TeMeUm 2026 marque une nouvelle étape dans la politique de soutien aux initiatives locales en faveur de la biodiversité dans les territoires ultramarins. Lancée par l’Office français de la biodiversité (OFB), cette campagne annuelle vise à financer des micro-projets portés par des associations, petites collectivités et gestionnaires d’espaces naturels engagés sur le terrain.

Dans un contexte où les écosystèmes insulaires subissent de fortes pressions – urbanisation, changement climatique, pollution, érosion de la biodiversité – ce programme apporte des moyens financiers et techniques pour transformer des initiatives locales en actions concrètes et mesurables. Les porteurs de projets ont jusqu’au 14 avril 2026 pour déposer leur candidature via une procédure entièrement dématérialisée.

Depuis sa création en 2010, le programme a soutenu plus de 420 micro-projets dans l’ensemble des Outre-mer, confirmant son rôle structurant dans l’accompagnement des dynamiques environnementales locales.

Des financements adaptés aux petites structures

L’un des atouts majeurs de TeMeUm 2026 réside dans son accessibilité. Le programme cible volontairement les structures de taille modeste, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux financements traditionnels. Les subventions accordées varient de quelques milliers d’euros à 20 000 euros, et peuvent couvrir jusqu’à 80 % du budget total du projet.

Le versement de l’aide est effectué en une seule fois dès le lancement de l’action, permettant aux porteurs de projets de démarrer rapidement leurs initiatives sans attendre des phases administratives longues. Cette approche répond à une réalité bien connue dans les territoires ultramarins : les acteurs locaux disposent d’expertises solides mais manquent souvent de moyens financiers immédiats.

Au-delà de l’appui financier, l’OFB met en place un accompagnement technique et administratif pour sécuriser la mise en œuvre des projets et favoriser leur valorisation à l’échelle territoriale.

Trois dispositifs complémentaires pour structurer les projets

La campagne TeMeUm 2026 s’articule autour de trois dispositifs distincts, conçus pour répondre à des besoins variés.

Tremplin : soutenir l’action locale immédiate

Le dispositif Tremplin constitue le cœur opérationnel du programme. Il soutient des micro-projets de protection ou de restauration de la biodiversité, qu’il s’agisse de premières expériences de gestion écologique ou d’initiatives pilotes innovantes.

Chaque année, environ trente projets sont cofinancés pour un montant pouvant atteindre 15 000 euros. Les actions soutenues couvrent des domaines variés : suivi d’espèces, restauration d’habitats naturels, sensibilisation du public, ou encore expérimentation de nouvelles méthodes de gestion écologique.

Parmi les initiatives accompagnées en 2025 figurent le suivi participatif de la biodiversité marine à Saint-Pierre-et-Miquelon, un projet de mobilisation citoyenne autour de la ville durable en Guyane ou encore la création d’un sentier botanique en Polynésie pour préserver une flore endémique menacée.

Coopération : renforcer les compétences techniques

Le volet Coopération vise à structurer des partenariats entre acteurs de la biodiversité afin de renforcer les capacités techniques locales. Doté d’une subvention pouvant atteindre 20 000 euros, ce dispositif soutient des projets collaboratifs associant plusieurs structures.

Ces coopérations permettent notamment de mutualiser les expertises scientifiques, d’améliorer les méthodes de gestion écologique et de développer des stratégies territoriales plus cohérentes. En 2025, un projet de restauration de zones humides à Mayotte a ainsi bénéficié de ce financement à la suite d’un cyclone ayant fragilisé les écosystèmes locaux.

Compagnonnages : transmission et formation sur le terrain

Le troisième dispositif de TeMeUm 2026, intitulé Compagnonnages, se concentre sur la formation professionnelle et la transmission de savoir-faire. Il permet à des équipes ultramarines de réaliser des immersions de courte durée – une à deux semaines – au sein de structures expertes.

L’OFB prend en charge les frais de déplacement, d’hébergement et de restauration, dans la limite de 5 000 euros. Ce format favorise des échanges techniques directs et des transferts de compétences rapides.

En 2025, des agents environnementaux de l’océan Indien ont ainsi été formés aux techniques de capture et d’étude des chiroptères, tandis qu’un partenariat international a permis d’étudier l’impact des microplastiques sur les sites de ponte des tortues vertes et la nidification des oiseaux marins.

TeMeUm 2026
TeMeUm 2026
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Une procédure simplifiée et un accompagnement de proximité

Le programme TeMeUm 2026 repose sur une volonté claire de simplification administrative. Les candidatures sont entièrement dématérialisées via la plateforme Démarches Simplifiées, ce qui facilite l’accès pour les structures éloignées des grands centres administratifs. Les dossiers sont examinés par des jurys locaux composés d’acteurs de la biodiversité propres à chaque territoire. Cette organisation garantit une évaluation adaptée aux réalités écologiques et sociales de chaque zone ultramarine.

L’accompagnement ne s’arrête pas à la sélection. Les équipes nationales de TeMeUm et les délégations territoriales de l’OFB suivent les porteurs de projets tout au long du processus : montage du dossier, mise en œuvre opérationnelle, évaluation et valorisation des résultats.

Un cahier d’accompagnement détaillant les critères d’éligibilité et les engagements attendus est mis à disposition des candidats. Deux webinaires d’information sont également programmés les 23 et 25 mars 2026 afin d’aider les structures à préparer leur candidature.

Un enjeu majeur pour les territoires de la Caraïbe et de l’océan Indien

Pour les territoires ultramarins, la biodiversité constitue à la fois un patrimoine naturel exceptionnel et un facteur de résilience économique, culturelle et touristique. Les écosystèmes marins et terrestres de la Caraïbe, de la Guyane ou de l’océan Indien jouent un rôle central dans la protection contre les risques climatiques, la sécurité alimentaire et l’attractivité des territoires. Dans ce contexte, TeMeUm 2026 représente une opportunité stratégique pour les acteurs locaux souhaitant développer des projets concrets, qu’il s’agisse de restauration d’habitats naturels, de protection d’espèces endémiques ou de sensibilisation des populations.

Le programme contribue également à structurer un réseau d’acteurs engagés, favorisant la circulation des compétences et le partage d’expériences entre territoires ultramarins.

TeMeUm 2026
©Roatan-Marine-Park
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©zoo-de-Guyane
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©Roatan-Marine-Park

Une mobilisation locale au service d’une biodiversité durable

En renouvelant son appel à projets, l’OFB confirme l’importance d’une approche territoriale de la biodiversité, fondée sur l’expertise des acteurs locaux. TeMeUm 2026 ne se limite pas à un dispositif de financement : il s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer les capacités d’action des structures ultramarines et à soutenir des initiatives adaptées aux réalités écologiques de chaque territoire. Les candidatures pour les trois dispositifs – Tremplin, Coopération et Compagnonnages – sont ouvertes jusqu’au 14 avril 2026. Les porteurs de projets peuvent se rapprocher de leur délégation territoriale de l’OFB ou contacter directement l’équipe TeMeUm pour obtenir des informations complémentaires.

À travers cette nouvelle campagne, TeMeUm 2026 confirme que la préservation de la biodiversité ultramarine repose avant tout sur l’engagement des acteurs locaux, capables de transformer des initiatives ciblées en solutions durables pour leurs territoires.

TeMeUm 2026 est un programme de l’Office français de la biodiversité destiné à financer des micro-projets de protection et de restauration de la biodiversité dans les territoires ultramarins. Il soutient les associations, collectivités et gestionnaires d’espaces naturels engagés sur le terrain.

 Les associations, petites collectivités, établissements publics et gestionnaires d’espaces naturels situés dans les territoires d’Outre-mer peuvent déposer un dossier. Le programme est conçu pour être accessible aux petites structures ayant des projets concrets en faveur de la biodiversité.

Les candidatures pour les dispositifs Tremplin, Coopération et Compagnonnages sont ouvertes jusqu’au 14 avril 2026. Les dossiers doivent être déposés en ligne via la plateforme Démarches Simplifiées de l’Office français de la biodiversité.

L’intégration de Richès Karayib au sein du Caribbean Broadcasting Union (CBU) marque une nouvelle étape dans le développement du média caribéen. Cette adhésion officialise l’ancrage régional de Richès Karayib et renforce sa volonté de contribuer activement à la structuration du paysage médiatique de la Caraïbe.

Dans un contexte où la circulation des contenus reste fragmentée entre territoires linguistiques et géographiques, rejoindre le Caribbean Broadcasting Union représente un levier stratégique pour renforcer la visibilité et la circulation des contenus caribéens.

Le Caribbean Broadcasting Union, pilier du paysage médiatique caribéen

Le Caribbean Broadcasting Union est l’organisation régionale qui fédère les médias de la Caraïbe, couvrant la radio, la télévision, la presse écrite et les plateformes digitales. Il joue un rôle central dans la coopération entre diffuseurs, la circulation des contenus, la professionnalisation des acteurs du secteur et la valorisation des productions caribéennes.

Chaque année, le Caribbean Broadcasting Union organise notamment les CBU Media Awards, qui récompensent les productions les plus remarquables en radio, télévision, print et digital. Ces distinctions constituent un rendez-vous majeur pour les professionnels des médias caribéens et contribuent à élever les standards de qualité journalistique et éditoriale dans la région. En devenant membre du Caribbean Broadcasting Union, Richès Karayib s’inscrit dans un réseau structuré et reconnu, au cœur des dynamiques médiatiques régionales.

Richès Karayib

Une étape stratégique pour Richès Karayib

Depuis sa création, Richès Karayib valorise la culture, le patrimoine, le tourisme ainsi que les femmes et les hommes qui façonnent l’attractivité et l’influence de la Caraïbe. L’adhésion au Caribbean Broadcasting Union consolide cette trajectoire en ouvrant de nouvelles perspectives :

  • – coopĂ©ration Ă©ditoriale Ă  l’échelle rĂ©gionale
  • – circulation accrue des contenus
  • – Ă©changes professionnels entre mĂ©dias membres
  • – visibilitĂ© renforcĂ©e auprès d’acteurs institutionnels et Ă©conomiques

Rejoindre le Caribbean Broadcasting Union permet également à Richès Karayib d’inscrire ses productions dans un cadre régional exigeant, où la qualité du contenu, la rigueur journalistique et l’impact éditorial sont déterminants. Cette nouvelle étape intervient alors que le média développe ses formats print, digitaux et audiovisuels, avec une ambition claire : connecter les territoires caribéens au-delà des frontières linguistiques.

Richès Karayib

Construire un espace médiatique caribéen structuré

La Caraïbe est riche de talents, de cultures et d’initiatives. Pourtant, les contenus produits dans un territoire circulent encore trop peu dans les autres îles et pays de la région. L’un des enjeux majeurs du Caribbean Broadcasting Union est précisément de favoriser cette circulation et d’encourager les collaborations régionales.

En intégrant le Caribbean Broadcasting Union, Richès Karayib affirme sa volonté de participer activement à cette dynamique. Il ne s’agit pas seulement d’une reconnaissance institutionnelle, mais d’un engagement : contribuer à une Caraïbe médiatique plus connectée, plus visible et plus structurée.

Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la mission de Richès Karayib : valoriser les talents, initiatives et patrimoines de la région tout en favorisant les synergies entre territoires.

Cap sur les CBU Media Awards

Dans le cadre de cette adhésion, Richès Karayib participera à la 37e édition des CBU Media Awards organisés par le Caribbean Broadcasting Union. Cette participation s’inscrit dans une logique de professionnalisation et de rayonnement régional.

Au-delà de la compétition, les CBU Media Awards représentent un espace de rencontre, d’échange et de visibilité pour les médias caribéens. Pour RK, il s’agit d’une opportunité supplémentaire de porter une voix éditoriale engagée au service de la Caraïbe.

Richès Karayib

Une nouvelle phase de développement

L’adhésion au Caribbean Broadcasting Union marque une évolution naturelle pour Richès Karayib. Après avoir consolidé sa présence dans la Caraïbe francophone, le média franchit une étape décisive vers une intégration régionale plus large.

Dans un environnement médiatique en mutation, où les enjeux de coopération, de qualité éditoriale et de visibilité internationale sont essentiels, rejoindre le Caribbean Broadcasting Union constitue un signal fort.

Richès Karayib poursuit ainsi son ambition : contribuer à une Caraïbe médiatique plus visible, plus cohérente et résolument affirmée.

Le Caribbean Broadcasting Union (CBU) est l’organisation régionale qui fédère les médias de la Caraïbe, couvrant la radio, la télévision, la presse écrite et les plateformes digitales. Il favorise la coopération, la circulation des contenus et la professionnalisation des acteurs du secteur.

L’adhésion au Caribbean Broadcasting Union permet à Richès Karayib d’intégrer un réseau régional structuré, de renforcer sa visibilité à l’échelle caribéenne et de développer des collaborations éditoriales avec d’autres médias membres.

Les CBU Media Awards sont une compétition annuelle organisée par le Caribbean Broadcasting Union afin de récompenser les meilleures productions en radio, télévision, presse écrite et digital dans la région.

La pression touristique sur les sites patrimoniaux caribéens n’est plus un phénomène marginal ni ponctuel. Dans de nombreux territoires, la hausse continue des fréquentations, la vulnérabilité accrue des écosystèmes et les attentes économiques locales mettent à l’épreuve des modèles de gestion arrivés à saturation.

Ce sont moins les principes du patrimoine mondial qui sont en cause que la capacité des territoires à les piloter dans la durée. C’est dans ce contexte que l’UNESCO a réuni à Saint-Domingo des gestionnaires de sites du patrimoine mondial d’Amérique latine et de la Caraïbe. Une rencontre discrète, mais révélatrice d’une inflexion : le patrimoine mondial est désormais abordé comme un objet de gouvernance avant d’être un levier d’attractivité.

Pourquoi l’UNESCO intervient maintenant ?

Depuis plusieurs années, l’UNESCO observe une évolution rapide des usages autour des sites classés. Dans la Caraïbe, cette dynamique est particulièrement sensible. Les flux touristiques progressent plus vite que les capacités de régulation, tandis que le changement climatique accentue la fragilité des milieux naturels et des structures urbaines. À cette pression s’ajoute une lecture encore largement économique du patrimoine, souvent mobilisé comme vecteur de visibilité avant d’être pensé comme un bien commun à préserver.

L’intervention de l’UNESCO s’inscrit dans une logique de clarification. Il ne s’agit pas de remettre en cause le label, mais de rappeler que le classement engage des responsabilités durables. La réunion organisée à Saint-Domingo, du 24 au 26 novembre 2025, a ainsi rassemblé des autorités de gestion et des experts issus de neuf pays de la région. Organisé avec le ministère de la Culture et la municipalité du District national, l’atelier s’inscrivait dans le programme “Communities for Heritage – Latin America and the Caribbean”, financé par le ministère de la Culture du Royaume d’Arabie saoudite. Les échanges ont porté sur des enjeux très concrets tels que la planification, suivi des flux, gouvernance des sites et capacité des territoires à arbitrer entre fréquentation, conservation et usages locaux.

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Les « nouvelles lignes » UNESCO : ce qui change réellement

Derrière les discussions, plusieurs lignes de fond se dégagent. 

  • – La première concerne le passage d’une logique de promotion Ă  une logique de gestion. Le patrimoine mondial n’est plus envisagĂ© comme une vitrine touristique, mais comme un espace Ă  rĂ©guler. La maĂ®trise des flux devient un enjeu central, appuyĂ© sur des outils de suivi, d’évaluation et d’anticipation des frĂ©quentations.
  • – Deuxième inflexion majeure : la place accordĂ©e aux communautĂ©s locales. L’UNESCO insiste sur leur intĂ©gration effective dans la gouvernance des sites et dans les retombĂ©es Ă©conomiques. Le patrimoine ne peut ĂŞtre durable s’il est perçu comme une ressource captĂ©e de l’extĂ©rieur, sans bĂ©nĂ©fice tangible pour les territoires qui le portent. Cette approche dĂ©passe le principe d’inclusion pour devenir un critère de crĂ©dibilitĂ© des dispositifs de gestion.
  • – Troisième orientation structurante : l’intĂ©gration opĂ©rationnelle de la durabilitĂ©. Protection des Ă©cosystèmes, adaptation au changement climatique et gestion des infrastructures touristiques ne relèvent plus de dĂ©clarations d’intention. Elles s’inscrivent dĂ©sormais dans des exigences concrètes, appelant des arbitrages clairs et documentĂ©s.

L’UNESCO met également en avant le renforcement des capacités locales, à travers la formation, l’ingénierie patrimoniale et la coopération régionale, afin de réduire les écarts entre sites bien dotés et territoires plus fragiles.

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Ce que ces lignes impliquent pour les territoires caribéens

Pour les sites déjà classés, ces orientations se traduisent par un niveau d’exigence accru. La conservation ne peut plus être dissociée de la gestion touristique, et les autorités de gestion sont appelées à démontrer leur capacité à concilier fréquentation, protection des sites et acceptabilité sociale. 

Pour les territoires candidats ou inscrits sur les listes indicatives, le message est tout aussi clair : les futures inscriptions devront reposer sur des projets de gestion solides, intégrant dès l’amont les dimensions sociales, environnementales et économiques.

Cette évolution peut constituer un réel défi. Elle met en lumière des arbitrages complexes, entre besoins économiques immédiats et préservation à long terme, entre attractivité touristique et qualité de vie des habitants. Mais elle ouvre aussi une perspective : celle de modèles de tourisme patrimonial mieux adaptés aux réalités insulaires, moins dépendants de la seule croissance des flux et davantage fondés sur la maîtrise des usages.

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Un contexte chiffré qui renforce l’urgence

Les donnĂ©es rappelĂ©es lors de l’atelier soulignent l’ampleur des enjeux. Le tourisme reprĂ©sente près de 10 % du produit intĂ©rieur brut de l’AmĂ©rique latine et de la CaraĂŻbe et soutient plus de 35 millions d’emplois dans la rĂ©gion. Cette croissance rapide n’est toutefois pas sans consĂ©quences : environ 40 % des sites du patrimoine mondial dĂ©clarent subir aujourd’hui des pressions liĂ©es au tourisme.

À Saint-Domingo, la fréquentation du centre historique a ainsi enregistré une hausse de 30 % des visiteurs internationaux en 2024 par rapport à l’année précédente. Une évolution qui illustre concrètement les tensions auxquelles sont confrontés les gestionnaires de sites patrimoniaux, sommés de maintenir l’équilibre entre attractivité, conservation et fonctionnement urbain.

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Vers un patrimoine pensé comme un outil de gouvernance

En filigrane, la démarche portée par l’UNESCO interroge un modèle touristique longtemps dominant dans la région. Un patrimoine surexploité, réduit à sa valeur d’image, tend à s’épuiser rapidement, au détriment des territoires et de leurs habitants. Les orientations discutées à Saint-Domingo esquissent une autre voie, celle d’un patrimoine pensé comme une ressource partagée, à piloter et à transmettre plutôt qu’à consommer.

La réunion de Saint-Domingo ne redéfinit pas le patrimoine mondial ; elle redéfinit les responsabilités qui l’accompagnent. Pour la Caraïbe, ces lignes plus exigeantes constituent à la fois une contrainte et une opportunité.

Elles imposent des standards plus élevés, mais offrent aussi un cadre pour renforcer la gouvernance des sites, mieux maîtriser les usages et inscrire le patrimoine dans des stratégies territoriales durables. À terme, le patrimoine mondial pourrait ainsi devenir, dans la Caraïbe, non plus un simple label d’excellence, mais un véritable outil de pilotage au service des territoires.

Elle observe une intensification rapide des flux touristiques dans la région, combinée à une vulnérabilité accrue des écosystèmes et des centres historiques. Ces évolutions mettent sous tension les modèles de gestion existants. En renforçant ses lignes directrices, l’UNESCO cherche à rappeler que le classement au patrimoine mondial implique des responsabilités durables en matière de gouvernance, de conservation et d’équilibre territorial.

Elle opère un glissement clair d’une logique de promotion vers une logique de gestion. La maîtrise des flux, l’intégration des communautés locales et l’adaptation au changement climatique deviennent des critères centraux. Le patrimoine n’est plus seulement envisagé comme un levier d’attractivité, mais comme un espace à réguler et à piloter sur le long terme.

Pour les sites déjà classés, ces orientations impliquent un niveau d’exigence plus élevé en matière de planification et de gouvernance. Pour les territoires candidats elles conditionnent désormais les futures inscriptions à l’existence de projets de gestion solides et crédibles. À terme, ces lignes peuvent favoriser des modèles touristiques mieux adaptés aux réalités insulaires et plus respectueux des populations locales.

Le 19 novembre, le Centre Europe Direct Antilles-Guyane (CEDAG), en partenariat avec le COMOB de la Martinique et la DRAJES Martinique, organisait deux temps d’échanges à l’occasion de la venue de Madame Flora Goudappel, spécialiste en droit constitutionnel européen et représentante Europe Direct Curaçao. La rencontre avait pour objectif de mieux comprendre les liens entre les Régions ultrapériphériques (RUP) et Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM) et l’Union européenne. Elle s’inscrivait dans une volonté partagée d’explorer ce que signifient concrètement les dynamiques RUP et PTOM pour les territoires caribéens.

Ce déplacement s’inscrivait dans une dynamique initiée depuis un an : Curaçao souhaite mieux comprendre la Martinique, son statut européen et les marges de coopération possibles dans la Caraïbe. Un territoire de 160 000 habitants, qui vient de célébrer avec fierté sa première qualification historique à la Coupe du monde, manifestait sa volonté de tisser des relations concrètes avec un autre territoire insulaire voisin… et européen. Une manière de montrer qu’au-delà des dispositifs institutionnels, la coopération prend d’abord racine dans les initiatives humaines.

Des statuts européens qui structurent les relations caribéennes

Au fil des échanges, Madame Flora Goudappel a éclairé les nuances entre les statuts RUP et PTOM. 

Les RUP comme la Martinique, la Guyane ou les Canaries – appartiennent pleinement au territoire de l’Union européenne et bénéficient de dérogations adaptées à leurs réalités insulaires et économiques.

Les PTOM dont Curaçao, ne font pas partie du territoire de l’Union, mais disposent d’une position préférentielle leur permettant notamment d’accéder au marché européen et de développer des partenariats. Ces différences structurent profondément les relations dans la région.

Pour illustrer ces distinctions, Madame Flora Goudappel s’est appuyée sur des situations concrètes : pressions migratoires aux Canaries, choix nationaux concernant le visa Schengen, ou encore débats aux Pays-Bas autour des évolutions statutaires envisagées à Bonaire et Saint-Eustache. Ces réalités montrent combien les cadres RUP et PTOM façonnent les trajectoires de chaque territoire.

RUP et PTOM

Construire la coopération européenne : une mécanique à faire fonctionner ensemble

Une idée forte est revenue à plusieurs reprises : pour utiliser les fonds européens, il faut maîtriser les compétences nécessaires.
Les travaux réalisés avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) durant dix-huit mois ont mis en lumière un enjeu réel : la coordination entre Union européenne, État, Région et acteurs opérationnels doit être renforcée pour permettre un accès plus fluide aux fonds. Lorsque l’un de ces maillons se fragilise, tout le processus se complique, en particulier pour les territoires RUP et PTOM.

La boîte à outils OCDE – désormais accessible via le Centre Europe Direct Antilles-Guyane (CEDAG) – a été conçue pour accompagner les équipes locales, faciliter leurs démarches et rendre les dispositifs européens plus accessibles.
L’association Bwa Lansan a également partagé un retour d’expérience, illustrant comment la maîtrise progressive des programmes peut transformer la portée d’un projet et améliorer les coopérations RUP et PTOM.

Les dynamiques caribéennes : où se rencontrent Martinique et Curaçao

Les discussions ont ensuite abordé la place de la Martinique et de Curaçao dans les espaces régionaux comme le Caribbean Forum of the African, Caribbean and Pacific Group of States (CARIFORUM) et la Caribbean Community (CARICOM).
L’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et CARIFORUM ouvre des perspectives variées : mobilité des jeunes, programmes éducatifs, projets économiques ou environnementaux, autant de domaines où les territoires RUP et PTOM peuvent trouver un terrain commun.

Concernant le CARICOM, la Martinique et Curaçao y sont observatrices. Elles peuvent assister aux réunions et participer aux discussions, mais sans bénéficier de toutes les prérogatives. Pour la Martinique, cette position reste en attente d’une ratification par la France, condition nécessaire pour rendre ce statut pleinement opérationnel. Les échanges ont montré l’importance de mieux comprendre ces mécanismes pour que les collectivités martiniquaises puissent évaluer ce que ces espaces régionaux peuvent réellement leur apporter.

RUP et PTOM
©Europe Direct Antilles-Guyane

Une journée d’échanges sincères et d’interrogations partagées

Lorsque les participants ont pris la parole, les présentations ont dessiné une mosaïque de parcours : agents de collectivités, acteurs du tourisme, responsables associatifs, professionnels de la mobilité internationale. Tous partageaient le même désir : faire émerger des liens plus solides entre les territoires caribéens, malgré les frontières administratives, les langues différentes et les statuts divergents.

Plusieurs participants ont formulé des interrogations précises, d’autres ont partagé des expériences vécues. Les échanges se sont distingués par leur franchise, leur lucidité et une volonté commune de comprendre comment avancer ensemble de manière concrète.
Cette dynamique collective a donné corps à l’idée que la coopération régionale n’est pas qu’un principe institutionnel : elle se construit dans les voix, les attentes, les besoins et les ambitions de chacun, et dans l’articulation subtile des réalités RUP et PTOM.

RUP et PTOM
©Europe Direct Antilles-Guyane

Une trajectoire commune à écrire entre Europe et Caraïbe

Alors que la rencontre touchait à sa fin, un sentiment clair s’est imposé : la Martinique et Curaçao possèdent un terrain fertile pour développer des projets communs. Mobilité, éducation, écologie, économie de proximité, innovation, culture… les possibilités sont nombreuses, à condition que les territoires puissent mobiliser les outils européens et régionaux de manière cohérente, comme l’encouragent les dispositifs RUP et PTOM.

Les discussions du 19 novembre ont ouvert un chemin. Un chemin où les collaborations deviennent possibles, où les cadres européens se lisent plus clairement, et où les territoires caribéens trouvent des espaces pour se rencontrer autrement.

Ce jour-là, la coopération a pris forme dans les voix présentes, mais aussi dans la volonté de prolonger ces échanges au-delà de cette rencontre, pour construire une relation durable, adaptée aux réalités de la Caraïbe et aux ambitions de chaque territoire — une dynamique précieuse dans l’ensemble des relations RUP et PTOM.

RUP et PTOM
RUP et PTOM

FAQ – RUP et PTOM dans l’espace caribéen

Les Régions ultrapériphériques (RUP) font pleinement partie de l’Union européenne et appliquent le droit européen, avec des adaptations liées à leur insularité. Les Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM), eux, ne sont pas intégrés au territoire européen mais bénéficient d’un statut préférentiel permettant des coopérations renforcées, notamment économiques et éducatives.

La Martinique, en tant que RUP, et Curaçao, en tant que PTOM, partagent des défis communs : mobilité des jeunes, transition écologique, économie locale, éducation, innovation. Leur coopération permet d’utiliser les outils européens et caribéens de manière complémentaire et d’ouvrir des perspectives régionales jusque-là peu exploitées.

Les dispositifs européens – mobilité, formation, partenariats, programmes régionaux – offrent aux RUP et PTOM des opportunités concrètes de collaboration. La boîte à outils élaborée avec l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) aide les acteurs des territoires à mieux utiliser ces programmes.

La COP30 se tient à Belém, dans l’État de Pará, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025. Cette 30ᵉ Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se déroule pour la première fois au cœur de l’Amazonie, symbole d’un écosystème vital pour la planète. À travers cette COP30, les dirigeants du monde s’engagent dans une négociation décisive, celle de la mise en œuvre réelle des engagements pris depuis l’Accord de Paris. Pour les pays de la Caraïbe, directement exposés aux effets du réchauffement, cette édition porte un espoir concret : obtenir une reconnaissance plus juste de leurs besoins et un financement durable de leur adaptation climatique.

Une ouverture centrée sur l’Amazonie et la justice climatique

Le président Luiz Inácio Lula da Silva a ouvert la COP30 en insistant sur la responsabilité partagée des nations et la nécessité d’agir sans délai. « Nous avançons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse », a-t-il affirmé devant les délégations réunies au Brésil. Ce message résonne comme un avertissement mondial.

Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention climat, a rappelé que chaque retard se paie cher, en vies humaines et en pertes économiques. Tenir la conférence au Brésil, au cœur d’un territoire qui abrite 60 % de la forêt amazonienne, souligne la dimension symbolique et écologique de cette édition. La COP30 veut replacer la biodiversité, les peuples autochtones et la coopération Sud-Sud au centre des décisions internationales.

Les premières sessions ont montré une dynamique nouvelle : l’adoption rapide de l’agenda et la volonté de traduire les promesses en actions concrètes, notamment dans les domaines de l’énergie, de la transparence et du financement.

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Luiz Inácio Lula da Silva. ©Alex Ferro/COP30
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Simon Stiell. ©Alex Ferro/COP30

Un programme ambitieux entre transition et gouvernance

La COP30 s’articule autour de quatre priorités : réduction des émissions, adaptation, financement et gouvernance climatique. Le Brésil, en accueillant la conférence à Belém, veut incarner la transition vers un modèle économique fondé sur la préservation de la nature.
Le « Capacity-Building Hub », l’un des temps forts de la conférence, met en avant le renforcement des compétences locales. Ses sessions abordent le financement durable, la transition énergétique, les solutions fondées sur la nature et le rôle du patrimoine culturel dans la résilience des territoires.

Les Nations Unies rappellent que limiter la hausse des températures à 1,5 °C reste un impératif, et non un objectif théorique. La COP30 doit ainsi valider des mécanismes concrets de suivi et de transparence, capables d’assurer la crédibilité des engagements nationaux.

La CaraĂŻbe, une voix unie pour la survie

Pour la Caraïbe, la COP30 est une tribune vitale. Les États insulaires réclament des réponses immédiates face à la montée du niveau de la mer et à l’intensification des cyclones. Le Caribbean Development Bank a rappelé que « la région n’a jamais été aussi exposée ni aussi déterminée à défendre sa survie climatique ».

Les délégations caribéennes plaident pour un accès direct aux fonds internationaux, sans conditions d’endettement. Elles demandent que les promesses de 1 300 milliards de dollars annuels d’ici 2035 soient honorées et réparties de manière équitable.
Dans les espaces parallèles de Belém, plusieurs projets d’adaptation sont présentés : restauration côtière à la Dominique, gestion durable de l’eau à Sainte-Lucie, reforestation communautaire en Haïti. Ces initiatives démontrent que la région agit déjà, mais qu’elle manque de soutien financier à la hauteur des défis.

COP30
©Raimundo Pacco/COP30
©Raimundo Pacco/COP30
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©Raimundo Pacco/COP30
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©Raimundo Pacco/COP30
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©Raimundo Pacco/COP30

Des divergences persistantes entre Nord et Sud

Les discussions de la COP30 révèlent des tensions structurelles entre les pays industrialisés et les États vulnérables. Le débat sur la finance climatique cristallise les désaccords. Les nations du Nord reconnaissent la nécessité d’accroître leur contribution, mais sans préciser les modalités de transfert ni les critères d’accès.

L’initiative « Together4Transparency » cherche à instaurer un cadre universel de suivi des engagements, garantissant des données publiques et comparables. Pour les petits États insulaires, cette transparence permettra de mettre en lumière leurs efforts souvent invisibles dans les bilans mondiaux.
Les délégations des territoires tropicaux insistent sur une équation simple : sans financement juste, pas d’adaptation possible. Les négociateurs doivent donc trancher entre rhétorique et responsabilité, entre engagements financiers et justice climatique réelle.

Belém, symbole d’une gouvernance climatique renouvelée

La ville de Belém incarne les contradictions du monde actuel : vulnérabilité écologique, espoirs collectifs et contraintes logistiques. Malgré les défis d’organisation, cette COP30 connaît une mobilisation record de la société civile et des communautés locales.
Le Brésil, en tant que pays hôte, s’affirme comme médiateur entre les grands émetteurs et les nations vulnérables. L’Amazonie devient ainsi un miroir global : préserver ses forêts revient à protéger les îles, les deltas et les littoraux menacés.
Les peuples autochtones d’Amazonie et les représentants caribéens partagent une même revendication : être écoutés, participer aux décisions et bénéficier des ressources nécessaires à la protection de leurs territoires.

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©Alex Ferro/COP30
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©Alex Ferro/COP30
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©Alex Ferro/COP30
©Alex Ferro/COP30

Une COP30 décisive pour la Caraïbe et le monde

Alors que les négociations se poursuivent, la COP30 s’impose comme un moment de vérité. La Caraïbe espère voir inscrites ses priorités dans le texte final : financement équitable, inclusion institutionnelle et reconnaissance du rôle des territoires tropicaux dans la régulation climatique.
L’édition de Belém pourrait marquer le début d’un changement profond, où les petites nations insulaires cessent d’être spectatrices pour devenir partenaires d’une gouvernance mondiale équilibrée.
La COP30, plus qu’un sommet, agit comme une boussole pour les décennies à venir. Si les décisions de Belém se traduisent en actions concrètes, elles pourraient transformer l’avenir de la Caraïbe et de l’ensemble du monde tropical, unis par une même urgence : survivre dans un climat en mutation rapide.

L’OECO poursuit sa modernisation régionale avec une initiative marquante à Sainte-Lucie : la mise en service de bornes automatisées dans les deux principaux aéroports du pays. Un pas décisif vers une gestion des frontières plus fluide, plus technologique et plus sécurisée dans l’espace caribéen.

Un projet régional tourné vers l’avenir

La Commission de l’OECO (Organisation des États de la Caraïbe orientale) a remis dix bornes en libre-service à Sainte-Lucie : huit à l’aéroport international Hewanorra (HIA) et deux à celui de George F. L. Charles. Ces équipements de pointe permettent aux voyageurs d’effectuer eux-mêmes les formalités d’entrée, réduisant ainsi l’attente et la congestion dans les halls d’arrivée.

Cette opération s’inscrit dans le cadre du Programme d’amélioration de la gestion des frontières de l’OECO, financé par l’Union européenne à travers le programme Regional Integration Through Growth Harmonisation and Technology (RIGHT). Ce partenariat illustre la volonté de l’organisation régionale de renforcer la coopération entre ses États membres tout en misant sur la technologie comme levier d’efficacité et de sécurité.

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Des bornes automatisées pour une meilleure expérience passager

Grâce à cette installation, Sainte-Lucie devient un exemple concret de transformation numérique au service du tourisme. Les nouvelles bornes automatisées permettent de scanner les passeports, capturer les empreintes digitales et accélérer la vérification des données tout en maintenant un haut niveau de sécurité.

L’objectif est double : faciliter le voyage des ressortissants de la région, notamment ceux de la CARICOM et de l’OECO, et renforcer la capacité du pays à identifier et filtrer les passagers à haut risque. Cette approche intelligente illustre l’équilibre que cherche à atteindre la région entre ouverture touristique et contrôle renforcé.

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Les paroles fortes du leadership caribéen

Lors de la cérémonie officielle de remise à l’aéroport international Hewanorra, le Directeur général de l’OECO, le Dr Didacus Jules, a souligné la portée stratégique de cette évolution :

« À mesure que le tourisme mondial devient plus compétitif, les voyageurs recherchent non seulement de belles destinations, mais aussi une expérience d’entrée efficace, fluide et sécurisée. »

Le Dr Didacus Jules a insisté sur le fait que la modernisation des points d’entrée constitue un pilier essentiel pour soutenir la croissance économique des États membres et renforcer la perception internationale d’une Caraïbe organisée, technologique et accueillante.

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De son côté, le ministre sainte-lucien de l’Intérieur, de la prévention de la criminalité et des personnes en situation de handicap, l’honorable Jeremiah Norbert, a salué l’investissement :

« Pour maintenir la compétitivité mondiale de notre secteur touristique et répondre aux enjeux de sécurité, il est essentiel de disposer de systèmes de gestion frontalière performants. Ils doivent refuser l’entrée aux passagers à risque tout en offrant un passage fluide aux voyageurs légitimes. »

Ces déclarations reflètent une vision partagée : faire de l’espace OECO un modèle de gestion régionale harmonisée, où l’innovation technologique s’intègre aux impératifs de souveraineté et de mobilité.

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Un programme régional déjà en marche

La remise de dix bornes à Sainte-Lucie intervient quelques mois après une initiative similaire à la Grenade, où six bornes avaient été livrées en mars 2025. À terme, la Commission de l’OECO ambitionne d’équiper tous les États membres : Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Montserrat, ainsi que les territoires associés comme Anguilla ou les Îles Vierges britanniques.

Au-delà des infrastructures, l’objectif est d’instaurer un cadre de coopération et de partage de données pour harmoniser les procédures d’entrée, renforcer la traçabilité et garantir une meilleure coordination entre les services d’immigration.

L’initiative s’aligne ainsi sur les priorités régionales de l’OECO, qui visent à accélérer la transformation numérique, stimuler le tourisme durable et améliorer la connectivité régionale. La technologie devient un outil stratégique pour accompagner la mobilité des citoyens caribéens tout en soutenant la compétitivité économique.

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Sainte-Lucie, vitrine d’une nouvelle ère caribéenne

Pour Sainte-Lucie, ce partenariat avec l’OECO et l’Union européenne symbolise une avancée majeure. L’île renforce son image de destination moderne et accueillante, dotée d’infrastructures à la hauteur des standards internationaux. L’automatisation des points d’entrée est appelée à réduire les délais d’attente, améliorer la satisfaction des visiteurs et optimiser la gestion des flux touristiques — un enjeu crucial pour un pays où le tourisme représente plus de 60 % du PIB.

Mais au-delà du gain immédiat, cette initiative traduit la volonté politique d’inscrire Sainte-Lucie dans une trajectoire régionale d’intégration numérique. En s’appuyant sur la structure et la coordination de l’OECO, l’île bénéficie d’un cadre commun d’expertise, de financement et de formation, tout en contribuant à la construction d’une Caraïbe orientale interconnectée.

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Vers une connectivité régionale intelligente

L’OECO démontre ici sa capacité à articuler vision, financement et exécution autour de projets à impact concret. L’installation de ces bornes n’est pas un simple geste technologique : elle symbolise la montée en puissance d’une région qui modernise ses infrastructures, renforce la sécurité et fluidifie les mobilités.

À l’heure où la concurrence entre destinations touristiques s’intensifie, cette modernisation positionne la Caraïbe orientale sur un créneau stratégique : celui d’un espace intégré, sûr et technologiquement avancé.

En unissant ses membres autour d’initiatives tangibles, l’OECO affirme une fois encore son rôle de moteur régional, au service d’une Caraïbe plus efficace, plus connectée et résolument tournée vers l’avenir.

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La Caraïbe fait face à une pression environnementale croissante liée aux arrivées massives de sargasses : ces algues brunes qui s’échouent en nombre sur les littoraux, fragilisant les écosystèmes côtiers, affectant la pêche, le tourisme, la santé publique et la vie quotidienne des communautés insulaires. C’est dans ce contexte que le projet SARSEA — Sargassum Regional Strategies for Ecosystem-based Actions  a été lancé officiellement le 28 octobre 2025 à Sainte‑Lucie, marquant un tournant pour la gestion régionale de ce défi.

Un cadre structurant et des partenaires engagés

Financé par la Agence Française de Développement (AFD) et mis en œuvre par Expertise France en partenariat avec la Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECS), le projet SARSEA offre aux États concernés un cadre de coopération, de connaissance et d’action.

Parmi les axes essentiels du projet SARSEA :

  • – Renforcer la coopĂ©ration rĂ©gionale en matière de planification et de gestion des sargasses, afin d’amĂ©liorer la coordination politique et la visibilitĂ© internationale du phĂ©nomène.
  • – Accompagner les petits États insulaires — notamment la Dominique, la Grenade, Sainte-Lucie et Saint‑Vincent‑et‑les Grenadines — dans la mise en Ĺ“uvre d’initiatives intĂ©grĂ©es de gestion et de valorisation des sargasses, adoptant une approche circulaire et durable.
  • – Soutenir la coopĂ©ration scientifique rĂ©gionale pour mieux comprendre le phĂ©nomène, anticiper ses effets et orienter les stratĂ©gies de gestion.
  • – IntĂ©grer l’approche genre dans toutes les politiques et actions liĂ©es aux sargasses, afin de garantir une rĂ©ponse inclusive et Ă©quitable.
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Le lancement : un moment fort de dialogue

La cérémonie d’ouverture à Sainte-Lucie a réuni des représentants gouvernementaux, institutionnels et scientifiques venus de toute la Caraïbe orientale. Parmi eux : Madame l’Ambassadrice de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECS, Madame Marie-Noëlle Duris, et Monsieur l’Ambassadeur de France chargé de la coopération régionale dans la zone Atlantique, Monsieur Arnaud Mentré.

La Dominique a insisté sur la nécessité d’une approche coordonnée à plusieurs niveaux pour la gestion des sargasses, évoquant le rôle que chaque île peut jouer dans une chaîne de valeur adaptée à ses capacités. Sainte-Lucie a réaffirmé son engagement à participer activement à cette réponse collective. La Grenade, de son côté, a mis en avant plusieurs priorités : la création d’un centre d’essais régional, la mise en place d’un système de suivi des échouements, un mécanisme de collecte harmonisé et un renforcement du suivi sanitaire.

Lors de l’événement, un protocole de partenariat a été signé entre Expertise France et la Commission de l’OECS, renforçant le cadre institutionnel de l’action régionale. Des tables rondes ont abordé les visions nationales des pays partenaires puis les défis et opportunités de la coopération régionale dans la gestion des sargasses. L’après-midi a été consacré à la présentation de la stratégie du projet et à une réunion de coordination des partenaires. Le lendemain, les participants ont pris part à un atelier scientifique collectif animé par l’Institut de Recherche pour le Développement.

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Vers une stratégie caribéenne partagée

Le projet SARSEA ambitionne de consolider un réseau d’acteurs publics, privés et scientifiques dans la région, en vue de mutualiser compétences, données et bonnes pratiques. L’objectif du projet SARSEA est clair : améliorer la préparation et la réponse aux échouements de sargasses tout en renforçant la résilience des territoires côtiers.

Le projet SARSEA prévoit que, bien que quatre États bénéficient directement du projet, tous les douze États membres de l’OECS pourront tirer profit des enseignements, outils et bonnes pratiques qui en découleront. Cela renforce la dimension régionale et inclusive de l’action.

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Pourquoi ce projet revêt-il tant d’importance ?

Les échouements massifs de sargasses dans la Caraïbe ne sont pas un phénomène isolé : ils perturbent quotidiennement les littoraux, affectent la santé des populations (émissions de gaz toxiques lors de la décomposition, atteintes respiratoires), fragilisent les écosystèmes marins (herbiers, coraux, mangroves) et menacent des secteurs économiques clés comme la pêche ou le tourisme.

Dans ce contexte, une gestion fragmentée ou nationale uniquement ne suffit plus. Le phénomène traverse les frontières, les courants, les écosystèmes. Il impose une réponse coordonnée, à l’échelle de la sous-région, avec une science robuste, voilà ce que le projet SARSEA entend proposer.

Les jalons Ă  venir

  • – Structuration de chaĂ®nes de valeur intĂ©grĂ©es autour des sargasses : depuis la collecte jusqu’à la valorisation (Ă©ventuellement en bioproduits, fertilisants, etc.).
  • – Mise en place de systèmes de suivi harmonisĂ©s des Ă©chouements, de la collecte et de l’analyse sanitaire.
  • – DĂ©ploiement d’actions scientifiques concertĂ©es pour combler les lacunes de connaissances et orienter des politiques publiques mieux adaptĂ©es.
  • – Promotion de la participation des femmes et de l’intĂ©gration des enjeux de genre dans toutes les phases de l’action.
  • Diffusion Ă  tous les États membres de l’OECS des retours d’expĂ©rience, outils et bonnes pratiques issus du projet.
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Le lancement du projet SARSEA marque une étape essentielle dans la mobilisation régionale contre l’impact des sargasses dans la Caraïbe orientale. En conjuguant coopération politique, scientifique, technique et inclusive, les États insulaires disposent désormais d’un cadre structuré pour appréhender ce phénomène complexe. Le projet SARSEA ne remplace pas le travail national ou local : il l’amplifie, le structure, lui donne portée et moyens. Avec ce nouvel élan, c’est bien la perspective d’une gestion concertée, mieux informée et durable des sargasses qui prend forme dans la région.

Le projet Caribbean Connect marque une étape décisive pour la Guadeloupe, la Martinique et Porto Rico. Présentée officiellement le 15 octobre à l’immeuble Canal Média de Baie-Mahault, cette nouvelle infrastructure sous-marine à très haut débit, portée par le Groupe CANAL+, vise à renforcer la connectivité des territoires d’Antilles-Guyane et à assurer leur place dans le grand réseau mondial du numérique.

Un besoin urgent de modernisation

Derrière ce nom technique, ce projet répond à un enjeu essentiel : celui de la connexion au monde.
Jusqu’ici, la Guadeloupe et la Martinique dépendaient d’un ancien câble sous-marin vieillissant, devenu inadapté face à la croissance rapide de la demande en connectivité — plus de 40 % d’augmentation par an.

 Pour Aymé Makuta Mbumba, directeur général de CANAL+ Télécom, cette évolution était devenue indispensable :

« Aujourd’hui, internet dépend de deux choses : les infrastructures terrestres et le lien avec l’internet mondial. Caribbean Connect, c’est cette voie ferrée sous-marine qui relie nos territoires au reste du réseau mondial. »

Avec une capacité de 300 Gb/s, il permettra de multiplier les débits, réduire la latence et assurer une connexion stable et fluide, au service des particuliers, des entreprises et des administrations. Ce câble symbolise la volonté d’ancrer les territoires dans une continuité numérique durable et performante.

Caribbean Connect
Aymé Makuta Mbumba

Un financement européen au service des territoires

Ce projet est cofinancé à 70 % par l’Union Européenne dans le cadre du programme Connecting Europe Facility (CEF Digital), pour un investissement global de près de 6 millions d’euros.
Présent à la conférence, Yves Dareau, Secrétaire Général pour les Affaires Régionales, a salué « un projet emblématique et concret, porté par une Europe qui relie et investit dans l’avenir de ses territoires ultramarins ».

Cette coopération entre institutions publiques et acteurs privés illustre la volonté européenne de renforcer la résilience numérique des régions ultrapériphériques (RUP).
De son côté, Alice Bourrouet, représentante de l’agence exécutive européenne HaDEA, a souligné :

« Financer Caribbean Connect, c’est investir dans les territoires, pour leurs habitants, et dans leur capacité à innover. »

Caribbean Connect
Alice Bourrouet

Un partenariat exemplaire entre l’Europe et les Antilles-Guyane

La Région Guadeloupe, représentée par Aurélie Bitufwila, présidente de la commission numérique, a joué un rôle clé dans la concrétisation du projet. Sa présence à la conférence témoigne du soutien fort des institutions locales à cette infrastructure stratégique.
Caribbean Connect n’est pas seulement un projet technologique : il incarne une coopération réussie entre l’Europe et les territoires ultramarins, au service de l’inclusion et de la souveraineté numérique.

Caribbean Connect
Caribbean Connect

CANAL+ Antilles-Guyane : connecter, créer, transmettre

La présentation s’est poursuivie avec Sébastien Punturello, nouveau directeur général de CANAL+ Antilles-Guyane, qui a replacé Caribbean Connect dans la vision globale du groupe :

« Ce câble est une infrastructure essentielle, mais c’est aussi un symbole : celui d’un groupe qui croit dans la puissance des liens — ceux de la connectivité comme ceux du développement de la culture. »

En parallèle, le groupe poursuit le déploiement accéléré de la fibre optique, déjà accessible à 80 % des foyers guadeloupéens, et soutient chaque année plus d’une vingtaine de productions locales (Zion, Wish, Toutoune…).
Ainsi, il s’inscrit dans une logique plus large de transmission, d’accès à la culture et d’innovation régionale, au service du lien social autant que du progrès technologique.

Caribbean Connect
Sébastien Punturello

Un levier pour l’économie numérique régionale

La mise en service progressive de Caribbean Connect est prévue pour 2025, suivie de l’arrivée de nouveaux services dès 2026 : hébergement local, datacenters et interconnexions régionales.
Cette infrastructure marque un tournant stratégique pour l’économie numérique des Antilles-Guyane. En garantissant une connexion rapide, stable et souveraine, elle offre aux entreprises locales de nouvelles opportunités dans les domaines de la tech, de l’éducation, de la santé et du commerce en ligne.

Caribbean Connect incarne une avancée technologique majeure, mais aussi un acte de souveraineté. En permettant aux territoires ultramarins de garder la maîtrise de leurs infrastructures, il ouvre la voie à une autonomie numérique longtemps attendue dans la région.

Un symbole d’unité et d’avenir

Caribbean Connect relie  des communautés, des économies et des ambitions communes.
Son lancement illustre la volonté collective de bâtir un avenir où la distance ne sera plus un obstacle, mais un moteur d’unité et de développement partagé.

En consolidant la place des Antilles-Guyane dans l’écosystème numérique mondial, Caribbean Connect prouve que la connectivité n’est pas seulement une affaire de câbles : c’est une volonté commune de bâtir l’avenir ensemble, entre les îles et le monde.

Ensemble pour une Caraïbe qui rayonne, les Alliances Françaises deviennent des passerelles entre cultures, langues et territoires.

Lors du séminaire RÉZO organisé à la Grenade, les directrices, directeurs, présidentes et présidents des Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone se sont réunis pour renforcer ensemble la coopération culturelle et linguistique dans la région et définir de nouvelles orientations communes.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France, également présent sur certains échanges, le séminaire a été l’occasion de renforcer la synergie entre les acteurs du réseau des Alliances Françaises et de consolider le dialogue avec le SCAC, dans un esprit d’écoute et de collaboration.

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Suelin Low Chew Tung (Présidente AF Grenade), Aurélie GBEFFA (Directrice AF Sainte-Lucie et Coordinatrice régionale), Ilona Fort-Gilbert (Directrice AF Grenade) et Christiane Bourgeois (CORCAC)

Entre échanges, stratégies communes et projets innovants, cette rencontre a dessiné les contours d’une francophonie et d’une Caraïbe culturelle et plurilingue plus ouverte, inclusive et moderne.

Un moment clé pour un réseau en pleine évolution, au service d’une Caraïbe qui apprend, partage et rayonne.

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Une rencontre aux accents de famille

Ils se connaissent parfois depuis des années, parfois seulement à travers un écran. Mais dès les premières minutes, les rires, les accolades et la chaleur des retrouvailles rappellent que, dans la Caraïbe, le réseau des Alliances Françaises est avant tout une aventure humaine.

Pendant trois jours, directrices, directeurs, présidentes et présidents ont confronté leurs réalités de pays en pays — entre défis du quotidien, fiertés locales et volonté commune de bâtir un réseau plus fort, plus solidaire et plus visible. Dans la salle, la diversité se lit dans les accents, les parcours, les idées. De la Jamaïque à Trinité-et-Tobago, chaque voix apportait sa nuance, son expérience, sa manière d’animer la culture et la francophonie au cœur des territoires.

Accueillis par Ilona Fort-Gilbert, directrice, et Suelin Low Chew Tung, présidente de l’Alliance Française de la Grenade, les participantes et participants ont partagé plusieurs jours d’échanges et de réflexion dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.

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Suelin Low Chew Tung (sur la gauche) et Ilona Fort-Gilbert (sur la droite) (Alliance Française de Grenade)
Équipe de l'AF de la Grenade - Dalia Barbour (Support Staff), Mathias Dorel (Consul honoraire de France), Ilona Forte-Gilbert (Directrice), Nafessah Abdullateef (Secrétaire du comité exécutif), Suelin Low Chew Tung (Présidente)

Autour de la table, les directrices et directeurs : AurĂ©lie Gbeffa (Sainte-Lucie et coordinatrice rĂ©gionale des Alliances Françaises de la CaraĂŻbe orientale), OcĂ©ane Gaillard (Barbade), Virginie Lemay (Suriname), Lucille Caulliez (Saint Christophe-et-NiĂ©vès), CĂ©vinne M’Voula (Dominique), Anyka Batista (TrinitĂ©-et-Tobago), Ilona Forte-Gilbert (Grenade), DĂ©borah First-Quao (Guyana) et Clovis LemĂ©e ( JamaĂŻque), ainsi que Christiane Bourgeois (CORCAC – Sainte-Lucie) et Suelin Low Chew Tung (PrĂ©sidente – Grenade).

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En visioconférence, les ont rejoints les président(e)s : Charlene White-Christian (Dominique), Ruben Del Prado (Suriname), Danielle Parkinson (Trinité-et-Tobago), Kara Daly (Saint-Christophe-et-Niévès), Delphine Hadley et son successeur Denvil Douglas (Saint-Vincent-et-les-Grenadines), ainsi que Stuart Defreitas, vice-président (Guyana).

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Au fil des échanges, Christiane Bourgeois, Conseillère Régionale de Coopération et d’Action Culturelle (CORCAC), cheffe du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO, a souligné le rôle essentiel des Alliances Françaises comme maillon du rayonnement culturel français et caribéen.

La CORCAC structure son action autour de la coopération culturelle, éducative, scientifique et économique, en cherchant à relier les priorités françaises — culture, francophonie, durabilité et droits humains — aux besoins spécifiques des pays de la Caraïbe anglophone. Pour elle, au-delà des structures, ce sont des femmes et des hommes engagés, véritables acteurs de terrain, porteurs de lien et d’action qui font vivre cette francophonie ouverte, solidaire et créative.

« Les Alliances Françaises sont des partenaires essentiels. »

La présence de Jean-François Hans, Délégué géographique pour la zone C à la Fondation des Alliances Françaises, a rappelé, depuis Paris, l’importance de la cohésion mondiale du réseau.

Charte de valeurs, outils de gouvernance, identité visuelle et accompagnement des équipes locales : la Fondation veille à maintenir une qualité et une éthique partagées sur les cinq continents.

“Une grande Alliance doit toujours tendre la main à une plus petite. C’est notre ADN collectif.”

Cette solidarité, moteur du mouvement, prend tout son sens dans la Caraïbe, où les défis logistiques et humains se conjuguent à la richesse culturelle et linguistique.

Une francophonie mondiale, ancrée dans les réalités locales

Le réseau des Alliances Françaises, fondé en 1883, est aujourd’hui le plus vaste réseau culturel au monde, avec plus de 820 établissements dans 135 pays.

Dans la Caraïbe anglophone, dix Alliances portent la langue et la culture françaises : Barbade, Sainte-Lucie, Dominique, Grenade, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Guyana, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago et Suriname.

En 2024, elles ont accueilli plus de 1 000 apprenants, dispensé 9 000 heures de cours et organisé 160 événements culturels, réunissant plus de 7 000 participants.

Autant de chiffres qui traduisent une réalité vivante et dynamique: la francophonie caribéenne n’est pas une idée, c’est une présence quotidienne dans les salles de classe, les galeries, les festivals et les rues des capitales insulaires.  La Francophonie se nourrit d’échanges, d’initiatives locales et de la passion de celles et ceux qui font vivre la langue française.

Un réseau en mouvement : entre vision et action

Projet Rézo

Porté par une volonté commune de faire évoluer le réseau, le projet RÉZO s’impose comme un véritable moteur pour les Alliances Françaises de la Caraïbe anglophone, c’est aussi une manière de penser le réseau autrement : plus collaboratif, plus agile, plus visible.

Soutenu par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC), de l’Ambassade de France, il vise à renforcer la coordination régionale, la mutualisation des outils et la professionnalisation des équipes. Au fil des sessions, les échanges ont mis en lumière une ambition partagée : harmoniser les pratiques, encourager l’innovation pédagogique et renforcer les compétences, tout en consolidant la place de la francophonie dans des environnements linguistiques pluriels.

Sous la coordination d’Aurélie Gbeffa, six axes de travail ont été abordés :

  • Gouvernance associative et transparence : renforcer la gestion interne et la communication avec les membres.
  • Formation des Ă©quipes : consolider les compĂ©tences et favoriser la mobilitĂ© rĂ©gionale.
  • Certifications et qualitĂ© pĂ©dagogique : harmoniser les standards de formation et d’évaluation.
  • Transition numĂ©rique : dĂ©velopper des outils collaboratifs et des ressources digitales communes.
  • Mise en place de projets RÉZO: crĂ©er et animer des projets communs entre Alliances.
  • Revitalisation des mĂ©diathèques : moderniser les espaces culturels pour les adapter aux usages d’aujourd’hui.

Chaque Alliance repart avec une feuille de route personnalisée, preuve d’un engagement partagé et d’une dynamique régionale forte.

Micro-projets

Dans cette même logique, le SCAC a rappelé son rôle clé d’accompagnateur et de facilitateur à travers le dispositif de micro-projets. Ces subventions, allouées chaque année à des porteurs de projets locaux, constituent un levier concret pour la mise en œuvre d’initiatives culturelles, éducatives ou citoyennes à l’échelle de la région.

Un mécanisme vertueux qui soutient la créativité locale, tout en favorisant la formation et l’autonomie des acteurs de terrain. Au-delà de l’aspect financier, ce dispositif, signature du poste diplomatique de Sainte-Lucie incarne une diplomatie de la proximité, au service des échanges humains et de la coopération entre territoires francophones et anglophones.

De Sainte-Lucie à la Dominique, de Trinité-et-Tobago à la Grenade, les micro-projets soutenus reflètent la diversité des enjeux partagés : culture, éducation, environnement, inclusion, innovation. Autant de champs où les Alliances Françaises, appuyées par le SCAC, deviennent des passerelles entre les sociétés et un moteur de coopération durable dans la Caraïbe.

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CARIFRAN

Cette stratégie s’inscrit également dans la dynamique régionale du programme CARIFRAN, consacré à la formation et à la mobilité des enseignants de français dans la Caraïbe.

Mis en œuvre par l’Organisation des États Américains et financé par l’Ambassade de France auprès des Etats de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’OECO à hauteur de 453 000 euros, CARIFRAN contribue à renforcer une communauté éducative francophone ouverte aux échanges inter-îles et à la coopération linguistique. Il incarne la complémentarité entre actions éducatives, culturelles et diplomatiques au sein du réseau.

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La force d’un réseau fragile

Au-delà des échanges, des ateliers et des décisions, le séminaire RÉZO aura surtout confirmé la vitalité d’un réseau en pleine transformation. Mais il aura aussi rappelé, en filigrane, la fragilité d’un modèle associatif qui repose sur l’engagement, la passion et la solidarité plus que sur des moyens conséquents.

Dans la Caraïbe anglophone comme ailleurs, les Alliances Françaises mènent leurs actions avec des moyens modestes mais une remarquable efficacité et avec une réelle volonté d’avancer ensemble  grâce à la force de leurs équipes, de leurs présidentes et présidents bénévoles et du soutien constant du SCAC et de la Fondation des Alliances Françaises.

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Les directeurs des Alliances Française en compagnie du Ministre des Affaires Étrangères Hon. Joseph Andall

C’est cette humanité collective, faite de résilience et de conviction, qui fait la singularité du réseau : une capacité à créer du lien, à inventer, à se réinventer même dans l’incertitude. Et si la coopération culturelle et linguistique est parfois un défi, elle reste aussi une promesse : celle d’une Caraïbe plurielle, connectée, fière de sa diversité et capable d’écrire son avenir à travers le dialogue des cultures.

Au nom de l’Ambassade de France, Christiane Bourgeois, conseillère de coopération et d’action culturelle, a remis aux directrices et directeurs des Alliances Françaises de la Caraïbe des châles, bracelets et pin’s aux couleurs d’Octobre Rose, symboles d’engagement et de solidarité face au cancer du sein.

La coopération entre États membres de la CARICOM prend une nouvelle dimension depuis le 1ᵉʳ octobre 2025. La Barbade, le Belize, la Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines ont officiellement levé les barrières à la circulation de leurs citoyens. Ces quatre nations ont lancé un accord inédit qui autorise leurs ressortissants à vivre, travailler et s’installer librement au sein de cet espace caribéen sans permis de travail. Un signal fort pour la construction d’une région plus unie et solidaire.

Un accord fondateur pour la libre mobilité régionale

Lancé sous l’appellation « Enhanced Cooperation in Free Movement », cet engagement a été ratifié par les chefs de gouvernement lors du 49ᵉ sommet de la CARICOM à Montego Bay. Pour la première fois, des pays caribéens appliquent pleinement les principes de libre circulation déjà évoqués dans le Traité de Chaguaramas.

Grâce à cet accord, les ressortissants de la Barbade, du Belize, de la Dominique et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines peuvent entrer, sortir, travailler et résider dans les pays partenaires sans certificat CSME ni permis spécial. Ils bénéficient également d’un accès limité, mais réel aux services publics essentiels, notamment la santé de base et l’éducation primaire ou secondaire.

Cette coopération entre États membres de la CARICOM constitue la première étape d’un projet plus vaste d’unification humaine et économique de la région.

Coopération entre États membres de la CARICOM
©CARICOM
Coopération entre États membres de la CARICOM
©CARICOM

Un levier stratégique pour quatre économies complémentaires

  • – Pour la Barbade, l’enjeu est clair : faire face Ă  une population vieillissante et Ă  un manque de main-d’œuvre. Bridgetown espère attirer de jeunes travailleurs issus des pays voisins afin de soutenir les secteurs clĂ©s du tourisme, des services et de la santĂ©.
  • – Le Belize, dont le territoire est soixante fois plus vaste que celui de la plupart des Ă®les caribĂ©ennes, souhaite encourager le peuplement de ses zones rurales et stimuler son dĂ©veloppement. Avec seulement 400 000 habitants pour plus de 22 000 km², le pays voit dans cette coopĂ©ration entre États membres de la CARICOM une occasion d’accueillir des talents et d’accroĂ®tre sa productivitĂ©.
  • – La Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines privilĂ©gient quant Ă  elles le lien culturel et historique. Ă€ Kingstown, le Premier ministre Ralph Gonsalves a rappelĂ© que cette initiative rĂ©pond aussi Ă  une dimension identitaire :

« Nos frères et sœurs Garifuna du Belize peuvent venir passer plus de temps ici, travailler s’ils le souhaitent, et nos citoyens sont désormais libres d’aller là-bas. »

Coopération entre États membres de la CARICOM
Coopération entre États membres de la CARICOM
Coopération entre États membres du CARICOM
Coopération entre États membres de la CARICOM

Une histoire partagée, socle de l’intégration

Cette coopération entre États membres de la CARICOM repose sur un socle historique commun. Les quatre nations partagent une expérience coloniale britannique, un héritage linguistique proche et une structure institutionnelle similaire. Ces affinités ont facilité la mise en œuvre d’un dispositif de mobilité inédite dans la région.

Un mécanisme de vérification commun a été instauré pour filtrer les demandes. Les autorités conservent le droit de refuser l’entrée à tout individu représentant un risque pour l’ordre public ou un fardeau financier pour l’État d’accueil. Cette clause vise à préserver l’équilibre entre ouverture et responsabilité.

Un laboratoire d’intégration régionale

Les dirigeants considèrent cette coopération entre États membres de la CARICOM comme un projet pilote. Si les résultats sont concluants, elle pourrait être étendue à d’autres pays membres dès 2026. Des discussions sont déjà en cours avec la Jamaïque, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago pour rejoindre l’initiative.

Selon les économistes régionaux, cette coopération entre États membres de la CARICOM représente une opportunité majeure pour fluidifier les échanges de compétences et renforcer les chaînes de valeur locales. En supprimant les contraintes administratives, elle favorise la mobilité professionnelle, l’entrepreneuriat et la mise en réseau des talents caribéens.

Coopération entre États membres du CARICOM
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Des retombées sociales et humaines durables

Au-delà des chiffres, la portée humaine de cet accord est considérable. Des milliers de familles pourront désormais envisager un avenir au-delà de leurs frontières nationales. L’accès à l’emploi, à la formation et aux soins élémentaires ouvre la voie à une intégration réelle des sociétés caribéennes.

Cette coopération entre États membres de la CARICOM redonne aussi du sens au projet initial de la Communauté : bâtir une région solidaire où les citoyens partagent les mêmes droits fondamentaux. Elle incarne une nouvelle génération de politiques régionales fondées sur la confiance et la réciprocité.

Vers une CaraĂŻbe unie et inclusive

L’entrée en vigueur de cette mesure confirme la volonté de la région d’écrire une nouvelle page de son histoire. La coopération entre États membres de la CARICOM dépasse les considérations économiques : elle symbolise la volonté politique d’unir les peuples et de renforcer la stabilité sociale.

En s’ouvrant mutuellement leurs frontières, la Barbade, le Belize, la Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines démontrent qu’une autre Caraïbe est possible : une Caraïbe mobile, connectée et consciente de sa destinée commune.