Nelson’s Dockyard, le seul chantier naval géorgien encore actif au monde

Nelson's Dockyard, chantier naval historique à English Harbour, Antigua

Aujourd’hui encore, des bateaux entrent et sortent du bassin d’English Harbour, sur la côte sud d’Antigua. Certains viennent réparer un gréement, d’autres s’amarrer pour la saison. Le décor n’a presque pas changé, mêmes quais de pierre, mêmes entrepôts géorgiens aux toits de bardeaux. Nelson’s Dockyard n’est pas un musée figé dans le temps. C’est le seul chantier naval de l’époque géorgienne encore en activité continue au monde, créé le 25 septembre 1725 et bâti pour l’essentiel par des Africains réduits en esclavage.

English Harbour, l'abri qui a donné naissance à Nelson's Dockyard

English Harbour a été choisi pour une raison très concrète. Sa forme resserrée offre un abri naturel contre les ouragans, et sa position sur le flanc sud d’Antigua permettait de surveiller les mouvements des flottes rivales dans les îles voisines. C’est dans cette baie que le chantier allait progressivement prendre forme, au service de la Marine royale britannique.

Vue aérienne d'English Harbour et de Nelson's Dockyard, Antigua-et-Barbuda
English Harbour, Antigua-et-Barbuda

25 septembre 1725, l'acte fondateur de Nelson's Dockyard

Le 25 septembre 1725, l’Assemblée d’Antigua a voté la loi cédant ce terrain à la Royal Navy. Les planteurs de canne à sucre de l’île espéraient qu’en échange, la Marine investirait davantage dans la protection du commerce local. Pendant près de vingt ans, elle n’a presque rien construit sur le site. Ce n’est qu’à partir du milieu des années 1740 qu’il prend véritablement forme.

Une main-d'œuvre réduite en esclavage a construit Nelson's Dockyard

Les entrepôts en bois, les magasins de cuivre, les forges et les ateliers de voilure sortent de terre entre 1745 et 1794, par phases successives. La construction du chantier a mobilisé des Africains réduits en esclavage, envoyés par les plantations voisines. Selon les autorités patrimoniales d’Antigua, plus de 75% de la main-d’Å“uvre du chantier était composée d’hommes réduits en esclavage, qui travaillaient comme charpentiers de marine, forgerons, calfats ou voiliers.

Bâtiment colonial en briques de Nelson's Dockyard, English Harbour, Antigua
English Harbour, Antigua-et-Barbuda

Pourquoi Nelson's Dockyard porte le nom de l'amiral Nelson

C’est dans ce chantier que l’amiral Horatio Nelson a vécu, de 1784 à 1787, alors jeune officier de la Royal Navy. Il n’en est ni le fondateur ni le bâtisseur de Nelson’s Dockyard. Mais son nom lui est resté, et c’est sous ce nom que le site est connu aujourd’hui dans le monde entier.

De l'abandon à l'inscription de Nelson's Dockyard au patrimoine mondial

La Marine britannique a fini par abandonner le chantier en 1889, la guerre à voile appartenant désormais au passé. Les bâtiments se sont dégradés pendant plusieurs décennies, avant qu’un long travail de restauration ne leur redonne vie au XXe siècle. Le 16 juillet 2016, lors de sa 40e session tenue à Istanbul, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit Nelson’s Dockyard sous le nom « Antigua Naval Dockyard and Related Archaeological Sites ».

Dockyard Museum, bâtiment restauré de Nelson's Dockyard, Antigua
English Harbour, Antigua-et-Barbuda

Nelson's Dockyard, un chantier naval toujours vivant

Cette continuité est précisément ce qui rend Nelson’s Dockyard unique. Contrairement à de nombreux sites patrimoniaux caribéens, figés dans leur usage d’origine, celui-ci n’a jamais cessé de servir à sa fonction première, accueillir et réparer des bateaux. D’autres forteresses de la région portent, elles aussi, la marque de la rivalité coloniale entre puissances européennes, comme Brimstone Hill à Saint-Kitts ou La Fortaleza à Porto Rico. Mais peu peuvent revendiquer d’être restées vivantes comme ce chantier, plutôt que transformées en simples vestiges à visiter.

Trois siècles après le vote de l’Assemblée d’Antigua, une question demeure ouverte sur l’histoire de Nelson’s Dockyard. Le nom qui a traversé l’histoire est celui d’un officier de passage, quatre années à peine sur un lieu qui en compte trois cents. Les noms de ceux qui ont réellement construit le chantier, pierre par pierre, restent à ce jour largement absents des archives consultées. Reste à savoir si l’histoire caribéenne saura un jour les retrouver.

Nelson’s Dockyard est un chantier naval historique situé à English Harbour, sur la côte sud d’Antigua. C’est le seul chantier naval de l’époque géorgienne encore en activité continue au monde.

Il a été créé le 25 septembre 1725, date à laquelle l’Assemblée d’Antigua a voté la loi cédant le terrain à la Royal Navy britannique.

Oui, il fait partie du site « Antigua Naval Dockyard and Related Archaeological Sites », inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO le 16 juillet 2016.

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