Philippe Faure-Brac n’avait encore jamais visité l’Habitation Clément. Meilleur Sommelier du Monde 1992, membre des Meilleurs Ouvriers de France à titre honoris causa depuis 2015, il est venu en Martinique pour regarder le rhum agricole depuis son lieu même d’élaboration : la canne, les chais, la mise en bouteille et la dégustation.

Une première visite à l’Habitation Clément

À l’Habitation Clément, au François, cette venue avait une portée particulière. Philippe Faure-Brac connaissait déjà les rhums Clément, leur positionnement qualitatif et leur univers. Il avait aussi participé à l’ouvrage Rhum Clément, une histoire de famille, en apportant son regard sur la précision aromatique, l’équilibre et la tradition d’excellence de la maison.

Mais il lui manquait l’expérience du lieu. Celle de la lumière, de la température, de l’ambiance des chais et des échanges avec les équipes. « La première fois en Martinique ? J’allais dire enfin », a-t-il confié, en rappelant qu’il souhaitait depuis des années s’imprégner de cette culture martiniquaise du rhum.

Cette visite organisée par les rhums Clément a donc permis de relier deux mondes : celui de la sommellerie française et celui du patrimoine rhumier martiniquais. Deux univers différents, mais réunis par une même exigence : comprendre ce qu’un produit raconte de son territoire.

Philippe Faure-Brac

De la canne à la bouteille, la précision comme fil conducteur

La journée a commencé par une immersion dans les étapes de production. Philippe Faure-Brac a visité la ligne de mise en bouteille, utilisée pour les rhums JM et Clément. Guidés par William Caster, les participants ont pu mieux saisir la précision et les exigences techniques qui accompagnent chaque étape du conditionnement.

Il y a vu un processus qu’il a décrit comme « extrêmement précis », porté par un outil industriel où « tout est maîtrisé, contrôlé, optimisé ».

Philippe Faure-Brac
William Caster présentant la ligne de mise en bouteille.
Philippe Faure-Brac

Cette précision n’est pas un détail. Sur le site, 2 à 3 millions de bouteilles sont mises en bouteille. Les équipes suivent le degré réel d’alcool, le degré apparent, l’obscuration, les cuves tampons, la cuve de régulation et la première bouteille sortie de la tireuse. La tolérance indiquée lors de la visite est très encadrée : pour un rhum affiché à 50 degrés, le degré réel peut se situer entre 49,7 et 50,3.

Cette rigueur donne une autre lecture du rhum. Derrière l’image festive du ti-punch ou du planteur, il y a un ensemble de contrôles, de gestes et de décisions techniques. Pour Philippe Faure-Brac, la mise en bouteille représente la dernière finition avant la commercialisation, mais elle ne se comprend qu’en revenant à l’origine : la canne à sucre.

Il a évoqué les cannes bleues et les cannes rouges, taillées symboliquement, goûtées, mâchées, pour saisir ce que la matière première peut déjà porter. Au-delà de la sucrosité, il y a selon lui des notes végétales, ligneuses, des arômes qui peuvent se retrouver dans le produit final, après fermentation et élevage.

Le rhum agricole martiniquais comme identité de territoire

L’un des points forts de cette rencontre tient au regard porté par Philippe Faure-Brac sur le rhum agricole de Martinique. Pour lui, l’appellation d’origine contrôlée n’est pas seulement une règle administrative. Elle traduit une histoire, une culture, une géologie, une climatologie et un processus précis.

Il insiste sur une idée essentielle : un rhum produit en Martinique n’aura pas le même goût qu’un rhum produit ailleurs, même dans une autre île. Cette différence ne relève pas du discours marketing. Elle repose sur une typicité reconnue, contrôlée et validée par des commissions de dégustation d’agrément.

C’est là que l’actualité dépasse la simple visite d’un grand nom de la sommellerie. Elle rappelle que le rhum agricole martiniquais est un produit de territoire. Il porte la mémoire de la canne, l’histoire de la sucrerie, le travail des chais et la patience du vieillissement.

Philippe Faure-Brac
Julien Thimon (Maître de Chai)
Philippe Faure-Brac
Dégustation avec Aurélien Laye (Responsable R&D)

Une expérience immersive pour les lauréats du concours SPIRIBAM

La visite a également réuni les lauréats du concours SPIRIBAM, invités en Martinique dans le cadre d’une immersion au cœur des distilleries du groupe. Les étudiants Vishan Mastiyage, accompagné de Sophie Picaut (Sucy-en-Brie), Orianne Guioullier, accompagné de Tristan Soulaine (La Rochelle), ainsi qu’Amandine Renée, accompagnée d’Aline Van Laeys (Ifs Caen), ont ainsi pu découvrir de l’intérieur l’univers du rhum agricole martiniquais, de la production à la dégustation.

Philippe Faure-Brac
Célia Sainville, Tristan Soulaine, Orianne Guioullier, Amandine Renée, Vishan Mastiyage, Sophie Picaut, Aline Van Laeys, Phillipe Faure-Brac

Les échanges autour de la dégustation se sont déroulés en présence de Dominique de La Guigneraye, directeur commercial des rhums Clément et de SPIRIBAM France, aux côtés de Julien Thimon, maître de chai, ainsi qu’Aurélien Laye, responsable Recherche & Développement chez Habitation Clément.

Philippe Faure-Brac et Dominique de Laguigneraye

Quand le rhum entre dans la gastronomie

Philippe Faure-Brac défend aussi une approche gastronomique du rhum. Il ne nie pas son rôle dans les cocktails. Au contraire, il rappelle que cette image festive fait partie de son identité. Mais il ouvre une autre voie : celle de la dégustation à table. Il imagine un vieux rhum avec un fromage ou certains desserts. Il évoque aussi un rhum blanc servi très froid, presque givré, dont la texture devient plus huileuse, plus grasse, et qui pourrait accompagner un poisson fumé. Ce regard de sommelier permet de sortir le rhum d’un seul usage, sans le couper de son histoire.

L’enjeu est clair : faire comprendre que les grands spiritueux caribéens peuvent être pensés avec la même précision que les grands vins ou les grandes eaux-de-vie. Non pour les figer dans un discours élitiste, mais pour mieux montrer leur profondeur.

Un patrimoine à respecter et à transmettre

À la fin de l’échange, Philippe Faure-Brac a rappelé une idée simple : un spiritueux reste un produit à respecter. Il se consomme avec modération, mais aussi avec précision, gourmandise et attention. Cette phrase résume peut-être le sens de sa visite. À l’Habitation Clément, le rhum n’apparaît pas seulement comme une boisson. Il devient un patrimoine vivant, lié à un lieu, à des gestes, à des équipes et à une culture. « Une grande boisson, et c’est le cas ici, ça rassemble les gens », a-t-il souligné.

Avec cette venue, les rhums Clément poursuivent leur dialogue avec les grandes figures de la dégustation. Et la Martinique rappelle, une fois encore, que son rhum agricole n’est pas seulement un produit d’exportation : c’est une manière de raconter un territoire au monde.

Philippe Faure-Brac est venu en Martinique à l’invitation des rhums Clément pour découvrir l’Habitation Clément, son lieu d’élaboration, ses chais, sa ligne de mise en bouteille et ses équipes. Cette visite était importante car, même s’il connaissait déjà les rhums Clément et avait participé à l’ouvrage Rhum Clément, une histoire de famille, il n’avait encore jamais visité ce site patrimonial martiniquais.

 Philippe Faure-Brac retient surtout l’identité très forte du rhum agricole martiniquais. Selon lui, cette singularité vient du territoire, de la canne à sucre, du climat, de la géologie, du savoir-faire et du cadre de l’appellation d’origine contrôlée. Il insiste sur le fait qu’un rhum produit en Martinique ne peut pas avoir le même goût qu’un rhum élaboré ailleurs, car il porte l’empreinte de son lieu d’origine.

Philippe Faure-Brac défend une lecture gastronomique du rhum. Il rappelle que le rhum garde une dimension festive, notamment dans les cocktails, mais il peut aussi être dégusté autrement. Il évoque par exemple l’accord entre un vieux rhum et un fromage ou un dessert, mais aussi un rhum blanc servi très froid avec un poisson fumé. Son regard montre que le rhum martiniquais peut trouver sa place dans des expériences de dégustation précises, au même titre que d’autres grands spiritueux.

En Martinique, la venue de Denis Mukwege a donné un poids particulier au mot réparation. Du 2 au 8 mai 2026, le prix Nobel de la paix 2018 a rencontré habitants, soignants, étudiants et élus autour d’un même message : soigner les corps ne suffit pas si les sociétés laissent les violences faites aux femmes dans le silence.

Une semaine pour entendre une voix mondiale

La Martinique n’a pas accueilli seulement un médecin célèbre. Elle a reçu un homme dont le nom est lié à l’une des grandes luttes morales de notre temps. Denis Mukwege, gynécologue congolais, a consacré sa vie aux femmes survivantes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Son combat lui a valu le prix Nobel de la paix en 2018, partagé avec Nadia Murad, pour leurs efforts contre l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre.

Cette visite s’est tenue dans le cadre du Festival en Pays Rêvé, en format « hors les murs », avec les mairies des Anses-d’Arlet et du Lamentin, ainsi que le Rotary Club. Le thème choisi disait déjà l’essentiel : « Réparer les femmes, réparer le monde ».

Denis Mukwege

Aux Anses-d’Arlet, une mémoire inscrite dans la rue

Le 3 mai, aux Anses-d’Arlet, une voie portant le nom du docteur a été inaugurée. Le geste est symbolique, mais il n’est pas décoratif. Donner le nom de Denis Mukwege à un espace public, c’est inscrire dans le paysage martiniquais une exigence de dignité humaine.

La commune a voulu rendre hommage à son combat contre les violences sexuelles, notamment lorsqu’elles sont utilisées comme arme de guerre. Devant les habitants réunis, cette reconnaissance a pris une dimension locale. La Martinique n’est pas la République démocratique du Congo. Mais elle connaît, elle aussi, la force des mémoires blessées, des silences transmis, des combats pour la dignité.

Martinique

À Madiana, le cinéma comme lieu de parole

Le 4 mai, le public martiniquais s’est retrouvé à Madiana autour du film Muganga – Celui qui soigne. La projection, organisée en présence de Denis Mukwege et du professeur Guy-Bernard Cadière, a transformé la salle en lieu d’écoute.

Le film retrace le combat mené auprès des femmes victimes de violences sexuelles en RDC. Ce soir-là, l’émotion n’était pas seulement liée aux images. Elle venait aussi de la présence de l’homme qui, depuis des années, reçoit ces blessures dans son hôpital, les nomme, les soigne, puis demande justice. Un chèque de 5 000 € a également été remis au profit de la Fondation Panzi.

Réparer ne veut pas dire oublier

Le message de Denis Mukwege tient dans une idée simple et difficile : réparer ne signifie pas effacer. À Panzi, fondé à Bukavu en 1999, les femmes reçoivent des soins médicaux, mais aussi un accompagnement psychologique, social et juridique. Cette approche rappelle que la violence sexuelle détruit bien plus qu’un corps. Elle atteint une famille, une communauté, une société entière.

C’est pourquoi le médecin parle autant de justice que de soin. Sans reconnaissance des crimes, sans lutte contre l’impunité, la réparation reste incomplète. Son message interpelle aussi les hommes, les institutions, les familles, les témoins. Le silence protège rarement les victimes. Il protège souvent ceux qui veulent que rien ne change.

Denis Mukwege
Denis Mukwege

Pourquoi cette visite compte en Martinique

La venue de Denis Mukwege en Martinique ouvre une question plus large. Que fait un territoire quand il accueille une telle parole ? Il peut applaudir, s’émouvoir, nommer une rue, remplir une salle. Mais il peut aussi prolonger cette rencontre par une réflexion plus profonde sur les violences faites aux femmes, la prévention, l’écoute, l’éducation et la justice.

C’est là que l’événement dépasse l’hommage. Il devient un miroir. En plaçant la réparation au centre, la Martinique rappelle que la dignité humaine n’a pas de frontière. Elle se défend à Bukavu, aux Anses-d’Arlet, au Lamentin, dans les familles, les écoles, les hôpitaux et les tribunaux. Après le départ de Denis Mukwege, une question demeure : comment transformer cette semaine de rencontres en engagements durables pour les femmes, la justice et la dignité ?

Denis Mukwege était en Martinique du 2 au 8 mai 2026 dans le cadre du Festival en Pays Rêvé – Hors les murs, avec plusieurs rencontres organisées aux Anses-d’Arlet, au Lamentin, au CHU, à l’Université et dans des lieux culturels. Sa visite avait pour objectif de partager son combat pour les femmes victimes de violences sexuelles, mais aussi de rappeler que la réparation ne concerne pas seulement la médecine : elle touche aussi la justice, la mémoire collective et la responsabilité des sociétés.

Le lien s’est construit autour du thème « Réparer les femmes, réparer le monde ». En Martinique, Denis Mukwege a porté un message universel : les violences faites aux femmes ne sont pas seulement des drames individuels, elles fragilisent des familles, des communautés et des territoires entiers. Sa venue a permis d’ouvrir un dialogue local sur la dignité, la justice, l’écoute des victimes et la lutte contre le silence. Ce message a pris une résonance particulière aux Anses-d’Arlet, où une voie portant son nom a été inaugurée.

Denis Mukwege a reçu le prix Nobel de la paix 2018, avec Nadia Murad, pour leur combat contre l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre et de conflit armé. Médecin gynécologue congolais, il est connu pour son travail auprès des femmes survivantes de violences sexuelles en République démocratique du Congo, notamment à travers l’hôpital et la Fondation Panzi. Son action associe le soin, l’accompagnement des victimes, la défense de la justice et la lutte contre l’impunité.

À peine un mois après la mise en ligne de la première saison, l’hypothèse d’une Bandi saison 2 est désormais refermée. Netflix ne prolongera pas la série tournée en Martinique, malgré l’écho suscité par cette fiction familiale et sociale auprès du public antillais, français et caribéen. Pour la Martinique, la décision dépasse le simple sort d’une série. Elle interroge la place des récits caribéens dans l’économie mondiale des plateformes.

Une série martiniquaise arrêtée après une seule saison

Lancée le 9 avril 2026, Bandi avait immédiatement attiré l’attention par son ancrage martiniquais. La série suit une fratrie confrontée à la mort de sa mère et à la nécessité de rester soudée, dans un contexte où la précarité pousse certains personnages vers l’illégalité. En huit épisodes, la fiction a installé un univers rarement montré à cette échelle : une Martinique contemporaine, familiale, populaire, traversée par des tensions sociales fortes.

Créée par Éric Rochant et Capucine Rochant, la série réunit notamment Djody Grimeau, Rodney Dijon et Ambre Bozza. Son arrêt met fin à une attente née dès les derniers épisodes. Beaucoup de spectateurs espéraient une suite, tant la première saison laissait encore des trajectoires ouvertes. Mais Bandi saison 2 ne verra pas le jour.

Bandi saison 2
©Netflix
Bandi saison 2
©Netflix

Des audiences visibles, mais insuffisantes pour Netflix

La décision rappelle une réalité souvent brutale : sur les plateformes, le bruit médiatique et l’attachement du public ne suffisent pas toujours. Une série peut faire parler d’elle, entrer dans les conversations, porter un territoire et susciter une forte identification locale, sans obtenir le renouvellement attendu.

Dans le cas de Bandi, l’enjeu semble avoir été économique autant qu’éditorial. La série a bénéficié d’une visibilité notable, y compris dans les classements internationaux de Netflix. Mais cette visibilité n’a pas été jugée suffisante au regard des coûts de production et des critères internes de la plateforme. Bandi saison 2 devient ainsi un exemple concret de la tension entre importance culturelle et logique industrielle.

Ce que Bandi a représenté pour la Martinique

L’impact de Bandi ne tient pas seulement à son intrigue. La série a placé la Martinique au centre d’une fiction destinée à un public mondial. Elle a montré des lieux, des corps, des accents, des rapports familiaux, une présence créole et des réalités sociales qui restent encore trop rares dans les productions françaises de grande exposition. Pour de nombreux spectateurs, voir la Martinique ainsi filmée avait une portée symbolique. Bandi n’était pas seulement un thriller familial. C’était aussi un moment de reconnaissance. Une manière de voir un territoire caribéen traité comme un décor central, et non comme un simple arrière-plan exotique.

C’est là que l’arrêt de Bandi saison 2 crée une frustration particulière. La première saison avait ouvert une porte. Elle avait montré qu’un récit martiniquais pouvait circuler au-delà de son espace d’origine. Mais cette circulation n’a pas suffi à construire une continuité.

Bandi saison 2
©Netflix

Une question plus large pour les récits caribéens

L’annulation de Bandi saison 2 pose une question qui dépasse Netflix : comment les histoires caribéennes peuvent-elles s’installer durablement dans les grands circuits audiovisuels ? La Caraïbe dispose de langues, de paysages, de mémoires, de conflits sociaux, de personnages et de récits puissants. Mais pour durer, ces histoires doivent aussi trouver des modèles de production solides, des diffuseurs engagés et des publics mesurables à grande échelle.

La Martinique a prouvé qu’elle pouvait porter une fiction ambitieuse. Le défi, désormais, est de transformer cette visibilité ponctuelle en véritable filière. Une série arrêtée ne signifie pas l’échec d’un territoire. Elle révèle plutôt les conditions difficiles dans lesquelles les récits caribéens doivent exister face à des plateformes qui raisonnent en volumes d’audience, en coûts et en potentiel international.

Un arrêt, mais pas un effacement

L’absence de Bandi saison 2 ne retire rien à ce que la première saison a déjà produit. Elle a installé des visages, des voix et des décors martiniquais dans une conversation beaucoup plus large. Elle a aussi rappelé qu’un public existe pour des histoires caribéennes racontées avec ambition. Reste maintenant à savoir ce que cette expérience laissera derrière elle. De nouveaux projets ? Des carrières renforcées ? Une attente plus forte du public pour des fictions ancrées dans les Antilles ? Netflix ferme la porte à Bandi saison 2, mais la question demeure ouverte : qui portera le prochain grand récit martiniquais à l’écran ?

Bandi saison 2 ne verra pas le jour parce que Netflix n’a pas renouvelé la série après sa première saison. Malgré une forte visibilité, notamment auprès du public martiniquais, antillais et caribéen, la plateforme n’a pas jugé les résultats suffisants pour lancer une nouvelle saison. Cette décision rappelle que les plateformes mondiales ne se basent pas seulement sur l’attachement du public ou sur la portée culturelle d’une œuvre. Elles prennent aussi en compte les audiences, les coûts de production, la capacité d’une série à fidéliser les abonnés et son potentiel international.

L’arrêt de Bandi saison 2 est important parce que la série avait placé la Martinique au centre d’une fiction diffusée à grande échelle. Elle montrait des lieux, des accents, des réalités sociales, des personnages et une présence créole encore trop rares dans les séries françaises visibles à l’international. Pour une partie du public, Bandi représentait plus qu’un simple programme de divertissement : c’était un moment de reconnaissance culturelle. Son arrêt relance donc une question essentielle : comment faire durer les récits martiniquais et caribéens dans les grands circuits audiovisuels ?

L’annulation de Bandi saison 2 montre la difficulté pour les séries caribéennes de s’imposer durablement sur les plateformes mondiales. La Caraïbe possède pourtant des histoires fortes, des langues, des paysages, des tensions sociales, des mémoires et des talents capables de nourrir des fictions ambitieuses. Mais pour durer, ces œuvres doivent trouver un équilibre entre valeur culturelle, audience mesurable, financement solide et stratégie de diffusion. Le cas Bandi montre qu’une série peut marquer un territoire et créer une vraie conversation sans forcément obtenir une suite.

Jazz AN BA TOL’ prendra place le 30 mai 2026, de 16 h à 22 h, au jardin de Monique Dostaly, au François. Portée par Jam Do Over, cette édition #LaKouSamuel fera du jazz afro-caribéen un terrain de mémoire, de création, de participation et de responsabilité.

Une scène ouverte à la mémoire

Le 30 mai, le jardin de Monique Dostaly ne sera pas un lieu de concert ordinaire. Il deviendra un lakou artistique, c’est-à-dire un espace commun de rencontre, de circulation et d’expression. Jazz AN BA TOL’ rendra hommage à Samuel Tavernier, ancien maire du François, homme dévoué et engagé, qui fut un soutien fidèle de Jam Do Over. La mention #LaKouSamuel donnera à cette édition une dimension intime et territoriale.

Ce rendez-vous s’inscrira aussi dans la période de commémoration du “22 mé”, moment de mémoire majeur en Martinique. Cette profondeur se retrouvera dans la présence des Nèg Gwo Siwo, liés à la figure de l’esclave en fuite. Leur performance artistique rappellera l’histoire des esclaves marrons et la résilience des peuples afro-descendants. Dans ce contexte, le jazz sera abordé comme une mémoire vivante, née de l’histoire, de la résistance et de la création.

Jazz AN BA TOL'

Un format qui casse le concert classique

Jazz AN BA TOL’ défendra une autre manière de vivre l’art. Le public ne sera pas assigné à une place fixe devant une scène unique. Le jardin de Monique, pensé avec une scène à 360° en plein air, proposera un parcours évolutif. Chaque zone portera une ambiance distincte, entre musique, danse, arts visuels, performances, peinture, artisanat, restauration, sensibilisation à l’écoresponsabilité et temps d’échange.

Cette approche donnera sa singularité à l’événement. En Martinique, la musique occupe déjà une place centrale dans la vie culturelle. Ici, l’enjeu sera de décloisonner les disciplines. Musiciens, danseurs, peintres, artisans et spectateurs partageront un même espace. Jazz AN BA TOL’ cherchera ainsi à renforcer un écosystème pluriartistique, culturel, social, économique, touristique et citoyen, en Martinique comme dans la Caraïbe.

Jazz AN BA TOL'
Crédit photo : keke_jn_photography
Jazz AN BA TOL'
Crédit photo : Fabrice Morel Photos

Trois sets pour une soirée afro-caribéenne

La programmation musicale s’organisera autour de trois temps. Les musiciens résidents Tilo Bertholo à la batterie, Stéphane Castry à la basse, Miki Telephe aux percussions et Mélodie Spartacus à la flûte et au chant assureront la colonne vertébrale de la soirée.

Le premier set sera consacré à l’univers de Mario Canonge. Le pianiste partagera son expérience avec le public martiniquais et des invités, dont Ralph Thamar au chant et Alex Bernard à la contrebasse. Le deuxième set sera placé sous la direction de Thierry Vaton. Il réunira plusieurs artistes de la scène locale, parmi lesquels Ralph Thamar, Kélia Paulin, Alex Bernard, Joël Lutbert, Chris Suffrin et JOacHIM DesOrmeaux.

Le troisième set ouvrira la jam, cette séance d’improvisation collective qui donnera son énergie au rendez-vous. Musiciens émergents, invités et spectateurs pourront rejoindre le groupe résident. C’est là que Jazz AN BA TOL’ prendra tout son sens : une scène ouverte, construite sur l’écoute, la spontanéité et le partage.

Jazz AN BA TOL'
Crédit photo : Marc Chesneau
Jazz AN BA TOL'
Crédit photo : David Pierre - Louis
Crédit photo : David Pierre-Louis

Peinture, artisans et écoresponsabilité

La musique ne sera qu’une partie de l’expérience. L’espace peinture, dirigé par l’artiste-peintre Syldia Zobeide, permettra au public de participer à une fresque commune. Ce lieu d’expression libre donnera aux spectateurs la possibilité de traduire leurs émotions, leurs ressentis et leurs désirs par la couleur et le geste.

Jazz AN BA TOL'
Crédit photo : syldia_zobeide_

Le village des artisans mettra en avant des créations martiniquaises et caribéennes : miel, kombucha, accessoires de mode, bijoux, lithothérapie et autres productions en circuit court. Il servira aussi d’espace de rencontre entre créateurs et public, avec une logique de réseau, de clientèle et de valorisation du savoir-faire local.

Jazz AN BA TOL'

L’écoresponsabilité fera partie de l’organisation, avec une attention portée à la gestion des déchets, à la réduction des matériaux à usage unique et aux nouvelles normes de tri sélectif. Le Salon de Eta accueillera aussi une dimension de sensibilisation, fidèle à l’origine de l’événement, né d’un hommage familial à Eta, sœur et cousine disparue trop tôt.

Une association née d’un hommage

Derrière Jazz AN BA TOL’ se trouve Jam Do Over, association socioculturelle créée en 2022 par deux cousins : Patrick Suffrin, président de l’association, et JOacHIM DesOrmeaux, référent artistique. Leur projet porte une ambition claire : mettre en lumière la richesse artistique locale et ultramarine, transmettre des valeurs d’humanisme, de création et de partage, tout en soutenant les artistes émergents dans leur professionnalisation.

Jazz AN BA TOL'
JOacHIM DesOrmeaux

Les préventes sont fixées à 35 euros sur Monipass et Bizouk. L’entrée sur place sera à 40 euros, avec gratuité pour les enfants de moins de 12 ans. Le 30 mai, au François, la question sera simple : jusqu’où une jam peut-elle élargir la place du public dans la création caribéenne ?

Jazz AN BA TOL’ aura lieu au jardin de Monique Dostaly, au François, en Martinique, le 30 mai 2026, de 16 h à 22 h.

Jazz AN BA TOL’ est un événement pluriartistique autour du jazz afro-caribéen. Il réunit musique, jam ouverte, peinture, performances, artisans, mémoire et écoresponsabilité.

L’édition 2026 réunira notamment Mario Canonge, Thierry Vaton, Ralph Thamar, Alex Bernard, Kélia Paulin, Joël Lutbert, Chris Suffrin, JOacHIM DesOrmeaux, ainsi que les musiciens résidents de Jam Do Over.

Matnik Convergences ouvre une nouvelle voie pour financer la culture : celle d’un engagement structuré des entreprises au service de projets d’intérêt général. Avec sept membres fondateurs et l’appui de la Direction des Affaires Culturelles de la Martinique, ce fonds de dotation veut créer un dialogue plus lisible entre porteurs de projets, mécènes et institutions.

Une passerelle entre culture et économie

En Martinique, beaucoup de porteurs de projets culturels rencontrent la même difficulté : identifier les bons interlocuteurs, structurer un dossier, comprendre les attentes des financeurs, puis défendre leur initiative dans un cadre clair. Du côté des entreprises, plusieurs acteurs économiques souhaitent soutenir la création, le patrimoine ou les initiatives artistiques du territoire, sans toujours savoir comment agir.

C’est dans cet espace trop peu structuré que Matnik Convergences entend prendre place. Lancé à l’initiative de la Direction des Affaires Culturelles de la Martinique, le fonds est présenté comme un outil de convergence entre entreprises, institutions et monde culturel. Sa vocation n’est pas seulement de collecter des financements. Elle consiste aussi à créer une méthode et un cadre capables de rapprocher des univers qui se croisent souvent, mais travaillent encore trop rarement ensemble.

Matnik Convergences

Sept fondateurs pour lancer le mouvement

La création du fonds repose sur un collectif d’acteurs économiques engagés. Sept membres fondateurs : Crédit Mutuel de Martinique, Groupe Elizé, Société Boris Constant, Distillerie Neisson, SACEM, SARL Maurice Laouchez et Contact-Entreprises.

Cette diversité compte. Matnik Convergences ne part pas d’une initiative isolée, portée par une seule entreprise. Le projet cherche au contraire à construire une logique collective. L’objectif est de permettre aux entreprises martiniquaises qui veulent contribuer à la vie culturelle du territoire de le faire dans un cadre plus clair et plus lisible pour les porteurs de projets.

Le fonds reste toutefois un fonds d’entreprise. La DAC Martinique apporte un soutien, notamment en matière de cadrage et d’expertise, mais le dispositif garde une logique propre. Les entreprises contribuent, les projets sont examinés selon l’intérêt général, et les modalités de sélection devront être confirmées par la gouvernance du fonds.

Matnik Convergences
Matnik Convergences

Un outil de mécénat culturel

Pour les acteurs culturels, Matnik Convergences pourrait ouvrir une voie complémentaire. Le fonds ne remplace pas les demandes de subventions classiques auprès de l’État ou de la Collectivité Territoriale de Martinique. Il crée un autre chemin possible pour des projets culturels, artistiques, patrimoniaux ou environnementaux capables de répondre à une mission d’intérêt général.

La distinction entre mécénat et sponsoring reste essentielle. Dans le mécénat, une entreprise soutient une action sans attendre une contrepartie publicitaire équivalente. Elle peut être identifiée comme mécène, mais elle ne devient pas le centre du projet. Le sponsoring relève plutôt d’une stratégie de visibilité.

C’est cette logique de mécénat que le fonds veut installer. Pour la Martinique, l’enjeu dépasse la seule recherche de financement. Il s’agit de créer un climat de confiance entre ceux qui créent, transmettent ou restaurent, et ceux qui peuvent apporter des ressources financières, techniques ou humaines.

Matnik Convergences

Un fonds qui ne remplace pas l’argent public

Le point doit être clair : Matnik Convergences n’a pas vocation à remplacer l’argent public. Le fonds doit ouvrir une voie supplémentaire, portée par les entreprises, sans se substituer aux politiques culturelles de l’État ou des collectivités.

Cette nuance est essentielle. La culture en Martinique touche à la mémoire, à la transmission, à l’éducation et à l’attractivité du territoire. Dans un espace où les enjeux patrimoniaux, artistiques et économiques se croisent, un outil structuré de mécénat peut donner plus de visibilité à des projets qui peinent parfois à trouver leur place.

Le test commencera maintenant : quels projets seront soutenus, selon quels critères, et avec quelle gouvernance ? C’est sur ces réponses que se mesurera la portée réelle de Matnik Convergences. Pour la Martinique, l’enjeu dépasse la création d’un outil financier : il s’agit de savoir si la culture peut devenir un terrain durable de coopération entre celles et ceux qui créent, financent, transmettent et font vivre le territoire.

Matnik Convergences est un fonds de dotation créé pour soutenir le développement culturel en Martinique. Il vise à rapprocher les entreprises, les institutions et les porteurs de projets culturels autour d’actions d’intérêt général.

L’objectif de Matnik Convergences est de créer une passerelle plus claire entre le monde économique et le secteur culturel martiniquais. Le fonds doit permettre à des entreprises de soutenir des projets culturels, artistiques ou patrimoniaux dans un cadre structuré.

Non. Matnik Convergences ne remplace pas l’argent public. Il ouvre une voie complémentaire, portée par des entreprises mécènes, pour accompagner des projets culturels en Martinique sans se substituer aux politiques culturelles de l’État ou des collectivités.

En Martinique, la DAC et l’ARS renouvellent leur convention culture et santé pour la période 2026-2030. Derrière ce texte signé le 22 avril, il y a des enfants hospitalisés, des résidents d’EHPAD, des personnes en situation de handicap, des soignants et des artistes qui tentent de maintenir un lien essentiel : l’accès à la culture, même dans les moments de fragilité.

Une convention pour que l’hôpital ne coupe pas du monde

La convention culture et santé entre dans une nouvelle étape en Martinique. Le 22 avril 2026, au Marin, la Direction des Affaires Culturelles de Martinique et l’Agence Régionale de Santé de Martinique ont signé une nouvelle convention régionale pour la période 2026-2030. Le sujet peut sembler institutionnel. Il touche pourtant à quelque chose de très concret : ce qui reste de la vie culturelle quand la maladie, l’âge ou le handicap modifient le quotidien.

Dans une chambre de pédiatrie, dans un EHPAD, dans un établissement médico-social, l’art n’arrive pas comme un simple divertissement. Il peut devenir un moment de respiration, une manière de parler autrement, de faire revenir un souvenir, de remettre une personne au centre de sa propre histoire. C’est ce que résume Séverine HUBY, conseillère éducation artistique et culturelle et action culturelle à la DAC Martinique, lorsqu’elle rappelle qu’« il ne faut pas de rupture dans l’accès à la culture ».

Convention culture et santé
Convention culture et santé

Deux objectifs : accès à la culture et santé globale

La convention culture et santé poursuit deux objectifs complémentaires. Le premier est culturel : renforcer l’accès aux œuvres et aux pratiques artistiques pour les personnes hospitalisées, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, mais aussi leurs proches, les aidants et les équipes professionnelles. Le second relève de la santé : mobiliser l’art et la culture comme leviers d’accompagnement, de prévention, de bien-être, d’autonomie et d’inclusion.

Ce cadre régional s’inscrit dans une politique nationale engagée depuis plus de 25 ans. Le premier texte interministériel date de 1999. Une nouvelle convention nationale a été signée en juillet 2025, avant que la Martinique ne renouvelle à son tour son engagement pour 2026-2030.

Sur le terrain, cela signifie que des projets artistiques pourront être menés dans des hôpitaux, des EHPAD, des structures accompagnant des personnes en situation de handicap ou d’autres lieux de soin et d’accompagnement. La convention culture et santé couvre de nombreux champs : musique, danse, théâtre, conte, marionnettes, arts visuels, livre, cinéma, patrimoine culturel immatériel, création numérique.

Convention culture et santé

110 000 € par an et une exigence professionnelle

Pour 2026, un nouvel appel à projets doit être lancé début mai. Selon Séverine HUBY, l’enveloppe annuelle prévue s’élève à 110 000 €, avec 60 000 € portés par l’ARS et 50 000 € par la DAC. Elle précise aussi que, malgré un contexte budgétaire contraint, les crédits consacrés à ce programme ont été sanctuarisés.

Les projets ne pourront pas être imaginés par un artiste seul, ni par un établissement seul. Ils devront être co-construits entre un acteur culturel professionnel et une structure de santé ou médico-sociale. Cette exigence est au cœur du dispositif. Elle permet d’éviter les propositions déconnectées des besoins réels des patients, des résidents et des équipes.

La convention insiste aussi sur le rôle actif des bénéficiaires. La personne accompagnée ne doit pas rester simple spectatrice. Elle doit pouvoir participer, créer, raconter, bouger, transmettre, selon son état de santé, son âge, son handicap ou ses capacités du moment.

Convention culture et santé

149 projets déjà accompagnés en Martinique

Le bilan précédent donne une idée de ce que la convention culture et santé a déjà produit. Entre 2021 et 2025, 149 projets ont été accompagnés en Martinique, pour un montant total de 540 000 €. Les projets liés au spectacle vivant et au patrimoine culturel immatériel représentent plus des deux tiers des actions soutenues. Musique, danse, tambour, conte, métiers d’art : ces pratiques trouvent un écho particulier dans les établissements accueillant des personnes âgées, parce qu’elles activent la mémoire, les gestes, les sons et les repères culturels.

Convention culture et santé
Convention culture et santé

Parmi les projets mis en avant figure l’association Clowns Dokté. À la Maison de la Femme et de l’Enfant (MFME) à Fort-de-France, en pédiatrie à Trinité ou encore au Centre Hospitalier du Nord Caraïbe, les clowns interviennent auprès d’enfants hospitalisés et de leurs familles. Avant l’intervention, une transmission médicale est assurée avec l’équipe soignante. Après l’intervention, un retour peut être fait sur des éléments observés chez l’enfant.

Leur travail ne consiste pas seulement à faire rire. Il vise aussi à réduire le stress, soutenir les familles, dédramatiser certains temps d’attente ou de soin, et créer une rencontre à hauteur d’enfant. Avec Kloun Gran Moun, l’association intervient également auprès de personnes âgées en EHPAD, dans une logique de lien social, de mémoire et de présence humaine.

Convention culture et santé
Convention culture et santé
Convention culture et santé

Une politique culturelle, mais aussi un choix de société

La convention culture et santé pose une question plus large : quelle place laisse-t-on aux personnes fragilisées dans la vie culturelle du territoire ? La réponse portée par cette convention est claire : l’hospitalisation, l’âge ou le handicap ne doivent pas exclure de la création, de la parole, de la mémoire et du sensible. Pour la Martinique, l’enjeu est aussi patrimonial. Quand un tambour, une marionnette, une émission de radio, un atelier de danse ou un conte entre dans un établissement de soin, ce n’est pas seulement une activité qui commence. C’est une part du territoire qui circule, qui se transmet et qui rappelle que la culture ne s’arrête pas aux portes des lieux de fragilité.

La nouvelle convention culture et santé 2026-2030 ouvre donc une période décisive. Reste à voir quels artistes, quelles associations et quels établissements répondront à l’appel à projets 2026. Et surtout, quelles histoires naîtront de ces rencontres entre soin, mémoire et création.

La convention culture et santé est un partenariat entre la DAC Martinique et l’ARS Martinique. Elle vise à soutenir des projets artistiques et culturels dans les hôpitaux, les EHPAD et les établissements médico-sociaux, afin de maintenir l’accès à la culture pour les personnes hospitalisées, âgées ou en situation de handicap.

Les projets doivent être portés conjointement par un acteur culturel professionnel artiste, association, compagnie ou structure culturelle  et un établissement de santé ou médico-social. Cette co-construction est obligatoire pour que le projet réponde à la fois aux objectifs artistiques et aux besoins des bénéficiaires.

La convention culture et santé permet de faire entrer l’art dans des lieux où l’isolement peut être fort. En Martinique, elle soutient des projets liés à la musique, à la danse, au conte, au patrimoine culturel immatériel ou encore aux arts visuels, tout en renforçant le lien social, la mémoire, l’expression et l’autonomie des publics accompagnés.

Avec Bandi, série Netflix de 2026 située en Martinique, huit épisodes ont fait circuler une expression créole martiniquaise bien au-delà de son territoire d’origine. « Sa sa pé foutew » signifie bien plus que « qu’est-ce que ça peut te faire ? ». C’est une manière de poser une limite, parfois avec humour, parfois avec fermeté, toujours avec une part d’identité.

Trois mots, une frontière

Trois mots créoles, une question, et une attitude. Quand la série Bandi est arrivée sur Netflix en 2026, elle a apporté avec elle une formule que de nombreux Martiniquais reconnaissent : « sa sa pé foutew ». Pour les uns, c’est de la fierté. Pour les autres, c’est une victoire silencieuse. Pour tous ceux qui savent ce que ces mots portent dans une conversation, c’est un moment qui compte.

Littéralement, l’expression peut se traduire par « qu’est-ce que ça peut te faire ? » ou « en quoi ça te concerne ? ». Mais la traduction trahit toujours. En réalité, « sa sa pé foutew » fonctionne comme une bulle d’air entre soi et l’autre. Elle signifie : tu n’as pas autorité sur ma vie, ce que je fais ne te regarde pas, je n’attends pas ta validation. C’est une frontière, pas une agression.

Sa sa pé foutew
©Netflix

Une formule courte, plusieurs émotions

Et c’est précisément cette double dimension: la défense et la tendresse qui rend la formule si particulière. Selon le contexte, le ton et le visage, « sa sa pé foutew » peut être un éclat de rire entre amies, une mise au point glaciale, ou un soupir résigné. La langue créole excelle dans ces formules courtes qui portent plusieurs émotions à la fois.

Le créole martiniquais est riche de ce type d’expressions. Selon l’Atlas of Pidgin and Creole Language Structures, il est parlé par environ 400 000 locuteurs en Martinique, avec une diaspora également importante. Mais les chiffres ne disent pas tout. Une langue ne vit pas seulement par son nombre de locuteurs. Elle vit par les intonations, les usages, les situations du quotidien, les répliques qui circulent dans les familles, les quartiers, les marchés, les chansons ou les conversations entre proches.

Dans « sa sa pé foutew », il y a plus qu’une phrase. Il y a une posture. Celle d’une personne qui refuse l’intrusion. Celle d’une parole populaire qui sait dire non sans faire un discours. C’est aussi pour cela que l’expression reste difficile à traduire proprement. En français, elle paraît brusque. En créole martiniquais, elle peut être drôle, sèche, affectueuse ou tranchante selon la bouche qui la prononce.

Quand le créole martiniquais arrive sur Netflix

L’arrivée de la formule sur Netflix marque quelque chose. Pendant longtemps, le créole martiniquais a surtout circulé dans des espaces culturels locaux, musicaux, théâtraux, familiaux ou militants. Le voir installé dans une série diffusée sur une plateforme internationale change la perception. Ce qui était local devient audible ailleurs. Ce qui était familier pour certains devient sujet de curiosité pour d’autres.

Ce passage ne transforme pas automatiquement l’expression en phénomène mondial. Il ne faut pas exagérer. Mais il donne à entendre une langue dans un espace où elle reste encore rare. Et, pour une langue régionale souvent réduite à l’oralité ou à l’intimité, cette visibilité a du poids. Elle montre que le créole martiniquais peut porter une intrigue, une tension, une émotion et une réplique forte sans être décoratif.

Sa sa pé foutew
©Netflix

Une résonance caribéenne, sans effacer les différences

Cette poussée du créole martiniquais ne se lit pas seule. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance des langues créoles dans la Caraïbe. À la Dominique, le profil officiel du pays mentionne l’anglais et le French Patois, appelé aussi « Kwéyòl ». À Sainte-Lucie, la fierté kwéyòl s’exprime chaque année en octobre autour de Jounen Kwéyòl, liée à la Journée internationale du créole du 28 octobre. En Haïti, la Constitution de 1987 reconnaît le créole et le français comme langues officielles de la République.

En Guadeloupe, on trouve aussi des formules-sœurs. « Ki sa ou ka chèché ? » porte une intensité voisine, même si elle ne dit pas exactement la même chose. Mais chaque île a sa propre musique. Le créole guadeloupéen n’est pas le créole martiniquais. Le kwéyòl saint-lucien n’est pas le créole haïtien. Ce sont des langues parentes, pas une langue unique.

Sa sa pé foutew
Sa sa pé foutew

Une phrase populaire, une revendication d’autonomie

Ce qui rend « sa sa pé foutew » singulière dans le contexte martiniquais, c’est sa portée sociale. La formule traduit un rapport à l’autorité qu’elle soit familiale, sociale ou institutionnelle et une revendication d’autonomie qui traverse une partie de la culture populaire. Dans la chanson zouk, dans le théâtre comique, dans le carnaval, on retrouve cette posture : je tiens ma place, je ne demande pas la permission.

Quand une telle formule sort de son territoire pour arriver aux oreilles de spectateurs qui n’ont pas forcément de lien direct avec la Martinique, elle ne devient pas universelle. Elle devient curieuse. Et la curiosité, pour une langue longtemps tenue à distance des grands circuits culturels, c’est déjà une forme de victoire.

La semaine prochaine, on traverse la mer pour aller chercher l’équivalent à Trinidad. Quelle expression, là-bas, dira la même chose autrement ?

« Sa sa pé foutew » peut se traduire par « qu’est-ce que ça peut te faire ? » ou « en quoi ça te concerne ? ». En créole martiniquais, l’expression sert souvent à poser une limite, avec humour, fermeté ou distance selon le contexte.

L’expression est remise en lumière par la série Bandi, diffusée sur Netflix et située en Martinique. Sa présence dans une production internationale donne une visibilité nouvelle au créole martiniquais et à ses formules populaires.

« Sa sa pé foutew » ne se limite pas à une traduction littérale. L’expression porte une attitude, une manière de refuser l’intrusion et d’affirmer son autonomie. Elle montre la force expressive du créole martiniquais dans la vie quotidienne.

La saison de croisière 2025-2026 en Martinique  s’achève sur un bilan solide, avec 568 348 passagers annoncés et une fréquentation en nette progression par rapport à la saison précédente. Dans un territoire où le tourisme repose autant sur l’accueil que sur la qualité des expériences proposées à terre, ces résultats traduisent une présence renforcée de la destination dans les itinéraires caribéens. Ils montrent aussi que Fort-de-France, Saint-Pierre et les acteurs locaux avancent dans une même direction : mieux accueillir, mieux orienter et mieux valoriser les patrimoines martiniquais.

Deux dernières escales très attendues à Fort-de-France

La saison de croisière 2025-2026 va se clore le vendredi 24 avril 2026 avec deux escales à Fort-de-France. Le navire de RCCL est attendu au terminal des Tourelles avec environ 2 000 passagers, tandis que le Caribbean Princess de Princess Cruises doit faire escale au terminal de la Pointe Simon avec environ 3 500 passagers. Les croisiéristes attendus sont majoritairement américains, entre 7h00 et 18h00.

Cette dernière journée donne aussi une place au lien culturel. Une classe du collège Alexandre Stellio des Anses-d’Arlet doit accueillir les passagers au Grand Port des Tourelles avec des prestations de danse traditionnelle. Les élèves auront également l’occasion de visiter le navire avec des membres d’équipage. L’escale devient alors un moment d’échange : les visiteurs rencontrent une culture vivante, tandis que les jeunes Martiniquais accèdent à un univers professionnel souvent éloigné de leur quotidien.

2025-2026 cruise season
©CMT

Une fréquentation en hausse et un rôle économique renforcé

Les chiffres transmis au 1er avril 2026 indiquent 234 escales entre octobre 2025 et mars 2026, contre 208 lors de la saison 2024-2025. Le trafic cumulé atteint 568 348 passagers, contre 469 432 la saison précédente. Cette progression installe la saison de croisière 2025-2026 dans une phase de consolidation, avec un volume plus élevé et une meilleure capacité à capter des clientèles venues de plusieurs bassins géographiques.

L’activité tête de ligne représente 151 615 passagers sur la saison. Ce point mérite attention, car 59,7 % des passagers concernés sont des Martiniquais. La saison de croisière 2025-2026 fonctionne donc aussi comme une porte de départ pour la population locale, au-delà de la seule réception de visiteurs étrangers. Cette réalité renforce le rôle du port, des agences, des services de transport et des professionnels de l’accueil.

Les excursions vendues à bord constituent un autre indicateur important. Plus de 83 000 excursions ont été commercialisées sur la saison écoulée, avec un taux rapporté à la capacité des navires oscillant entre 18 % et 24 % selon les mois. La saison de croisière 2025-2026 produit ainsi des retombées pour les sites visités, les guides, les prestataires terrestres, les artisans, les restaurateurs et les commerces situés sur les parcours des passagers.

Une clientèle internationale qui élargit la portée de la destination

La Martinique attire une clientèle de croisière aux origines variées. L’Europe constitue le premier bassin émetteur, avec plus de 200 000 croisiéristes européens, notamment venus de France, d’Allemagne, d’Italie et du Royaume-Uni. Les États-Unis représentent plus de 84 000 passagers, le Canada près de 18 000, auxquels s’ajoutent l’Amérique du Sud, la Caraïbe et d’autres marchés.

Cette diversité donne à la saison de croisière 2025-2026 une dimension stratégique. Elle oblige la destination à penser l’accueil en plusieurs langues, à adapter l’information disponible, à structurer les déplacements et à proposer des offres capables de parler à des visiteurs aux attentes différentes. Pour un territoire caribéen, cette pluralité constitue un atout si elle s’accompagne d’expériences sincères, bien organisées et respectueuses des lieux.

2025-2026 cruise season
©CMT

Le Seatrade de Miami comme baromètre pour la prochaine saison

Du 13 au 16 avril 2026, le Comité Martiniquais du Tourisme, accompagné du Grand Port Maritime de la Martinique, des agences maritimes, des agences réceptives et des manutentionnaires, a participé au salon Seatrade à Miami. Les échanges avec les compagnies de croisière, la Caribbean Tourism Organization, American Airlines et la Florida-Caribbean Cruise Association ont confirmé l’intérêt des professionnels pour la destination.

Les retours obtenus auprès des compagnies se situent entre 7 et 8 sur 10 concernant l’attractivité de la destination avant l’escale et la satisfaction des passagers après l’escale. Pour la saison de croisière 2025-2026, ces notes soulignent les acquis, tout en rappelant que la concurrence caribéenne impose une amélioration constante.

Les partenaires martiniquais ont aussi mis en avant plusieurs évolutions : modernisation des infrastructures d’accueil, signalétique directionnelle vers les commerçants, entretien des lieux emblématiques, formation continue des acteurs, professionnalisation des services, numérisation de l’information et commercialisation de produits innovants. La saison de croisière 2025-2026 avance ainsi sur deux fronts : attirer les compagnies et améliorer l’expérience vécue par les passagers.

2025-2026 cruise season
©CMT
2025-2026 cruise season
©CMT

2026-2027 : une saison annoncée comme exceptionnelle

Les perspectives communiquées pour 2026-2027 donnent une idée de l’ambition portée par les acteurs locaux. Près de 300 escales sont annoncées, avec l’arrivée de navires particulièrement attendus. Le MSC Opéra doit faire escale à Fort-de-France dès le 20 novembre 2026 et jusqu’au 24 septembre 2027, avec 32 escales prévues. Cette programmation ouvre la possibilité d’une saison continue tout au long de l’année, un changement majeur pour l’organisation touristique.

Le MSC World Europa est annoncé à Fort-de-France dès le 5 décembre 2026. Saint-Pierre doit également accueillir l’Orient Express Corinthian, yacht français de luxe de 54 suites, prévu dès le 27 octobre 2026 avec 6 escales. La saison de croisière 2025-2026 entre donc dans une séquence où les volumes, la qualité des navires et la diversification des ports d’accueil peuvent modifier la perception du territoire.

Un enjeu d’accueil, de culture et de territoire

La saison de croisière 2025-2026 ressort de cette période avec un message clair : l’île dispose d’atouts solides, mais la valeur réelle de cette activité dépendra de sa capacité à transformer chaque escale en expérience organisée et bénéfique pour le territoire. Les chiffres sont favorables, les perspectives sont fortes, et l’accueil culturel du 24 avril rappelle une évidence : la Martinique gagne lorsque son tourisme donne une place visible à ses habitants, à ses jeunes et à ses lieux de mémoire.

Le communiqué transmis annonce 568 348 passagers pour la saison 2025-2026. Ce chiffre marque une progression importante par rapport à la saison 2024-2025, qui avait enregistré 469 432 passagers.

Les deux dernières escales sont prévues le vendredi 24 avril 2026 à Fort-de-France. Le navire de RCCL est attendu au terminal des Tourelles avec environ 2 000 passagers, tandis que le Caribbean Princess de Princess Cruises doit accoster au terminal de la Pointe Simon avec environ 3 500 passagers.

La prochaine saison est annoncée avec près de 300 escales. Parmi les faits marquants figurent les 32 escales prévues du MSC Opéra entre novembre 2026 et septembre 2027, l’arrivée du MSC World Europa à Fort-de-France et les 6 escales de l’Orient Express Corinthian à Saint-Pierre.

Le 28 janvier 2026, le Sénat français avait envoyé un signal politique fort en faveur de l’ancrage caribéen de la Martinique. Le 16 avril, une nouvelle étape est venue donner une portée bien plus concrète à ce mouvement : l’Assemblée nationale a approuvé l’accord relatif à l’adhésion au protocole sur les privilèges et immunités de la Communauté des Caraïbes. En clair, l’adhésion de la Martinique à la CARICOM franchit un cap décisif dans la procédure française, après un processus engagé dès la signature de l’accord à Bridgetown le 20 février 2025.

Du vote du Sénat à l’accord de l’Assemblée nationale

Cette séquence donne une vraie continuité au vote sénatorial de janvier. Avec le vote du 16 avril, la France boucle désormais la phase parlementaire de ce dossier. Le ministère des Outre-mer parle d’ailleurs d’« approbation définitive » de l’accord côté Parlement français, ce qui confirme que l’adhésion de la Martinique à la CARICOM avance désormais sur une base institutionnelle consolidée, même si la formulation juridique doit rester précise.

Ce que change concrètement cette nouvelle étape

Ce que change réellement cette nouvelle étape, c’est que l’adhésion de la Martinique à la CARICOM ne relève plus seulement d’une intention politique ou d’un symbole diplomatique. Elle s’inscrit dans un cadre validé par les institutions françaises, ce qui donne au territoire une base plus solide pour participer aux travaux de l’organisation régionale et de ses agences. L’État souligne aussi que ce mouvement pourrait ouvrir la voie, à terme, à d’autres collectivités du bassin Antilles-Guyane intéressées par un statut similaire.

Un statut distinct de celui des États membres

Sur le fond, le statut de membre associé n’équivaut pas à celui d’un État membre souverain. Les documents parlementaires et institutionnels précisent que la collectivité territoriale de Martinique pourra prendre part aux travaux de l’organisation dans le cadre prévu par ce statut, sans que cela ne remette en cause son ancrage juridique français et européen. C’est précisément pour cela que l’adhésion de la Martinique à la CARICOM constitue une avancée institutionnelle importante sans bouleverser les équilibres existants.

Adhésion de la Martinique à la CARICOM

Une insertion régionale plus opérationnelle

L’adhésion de la Martinique à la CARICOM dépasse la seule reconnaissance institutionnelle. L’intérêt concret réside dans l’accès à davantage d’informations régionales, dans une participation plus directe aux programmes sectoriels et dans la possibilité de porter plus clairement ses priorités dans la Caraïbe. Coopération économique, mobilité, enseignement supérieur, santé publique, gestion des risques, culture ou encore climat : plusieurs champs d’action peuvent tirer profit d’un dialogue plus régulier avec les instances caribéennes. Dans cette perspective, l’adhésion de la Martinique à la CARICOM apparaît comme un outil de positionnement régional autant qu’un levier de coopération.

Un signal plus large pour les territoires français d’Amérique

Ce dossier dit aussi quelque chose de plus large sur la place des territoires français d’Amérique dans leur environnement immédiat. Depuis des années, un décalage subsiste entre leur appartenance géographique à la Caraïbe et leur niveau d’intégration institutionnelle dans les grandes organisations régionales. Le vote du 16 avril réduit une partie de cette distance. Il donne à la Martinique une capacité d’action plus lisible dans un espace où les réponses aux défis économiques, climatiques et sanitaires supposent de plus en plus des coordinations régionales. À ce titre, l’adhésion de la Martinique à la CARICOM marque une inflexion stratégique bien au-delà d’un simple texte parlementaire.

Adhésion de la Martinique à la CARICOM

Cap sur juillet 2026

La prochaine échéance politique sera scrutée de près. Les chefs de gouvernement de la CARICOM ont accepté l’invitation de Sainte-Lucie pour tenir leur 51e réunion ordinaire du 5 au 8 juillet 2026. Ce rendez-vous régional donnera un relief particulier à la dynamique engagée depuis Bridgetown, alors que la Martinique cherche désormais à transformer cette avancée institutionnelle en présence utile, visible et durable. Plus qu’une victoire de procédure, l’adhésion de la Martinique à la CARICOM ouvre donc une phase de responsabilité : celle de faire vivre concrètement ce nouveau cadre dans l’intérêt du territoire et de ses relations caribéennes.

Le 16 avril 2026, l’Assemblée nationale a donné son accord à l’approbation de l’accord relatif à l’adhésion au protocole sur les privilèges et immunités de la CARICOM. Après le vote du Sénat en janvier, cette décision a achevé la séquence parlementaire française autour de ce dossier.

Non. Les textes officiels parlent d’un statut de membre associé, pas d’un statut d’État membre. Cela permet à la Martinique de participer à certains travaux de l’organisation, mais sans être placée dans la même catégorie que les États souverains membres de la CARICOM.

Les documents parlementaires indiquent que la Martinique pourra participer aux délibérations de plusieurs organes et organismes subsidiaires sans droit de vote. Elle pourra aussi assister aux réunions de la Conférence des chefs de gouvernement et du Conseil des ministres de la Communauté, selon les modalités prévues par l’accord.

Selon le ministère chargé des Outre-mer, cette avancée doit permettre à la Martinique de participer davantage aux travaux de l’organisation et de ses agences, d’accéder à une information plus complète sur les dynamiques régionales et de renforcer sa capacité à agir dans son environnement géographique immédiat. Autrement dit, l’enjeu est à la fois institutionnel, diplomatique et pratique pour les coopérations futures.

La prochaine grande échéance régionale mentionnée publiquement est la 51e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM, prévue à Sainte-Lucie du 5 au 8 juillet 2026. Ce rendez-vous sera particulièrement suivi, car il s’inscrit dans la continuité du processus engagé autour de la Martinique.

Le Loto du Patrimoine 2026 célèbre des lieux chargés d’histoire et mobilise autour de leur préservation. Pour les territoire Français de la Caraîbe, cette sélection met en lumière trois lieux qui portent chacun une part sensible de l’histoire locale : la Maison de l’historien Lacour à Basse-Terre en Guadeloupe, l’ancien moulin de l’habitation Loyola à Rémire-Montjoly en Guyane, et l’église Notre-Dame-de-la-Visitation au Gros-Morne en Martinique. Le ministère de la Culture les a retenus parmi les 18 sites emblématiques régionaux de l’édition 2026.

Pourquoi le Loto du Patrimoine 2026 compte pour la Caraïbe

Pour un média attentif à la Caraïbe, cette sélection a une portée particulière. Elle montre que le Loto du Patrimoine 2026 ne finance pas seulement des chantiers techniques : il soutient aussi des lieux qui structurent la mémoire collective, l’identité urbaine, les récits historiques et la transmission culturelle. Depuis 2018, l’offre de jeux Mission Patrimoine a permis de collecter plus de 210 millions d’euros et de soutenir 1 080 sites ; 70 % des projets sont aujourd’hui sauvés ou sur le point de l’être, et 500 chantiers sont terminés.

Dans ce cadre, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique apparaissent comme trois cas très différents mais complémentaires. L’un renvoie à l’histoire intellectuelle et urbaine, l’autre à l’économie de plantation et à l’archéologie, le troisième à la persistance d’un patrimoine religieux marqué par les catastrophes naturelles. C’est ce croisement qui donne au Loto du Patrimoine 2026 une vraie portée dans l’espace caribéen.

Guadeloupe : la maison d’Auguste Lacour, un enjeu patrimonial pour Basse-Terre

À Basse-Terre, le Loto du Patrimoine 2026 distingue la Maison de l’historien Lacour, demeure liée à Auguste Lacour, figure majeure de l’histoire guadeloupéenne. C’est une petite bâtisse coloniale modeste, proche de la case créole, aujourd’hui très endommagée et exposée à un risque de dégradation avancée. Le projet prévoit la réhabilitation complète de la maison et aussi la restauration de la fontaine en pierre de taille, de la grille en fer forgé et la revalorisation du potager. Le début des travaux est annoncé au deuxième semestre 2026, pour une fin prévisionnelle en décembre 2027.

Loto du Patrimoine 2026
Loto du Patrimoine 2026

L’intérêt du site dépasse largement la seule conservation d’un bâti ancien. La maison a connu plusieurs usages : résidence de l’historien, lieu d’accouchement, puis centre d’interprétation dans le cadre du label Ville d’Art et d’Histoire. Inscrite aux monuments historiques en 2016 avec ses abords, elle pourrait demain accueillir un projet touristique ou culturel et contribuer à la redynamisation du centre-ville de Basse-Terre. Dans cette perspective, le Loto du Patrimoine 2026 agit aussi comme levier de réactivation urbaine.

Loto du Patrimoine 2026
Loto du Patrimoine 2026

Guyane : Loyola, un moulin au cœur d’une histoire plus vaste

En Guyane, le Loto du Patrimoine 2026 met en avant l’ancien moulin de l’habitation Loyola à Rémire-Montjoly. L’objectif est de restaurer intégralement le moulin, y compris son mécanisme de prise au vent, de transmission et de broyage. Le chantier doit commencer à la fin de 2026 et s’achever en 2027.

L’habitation Loyola, acquise par les jésuites en 1668, est présentée comme la plus grande habitation esclavagiste de Guyane. Le moulin n’en est donc pas un vestige isolé : il s’inscrit dans un ensemble qui éclaire la production sucrière, l’organisation coloniale et la réalité du travail servile. Depuis 1994, des archéologues étudient le site, dont une partie reste encore à découvrir. Le Loto du Patrimoine 2026 donne ici de la visibilité à un lieu où patrimoine bâti, mémoire coloniale et recherche historique se rencontrent de manière très directe.

Loto du Patrimoine 2026
Loto du Patrimoine 2026

Martinique : au Gros-Morne, l’urgence de sauver une église fragilisée

En Martinique, le site retenu par le Loto du Patrimoine 2026 est l’église Notre-Dame-de-la-Visitation au Gros-Morne. Construite en 1743, elle est fermée au public depuis 2016 et ne répond plus aux normes parasismiques depuis qu’elle a été fragilisée par le séisme du 29 septembre 2009. Les travaux annoncés doivent sécuriser le vaisseau principal et les bas-côtés, restaurer les deux sacristies et l’avant-chœur, ainsi que le clos-couvert du chœur et de la nef. Le démarrage est prévu à l’été 2026 pour une fin prévisionnelle en 2027.

Là encore, l’intérêt patrimonial va bien au-delà de l’architecture religieuse. La paroisse actuelle résulte de reconstructions successives après cyclones, tremblements de terre et autres aléas. Son histoire reflète celle d’une société martiniquaise contrainte d’adapter sans cesse son patrimoine aux réalités naturelles de l’île. Dans ce contexte, le Loto du Patrimoine 2026 distingue un édifice qui incarne autant la foi que la résilience.

Loto du Patrimoine 2026
Loto du Patrimoine 2026

Trois territoires, trois lectures du patrimoine

En retenant la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, le Loto du Patrimoine 2026 dessine en réalité trois manières de penser le patrimoine dans l’espace caribéen français : préserver une maison d’homme de lettres au cœur d’une ville, restaurer un vestige majeur lié à l’histoire esclavagiste et sucrière, sauver une église marquée par les secousses du temps et de la nature. Ce trio rappelle qu’un monument n’a de sens que s’il reste lisible pour les habitants, utile pour le territoire et capable de transmettre une histoire complète, y compris dans ses zones les plus difficiles.

Dans l’espace caribéen français, trois territoires sont concernés par le Loto du Patrimoine 2026 : la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique. Ces trois sites figurent dans la liste officielle des 18 sites emblématiques régionaux annoncée par le ministère de la Culture.

En Guadeloupe, le site retenu est la Maison de l’historien Lacour à Basse-Terre. Le projet prévoit la réhabilitation de la maison, la restauration de la fontaine en pierre de taille, de la grille en fer forgé et la revalorisation du potager. Les travaux doivent débuter au second semestre 2026 pour une fin prévisionnelle en décembre 2027.

L’ancien moulin de l’habitation Loyola à Rémire-Montjoly est un site patrimonial majeur car il témoigne de l’histoire sucrière, de la présence jésuite et du système esclavagiste en Guyane. La Fondation du patrimoine rappelle que l’habitation Loyola, acquise en 1668 par les jésuites, est considérée comme la plus grande habitation esclavagiste de Guyane. Le projet retenu vise une restauration complète du moulin et de son mécanisme.

En Martinique, le site sélectionné est l’église Notre-Dame-de-la-Visitation au Gros-Morne. Construite en 1743, elle est fermée au public depuis 2016 et a été fragilisée par le séisme du 29 septembre 2009, ce qui rend les travaux de restauration particulièrement urgents.

Le Loto du Patrimoine 2026 sert à soutenir financièrement des monuments et sites en péril identifiés dans toute la France, y compris en Outre-mer. Le dispositif Mission Patrimoine, lancé en 2018, a déjà permis de soutenir 1 080 sites depuis sa création, avec 500 chantiers terminés et 70 % des projets sauvés ou en passe de l’être.