Le Rocher du Diamant, îlot volcanique de 176 mètres au large du Diamant, en Martinique, est inscrit le 3 février 1804 comme un petit navire de guerre de la Royal Navy, sous le nom de HMS Diamond Rock. Une division française commandée par le capitaine de vaisseau Julien Cosmao le reprend le 2 juin 1805. Plus de deux siècles après, le débarquement y est interdit.
À environ 1 800 mètres de la côte de la commune du Diamant, dans le sud de la Martinique, se dresse un îlot que la marine britannique occupe à partir de 1804. En janvier, le commodore Samuel Hood décide d’en faire une position armée. Le lieutenant James Wilkes Maurice y débarque avec un détachement du HMS Centaur. Quelques semaines plus tard seulement, la Royal Navy inscrit cet îlot sur la liste de ses bâtiments.
Le Rocher du Diamant, 176 mètres face au Diamant
Le Rocher du Diamant culmine à 176 mètres pour un diamètre d’environ 300 mètres. Cet îlot est un dôme massif de dacite, une roche volcanique, formé il y a environ 0,97 million d’années selon les mesures des géologues. En 1804, ce repère devient un enjeu militaire. La marine britannique l’occupe et, depuis ce poste, contrôle la passe des Fours.
Janvier 1804, la Royal Navy arme l’îlot
En janvier 1804, le HMS Centaur, vaisseau de 74 canons du commodore Samuel Hood, mouille au pied du rocher. Le premier lieutenant James Wilkes Maurice débarque avec des marins et des fusiliers marins. Il doit fortifier, avec ses hommes, un îlot inhabité et difficile à gravir. Les canons arrivent d’abord par la mer. Un câble tendu depuis le grand mât du HMS Centaur sert à les hisser le long de la paroi. Cinq pièces sont d’abord installées, trois de 24 livres et deux de 18 livres, depuis le bord de mer jusqu’au sommet.
Le 3 février 1804, l’îlot est inscrit comme un petit navire de guerre de la Royal Navy sous le nom de HMS Diamond Rock. James Wilkes Maurice en reçoit le commandement, avec une garnison d’environ 120 hommes.
Du 31 mai au 2 juin 1805, la reprise par la division de Julien Cosmao
À la mi-mai 1805, l’amiral Pierre de Villeneuve arrive à Fort-de-France avec une flotte franco-espagnole. Une division est chargée de reprendre le rocher. Elle est placée sous les ordres du capitaine de vaisseau Julien Cosmao, qui commande le vaisseau Pluton. Elle comprend aussi le vaisseau Berwick, la frégate Sirène et des embarcations françaises et espagnoles. Les vaisseaux Pluton et Berwick portent chacun 74 canons. La division appareille le 29 mai 1805.
L’attaque commence le 31 mai 1805. Les canons des navires réduisent les batteries basses de l’îlot, puis les troupes débarquent, tandis que James Wilkes Maurice replie ses hommes sur les niveaux supérieurs. À court d’eau et de munitions, James Wilkes Maurice capitule le 2 juin 1805 avec 107 hommes. La garnison quitte l’îlot le 3 juin avec les honneurs de la guerre. Côté britannique, les pertes se limitent à deux morts et un blessé. Jugé par une cour martiale à la Barbade, James Wilkes Maurice est acquitté.
Aujourd’hui, un Rocher du Diamant fermé à la visite
Depuis l’arrêté de protection de biotope du 1er mars 1994, l’accès à terre est interdit sur le rocher. L’îlot est inclus dans un site classé, créé par décret du 4 avril 2001, qui couvre environ 1 429 hectares entre les communes des Anses-d’Arlet et du Diamant, sur terre comme en mer. Le rocher appartient depuis 1994 au Conservatoire du littoral. Treize espèces d’oiseaux y ont été observées en 2004, dont le noddi brun, la sterne bridée, le paille-en-queue, le fou brun et la frégate superbe.
Ce que le Rocher du Diamant apporte à la Martinique
Le Rocher du Diamant donne son nom à la commune du Diamant et reste un repère visible depuis le sud de la Martinique. Il conserve encore la trace d’un épisode militaire joué au large de l’île en 1804 et 1805. Il sert aussi de refuge aux oiseaux marins, au cœur d’un site classé de 1 429 hectares. Sa valeur tient à cette triple mémoire, géologique, historique et naturelle, que l’on préserve en ne le visitant plus.
Plus de deux siècles après son inscription comme un petit navire de guerre de la Royal Navy, plus personne n’y monte. Une question demeure pour ceux qui le regardent depuis la côte du Diamant. Que raconte à la Martinique un rocher que l’on ne peut plus toucher ?
Questions fréquentes sur le Rocher du Diamant
Au large de la commune du Diamant, dans le sud de la Martinique, à environ 1 800 mètres de la côte. Il culmine à 176 mètres.
La Royal Navy l’a armé en janvier 1804 et inscrit comme sloop le 3 février 1804 sous le nom de HMS Diamond Rock. La division de Julien Cosmao l’a repris le 2 juin 1805.
Non. L’accès à terre est interdit depuis l’arrêté de protection de biotope du 1er mars 1994.
À partir du 1er novembre 2026, le chef martiniquais Louis-Philippe Vigilant signera de nouvelles recettes en cabine Business d’Air France au départ des Antilles et de la Guyane. Derrière cette collaboration, présentée à Fort-de-France le 28 octobre, se raconte aussi une histoire de famille, de transmission et de fidélité aux goûts de l’enfance.
« J’espère que ma mère va voyager sur la ligne business », confie Louis-Philippe Vigilant. Le chef vient de parler de ses nouvelles créations pour Air France. Lorsqu’il évoque celle à qui il aimerait les faire découvrir, il revient aux plats qu’elle préparait lorsqu’il était enfant.
Les dombrés occupent une place dans ce souvenir. Il évoque ceux au cirique ou au crabe, puis explique les avoir retravaillés avec des crevettes pour cette nouvelle carte. Le pot-au-feu marin, le piment végétarien et les crustacés participent eux aussi de ces références familiales qu’il souhaite retrouver dans ses recettes.
Originaire de Rivière-Pilote, dans le sud de la Martinique, Louis-Philippe Vigilant, chef martiniquais doublement étoilé au Guide Michelin, dirige aujourd’hui les cuisines de La Côte d’Or, au Relais Bernard Loiseau, à Saulieu. Avec cette signature aérienne, les deux territoires de son parcours se rejoignent.
Les goûts de l’enfance comme point de départ
Interrogé sur l’inspiration de ses plats, le chef cite les produits et les préparations qui lui sont familiers : le giromon, la christophine, les épices, le gingembre ou encore le piment végétarien. Il les associe aux techniques acquises au fil de sa formation et de ses expériences dans l’Hexagone.
Cette cuisine fait une place aux souvenirs, tout en les retravaillant. Le dombré aux crevettes en est un exemple : le chef conserve une référence familiale et lui donne une nouvelle expression, adaptée à cette collaboration.
Pour lui, la carte doit aussi permettre aux voyageurs de découvrir une part de la richesse culinaire martiniquaise. « Il faut les faire rêver », explique-t-il au cours de l’entretien. Son ambition passe par le plaisir de manger et par la curiosité que peuvent susciter des produits, des associations ou des goûts.
De Rivière-Pilote à la Maison Loiseau
Après sa formation au lycée hôtelier La Colline, à Montpellier, Louis-Philippe Vigilant rejoint La Côte d’Or en 2006, auprès de Patrick Bertron. Son parcours le conduit ensuite à L’Oustau de Baumanière et au Strato de Courchevel, avant la direction des cuisines de Loiseau des Ducs, à Dijon, où il obtient une étoile Michelin.
Il revient à Saulieu en 2022 comme chef adjoint. En septembre 2023, Patrick Bertron lui transmet la direction culinaire de La Côte d’Or.
Cet apprentissage nourrit aujourd’hui son travail sur les produits, les sauces et les cuissons. La Martinique continue, elle aussi, d’y tenir sa place. Lors de la présentation de sa collaboration avec Air France, le chef a décrit sa participation comme une manière de revenir vers son île, où il a également profité de son déplacement pour retrouver sa famille.
Faire connaître une richesse encore à explorer
Au-delà de son propre parcours, Louis-Philippe Vigilant évoque les possibilités offertes par les produits martiniquais. Il salue les initiatives de producteurs qui gagnent en visibilité et celles de jeunes chefs qui développent leurs projets sur le territoire.
Sa nouvelle carte offre une occasion supplémentaire de faire connaître ces références culinaires. Les passagers qui quittent les Antilles pourront y reconnaître certains goûts ; d’autres les découvriront pendant le voyage.
Cette démarche se construit avec les équipes de Servair et d’Air France. Plusieurs mois de travail ont été nécessaires pour développer les recettes et les adapter au service aérien, tout en conservant ce que le chef cherche à transmettre dans l’assiette.
Où découvrir cette nouvelle carte ?
Douze créations ont été élaborées et seront proposées progressivement. Parmi les plats annoncés figurent un pot-au-feu de poissons et de crustacés, sauce au curry madras et légumes au gingembre, ainsi qu’une joue de bœuf braisée à la bourguignonne, accompagnée d’une purée de pommes de terre à la noisette Cazette.
Le lancement est prévu le 1er novembre 2026 en cabine Business, sur les vols long-courriers au départ de Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Saint-Martin et Cayenne vers Paris-Charles de Gaulle, ainsi que sur une sélection de liaisons du réseau régional Caraïbes.
Pour Louis-Philippe Vigilant, cette carte porte autant les exigences de son métier que les souvenirs de son enfance. Et parmi les voyageurs dont il attendra peut-être le regard, il y aura sa mère, à qui plusieurs de ces recettes rendent un discret hommage.
Photographies, y compris la photo de couverture : © Richès Karayib.
À lire sur LATITUDE 15 : Air France : avec Louis-Philippe Vigilant, la gastronomie au cœur de l’expérience passager.
L’avant-dernier épisode d’Histoires des cinémas caribéens nous rapproche du présent. Depuis le premier volet consacré aux années 1960, huit épisodes ont traversé plusieurs territoires, générations et manières de raconter la Caraïbe au cinéma.
Ce neuvième volet réunit deux œuvres très différentes. Avec Battledream Chronicle, Alain Bidard transporte la Martinique dans un monde futuriste construit autour d’un jeu virtuel. Avec Buladó, Eché Janga revient à Curaçao pour raconter le deuil, les esprits et les tensions entre rationalité et pensée magique. Vous êtes au neuvième épisode sur dix. Les huit premiers sont déjà disponibles sur Richès Karayib. Le prochain volet refermera cette chronologie avec Haïti et la Guadeloupe.
2015: MARTINIQUE – BATTLEDREAM CHRONICLE, D’ALAIN BIDARD
Ce film fait exception dans cette chronologie : en effet, il s’agit de l’un des deux longs-métrages d’animation du cinéma antillais. Prouesse notable : ils sont tous les deux intégralement faits, tant au niveau visuel qu’au son (doublage de plusieurs personnages, en particulier), par le Martiniquais Alain Bidard. Battledream Chronicle, fortement influencé par une esthétique manga, se déroule dans un monde futuriste, en 2100, dans lequel les nations, dans le monde réel, s’affrontent à travers un jeu virtuel, le Battledream.
Les perdants voient leur nation (dans ce film, la Martinique en est une) complètement dominée par les vainqueurs et leur mémoire collective effacée. Réduits en esclavage, les habitants des nations conquises doivent régulièrement ramener une certaine quantité de crédits (« 1000 XP »), comme en d’autres temps un certain nombre de fagots de cannes devaient être coupés, aux Inquisiteurs sous peine de voir leur communauté réduite à néant.
On l’aura compris, dans ce film, de nombreuses références au passé esclavagiste et colonial sont proposées par de subtils détours. La Martinique réussissant à résister au sein du Battledream sera l’ultime nation à faire face à l’Empire, nommé Mortemonde, et le vaincra. Fait notable : la grande bataille finale sera assurée par deux personnages féminins principaux, portant tantôt des boucles d’oreille dites créoles tantôt une coiffe en tissu madras (« maré-tèt » en créole), en femmes antillaises caractérisées.
Elles sont nettement le centre (« poto-mitan » en créole) de l’action de ce film : la « fémifocalité » du cinéma antillais gagne en puissance. Quant au second film d’Alain Bidard, Opal (2021), il traite avec beaucoup de délicatesse de la difficile question de l’inceste.
Opal, jeune fille du roi et de la reine d’un royaume futuriste, lutte pour s’échapper de son château et subit régulièrement les visites de son père, au milieu du visage duquel trône une corne (en évident prolongement phallique), qui lui prend « sa magie ». Par le détour imaginaire du film d’animation, Alain Bidard aborde l’épineuse question des violences sexuelles que subissent les enfants et, plus précisément, les jeunes filles. Plus que jamais, dans le cinéma antillais, les femmes prennent le pouvoir.
2020: CURAÇAO – BULADÓ, D’ECHÉ JANGA
Buladó est l’un de ces films qui incarnent généreusement la capacité de surprise des cinémas caribéens. On suit une adolescente marquée par la mort prématurée de sa mère qu’elle n’a jamais connue, coincée entre son père policier Ouira, naturellement autoritaire, et son grand-père fantasque Weljo qui parle avec les esprits, au risque de la folie.
Sur une intrigue déjà traitée et des conflits relativement convenus, Eché Janga réalise un film envoûtant en mettant en avant les particularités du paysage de la petite île néerlandaise de Curaçao, aux allures de désert où pourrait se tourner un western, ainsi que la grande qualité de son casting et la beauté du papiamento (papiamentu), langue créole née du choc entre le néerlandais, le portugais, l’espagnol, l’anglais et des mots d’origine africaine et amérindienne (Arawak) et que l’on trouve dans différentes îles néerlandaises de la Caraïbe.
Le conflit entre le père et le grand-père incarne efficacement la dualité quotidienne entre la pensée rationnelle européenne et une pensée magique, d’origine africaine ou amérindienne, qui innerve encore aujourd’hui nombre de sociétés caribéennes où des rituels sont régulièrement pratiqués dans un surprenant syncrétisme de croyances souvent indiqué par les ethnologues. La jeune Kenza (interprétée par la surprenante Tiara Richards) ira jusqu’à dire à son père, métis tout comme elle, qui « profane » la banquette de son chien, récemment décédé : « Tu es vraiment un Blanc ! », à savoir qu’il se comporte comme un Occidental.
Le deuil que la jeune fille fait progressivement, alors que sa mère lui « parle », est combiné à l’irrationalité assumée de son grand-père, superbement interprété par Felix De Rooy, père du cinéma caribéen néerlandophone. En effet, ce dernier dialogue avec les esprits amérindiens dépossédés de leurs terres, dont la colère ne semble pas éteinte.
Nous voici doublement plongés dans un mysticisme à la puissance visuelle généreuse où le rêve et la réalité se confondent souvent. Ce film, superbe réflexion cinématographique sur le deuil, se conclut sur ces mots, en voix-off : « La mort est toujours là. Celui qui apprend à vivre avec est libre comme le vent. » Buladó fut choisi par les Pays-Bas pour les représenter aux Oscars en 2021.
À propos de l'auteur
Guillaume Robillard est docteur en cinéma, enseignant-chercheur, réalisateur de documentaires et spécialiste du cinéma et de la production artistique antillaise. Il est l’auteur de deux livres : Conquête de l’espace et du temps : le cinéma antillais (Éditions Jannink, “Hypothèses d’Art”, 2023) et Un cinéma décolonial : les personnages du cinéma antillais (Presses Universitaires des Antilles, “Arts et Esthétique”, 2024).
Série Histoires des cinémas caribéens. S8/10 est déjà disponible sur Richès Karayib. À suivre prochainement avec S10/10.
Chaque 28 octobre, la journée internationale du créole revient dans les calendriers. Derrière la date, il y a une histoire plus belle qu’un simple rendez-vous. Elle commence à la radio, à Sainte-Lucie, en 1983, le jour où une île a décidé de parler kwéyòl à l’antenne.
Radio St. Lucia ouvre ses micros au kwéyòl, la langue créole que les Saint-Luciens parlent au quotidien. Les programmes s’enchaînent, des heures durant. Pendant deux heures, la station se relie en direct à DBS Radio, en Dominique, l’île voisine, créolophone elle aussi. Earl Huntley, créateur de l’émission « Radio-a se sanou », est interviewé. Les voix passent d’une île à l’autre par les ondes. C’est la première journée internationale du créole. Le geste n’a rien d’anodin. Dès 1980, lors d’une consultation nationale à Sainte-Lucie, Lawrence Carrington constatait que le refus du créole allait bien au-delà de la question des médias. Prendre l’antenne, c’était déjà répondre.
Du studio au village
L’année suivante, la fête quitte les studios. En 1984, elle s’installe à Mon Repos, un petit village de la côte est. Une messe en kwéyòl l’ouvre, célébrée par le père Patrick Anthony, fondateur du Folk Research Centre. La chanteuse traditionnelle Sesenne Descartes est mise à l’honneur. En 1985, la journée gagne Fond Assau, dans le nord-est de l’île, avec un thème qui résume tout, « Kwéyòl, an lang, an pèp, an mòd lavi ». Une langue, un peuple, une manière de vivre.
À partir de 1985, la coordination passe au Folk Research Centre. La journée internationale du créole n’a plus quitté le calendrier saint-lucien. Elle a même fait naître un mois entier, Mwa Éwitaj Kwéyòl, le mois du patrimoine créole, qui prolonge Jounen Kwéyòl. Ce qui était une liaison radio est devenu une tradition de village, puis une saison.
Qui a lancé la journée internationale du créole ?
Ni un décret, ni un grand organisme. Un réseau d’îles, Bannzil Kréyol. Des territoires créolophones qui décident de se parler et d’agir ensemble, dont Sainte-Lucie, l’une des fondatrices. Leur idée tient en peu de mots. Défendre la langue, montrer la culture créole, la faire vivre comme langue de communication. Le 28 octobre devient le rendez-vous commun. La journée internationale du créole voyage ensuite. Elle s’installe en Haïti, aux Seychelles, à Maurice, en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, puis dans les diasporas de Paris, de Londres, de Montréal et de New York.
Un créole, des créoles
Il n’existe pas un créole, mais des créoles. Le kwéyòl de Sainte-Lucie ne se parle pas comme le créole martiniquais, celui d’Haïti ou celui des Seychelles. Ils partagent une histoire, pas un dictionnaire. En Haïti, le créole est langue officielle depuis 1987. La journée internationale du créole célèbre cette famille entière, avec ses accents, ses mots et ses fiertés.
Le 28 octobre, île par île
La journée ne se vit pas de la même façon partout. À Sainte-Lucie, Jounen Kwéyòl se tient le dimanche le plus proche du 28 octobre. Cette année, c’était le 25. En Dominique, octobre est le mois du créole, jusqu’à la fête de l’Indépendance le 3 novembre. En Martinique, l’association Bannzil Kréyol et l’OMDAC d’Yves-Marie Séraline portent longtemps la journée internationale du créole, avant qu’elle devienne une semaine, puis un mois, le Mois du créole, installé depuis 2001.
Le XVIIe Colloque international des études créoles s’y tient aussi du 26 au 30 octobre. Dans l’Hexagone, le Mois Kréyol fête sa dixième édition, du 22 septembre au 6 décembre. Même date, mille manières de la vivre, et un point commun, la langue que l’on entend à la maison, au marché, à la radio.
Après le 28 octobre
Reste la question que pose l’écrivain Raphaël Confiant. Il craint que la journée ne sombre dans le « commémorationnisme » et que, le lendemain, « la défense et promotion de la langue créole passeront à la trappe ». Le 29 octobre, qui écrit, enseigne et diffuse encore en créole ? C’est peut-être la vraie question que pose la journée internationale du créole.
Questions fréquentes
Elle a lieu chaque année le 28 octobre. Elle existe depuis 1983, lancée à Sainte-Lucie sous la forme d’une liaison radio entre îles créolophones.
Elle a été lancée par Bannzil Kréyol, un réseau d’îles créolophones dont Sainte-Lucie est l’une des fondatrices. Son but est de défendre la langue, de montrer la culture créole et de la faire vivre comme langue de communication.
On la célèbre en Haïti, à Sainte-Lucie, en Dominique, en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, aux Seychelles, à Maurice et à La Réunion, ainsi que dans les diasporas de Paris, Londres, Montréal et New York. À Sainte-Lucie, elle prend le nom de Jounen Kwéyòl et se tient le dimanche le plus proche du 28 octobre.
Le vol Pointe-à-Pitre Juliana d’Air Caraïbes décollera le 8 janvier 2027, tous les jours, pour 50 minutes de trajet. Il arrive après la liquidation d’Air Antilles, qui concurrençait Air Caraïbes entre Saint-Martin et la Guadeloupe. Prix, horaires, enjeux, voici ce qu’il faut savoir avant de réserver. La nouvelle ligne ouvre l’aéroport néerlandais de l’île aux voyageurs de la Guadeloupe et de la Martinique. Air Caraïbes l’a annoncée à la mi-octobre, lors d’une conférence de presse au Simpson Bay Resort, à Sint Maarten. Karen Virapin, directrice générale d’Air Caraïbes, y a promis « davantage de fluidité, plus de solutions de voyage ». L’avion sera un ATR 72-600.
Vol Pointe-à-Pitre Juliana, horaires et prix
Le vol sera quotidien, avec trois grilles horaires l’hiver. Le lundi et le jeudi, le départ de Pointe-à-Pitre est à 10h10, pour une arrivée à 11h00. Les mardi, vendredi et samedi, il part à 16h10. Les mercredi et dimanche, à 13h35. Le retour décolle de Juliana environ 30 minutes après l’arrivée. Les billets sont en vente depuis le 15 octobre. L’aller-retour démarre à 199 euros depuis Pointe-à-Pitre et à 249 euros depuis Fort-de-France. C’est un tarif Basic, avec un bagage cabine de 5 kg et sans bagage en soute. Le billet n’est pas remboursable, mais il reste modifiable sous conditions. Qui voyage avec une valise en soute doit donc vérifier les conditions de bagage avant d’acheter.
Un détail change la lecture du prix. Sur les 199 euros, 117,96 euros correspondent à des taxes et redevances, soit près de 60 %. La compagnie garantit ce prix le plus bas jusqu’au 31 décembre 2027, pour une réservation faite au plus tard 60 jours avant le départ. Il peut toutefois être révisé en cas de hausse du carburant ou des taxes. Le vol Paris-Orly – Juliana reprend aussi depuis le 15 octobre, les lundis et jeudis, en Airbus A350. Les autres jours, il faut passer par Pointe-à-Pitre. La compagnie met ainsi en avant un départ vers Paris sept jours sur sept.
Une île, deux aéroports
Saint-Martin se partage entre deux États, sur 87 km², dont 53 côté français et 34 côté néerlandais. Juliana se trouve du côté néerlandais. En 2025, Sint Maarten a compté 855 994 arrivées aériennes, contre 107 165 à Grand-Case, côté français. Pour un habitant de la Guadeloupe, le vol Pointe-à-Pitre Juliana ouvre donc la porte du principal aéroport de l’île, avec des correspondances vers la Caraïbe et les Amériques. Air Caraïbes assure que la ligne s’ajoute à celle de Grand-Case, sans supprimer de fréquence. Elle parle d’environ 54 000 sièges supplémentaires par an entre la Guadeloupe et Saint-Martin. Depuis cet été, la compagnie relie aussi Fort-de-France à Grand-Case sans escale, avec jusqu’à trois vols par semaine en période de forte demande.
Air Antilles, de la reprise à la liquidation
Ce projet arrive dans un paysage qui a changé. Air Antilles, société d’économie mixte dont la Collectivité de Saint-Martin détenait 60 %, avait repris ses vols en juillet 2024. Le 9 décembre 2025, la Direction générale de l’aviation civile a suspendu son certificat de transport après un audit, et les avions sont restés au sol. Le tribunal de Pointe-à-Pitre a prononcé sa liquidation le 27 avril 2026. Ses 116 salariés ont perdu leur emploi. Depuis, Air Caraïbes reste le principal opérateur des vols entre ces îles. Le député Frantz Gumbs avait prévenu que, sans concurrence, les prix monteraient et que certains renonceraient à voyager.
Monopole ou réseau fragile ?
Air Caraïbes rejette l’idée qu’elle profiterait de la situation. Paul-Henri Dubreuil, président du groupe Dubreuil Aéro, affirme que ses prix n’ont pas augmenté. Il cite un aller-retour entre Pointe-à-Pitre et Saint-Martin à 199 euros, dont environ 112 euros de taxes, soit environ 87 euros pour la compagnie. Il dénonce le poids des taxes dans le prix des billets régionaux. Ces chiffres sont ceux de la compagnie. Rien ne permet encore de dire comment les tarifs évolueront en 2027.
Le vol Pointe-à-Pitre Juliana offrira-t-il un vrai choix aux voyageurs de Saint-Martin, ou déplacera-t-il seulement le trafic d’un aéroport à l’autre ? La réponse viendra après le 8 janvier, quand les premiers passagers embarqueront.
Questions fréquentes
Le 8 janvier 2027. Air Caraïbes l’exploitera tous les jours en ATR 72-600, pour environ 50 minutes de vol, et les billets sont en vente depuis le 15 octobre 2026.
À partir de 199 euros l’aller-retour depuis Pointe-à-Pitre et de 249 euros depuis Fort-de-France, en tarif Basic (bagage cabine de 5 kg, sans bagage en soute, billet non remboursable). Ces prix incluent les taxes et redevances.
La compagnie a été liquidée le 27 avril 2026 par le tribunal de Pointe-à-Pitre, après la suspension de son certificat de transport par la DGAC le 9 décembre 2025. Elle employait 116 salariés.
Le 20 octobre 2026, le Sénat a adopté sans modification la proposition de loi portant abrogation du Code noir, par 320 voix pour et aucune contre. Le Parlement achève ainsi l’examen d’un texte porté par le député de Guadeloupe Max Mathiasin, 341 ans après l’édit de mars 1685. Il ne reste plus que la promulgation.
Code noir, un vote sans aucune voix contre au Sénat
Mardi 20 octobre 2026, les sénateurs ont voté le texte dans les termes adoptés par l’Assemblée nationale le 28 mai. Le scrutin a compté 320 voix pour, aucune contre et 18 abstentions, toutes issues du groupe communiste républicain citoyen et écologiste Kanaky. Faute de modification, la proposition de loi est définitivement adoptée.
Cinq amendements soumis à scrutin public, déposés par les groupes socialiste et communiste, ont été rejetés. Le texte reste donc identique à celui des députés. La commission des lois du Sénat avait arrêté sa version le 14 octobre, six jours avant la séance publique. Sa promulgation doit intervenir dans un délai maximal de quinze jours, sauf saisine du Conseil constitutionnel. Le rapporteur du Sénat, Louis Vogel, a relevé que l’abrogation implicite du Code noir faisait peu de doute. Il a pourtant jugé justifiée une abrogation expresse, inscrite dans la loi.
Max Mathiasin, l'origine d'un texte venu de Guadeloupe
Tout commence début mai 2025. Max Mathiasin et son collègue Olivier Serva mesurent l’ampleur de la réaction de l’opinion publique à la survivance du Code noir. Jean-Claude Nelson, neuvième vice-président de la région Guadeloupe, avait attiré l’attention du député sur ce point. Les deux élus décident d’agir. La proposition de loi est déposée à l’Assemblée nationale le 16 septembre 2025, avec 130 cosignataires. La commission des lois l’approuve à l’unanimité le 20 mai 2026. Le 21 mai, jour des 25 ans de la loi Taubira, le Gouvernement engage la procédure accélérée. Les députés l’adoptent le 28 mai. Max Mathiasin en était aussi le rapporteur devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. Pour Max Mathiasin, ces textes restaient dans « l’ombre de notre droit ». Il jugeait venu le temps de les en sortir.
Que représentait le Code noir de 1685 ?
Le Code noir est un recueil d’édits royaux promulgués entre 1685 et 1724. Il fixait les rapports entre maîtres et personnes réduites en esclavage dans les colonies françaises. Il traitait aussi de la traite. Son texte fondateur date de mars 1685. Son titre officiel dit l’essentiel, « édit du Roy sur les esclaves des îles de l’Amérique ».
Pourquoi abroger le Code noir alors que l'esclavage est aboli depuis 1848 ?
La Convention abolit l’esclavage une première fois, le 4 février 1794. Napoléon le rétablit. Un décret du 27 avril 1848, pris sous l’impulsion de Victor Schoelcher, l’abolit définitivement. Le Code noir tombe alors en désuétude, sans jamais avoir été formellement abrogé. C’est ce paradoxe que notre article de mai 2026 détaillait avant le vote des députés. Sur le plan juridique, le vote du Sénat est essentiellement symbolique, puisque le Code noir n’a plus aucun effet. Son poids tient à ce que la loi affirme désormais.
Ce que la loi affirme au-delà de l'abrogation
L’article 1er abroge l’édit de mars 1685 et toutes les dispositions prises pour son application, son adaptation ou son extension à d’autres territoires. L’article 1er bis va plus loin. La République française y reconnaît que les textes qui ont institutionnalisé la réduction d’êtres humains à l’état de biens meubles sont indissociables du crime contre l’humanité. Ce crime est celui que la loi Taubira du 21 mai 2001 a reconnu dans la traite et l’esclavage.
L’article 2 prévoit un rapport du Gouvernement au Parlement, dans l’année suivant la promulgation. Il listera les dispositions issues du droit colonial encore en vigueur dans les territoires d’outre-mer. Il analysera leurs conséquences contemporaines, notamment pour les descendants de personnes mises en esclavage. Il évaluera la place de l’histoire de l’esclavage, de la traite et de leur abolition dans les programmes scolaires. Il proposera enfin de développer les lieux de mémoire et la recherche historique.
Après l'abrogation, la transmission
Le Code noir quitte donc le droit français, mais son histoire reste à transmettre. D’ici un an après la promulgation, le rapport dira quelles traces du droit colonial demeurent dans les territoires d’outre-mer. Il dira aussi quelle place l’école accorde à l’esclavage, à la traite et à leur abolition. Reste à savoir ce que le Parlement fera de ses propositions, et ce que les élèves en retiendront.
Questions fréquentes sur le Code noir
Le Parlement a définitivement adopté l’abrogation du Code noir le 20 octobre 2026. La loi doit encore être promulguée, dans un délai maximal de quinze jours, sauf saisine du Conseil constitutionnel.
Non. Il est tombé en désuétude avec l’abolition définitive de l’esclavage par le décret du 27 avril 1848, mais il n’avait jamais été formellement abrogé.
Elle abroge l’édit de mars 1685 et les dispositions prises pour son application. Elle relie ces textes au crime contre l’humanité reconnu par la loi Taubira de 2001. Elle demande enfin au Gouvernement un rapport, dans l’année suivant la promulgation, sur le droit colonial encore en vigueur.
Après Cuba, la Jamaïque, Trinidad-et-Tobago, Haïti, la Guadeloupe et la Martinique, notre série d’histoires des cinémas caribéens poursuit sa traversée du cinéma caribéen au début du XXIe siècle. Ce septième épisode nous conduit d’Antigua-et-Barbuda à la Martinique.
D’un côté, Howard et Mitzi Allen participent à la construction d’un cinéma local dans un petit État insulaire. De l’autre, Guy Deslauriers et Patrick Chamoiseau mettent en scène la création de la biguine dans le Saint-Pierre du XIXe siècle. Vous êtes au septième épisode sur dix. Six volets sont déjà disponibles sur Richès Karayib et trois autres suivront.
2001: ANTIGUA-ET-BARBUDA – THE SWEETEST MANGO, THE SKIND ’HOWARD ALLEN
The Skin est le second long-métrage du couple Allen, Howard à la réalisation et Mitzi à la production. En 2001, ils avaient réalisé The Sweetest Mango (2001) afin que leur pays dispose de son premier film de cinéma « local » pour l’arrivée du 21e siècle. Celui-ci est visiblement inspiré de leur propre histoire d’amour : Lovelyanne « Luv » Davies, revenant de plusieurs années de vie au Canada, a du mal à se réadapter à son pays d’origine, au regard de l’étroitesse de l’archipel (440 km2) et des opportunités professionnelles tandis qu’un de ses collègues la séduit jusqu’à l’épouser.
Basé sur une intrigue classique, ce film, malheureusement fragile au niveau technique (filmé avec des caméras numériques de première génération) dénotait déjà sur plusieurs points : pas de dimension sociale ou historique, à la différence des autres cinémas caribéens, un titre faisant référence à la saison des mangues (d’avril à la fin de l’été) qui créait un marqueur temporel solidement ancré dans le paysage, la revendication du droit de petits espaces à vivre de grandes histoires (d’amour, entre autres).
Pour The Skin, ce couple ambitieux, luttant pour faire du cinéma dans une île de moins de 100.000 habitants, a bénéficié du soutien d’une équipe technique venue de la prestigieuse université noire-américaine Howard University ainsi que d’un casting international incluant les célèbres acteur jamaïcain Carl Bradshaw et comédien britannique Jeff Stewart.
Tout en sacrifiant à une vision touristique de l’île (plans aériens des côtes, bateaux de plaisance, danses lascives et musique associée, etc.), ce film s’ancre solidement dans le folklore magico-religieux caribéen à travers l’histoire d’un vase maudit lié à la période esclavagiste et offre quelques séquences nocturnes dans les bois particulièrement angoissantes, où la langue créole se mélange malicieusement à l’anglais. Un film efficace aux belles ambitions.
2004: MARTINIQUE – BIGUINE, DE GUY DESLAURIERS
Troisième long-métrage né du duo Chamoiseau-Deslauriers, collaboration unique entre littérature antillaise et cinéma antillais à ce jour, cette comédie musicale (ou, plus précisément, drame musical) sur l’invention de la célèbre musique « biguine » dans la ville de Saint-Pierre (à l’époque capitale mondiale du sucre et du rhum) de Martinique dans la seconde moitié du XIXe siècle est l’occasion de mettre en scène le processus de créolisation, métissage culturel accéléré et imprévisible (tel que proposé par l’auteur Édouard Glissant), à travers la création musicale. Hermansia (Micheline Mona, fille du célèbre Eugène Mona, spécialiste de la flûte des mornes) et Tiquitaque (Max Télèphe), venant de la campagne, s’installent en ville où ils vivront pendant près de 30 ans.
La musique qu’ils jouent, d’origine africaine, n’intéresse pas les bals bourgeois. C’est alors qu’entrant en contact avec des musiques européennes, ballets (Saint-Pierre disposant d’un opéra comme d’un tramway et d’un éclairage au gaz) ou mazurkas, et instruments d’Europe, qui leur sont peu connus, ils se mettent à mélanger les manières de faire de la musique. En particulier, Hermansia prend une décision majeure en offrant une clarinette à son compagnon.
Le choc entre rythmes d’origine africaine (musique de la campagne martiniquaise) et instrumentation européenne (clarinette, violon, piano, etc.) donnera la biguine, à l’instar de tant de musiques caribéennes, du reggae au steel-band en passant par le compas. Dans ce film, la femme antillaise est donc à l’origine du processus de créolisation culturelle : Biguine complète les différents aspects de la « fémifocalité », à savoir l’importance des femmes, du cinéma antillais. Enfin, outre les nombreuses séquences musicales de morceaux légendaires de la biguine, aux forts accents politiques, le film se conclut par une évocation de la fameuse éruption de la montagne Pelée de 1902 qui rasa la ville de Saint-Pierre et fit près de 30.000 morts.
À propos de l'auteur
Guillaume Robillard est docteur en cinéma, enseignant-chercheur, réalisateur de documentaires et spécialiste du cinéma et de la production artistique antillaise. Il est l’auteur de deux livres : Conquête de l’espace et du temps : le cinéma antillais (Éditions Jannink, “Hypothèses d’Art”, 2023) et Un cinéma décolonial : les personnages du cinéma antillais (Presses Universitaires des Antilles, “Arts et Esthétique”, 2024).
Série Histoires des cinémas caribéens. S6/10 est déjà disponible sur Richès Karayib. À suivre prochainement avec S8/10.
La Martinique vient de décrocher un Silver Magellan Award 2026 pour son patrimoine culinaire. Décernée par Travel Weekly, cette distinction récompense le Comité Martiniquais du Tourisme dans la catégorie des destinations gastronomiques de la Caraïbe. Une reconnaissance internationale qui met en lumière les saveurs de l’île, ses savoir-faire et une ambition grandissante : faire de la gastronomie martiniquaise une véritable expérience de voyage.
Silver Magellan Award 2026 : une distinction pour la gastronomie martiniquaise
Les résultats des Travel Weekly Magellan Awards 2026 sont désormais consultables sur le site officiel du concours. La Martinique y figure parmi les lauréats avec une médaille d’argent dans la catégorie Caribbean – Overall Destinations – Culinary Destination. La candidature du Comité Martiniquais du Tourisme (CMT), intitulée Martinique: Where Culinary Heritage Comes to Life, met en avant une destination où le patrimoine culinaire continue de vivre et de se transmettre.
Organisés par le média professionnel américain Travel Weekly, les Magellan Awards distinguent des réalisations dans plusieurs domaines du tourisme international. Les candidatures sont évaluées selon leur pertinence, leur créativité, leur qualité et leur impact. Une précision mérite toutefois d’être apportée : la médaille d’argent ne constitue pas un classement plaçant la Martinique au deuxième rang des destinations gastronomiques caribéennes. Chaque candidature est évaluée individuellement selon les critères du concours.
Une cuisine qui raconte l'histoire de la Martinique
Pour comprendre cette reconnaissance, il suffit de s’intéresser à ce qui compose une assiette martiniquaise. Le colombo rappelle l’influence indienne. Les accras, le blaff de poisson ou encore le poulet boucané témoignent de traditions culinaires façonnées au fil des générations. Les influences africaines, européennes, indiennes et caribéennes se rencontrent dans une cuisine qui possède aujourd’hui sa propre identité.
Cette richesse se découvre aussi dans les marchés, auprès des producteurs et dans les cuisines familiales. Fruits tropicaux, légumes-pays, épices et produits de la mer participent à une gastronomie profondément liée au territoire. Mais ce patrimoine ne repose pas uniquement sur des recettes. Il vit grâce aux agriculteurs, pêcheurs, artisans, restaurateurs et familles qui préservent les gestes tout en laissant place à de nouvelles interprétations.
La Martinique veut devenir une destination gourmande de référence
Le Silver Magellan Award 2026 intervient à un moment où la Martinique cherche à donner une nouvelle dimension à son tourisme gastronomique. Les 8 et 9 juin 2026, le Comité Martiniquais du Tourisme a organisé à Fort-de-France son premier Forum du Tourisme Gourmand. Professionnels de la restauration, acteurs de la formation et représentants de différentes filières ont été invités à réfléchir ensemble à l’avenir de cette activité.
Ces rencontres s’inscrivent dans la stratégie 2030 Martinique Destination Gourmande, qui souhaite faire de la cuisine locale un véritable levier d’attractivité. L’un des moments importants du forum a été la signature d’une lettre d’engagement avec plusieurs partenaires, dont l’IGCAT, pour préparer une candidature au titre de World Region of Gastronomy 2030. Il s’agit encore d’une ambition et non d’un titre obtenu. La démarche montre néanmoins la volonté de mieux structurer et faire connaître les ressources gastronomiques de l’île.
Des saveurs martiniquaises qui voyagent au-delà de la Caraïbe
Cette volonté de rayonnement se traduit également par des événements organisés à l’étranger. Du 8 au 19 septembre 2026, le festival Martinique Gourmande a célébré sa 19e édition à Montréal, au Québec, autour du thème « Le goût du partage ». Accras de morue, poulpe façon colombo, poulet boucané et desserts aux saveurs tropicales figuraient parmi les propositions permettant au public de découvrir ou de retrouver la cuisine martiniquaise.
Ce type d’initiative contribue à faire connaître l’île autrement que par ses plages et ses paysages. La gastronomie devient une porte d’entrée vers son histoire, ses traditions et les rencontres avec celles et ceux qui la font vivre.
Une reconnaissance internationale, et maintenant ?
Le Silver Magellan Award 2026 apporte une nouvelle visibilité au patrimoine culinaire martiniquais. Il rejoint les initiatives engagées pour mieux valoriser les produits locaux, soutenir les professionnels et développer les expériences gastronomiques proposées aux visiteurs. La distinction ne garantit pas, à elle seule, une augmentation de la fréquentation touristique. Elle offre toutefois un nouvel argument pour promouvoir la richesse culturelle de l’île. Car derrière chaque spécialité martiniquaise se trouvent des histoires, des gestes et des générations de transmission. Autant de richesses qui continuent de faire vivre la gastronomie de la Martinique, bien au-delà de ses frontières.
FAQ : Silver Magellan Award 2026 et gastronomie martiniquaise
La Martinique a obtenu un Silver Magellan Award 2026 dans la catégorie « Caribbean – Overall Destinations – Culinary Destination ». La candidature présentée par le Comité Martiniquais du Tourisme valorise le patrimoine culinaire de l’île. Le détail des éléments retenus par le jury n’a pas été rendu public.
Les Travel Weekly Magellan Awards sont des récompenses internationales consacrées à l’industrie du tourisme. Ils distinguent des réalisations dans des domaines tels que les destinations, l’hôtellerie, les croisières et le marketing touristique. Les prix sont attribués après évaluation par un jury de professionnels.
Non. La Martinique prépare une candidature au titre de World Region of Gastronomy 2030. Une lettre d’engagement a été signée en juin 2026 entre plusieurs partenaires, dont le Comité Martiniquais du Tourisme et l’IGCAT.
s arrivons à mi-parcours de la série Histoires des cinémas caribéens. Les quatre premiers épisodes ont parcouru près de trois décennies de cinéma, depuis Cuba dans les années 1960 jusqu’aux productions martiniquaises et curaciennes des années 1980. Ce cinquième volet entre dans les années 1990 avec deux films aux univers très différents. Siméon d’Euzhan Palcy plonge dans un imaginaire antillais où musique, fantôme et réalisme merveilleux se rencontrent. L’Homme sur les quais de Raoul Peck revient sur la dictature de François Duvalier en Haïti à travers le regard d’une enfant.
Vous êtes au cinquième épisode d’une série de dix. Quatre épisodes le précèdent déjà sur Richès Karayib et cinq autres poursuivront cette chronologie jusqu’en 2025.
1997: JAMAÏQUE - DANCEHALL QUEEN, DE RICK ELGOOD & DON LETTS
Dancehall Queen fait partie des nombreux films jamaïcains qui s’inscrivent dans la formule proposée par The Harder They Come (Perry Henzell, 1972) : musique jamaïcaine (reggae ou dancehall), connue à l’international, danse sexualisée (comme c’était le cas au générique de fin du film de Henzell avec un gros plan sur le bassin d’une femme en train de danser, comme une invitation pour la suite), violence dans le ghetto et interventions sporadiques de la police.
C’est le cas de titres importants de ce cinéma : parmi eux, Rockers (1978) du réalisateur grec Theodoros Bafaloukos, considéré par certains comme étant le film ayant le mieux perçu l’esprit contestataire du reggae et la pensée des rastas (présence communautaire qu’on retrouvera de manière centrale dans Countryman de Dickie Jobson en 1982) et qui provoqua une émeute lors de sa projection au festival de Cannes en 1979, ou plus récemment Better Mus’Come de Storm Saulter (2011) marqué par une dimension plus frontalement politique en s’inspirant d’émeutes qui eurent réellement lieu en période électorale.
Ainsi, Dancehall Queen commence par une séquence-« clip » du célèbre Beenie Man, jouant un rôle secondaire, en train de chanter, tout comme dans la dernière partie du film, plusieurs prestations sont assurées sur scène à l’occasion d’un concours de danse. Pourtant, une différence de taille se profile : le personnage principal est une femme. Marcia est une vendeuse ambulante qui décide de participer à un concours de danse afin de s’émanciper.
En parallèle, l’une de ses filles reçoit des avances de son oncle Larry qui soutient financièrement la famille. Avertissant sa mère de cette situation, cette dernière minimise les agissements de son propre frère et met en avant ses difficultés financières. Prenant progressivement conscience de la vraie nature de son frère Larry qui, entretemps, aura couché avec sa propre nièce, elle manipulera un de ses hommes de main contre ce dernier.
La question des violences subies par les femmes traverse régulièrement les cinémas anglophones caribéens, notamment dans les productions semi-professionnelles de Mathurine Emmanuel (Sainte-Lucie) ou d’Anderson Quarless (Grenade), alors que ce sujet reste tabou dans les cinémas guadeloupéen et martiniquais, à quelques rares exceptions près. La frontalité du traitement de la question du viol et, plus précisément, de l’inceste donne une place à part à Dancehall Queen.
2000: MARTINIQUE - PASSAGE DU MILIEU, DE GUY DESLAURIERS
À l’occasion du passage au 21e siècle, le réalisateur Guy Deslauriers et son scénariste Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt 1992 pour son célèbre roman Texaco) nous proposent de revivre la traversée de l’Atlantique à bord d’un bateau négrier, qu’on nommait en période esclavagiste le « Middle Passage » (à savoir le « Passage du milieu »), à la manière d’un nécessaire travail de mémoire.
Les trois-quarts du film se déroulent dans la cale, au milieu des esclaves arrachés à l’Afrique. Plusieurs flash-backs nous « ramènent » sur ce continent dans les villages, les fleuves et les grands-plaines, le tout accompagné de la voix-off d’un esclave anonyme qui ne cesse de changer de visage (souvent en regard-caméra) tout au long du film, comme s’il les représentait toutes et tous.
Cette Afrique perdue est, en toute évidence, incarnée par une femme qui nous fixe dans les yeux, nous spectateurs, alors que la voix-off dit : « Femme, tu es la terre deux fois violée. Tu es la mère à qui on ravit ses enfants. De toutes nos Afriques, tu es la plus réelle. » Dans le premier long-métrage fait par Deslauriers et Chamoiseau, L’Exil du roi Béhanzin (1996), on suivait l’emprisonnement (fait historique avéré) du roi Ahydjéré, du royaume du Dahomey (actuel Bénin), en Martinique, suite à sa défaite face aux troupes françaises d’Alfred Dodds : une manière pour le cinéma antillais de rétablir un lien avec le « Pays d’avant », pour reprendre une expression du poète et philosophe Édouard Glissant.
Quelques années après Amistad de Steven Spielberg (1997), Passage du milieu fut plébiscité pour l’exigence de sa représentation de ce pan du passé colonial. À ce titre, il reçut un prix au célèbre festival de Sundance et fut diffusé puis distribué en DVD par la chaîne HBO aux États-Unis.
2000: CUBA – LISTE D’ATTENTE (LISTA DE ESPERA), DE JUAN CARLOS TABÍO
Proche de Tomás Gutiérrez Alea, Juan Carlos Tabío a co-réalisé avec lui les deux derniers films du célèbre réalisateur, surnommé à Cuba « El Titón » (« Le Titan »), à savoir Fraise et Chocolat / Fresa y Chocolate (1993) et Guantanamera (1995). Le premier est une comédie sur la condition homosexuelle et le régime étatique de contrôle à Cuba sur un scénario co-écrit par l’auteur Senel Paz, qui a beaucoup abordé la place de l’homosexualité dans la société cubaine dans ses divers écrits, et qui eut l’honneur d’une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger, une première pour un film cubain.
Le second est un road-movie rythmé et décalé qui, à l’instar de Fraise et chocolat, ne manque pas de porter un regard critique sur le régime cubain et constitue le véritable film-testament d’Alea. Quant à Juan Carlos Tabío, il n’en est pas à son coup d’essai puisque son premier long-métrage, Se permuta, remonte à 1985. Dans la veine satirique des films d’Alea, Liste d’attente suit le parcours d’un ensemble de personnages qui attendent un bus, tantôt pour la Havane tantôt pour Santiago, dans une station isolée.
Entre les bus qui ne viennent pas et ceux, trop usés, qui tombent en panne, le directeur de la station qui répare lui-même un modèle exsangue en l’absence de pièces de rechange, qui ne sauraient venir ni du régime communiste de l’ex-URSS, qui s’est effondré, ni des États-Unis qui imposent un embargo économique à l’île, des clients en attente vont devoir apprendre à vivre ensemble et surmonter toutes les difficultés du moment, y compris se nourrir…
En plus d’être un film critique sur Cuba, cette comédie douce-amère aux multiples rebondissements, portée par un casting exceptionnel qui souligne le très grand professionnalisme du cinéma cubain, est une réflexion subtile sur la difficulté à surmonter l’individualisme et à faire corps, c’est-à-dire à fonctionner sur un mode communiste. La dernière partie, entre songe et réalité, fonde une belle utopie politique dans une bonne humeur contagieuse. Un sommet du raffinement culturel cubain.
À propos de l'auteur
Guillaume Robillard est docteur en cinéma, enseignant-chercheur, réalisateur de documentaires et spécialiste du cinéma et de la production artistique antillaise. Il est l’auteur de deux livres : Conquête de l’espace et du temps : le cinéma antillais (Éditions Jannink, “Hypothèses d’Art”, 2023) et Un cinéma décolonial : les personnages du cinéma antillais (Presses Universitaires des Antilles, “Arts et Esthétique”, 2024).
La sortie de Magma, film du réalisateur français Cyprien Vial s’inspirant fortement de l’éruption de la Soufrière de 1976 qui fit craindre l’anéantissement du chef-lieu Basse-Terre (Guadeloupe), puis de deux films réalisés par des Guadeloupéens, respectivement Fanon (Jean-Claude Barny) sur le célèbre intellectuel anticolonialiste dans sa période algérienne, et Zion, en moins d’un mois, a eu le mérite d’interpeller les médias français (Le Monde, Libération, etc.) sur le potentiel du cinéma antillais comme, plus largement, de films portant sur les outre-mer.
Série Histoires des cinémas caribéens. S5/10 est déjà disponible sur Richès Karayib. À suivre prochainement avec S7/10.
Nous arrivons à mi-parcours de la série Histoires des cinémas caribéens. Les quatre premiers épisodes ont parcouru près de trois décennies de cinéma, depuis Cuba dans les années 1960 jusqu’aux productions martiniquaises et curaciennes des années 1980. Ce cinquième volet entre dans les années 1990 avec deux films aux univers très différents. Siméon d’Euzhan Palcy plonge dans un imaginaire antillais où musique, fantôme et réalisme merveilleux se rencontrent. L’Homme sur les quais de Raoul Peck revient sur la dictature de François Duvalier en Haïti à travers le regard d’une enfant.
Vous êtes au cinquième épisode d’une série de dix. Quatre épisodes le précèdent déjà sur Richès Karayib et cinq autres poursuivront cette chronologie jusqu’en 2025.
1992: MARTINIQUE/GUADELOUPE - SIMÉON, D’EUZHAN PALCY
Suite à ses premières réalisations à Hollywood, Euzhan Palcy revient aux Antilles avec un film construit sur l’imaginaire magico-religieux caribéen à la manière d’un conte et tourné en Guadeloupe. Dans les vingt premières minutes, le professeur de musique Siméon, majestueusement interprété par Jean-Claude Duverger, décède. Dans l’incapacité de monter aux cieux, le fantôme de Siméon (nommé « l’esprit de la musique ») reste auprès de ses amis qui ont créé un groupe nommé « Jacaranda » et dont les différents membres sont joués par le véritable groupe Kassav’ (Jacob Desvarieux et Jocelyne Béroard en tête) qui inventa le zouk.
Il les aidera à faire valoir leur musique auprès de producteurs à Paris. En partie contée par la jeune Orélie (Lucinda Messager), l’intrigue de ce film nous présente la capitale française (reconstituée en studios) imaginée par une jeune Guadeloupéenne, en manière d’image d’Épinal, comme une « bascule » du regard : c’est désormais au centre hexagonal (et non plus aux territoires d’outre-mer) d’être vu comme une « carte postale ».
Surtout, ce film développe cinématographiquement un réalisme merveilleux, sorte de fantastique caribéen où les événements surnaturels sont vécus sans surprise et où les personnages interagissent en toute évidence avec un fantôme qu’ils ne voient pas (à la différence de la plupart des films de fantômes) mais entendent (en évidente consécration de l’oralité). Quelques années plus tard, Nord-Plage (2004), unique film réalisé par un Béké des Antilles françaises (descendant d’une famille esclavagiste) à ce jour, sur un scénario de Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt 1992), s’inscrira brillamment dans cette veine qui palpite timidement depuis les premiers films du cinéma antillais. Siméon, entre jubilation et originalité !
1993: HAÏTI – L’HOMME SUR LES QUAIS, DE RAOUL PECK
Définir le cinéma haïtien est chose difficile. En effet, à la différence d’autres cinématographies caribéennes plus « encadrées », à Cuba comme en Jamaïque par exemple, ou à la production rare, telles que celle d’Antigua-et-Barbuda, à Haïti, de nombreux films sont tournés, parfois dans des conditions techniques fragiles, et rencontrent un franc succès auprès de la population malgré leur caractère semi-professionnel.
On peut penser, en particulier, à des films tels Le Président a-t-il le sida ? (2006), avec le célèbre Jimmy Jean-Louis qui joua l’« Haïtien » dans la série américaine Heroes (2006-2010), et Les Amours d’un zombi (2010) d’Arnold Antonin avec la future réalisatrice de Freda (2021) Gessica Généus, un réalisateur incontournable, surtout connu pour ses documentaires et son acharnement à rendre compte de la réalité haïtienne au quotidien.
Une date est souvent avancée : la sortie du moyen-métrage Anita de Rassoul Labuchin en 1980. Du côté des longs-métrages de fiction, L’Homme sur les quais est incontournable, ne serait-ce qu’au regard de sa distribution à l’international et de la carrière de Raoul Peck : entre autres, la fiction Lumumba (2000), les documentaires I Am Not Your Negro (2016) sur l’intellectuel James Baldwin et Orwell : 2+2 = 5 (2025) ou encore la série documentaire Exterminez toutes ces brutes (2021), sans compter son poste de directeur de la prestigieuse école de cinéma FÉMIS (2010-2019).
Sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes, L’Homme sur les quais est un film rare dans les cinémas caribéens par son attachement à de nombreux effets de lenteur, via le jeu des comédiens et de nombreux mouvements-caméra (dès la première séquence), qui rendent compte de la tension permanente existant à la période de la dictature de François Duvalier (1957-1971) qui, parfois, explose sans crier gare dans une mise en scène toujours résolument sobre.
Vue par les yeux d’une jeune fille d’un opposant du régime, fermement défendue par sa grand-mère, interprétée avec dignité par la célèbre chanteuse Toto Bissainthe (décédée peu après le film), l’intrigue du film se conclut sur la voix-off de l’enfant : « alors même que mon histoire cesse d’être que la mienne propre et devient celle de tous… ». Un film majeur sur la dictature.
À propos de l'auteur
Guillaume Robillard est docteur en cinéma, enseignant-chercheur, réalisateur de documentaires et spécialiste du cinéma et de la production artistique antillaise. Il est l’auteur de deux livres : Conquête de l’espace et du temps : le cinéma antillais (Éditions Jannink, “Hypothèses d’Art”, 2023) et Un cinéma décolonial : les personnages du cinéma antillais (Presses Universitaires des Antilles, “Arts et Esthétique”, 2024).
La sortie de Magma, film du réalisateur français Cyprien Vial s’inspirant fortement de l’éruption de la Soufrière de 1976 qui fit craindre l’anéantissement du chef-lieu Basse-Terre (Guadeloupe), puis de deux films réalisés par des Guadeloupéens, respectivement Fanon (Jean-Claude Barny) sur le célèbre intellectuel anticolonialiste dans sa période algérienne, et Zion, en moins d’un mois, a eu le mérite d’interpeller les médias français (Le Monde, Libération, etc.) sur le potentiel du cinéma antillais comme, plus largement, de films portant sur les outre-mer.