Martinique – Jordan Beal : Une exploration photographique au salon unRepresented

Jordan Beal

Le salon unRepresented, dédié aux artistes non représentés en galerie, offre cette année une vitrine exceptionnelle à Jordan Beal, photographe martiniquais dont le travail repousse les limites de la photographie traditionnelle. Premier lauréat de la bourse de soutien à la création contemporaine française caribéenne et amazonienne, il expose à Paris sa série « Corrosion », une œuvre qui interroge notre perception de la nature et du territoire. Cet événement marque une étape importante pour cet artiste émergent et pour la reconnaissance des talents issus de la Caraïbe.

Qui est Jordan Beal ?

Jordan Beal, né en 1991 en Martinique, est un photographe dont l’approche artistique se distingue par son caractère expérimental et sa sensibilité unique. Dès ses débuts, il a montré un intérêt marqué pour l’exploration des interactions entre l’homme et son environnement naturel.

En 2022, il présentait « Pour faire le portrait d’une fleur » à Tropiques Atrium. Cette exposition monographique mettait en lumière une technique audacieuse : certains tirages photographiques étaient enfouis sous terre pendant plusieurs semaines. Ce processus symbolique visait à restituer à la nature ce qu’elle avait inspiré à l’artiste, créant ainsi des œuvres marquées par l’empreinte du temps et des éléments naturels.

L’art de Jordan Beal transcende les frontières traditionnelles de la photographie. Ses œuvres interrogent des concepts tels que le territoire, les frontières naturelles et politiques, ou encore les transformations subies par la nature dans un monde en constante évolution.

La bourse de soutien à la création contemporaine française caribéenne et amazonienne

Cette bourse, initiée par Rubis Mécénat, La Station Culturelle (Martinique) et le salon unRepresented, vise à promouvoir les artistes émergents issus des territoires caribéens et amazoniens. Elle répond à un besoin crucial : offrir une visibilité accrue et des ressources professionnelles aux créateurs souvent marginalisés sur la scène artistique internationale.

L’objectif principal est double :

  • Soutenir la production artistique : Les artistes bénéficient d’un financement pour réaliser leurs projets.
  • Accompagner leur développement professionnel : Un programme personnalisé de rencontres avec des experts du milieu artistique est mis en place.

Pour Jordan Beal, cette bourse a été déterminante. Elle lui a permis d’exposer sa série « Corrosion » dans un cadre prestigieux tout en renforçant sa présence sur la scène artistique européenne. Ce soutien illustre également l’importance de valoriser les talents issus de régions souvent sous-représentées dans le paysage culturel mondial.

La série « Corrosion » : Une œuvre entre abstraction et réalité

La série « Corrosion » constitue un tournant dans la carrière de Jordan Beal. Cette œuvre explore les limites du médium photographique en intégrant des procédés chimiques, des doubles expositions et des découpes artistiques. Ces techniques permettent de transformer l’image initiale en une composition abstraite où se mêlent réalité et imaginaire.

Les thèmes centraux de « Corrosion » incluent :

  • La relation entre l’homme et son environnement naturel.
  • Les transformations chimiques comme métaphore du passage du temps.
  • Les frontières floues entre abstraction et figuration.

À travers ces œuvres, Jordan Beal propose une réflexion poétique sur les notions de territoire et d’identité. Les paysages qu’il crée sont empreints d’une beauté énigmatique, invitant le spectateur à redécouvrir le monde sous un angle inédit.

Jordan Beal
Jordan Beal, Corrosion 07, 2025, tirage jet d’encre sur papier Hahnemühle Ultra Smooth détérioré depuis scan de négatif lui-même détérioré, 24 × 30 cm. © Jordan Beal.
Jordan Beal
Jordan Beal, Corrosion 06, 2025, tirage jet d’encre sur papier Hahnemühle Ultra Smooth détérioré depuis scan de négatif lui-même détérioré, 24 × 30 cm. © Jordan Beal.

L’exposition au salon unRepresented

Le salon unRepresented s’est imposé comme un espace incontournable pour les artistes non représentés en galerie. Dédié à l’expérimentation esthétique, cet événement mettait en lumière des talents émergents tout en offrant une plateforme pour explorer de nouvelles formes d’expression artistique.

Cette année, le salon s’est tenu au Molière, au cœur de Paris. Parmi les expositions personnelles présentées, celle de Jordan Beal s’est distinguée par son audace et son originalité. Du 4 au 6 avril 2025, les visiteurs ont pu découvrir la série « Corrosion », une œuvre qui défiait les conventions photographiques tout en célébrant la richesse culturelle de la Caraïbe.

Pourquoi cette exposition est-elle importante ?

  • Elle a offert une visibilité internationale à Jordan Beal.
  • Elle a mis en avant le dynamisme de la scène artistique caribéenne.
  • Elle a illustré l’importance des initiatives comme celle du salon unRepresented pour promouvoir des artistes émergents.
Jordan Beal
Jordan Beal, Corrosion 05, 2024, tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Ultra Smooth depuis scan de négatif détérioré, 60 × 48 cm. © Jordan Beal.
Jordan Beal
Jordan Beal, Corrosion 04, 2023, tirage pigmentaire sur papier Hahnemühle Ultra Smooth depuis scan de négatif détérioré, 75 × 60 cm. © Jordan Beal.
Jordan Beal
Jordan Beal, Corrosion 09, 2024, négatif 4 × 5 détérioré, 10 × 12 cm. © Jordan Beal.

Un impact durable sur la scène artistique caribéenne

Jordan Beal incarne une nouvelle génération d’artistes caribéens qui repoussent les limites des médiums traditionnels tout en explorant des thèmes universels tels que l’identité, le territoire et la nature. Son succès au salon unRepresented témoigne du potentiel immense de cette région souvent sous-estimée sur la scène artistique mondiale.

Grâce à cette bourse et à son exposition parisienne, il ouvre la voie à d’autres artistes issus des Caraïbes et de l’Amazonie. Il démontre que ces territoires ne sont pas seulement riches en biodiversité, mais aussi en créativité culturelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

Philippe Faure-Brac
ACTUS
Tolotra

Philippe Faure-Brac à l’Habitation Clément : le rhum martiniquais vu par un grand sommelier.

Philippe Faure-Brac n’avait encore jamais visité l’Habitation Clément. Meilleur Sommelier du Monde 1992, membre des Meilleurs Ouvriers de France à titre honoris causa depuis 2015, il est venu en Martinique pour regarder le rhum agricole depuis son lieu même d’élaboration : la canne, les chais, la mise en bouteille et la dégustation. Une première visite à l’Habitation Clément À l’Habitation Clément, au François, cette venue avait une portée particulière. Philippe Faure-Brac connaissait déjà les rhums Clément, leur positionnement qualitatif et leur univers. Il avait aussi participé à l’ouvrage Rhum Clément, une histoire de famille, en apportant son regard sur la précision aromatique, l’équilibre et la tradition d’excellence de la maison. Mais il lui manquait l’expérience du lieu. Celle de la lumière, de la température, de l’ambiance des chais et des échanges avec les équipes. « La première fois en Martinique ? J’allais dire enfin », a-t-il confié, en rappelant qu’il

Lire la suite "
Boiling Lake
TOURISME
Tolotra

Boiling Lake : 92 °C, 63 m de large, le 2e plus grand lac bouillonnant au monde

À 8 kilomètres à l’est de Roseau, capitale de la Dominique, il faut compter trois heures de marche depuis Laudat pour arriver devant le Boiling Lake. Trois heures de forêt humide, de vallée de désolation, de rochers chauffés par le sol, de vapeurs sulfureuses. Au bout du chemin, un bassin de 63 mètres de large. À l’intérieur, une eau qui bouillonne presque en permanence, avec des températures mesurées jusqu’à 91,6 °C sur les bords. C’est le deuxième plus grand lac bouillonnant au monde. Un phénomène rare dans un parc UNESCO Le premier au monde se trouve en Nouvelle-Zélande  le Frying Pan Lake, dans la vallée de Waimangu. Mais le Boiling Lake dominicain occupe une place à part. D’abord parce qu’il se gagne à pied, au terme d’une randonnée exigeante. Ensuite parce qu’il est inclus dans un parc national classé au patrimoine mondial UNESCO depuis 1997 : le Morne Trois Pitons

Lire la suite "
Tourisme 3.0
TOURISME
Tolotra

Tourisme 3.0 : la Jamaïque veut garder sa richesse touristique

Au Montego Bay Convention Centre, l’image est parlante. Des entrepreneurs locaux présentent leurs produits, des représentants d’hôtels circulent, des rendez-vous s’enchaînent. Derrière ces échanges rapides, une question pèse lourd : quand le tourisme rapporte, combien reste vraiment en Jamaïque ? C’est le cœur de Tourisme 3.0, la nouvelle orientation défendue par Edmund Bartlett, ministre jamaïcain du Tourisme. Lors du 11e Speed Networking Event du Tourism Enhancement Fund, il a présenté une ambition claire : faire du tourisme un moteur plus direct pour les producteurs, les artisans, les manufacturiers et les fournisseurs jamaïcains. Un tourisme qui ne veut plus seulement attirer La Jamaïque sait accueillir les visiteurs. Mais le défi n’est plus seulement de remplir les hôtels ou d’augmenter les arrivées. Le vrai enjeu est de retenir davantage de valeur sur le territoire. Edmund Bartlett a reconnu une faiblesse structurelle : une grande partie des biens et services consommés par l’industrie

Lire la suite "

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande