la culture, de l’économie et de l’innovation sociale. Il contribuera à projeter une image plurielle, audacieuse et proactive d’une région souvent caricaturée ou sous-estimée.

Le 27 septembre 2025, la Caraïbe fera entendre sa voix. Forte, créative, solidaire. Et plus influente que jamais.

La Jamaïque a officiellement intégré Afreximbank, un événement qualifié d’historique à Montego Bay lors de la 49e réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM. Ce rapprochement entre la première puissance anglophone des Caraïbes et la plus grande banque panafricaine d’exportation ouvre la voie à une nouvelle architecture économique régionale. C’est aussi le signal d’une ambition commune : bâtir des relations Sud-Sud concrètes, structurantes et durables.

Afreximbank : moteur financier de l’intégration africaine et caribéenne

Une institution au service du commerce interafricain… et désormais caribéen

FondĂ©e en 1993, l’Afreximbank (African Export-Import Bank) est une institution financière multilatĂ©rale panafricaine basĂ©e au Caire, en Égypte. Son objectif premier est de promouvoir, dĂ©velopper et financer les Ă©changes commerciaux entre les pays africains, mais Ă©galement entre l’Afrique et d’autres rĂ©gions du Sud. Elle fournit des lignes de crĂ©dit, des garanties, du financement structurĂ© et de l’assistance technique.

Dotée d’un actif de plus de 40 milliards de dollars US en 2024, l’institution a élargi depuis 2022 ses activités à la Caraïbe à travers le programme Global Africa. Ce programme vise à reconnecter les économies africaines et caribéennes, historiquement liées mais institutionnellement fragmentées.

Une adhésion politique et économique d’envergure

Un signal fort depuis Montego Bay

La signature du protocole d’entente a réuni des figures majeures : le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness, la ministre des Affaires étrangères Kamina Johnson Smith, et le président d’Afreximbank, le professeur Benedict Oramah. Elle s’est tenue le 8 juillet 2025 à l’hôtel Half Moon, en marge du sommet de la CARICOM.

La Jamaïque devient ainsi le 13e État membre de la CARICOM à formaliser cette adhésion, confirmant une volonté régionale de mutualiser les ressources financières et les capacités de négociation internationales.

Afreximbank
©Afreximbank

Une impulsion de 1,5 milliard de dollars pour la JamaĂŻque

Un soutien massif dans le cadre d’un plan régional de 3 milliards

Grâce à cette intégration, la Jamaïque bénéficie désormais de 1,5 milliard de dollars US en financement dédié, dans le cadre d’un programme global de 3 milliards destiné à l’ensemble des pays de la CARICOM. Ce financement vise à soutenir :

  • âś… les projets d’infrastructure (ports, Ă©nergie, tĂ©lĂ©communications),
  • âś… le dĂ©veloppement des PME et du secteur productif,
  • âś… la diversification industrielle,
  • âś… les projets verts et numĂ©riques.

Le Premier ministre Holness a salué cette enveloppe comme une opportunité de transformation structurelle, notamment dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de la logistique et de l’innovation.

Connectivité et infrastructures : de nouveaux horizons pour le commerce

Une plateforme commune avec l’Afrique

L’adhésion jamaïcaine donne accès à un ensemble d’instruments structurants, dont le Centre africain du commerce en cours d’installation à la Barbade. Ce centre servira de hub logistique et diplomatique entre l’Afrique et la Caraïbe, en facilitant les échanges commerciaux, l’organisation d’événements économiques, et la circulation des talents.

Un système panafricain de paiements unifiés

La Jamaïque pourra également rejoindre le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System), mis en place par Afreximbank pour réaliser des transactions en monnaies locales entre partenaires africains et caribéens. Ce système permet de contourner les devises intermédiaires, de réduire les coûts bancaires et de fluidifier les relations commerciales intra-Sud.

Une stratégie d’innovation pensée pour la jeunesse

L’intelligence artificielle comme levier commun

À l’initiative du Forum Afrique–Caraïbes (ACTIF) et de l’Université des Indes occidentales (UWI), des pôles communs de formation à l’intelligence artificielle sont en cours de développement. Porté notamment par l’ancien Premier ministre P.J. Patterson, ce programme vise à former une nouvelle génération de chercheurs, développeurs et entrepreneurs.

L’objectif : positionner les pays du Sud comme producteurs de technologies, et non seulement comme consommateurs.

Des programmes ciblés pour les jeunes entrepreneurs

L’accord entre la Jamaïque et Afreximbank prévoit aussi la mise en place de centres technologiques accompagnant les jeunes porteurs de projets. Des financements allant jusqu’à 250 000 dollars US seront accessibles aux start-ups locales, dans le cadre de concours, de bourses d’innovation ou de programmes d’accélération gérés en partenariat avec les universités et incubateurs caribéens.

Une coopération Sud-Sud aux retombées multiples

Vers un commerce Afrique-CaraĂŻbe de 1,8 milliard de dollars

Selon les estimations de l’International Trade Centre (ITC), les échanges entre l’Afrique et la Caraïbe pourraient atteindre 1,8 milliard de dollars US d’ici 2028. En rejoignant Afreximbank, la Jamaïque se positionne comme acteur central de cette dynamique, capable d’exporter ses produits phares (rhum, café, produits agrotransformés, services culturels) vers des marchés en forte demande.

Une passerelle géopolitique entre continents

Au-delà du commerce, l’intégration à Afreximbank confère à la Jamaïque un rôle géostratégique. Elle devient une porte d’entrée vers les Amériques pour les investisseurs africains, et un centre de transit pour les flux financiers, commerciaux et numériques.

©Afreximbank

Une décision fondatrice pour l’avenir régional

En rejoignant Afreximbank, la Jamaïque ne signe pas simplement un accord technique. Elle affirme sa volonté de jouer un rôle moteur dans la refondation des relations Afrique–Caraïbe sur des bases égalitaires, souveraines et durables. Cette adhésion ouvre la voie à des projets concrets, à une meilleure résilience économique et à une plus grande autonomie financière.

C’est une étape stratégique dans la construction d’un espace de coopération Sud-Sud fort, où les solutions viennent des peuples concernés et où la Jamaïque entend désormais compter.

Du 6 juillet au 08 juillet 2025, Montego Bay vibre au rythme du 49e Sommet de la CARICOM, où les chefs d’État et de gouvernement des pays membres se retrouvent pour discuter des défis majeurs qui traversent la région. Cette édition, présidée par Andrew Holness, Premier ministre de la Jamaïque, se déroule dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte d’urgence, chaque délégation étant venue avec des attentes fortes sur la sécurité alimentaire, la résilience économique, la crise haïtienne et, surtout, la refonte de la logistique régionale. 

Les couloirs du Montego Bay Convention Centre bruissent de conversations stratégiques, tandis que les sessions plénières alternent avec des ateliers thématiques, donnant à chaque territoire la possibilité de faire entendre sa voix.

Un contexte régional exigeant

Dès l’ouverture du 49e Sommet de la CARICOM, le ton a été donné : la Caraïbe traverse une période charnière. Les interventions successives des représentants de la Barbade, de la Trinité-et-Tobago, de Sainte-Lucie ou encore de la Dominique ont mis en lumière la réalité des perturbations logistiques, la dépendance à un transport aérien coûteux et la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Les débats sont animés, chaque chef de délégation insistant sur la nécessité de solutions concrètes et immédiates. Les échanges en coulisses témoignent d’une volonté partagée de faire de ce sommet un moment décisif pour la région.

49e Sommet de la Caricom
©CARICOM

Les priorités de la présidence jamaïcaine

Andrew Holness, dans son discours inaugural, a rappelé l’importance d’une coopération renforcée et d’une diversification des échanges, tout en soulignant la nécessité d’apporter des réponses rapides aux enjeux sécuritaires et climatiques. Son appel à une mobilisation collective n’est pas resté sans effet : les tables rondes du 49e Sommet de la CARICOM se sont succédé, abordant la question de la paix régionale, la mutualisation des ressources et la place de la jeunesse dans la construction d’une prospérité partagée.

49e Sommet de la Caricom
©Andrew Holness, président de la CARICOM. ©CARICOM
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©Andrew Holness, président de la CARICOM. ©CARICOM

Mia Mottley : un plaidoyer pour une transformation logistique

La prise de parole de Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, a marqué l’un des temps forts du 49e Sommet de la CARICOM. Avec une éloquence saluée par l’ensemble des participants, elle a dressé un tableau lucide des failles logistiques qui freinent le développement caribéen. Sa voix, ferme et posée, a résonné dans l’auditorium lorsqu’elle a évoqué la nécessité d’une « révolution du fret régional », insistant sur l’urgence de démocratiser les transports et de redonner à la mer son rôle historique de trait d’union entre les îles.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

Des propositions concrètes pour le fret régional

Mia Mottley n’est pas restée dans l’incantation. Elle a annoncé que deux États membres de la CARICOM sont en négociation avancée pour acquérir des avions cargo, une initiative qui, selon elle, permettra de fluidifier les échanges et de garantir l’approvisionnement en biens essentiels. Elle a également évoqué la présentation attendue d’un projet de ferry régional porté par le secteur privé, qui pourrait révolutionner la connectivité entre les îles. Ces annonces, formulées au cœur du 49e Sommet de la CARICOM, ont été accueillies par des applaudissements nourris, signe que la question logistique est au cœur des préoccupations collectives.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

La volonté politique au cœur du changement

Mia Mottley a profité de sa tribune pour rappeler que la réussite de ces projets dépend avant tout de la volonté politique des dirigeants. Elle a évoqué avec émotion les souvenirs du Federal Maple et du Federal Palm, symboles d’une époque où la mer unissait les peuples caribéens. Son plaidoyer, relayé dans plusieurs sessions du 49e Sommet de la CARICOM, a trouvé un écho particulier auprès des délégations, qui ont reconnu la nécessité de dépasser les inerties institutionnelles pour bâtir une logistique régionale moderne et résiliente.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM
49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

Les apports concrets du 49e Sommet de la CARICOM pour les territoires membres

Sécurité alimentaire et fluidité des échanges

L’un des axes majeurs des discussions du 49e Sommet de la CARICOM porte sur la sécurité alimentaire. Les participants ont souligné que la mise en place de nouvelles liaisons maritimes et aériennes, comme celles évoquées par Mia Mottley, permettra d’assurer un approvisionnement régulier en produits agricoles et en biens de première nécessité. Les échanges de bonnes pratiques entre les ministres de l’Agriculture et de l’Économie témoignent d’une volonté commune d’optimiser les circuits logistiques et de renforcer la souveraineté alimentaire de chaque territoire.

Renforcement de l’intégration et de la résilience économique

Les débats sur l’intégration économique ont mis en avant l’importance de mutualiser les ressources et de diversifier les partenaires commerciaux. Les annonces d’investissements publics et privés dans le fret régional, formulées à l’occasion du 49e Sommet de la CARICOM, ouvrent la voie à une coopération renforcée, qui permettra aux territoires membres de mieux résister aux chocs extérieurs, qu’ils soient économiques, sanitaires ou climatiques. Les participants s’accordent sur le fait que cette édition constitue un jalon crucial vers une prospérité partagée.

Perspectives pour la jeunesse et l’innovation

Au fil des ateliers, la jeunesse caribéenne et l’innovation technologique ont occupé une place centrale. Les initiatives présentées, qu’il s’agisse de programmes de formation, de mobilité étudiante ou de soutien à l’entrepreneuriat, illustrent la volonté des dirigeants de préparer la relève et de donner aux jeunes les moyens de s’inscrire dans la dynamique régionale. Ces perspectives, discutées en profondeur au 49e Sommet de la CARICOM, laissent entrevoir de nouvelles opportunités concrètes pour la jeunesse.

49e Sommet de la Caricom
Mia Mottley. ©CARICOM

Le 49e Sommet de la CARICOM, catalyseur d’une nouvelle ère régionale

À Montego Bay, le 49e Sommet de la CARICOM se poursuit dans une atmosphère studieuse et déterminée. Portée par des personnalités comme Mia Mottley et Andrew Holness, la région est en train de franchir une étape décisive vers la modernisation de ses infrastructures et l’approfondissement de son intégration. Les discussions, riches et parfois passionnées, témoignent d’une volonté collective de transformer les défis en opportunités et de bâtir un avenir durable pour l’ensemble des populations caribéennes.

📸 Galerie photo : revivez en images les temps forts de la cérémonie d'ouverture ©CARICOM

49e Sommet de la Caricom
49e Sommet de la Caricom
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49e Sommet de la Caricom
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49e Sommet de la Caricom
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La coopération Afrique-Caraïbes entre dans une nouvelle ère. La visite officielle du président du Nigeria Bola Ahmed Tinubu à Sainte-Lucie ne s’inscrit pas dans le registre symbolique d’un simple rapprochement diplomatique : elle incarne une ambition stratégique, celle d’unir durablement l’Afrique de l’Ouest et la Caraïbe autour d’intérêts partagés, d’un patrimoine commun et d’un avenir concerté. 

Dans un contexte mondial incertain, où les blocs géoéconomiques s’affrontent par alliances intercontinentales, l’amorce d’un axe afro-caribéen structuré représente bien plus qu’un signal politique. Elle pourrait redéfinir les contours de la diplomatie Sud-Sud.

D’un passé douloureux à une fraternité proactive

L’histoire tisse souvent les fils invisibles des rapprochements géopolitiques. À Sainte-Lucie, comme dans nombre d’îles caribéennes, les archives coloniales de 1815 révèlent que près d’un tiers des esclaves africains déportés provenaient du golfe du Bénin, région aujourd’hui partagée entre le Nigeria et ses voisins.

Ces racines communes, plantées dans le sol fertile d’une mémoire collective douloureuse, germent aujourd’hui sous la forme de collaborations éducatives, artistiques, culinaires et diplomatiques. La coopération Afrique-Caraïbes s’enracine ainsi dans la reconnaissance d’un destin croisé, fait de déportation, de survie et désormais de reconstruction.

Cette reconnaissance s’est trouvée renforcée par une décision historique : en 2003, l’Union africaine a officiellement reconnu la diaspora mondiale comme “Sixième Région” du continent. Une avancée politique majeure, longtemps restée théorique, mais que la visite du président Tinubu contribue aujourd’hui à réactiver et à institutionnaliser.

coopération Afrique-Caraïbes
©Federal Ministry of Information/Nigeria
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©Federal Ministry of Information/Nigeria

Une visite présidentielle aux accents fondateurs

Accueilli à Castries avec les honneurs militaires et accompagné d’une importante délégation, le président nigérian a prononcé un discours devant le Parlement de Sainte-Lucie, saluant l’unité des peuples afro-descendants et annonçant plusieurs mesures concrètes. Trois annonces ont particulièrement marqué les esprits : la création d’ambassades croisées entre le Nigeria et Sainte-Lucie, l’octroi de bourses universitaires pour les étudiants de l’OECS (Organisation des États de la Caraïbe orientale), et l’exemption réciproque de visas diplomatiques. 

À six reprises, président Tinubu a mentionné “Sainte-Lucie” dans son allocution comme point de départ d’un “pont Atlantique”, renouant avec les idéaux panafricains exprimés dès 1998 par Nelson Mandela lors de sa propre visite sur l’île.

coopération Afrique-Caraïbes
©Federal Ministry of Information/Nigeria
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Mais le président Tinubu va plus loin que le seul hommage mémoriel. À l’image d’un architecte de la diplomatie afro-caribéenne, il redessine les plans d’une coopération Afrique-Caraïbes fondée sur la circulation du savoir, l’intégration des marchés et le renforcement des connexions physiques et numériques entre les deux rives.

coopération Afrique-Caraïbes
©Federal Ministry of Information/Nigeria
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Éducation, capital humain et innovation bleue

Le cœur de la coopération Afrique-Caraïbes repose sur la formation des jeunes générations. Le protocole d’accord signé entre l’université d’Ibadan, l’une des plus prestigieuses du Nigeria, et le Sir Arthur Lewis Community College de Sainte-Lucie vise à doubler les échanges d’étudiants d’ici cinq ans, avec des programmes conjoints dans les domaines des sciences du climat, de la gestion durable des ressources et de l’économie bleue.

 À travers cette initiative, la coopération Afrique-Caraïbes se matérialise en classes partagées, en publications scientifiques co-écrites, en talents formés des deux côtés de l’Atlantique.

L’enjeu éducatif dépasse le cadre universitaire. Il s’inscrit dans une logique plus large de transfert de compétences, avec la volonté de renforcer les capacités institutionnelles locales, de soutenir les jeunes entrepreneurs caribéens et africains, et de bâtir des écosystèmes d’innovation résilients. L’un des objectifs de la coopération Afrique-Caraïbes est de développer des “zones de formation intégrées” sur les deux continents, soutenues par des financements mixtes public-privés.

coopération Afrique-Caraïbes
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Commerce, investissements et corridors économiques

Les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Caraïbe, évalués à moins de 500 millions USD en 2023, pourraient dépasser 1,8 milliard d’ici 2028 selon le Centre du commerce international, à condition de lever les obstacles logistiques et réglementaires. Le Nigeria, première puissance économique du continent africain avec plus de 234 millions d’habitants, voit dans la CARICOM (130 milliards USD de PIB cumulé) un marché naturel à conquérir via des joint-ventures dans l’agro-industrie, les énergies renouvelables et les services numériques. 

La coopération Afrique-Caraïbes prend la forme d’un corridor économique transatlantique, soutenu par l’ACTIF (Africa-Caribbean Trade and Investment Forum), où investisseurs, gouvernements et PME peuvent co-construire des projets à forte valeur ajoutée.

Sainte-Lucie, de son côté, ambitionne de devenir un hub de transbordement pour les flux logistiques entre l’Amérique latine, la Caraïbe anglophone et l’Afrique. Des investissements sont prévus dans ses infrastructures portuaires et numériques pour accompagner cette stratégie.

coopération Afrique-Caraïbes
©Federal Ministry of Information/Nigeria

Connectivité aérienne et diplomatie des transports

Mais la coopération Afrique-Caraïbes resterait incomplète sans résoudre l’un des verrous majeurs : l’absence de vols directs. Aujourd’hui, un voyage entre Lagos et Castries peut prendre jusqu’à 30 heures, avec plusieurs escales intercontinentales. La coopération Afrique-Caraïbes doit briser ce mur logistique. 

Des discussions sont en cours entre Air Peace (Nigeria) et Caribbean Airlines pour la mise en place d’une ligne Lagos-Barbade-Castries hebdomadaire, soutenue par des incitations fiscales et un mécanisme de partage de codes aériens triangulaire, incluant Recife au Brésil comme point de connexion Sud-Sud.

Cette liaison, si elle voyait le jour, ne serait pas qu’un vol de plus : elle incarnerait le passage du symbolisme diplomatique à la fluidité économique, permettant aux étudiants, aux entrepreneurs, artistes et investisseurs de traverser l’Atlantique avec rapidité et régularité.

Défis structurels et équilibre géopolitique

Tout projet de cette ampleur rencontre des obstacles. La disproportion démographique et économique entre le Nigeria et Sainte-Lucie – 234 millions contre 180 000 habitants – soulève la crainte d’un déséquilibre structurel. Pour éviter une relation asymétrique, la coopération Afrique-Caraïbes doit s’appuyer sur des institutions multilatérales comme la CARICOM et la CEDEAO, qui permettent de mutualiser les ressources, d’aligner les normes commerciales et de protéger les petites économies insulaires.

Les investissements dans les infrastructures logistiques, la sécurité juridique des contrats et la gouvernance des projets conjoints seront également déterminants pour instaurer la confiance entre les partenaires et attirer les bailleurs internationaux.

coopération Afrique-Caraïbes
©Federal Ministry of Information/Nigeria
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Une portée multilatérale : des îles aux BRICS+

Au-delà du cadre bilatéral, la présence du président Tinubu au sommet des BRICS+ à Rio de Janeiro les 6 et 7 juillet prochains témoigne de l’inscription de cette coopération Afrique-Caraïbes dans un agenda global. Le Nigeria entend y défendre une voix commune des pays du Sud, notamment sur la question de l’allègement de la dette climatique des petits États insulaires, de la réforme de l’architecture financière mondiale, et du règlement des échanges en monnaies locales.

Sainte-Lucie, en se positionnant comme passerelle diplomatique entre l’Afrique, l’Amérique latine et la Caraïbe, se place au centre d’un échiquier géoéconomique élargi.

Depuis près de trente ans, la coopération entre Le Lamentin et Santiago de Cuba incarne un engagement durable entre deux territoires qui partagent bien plus qu’un simple partenariat. Ce lien structurant, forgé à travers des projets concrets dans les domaines de la culture, de la santé, de l’éducation ou encore du développement durable, s’est affirmé comme un véritable levier de proximité caribéenne.

À l’approche du Festival del Caribe 2025, les deux villes réaffirment leur ambition commune, dans la perspective de célébrer trois décennies de collaboration en 2026.

Cuba

Deux temps forts pour mobiliser les forces vives du territoire

Les 21 et 23 mai, deux rencontres ont rythmé la visite officielle des représentantes de Santiago de Cuba en Martinique. Le premier rendez-vous, organisé par la mairie du Lamentin, a rassemblé autour de David Zobda, Odexa Fuentes Medina et Enaï Diamela Palacios Acosta, les principaux organismes culturels et touristiques du territoire : Tropiques Atrium, Direction des Affaires Culturelles, Comité Martiniquais du Tourisme, offices de tourisme communautaires, agences de voyages, compagnie aérienne SAMAC, Préfecture, Université des Antilles, CCIM, comités d’œuvres sociales, clubs services et l’association Martinique-Cuba. Le député Jean-Philippe Nilor était également présent. Il s’agissait de présenter le Festival del Caribe 2025 et d’amorcer un dialogue institutionnel renforcé entre les deux territoires.

Cuba

Le 23 mai, une seconde rĂ©union s’est tenue, cette fois avec les associations culturelles du Lamentin. Ce temps d’échange plus opĂ©rationnel a permis d’identifier les pistes de contribution au festival et de valider l’intĂ©rĂŞt de nombreuses structures locales. Parmi les participantes, on retrouvait notamment Jeunesse en Fleurs – Ballet Kadan’s KrĂ©ol, Afrique CaraĂŻbe FraternitĂ©, GOPIO Martinique, AMESU et Gommier & Tradition. Toutes ont exprimĂ© leur volontĂ© de participer activement Ă  l’évĂ©nement, Ă  travers des interventions artistiques, pĂ©dagogiques, patrimoniales ou gastronomiques.

Cuba

M. Georges-Louis Lebon, troisième adjoint au maire du Lamentin en charge des affaires culturelles et président de l’Office de la culture, a introduit la rencontre en rappelant les fondements de l’engagement municipal : « Le sport, la culture, les associations sont le cœur du projet de la Ville du Lamentin. » Il a aussi souligné le rôle structurant de la médiathèque, de l’Office de la culture, et la richesse d’un tissu de plus de 60 associations culturelles, dont près de 40 sont particulièrement actives.

Cuba
Cuba

Une coopération concrète et ambitieuse

Le partenariat entre Le Lamentin et Santiago de Cuba dĂ©passe largement le cadre symbolique d’un jumelage traditionnel. InitiĂ©e autour de problĂ©matiques communes comme la gestion de l’eau, cette coopĂ©ration a rapidement Ă©voluĂ© pour englober des domaines essentiels tels que la santĂ©, le sport, l’environnement, la gestion des risques majeurs, et dĂ©sormais le dĂ©veloppement Ă©conomique et la recherche scientifique.

David Zobda, maire du Lamentin, souligne cette dynamique : « Ce n’est pas simplement un Ă©change culturel ponctuel. Nous travaillons ensemble sur des projets concrets, avec des objectifs prĂ©cis, rĂ©pondant aux besoins rĂ©els de nos populations respectives. »

Il ajoute : « Nous voulons que cette coopération soit aussi un levier économique. Nous devons poser les vraies questions : comment développer le fret, fluidifier les flux bancaires, harmoniser nos normes ? »

Cuba
David Zobda

Diamela Palacios Acosta, secrétaire de l’Assemblée municipale de Santiago de Cuba, complète cette vision en rappelant la solidité du lien entre les deux villes : « Entre Le Lamentin et Santiago, il y a plus que de la solidarité ; c’est une véritable fraternité. Malgré les difficultés dues à l’embargo américain, notre coopération reste constante et efficace depuis près de 30 ans. »

Cuba
Diamela Palacios Acosta

Odexa Fuentes Medina, quant à elle, a souligné la volonté de Santiago de Cuba de promouvoir une diversité d’expressions artistiques et culturelles au sein du festival : « Nous sommes le fruit du mélange des cultures : africaine, espagnole, française, arabe, asiatique… Le Festival del Caribe est l’espace où cette diversité s’exprime pleinement. » entre les deux villes : « Martinique et Santiago de Cuba ont su maintenir une fraternité constante, même dans les périodes les plus difficiles. Cette relation va bien au-delà des échanges culturels. »

Cuba
Odexa Fuentes Medina

Le Festival del Caribe 2025 : rendez-vous incontournable

Le Festival del Caribe, ou Fiesta del Fuego, est l’un des rendez-vous les plus emblĂ©matiques du calendrier culturel caribĂ©en. OrganisĂ©e chaque annĂ©e Ă  Santiago de Cuba, cette manifestation accueille pendant une semaine des dĂ©lĂ©gations artistiques, des chercheurs, des acteurs culturels et des citoyens issus de l’ensemble du bassin caribĂ©en. L’édition 2025 (3 au 9 juillet) mettra Curaçao Ă  l’honneur, dans une atmosphère marquĂ©e par les musiques de rue, les danses traditionnelles, les arts populaires et les rituels collectifs comme la cĂ©lèbre “Serpiente”.

Cuba

À travers ce festival, c’est une vision inclusive de la culture caribéenne qui est proposée, au croisement de l’héritage africain, européen, asiatique et amérindien. Diamela Palacios insiste sur cette ouverture : « Le festival reflète la richesse de notre diversité. Même s’il s’ancre dans la Caraïbe, il est ouvert au monde. »

Parallèlement à la programmation artistique, Santiago de Cuba célébrera également en 2025 le 510e anniversaire de sa fondation ainsi que des moments clés de son histoire politique et sociale, comme les 72 ans de l’assaut du Quartier Moncada. Ces éléments confèrent à l’événement une profondeur qui dépasse le seul registre culturel.

En 2026 : cap sur les 30 ans de coopération Lamentin – Santiago

L’année 2026 marquera une étape symbolique dans l’histoire des deux villes. Santiago de Cuba a d’ores et déjà proposé de placer cette édition du Festival sous le signe des trente ans de coopération. Une invitation forte, qui appelle une mobilisation large du tissu associatif, éducatif et économique martiniquais.

L’idée ? Bâtir une délégation plurielle, représentative de la diversité et des ambitions du territoire.

Cuba

Le maire du Lamentin appelle à anticiper cette échéance : « Nous devons nous organiser dès maintenant pour que 2026 ne soit pas seulement un souvenir, mais une véritable vitrine de notre capacité à agir collectivement dans la Caraïbe. »

Cuba
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Cette dynamique s’appuie sur la volonté partagée de construire un espace caribéen plus intégré, où la culture, l’éducation et l’économie dialoguent. La mairie du Lamentin a annoncé la mise en place d’un accompagnement pour aider les associations à structurer leur projet, identifier les financements et assurer leur logistique.

Cuba
Cuba

Construire une CaraĂŻbe qui agit et rayonne

À travers cette coopération active et multiforme, Le Lamentin et Santiago de Cuba montrent qu’un autre modèle d’échange est possible dans la Caraïbe : un modèle basé sur la confiance, la constance et une vision commune. Alors que 2025 marquera une étape importante avec la présence attendue de nombreuses délégations martiniquaises au Festival del Caribe, 2026 s’annonce déjà comme un point d’orgue.

Vous êtes une association, un acteur culturel, économique ou éducatif ? C’est le moment de rejoindre la dynamique.