Du 11 décembre 2026 au 5 mars 2027, la liaison Martinique – Panama City sera proposée deux fois par semaine par Air France, avec un passage par Pointe-à-Pitre. Plus qu’une nouvelle destination, cette route pourrait transformer la manière dont les Martiniquais rejoignent l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud et plusieurs territoires caribéens.

Martinique – Panama City redessine la carte du voyage

Depuis la Martinique, certaines villes du continent américain paraissent proches sur une carte et pourtant difficiles à atteindre. Pour rejoindre Quito, Lima, San José ou Tegucigalpa, les voyageurs doivent souvent composer avec des itinéraires longs et des correspondances peu pratiques. La nouvelle desserte doit réduire cette impression d’isolement. Les passagers partiront de Fort-de-France avant une étape à Pointe-à-Pitre, puis poursuivront vers Panama City. Il ne s’agit donc pas d’un vol direct, mais d’un nouvel itinéraire régional reliant les Antilles françaises à l’un des principaux points de connexion du continent américain.

Cette évolution dépasse la seule question du tourisme. Elle concerne aussi les familles, les étudiants, les professionnels, les artistes ou les entrepreneurs qui entretiennent des relations avec les espaces hispanophones et anglophones des Amériques.

Martinique – Panama City
Martinique – Panama City
Martinique – Panama City
Martinique – Panama City

Deux vols par semaine pour ouvrir de nouveaux itinéraires

La liaison sera exploitée en Airbus A320, avec 170 sièges répartis entre les cabines Business et Economy. Une connexion Wi-Fi haut débit est également annoncée à bord. Les réservations sont ouvertes, avec un tarif promotionnel aller-retour proposé à partir de 499 euros TTC, hors frais de service. Ce montant reste un prix d’appel. Il pourra varier selon les dates, les disponibilités et les conditions de réservation. Le programme demeure soumis à l’obtention des autorisations gouvernementales requises. Cette première saison de Martinique – Panama City doit donc être considérée comme une phase de lancement.

Martinique – Panama City
Martinique – Panama City

Panama City, une destination et un point de passage

L’intérêt de cette route aérienne réside dans la double fonction de Panama City. La capitale peut être visitée pour elle-même, avec son canal, son quartier historique et Panamá Viejo, site archéologique qui rappelle le rôle ancien de l’isthme dans les échanges interocéaniques. L’ensemble formé par Panamá Viejo et le district historique figure sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Panama City permet aussi de poursuivre son voyage vers d’autres territoires. Les possibilités annoncées comprennent notamment Asunción, Guatemala City, Guayaquil, Quito, Lima, Managua, Montevideo, San José et Tegucigalpa. La Havane, Georgetown, Port of Spain, Punta Cana et Saint-Domingue figurent également parmi les destinations accessibles par correspondance.

Cette nouvelle géographie peut rapprocher la Martinique de pays avec lesquels les échanges existent déjà, mais restent parfois freinés par le manque de liaisons simples. Martinique – Panama City devient ainsi une porte d’entrée vers plusieurs Amériques et offre une nouvelle alternative pour organiser certains déplacements régionaux.

Martinique – Panama City

Martinique – Panama City réveille une mémoire antillaise

Le lien entre les Antilles françaises et le Panama ne commence pas avec l’aviation. Il traverse l’histoire du canal et les grandes migrations de travail caribéennes du début du XXe siècle. L’Autorité du canal de Panama indique qu’environ 7 500 hommes furent recrutés en 1907 dans les îles françaises de Martinique et de Guadeloupe. Ils rejoignirent l’isthme pour participer au chantier conduit par les États-Unis. Derrière ce chiffre se trouvent des trajectoires individuelles, des familles séparées, des départs parfois définitifs et une présence antillaise qui a contribué à l’histoire moderne du Panama.

Ce mémoire donne une profondeur particulière à la nouvelle liaison. Plus d’un siècle après ces traversées, les moyens de transport ont changé, mais les circulations humaines continuent de relier les territoires caribéens au continent. La route aérienne s’inscrit ainsi dans une histoire plus ancienne que les horaires de vol et les correspondances. Elle rappelle que les sociétés caribéennes ont longtemps été façonnées par les départs, les retours, le travail et les rencontres entre les îles et les terres continentales.

Martinique – Panama City

Une saison test pour la Martinique

Pour Nathalie Sébastien, présidente du Directoire de la SAMAC, cette desserte doit renforcer les échanges touristiques, économiques et culturels avec les Amériques. L’ambition devra être mesurée à l’usage : prix accessibles, horaires adaptés, correspondances fluides et capacité à répondre aux besoins des voyageurs martiniquais. La première saison de Martinique – Panama City montrera si cette ouverture restera limitée à l’hiver ou si elle peut s’inscrire dans la durée. Derrière deux vols hebdomadaires se joue une question plus large : la Martinique peut-elle retrouver une place plus centrale dans les circulations caribéennes et américaines ?

La liaison Martinique – Panama City sera proposée du 11 décembre 2026 au 5 mars 2027. Air France prévoit deux vols par semaine au départ de Fort-de-France, avec un passage par Pointe-à-Pitre. Le programme reste soumis aux autorisations gouvernementales requises.

Non. Les voyageurs partiront de l’aéroport Martinique Aimé Césaire et effectueront une étape à Pointe-à-Pitre avant de rejoindre Panama City. Il est donc préférable de parler d’une nouvelle desserte aérienne plutôt que d’un vol direct.

Les correspondances annoncées permettront notamment de poursuivre vers Lima, Quito, San José, Guatemala City, Port of Spain, La Havane, Saint-Domingue et plusieurs autres villes d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et de la Caraïbe.

Entre les départs en vacances, les retours familiaux et l’arrivée de visiteurs, l’Aéroport Martinique Aimé Césaire traverse l’une des périodes les plus intenses de l’année. Jusqu’au 6 septembre 2026, un dispositif renforcé doit permettre d’absorber la hausse du trafic sans réduire la qualité de l’accueil. Derrière les files, les contrôles et les valises, un autre enjeu se dessine : préserver une hospitalité martiniquaise visible dès les premières minutes.

Aéroport Martinique Aimé Césaire : préserver la qualité de l’accueil pendant la haute saison

La haute saison a débuté le 26 juin. Selon la SAMAC, plusieurs centaines de milliers de passagers doivent transiter par la plateforme durant l’été, avec un trafic annoncé supérieur à celui de l’année précédente. Les compagnies aériennes, les assistants en escale, la Police aux frontières, les Douanes et les équipes aéroportuaires ont donc renforcé leur coordination.

Cette mobilisation répond à un besoin opérationnel évident. Elle touche aussi à l’image du territoire. Pour certains voyageurs, l’aérogare constitue le premier contact concret avec la Martinique. Pour d’autres, elle marque le retour au pays, les retrouvailles familiales ou le départ après plusieurs semaines sur l’île. Dans ces moments chargés d’émotion, l’accueil ne se limite pas à faire avancer une file.

Aéroport Martinique Aimé Césaire

L’hospitalité martiniquaise se joue aussi dans l’orientation

Depuis le 9 juillet, une dizaine de saisonniers reconnaissables à leurs polos orange accompagnent les passagers au départ comme à l’arrivée. Leur mission paraît simple : indiquer un comptoir, expliquer un parcours ou orienter vers le bon service. Pourtant, dans une aérogare sous pression, cette présence humaine peut éviter beaucoup de confusion.

À l’Aéroport Martinique Aimé Césaire, préserver l’hospitalité revient donc à ne pas laisser un voyageur seul face aux procédures. Une famille avec de jeunes enfants, une personne âgée ou un passager ayant besoin d’assistance ne vit pas le rush comme un habitué des déplacements aériens. La qualité de l’accueil se mesure alors à la clarté des informations et à la capacité de rassurer.

Quatre heures d’avance pour voyager plus sereinement

Pour les vols internationaux, les passagers sont invités à se présenter au moins quatre heures avant le départ. Ce délai doit permettre d’effectuer l’enregistrement, les contrôles de sûreté et les formalités de police aux frontières sans précipitation excessive.

Avant de rejoindre l’Aéroport Martinique Aimé Césaire, chacun doit également vérifier la validité de ses documents et les règles de sa compagnie concernant les bagages. Les liquides, les appareils électroniques et les objets interdits doivent être préparés conformément aux consignes. Les voyageurs ayant besoin d’une assistance particulière sont encouragés à se signaler auprès de leur compagnie avant le départ.

Ces précautions participent à la fluidité collective. Un document manquant, un bagage non conforme ou une arrivée tardive peut ralentir plusieurs étapes du parcours et ajouter du stress à une période déjà dense.

L’accueil commence avant l’entrée dans l’aérogare

La SAMAC appelle aussi les accompagnants à respecter les zones de stationnement. L’attente sur les voies d’accès ou près des entrées et sorties des parkings peut provoquer des ralentissements importants, jusque sur la RN5.

Autour de l’Aéroport Martinique Aimé Césaire, l’expérience dépend donc des comportements de chacun. Utiliser les parkings dédiés, préparer les bagages et arriver suffisamment tôt aide les équipes à mieux accompagner les voyageurs. L’hospitalité devient une responsabilité partagée entre l’institution, les professionnels et le public.

Aéroport Martinique Aimé Césaire

Moderniser sans déshumaniser

La SAMAC souligne les investissements réalisés ces dernières années pour améliorer le parcours passager. Les équipements ne suffisent toutefois pas à créer un accueil réussi. Une signalétique claire, des procédures maîtrisées et des infrastructures adaptées prennent tout leur sens lorsqu’elles sont complétées par une présence humaine attentive.

Le rush estival constitue ainsi un test grandeur nature pour l’Aéroport Martinique Aimé Césaire. Il mesure sa capacité à absorber un trafic dense, tout en préservant une manière martiniquaise de recevoir : expliquer, orienter et accompagner. Dans un lieu où tout le monde semble pressé, l’hospitalité se reconnaît parfois à un geste simple : ne laisser personne chercher seul son chemin.

Pour un vol international, la SAMAC recommande d’arriver à l’Aéroport Martinique Aimé Césaire au moins quatre heures avant le départ. Ce délai permet d’anticiper l’enregistrement, les contrôles de sûreté et les formalités de police aux frontières.

Un dispositif renforcé est déployé jusqu’au 6 septembre 2026. Les équipes de l’aéroport, des compagnies aériennes, de la Police aux frontières et des Douanes sont mobilisées. Une dizaine de saisonniers en polos orange orientent également les voyageurs dans l’aérogare.

Les voyageurs doivent vérifier leurs documents, préparer leurs bagages selon les règles de leur compagnie et signaler à l’avance tout besoin d’assistance. Les accompagnants doivent utiliser les parkings dédiés afin de ne pas encombrer les voies d’accès et la circulation vers la RN5.

À Sainte-Lucie, lors de la 51e réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM, Dr Hyginus « Gene » Leon, directeur exécutif du DBRP/The Nature Bank, a présenté, au cours d’un événement parallèle consacré aux réparations, une idée ambitieuse : utiliser la justice réparatrice pour repenser le développement caribéen. Ici, elle ne désigne pas uniquement une compensation financière. Elle vise à reconnaître les conséquences de l’esclavage et de la colonisation, à réparer les dommages et à transformer les mécanismes qui continuent à les reproduire.

Quatre richesses pour mesurer le développement

Le développement est souvent évalué à travers la croissance, les investissements et les infrastructures. Cette lecture reste incomplète. Une économie peut construire des routes, des ports ou des hôtels tout en affaiblissant ses ressources naturelles, sa population ou ses institutions. La réflexion repose sur quatre formes de richesse. Le capital produit comprend les infrastructures, les entreprises et les ressources financières. Le capital naturel réunit les sols, les forêts, l’eau, les récifs et le climat. Le capital humain englobe la santé, l’éducation, les compétences et la dignité. Enfin, le capital sociétal concerne les institutions, la cohésion et la confiance.

justice réparatrice

Le progrès suppose que ces quatre richesses avancent ensemble. Lorsqu’une forme de capital se développe en détruisant les autres, la croissance devient fragile. Un territoire peut afficher de bons résultats économiques tout en épuisant les bases qui rendent cette prospérité possible.

justice réparatrice

Une erreur économique vieille de cinq siècles

La justice réparatrice prend ici une dimension plus large. Elle part d’un constat historique : pendant des siècles, le système économique a donné un prix aux biens produits tout en réduisant les personnes et la nature à des ressources disponibles. La loi britannique d’abolition de 1833 illustre cette logique. Plus de 800 000 personnes réduites en esclavage ont été libérées. Pourtant, les 20 millions de livres mobilisés ont indemnisé les propriétaires, tandis que les personnes libérées n’ont reçu aucune compensation. La valeur financière de la propriété a été reconnue ; celle de la vie humaine est restée absente du bilan.

justice réparatrice

Cette logique d’extraction n’a pas entièrement disparu. Le cacao produit au Ghana et en Côte d’Ivoire alimente une industrie mondiale, alors que les producteurs et les territoires d’origine ne conservent qu’une faible part de la valeur créée. Les revenus restent bas, les forêts reculent et l’essentiel des profits se concentre ailleurs.

justice réparatrice

Réparations, climat et inégalités : une même racine

Les réparations liées à l’esclavage, les pertes et dommages climatiques et la lutte contre les inégalités sont souvent traitées séparément. Pourtant, ces enjeux reposent sur une même erreur : ne compter qu’une partie de la richesse réelle. Dans la Caraïbe, cette contradiction est visible. Une mangrove peut être détruite pour rendre un projet rentable à court terme. Sa capacité à protéger les côtes, à limiter les dégâts d’une tempête ou à soutenir la pêche n’apparaît pas toujours dans le calcul initial. Lorsque la catastrophe survient, le territoire doit financer la reconstruction, souvent par la dette. La valeur de la nature est ignorée au départ, puis son absence devient une facture collective.

justice réparatrice

La justice réparatrice relie ainsi mémoire, économie et environnement. Elle pose une question concrète : comment réparer une injustice historique sans reproduire les mêmes déséquilibres dans les décisions présentes ?

justice réparatrice

Secourir, reconstruire et transformer

Trois étapes structurent la justice réparatrice : secourir, reconstruire et repositionner. La première répond aux urgences immédiates. La deuxième restaure ce qui a été perdu. La troisième transforme les règles afin que les dommages ne se répètent pas. Cette dernière étape est décisive. Reconstruire une maison sur la même faille revient à préparer son prochain effondrement. De même, une compensation dispersée dans des projets isolés peut produire des résultats temporaires sans corriger les causes profondes de la vulnérabilité.

justice réparatrice

La justice réparatrice pourrait donc financer des investissements complémentaires : éducation, santé, protection des écosystèmes, infrastructures résistantes, institutions solides et économies capables de conserver davantage de valeur dans les territoires caribéens. L’objectif serait de compenser une perte tout en rendant sa répétition moins probable.

justice réparatrice

Trois changements possibles pour la CARICOM

La justice réparatrice ouvre trois pistes pour la région. D’abord, chaque grande décision publique ou financière pourrait mesurer ce qu’elle crée et ce qu’elle détruit dans les quatre formes de richesse. Ensuite, les réparations pourraient être organisées comme un portefeuille cohérent de reconstruction et de transformation. Enfin, les coûts humains et environnementaux pourraient être intégrés dans l’évaluation des projets, des prêts et des investissements.

La justice réparatrice déplacerait ainsi le débat. Pour la Caraïbe, réparer le passé pourrait devenir une manière de protéger l’avenir, en donnant enfin une valeur égale aux personnes, à la nature, aux institutions et aux infrastructures.

Dans ce contexte, la justice réparatrice désigne une démarche visant à reconnaître et à réparer les conséquences durables de l’esclavage et de la colonisation. Elle ne se limite pas au versement d’une compensation financière : elle cherche aussi à investir dans les populations, les institutions, l’environnement et l’économie afin que les mêmes inégalités ne continuent pas à se reproduire.

Les quatre richesses sont le capital produit, qui comprend les infrastructures et les entreprises ; le capital naturel, comme les forêts, les récifs et l’eau ; le capital humain, qui englobe la santé, l’éducation et les compétences ; et le capital sociétal, fondé sur les institutions, la confiance et la cohésion. Un développement durable suppose de faire progresser ces quatre capitaux ensemble, sans enrichir l’un en détruisant les autres.

Elle pourrait permettre de financer un ensemble cohérent d’actions dans l’éducation, la santé, la protection des écosystèmes, la résilience climatique et les infrastructures. Elle suppose aussi d’intégrer les coûts humains et environnementaux dans les décisions financières et de mesurer ce que chaque projet crée ou détruit. Ces orientations ont été présentées comme des propositions à la CARICOM, et non comme des décisions déjà adoptées.

Au sommet de la CARICOM, la Martinique n’a pas seulement occupé un nouveau siège. Le 7 juillet 2026, en marge de la rencontre organisée à Sainte-Lucie, Serge Letchimy et Mia Amor Mottley ont signé un accord de coopération entre la Martinique et la Barbade. Un objectif concret se dessine : transformer la proximité caribéenne en projets suivis, financés et évalués.

Une première participation déjà tournée vers l’action

Cette signature intervient dans un moment particulier pour la Martinique. Devenue officiellement le septième membre associé de la CARICOM le 16 juin 2026, elle participait pour la première fois à une Conférence des chefs de gouvernement de l’organisation régionale. L’accord avec la Barbade donne immédiatement une dimension opérationnelle à cette nouvelle étape. Il ne s’agit plus seulement d’affirmer que la Martinique appartient à son espace caribéen. L’accord ouvre un cadre de travail bilatéral avec un voisin régional capable de partager des compétences, des expériences et des priorités communes.

Serge Letchimy résume cette ambition par une formule claire : la Martinique ne vient pas uniquement « prendre place à la table » de la CARICOM. Elle veut construire, proposer et agir. Cette volonté place la coopération au-delà du symbole diplomatique.

Martinique

Neuf secteurs pour rapprocher les deux territoires

L’accord couvre neuf grands domaines : les industries culturelles et créatives, le sport, l’éducation, la formation professionnelle, la gestion des risques, la santé, le tourisme, la pêche et la facilitation des échanges commerciaux.

Cette diversité montre que la relation recherchée ne se limite pas aux institutions. Elle concerne directement les étudiants, les artistes, les sportifs, les professionnels du tourisme, les pêcheurs, les entreprises et les acteurs de la santé.

Pour la jeunesse, l’enjeu pourrait notamment passer par de nouvelles formations, des échanges de compétences ou des programmes communs. Pour les secteurs culturels, cet accord peut créer des passerelles entre deux territoires voisins qui partagent un espace régional, mais dont les langues, les administrations et les circuits économiques restent souvent séparés.

La culture comme outil de développement

La présence des industries culturelles et créatives parmi les priorités n’est pas secondaire. Elle reconnaît la culture comme un secteur économique, un moyen de circulation régionale et un espace de construction identitaire.

Entre la Martinique francophone et la Barbade anglophone, les collaborations artistiques peuvent aussi devenir une manière très concrète de réduire les distances. Musique, cinéma, patrimoine, arts visuels ou création numérique peuvent circuler plus facilement lorsque des institutions organisent les échanges, mobilisent des moyens et suivent les projets.

C’est ici que l’accord peut prendre une couleur véritablement caribéenne : non pas en effaçant les différences entre les deux territoires, mais en utilisant leurs singularités pour créer de nouvelles collaborations.

Un dispositif conçu pour produire des résultats

L’accord prévoit un Comité conjoint de coopération, coprésidé par la Barbade et la Collectivité territoriale de Martinique. Cette instance devra définir les priorités, approuver les programmes, suivre leur mise en œuvre et examiner leurs résultats. Un Secrétariat technique assurera le suivi opérationnel. Un rapport annuel devra présenter les actions réalisées, les ressources mobilisées, les indicateurs de performance, les difficultés rencontrées et le programme prévu pour l’année suivante.

Ces mécanismes constituent l’un des éléments les plus importants de l’accord. Les coopérations régionales sont souvent annoncées avec ambition, mais leur impact dépend ensuite du calendrier, des financements et de la continuité administrative. En prévoyant une évaluation régulière, la Martinique et la Barbade affichent leur volonté de rendre la relation mesurable. Et surtout, d’en rendre les effets visibles pour les populations concernées.

Martinique

Cinq ans pour installer une coopération durable

Conclu pour cinq ans et renouvelable, l’accord laisse aux deux territoires le temps de construire des projets au-delà des rencontres ponctuelles. Il donne également à leur relation un cadre stable, alors que la Martinique cherche à renforcer sa place entre la Caraïbe, l’Europe, les Amériques et l’Afrique.

Le véritable test commencera désormais avec les premiers programmes retenus. Quels projets seront lancés en priorité ? Quels publics en bénéficieront directement ? La réponse permettra de savoir si cette signature marque seulement une nouvelle étape institutionnelle, ou le début d’une coopération capable de changer concrètement les échanges entre la Martinique et la Barbade.

L’accord établit un cadre de coopération dans neuf secteurs : les industries culturelles et créatives, le sport, l’éducation, la formation professionnelle, la gestion des risques, la santé, le tourisme, la pêche et la facilitation des échanges commerciaux. Il doit permettre aux deux territoires de développer des programmes communs et des projets concrets.

L’accord de coopération entre la Martinique et la Barbade est conclu pour une durée de cinq ans renouvelable. Cette période doit permettre aux deux partenaires de lancer des actions, d’en mesurer les résultats et de construire une relation durable au-delà des rencontres institutionnelles ponctuelles.

Un Comité conjoint de coopération définira les priorités, approuvera les programmes et évaluera les résultats. Un Secrétariat technique assurera le suivi opérationnel. Chaque année, un rapport commun présentera les actions réalisées, les ressources mobilisées, les difficultés rencontrées et le programme prévu pour l’année suivante.

À Sainte-Lucie, la cérémonie d’ouverture de la 51e réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM a marqué la première participation officielle de la Martinique comme membre associé, ouvrant une nouvelle étape dans son intégration régionale.

Une première participation officielle après plusieurs années de démarches

La cérémonie d’ouverture de la 51e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM, organisée le 5 juillet à Sainte-Lucie, a marqué une étape historique pour la Martinique. Pour la première fois, le territoire a officiellement siégé au sein de la Communauté caribéenne en qualité de membre associé, après l’entrée en vigueur de son adhésion le 16 juin 2026.

Cette participation donne une portée concrète à une trajectoire engagée depuis plusieurs années. Elle intervient après la signature, le 20 février 2025 à Bridgetown, de l’accord d’adhésion de la Martinique en qualité de membre associé, puis la ratification, par la France, de l’accord sur les privilèges et immunités de la CARICOM. Cette étape juridique a ouvert la voie à la participation officielle du territoire à cette 51e réunion des chefs de gouvernement, organisée du 5 au 8 juillet 2026 à Sainte-Lucie.

Cette séquence s’inscrit également dans une dynamique plus large d’ouverture de la CARICOM aux territoires français de la Caraïbe et de l’Amazonie. La Guyane française devrait, à son tour, franchir une étape décisive avec la signature attendue de son accord d’adhésion le 7 juillet.

CARICOM

Les grands défis régionaux au cœur de la 51e réunion

Réunis sous le thème « CARICOM : de la résilience au renouveau dans un monde en mutation », les chefs de gouvernement ont placé au cœur de leurs échanges les grands défis contemporains de la région : sécurité, changement climatique, intégration économique, libre circulation, sécurité alimentaire, jeunesse, coopération institutionnelle, transformation numérique et renforcement du marché unique caribéen.

Serge Letchimy : « Maintenant, il faut passer aux actes »

Pour Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique, ce moment dépasse largement la dimension protocolaire. Il constitue l’aboutissement d’un long chemin politique, institutionnel et diplomatique, mais surtout le début d’une nouvelle responsabilité régionale.

« Il a fallu beaucoup d’années pour que nous soyons acceptés à la CARICOM. Cela montre la difficulté d’appartenir à un double ensemble. Mais aujourd’hui, on y est », a-t-il déclaré à Sainte-Lucie. « Il ne s’agit pas de fêter cela comme un aboutissement. Ce n’est qu’un début. Maintenant, il faut passer aux actes. Il faut que les entreprises, les financements et les investissements viennent. »

CARICOM
@richeskarayib

La double appartenance comme levier stratégique pour la Martinique

Cette entrée de la Martinique au sein de la CARICOM ouvre une perspective inédite : celle d’un territoire capable d’articuler son appartenance à la République française et à l’Union européenne avec une présence plus active dans son espace géographique naturel, la Caraïbe. Pour Serge Letchimy, cette double appartenance peut devenir un levier stratégique, à condition d’être pensée comme une force et non comme une contrainte.

« Appartenir à deux marchés en même temps, le marché de la CARICOM et le marché de l’Union européenne, c’est quelque chose d’exceptionnel », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la nécessité pour les territoires français de la Caraïbe et de l’Amazonie de mieux intégrer la nouvelle réalité du multilatéralisme régional : « Ce n’est pas la seule appartenance à l’Europe qui règle le problème. L’Europe est très loin. Aujourd’hui, les relations se régionalisent par bassin : bassin pacifique, bassin atlantique, bassin caribéen. Si vous êtes absent de cette nouvelle dimension, vous êtes en grande difficulté. »

Terrance Drew défend une Caraïbe plus forte ensemble

Pour le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Dr Terrance Drew, président sortant de la CARICOM, l’arrivée de la Martinique illustre la vocation profonde de l’organisation : rassembler les pays et territoires de la Caraïbe autour d’un projet d’intégration concret, au service des populations. Il a rappelé que la CARICOM repose sur une conviction fondamentale : la région est plus forte lorsqu’elle agit ensemble.

« Nous sommes convaincu que nous sommes plus forts ensemble », a-t-il affirmé. « La CARICOM a permis de créer des institutions qu’il aurait été difficile pour chaque pays de mettre en place seul, mais qui bénéficient aujourd’hui à l’ensemble de la région. »

Le Premier ministre Drew a notamment cité le Système régional de sécurité, la Banque de développement des Caraïbes et les différentes institutions régionales qui permettent aux États et territoires membres de mutualiser leurs moyens, de renforcer leur résilience et de répondre à des enjeux communs. Selon lui, l’entrée de la Martinique ouvre également des perspectives immédiates en matière commerciale, en offrant au territoire un accès plus structuré à un marché régional élargi.

CARICOM
@richeskarayib

Philip J. Pierre veut faire passer la CARICOM aux résultats

Cette vision rejoint le cap fixé par le nouveau président de la CARICOM, Philip J. Pierre, Premier ministre de Sainte-Lucie. Dans son discours d’ouverture, il a appelé à une CARICOM plus visible, plus opérationnelle et plus directement connectée à la vie quotidienne des citoyens. Pour lui, l’intégration régionale ne peut plus rester cantonnée aux déclarations officielles : elle doit produire des résultats concrets.

« La CARICOM doit passer des salles de conférence aux communautés, de la rhétorique à la réalité, des communiqués aux résultats », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que les citoyens de la région attendent de la CARICOM des réponses tangibles sur la sécurité, le coût de la vie, la mobilité, l’emploi, le climat, l’énergie et les perspectives offertes aux jeunes générations.

CARICOM
@CARICOM

Une intégration élargie à la Martinique et à la Guyane française

Dans ce contexte, la participation de la Martinique et l’entrée prochaine de la Guyane française donnent une portée nouvelle à l’élargissement de la CARICOM. Elles traduisent la volonté d’une Caraïbe plus intégrée, capable de dépasser les héritages institutionnels et linguistiques pour répondre à des défis communs : changement climatique, chaînes d’approvisionnement, sécurité régionale, souveraineté alimentaire, développement économique, mobilité des talents et coopération avec l’Europe, l’Afrique et les Amériques.

Transformer la reconnaissance politique en projets concrets

Pour la Martinique, l’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance politique en projets concrets. Serge Letchimy a évoqué la nécessité d’inventer un nouveau mécanisme économique, capable de faire de la Martinique un hub de développement et un point de connexion entre l’Afrique, les Amériques, l’Europe et la Caraïbe.

« On retrouve la maison commune qu’est la Caraïbe », a-t-il affirmé. « Une porte a été ouverte. Elle existe vraiment. Il faut maintenant l’utiliser. »

Une nouvelle page pour les territoires français de la Caraïbe

Avec la Martinique désormais autour de la table et la Guyane française appelée à rejoindre à son tour la CARICOM, une nouvelle page s’ouvre pour les territoires français de la Caraïbe. Cette évolution ne remet pas en cause leur appartenance à la France et à l’Union européenne ; elle leur donne, au contraire, une capacité supplémentaire d’action, de coopération et de projection dans leur environnement régional immédiat.

À Sainte-Lucie, le message porté par les dirigeants caribéens est clair : dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les vulnérabilités climatiques et les recompositions économiques, la Caraïbe doit renforcer son unité, élargir ses coopérations et faire de l’intégration régionale un outil concret de développement.

Pour la Martinique, et demain pour la Guyane française, l’enjeu est désormais de faire vivre cette appartenance caribéenne dans les faits : par les échanges économiques, les projets de coopération, les mobilités, les partenariats institutionnels, les investissements et les opportunités offertes aux populations.

CARICOM

La Martinique est officiellement devenue membre associé de la CARICOM le 16 juin 2026. Cette entrée en vigueur a été rendue possible après la transmission, par la France, de l’instrument d’accession nécessaire à l’application de l’accord sur les privilèges et immunités de l’organisation régionale.

Ce statut permet à la Martinique de participer à certaines réunions et instances de la CARICOM, de prendre part aux discussions relevant de ses compétences et de proposer des programmes de coopération régionale. Elle peut notamment renforcer ses échanges dans des domaines comme la santé, l’éducation, le tourisme, le climat, la recherche ou la gestion des risques. Elle ne dispose toutefois pas du droit de vote et ne devient pas membre à part entière.

La réunion organisée du 5 au 8 juillet 2026 à Sainte-Lucie marque la première participation de la Martinique à la Conférence des chefs de gouvernement sous son nouveau statut officiel de membre associé. Cette présence donne une dimension concrète à son adhésion et ouvre une nouvelle phase, dans laquelle la Martinique devra transformer sa place institutionnelle en projets et coopérations visibles pour la population.

Dans la Caraïbe, une facture d’énergie trop lourde peut ralentir une entreprise. Une tempête peut couper une route, bloquer un port, fragiliser une récolte. Une crise sécuritaire peut aussi dépasser les frontières d’un seul pays. C’est dans cette réalité quotidienne que le dialogue Canada-CARICOM prend aujourd’hui une nouvelle dimension.

Réunis à Panama City, en marge de l’Assemblée générale 2026 de l’Organisation des États américains, les ministres des Affaires étrangères du Canada et de la CARICOM ont voulu donner une nouvelle force à leur partenariat stratégique. Au centre des échanges : un plan d’action tourné vers trois priorités majeures pour la région : la sécurité, le climat et l’économie.

Une coopération qui cherche des résultats concrets

Le partenariat Canada-CARICOM s’inscrit dans la continuité de l’accord stratégique lancé en 2023. Mais la réunion de 2026 marque une étape importante : les deux parties veulent désormais avancer avec un plan plus précis, plus lisible et plus mesurable.

L’objectif n’est pas seulement d’afficher une proximité diplomatique. Il s’agit de fixer des priorités, des calendriers et des mécanismes de financement capables de produire des résultats. Pour les pays caribéens, cette précision compte. La région fait face à des défis qui se croisent : coût de l’énergie, catastrophes climatiques, sécurité maritime, vulnérabilité financière, crise haïtienne. La Caraïbe ne demande pas seulement de l’aide. Elle cherche des partenaires capables de comprendre ses réalités et d’agir avec elle sur le long terme.

Canada-CARICOM

La sécurité, une urgence régionale

La sécurité occupe une place centrale dans ce nouveau plan Canada-CARICOM. Les ministres ont évoqué la criminalité transnationale, les gangs, les migrations irrégulières, la sécurité maritime et les flux illicites. Pour la région, ces sujets ne sont pas isolés. La mer est un lien, mais aussi une zone de vulnérabilité. Les trafics, les réseaux criminels, les cybermenaces et les crises politiques circulent parfois plus vite que les réponses institutionnelles.

Le Canada soutient déjà certaines initiatives régionales à travers le renforcement des capacités, des interventions ciblées et des partenariats opérationnels. Le nouvel enjeu est d’aller vers une réponse plus coordonnée : mieux protéger les espaces maritimes, renforcer les institutions, partager les informations utiles et limiter l’influence des réseaux criminels.

Canada-CARICOM

Haïti, une crise qui concerne toute la Caraïbe

Haïti occupe une place majeure dans les discussions. La crise politique, sécuritaire et humanitaire que traverse le pays a des conséquences directes sur la région. Les ministres ont notamment souligné les risques liés aux trafics de drogue et d’armes. Le soutien à la Gang Suppression Force fait partie des points abordés. Cette force doit contribuer à rétablir la sécurité sur le terrain, avec un mandat appelé à être renouvelé au Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Les ministres ont aussi rappelé le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Ils soutiennent l’organisation d’élections crédibles dès que les conditions le permettront, ainsi que les efforts contre la corruption et l’impunité. Haïti apparaît comme un rappel fort : aucune stabilité caribéenne durable ne peut se construire en laissant un territoire seul face à une crise aussi profonde.

Canada-CARICOM

Climat et économie : deux faces d’un même défi

Le nouveau plan Canada-CARICOM relie aussi clairement climat et économie. Dans la Caraïbe, une catastrophe naturelle n’est jamais seulement un événement météorologique. Elle touche les familles, les entreprises, les routes, les écoles, les ports et les finances publiques. L’accès à une énergie fiable et abordable revient comme une priorité. Une énergie trop chère freine l’innovation et pèse sur les ménages. Une énergie plus stable peut soutenir l’industrie, les services, l’investissement et la transition vers des modèles plus durables.

Le commerce fait aussi partie de l’équation. Le programme CARIBCAN, qui donne à la majorité des produits originaires de 18 pays et territoires caribéens du Commonwealth un accès sans droits de douane au marché canadien, reste un levier important. Il rappelle que le partenariat Canada-CARICOM ne concerne pas seulement la diplomatie. Il touche aussi les débouchés économiques, les chaînes d’approvisionnement et la capacité des entreprises caribéennes à se projeter au-delà de leur marché local.

Canada-CARICOM

La vulnérabilité caribéenne mieux prise en compte

Un autre point essentiel du partenariat Canada-CARICOM concerne le financement. Plusieurs États caribéens sont considérés comme des pays à revenu intermédiaire. Pourtant, leur exposition aux catastrophes climatiques, aux chocs économiques et aux ruptures d’approvisionnement reste très forte. C’est l’un des grands paradoxes de la région. Sur le papier, certains pays semblent trop “avancés” pour accéder facilement à des financements concessionnels. Dans la réalité, une seule crise peut fragiliser des années d’efforts.

Les ministres ont donc insisté sur la nécessité de réformer l’architecture financière internationale. L’idée est simple : la vulnérabilité réelle des petits États doit être mieux prise en compte. Pas seulement leur revenu moyen.

Canada-CARICOM

Un plan à suivre de près

Les prochains mois seront importants. Les responsables doivent encore finaliser les détails du plan d’action, identifier les initiatives prioritaires, construire un calendrier de mise en œuvre et renforcer le suivi. Un dialogue de hauts fonctionnaires est prévu à l’automne pour faire avancer ce travail.

Le partenariat Canada-CARICOM ne réglera pas à lui seul les défis de la Caraïbe. Mais il dit quelque chose du moment actuel : la région veut être écoutée comme un espace stratégique, pas seulement comme une zone vulnérable. Reste maintenant la vraie question : ce nouveau plan produira-t-il des changements visibles pour les populations, les entreprises et les territoires caribéens ?

Le nouveau plan Canada-CARICOM est une feuille de route destinée à renforcer la coopération entre le Canada et la Communauté caribéenne. Il repose sur trois priorités : des économies plus résilientes, l’action climatique, et la sécurité régionale. L’objectif est de passer d’un partenariat diplomatique à des actions plus concrètes, avec des calendriers, des résultats mesurables et des mécanismes de financement durables.

Haïti occupe une place centrale parce que sa crise politique, sécuritaire et humanitaire a des conséquences sur toute la région. Les ministres ont évoqué les trafics de drogue et d’armes, le soutien à la Gang Suppression Force, mais aussi le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Pour la CARICOM, la stabilité d’Haïti reste donc un enjeu régional, pas seulement national.

Le partenariat Canada-CARICOM relie directement climat et économie. Il met en avant l’accès à une énergie fiable et abordable, le développement du commerce, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et l’accès à des financements adaptés aux vulnérabilités des petits États caribéens. L’enjeu est de permettre à la région de mieux résister aux catastrophes naturelles, aux chocs économiques et aux crises internationales.

Exposer au Jardin du Luxembourg constitue souvent une étape majeure dans la carrière d’un artiste. Pour l’artiste Cécile Vernant, il s’agit avant tout d’une rencontre avec le public. Du 17 au 28 juillet 2026, elle présentera Man Mélé ! à l’Orangerie du Sénat, dans le cadre de l’Été du Jardin du Luxembourg. Durant douze jours, elle accueillera elle-même les visiteurs au cœur de ce lieu emblématique de la vie culturelle parisienne.

Sélectionnée à l’issue de l’appel à projets 2026, l’artiste disposera de 152 m² pour déployer son univers où peinture, photographie, dessin et céramique dialoguent librement.  Après sa sélection par le Sénat, Cécile Vernant a spontanément sollicité Didier, sans contact préalable avec l’entreprise. Ce choix s’est imposé naturellement : depuis le site de production de la marque, le regard porte sur les pitons du Carbet, un paysage martiniquais qui traverse son travail au même titre que la montagne Pelée. Elle a également reçu une aide à la création de l’Académie des beaux-arts – Institut de France, attribuée par des artistes académiciens. Une reconnaissance qui l’a profondément touchée : « J’ai littéralement pleuré de joie », confie-t-elle.

Man Mélé

Man Mélé !, plusieurs états en un seul titre

Impossible de réduire Man Mélé !  à une traduction unique. En créole martiniquais, l’expression épouse les nuances de l’émotion : elle peut signifier « je suis embêtée », lorsqu’il faut choisir parmi des dizaines d’œuvres, mais aussi « je suis chamboulée », « je suis amoureuse », « je suis mélangée » ou encore « je suis envoûtée ». Pour présenter officiellement l’exposition, l’artiste a finalement retenu cette dernière proposition : « Je suis envoûtée ! ».

Cet état d’envoûtement puise sa source dans la Martinique, territoire de l’enfance et matrice sensible de toute son œuvre. L’île affleure partout : dans la douceur de la lumière matinale, le souvenir de la pluie sur les tôles, l’entrelacs des lianes, les architectures abandonnées ou encore les paysages intérieurs nourris par la mémoire.

Peintures, dessins, photographies et céramiques s’y répondent « sans hiérarchie aucune ». Les œuvres dialoguent entre elles comme autant de cadavres exquis visuels, selon une logique intuitive où chaque création engendre la suivante. Cécile Vernant revendique une pratique instinctive, nourrie par l’écriture automatique, le dessin spontané et le modelage libre, dans le prolongement des expérimentations découvertes durant ses années de lycée à Fort-de-France.

De « Luco » à la Martinique de l’enfance

Avec Untitled Luco V, issu de la collection Enfance Caraïbes, Cécile Vernant tisse un dialogue entre Paris et la Martinique. Les « ti points, ti croix » qui traversent l’œuvre rendent hommage à Mme Mible, son enseignante en arts plastiques au lycée de Bellevue à Fort-de-France. Une professeure qui encourageait ses élèves à privilégier l’audace, l’émotion et l’instant présent, toujours prête à encourager ses élèves et à révéler le potentiel de chacun.

Le titre fait également écho au « Luco », surnom affectueux donné par les Parisiens au Jardin du Luxembourg. Une manière pour l’artiste de faire se rencontrer le lieu qui accueille Man Mélé ! et les souvenirs fondateurs de son parcours créatif. Présentée avec un passe-partout rouge vif, l’œuvre établit un pont sensible entre plusieurs géographies intimes.

Untitled Luco V, 2026, collection « Enfance Caraïbes », huile, pastel à l’huile et pastel à l’écu sur carton, 56,7 × 38 cm. © Cécile Vernant

Untitled Luco V n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Les titres des œuvres circulent librement entre le français, le créole, l’espagnol et le portugais. La Perla témoigne de cette porosité linguistique, nourrie autant par les voyages, les langues étudiées que par les musiques qui accompagnent l’artiste dans son processus de création.

Man Mélé
La Perla, 2026, tirage mutant, 07 + 3 EA, jet d’encre pigmentaire sur Awagami 125 g et acrylique, 20 × 20 cm. © Cécile Vernant

Une peinture qui ne se livre pas d'un seul regard

Untitled N° 49 résume plusieurs caractéristiques du travail de Cécile Vernant. L’artiste y distingue une frontière abolie entre ciel et terre, une souche d’arbre coupée, le lapin d’Alice au pays des merveilles assis les pattes dans le vide, un feu de western, une colline ou encore des chutes d’eau. Autant de formes qui émergent progressivement et rappellent que chaque regard peut faire surgir un récit différent.

Man Mélé
Untitled N° 49, 2025, huile et acrylique sur toile, 100 × 73 cm. © Cécile Vernant

Au commencement, l’artiste ne sait jamais exactement quelle direction prendra la toile. Le rythme du geste et les degrés de dilution orientent la composition. L’œuvre est ensuite laissée au repos : Cécile Vernant l’observe, tourne autour d’elle et peut même la retourner avant de poursuivre son travail. Incises nettes, fondus, matière parfois travaillée avec les doigts et vernis localisés multiplient ainsi les niveaux de perception. Selon les zones, ces vernis évoquent la pluie, une roche rendue glissante par l’eau ou encore le mouvement d’un courant à la surface.

Cette démarche éclaire ce que l’artiste appelle « déconstruire la figuration ». En l’absence d’un paysage immédiatement identifiable, aucune lecture ne s’impose définitivement. Le format vertical d’Untitled N° 99 s’inscrit dans cette même recherche, nourrie par les lianes, la nature du Nord de la Martinique et certaines formes architecturales, sans jamais enfermer l’œuvre dans une interprétation unique.

Man Mélé
Untitled N° 99, 2025, acrylique sur toile, 100 × 40 cm. © Cécile Vernant

Rejouer l'image, laisser la matière transformer l'œuvre

Les deux versions de Caraïbes illustrent la manière dont Cécile Vernant réinvente sans cesse ses propres créations. La première a été photographiée sous une lumière couverte ; la seconde, sous un soleil éclatant, avant d’être retravaillée à l’acrylique directement sur papier japonais. Lumière, matière et intervention manuelle font ainsi émerger deux paysages mutants à partir d’une même image.

Man Mélé
Caraïbes, 2026, tirage mutant sur papier Awagami 125 g, N° 01/07 + 2 EA, 20 × 20 cm. © Cécile Vernant
Man Mélé
Caraïbes, 2026,, tirage mutant puis acrylique sur Awagami 125 g, N° 02/07 + 2 EA, 20 × 20 cm. © Cécile Vernant

Le papier japonais participe pleinement à cette métamorphose. Ses fibres donnent à voir le travail des artisans et révèlent ce que l’artiste appelle « l’âme du papier ». Dans Les Portes du Paradis, cette matière rejoint également une histoire plus intime. Après la disparition brutale d’un proche, Cécile Vernant reprend les arts plastiques en utilisant le matériel laissé par cette personne, qu’elle continue d’employer aujourd’hui. En céramique, elle réalise aussi des empreintes d’objets ayant appartenu à des personnes qu’elle aimait. Pour l’artiste, ces traces donnent à l’œuvre « une espèce d’âme » et font perdurer un lien qui se transforme et voyage au gré des nouvelles demeures.

Cette relation au Japon ne date pourtant pas de ce voyage effectué en 2007. Enfant, l’artiste recevait des cartes postales représentant le mont Fuji enneigé et imaginait que la neige pouvait aussi recouvrir la montagne Pelée. Son séjour dans l’archipel a renforcé ces correspondances intimes entre îles, volcans, cyclones et liens invisibles qui unissent les absents aux vivants.

Les portes du Paradis, 2026, jet d’encre pigmentaire sur Awagami 55 g, 01/03 + 1 EA, 58 × 46 cm. © Cécile Vernant

Des espèces mutantes aux microformats « Méga Kiki »

Les céramiques prolongent ce goût pour la transformation et l’invention. Cécile Vernant y fait émerger des formes hybrides inspirées du monde marin. La présence récurrente des coraux trouve son origine dans un souvenir d’enfance : après les cyclones, elle recueillait dans sa chambre les fragments découverts sur le littoral, pour qu’ils ne restent pas seuls. Dans ses créations, ces éléments deviennent des espèces imaginaires, entre faune sous-marine et créatures fantastiques.

Man Mélé
Corail murène caramélisée, « Saisons des pluies », 2025, faïences émaillées, 21,5 × 12 × 7 cm. © Cécile Vernant

La scénographie de Man Mélé ! jouera également sur les changements d’échelle. Les microformats de la série Méga Kiki, mesurant parfois seulement 12 × 12 cm, côtoieront de grands formats. Une manière d’inviter les visiteurs à modifier constamment leur point de vue, en s’approchant ou en prenant du recul. Filets de pêche et rappels colorés ponctueront également le parcours d’exposition.

Man Mélé
Untitled, série « Méga Kiki », 2026, 18 × 14 cm. © Cécile Vernant

Une exposition ouverte à tous les regards

Si Cécile Vernant revendique pleinement son appartenance au champ de l’art contemporain, elle se méfie des discours qui enferment les œuvres dans une interprétation unique. Pour elle, le ressenti doit toujours conserver sa place.

Cette conviction s’est imposée au fil des rencontres. Lors d’une précédente exposition, un visiteur refusait d’entrer, affirmant ne rien connaître à l’art. « Ça tombe bien, moi non plus », lui avait-elle répondu avant de l’inviter à découvrir les œuvres. Un autre, atteint d’achromatopsie, ne décrivait pas les tableaux en couleurs mais en sensations de chaleur. Des expériences qui rappellent à l’artiste qu’il n’existe ni bon ni mauvais goût, mais une multiplicité de sensibilités.

Man Mélé
Balata, 2026, 20x20cm, 05+2EA
Man Mélé
Bananes corail poissons dentelles rouge et rose
Man Mélé
Untitled 28-V-26, 2026, Huile et acrylique sur toile, 50x50 cm
Man Mélé
Untitled N° 28-V-26 bis

La reconnaissance du travail de Cécile Vernant dépasse également les frontières françaises : sa photographie Paradis pour pêcheurs a été sélectionnée pour une exposition collective internationale en Crète, prévue en juillet 2026. L’artiste sera présente chaque jour à l’Orangerie du Sénat pour partager son univers et échanger avec les visiteurs.

Que verra chacun dans Man Mélé !? Cécile Vernant préfère laisser la réponse ouverte. Car, pour l’artiste, une œuvre ne se livre jamais entièrement : elle se découvre, se ressent et se réinvente au gré des regards.

Untitled N° 28-V-26 bis
Untitled Luco XIII, 2026 90x30cm huile, pastel à l'huile et acrylique sur toile
Man Mélé
Untitled N° MQ3, 2026, 60 x 20 cm, Huile et acrylique sur toile
Man Mélé
Untitled N° OSC2, 2025, Acrylique sur carton entoilé, 55 x 46 cm
Man Mélé
Zouk love à l'abri des regards indiscrets

Informations pratiques

Man Mélé ! se tiendra du 17 au 28 juillet 2026 à l’Orangerie du Sénat, dans le Jardin du Luxembourg, à Paris. Man Mélé ! sera ouverte tous les jours de 11 h à 20 h. L’entrée est libre par la porte Férou, au 19 bis rue de Vaugirard, dans le 6e arrondissement.

L’exposition Man Mélé ! de Cécile Vernant se tiendra du 17 au 28 juillet 2026 à l’Orangerie du Sénat, dans le Jardin du Luxembourg à Paris. Elle sera ouverte tous les jours de 11 h à 20 h. L’entrée est libre par la porte Férou, au 19 bis rue de Vaugirard, dans le 6e arrondissement.

Man Mélé ! réunira des peintures, des dessins, des photographies et des céramiques de Cécile Vernant. L’artiste y fera dialoguer plusieurs médiums, formats et langues autour de la Martinique, de la mémoire, de l’enfance et de la transformation des paysages. Le parcours comprendra notamment des tirages mutants, des œuvres verticales, des céramiques imaginaires et les microformats de la série Méga Kiki.

Pour Cécile Vernant, Man Mélé ! possède plusieurs significations. L’expression peut évoquer le fait d’être embêtée, chamboulée, amoureuse, envoûtée ou mélangée. L’artiste retient particulièrement l’idée d’envoûtement pour exprimer son attachement à la Martinique et les émotions qui traversent sa création.

Du 5 décembre 2026 au 4 avril 2027, le MSC World Europa vivra au rythme des musiques antillaises avec le festival Zouk@Sea by MSC. Pour sa troisième édition, dix-huit semaines d’animations musicales se succéderont au départ de Fort-de-France et de Pointe-à-Pitre, portées par des artistes, des groupes live et des DJs de Martinique et de Guadeloupe. L’affiche fait entrer plusieurs expressions musicales antillaises dans un navire international : zouk, compas, traditions créoles, musiques urbaines, cadence, dancehall, shatta, soca et DJ sets.

Zouk@Sea by MSC

Une programmation différente chaque semaine

Le fonctionnement de Zouk@Sea by MSC repose sur un principe simple : chaque semaine, un artiste, un groupe ou un DJ accompagne la croisière. Les départs sont programmés le samedi depuis Fort-de-France et le dimanche depuis Pointe-à-Pitre. La saison commencera les 5 et 6 décembre 2026 avec SOS Kantik et une programmation consacrée aux Chanté Nwèl. Silonvan prendra la relève les 12 et 13 décembre, avant DJ Raptor les 19 et 20 décembre, puis DJ Moulinex les 26 et 27 décembre.

Zouk@Sea by MSC
DJ RAPTOR
Zouk@Sea by MSC
DJ MOULINEX
Zouk@Sea by MSC
SOS KANTIK

En janvier 2027, La Finekip sera programmée les 2 et 3 janvier, suivie d’Emosyon les 9 et 10 janvier. Misié Sadik, Jessye Belleval et Zouk’n Groove monteront à bord les 16 et 17 janvier. Le week-end suivant, les 23 et 24 janvier, Kwaxikolor partagera la scène avec Jocelyne Béroard. Thierry Lof et C’Zigla clôtureront le mois les 30 et 31 janvier.

Zouk@Sea by MSC
Thierry LOF C Zigla
Zouk@Sea by MSC
kwaxicolor

Jocelyne Béroard et plusieurs générations du zouk

La présence de Jocelyne Béroard donne à cette troisième édition une dimension particulièrement intergénérationnelle. Avec Kwaxikolor, l’artiste associée à l’histoire du groupe Kassav’ portera un répertoire lié à la mémoire du zouk. Misié Sadik, Jessye Belleval et Zouk’n Groove mêleront ainsi sonorités urbaines, créoles et zouk actuel. Le nom du festival met le zouk en avant, mais la programmation s’étend bien au-delà de cette esthétique.

Zouk@Sea by MSC
Jocelyne Beroard
Zouk@Sea by MSC
Jessye Belleval
Zouk@Sea by MSC
Kwaxicolor

Février entre live, anniversaire et DJ sets

DJ Fab ouvrira le mois de février lors des départs des 6 et 7 février. Kaf Kon’s suivra les 13 et 14 février avec un format acoustique fondé sur les reprises créoles, l’interaction avec le public et une atmosphère festive. Les 20 et 21 février, Tanmpo Klassik Live célébrera ses dix ans. DJ Stonekilla & Friends prendra ensuite le relais les 27 et 28 février.

Zouk@Sea by MSC
DJ FAB
Zouk@Sea by MSC
kaf-kon's
Zouk@Sea by MSC
DJ Stone killa

De Jean-Michel Galva à MKG pour terminer la saison

Le mois de mars réunira encore plusieurs univers. Jean-Michel Galva & Koezyon seront programmés les 6 et 7 mars avec un répertoire mêlant zouk, cadence et influences traditionnelles antillaises. Maty occupera la semaine des 13 et 14 mars, avant DJ Raptor & Friends les 20 et 21 mars. Jean-Marc Ferdinand, présenté comme un véritable ambianceur des Antilles, accompagnera les départs des 27 et 28 mars. MKG terminera la programmation lors des croisières des 3 et 4 avril 2027. Le programme reste toutefois susceptible d’être modifié. L’affiche officielle précise que certains artistes peuvent être remplacés ou absents sans préavis.

Zouk@Sea by MSC
Jean Michel Galva
Zouk@Sea by MSC
JEAN MARC FERDINAND
Zouk@Sea by MSC
MATY
Zouk@Sea by MSC
MKG

Le MSC World Europa déployé aux Antilles

Cette troisième édition accompagne le déploiement du MSC World Europa aux Antilles françaises pendant l’hiver 2026-2027. Le navire effectuera ses départs depuis Fort-de-France et Pointe-à-Pitre, deux ports qui occupent ainsi une place centrale dans cette saison. MSC Croisières présente cette opération comme un renforcement de son ancrage régional. Selon les chiffres communiqués par la compagnie, les Caraïbes accueillent 43 % des croisiéristes mondiaux et concentrent 36 % de la capacité mondiale de croisière.

Ces données replacent Zouk@Sea by MSC dans un secteur où la région occupe déjà une position majeure. Mais l’intérêt culturel du projet se situe ailleurs : dans la possibilité offerte à des artistes martiniquais et guadeloupéens d’occuper chaque semaine un espace fréquenté par des voyageurs de plusieurs horizons. Patrick Pourbaix, directeur général de MSC Croisières France, explique que l’ambition est de transformer chaque croisière en « une véritable célébration de l’art de vivre caribéen ». La programmation musicale devient ainsi un élément central de l’expérience proposée à bord.

Zouk@Sea by MSC
Zouk@Sea by MSC

Une vitrine embarquée pour les scènes antillaises

Pour les passagers, Zouk@Sea by MSC permettra d’associer les escales caribéennes à des concerts, des performances live et des soirées musicales. Pour les artistes programmés, le navire constitue une scène différente des festivals, salles et événements habituellement organisés à terre. Le projet pose néanmoins une question plus large. Une programmation embarquée peut-elle devenir un véritable outil de circulation pour les musiques antillaises, et pas seulement un divertissement lié au voyage ?

Pendant dix-huit semaines, le MSC World Europa accueillera des traditions de Noël, des figures du zouk, des groupes live et des DJs. De SOS Kantik à MKG, cette saison racontera surtout une scène musicale antillaise plurielle, capable de préserver ses héritages tout en faisant entendre ses formes les plus actuelles.

Zouk@Sea by MSC est un festival musical embarqué organisé par MSC Croisières à bord du MSC World Europa. Pour sa troisième édition, l’événement réunira chaque semaine un artiste, un groupe live ou un DJ de Martinique ou de Guadeloupe. La programmation fera entendre plusieurs expressions musicales antillaises, dont le zouk, le compas, les Chanté Nwèl, la cadence, le dancehall, le shatta, la soca et les musiques urbaines créoles.

La saison Zouk@Sea by MSC se déroulera du 5 décembre 2026 au 4 avril 2027. Les croisières partiront chaque samedi de Fort-de-France, en Martinique, et chaque dimanche de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Une programmation musicale différente accompagnera chaque semaine de navigation à bord du MSC World Europa. Les artistes annoncés restent toutefois susceptibles d’être remplacés ou absents sans préavis.

La programmation réunira notamment SOS Kantik pour les Chanté Nwèl, Silonvan, La Finekip, Emosyon, Misié Sadik, Jessye Belleval & Zouk’n Groove, Kwaxikolor feat. Jocelyne Béroard, Thierry Lof & C’Zigla, Kaf Kon’s, Jean-Michel Galva & Koezyon, Maty, Jean-Marc Ferdinand et MKG. Tanmpo Klassik Live célébrera également ses dix ans à bord. Plusieurs DJs participeront à la saison, parmi lesquels DJ Raptor, DJ Moolinexx, DJ Fab et DJ Stonekilla & Friends.

Le 21 juin 2026, les rues, les places et des lieux culturels de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane ont accueilli des concerts, des scènes ouvertes et des rencontres musicales. Dans ces trois territoires, la Fête de la Musique a pris des formes différentes, au contact des répertoires locaux, des artistes amateurs et des professionnels.

Fête de la Musique

La 45e Fête de la Musique ouverte à tous

Créée en 1982 sous l’impulsion de Jack Lang, de Maurice Fleuret et de Christian Dupavillon, la Fête de la Musique célébrait cette année sa 45e édition. Son principe reste le même : donner une place à la musique vivante, réunir amateurs et professionnels et proposer des concerts gratuits le 21 juin. Le rendez-vous est aujourd’hui célébré dans plus d’une centaine de pays.

Dans les territoires français de la Caraïbe et de l’Amazonie, ce cadre commun est réinterprété à partir des réalités locales. Le zouk, le gwoka, la biguine, le reggae, le jazz créole, les percussions, les musiques urbaines et les influences sud-américaines peuvent s’y croiser dans une même programmation. Cette diversité ne transforme pas les trois territoires en un ensemble uniforme. Elle montre plutôt comment chacun s’approprie un événement national selon ses propres scènes, ses langues et ses circulations musicales.

En Martinique, un parcours entre centre-ville et quartiers

À Fort-de-France, la Ville avait annoncé un parcours musical destiné à faire circuler les artistes et le public entre le centre-ville et différents quartiers. L’appel municipal associait également des bénévoles à l’organisation, dans l’esprit participatif de la manifestation.

Fête de la Musique

À l’échelle de l’île, la programmation s’est étendue sur plusieurs communes et parfois sur tout le week-end. À Schœlcher, le Village musical annonçait la présence de plus de 200 artistes répartis sur sept espaces. Gospel, reggae, salsa, percussions, musiques traditionnelles, DJ sets et expressions urbaines figuraient parmi les propositions. Cette juxtaposition des générations et des répertoires illustre l’une des forces de la Fête de la Musique : créer une scène commune sans imposer un genre dominant.

Fête de la Musique

En Guadeloupe, le patrimoine musical au premier plan

À Pointe-à-Pitre, le programme annonçait une édition spéciale du Marché de Kalina, de 8 h 30 à 17 heures sur la place de la Victoire, autour des cultures et traditions guadeloupéennes, avec des prestations artistiques. Le rendez-vous relevait donc davantage d’une journée culturelle et musicale que d’un grand concert nocturne.

Fête de la Musique

Ailleurs dans l’archipel, les programmes ont donné une place visible au patrimoine musical guadeloupéen. Au Moule, le programme de deux journées associait une rencontre avec Pierre-Édouard Décimus et Maalkhéma, une animation autour du ka, une scène ouverte, ainsi que du zouk, de la biguine, du jazz et du gospel. Cette programmation rappelle que la Fête de la Musique peut aussi transmettre une histoire musicale, faire entendre les instruments du territoire et créer un passage entre héritage et création contemporaine.

Fête de la Musique

En Guyane, des scènes ouvertes entre ville et Amazonie

En Guyane, la Fête de la Musique a pris plusieurs formes. À Cayenne, plusieurs rendez-vous ont occupé l’espace public. Une scène ouverte était annoncée dès 16 heures sur la place des Chaînes brisées, avant une autre installation place des Palmistes à partir de 18 heures avec plusieurs DJ. Le festival Kayenn’Art, organisé à La Poudrière pendant le week-end, associait également arts visuels, créations locales et rendez-vous musicaux.

Ces propositions reflètent une géographie sonore particulière. Les musiques guyanaises se construisent au contact de répertoires créoles, bushinengués, surinamais, brésiliens et caribéens. Il faut toutefois éviter de réduire ces circulations à une seule frontière ou à un seul genre : elles suivent les migrations, les langues, les médias, les collaborations artistiques et l’histoire du plateau des Guyanes.

Fête de la Musique
Fête de la Musique

Pourquoi la Fête de la Musique reste-t-elle accessible ?

La gratuité demeure l’un des marqueurs les plus forts de la Fête de la Musique. Elle ne signifie pas que chaque animation peut être organisée sans règle ni coordination. Les communes lancent des appels à participation, définissent des espaces et encadrent les installations. Mais l’accès du public aux concerts inscrits dans le dispositif reste gratuit.

Face aux événements culturels soumis à billetterie, ce principe crée un autre rapport à la scène. Le public peut passer d’un lieu à l’autre, écouter un groupe inconnu ou s’arrêter devant une scène ouverte sans prévoir l’achat d’un billet. Cette disponibilité favorise la rencontre, même si elle ne suffit pas, à elle seule, à mesurer la réussite culturelle d’une édition.

Fête de la Musique
Fête de la Musique

La Fête de la Musique 2026 s’est tenue officiellement le 21 juin, avec certaines animations réparties sur plusieurs jours du week-end. Cette 45e édition a donné lieu à des concerts, des scènes ouvertes et des rendez-vous culturels dans plusieurs communes de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane.

En Martinique, Fort-de-France proposait un parcours musical entre le centre-ville et les quartiers, tandis que Schœlcher annonçait plus de 200 artistes sur sept espaces. En Guadeloupe, le Marché de Kalina à Pointe-à-Pitre et les activités organisées au Moule mettaient en avant les cultures locales. En Guyane, Cayenne accueillait notamment des scènes ouvertes sur les places des Chaînes brisées et des Palmistes, ainsi que le festival Kayenn’Art à La Poudrière.

La Fête de la Musique permet aux artistes amateurs et professionnels de se produire gratuitement dans l’espace public. En Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, elle donne aussi une place importante aux répertoires locaux et régionaux, comme le zouk, le gwoka, la biguine, le reggae, les percussions, les musiques urbaines et les influences amazoniennes.

Organisée par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE), la deuxième édition des Caribbean Days a réuni au siège de l’UNESCO, à Paris, plusieurs expressions de la culture caribéenne. Pendant quatre jours, l’événement a créé un espace de dialogue autour de la coopération régionale, du tourisme durable et des relations économiques entre la Caraïbe et l’Europe.

Une table caribéenne face à Paris

Sur le toit de l’UNESCO, des chefs antillais de l’association Les Toques françaises préparent un menu caribéen en trois services. Depuis le restaurant, les invités aperçoivent la tour Eiffel, les Invalides et la rive gauche. Cette scène résume l’esprit des Caribbean Days : présenter la Caraïbe par ses créations et ses savoir-faire, puis utiliser cette présence culturelle pour engager des échanges plus larges. 

La Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE) a organisé cette deuxième édition dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes. Placée sous le thème « Paix, diversité et durabilité », la manifestation a réuni des acteurs culturels, institutionnels, diplomatiques et économiques.

Durant quatre jours, la programmation a accordé une place aux arts visuels, à la gastronomie, à la mode, au cinéma, à la littérature, à la poésie, à la musique et à la danse. Ces disciplines ont montré plusieurs facettes de la création caribéenne dans un lieu consacré à l’éducation, à la science, à la culture et au patrimoine.

Les industries créatives au premier plan

Les Caribbean Days ont présenté les industries créatives comme l’une des forces de la région. La cuisine, les vêtements, les films, les récits, la musique et la danse ont servi de points de rencontre entre différents territoires et différents secteurs.

Cette diversité a permis de réunir des ambassadeurs caribéens, d’autres diplomates, des représentants du secteur public et des acteurs privés. La culture a ainsi créé un cadre commun pour des discussions portant sur le développement, l’investissement et les partenariats.

Fondée en novembre 2019, la CCCE a pour mission de faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe. Elle cherche également à encourager les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, cette mission s’est traduite par des rencontres entre institutions, entreprises et représentants caribéens.

Caribbean Days
Florian Valmy-Desvillers( directeur du développement commercial, CTO Chapter UK & Europe), Geoffey Lipman, (conférencier principal, ancien président du WTTC et secrétaire général adjoint de l'OMT), Jo Spalburg (secrétaire générale du CCCE), Tracy Jones (directrice pour l'Europe chez Barbados Tourism Marketing Inc.) et Carol Charran-Timlelt (présidente de l'Association de Trinité-et-Tobago en France).

La coopération régionale autour d’un même déjeuner

Un déjeuner-débat a porté sur la coopération entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Des représentants de la Banque de France, d’Expertise France et de l’OCDE ont participé aux présentations.

L’intervention de la sénatrice française Micheline Jacques, qui soutient un partenariat économique entre les territoires d’outre-mer et Haïti, a recentré les débats sur une question concrète : comment renforcer les liens entre les différentes composantes de l’espace caribéen ?

À travers cette rencontre, les Caribbean Days ont rapproché la culture, la diplomatie et l’économie. La gastronomie n’était pas un simple décor. Elle a accompagné un dialogue sur les coopérations possibles et sur la place de la Caraïbe dans ses relations avec l’Europe.

Le tourisme durable face au changement climatique

Une table ronde a été consacrée au tourisme durable. Geoffrey Lipman, ancien président du World Travel and Tourism Council et ancien secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale du tourisme, y a participé aux côtés de Florian Valmy-Desvillers, directeur du développement commercial de la Caribbean Tourism Organization pour le Royaume-Uni et l’Europe.

Jo Spalburg, secrétaire général de la CCCE, a résumé le message principal de ces échanges. Selon lui, l’accélération du changement climatique rend nécessaire un tourisme plus durable et plus bénéfique pour les communautés locales. Celles-ci jouent un rôle direct dans la protection de la nature et de la culture de la région pour les générations futures.

Cette réflexion donne aux Caribbean Days une portée particulière. Elle relie la promotion des destinations caribéennes à la responsabilité de préserver ce qui attire les visiteurs : les paysages, les patrimoines, les pratiques culturelles et les connaissances locales.

Caribbean Days
Jo Spalburg, secrétaire général du CCCE, en compagnie des chefs français des Antilles de l'association « Les Toques françaises ».

De la visibilité culturelle aux alliances

Au terme de cette deuxième édition, la CCCE met en avant une ambition collective : transformer la visibilité culturelle en collaborations, en innovation et en croissance durable pour la région.

Les Caribbean Days ont montré que la culture peut ouvrir des discussions entre diplomates, institutions, entreprises et acteurs créatifs. La suite dépendra désormais de la capacité des partenaires réunis à Paris à convertir ces échanges en alliances concrètes au bénéfice des territoires et des communautés caribéennes.

Les Caribbean Days, également appelés Journées des Caraïbes, sont un événement organisé par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe au siège de l’UNESCO, à Paris. Pendant quatre jours, leur deuxième édition a mis en avant les arts visuels, la gastronomie, la mode, le cinéma, la littérature, la poésie, la musique et la danse. L’événement s’est déroulé sous le thème « Paix, diversité et durabilité », dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Les Caribbean Days sont organisés par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe, ou CCCE. Fondée en novembre 2019, cette organisation cherche à faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe, tout en encourageant les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, la CCCE a réuni des représentants culturels, diplomatiques, institutionnels et économiques autour des créations et des enjeux caribéens.

Les Caribbean Days ont associé la promotion des industries créatives à des discussions sur la coopération régionale et le tourisme durable. Un déjeuner-débat a porté sur les relations entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Une table ronde a également abordé les effets du changement climatique et la nécessité de développer un tourisme plus durable, capable de mieux bénéficier aux communautés locales qui protègent les patrimoines naturels et culturels de la région.