Une île singulière
Union Island incarne l’image d’une Caraïbe à la fois authentique et confidentielle. Située au sud de l’archipel des Grenadines, cette petite île de 8 km² attire les voyageurs en quête d’un séjour intimiste. Contrairement aux grandes destinations balnéaires, Union Island propose une expérience où nature, culture et traditions locales s’entrelacent dans une harmonie fragile mais préservée. Sa réputation s’est forgée autour de ses plages, de son environnement marin exceptionnel et de son ouverture vers les Tobago Cays, sanctuaire écologique unique dans la région.
Un territoire façonné par la mer
L’identité d’Union Island est intimement liée à l’océan. Clifton, principal village et port, vit au rythme des pêcheurs, des plaisanciers et des passionnés de sports nautiques. Le kitesurf y est devenu une activité phare, attirant une communauté internationale qui contribue à l’économie locale tout en renforçant la visibilité de l’île. Mais au-delà du sport, c’est toute une culture maritime qui s’exprime : du marché de poissons animé jusqu’aux barques colorées jalonnant le littoral. La proximité immédiate avec les Tobago Cays, protégées par un parc marin, accentue encore ce lien vital avec la mer, offrant aux visiteurs un accès privilégié à l’une des plus belles barrières de corail de la Caraïbe.
La richesse d’un patrimoine préservé
Si Union Island séduit par ses paysages, elle captive également par son héritage culturel. L’île conserve une identité forte marquée par des traditions créoles, une gastronomie à base de produits locaux et des festivités populaires. Chaque événement, même modeste, prend une dimension collective qui témoigne de l’attachement des habitants à leur terre. Les visiteurs découvrent un territoire où l’hospitalité reste une valeur cardinale, dans une ambiance qui contraste avec le rythme plus effervescent des grandes îles voisines. Cette authenticité constitue un atout majeur pour une nouvelle génération de voyageurs soucieux de privilégier des séjours ancrés dans la réalité des communautés locales.
Un écosystème fragile à valoriser
Union Island fait aussi face à des enjeux environnementaux cruciaux. Comme dans l’ensemble de l’archipel, le changement climatique, la montée des eaux et la pression touristique représentent des défis de taille. Cependant, des initiatives locales émergent pour protéger ce territoire. Des associations et acteurs communautaires s’engagent dans la préservation des plages, des récifs coralliens et des mangroves. Ces actions, souvent peu médiatisées, participent à construire une image de l’île comme destination responsable, où le tourisme s’inscrit dans une logique de durabilité. Pour les voyageurs, cela signifie la possibilité de participer à des séjours qui ont un impact positif direct sur l’environnement et la société locale.
Une expérience hors du temps
Ce qui distingue Union Island, c’est la sensation de se retrouver dans un lieu où le temps s’écoule différemment. Les visiteurs profitent d’un rythme plus lent, d’un contact direct avec les habitants et d’un cadre naturel d’une rare beauté. Loin des grands complexes hôteliers, l’hébergement se compose principalement de petites structures familiales et de villas de charme, permettant un séjour personnalisé. Cette atmosphère singulière attire autant les passionnés de voile que les couples en quête d’intimité, mais aussi les amateurs de nature souhaitant découvrir une Caraïbe intacte.
5 choses à faire à Union Island
- Gravir Fort Hill : pour admirer une vue panoramique sur les Grenadines et mesurer l’importance stratégique de l’île.
- Se baigner à Chatham Bay : une plage préservée, idéale pour la détente et la plongée en apnée.
- Arpenter le marché de Clifton : un lieu vivant où se mêlent saveurs créoles et échanges avec les habitants.
- Partir en excursion vers les Tobago Cays : à seulement quelques milles nautiques, un véritable paradis marin classé réserve protégée.
- Goûter à la cuisine locale : poissons frais grillés, plats épicés et boissons traditionnelles qui traduisent l’âme de l’île.
Le 15 août 2025 restera comme une date marquante dans l’histoire de la connectivité régionale. Caribbean Airlines a inauguré sa nouvelle liaison directe entre la Dominique et Puerto Rico, créant un pont stratégique entre deux territoires complémentaires : l’un reconnu comme l’« île nature » des Caraïbes, l’autre comme un hub aérien incontournable pour les voyageurs nord-américains.
Ce lancement, attendu depuis longtemps, répond à une demande croissante des voyageurs régionaux et internationaux et confirme le rôle de Caribbean Airlines comme acteur clé du transport aérien caribéen.
Un lancement célébré des deux côtés de la mer
Les vols inauguraux BW296 et BW297 ont donné le ton d’une nouvelle étape dans la mobilité caribéenne. À l’aéroport Douglas-Charles en Dominique, l’appareil a été accueilli par un traditionnel water salute, symbole fort pour marquer l’importance de cette ouverture. De l’autre côté, à San Juan, une cérémonie culturelle a mis en avant les liens historiques et humains qui unissent déjà les deux territoires.
Pour Garvin Medera, PDG de Caribbean Airlines, cette nouvelle liaison s’inscrit dans une stratégie plus large : « Ces améliorations d’horaires sont une réponse directe à la demande du marché et aux retours de nos clients. » Avec cette annonce, la compagnie réaffirme sa volonté d’offrir un réseau aérien plus fluide et accessible dans l’espace caribéen.
Des services aériens adaptés aux besoins actuels
Caribbean Airlines propose désormais jusqu’à trois vols hebdomadaires entre San Juan et la Dominique. Le vol BW297 décolle de Puerto Rico à 16h00 pour atterrir à 17h50 en Dominique, tandis que le retour BW296 quitte Douglas-Charles à 10h25 pour rejoindre San Juan à 12h15.
La durée de vol, environ 1h50, rend ce trajet rapide et confortable. Les tarifs débutent à partir de 363 dollars américains aller-retour, un prix qui permet d’ouvrir davantage la destination à un public régional tout en attirant les voyageurs nord-américains.
Au-delà de cette route, Caribbean Airlines renforce également ses liaisons entre la Dominique et Trinidad, facilitant les correspondances vers New York et d’autres destinations internationales via Port-d’Espagne. La compagnie se positionne ainsi comme un facilitateur de voyages multi-destinations, particulièrement prisés par les touristes qui souhaitent combiner plusieurs îles lors d’un même séjour.
La Dominique, un trésor naturel préservé
Avec cette nouvelle connexion, Caribbean Airlines met en lumière un territoire encore trop méconnu : la Dominique. Située entre la Guadeloupe et la Martinique, cette île anglophone d’environ 66 000 habitants attire par son authenticité et son engagement écologique.
Surnommée l’« île nature », la Dominique est célèbre pour son Boiling Lake, ses innombrables rivières, ses cascades spectaculaires et son parc national de Morne Trois Pitons, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997. Les chutes de Trafalgar, Middleham Falls ou encore l’Emerald Pool sont des incontournables pour les amoureux de paysages intacts.
Les visiteurs peuvent parcourir le Waitukubuli National Trail, long d’environ 185 kilomètres, qui traverse l’île de part en part, ou encore rencontrer la communauté Kalinago, gardienne d’une culture caribéenne ancestrale. Ajoutons à cela une politique environnementale pionnière – la Dominique a interdit les plastiques à usage unique dès 2019 – et l’île apparaît comme un modèle de tourisme durable.
Puerto Rico, porte d’entrée idéale
Face à ce joyau préservé, Puerto Rico se présente comme un hub moderne et pratique. Pour les voyageurs américains, il ne nécessite pas de passeport, ce qui en fait une véritable porte d’entrée vers les Petites Antilles.
San Juan séduit par son centre historique coloré, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais aussi par son atmosphère urbaine et festive. L’île offre également des richesses naturelles comme la forêt tropicale d’El Yunque et des plages uniques telles que Mosquito Bay à Vieques, mondialement connue pour sa bioluminescence.
Pour Chekira Lockhart-Hypolite, ministre du Tourisme par intérim de la Dominique, « ce nouveau service apporte une commodité incroyable, en particulier pour les voyageurs en provenance des États-Unis. Avec moins de congestion que dans les grands hubs comme Miami ou New York, les visiteurs atteignent la Dominique plus rapidement et avec moins de stress. »
Retombées économiques et touristiques
Au-delà de l’aspect pratique, cette liaison directe portée par Caribbean Airlines représente un levier économique majeur. Elle favorise le développement d’un tourisme multi-îles, combinant la modernité de Puerto Rico et l’aventure écologique de la Dominique.
Pour Willianette Robles Cancel, directrice exécutive de la compagnie de tourisme de Puerto Rico, « l’industrie du tourisme est un pilier de l’économie caribéenne. Ces alliances qui augmentent l’accès aérien sont essentielles pour encourager la croissance et proposer des expériences variées. »
Les autorités dominiquaises anticipent une hausse significative des arrivées touristiques, notamment depuis les États-Unis. Cette augmentation devrait soutenir l’économie locale tout en préservant l’authenticité qui fait le charme de l’île.
Avec cette nouvelle liaison, Caribbean Airlines ne se contente pas d’ouvrir une simple route aérienne. Elle propose une nouvelle façon de voyager dans la Caraïbe, combinant efficacité, confort et diversité culturelle.
La Dominique gagne en accessibilité sans renoncer à son authenticité, tandis que Puerto Rico renforce son rôle de hub stratégique. Pour les voyageurs comme pour les acteurs économiques, cette route aérienne représente bien plus qu’un trajet : c’est un trait d’union entre nature préservée et modernité, entre authenticité et connectivité.
La Dominique offre sans doute l’aventure la plus spectaculaire des Petites Antilles : la randonnée menant à la Vallée de la Désolation et au Boiling Lake. Sur une boucle d’environ 13 kilomètres aller-retour et près de 900 mètres de dénivelé, les marcheurs pénètrent un univers façonné par la puissance des volcans. Fumerolles, sources bouillonnantes et paysages lunaires composent une expérience unique dans la Caraïbe.
Un patrimoine volcanique exceptionnel
Situés dans le parc national de Morne Trois Pitons, inscrit à l’UNESCO depuis 1997, la Vallée de la Désolation et le Boiling Lake sont au cœur d’un territoire volcanique d’une rare intensité. La Dominique, avec ses neuf centres volcaniques actifs, est l’une des îles les plus volcaniques des Antilles. Sa surface de 751 km² résulte de millions d’années d’éruptions liées à la subduction de la plaque atlantique sous la plaque caraïbe, à raison d’environ 2 centimètres par an.
L’île est dominée par des reliefs abrupts et des forêts denses. Le Morne Trois Pitons, culminant à 1 387 mètres, donne son nom au parc. Ses roches, principalement andésitiques et dacitique, nourrissent des sols fertiles recouverts d’une végétation tropicale foisonnante. Mais au cœur de la Vallée de la Désolation, la chaleur souterraine et les gaz volcaniques empêchent toute vie de se développer.
La Vallée de la Désolation : un paysage hors du temps
La Vallée de la Désolation est un amphithéâtre volcanique né de l’effondrement de plusieurs cratères. Sur ce terrain minéral, l’activité géothermique est omniprésente : marmites de boue, fumerolles sifflantes, sources chaudes dépassant parfois 100 °C. Les gaz, mélange de vapeur d’eau, de dioxyde de soufre et de sulfure d’hydrogène, dégagent une odeur caractéristique d’œuf pourri et créent un environnement où la végétation est absente.
Le décor est saisissant : dépôts jaunes et orangés liés au soufre et aux oxydes de fer, boues en ébullition qui semblent respirer, panaches de vapeur qui s’élèvent du sol. Les guides aiment y montrer la force de la nature en y cuisant un œuf directement dans l’eau bouillante..
Le Boiling Lake : un phénomène unique
Après avoir traversé la Vallée de la Désolation, la randonnée mène au Boiling Lake, deuxième plus grand lac bouillant du monde après le Frying Pan Lake en Nouvelle-Zélande. Situé à environ 800 mètres d’altitude, il mesure près de 60 mètres de diamètre et plus de 59 mètres de profondeur. Son eau gris-bleu est constamment agitée par la chaleur des gaz volcaniques qui remontent du sous-sol.
Les températures en bordure atteignent entre 82 et 91 °C. Le centre, en ébullition permanente, reste impossible à mesurer. Découvert en 1870 par Edmund Watt et Henry Nicholls, le Boiling Lake a fasciné les scientifiques dès ses premières études en 1875. Depuis, il connaît des variations spectaculaires : en 1880 et en 2005, des éruptions phréatiques ont temporairement vidé le lac avant qu’il ne se remplisse à nouveau.
Une randonnée exigeant
Le sentier commence à Titou Gorge, près de Laudat, à 480 mètres d’altitude. Après une montée progressive dans la forêt tropicale, les randonneurs atteignent la Breakfast River, première halte avant d’escalader le Morne Nicholls, haut d’environ 965 mètres. La descente qui suit conduit à la Vallée de la Désolation, sur un terrain escarpé et souvent glissant. Certaines portions peuvent être équipées de cordes pour sécuriser le passage.
Le dernier tronçon traverse la vallée géothermique avant de grimper jusqu’au point de vue dominant le Boiling Lake. Au total, l’itinéraire demande entre 6 et 8 heures de marche, dans des conditions parfois difficiles. Une bonne préparation physique est indispensable, car l’effort est à la hauteur de la récompense : un panorama saisissant sur le Boiling Lake.
Quand partir ?
La période la plus favorable s’étend de janvier à avril, pendant la saison sèche. Les précipitations y sont moins fréquentes, surtout sur la côte, et les températures oscillent autour de 28 °C. En montagne, le climat reste humide toute l’année, mais les sentiers sont plus praticables en saison sèche. À l’inverse, la saison des ouragans, de juin à novembre (avec un pic entre août et octobre), rend la randonnée plus risquée et moins agréable.
Préserver un site fragile
Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Vallée de la Désolation et le Boiling Lake sont protégés par des règles strictes. Il est interdit de ramasser des pierres, de laisser des déchets ou de sortir des sentiers balisés. Ces gestes simples évitent de fragiliser un écosystème déjà soumis à des conditions extrêmes. Les visiteurs doivent aussi respecter la faune locale, dont le perroquet Sisserou, espèce endémique et emblème de la Dominique.
Randonnée mythique, la traversée de la Vallée de la Désolation jusqu’au Boiling Lake est plus qu’un défi sportif : c’est une immersion dans la force brute de la Terre. Les paysages, entre forêts luxuriantes et terres brûlées par le soufre, révèlent la double identité de la Dominique, île de verdure et de volcans. En s’aventurant sur ce sentier, accompagné d’un guide, le visiteur vit une expérience rare dans la Caraïbe : marcher au-dessus des entrailles de la planète, dans un décor que peu d’endroits au monde peuvent offrir.
Entre Macouria et Montsinéry-Tonnegrande, le Zoo de Guyane s’impose comme un site unique en son genre. Loin de se limiter à un lieu d’observation de la faune, il joue un rôle central dans la conservation, les soins et la réhabilitation d’espèces locales souvent menacées. Ce parc, membre de l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (EAZA), s’inscrit dans une démarche qui conjugue accueil du public et missions scientifiques de préservation, dans un territoire où l’Amazonie occupe plus de 90 % du sol.
Des origines singulières à une mission renforcée
L’histoire du Zoo de Guyane débute en 1983, sous le nom de Fauna Flora Amazonica, un centre spécialisé dans l’élevage de colibris. Rapidement, le site élargit son champ d’action et devient un parc animalier, abritant diverses espèces emblématiques de la région amazonienne. Fermé en 2007 pour des raisons de sécurité et de modernisation, il rouvre en 2008 grâce à la reprise par Franck et Angélique Chaulet, déjà propriétaires du Zoo de Guadeloupe et du Jardin de Balata.
Depuis, le lieu a connu une restructuration complète et l’ajout d’infrastructures majeures, dont une vaste volière inaugurée en 2014, rendant hommage à Eugène Bellony, figure pionnière des parcs animaliers en Guyane.
Pourquoi créer un tel refuge ?
La création du Zoo de Guyane répondait à une double nécessité : offrir un espace sécurisé à des espèces menacées et sensibiliser le public à la richesse comme à la fragilité de la biodiversité guyanaise. Ce département amazonien abrite un patrimoine naturel exceptionnel, mais soumis à des pressions multiples : déforestation, chasse illégale, trafics d’animaux, destruction d’habitats. Dans ce contexte, la structure est devenue un maillon essentiel de la lutte pour la survie de certaines espèces emblématiques, comme le jaguar ou la harpie féroce, qui subissent une réduction progressive de leur espace vital.
Une mission scientifique et environnementale. Pic ©zoo de Guyane
Au cœur de ses actions, le Zoo mène des programmes de reproduction encadrés par l’EEP (European Endangered Species Programme), concernant plus d’une dizaine d’espèces menacées hébergées sur le site. Ces initiatives permettent de maintenir des populations viables en captivité, tout en prévoyant, lorsque c’est possible, leur réintroduction dans leur habitat naturel.
En parallèle, le Zoo collabore avec l’association SOS Faune Sauvage, centre de soins accueillant animaux blessés, malades ou victimes de braconnage. Après réhabilitation, certains spécimens retrouvent la forêt amazonienne, bouclant ainsi un cycle de sauvetage qui dépasse le cadre d’un zoo classique. Cette collaboration donne lieu à des actions de terrain concrètes, allant du suivi vétérinaire jusqu’au relâcher d’animaux comme les paresseux ou les toucans, parfois soignés pendant plusieurs mois.
Un espace pensé pour le bien-être animal
Le Zoo de Guyane s’étend sur plusieurs hectares de forêt, avec des enclos spacieux et aménagés pour reproduire autant que possible le milieu naturel de chaque espèce. La visite emprunte des sentiers forestiers et des passerelles suspendues, offrant aux visiteurs une immersion respectueuse dans l’environnement amazonien. Les ponts de canopée, longs de près de 400 mètres, permettent d’observer les animaux dans des conditions proches de la nature. Jaguars, pumas, harpies féroces, singes-araignées à face rouge, caïmans, tapirs, ibis rouges ou encore margays figurent parmi les pensionnaires permanents.
Chaque installation est pensée pour favoriser les comportements naturels : bassins pour les espèces aquatiques, perchoirs en hauteur pour les oiseaux, zones boisées pour les félins. Les soignants et vétérinaires du site travaillent quotidiennement à l’enrichissement de l’environnement des animaux, afin de stimuler leur instinct et leur bien-être.
Une valeur ajoutée pour le tourisme local
Au-delà de son rôle écologique, le Zoo est devenu la deuxième attraction touristique la plus fréquentée du département, derrière les îles du Salut. Il attire à la fois les résidents et les voyageurs en quête d’une meilleure compréhension de la faune amazonienne. Les retombées économiques se traduisent par la création d’emplois directs, la formation de personnels spécialisés et la stimulation d’activités connexes, comme l’hôtellerie ou la restauration. Le site est également intégré à des circuits de découverte plus larges, reliant patrimoine naturel et culturel.
Un engagement durable. Pic ©zoo de Guyane
L’existence du Zoo de Guyane illustre la complémentarité possible entre activité touristique et mission environnementale. En mettant en avant les espèces locales et en participant activement à leur sauvegarde, le parc incarne une forme de tourisme responsable, centré sur la transmission de connaissances et la protection du patrimoine naturel. Ce modèle prouve qu’un établissement d’accueil du public peut devenir un acteur clé de la conservation, tout en restant un atout majeur pour l’économie locale.
SOTIC 2025, acronyme de State of the Tourism Industry Conference, représente un moment crucial pour tous les acteurs du tourisme dans la Caraïbe. Programmée du 30 septembre au 3 octobre 2025 au Hilton Barbados Resort, cette conférence phare, organisée par l’Organisation du tourisme des Caraïbes (CTO), met au cœur de ses débats l’importance d’une approche basée sur la recherche et la pertinence afin de forger un avenir stable et porteur pour le secteur.
Un rassemblement essentiel pour le secteur touristique régional
SOTIC 2025 rassemble des ministres, des dirigeants d’entreprises, des experts internationaux, des médias et des jeunes leaders en vue d’échanger sur les enjeux actuels et futurs qui concernent la région. Ces échanges de haut niveau, essentiels pour ajuster les stratégies des territoires, visent à renforcer la compétitivité économique tout en prônant un tourisme durable et inclusif.
Le thème central et ses implications stratégiques
Sous l’intitulé officiel « Réinventer le tourisme caribéen : recherche, pertinence et la voie à suivre », l’évènement met en avant la nécessité d’utiliser des données fiables pour orienter les politiques et actions touristiques. Cette démarche garantit que les initiatives adoptées correspondent aux attentes changeantes des visiteurs tout en consolidant les fondations économiques et environnementales des îles.
L’importance des données fiables pour orienter les politiques touristiques
SOTIC 2025 défend l’utilisation rigoureuse de la recherche afin d’adapter l’offre aux tendances mondiales et aux spécificités de la Caraïbe. Les travaux présentés porteront sur les flux touristiques, la satisfaction des visiteurs et les retombées économiques, offrant aux décideurs des informations précises pour élaborer des stratégies efficaces.
Des marchés touristiques émergents pour diversifier l’offre
Parmi les thématiques phares, SOTIC 2025 mettra en lumière des segments porteurs : tourisme sportif, médical et santé-bien-être. Ces secteurs en expansion constituent des leviers essentiels pour diversifier économiquement la région, renforcer son attractivité et offrir des alternatives plus résilientes face aux fluctuations des marchés traditionnels.
Tourisme sportif, médical et bien-être : des leviers pour la croissance économique
Le tourisme sportif tire profit de la mise en place d’infrastructures et d’événements attractifs, tandis que le tourisme médical répond à une demande croissante pour des soins spécialisés dans un cadre agréable. Le tourisme de bien-être, quant à lui, répond aux attentes actuelles d’évasion et de revitalisation, favorisant un tourisme durable et de qualité.
Le rôle des jeunes leaders dans la transformation du secteur
Le Congrès régional jeunesse, prévu le 2 octobre 2025, permettra aux jeunes talents de la région, nommés “Juniors ministres du tourisme”, d’exposer leurs idées. Cette démarche renforce l’engagement des nouvelles générations dans un tourisme à la fois innovant, socialement responsable et respectueux de l’environnement.
La Barbade, un hôte engagé et un modèle régional
La Barbade, siège du CTO et référence dans la région, offre un cadre exemplaire pour les débats de SOTIC 2025. L’événement est organisé en étroite collaboration avec le ministère local du Tourisme et Barbados Tourism Marketing Inc., affirmant une volonté commune de promouvoir un tourisme intégré, durable et tourné vers l’avenir.
Le programme et les temps forts de SOTIC 2025
SOTIC 2025 débutera le 30 septembre par les travaux internes du CTO, avec les conseils des ministres et d’administration axés sur la gouvernance touristique et la coopération régionale. Du 1er au 3 octobre, la conférence s’animera avec des panels de discussion mettant en avant des recherches innovantes, des ateliers collaboratifs et des présentations de données récentes sur le secteur.
Parmi les temps forts, le Congrès régional jeunesse du 2 octobre donnera la parole aux jeunes ministres, apportant une dimension nouvelle aux débats. Des sessions spécialisées traiteront des défis liés au tourisme sportif, médical et de bien-être. Des ateliers pratiques et conférences permettront également aux experts et décideurs d’échanger sur les meilleures pratiques et projets émergents.
Cette édition de SOTIC 2025 favorisera l’établissement de partenariats stratégiques dans le domaine de l’innovation touristique, tout en consolidant un modèle plus inclusif et durable pour la région.
SOTIC 2025 s’impose comme une étape déterminante pour tracer la voie du tourisme caribéen. Grâce à un focus sur la recherche rigoureuse, la pertinence des actions et la collaboration entre jeunes et experts, la conférence promet de redéfinir les contours d’un secteur capable de relever les défis économiques, sociaux et environnementaux. La Barbade, en tant qu’hôte, symbolise cette volonté d’un futur touristique régional plus solide et attractif.
Willemstad se dresse comme un joyau architectural au cœur de la mer des Caraïbes, où l’histoire coloniale néerlandaise se conjugue avec l’exubérance tropicale. Capitale de Curaçao et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997, elle séduit par ses façades multicolores et son héritage multiculturel qui s’est enrichi pendant près de quatre siècles.
Un patrimoine architectural unique au cœur de la Caraïbe
Fort Amsterdam : la naissance d’une capitale
L’histoire de Willemstad commence en 1634 lorsque l’amiral néerlandais Johan van Walbeeck et ses 200 soldats prennent possession de l’île, alors aux mains des Espagnols. Dès 1635, la construction du Fort Amsterdam débute sur la rive orientale de la baie Sint Anna. Édifié en pierre de corail avec des murs atteignant trois mètres d’épaisseur, il devient le siège de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Aujourd’hui encore, il abrite le siège du gouvernement de Curaçao.
Les quatre quartiers historiques
Willemstad s’articule autour de quatre quartiers qui retracent trois siècles d’évolution urbaine. Punda, le plus ancien, fut édifié au XVIIe siècle selon les principes d’urbanisme néerlandais, avec ses rues étroites et ses maisons à pignons triangulaires. Otrobanda, Pietermaai et Scharloo se développent au XVIIIe siècle, chacun affichant un caractère architectural propre.
L’héritage coloré : une tradition ancrée depuis 1817
Le décret du gouverneur Kikkert et la légende locale
En 1817, le gouverneur Albert Kikkert interdit l’usage exclusif des façades blanches, invoquant le besoin de réduire l’éblouissement sous le soleil tropical. La tradition populaire raconte que cette décision visait aussi à soulager ses migraines, mais cette explication reste du domaine de la légende. Cette mesure donna naissance à la palette colorée qui fait aujourd’hui la renommée de Willemstad : rouges profonds, ocres lumineux, bleus et verts variés.
Un kaléidoscope architectural caribéen
Plus de 700 bâtiments historiques protégés, soit environ la moitié du centre-ville, composent le paysage urbain. Chaque façade contribue à l’identité visuelle de Willemstad, offrant une lecture vivante de son histoire.
Punda et Otrobanda : deux rives, une seule ville
Le pont de la Reine Emma
Depuis 1888, le pont flottant de la Reine Emma relie Punda et Otrobanda en enjambant la baie Sint Anna. Surnommé la « Swinging Old Lady », il pivote latéralement grâce à deux moteurs diesel et des hélices perpendiculaires pour laisser passer les navires. Ce chef-d’œuvre d’ingénierie reste un symbole fort de Willemstad.
La Handelskade, vitrine du patrimoine mondial
Le front de mer de Punda, la Handelskade, aligne une série de bâtiments colorés du XVIIIe siècle, comparables aux maisons de canal d’Amsterdam mais sous les latitudes tropicales. Parmi eux, le bâtiment Penha, daté de 1708, illustre le style commercial néerlandais avec son pignon courbe distinctif.
Pietermaai et Scharloo : élégance coloniale et renouveau culturel
Le style baroque de Curaçao
Au XVIIIe siècle, un style architectural propre à Curaçao se développe : le « baroque de Curaçao », reconnaissable à ses pignons courbes, ses façades sculptées et ses galeries pour se protéger du soleil. Pietermaai et Scharloo abritent plusieurs demeures luxueuses représentatives de ce style.
Quartiers en renaissance
Pietermaai, autrefois résidentiel puis centre d’affaires, a connu une profonde transformation avec l’ouverture d’hôtels-boutiques, de cafés et de galeries. Scharloo suit une dynamique similaire et accueille aujourd’hui start-ups, restaurants et lieux culturels. Ces reconversions donnent à Willemstad une vitalité renouvelée.
La synagogue Mikvé Israel-Emanuel : un témoin exceptionnel
Quatre siècles d’histoire
Au cœur de Punda, la synagogue Mikvé Israel-Emanuel, consacrée en 1732, est la plus ancienne en usage continu des Amériques. Sa congrégation, établie dès 1651 par des juifs séfarades venus des Pays-Bas et du Brésil, illustre la diversité culturelle de Willemstad.
Un sol de sable aux significations multiples
L’intérieur se distingue par un sol recouvert de sable blanc. Cette tradition rare, présente dans seulement quelques synagogues historiques, évoque à la fois l’errance du peuple juif dans le désert, la discrétion nécessaire pour prier durant l’Inquisition et un héritage pratique des communautés néerlando-portugaises.
Willemstad est bien plus qu’une capitale : c’est un carrefour culturel où se mêlent influences néerlandaises, espagnoles, portugaises, africaines et caribéennes. Ses quatre quartiers historiques, ses façades colorées et son patrimoine architectural en font un véritable livre d’histoire à ciel ouvert. Entre tradition et renouveau, Willemstad continue d’incarner une identité unique dans les Caraïbes et mérite pleinement sa place parmi les trésors du patrimoine mondial.
Chaque été, l’île de Saba, célèbre son carnaval avec une intensité rare. Du 28 juillet au 3 août 2025, le Saba Carnival revient pour une nouvelle édition, mêlant traditions caribéennes, esprit communautaire et richesse culturelle dans un cadre naturel exceptionnel.
Une tradition bien ancrée depuis 1975
Le Saba Carnival ne suit pas le calendrier pré-carême comme les carnavals traditionnels. Il se tient en juillet, afin de permettre aux étudiants sabéens vivant à l’étranger de participer. Né en 1975, ce festival d’été s’est imposé comme un marqueur identitaire pour les 1 500 habitants de l’île. Il reflète l’histoire de Saba, colonisée par les Néerlandais au XVIIe siècle, où les cultures africaines, européennes et caribéennes se sont entremêlées au fil des siècles.
Durant ses cinquante années d’existence, le carnaval est passé d’une célébration locale à un événement reconnu dans toute la région. Il mobilise aujourd’hui toutes les générations, au sein d’une société où les liens familiaux et communautaires restent forts.
Un programme riche et structuré
Le programme officiel de 2025, diffusé par les autorités locales, prévoit sept jours de festivités rythmés par des événements populaires.
Le lundi 28 juillet ouvrira les festivités avec une cérémonie à The Bottom, capitale de l’île. Le mardi 29 juillet, place à la Bouyon Night, soirée énergique dédiée au genre musical bouyon originaire de Dominique. Mercredi 30 juillet, la compétition de Calypso et Road March mettra à l’honneur les artistes locaux dans deux styles musicaux emblématiques de la Caraïbe.
Le jeudi 31 juillet accueillera la Big Jam, une grande soirée musicale aux accents internationaux. Le vendredi 1er août, l’International Flag Fest fera flotter des bannières caribéennes dans les rues de The Bottom et Windwardside, dans une ambiance festive et colorée.
Le week-end marquera l’apogée du carnaval. Le samedi 2 août débutera dès l’aube avec le traditionnel Jouvert Morning, procession matinale typique des carnavals caribéens. La Grand Parade suivra dans la journée, avec ses chars décorés, costumes flamboyants et prestations musicales.
Enfin, le dimanche 3 août se tiendra le Second Parade, aussi appelée Last Lap, dernière grande déambulation avant la clôture du festival.
Une île singulière, entre nature et patrimoine
Saba est une île volcanique de 13 kilomètres carrés, dominée par le mont Scenery, point culminant du Royaume des Pays-Bas à 887 mètres d’altitude. Depuis 2010, elle forme, avec Bonaire et Saint-Eustache, une municipalité spéciale des Pays-Bas. Ce statut administratif lui assure un soutien logistique sans compromettre son identité caribéenne.
Répartie en quatre villages — The Bottom, Windwardside, Hell’s Gate et St. Johns — l’île cultive un mode de vie paisible et communautaire. Ce cadre intimiste donne au carnaval une dimension chaleureuse, presque familiale.
Un engagement environnemental affirmé
Fidèle à son surnom de « Unspoiled Queen », Saba s’illustre par ses efforts de préservation. Son parc marin, créé en 1987, protège 1 300 hectares autour de l’île, offrant une biodiversité sous-marine exceptionnelle. Trente sites de plongée y sont recensés, avec une visibilité qui peut atteindre 90 mètres.
L’île dispose aussi d’un réseau de sentiers de randonnée traversant plusieurs écosystèmes, de la forêt tropicale humide jusqu’aux bassins de marée. Bien que des initiatives d’énergies renouvelables aient été lancées, aucune source officielle ne confirme que le réseau électrique fonctionne majoritairement à l’énergie solaire depuis 2019.
Un levier économique et culturel essentiel
Le carnaval constitue le pic touristique annuel de Saba. Ses hébergements, composés majoritairement de petits hôtels et cottages, affichent complet pendant la semaine. Cette affluence profite directement aux restaurateurs, artisans, musiciens, costumiers et prestataires de services.
Loin du tourisme de masse, Saba mise sur l’authenticité. Le carnaval s’inscrit dans cette stratégie, proposant une expérience immersive, sincère, dans un environnement préservé. Selon l’Association des États de la Caraïbe, les carnavals insulaires sont des vecteurs puissants de revenus et d’identité pour les petits territoires.
Un pilier de la transmission culturelle
Le Saba Carnival est bien plus qu’un événement touristique. Il incarne la mémoire vivante de l’île. En valorisant les musiques locales, les danses et les costumes traditionnels, il renforce le lien des plus jeunes avec leur patrimoine.
Les préparatifs, qui s’étalent sur plusieurs mois, mobilisent toutes les générations. Cette organisation collective permet de tisser des solidarités locales et de perpétuer les valeurs de partage et d’unité. De plus, la reconnaissance croissante du carnaval à l’échelle régionale contribue à inscrire Saba sur la carte culturelle de la Caraïbe.
Une édition 2025 à la hauteur de l’histoire
À l’occasion de cette 50e édition, le Saba Carnival 2025 promet une programmation structurée, festive et inclusive. Si certaines traditions comme la crémation du roi Momo ne sont pas inscrites au programme cette année, d’autres rituels forts comme le Jouvert Morning et la Grand Parade sont bien maintenus.
Dans un contexte caribéen où de nombreuses îles repensent leurs modèles touristiques, Saba reste fidèle à son approche : miser sur la qualité, l’identité, et la préservation de ses ressources naturelles et culturelles.
Le Saba Carnival 2025 démontre une nouvelle fois qu’un petit territoire peut produire un événement de grande envergure, sans renier son authenticité. Du 28 juillet au 3 août, cette île hors du commun fera battre le cœur de la Caraïbe au rythme de ses musiques, de ses traditions et de son attachement profond à sa culture. Plus qu’une fête, c’est l’expression d’un peuple et d’un territoire fiers de leurs racines et résolument tournés vers l’avenir.
Un quartier façonné par l’histoire
Situé à l’est de Fort Amsterdam, Pietermaai est l’un des quartiers les plus anciens de Curaçao. Il tire son nom de Pieter de Meij, un capitaine de navire venu du Brésil en 1674, qui y établit une plantation nommée “Zeelucht”. Dès 1680, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales commença à lotir les terrains situés hors des murs de la ville, donnant naissance à un faubourg à la fois stratégique et autonome.
Ce développement s’inscrivait dans une volonté de maintenir un champ de tir dégagé autour des fortifications de Willemstad, tout en répondant à la pression démographique.
L’urbanisme de Pietermaai est donc né d’un compromis entre sécurité militaire et extension résidentielle. Des villas coloniales s’élèveront rapidement dans cette zone intermédiaire, marquant les prémices d’une urbanisation originale et structurée. La célèbre “Steenen Padt”, reliant la ville fortifiée à la baie de Caracas, joua un rôle crucial dans les échanges, notamment lors de l’attaque française de 1673.
De faubourg stratégique à enclave bohème
Au fil des siècles, Pietermaai a vu ses remparts tomber et ses limites évoluer. La démolition progressive des fortifications au XIXe siècle a permis à l’architecture de s’exprimer pleinement, entre demeures colorées, petits commerces et édifices aux lignes européennes. Certains projets d’expansion urbaine n’ont jamais abouti, ce qui a conféré au quartier une personnalité distincte, préservée des grandes opérations immobilières.
Aujourd’hui, Pietermaai est souvent comparé à un “Soho caribéen”, non pas pour suivre une mode, mais pour sa capacité à rassembler habitants, artistes, artisans et visiteurs dans un même espace. Loin des circuits standardisés, le quartier est devenu un véritable lieu de vie où les expressions artistiques et culinaires trouvent un terrain propice. Ce renouveau n’est pas un hasard : il est le fruit de réhabilitations soignées et d’une implication locale constante.
Le cœur battant de la Nieuwestraat
La Nieuwestraat constitue l’artère principale de Pietermaai. Bordée de maisons peintes aux teintes pastel, elle s’anime dès les premières heures du jour. Les façades restaurées témoignent d’un souci du détail et d’un profond respect pour le bâti ancien. La nuit venue, l’éclairage doux des établissements confère à la rue une atmosphère chaleureuse, presque cinématographique.
Restaurants, cafés, bars de jazz… les adresses ne manquent pas, chacune proposant une ambiance propre, sans excès ni uniformité. Ici, les cuisines du monde se mêlent aux traditions locales, et les menus sont pensés pour séduire les palais sans artifice. Le visiteur y trouve de quoi satisfaire aussi bien son appétit que sa curiosité.
Un quartier nourri par la création
Pietermaai est également un lieu d’expression culturelle. Les galeries d’art, les murs peints par des artistes locaux et les boutiques de créateurs jalonnent les rues secondaires. Chaque mur semble porter une trace du passé, tout en laissant place à l’imagination contemporaine. Loin d’être figée, cette mémoire collective évolue au rythme des initiatives portées par la communauté.
Certains lieux rendent hommage à des figures emblématiques, comme Wilson “Papa” Godett, syndicaliste et homme politique respecté, dont le nom orne l’une des principales voies du quartier. Ces références ne sont pas décoratives : elles rappellent les luttes sociales qui ont façonné l’identité de Curaçao et de Pietermaai.
Dormir au cœur du quartier
Séjourner à Pietermaai, c’est choisir l’authenticité sans renoncer au confort. De nombreux hôtels-boutiques et pensions de charme y ont élu domicile. Leur architecture respecte l’héritage du quartier tout en intégrant des aménagements modernes. Les établissements comme BijBlauw ou le Scuba Lodge s’illustrent par leur attention aux détails, leur emplacement idéal et leur approche respectueuse de l’environnement local.
Ce type d’hébergement permet une immersion réelle dans la vie du quartier. Le matin, les visiteurs croisent les habitants, les artisans, les livreurs de fruits ; le soir, ils partagent les terrasses avec des musiciens et des étudiants. Ce rythme apaisé fait de Pietermaai un lieu de séjour apprécié pour sa proximité immédiate avec les centres d’intérêt de Willemstad, sans l’agitation des zones trop fréquentées.
Une renaissance patrimoniale réussie
La rénovation de Pietermaai n’a pas été un processus rapide. Abandonné pendant plusieurs décennies, notamment dans les années 1970 et 1980, le quartier avait perdu de sa superbe. Ce sont des acteurs locaux – architectes, entrepreneurs, artistes – qui ont initié la reprise, avec des projets de réhabilitation ambitieux mais respectueux du cadre d’origine.
Aujourd’hui, cette renaissance est citée comme un exemple réussi de conservation urbaine. Les autorités insulaires y voient un modèle d’équilibre entre valorisation patrimoniale et dynamisme économique. Ce succès repose sur une gestion collaborative, alliant initiatives privées et soutien institutionnel.
Pietermaai n’est ni un musée à ciel ouvert, ni un simple quartier à la mode. Il incarne une manière de vivre, où la mémoire collective dialogue avec la créativité actuelle. C’est précisément cette tension entre les racines et les usages contemporains qui lui confère sa personnalité unique.
Alors que d’autres secteurs de Curaçao misent sur des développements plus uniformisés, Pietermaai trace une voie différente, à la fois exigeante et fidèle à son histoire. Il ne s’agit pas de reproduire un décor, mais de maintenir une atmosphère. Un choix éditorial et architectural qui continue de séduire ceux en quête d’authenticité et d’ancrage.
La plage de Grandes Cayes se hisse en tête dès que l’on évoque la beauté sauvage et authentique de Saint-Martin. Ce littoral, protégé par la Réserve Naturelle Nationale, offre un décor où la nature règne en maître, loin des foules et de l’agitation. Au fil des années, la plage de Grandes Cayes a su conserver son identité : autrefois le lieu de rassemblement des familles pour les barbecues dominicaux, aujourd’hui un espace préservé où le sable blanc s’étend à perte de vue, sous le regard paisible de l’île de Tintamarre.
Une richesse écologique exceptionnelle
Un site classé en Réserve Naturelle Nationale
Il ne suffit pas d’un simple coup d’œil pour saisir toute la biodiversité qui anime la plage de Grandes Cayes. La majorité du site bénéficie d’un statut de protection intégrale. À chaque saison, les tortues marines choisissent cette plage pour y déposer leurs œufs, préservant ainsi un cycle naturel précieux. La végétation littorale, dominée par des cactus majestueux et d’autres espèces xérophiles, façonne un paysage typique du nord de Saint-Martin, au pied du massif de Red Rock.
Une faune et une flore remarquables
Le relief entourant la plage de Grandes Cayes abrite des gommiers rouges, des mapous, des poiriers pays ou encore le rare gaïac, tous protégés par la réglementation stricte de la réserve. Les promeneurs attentifs y distingueront peut-être des orchidées rares ou des iguanes rayés, espèce aujourd’hui envahissante ayant remplacé l’iguane des Petites Antilles. Ce territoire est aussi le refuge de lézards endémiques, tels que les anolis, scinques et geckos, véritables petits gardiens de ce patrimoine écologique.
Des paysages façonnés par la mer et la roche
Un front de mer spectaculaire
Les rouleaux de l’Atlantique viennent lécher la plage de Grandes Cayes, exposée plein nord-est, mais la barrière corallienne protège la baie et l’îlet Pinel des assauts les plus puissants. Ce récif, enserrant une passe étroite, sert d’abri aux herbiers marins. Entre trois et sept mètres de profondeur, raies, tortues et requins s’y croisent fréquemment : ce sanctuaire sert de nurserie à nombre d’espèces aquatiques, comme l’explique Julien Chalifour, directeur adjoint de la Réserve Naturelle.
Deux sentiers pour s’immerger dans la nature
Le site n’est pas qu’une destination de contemplation ; il invite aussi à la découverte pédestre. Au nord, le sentier des Froussards guide les marcheurs jusqu’à l’anse Marcel, serpentant à travers une végétation luxuriante. Au sud, une autre piste longe la colline par le littoral, promettant des points de vue saisissants sur l’îlet Pinel et la mer en contrebas.
Un lieu authentique, loin de l’aménagement touristique
Sérénité et simplicité absolues
La plage de Grandes Cayes offre une expérience rare dans la Caraïbe : ici, aucun aménagement, aucun service, rien que le calme et l’espace pour renouer avec l’essentiel. Il est conseillé d’apporter de quoi se restaurer et s’hydrater, car la nature reprend ses droits. L’endroit respire la paix, et l’on croise à peine d’autres promeneurs : idéal pour qui cherche la tranquillité loin des plages conventionnelles.
Un patrimoine à protéger
Forte de sa biodiversité, la plage de Grandes Cayes fait l’objet d’un projet de restauration visant à renforcer sa protection. Ce chantier, en cours d’élaboration, témoigne de l’engagement constant en faveur d’une gestion raisonnée du site, pour que chacun, expert naturaliste ou visiteur curieux, y trouve matière à s’émerveiller et à apprendre.
Grandes Cayes, la promesse d’un retour à l’essentiel
En foulant le sable de la plage de Grandes Cayes, c’est tout Saint-Martin qui se dévoile dans sa version la plus brute et la plus authentique. Loin des clichés, ce coin préservé distille une impression de bout du monde, où la nature se donne à voir sans artifice. Que vous soyez passionné d’écologie ou simplement en quête d’une parenthèse apaisante, il suffit de se laisser porter par la magie de cet espace singulier.
Au nord des Petites Antilles, l’île de Saint-Martin abrite des écosystèmes marins d’une richesse remarquable. Récifs coralliens, herbiers, mangroves, tortues et mammifères marins cohabitent dans un environnement aussi fragile qu’essentiel pour le territoire.
Une biodiversité exceptionnelle sous pression
Les écosystèmes marins de Saint-Martin forment un patrimoine naturel d’une rare complexité. L’île, divisée entre la France et les Pays-Bas, concentre une variété d’habitats côtiers et sous-marins : récifs frangeants et barrières, herbiers marins et mangroves. À eux seuls, les récifs couvrent près de 19,4 km² autour de l’île, principalement autour de la Baie Orientale, Coralita, le Galion ou Grandes Cayes.
La Réserve Naturelle recense plus de 1 040 espèces marines, dont une trentaine de coraux et plus de 500 mollusques. On y observe une diversité impressionnante de poissons récifaux, tortues marines, étoiles de mer, oursins, anémones, et mammifères marins — dont les dauphins, cachalots et baleines à bosse.
Ces écosystèmes marins de Saint-Martin servent de refuge, de nurserie et de zone d’alimentation pour des espèces emblématiques telles que la tortue verte, la tortue imbriquée et la tortue luth. De mars à novembre, plusieurs plages de l’île deviennent des sites de ponte cruciaux pour ces reptiles protégés.
Récifs, herbiers, mangroves : des rôles écologiques essentiels
Les récifs coralliens protègent le littoral contre l’érosion et atténuent l’impact des tempêtes. Ils abritent une biodiversité qui garantit l’équilibre des chaînes alimentaires marines. Les herbiers marins, présents sur plus de 60 km² autour de l’île, et les mangroves (24,2 hectares) complètent ces fonctions en servant de filtres biologiques, en séquestrant le carbone, et en assurant la continuité écologique entre terre et mer.
Ces écosystèmes marins de Saint-Martin agissent comme un bouclier naturel face au dérèglement climatique tout en jouant un rôle central dans la régulation du climat, la sécurité alimentaire locale et la préservation des espèces menacées.
Un levier économique majeur
Les écosystèmes marins de Saint-Martin génèrent une valeur économique estimée à 26 millions d’euros par an. La protection côtière, à elle seule, représente 6 millions d’économies potentielles, tandis que les activités nautiques et de plongée contribuent à hauteur de 20 millions à l’économie locale.
Près de 2 600 emplois et plus de 400 entreprises dépendent directement ou indirectement de ces milieux naturels. Le tourisme “bleu” — plongée, snorkeling, excursions marines — attire jusqu’à 80 % des visiteurs. Avec une visibilité sous-marine pouvant atteindre 30 mètres, les eaux saint-martinoises figurent parmi les plus propices à la découverte écologique en Caraïbe.
Des projets innovants comme le parc de sculptures sous-marines “Under SXM” à Little Bay permettent de créer des récifs artificiels tout en diversifiant l’offre touristique et en décongestionnant les sites naturels les plus sensibles. Ce type d’initiative valorise pleinement les écosystèmes marins de Saint-Martin tout en les protégeant.
Une dégradation inquiétante
Mais ce trésor écologique est en péril. Selon l’Ifrecor, seuls 20 % des récifs coralliens de Saint-Martin sont dans un état “bon”. Aucun n’est considéré en “excellent état”. Les autres présentent des signes de dégradation avancée, en lien direct avec l’urbanisation, les aménagements portuaires, et la pollution issue des eaux usées non traitées.
Les sédiments issus du ruissellement urbain ou agricole asphyxient les coraux. Les produits chimiques favorisent les algues invasives au détriment des espèces constructrices. La surexploitation des ressources marines accentue encore la pression sur des écosystèmes marins de Saint-Martin déjà fragilisés.
Le blanchissement corallien de 2023, dû à une température de l’eau dépassant les 30°C, a touché l’ensemble de la réserve naturelle. Malgré cela, certains coraux ont montré une capacité de résilience encourageante. Cette dynamique positive reste cependant fragile.
Réserve naturelle et stratégies de protection
Créée en 1998, la Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin couvre plus de 3 000 hectares, dont 2 796 hectares marins. Elle constitue le principal outil de conservation, protégeant récifs, mangroves, herbiers, étangs et forêts littorales. Cette aire protégée abrite à elle seule près de 2 000 espèces réparties en 44 groupes taxonomiques.
Un plan de gestion quinquennal encadre les actions à mener pour préserver les écosystèmes marins de Saint-Martin : restauration des habitats, contrôle des usages, sensibilisation des usagers, suivi scientifique et coopération régionale.
Les mammifères marins bénéficient du sanctuaire Agoa, qui couvre l’ensemble de la zone économique exclusive des Antilles françaises, tandis que les tortues font l’objet de plans d’action coordonnés avec des réseaux d’éco-volontaires qui surveillent les sites de ponte.
Tourisme durable et restauration écologique
La Réserve naturelle développe une stratégie de mouillage écologique, avec bouées d’amarrage et outils numériques pour limiter les ancrages destructeurs. Les centres de plongée sont également formés à des pratiques écoresponsables, contribuant ainsi à protéger les écosystèmes marins de Saint-Martin tout en maintenant une activité touristique qualitative.
Des programmes de restauration des récifs incluent la création de pépinières de coraux et des transplantations ciblées. La recherche sur la résistance thermique des coraux ouvre de nouvelles perspectives pour renforcer la résilience des écosystèmes marins de Saint-Martin face au changement climatique.
Vers une économie bleue durable
L’avenir de Saint-Martin passe par un développement équilibré de son économie bleue, en valorisant les services écosystémiques comme la protection côtière, la séquestration du carbone ou l’attractivité touristique. Des dispositifs de paiement pour services environnementaux pourraient fournir de nouvelles sources de financement pour la préservation.
La participation de Saint-Martin aux réseaux régionaux comme le projet CAMAC permet aussi de mutualiser les connaissances et les bonnes pratiques, renforçant ainsi la protection des écosystèmes marins de Saint-Martin à l’échelle caribéenne.