St Vincent & Grenadines – Transmettre l’héritage Garifuna : une feuille de route vers l’émancipation autochtone à l’horizon 2030

Garifuna

Transmettre l’héritage Garifuna était au cœur de la 12e Conférence internationale Garifuna, organisée au campus global de l’Université des West Indies à Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Portée par la Garifuna Heritage Foundation en partenariat avec l’université, cette édition 2025 a réuni des leaders culturels, chercheurs, artistes et militants autour d’un thème fédérateur : « Embrasser notre héritage – Stratégies pour construire le pilier Garifuna d’un plan de développement des peuples autochtones à l’horizon 2030 ». La conférence fut à la fois un temps de mémoire, de transmission, et un appel clair à l’action pour assurer la pérennité de l’identité Garifuna au-delà des frontières et des générations.

Mémoire vivante : langue, chants et rituels comme actes de résistance

La conférence s’est ouverte sur une note hautement symbolique : la récitation du Notre Père en Garifuna par une délégation venue spécialement pour l’occasion. Un moment à la fois spirituel et linguistique, qui a donné le ton d’un événement centré sur les racines culturelles et la reconquête identitaire.

Une des intervenantes, a ensuite présenté un chant traditionnel évoquant l’exil — celui du peuple Garifuna arraché à Saint-Vincent, mais aussi l’exil dans sa dimension universelle. « L’exil est l’exil », a-t-elle affirmé, traçant un parallèle avec la diaspora juive ou d’autres peuples déplacés. Chanté sur un mode mineur, généralement associé à la mélancolie, ce morceau fut décrit comme un puissant outil de transmission orale, porteur d’émotion et de mémoire.

Ici, la musique ne se limite pas à l’art : elle est témoignage. Elle incarne une mémoire vivante, une résistance culturelle, un lien entre les générations. À travers ses rythmes, ses mots et ses harmonies, elle transmet un récit de survie et de dignité.

Les intervenants

Garifuna
Garifuna
Garifuna

Construire une stratégie de développement ancrée dans les savoirs autochtones

Le cœur de cette rencontre de trois jours résidait dans la construction d’un cadre de développement pour 2030, centré sur les réalités Garifuna. Les discussions ont porté sur des stratégies concrètes : éducation, préservation du patrimoine, participation politique, et développement communautaire.

Un consensus fort a émergé autour de l’importance des savoirs autochtones dans les politiques nationales de développement. En premier lieu, la langue a été placée au centre des préoccupations : au-delà d’un outil de communication, elle est perçue comme un vecteur d’identité, une vision du monde, un héritage ancestral. Toute politique de développement véritablement durable doit donc reconnaître et renforcer les institutions culturelles Garifuna.

Un autre point clé a été la transmission intergénérationnelle. Les aînés sont les gardiens de la mémoire, mais les jeunes sont appelés à en devenir les relais, en s’appropriant ces savoirs avec les outils contemporains. Il ne s’agit pas simplement de préserver un patrimoine, mais de construire un avenir vivant, nourri par la sagesse du passé.

Un cap clair vers 2030

À l’issue de cette 12e Conférence internationale Garifuna, le message est sans ambiguïté : transmettre l’héritage Garifuna ne relève pas du passé, mais d’un choix stratégique pour l’avenir. Par la langue, la musique, le récit et l’action collective, les participants ont esquissé une feuille de route ambitieuse, où l’identité Garifuna ne se contente pas de survivre, mais s’affirme comme une force vive dans la Caraïbe et au-delà.

En regardant vers 2030, la Garifuna Heritage Foundation et ses partenaires entendent traduire ces réflexions en projets concrets. L’appel est lancé, et la marche continue — enracinée dans la mémoire, mais résolument tournée vers l’avenir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

Logo Silver Magellan Award 2026 des Travel Weekly Magellan Awards, Silver Award Winner
ART CULINAIRE
Tolotra

Silver Magellan Award 2026 : la Martinique fait rayonner sa gastronomie à l’international

La Martinique vient de décrocher un Silver Magellan Award 2026 pour son patrimoine culinaire. Décernée par Travel Weekly, cette distinction récompense le Comité Martiniquais du Tourisme dans la catégorie des destinations gastronomiques de la Caraïbe. Une reconnaissance internationale qui met en lumière les saveurs de l’île, ses savoir-faire et une ambition grandissante : faire de la gastronomie martiniquaise une véritable expérience de voyage. Silver Magellan Award 2026 : une distinction pour la gastronomie martiniquaise Les résultats des Travel Weekly Magellan Awards 2026 sont désormais consultables sur le site officiel du concours. La Martinique y figure parmi les lauréats avec une médaille d’argent dans la catégorie Caribbean – Overall Destinations – Culinary Destination. La candidature du Comité Martiniquais du Tourisme (CMT), intitulée Martinique: Where Culinary Heritage Comes to Life, met en avant une destination où le patrimoine culinaire continue de vivre et de se transmettre. Organisés par le média professionnel américain

Lire la suite "
Cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, église anglicane en bois
TOURISME
Tolotra

Cathédrale Saint-Georges de Georgetown, 43,5 mètres de bois après la brique

La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, mesure environ 43,5 mètres et elle est construite en bois. Consacrée le 8 novembre 1894, elle succède à une cathédrale de brique, achevée en 1842, dont la tour était jugée trop lourde pour ses fondations. Son histoire est celle d’un édifice de greenheart, un bois dur du Guyana, que le diocèse doit encore protéger. En janvier 2015, le doyen Paul Andrew Carto, recteur de la cathédrale Saint-Georges de Georgetown, au Guyana, avertissait que les ennuis de l’édifice ne se régleraient pas avec des barbecues et des ventes de gâteaux. La phrase dit tout l’enjeu de ce monument. À Georgetown, l’église anglicane Saint-Georges est un grand monument de bois de 43,5 mètres, et le bois demande un entretien sans relâche. La cathédrale Saint-Georges, 43,5 mètres de bois à Georgetown La cathédrale Saint-Georges de Georgetown, capitale du Guyana, se dresse sur Church Street et mesure

Lire la suite "
cinémas caribéens
Film et vidéo
Tolotra

S6/10 – Histoires des cinémas caribéens, dancehall, mémoire et satire cubaine. Textes : Guillaume Robillard. Ciclic, 2026..

Ainsi, l’histoire des cinémas caribéens ne commence que dans les années 1960 alors que des films sont tournés dans la Caraïbe depuis le début du XXe siècle, en particulier deux vues des frères Lumière en Martinique en 1902. En effet, il est courant de bien distinguer les films tournés dans la Caraïbe des films faits par des réalisatrices et réalisateurs des différentes îles de cet archipel. En toute évidence, cette frise commence par une œuvre du cinéma cubain dont le professionnalisme, la richesse et la diversité, qui ont déjà inspiré une riche bibliographie, le démarquent nettement dans cet espace géographique.Quant aux productions de la Jamaïque, de Trinidad-et-Tobago et de la République dominicaine, elles affichent une certaine régularité ponctuée de belles surprises tandis que du côté d’Haïti une production semi-professionnelle fut longtemps prolifique et honorée d’un public nombreux. Par ailleurs, en face, quelques petits pays produisent fragilement (Sainte-Lucie, Grenade) ou rarement

Lire la suite "

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande