Dans la Caraïbe, une facture d’énergie trop lourde peut ralentir une entreprise. Une tempête peut couper une route, bloquer un port, fragiliser une récolte. Une crise sécuritaire peut aussi dépasser les frontières d’un seul pays. C’est dans cette réalité quotidienne que le dialogue Canada-CARICOM prend aujourd’hui une nouvelle dimension.

Réunis à Panama City, en marge de l’Assemblée générale 2026 de l’Organisation des États américains, les ministres des Affaires étrangères du Canada et de la CARICOM ont voulu donner une nouvelle force à leur partenariat stratégique. Au centre des échanges : un plan d’action tourné vers trois priorités majeures pour la région : la sécurité, le climat et l’économie.

Une coopération qui cherche des résultats concrets

Le partenariat Canada-CARICOM s’inscrit dans la continuité de l’accord stratégique lancé en 2023. Mais la réunion de 2026 marque une étape importante : les deux parties veulent désormais avancer avec un plan plus précis, plus lisible et plus mesurable.

L’objectif n’est pas seulement d’afficher une proximité diplomatique. Il s’agit de fixer des priorités, des calendriers et des mécanismes de financement capables de produire des résultats. Pour les pays caribéens, cette précision compte. La région fait face à des défis qui se croisent : coût de l’énergie, catastrophes climatiques, sécurité maritime, vulnérabilité financière, crise haïtienne. La Caraïbe ne demande pas seulement de l’aide. Elle cherche des partenaires capables de comprendre ses réalités et d’agir avec elle sur le long terme.

Canada-CARICOM

La sécurité, une urgence régionale

La sécurité occupe une place centrale dans ce nouveau plan Canada-CARICOM. Les ministres ont évoqué la criminalité transnationale, les gangs, les migrations irrégulières, la sécurité maritime et les flux illicites. Pour la région, ces sujets ne sont pas isolés. La mer est un lien, mais aussi une zone de vulnérabilité. Les trafics, les réseaux criminels, les cybermenaces et les crises politiques circulent parfois plus vite que les réponses institutionnelles.

Le Canada soutient déjà certaines initiatives régionales à travers le renforcement des capacités, des interventions ciblées et des partenariats opérationnels. Le nouvel enjeu est d’aller vers une réponse plus coordonnée : mieux protéger les espaces maritimes, renforcer les institutions, partager les informations utiles et limiter l’influence des réseaux criminels.

Canada-CARICOM

Haïti, une crise qui concerne toute la Caraïbe

Haïti occupe une place majeure dans les discussions. La crise politique, sécuritaire et humanitaire que traverse le pays a des conséquences directes sur la région. Les ministres ont notamment souligné les risques liés aux trafics de drogue et d’armes. Le soutien à la Gang Suppression Force fait partie des points abordés. Cette force doit contribuer à rétablir la sécurité sur le terrain, avec un mandat appelé à être renouvelé au Conseil de sécurité des Nations unies.

Mais la réponse ne peut pas être seulement sécuritaire. Les ministres ont aussi rappelé le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Ils soutiennent l’organisation d’élections crédibles dès que les conditions le permettront, ainsi que les efforts contre la corruption et l’impunité. Haïti apparaît comme un rappel fort : aucune stabilité caribéenne durable ne peut se construire en laissant un territoire seul face à une crise aussi profonde.

Canada-CARICOM

Climat et économie : deux faces d’un même défi

Le nouveau plan Canada-CARICOM relie aussi clairement climat et économie. Dans la Caraïbe, une catastrophe naturelle n’est jamais seulement un événement météorologique. Elle touche les familles, les entreprises, les routes, les écoles, les ports et les finances publiques. L’accès à une énergie fiable et abordable revient comme une priorité. Une énergie trop chère freine l’innovation et pèse sur les ménages. Une énergie plus stable peut soutenir l’industrie, les services, l’investissement et la transition vers des modèles plus durables.

Le commerce fait aussi partie de l’équation. Le programme CARIBCAN, qui donne à la majorité des produits originaires de 18 pays et territoires caribéens du Commonwealth un accès sans droits de douane au marché canadien, reste un levier important. Il rappelle que le partenariat Canada-CARICOM ne concerne pas seulement la diplomatie. Il touche aussi les débouchés économiques, les chaînes d’approvisionnement et la capacité des entreprises caribéennes à se projeter au-delà de leur marché local.

Canada-CARICOM

La vulnérabilité caribéenne mieux prise en compte

Un autre point essentiel du partenariat Canada-CARICOM concerne le financement. Plusieurs États caribéens sont considérés comme des pays à revenu intermédiaire. Pourtant, leur exposition aux catastrophes climatiques, aux chocs économiques et aux ruptures d’approvisionnement reste très forte. C’est l’un des grands paradoxes de la région. Sur le papier, certains pays semblent trop “avancés” pour accéder facilement à des financements concessionnels. Dans la réalité, une seule crise peut fragiliser des années d’efforts.

Les ministres ont donc insisté sur la nécessité de réformer l’architecture financière internationale. L’idée est simple : la vulnérabilité réelle des petits États doit être mieux prise en compte. Pas seulement leur revenu moyen.

Canada-CARICOM

Un plan à suivre de près

Les prochains mois seront importants. Les responsables doivent encore finaliser les détails du plan d’action, identifier les initiatives prioritaires, construire un calendrier de mise en œuvre et renforcer le suivi. Un dialogue de hauts fonctionnaires est prévu à l’automne pour faire avancer ce travail.

Le partenariat Canada-CARICOM ne réglera pas à lui seul les défis de la Caraïbe. Mais il dit quelque chose du moment actuel : la région veut être écoutée comme un espace stratégique, pas seulement comme une zone vulnérable. Reste maintenant la vraie question : ce nouveau plan produira-t-il des changements visibles pour les populations, les entreprises et les territoires caribéens ?

Le nouveau plan Canada-CARICOM est une feuille de route destinée à renforcer la coopération entre le Canada et la Communauté caribéenne. Il repose sur trois priorités : des économies plus résilientes, l’action climatique, et la sécurité régionale. L’objectif est de passer d’un partenariat diplomatique à des actions plus concrètes, avec des calendriers, des résultats mesurables et des mécanismes de financement durables.

Haïti occupe une place centrale parce que sa crise politique, sécuritaire et humanitaire a des conséquences sur toute la région. Les ministres ont évoqué les trafics de drogue et d’armes, le soutien à la Gang Suppression Force, mais aussi le droit des Haïtiens à choisir leur gouvernement. Pour la CARICOM, la stabilité d’Haïti reste donc un enjeu régional, pas seulement national.

Le partenariat Canada-CARICOM relie directement climat et économie. Il met en avant l’accès à une énergie fiable et abordable, le développement du commerce, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et l’accès à des financements adaptés aux vulnérabilités des petits États caribéens. L’enjeu est de permettre à la région de mieux résister aux catastrophes naturelles, aux chocs économiques et aux crises internationales.

Exposer au Jardin du Luxembourg constitue souvent une étape majeure dans la carrière d’un artiste. Pour l’artiste Cécile Vernant, il s’agit avant tout d’une rencontre avec le public. Du 17 au 28 juillet 2026, elle présentera Man Mélé ! à l’Orangerie du Sénat, dans le cadre de l’Été du Jardin du Luxembourg. Durant douze jours, elle accueillera elle-même les visiteurs au cœur de ce lieu emblématique de la vie culturelle parisienne.

Sélectionnée à l’issue de l’appel à projets 2026, l’artiste disposera de 152 m² pour déployer son univers où peinture, photographie, dessin et céramique dialoguent librement.  Après sa sélection par le Sénat, Cécile Vernant a spontanément sollicité Didier, sans contact préalable avec l’entreprise. Ce choix s’est imposé naturellement : depuis le site de production de la marque, le regard porte sur les pitons du Carbet, un paysage martiniquais qui traverse son travail au même titre que la montagne Pelée. Elle a également reçu une aide à la création de l’Académie des beaux-arts – Institut de France, attribuée par des artistes académiciens. Une reconnaissance qui l’a profondément touchée : « J’ai littéralement pleuré de joie », confie-t-elle.

Man Mélé

Man Mélé !, plusieurs états en un seul titre

Impossible de réduire Man Mélé !  à une traduction unique. En créole martiniquais, l’expression épouse les nuances de l’émotion : elle peut signifier « je suis embêtée », lorsqu’il faut choisir parmi des dizaines d’œuvres, mais aussi « je suis chamboulée », « je suis amoureuse », « je suis mélangée » ou encore « je suis envoûtée ». Pour présenter officiellement l’exposition, l’artiste a finalement retenu cette dernière proposition : « Je suis envoûtée ! ».

Cet état d’envoûtement puise sa source dans la Martinique, territoire de l’enfance et matrice sensible de toute son œuvre. L’île affleure partout : dans la douceur de la lumière matinale, le souvenir de la pluie sur les tôles, l’entrelacs des lianes, les architectures abandonnées ou encore les paysages intérieurs nourris par la mémoire.

Peintures, dessins, photographies et céramiques s’y répondent « sans hiérarchie aucune ». Les œuvres dialoguent entre elles comme autant de cadavres exquis visuels, selon une logique intuitive où chaque création engendre la suivante. Cécile Vernant revendique une pratique instinctive, nourrie par l’écriture automatique, le dessin spontané et le modelage libre, dans le prolongement des expérimentations découvertes durant ses années de lycée à Fort-de-France.

De « Luco » à la Martinique de l’enfance

Avec Untitled Luco V, issu de la collection Enfance Caraïbes, Cécile Vernant tisse un dialogue entre Paris et la Martinique. Les « ti points, ti croix » qui traversent l’œuvre rendent hommage à Mme Mible, son enseignante en arts plastiques au lycée de Bellevue à Fort-de-France. Une professeure qui encourageait ses élèves à privilégier l’audace, l’émotion et l’instant présent, toujours prête à encourager ses élèves et à révéler le potentiel de chacun.

Le titre fait également écho au « Luco », surnom affectueux donné par les Parisiens au Jardin du Luxembourg. Une manière pour l’artiste de faire se rencontrer le lieu qui accueille Man Mélé ! et les souvenirs fondateurs de son parcours créatif. Présentée avec un passe-partout rouge vif, l’œuvre établit un pont sensible entre plusieurs géographies intimes.

Untitled Luco V, 2026, collection « Enfance Caraïbes », huile, pastel à l’huile et pastel à l’écu sur carton, 56,7 × 38 cm. © Cécile Vernant

Untitled Luco V n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Les titres des œuvres circulent librement entre le français, le créole, l’espagnol et le portugais. La Perla témoigne de cette porosité linguistique, nourrie autant par les voyages, les langues étudiées que par les musiques qui accompagnent l’artiste dans son processus de création.

Man Mélé
La Perla, 2026, tirage mutant, 07 + 3 EA, jet d’encre pigmentaire sur Awagami 125 g et acrylique, 20 × 20 cm. © Cécile Vernant

Une peinture qui ne se livre pas d'un seul regard

Untitled N° 49 résume plusieurs caractéristiques du travail de Cécile Vernant. L’artiste y distingue une frontière abolie entre ciel et terre, une souche d’arbre coupée, le lapin d’Alice au pays des merveilles assis les pattes dans le vide, un feu de western, une colline ou encore des chutes d’eau. Autant de formes qui émergent progressivement et rappellent que chaque regard peut faire surgir un récit différent.

Man Mélé
Untitled N° 49, 2025, huile et acrylique sur toile, 100 × 73 cm. © Cécile Vernant

Au commencement, l’artiste ne sait jamais exactement quelle direction prendra la toile. Le rythme du geste et les degrés de dilution orientent la composition. L’œuvre est ensuite laissée au repos : Cécile Vernant l’observe, tourne autour d’elle et peut même la retourner avant de poursuivre son travail. Incises nettes, fondus, matière parfois travaillée avec les doigts et vernis localisés multiplient ainsi les niveaux de perception. Selon les zones, ces vernis évoquent la pluie, une roche rendue glissante par l’eau ou encore le mouvement d’un courant à la surface.

Cette démarche éclaire ce que l’artiste appelle « déconstruire la figuration ». En l’absence d’un paysage immédiatement identifiable, aucune lecture ne s’impose définitivement. Le format vertical d’Untitled N° 99 s’inscrit dans cette même recherche, nourrie par les lianes, la nature du Nord de la Martinique et certaines formes architecturales, sans jamais enfermer l’œuvre dans une interprétation unique.

Man Mélé
Untitled N° 99, 2025, acrylique sur toile, 100 × 40 cm. © Cécile Vernant

Rejouer l'image, laisser la matière transformer l'œuvre

Les deux versions de Caraïbes illustrent la manière dont Cécile Vernant réinvente sans cesse ses propres créations. La première a été photographiée sous une lumière couverte ; la seconde, sous un soleil éclatant, avant d’être retravaillée à l’acrylique directement sur papier japonais. Lumière, matière et intervention manuelle font ainsi émerger deux paysages mutants à partir d’une même image.

Man Mélé
Caraïbes, 2026, tirage mutant sur papier Awagami 125 g, N° 01/07 + 2 EA, 20 × 20 cm. © Cécile Vernant
Man Mélé
Caraïbes, 2026,, tirage mutant puis acrylique sur Awagami 125 g, N° 02/07 + 2 EA, 20 × 20 cm. © Cécile Vernant

Le papier japonais participe pleinement à cette métamorphose. Ses fibres donnent à voir le travail des artisans et révèlent ce que l’artiste appelle « l’âme du papier ». Dans Les Portes du Paradis, cette matière rejoint également une histoire plus intime. Après la disparition brutale d’un proche, Cécile Vernant reprend les arts plastiques en utilisant le matériel laissé par cette personne, qu’elle continue d’employer aujourd’hui. En céramique, elle réalise aussi des empreintes d’objets ayant appartenu à des personnes qu’elle aimait. Pour l’artiste, ces traces donnent à l’œuvre « une espèce d’âme » et font perdurer un lien qui se transforme et voyage au gré des nouvelles demeures.

Cette relation au Japon ne date pourtant pas de ce voyage effectué en 2007. Enfant, l’artiste recevait des cartes postales représentant le mont Fuji enneigé et imaginait que la neige pouvait aussi recouvrir la montagne Pelée. Son séjour dans l’archipel a renforcé ces correspondances intimes entre îles, volcans, cyclones et liens invisibles qui unissent les absents aux vivants.

Les portes du Paradis, 2026, jet d’encre pigmentaire sur Awagami 55 g, 01/03 + 1 EA, 58 × 46 cm. © Cécile Vernant

Des espèces mutantes aux microformats « Méga Kiki »

Les céramiques prolongent ce goût pour la transformation et l’invention. Cécile Vernant y fait émerger des formes hybrides inspirées du monde marin. La présence récurrente des coraux trouve son origine dans un souvenir d’enfance : après les cyclones, elle recueillait dans sa chambre les fragments découverts sur le littoral, pour qu’ils ne restent pas seuls. Dans ses créations, ces éléments deviennent des espèces imaginaires, entre faune sous-marine et créatures fantastiques.

Man Mélé
Corail murène caramélisée, « Saisons des pluies », 2025, faïences émaillées, 21,5 × 12 × 7 cm. © Cécile Vernant

La scénographie de Man Mélé ! jouera également sur les changements d’échelle. Les microformats de la série Méga Kiki, mesurant parfois seulement 12 × 12 cm, côtoieront de grands formats. Une manière d’inviter les visiteurs à modifier constamment leur point de vue, en s’approchant ou en prenant du recul. Filets de pêche et rappels colorés ponctueront également le parcours d’exposition.

Man Mélé
Untitled, série « Méga Kiki », 2026, 18 × 14 cm. © Cécile Vernant

Une exposition ouverte à tous les regards

Si Cécile Vernant revendique pleinement son appartenance au champ de l’art contemporain, elle se méfie des discours qui enferment les œuvres dans une interprétation unique. Pour elle, le ressenti doit toujours conserver sa place.

Cette conviction s’est imposée au fil des rencontres. Lors d’une précédente exposition, un visiteur refusait d’entrer, affirmant ne rien connaître à l’art. « Ça tombe bien, moi non plus », lui avait-elle répondu avant de l’inviter à découvrir les œuvres. Un autre, atteint d’achromatopsie, ne décrivait pas les tableaux en couleurs mais en sensations de chaleur. Des expériences qui rappellent à l’artiste qu’il n’existe ni bon ni mauvais goût, mais une multiplicité de sensibilités.

Man Mélé
Balata, 2026, 20x20cm, 05+2EA
Man Mélé
Bananes corail poissons dentelles rouge et rose
Man Mélé
Untitled 28-V-26, 2026, Huile et acrylique sur toile, 50x50 cm
Man Mélé
Untitled N° 28-V-26 bis

La reconnaissance du travail de Cécile Vernant dépasse également les frontières françaises : sa photographie Paradis pour pêcheurs a été sélectionnée pour une exposition collective internationale en Crète, prévue en juillet 2026. L’artiste sera présente chaque jour à l’Orangerie du Sénat pour partager son univers et échanger avec les visiteurs.

Que verra chacun dans Man Mélé !? Cécile Vernant préfère laisser la réponse ouverte. Car, pour l’artiste, une œuvre ne se livre jamais entièrement : elle se découvre, se ressent et se réinvente au gré des regards.

Untitled N° 28-V-26 bis
Untitled Luco XIII, 2026 90x30cm huile, pastel à l'huile et acrylique sur toile
Man Mélé
Untitled N° MQ3, 2026, 60 x 20 cm, Huile et acrylique sur toile
Man Mélé
Untitled N° OSC2, 2025, Acrylique sur carton entoilé, 55 x 46 cm
Man Mélé
Zouk love à l'abri des regards indiscrets

Informations pratiques

Man Mélé ! se tiendra du 17 au 28 juillet 2026 à l’Orangerie du Sénat, dans le Jardin du Luxembourg, à Paris. Man Mélé ! sera ouverte tous les jours de 11 h à 20 h. L’entrée est libre par la porte Férou, au 19 bis rue de Vaugirard, dans le 6e arrondissement.

L’exposition Man Mélé ! de Cécile Vernant se tiendra du 17 au 28 juillet 2026 à l’Orangerie du Sénat, dans le Jardin du Luxembourg à Paris. Elle sera ouverte tous les jours de 11 h à 20 h. L’entrée est libre par la porte Férou, au 19 bis rue de Vaugirard, dans le 6e arrondissement.

Man Mélé ! réunira des peintures, des dessins, des photographies et des céramiques de Cécile Vernant. L’artiste y fera dialoguer plusieurs médiums, formats et langues autour de la Martinique, de la mémoire, de l’enfance et de la transformation des paysages. Le parcours comprendra notamment des tirages mutants, des œuvres verticales, des céramiques imaginaires et les microformats de la série Méga Kiki.

Pour Cécile Vernant, Man Mélé ! possède plusieurs significations. L’expression peut évoquer le fait d’être embêtée, chamboulée, amoureuse, envoûtée ou mélangée. L’artiste retient particulièrement l’idée d’envoûtement pour exprimer son attachement à la Martinique et les émotions qui traversent sa création.

Du 5 décembre 2026 au 4 avril 2027, le MSC World Europa vivra au rythme des musiques antillaises avec le festival Zouk@Sea by MSC. Pour sa troisième édition, dix-huit semaines d’animations musicales se succéderont au départ de Fort-de-France et de Pointe-à-Pitre, portées par des artistes, des groupes live et des DJs de Martinique et de Guadeloupe. L’affiche fait entrer plusieurs expressions musicales antillaises dans un navire international : zouk, compas, traditions créoles, musiques urbaines, cadence, dancehall, shatta, soca et DJ sets.

Zouk@Sea by MSC

Une programmation différente chaque semaine

Le fonctionnement de Zouk@Sea by MSC repose sur un principe simple : chaque semaine, un artiste, un groupe ou un DJ accompagne la croisière. Les départs sont programmés le samedi depuis Fort-de-France et le dimanche depuis Pointe-à-Pitre. La saison commencera les 5 et 6 décembre 2026 avec SOS Kantik et une programmation consacrée aux Chanté Nwèl. Silonvan prendra la relève les 12 et 13 décembre, avant DJ Raptor les 19 et 20 décembre, puis DJ Moulinex les 26 et 27 décembre.

Zouk@Sea by MSC
DJ RAPTOR
Zouk@Sea by MSC
DJ MOULINEX
Zouk@Sea by MSC
SOS KANTIK

En janvier 2027, La Finekip sera programmée les 2 et 3 janvier, suivie d’Emosyon les 9 et 10 janvier. Misié Sadik, Jessye Belleval et Zouk’n Groove monteront à bord les 16 et 17 janvier. Le week-end suivant, les 23 et 24 janvier, Kwaxikolor partagera la scène avec Jocelyne Béroard. Thierry Lof et C’Zigla clôtureront le mois les 30 et 31 janvier.

Zouk@Sea by MSC
Thierry LOF C Zigla
Zouk@Sea by MSC
kwaxicolor

Jocelyne Béroard et plusieurs générations du zouk

La présence de Jocelyne Béroard donne à cette troisième édition une dimension particulièrement intergénérationnelle. Avec Kwaxikolor, l’artiste associée à l’histoire du groupe Kassav’ portera un répertoire lié à la mémoire du zouk. Misié Sadik, Jessye Belleval et Zouk’n Groove mêleront ainsi sonorités urbaines, créoles et zouk actuel. Le nom du festival met le zouk en avant, mais la programmation s’étend bien au-delà de cette esthétique.

Zouk@Sea by MSC
Jocelyne Beroard
Zouk@Sea by MSC
Jessye Belleval
Zouk@Sea by MSC
Kwaxicolor

Février entre live, anniversaire et DJ sets

DJ Fab ouvrira le mois de février lors des départs des 6 et 7 février. Kaf Kon’s suivra les 13 et 14 février avec un format acoustique fondé sur les reprises créoles, l’interaction avec le public et une atmosphère festive. Les 20 et 21 février, Tanmpo Klassik Live célébrera ses dix ans. DJ Stonekilla & Friends prendra ensuite le relais les 27 et 28 février.

Zouk@Sea by MSC
DJ FAB
Zouk@Sea by MSC
kaf-kon's
Zouk@Sea by MSC
DJ Stone killa

De Jean-Michel Galva à MKG pour terminer la saison

Le mois de mars réunira encore plusieurs univers. Jean-Michel Galva & Koezyon seront programmés les 6 et 7 mars avec un répertoire mêlant zouk, cadence et influences traditionnelles antillaises. Maty occupera la semaine des 13 et 14 mars, avant DJ Raptor & Friends les 20 et 21 mars. Jean-Marc Ferdinand, présenté comme un véritable ambianceur des Antilles, accompagnera les départs des 27 et 28 mars. MKG terminera la programmation lors des croisières des 3 et 4 avril 2027. Le programme reste toutefois susceptible d’être modifié. L’affiche officielle précise que certains artistes peuvent être remplacés ou absents sans préavis.

Zouk@Sea by MSC
Jean Michel Galva
Zouk@Sea by MSC
JEAN MARC FERDINAND
Zouk@Sea by MSC
MATY
Zouk@Sea by MSC
MKG

Le MSC World Europa déployé aux Antilles

Cette troisième édition accompagne le déploiement du MSC World Europa aux Antilles françaises pendant l’hiver 2026-2027. Le navire effectuera ses départs depuis Fort-de-France et Pointe-à-Pitre, deux ports qui occupent ainsi une place centrale dans cette saison. MSC Croisières présente cette opération comme un renforcement de son ancrage régional. Selon les chiffres communiqués par la compagnie, les Caraïbes accueillent 43 % des croisiéristes mondiaux et concentrent 36 % de la capacité mondiale de croisière.

Ces données replacent Zouk@Sea by MSC dans un secteur où la région occupe déjà une position majeure. Mais l’intérêt culturel du projet se situe ailleurs : dans la possibilité offerte à des artistes martiniquais et guadeloupéens d’occuper chaque semaine un espace fréquenté par des voyageurs de plusieurs horizons. Patrick Pourbaix, directeur général de MSC Croisières France, explique que l’ambition est de transformer chaque croisière en « une véritable célébration de l’art de vivre caribéen ». La programmation musicale devient ainsi un élément central de l’expérience proposée à bord.

Zouk@Sea by MSC
Zouk@Sea by MSC

Une vitrine embarquée pour les scènes antillaises

Pour les passagers, Zouk@Sea by MSC permettra d’associer les escales caribéennes à des concerts, des performances live et des soirées musicales. Pour les artistes programmés, le navire constitue une scène différente des festivals, salles et événements habituellement organisés à terre. Le projet pose néanmoins une question plus large. Une programmation embarquée peut-elle devenir un véritable outil de circulation pour les musiques antillaises, et pas seulement un divertissement lié au voyage ?

Pendant dix-huit semaines, le MSC World Europa accueillera des traditions de Noël, des figures du zouk, des groupes live et des DJs. De SOS Kantik à MKG, cette saison racontera surtout une scène musicale antillaise plurielle, capable de préserver ses héritages tout en faisant entendre ses formes les plus actuelles.

Zouk@Sea by MSC est un festival musical embarqué organisé par MSC Croisières à bord du MSC World Europa. Pour sa troisième édition, l’événement réunira chaque semaine un artiste, un groupe live ou un DJ de Martinique ou de Guadeloupe. La programmation fera entendre plusieurs expressions musicales antillaises, dont le zouk, le compas, les Chanté Nwèl, la cadence, le dancehall, le shatta, la soca et les musiques urbaines créoles.

La saison Zouk@Sea by MSC se déroulera du 5 décembre 2026 au 4 avril 2027. Les croisières partiront chaque samedi de Fort-de-France, en Martinique, et chaque dimanche de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Une programmation musicale différente accompagnera chaque semaine de navigation à bord du MSC World Europa. Les artistes annoncés restent toutefois susceptibles d’être remplacés ou absents sans préavis.

La programmation réunira notamment SOS Kantik pour les Chanté Nwèl, Silonvan, La Finekip, Emosyon, Misié Sadik, Jessye Belleval & Zouk’n Groove, Kwaxikolor feat. Jocelyne Béroard, Thierry Lof & C’Zigla, Kaf Kon’s, Jean-Michel Galva & Koezyon, Maty, Jean-Marc Ferdinand et MKG. Tanmpo Klassik Live célébrera également ses dix ans à bord. Plusieurs DJs participeront à la saison, parmi lesquels DJ Raptor, DJ Moolinexx, DJ Fab et DJ Stonekilla & Friends.

Le 21 juin 2026, les rues, les places et des lieux culturels de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane ont accueilli des concerts, des scènes ouvertes et des rencontres musicales. Dans ces trois territoires, la Fête de la Musique a pris des formes différentes, au contact des répertoires locaux, des artistes amateurs et des professionnels.

Fête de la Musique

La 45e Fête de la Musique ouverte à tous

Créée en 1982 sous l’impulsion de Jack Lang, de Maurice Fleuret et de Christian Dupavillon, la Fête de la Musique célébrait cette année sa 45e édition. Son principe reste le même : donner une place à la musique vivante, réunir amateurs et professionnels et proposer des concerts gratuits le 21 juin. Le rendez-vous est aujourd’hui célébré dans plus d’une centaine de pays.

Dans les territoires français de la Caraïbe et de l’Amazonie, ce cadre commun est réinterprété à partir des réalités locales. Le zouk, le gwoka, la biguine, le reggae, le jazz créole, les percussions, les musiques urbaines et les influences sud-américaines peuvent s’y croiser dans une même programmation. Cette diversité ne transforme pas les trois territoires en un ensemble uniforme. Elle montre plutôt comment chacun s’approprie un événement national selon ses propres scènes, ses langues et ses circulations musicales.

En Martinique, un parcours entre centre-ville et quartiers

À Fort-de-France, la Ville avait annoncé un parcours musical destiné à faire circuler les artistes et le public entre le centre-ville et différents quartiers. L’appel municipal associait également des bénévoles à l’organisation, dans l’esprit participatif de la manifestation.

Fête de la Musique

À l’échelle de l’île, la programmation s’est étendue sur plusieurs communes et parfois sur tout le week-end. À Schœlcher, le Village musical annonçait la présence de plus de 200 artistes répartis sur sept espaces. Gospel, reggae, salsa, percussions, musiques traditionnelles, DJ sets et expressions urbaines figuraient parmi les propositions. Cette juxtaposition des générations et des répertoires illustre l’une des forces de la Fête de la Musique : créer une scène commune sans imposer un genre dominant.

Fête de la Musique

En Guadeloupe, le patrimoine musical au premier plan

À Pointe-à-Pitre, le programme annonçait une édition spéciale du Marché de Kalina, de 8 h 30 à 17 heures sur la place de la Victoire, autour des cultures et traditions guadeloupéennes, avec des prestations artistiques. Le rendez-vous relevait donc davantage d’une journée culturelle et musicale que d’un grand concert nocturne.

Fête de la Musique

Ailleurs dans l’archipel, les programmes ont donné une place visible au patrimoine musical guadeloupéen. Au Moule, le programme de deux journées associait une rencontre avec Pierre-Édouard Décimus et Maalkhéma, une animation autour du ka, une scène ouverte, ainsi que du zouk, de la biguine, du jazz et du gospel. Cette programmation rappelle que la Fête de la Musique peut aussi transmettre une histoire musicale, faire entendre les instruments du territoire et créer un passage entre héritage et création contemporaine.

Fête de la Musique

En Guyane, des scènes ouvertes entre ville et Amazonie

En Guyane, la Fête de la Musique a pris plusieurs formes. À Cayenne, plusieurs rendez-vous ont occupé l’espace public. Une scène ouverte était annoncée dès 16 heures sur la place des Chaînes brisées, avant une autre installation place des Palmistes à partir de 18 heures avec plusieurs DJ. Le festival Kayenn’Art, organisé à La Poudrière pendant le week-end, associait également arts visuels, créations locales et rendez-vous musicaux.

Ces propositions reflètent une géographie sonore particulière. Les musiques guyanaises se construisent au contact de répertoires créoles, bushinengués, surinamais, brésiliens et caribéens. Il faut toutefois éviter de réduire ces circulations à une seule frontière ou à un seul genre : elles suivent les migrations, les langues, les médias, les collaborations artistiques et l’histoire du plateau des Guyanes.

Fête de la Musique
Fête de la Musique

Pourquoi la Fête de la Musique reste-t-elle accessible ?

La gratuité demeure l’un des marqueurs les plus forts de la Fête de la Musique. Elle ne signifie pas que chaque animation peut être organisée sans règle ni coordination. Les communes lancent des appels à participation, définissent des espaces et encadrent les installations. Mais l’accès du public aux concerts inscrits dans le dispositif reste gratuit.

Face aux événements culturels soumis à billetterie, ce principe crée un autre rapport à la scène. Le public peut passer d’un lieu à l’autre, écouter un groupe inconnu ou s’arrêter devant une scène ouverte sans prévoir l’achat d’un billet. Cette disponibilité favorise la rencontre, même si elle ne suffit pas, à elle seule, à mesurer la réussite culturelle d’une édition.

Fête de la Musique
Fête de la Musique

La Fête de la Musique 2026 s’est tenue officiellement le 21 juin, avec certaines animations réparties sur plusieurs jours du week-end. Cette 45e édition a donné lieu à des concerts, des scènes ouvertes et des rendez-vous culturels dans plusieurs communes de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane.

En Martinique, Fort-de-France proposait un parcours musical entre le centre-ville et les quartiers, tandis que Schœlcher annonçait plus de 200 artistes sur sept espaces. En Guadeloupe, le Marché de Kalina à Pointe-à-Pitre et les activités organisées au Moule mettaient en avant les cultures locales. En Guyane, Cayenne accueillait notamment des scènes ouvertes sur les places des Chaînes brisées et des Palmistes, ainsi que le festival Kayenn’Art à La Poudrière.

La Fête de la Musique permet aux artistes amateurs et professionnels de se produire gratuitement dans l’espace public. En Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, elle donne aussi une place importante aux répertoires locaux et régionaux, comme le zouk, le gwoka, la biguine, le reggae, les percussions, les musiques urbaines et les influences amazoniennes.

Organisée par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE), la deuxième édition des Caribbean Days a réuni au siège de l’UNESCO, à Paris, plusieurs expressions de la culture caribéenne. Pendant quatre jours, l’événement a créé un espace de dialogue autour de la coopération régionale, du tourisme durable et des relations économiques entre la Caraïbe et l’Europe.

Une table caribéenne face à Paris

Sur le toit de l’UNESCO, des chefs antillais de l’association Les Toques françaises préparent un menu caribéen en trois services. Depuis le restaurant, les invités aperçoivent la tour Eiffel, les Invalides et la rive gauche. Cette scène résume l’esprit des Caribbean Days : présenter la Caraïbe par ses créations et ses savoir-faire, puis utiliser cette présence culturelle pour engager des échanges plus larges. 

La Caribbean Chamber of Commerce in Europe (CCCE) a organisé cette deuxième édition dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes. Placée sous le thème « Paix, diversité et durabilité », la manifestation a réuni des acteurs culturels, institutionnels, diplomatiques et économiques.

Durant quatre jours, la programmation a accordé une place aux arts visuels, à la gastronomie, à la mode, au cinéma, à la littérature, à la poésie, à la musique et à la danse. Ces disciplines ont montré plusieurs facettes de la création caribéenne dans un lieu consacré à l’éducation, à la science, à la culture et au patrimoine.

Les industries créatives au premier plan

Les Caribbean Days ont présenté les industries créatives comme l’une des forces de la région. La cuisine, les vêtements, les films, les récits, la musique et la danse ont servi de points de rencontre entre différents territoires et différents secteurs.

Cette diversité a permis de réunir des ambassadeurs caribéens, d’autres diplomates, des représentants du secteur public et des acteurs privés. La culture a ainsi créé un cadre commun pour des discussions portant sur le développement, l’investissement et les partenariats.

Fondée en novembre 2019, la CCCE a pour mission de faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe. Elle cherche également à encourager les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, cette mission s’est traduite par des rencontres entre institutions, entreprises et représentants caribéens.

Caribbean Days
Florian Valmy-Desvillers( directeur du développement commercial, CTO Chapter UK & Europe), Geoffey Lipman, (conférencier principal, ancien président du WTTC et secrétaire général adjoint de l'OMT), Jo Spalburg (secrétaire générale du CCCE), Tracy Jones (directrice pour l'Europe chez Barbados Tourism Marketing Inc.) et Carol Charran-Timlelt (présidente de l'Association de Trinité-et-Tobago en France).

La coopération régionale autour d’un même déjeuner

Un déjeuner-débat a porté sur la coopération entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Des représentants de la Banque de France, d’Expertise France et de l’OCDE ont participé aux présentations.

L’intervention de la sénatrice française Micheline Jacques, qui soutient un partenariat économique entre les territoires d’outre-mer et Haïti, a recentré les débats sur une question concrète : comment renforcer les liens entre les différentes composantes de l’espace caribéen ?

À travers cette rencontre, les Caribbean Days ont rapproché la culture, la diplomatie et l’économie. La gastronomie n’était pas un simple décor. Elle a accompagné un dialogue sur les coopérations possibles et sur la place de la Caraïbe dans ses relations avec l’Europe.

Le tourisme durable face au changement climatique

Une table ronde a été consacrée au tourisme durable. Geoffrey Lipman, ancien président du World Travel and Tourism Council et ancien secrétaire général adjoint de l’Organisation mondiale du tourisme, y a participé aux côtés de Florian Valmy-Desvillers, directeur du développement commercial de la Caribbean Tourism Organization pour le Royaume-Uni et l’Europe.

Jo Spalburg, secrétaire général de la CCCE, a résumé le message principal de ces échanges. Selon lui, l’accélération du changement climatique rend nécessaire un tourisme plus durable et plus bénéfique pour les communautés locales. Celles-ci jouent un rôle direct dans la protection de la nature et de la culture de la région pour les générations futures.

Cette réflexion donne aux Caribbean Days une portée particulière. Elle relie la promotion des destinations caribéennes à la responsabilité de préserver ce qui attire les visiteurs : les paysages, les patrimoines, les pratiques culturelles et les connaissances locales.

Caribbean Days
Jo Spalburg, secrétaire général du CCCE, en compagnie des chefs français des Antilles de l'association « Les Toques françaises ».

De la visibilité culturelle aux alliances

Au terme de cette deuxième édition, la CCCE met en avant une ambition collective : transformer la visibilité culturelle en collaborations, en innovation et en croissance durable pour la région.

Les Caribbean Days ont montré que la culture peut ouvrir des discussions entre diplomates, institutions, entreprises et acteurs créatifs. La suite dépendra désormais de la capacité des partenaires réunis à Paris à convertir ces échanges en alliances concrètes au bénéfice des territoires et des communautés caribéennes.

Les Caribbean Days, également appelés Journées des Caraïbes, sont un événement organisé par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe au siège de l’UNESCO, à Paris. Pendant quatre jours, leur deuxième édition a mis en avant les arts visuels, la gastronomie, la mode, le cinéma, la littérature, la poésie, la musique et la danse. L’événement s’est déroulé sous le thème « Paix, diversité et durabilité », dans le cadre de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Les Caribbean Days sont organisés par la Caribbean Chamber of Commerce in Europe, ou CCCE. Fondée en novembre 2019, cette organisation cherche à faciliter les échanges entre la grande Caraïbe et l’Europe, tout en encourageant les investissements européens en faveur du développement économique durable de la région. À Paris, la CCCE a réuni des représentants culturels, diplomatiques, institutionnels et économiques autour des créations et des enjeux caribéens.

Les Caribbean Days ont associé la promotion des industries créatives à des discussions sur la coopération régionale et le tourisme durable. Un déjeuner-débat a porté sur les relations entre les territoires français d’outre-mer de la Caraïbe et les États membres du CARIFORUM. Une table ronde a également abordé les effets du changement climatique et la nécessité de développer un tourisme plus durable, capable de mieux bénéficier aux communautés locales qui protègent les patrimoines naturels et culturels de la région.

À Paris, au milieu des startups et des grands rendez-vous de la tech, une idée née en Martinique vient de recevoir une reconnaissance nationale. MiBelBoat a été primée le 17 juin à VivaTech 2026, dans le cadre du premier Challenge Innov’ Outre-Mer de France Travail. La startup veut utiliser l’intelligence artificielle pour mieux connecter voyageurs, opérateurs nautiques et professionnels de la mer dans la Caraïbe.

Une récompense pour une startup martiniquaise

VivaTech 2026 se tient du 17 au 20 juin à Paris Expo Porte de Versailles. Pour MiBelBoat, la présence à ce salon a pris une dimension particulière dès la première journée. La plateforme martiniquaise a reçu le prix “passeport technologique” lors de la remise des prix du Challenge Innov’ Outre-Mer, organisé par France Travail. Le projet est porté par Alexis Mompert et Aurélien Filin. Leur ambition est simple à formuler, mais plus complexe à construire : donner au nautisme caribéen un outil numérique capable de relier les offres, les opérateurs, les itinéraires et les voyageurs.

Le sujet touche un secteur très concret : les sorties en mer, les charters, les expériences nautiques, les marinas, les professionnels du tourisme et les clients qui cherchent à réserver plus facilement.

MiBelBoat

Un marché encore dispersé

Dans de nombreux territoires caribéens, l’accès aux expériences nautiques passe encore par des circuits fragmentés. Un appel téléphonique. Un message WhatsApp. Un échange par email. Une recommandation locale. Cette proximité fait partie de la culture du service, mais elle peut aussi limiter la visibilité des opérateurs.

MiBelBoat part de ce constat. Selon la startup, l’offre nautique caribéenne reste difficile à structurer à l’échelle régionale. Pour un voyageur, il n’est pas toujours simple de comparer les expériences, de comprendre les itinéraires ou de réserver au bon moment. Pour les professionnels, la dispersion des canaux peut compliquer la gestion, la commercialisation et le suivi de l’activité. C’est là que l’outil numérique devient un sujet caribéen. L’enjeu dépasse la réservation. Il s’agit de rendre plus lisible une filière déjà active, mais encore trop peu connectée.

MiBelBoat
MiBelBoat

L’IA comme outil de terrain

MiBelBoat se présente comme une plateforme caribéenne de réservation nautique enrichie par l’intelligence artificielle. La solution vise à intégrer plusieurs dimensions : réservation, gestion, itinéraires et conciergerie nautique. L’idée est de simplifier l’expérience côté client, tout en aidant les opérateurs à mieux organiser leur offre.

L’IA devient un outil de tri, d’automatisation et d’orientation. Elle peut aider à structurer les informations, à fluidifier les demandes, à accompagner le choix d’une expérience ou à rendre certaines tâches moins lourdes pour les professionnels. Pour la Caraïbe, où la mer est à la fois un espace de travail, de transport, de loisir et d’identité, cette question touche aussi à la façon dont les territoires valorisent leurs ressources.

MiBelBoat

Une idée née de l’expérience en mer

MiBelBoat s’appuie sur l’expérience acquise avec Boat Paradise, société spécialisée dans les expériences nautiques premium dans la Caraïbe. Cette activité a permis aux fondateurs d’observer les besoins des clients, mais aussi ceux des opérateurs, des marinas et des acteurs du tourisme. Le projet ne part pas uniquement d’une tendance technologique. Il part d’un usage réel. Réserver une sortie en mer, organiser un itinéraire, gérer une demande, adapter une expérience à une saison ou à un public : ces détails construisent la valeur d’une plateforme.

Cette proximité avec le terrain donne aussi une dimension plus humaine au projet. Derrière MiBelBoat, il y a une volonté de transformer une expérience locale en outil régional.

MiBelBoat

Un enjeu d’économie bleue

La récompense obtenue à VivaTech arrive à un moment où les territoires caribéens cherchent à mieux structurer leurs filières liées à la mer. Tourisme, nautisme, services, digital, emploi : l’économie bleue ne peut pas rester une idée générale. Elle doit produire des outils, des usages et des revenus pour les acteurs locaux. MiBelBoat entend contribuer à cette dynamique en aidant les opérateurs à gagner en visibilité et en facilitant l’accès aux expériences nautiques tout au long de l’année. L’objectif reste prudent : mieux organiser l’existant, réduire la dépendance aux circuits dispersés, et construire depuis la Martinique une solution capable de parler à l’ensemble du bassin caribéen.

La distinction reçue à Paris ne règle pas tous les défis. Elle donne surtout une visibilité à une question essentielle : qui construit les plateformes qui organiseront demain les ressources, les métiers et les expériences de la Caraïbe ? Avec MiBelBoat, la Martinique apporte une réponse possible. Reste maintenant à voir comment cette reconnaissance pourra se transformer en usage réel, pour les opérateurs de mer comme pour les voyageurs.

MiBelBoat est une startup martiniquaise qui développe une plateforme caribéenne dédiée aux expériences nautiques. Son objectif est de mieux connecter les voyageurs, les opérateurs nautiques, les marinas et les professionnels du tourisme. La plateforme s’appuie sur l’intelligence artificielle pour faciliter la réservation, la gestion des demandes, les itinéraires et la conciergerie nautique.

MiBelBoat a été primée à VivaTech 2026 dans le cadre du Challenge Innov’ Outre-Mer de France Travail. La startup a été distinguée pour sa solution numérique pensée depuis la Martinique et tournée vers le nautisme caribéen. Cette reconnaissance met en avant une innovation ultramarine capable de répondre à un besoin concret : rendre l’offre nautique plus lisible, plus accessible et mieux structurée.

L’enjeu de MiBelBoat est de réduire la fragmentation du secteur nautique dans la Caraïbe. Aujourd’hui, de nombreuses réservations passent encore par téléphone, WhatsApp, email ou contacts directs. En centralisant les offres et en utilisant l’IA pour simplifier l’expérience, MiBelBoat veut aider les opérateurs à gagner en visibilité et permettre aux voyageurs de mieux accéder aux expériences en mer.

Un défi partagé par l'ensemble de la région

Face aux échouements récurrents de sargasses qui touchent de nombreux territoires de la Caraïbe, le projet SARSEA (Sargassum Regional Strategies for Ecosystem-based Actions) réunit depuis plusieurs années des institutions régionales, des experts et des collectivités autour d’un objectif commun : renforcer la capacité des territoires à anticiper, gérer et valoriser ce phénomène. Porté par Expertise France et la Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECS), avec le soutien de l’Agence Française de Développement (AFD), de l’Union européenne et de partenaires territoriaux tels que la Région Guadeloupe, le programme favorise le partage d’expériences et le développement de solutions adaptées aux réalités caribéennes.

sargasses

La Dominique, carrefour des échanges régionaux

Face à une problématique commune, les territoires de la région sont de plus en plus nombreux à considérer que la coopération constitue l’un des leviers les plus efficaces pour progresser. C’est dans cet esprit qu’une série de rencontres régionales s’est tenue récemment en Dominique, réunissant des représentants gouvernementaux, des experts techniques, des organisations régionales, des acteurs de la société civile et des professionnels venus de plusieurs îles de la Caraïbe.

Ces échanges ont permis de partager les expériences de terrain, d’identifier les bonnes pratiques déjà mises en œuvre et d’explorer de nouvelles pistes d’action pour améliorer la gestion des échouements de sargasses dans l’ensemble de la région

sargasses

La Martinique et la Guadeloupe partagent leur expertise

Cette dynamique de coopération s’est poursuivie à travers une mission d’étude organisée en Martinique et en Guadeloupe. Une délégation composée de représentants de neuf États et territoires caribéens a été invitée à découvrir les dispositifs développés localement pour surveiller, collecter et gérer les échouements de sargasses.

Les participants ont notamment pu observer les systèmes de surveillance environnementale, les dispositifs de confinement en mer, les outils d’alerte précoce ainsi que plusieurs initiatives de valorisation de ces algues. Cette immersion a permis de mettre en lumière le savoir-faire développé au fil des années par les acteurs martiniquais et guadeloupéens confrontés à ce phénomène de manière récurrente.

sargasses
sargasses

Vers une Caraïbe plus résiliente

Au-delà des aspects techniques, ces rencontres traduisent une ambition plus large : renforcer la résilience des territoires caribéens face aux défis environnementaux contemporains.

Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la préservation des écosystèmes et la nécessité de protéger les économies littorales, les acteurs régionaux cherchent à construire des réponses adaptées aux réalités insulaires. Les échanges d’expériences, la mutualisation des connaissances et le développement de projets communs apparaissent désormais comme des outils indispensables.

sargasses

Un partenariat renforcé pour une action coordonnée

Cette volonté de travailler ensemble s’est également concrétisée par la signature récente d’un protocole d’accord entre Expertise France et la Région Guadeloupe. À travers ce partenariat, les deux institutions entendent renforcer la coordination de leurs actions, favoriser le partage d’expertise et soutenir le développement de solutions innovantes au bénéfice de l’ensemble de la région caribéenne.

L’objectif est clair : éviter la duplication des efforts, améliorer la circulation des connaissances et encourager une approche plus cohérente face à un phénomène qui dépasse largement les frontières administratives.

Construire ensemble les réponses de demain

Les sargasses représentent aujourd’hui l’un des nombreux défis auxquels la Caraïbe doit faire face. Pourtant, au-delà des difficultés qu’elles engendrent, elles révèlent également la capacité des territoires à collaborer, à innover et à apprendre les uns des autres.

À travers ces rencontres, ces missions de terrain et ces partenariats régionaux, c’est une vision de la Caraïbe fondée sur la solidarité, le partage d’expertise et l’action collective qui se dessine progressivement. Face à un défi commun, la réponse semble désormais évidente : une Caraïbe plus forte se construit ensemble.

Les sargasses représentent un défi majeur pour la Caraïbe parce que leurs échouements touchent plusieurs territoires à la fois. Elles affectent les littoraux, les activités touristiques, la pêche, les écosystèmes côtiers et la qualité de vie des populations exposées. Comme le phénomène dépasse les frontières administratives, les réponses locales ne suffisent pas toujours. La coopération régionale permet de mieux anticiper les arrivées, de partager les méthodes de gestion et de construire des solutions adaptées aux réalités insulaires.

Le projet SARSEA accompagne les territoires caribéens dans la mise en place de stratégies communes face aux sargasses. Il favorise le partage d’expériences entre institutions, experts, collectivités et acteurs de terrain. Son objectif est de renforcer la capacité des territoires à surveiller les échouements, organiser la collecte, tester des dispositifs de confinement et explorer des pistes de valorisation. Il s’inscrit dans une logique régionale, où chaque île peut apprendre des solutions développées par les autres.

La Martinique et la Guadeloupe sont régulièrement confrontées aux échouements de sargasses. Cette expérience leur a permis de développer des outils de surveillance, des systèmes d’alerte, des dispositifs de collecte et des initiatives de valorisation. Dans l’article, ces deux territoires apparaissent comme des espaces de transmission d’expertise pour d’autres États et territoires caribéens. Leur rôle est donc important, car ils montrent comment une expérience locale peut nourrir une réponse collective à l’échelle de la Caraïbe.

À Fort-de-France, une épave n’a pas besoin de remonter à la surface pour raconter quelque chose. Il suffit parfois d’une photo, d’un objet, d’un témoignage. Pendant les Journées européennes de l’archéologie, la Martinique a choisi la mer comme porte d’entrée vers son histoire. Dans les jardins et les espaces de la Direction des affaires culturelles, l’exposition « Plongée dans le bleu, là où dorment les épaves » a donné à voir un patrimoine souvent invisible : celui qui repose sous l’eau.

Les Journées européennes de l’archéologie vues depuis la Martinique

Les Journées européennes de l’archéologie se sont tenues les 12, 13 et 14 juin 2026. En Martinique, ce rendez-vous a pris une couleur particulière. Il ne s’agissait pas seulement de parler de fouilles, de vestiges ou de conservation. Il s’agissait de rappeler que l’île porte aussi une partie de son histoire dans ses fonds marins, ses baies, ses plages et son sable.

La Direction des affaires culturelles a placé la mer au centre de cette édition locale. Ce choix faisait écho aux 60 ans du DRASSM, le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, créé en 1966. Autour de cette thématique, les visiteurs pouvaient approcher des images d’épaves, des objets retrouvés et le travail de celles et ceux qui préservent ces traces.

Journées européennes de l’archéologie
Johan-Hilel Hamel, Anne Hoyau Berry et Jean-Sébastien France

Jean-Sébastien France, une passion née en 1991

Jean-Sébastien France occupe une place essentielle. Président de l’Association de recherche et de valorisation du patrimoine archéologique sous-marin de la Martinique, il ne se présente pas comme archéologue. Il parle d’abord comme un homme marqué par une rencontre. En 1991, dans le sud de la Martinique, il participe à la découverte d’un site archéologique sous-marin. Sous l’eau, il voit des ancres, des canons, des objets que le temps a déposés. Ce jour-là, dit-il, il a été « traversé par l’histoire ». L’archéologie sous-marine commence souvent par une émotion avant de devenir une recherche.

L’association qu’il préside est née en 2017. Elle rassemble aujourd’hui environ vingt membres. Son objectif est clair : valoriser un patrimoine longtemps peu exposé et sensibiliser les Martiniquais à cette mémoire qui leur appartient.

Journées européennes de l’archéologie
Jean-Sebastien France (ARVPAM)

Des épaves, mais surtout des mémoires

La phrase la plus forte de l’entretien tient en quelques mots : « La mer ne garde pas forcément que des épaves, elle garde aussi des mémoires. » Une épave n’est pas seulement un reste de métal ou de bois. C’est une trace de passage, de voyage, de commerce, de guerre, parfois de drame. Un objet retrouvé sous la mer pose toujours des questions. Qui l’a fabriqué ? À quel navire appartenait-il ? D’où venait-il ? Qui l’a perdu ? Y a-t-il eu des disparus ? Les plongeurs amateurs, les photographes et les associations peuvent faire naître cette curiosité. Les archéologues apportent ensuite la méthode, les archives, les mesures et la rigueur scientifique.

Pendant les Journées européennes de l’archéologie, ce dialogue entre émotion et science a trouvé un espace public. Les visiteurs ne pouvaient pas descendre eux-mêmes dans la baie de Fort-de-France ou dans la rade de Saint-Pierre. Mais ils pouvaient regarder ces fonds marins autrement, grâce aux images et aux objets présentés.

Le regard du photographe Jacques-Yves Imbert

L’exposition doit beaucoup à la photographie. Le photographe Jacques-Yves Imbert fait partie de ces regards qui permettent au grand public d’approcher un monde difficile d’accès. En archéologie sous-marine, l’image documente, transmet et garde une trace.

Jean-Sébastien France le rappelle : rien n’est figé en mer. Le sel, les courants, la houle, le sable et le corail transforment les épaves. Certaines finiront par disparaître. Les photographies deviennent alors des témoins pour les générations futures. Elles permettent aussi d’ouvrir le patrimoine à celles et ceux qui ne plongent pas.

Journées européennes de l’archéologie
Jean-Sebastien France et Jacques Yves Imbert.

Le Sikorsky S43B, une histoire entre les îles

Parmi les récits marquants, celui du Sikorsky S43B donne une forme concrète à cette mémoire engloutie. Cet hydravion transportait des passagers entre les îles. Lors d’un amerrissage en baie de Fort-de-France, la mer est houleuse. L’appareil se déstabilise, touche l’eau et se retourne. Aujourd’hui, l’épave repose à l’envers au fond de la baie.

Le site demande de la prudence. Le fond est vaseux. Un mouvement trop fort peut troubler l’eau et faire disparaître la visibilité. Une image photogrammétrique a permis de reconstituer l’hydravion en 3D à partir de plusieurs centaines de photos. Ici, la technologie aide à comprendre sans abîmer.

Journées européennes de l’archéologie

Journées européennes de l’archéologie : un patrimoine pour la culture et le tourisme

Les Journées européennes de l’archéologie rappellent aussi une autre idée : le tourisme martiniquais peut s’enrichir de récits patrimoniaux plus profonds. La Martinique ne se raconte pas uniquement par ses plages, ses jardins, ses distilleries ou ses mornes. Elle se raconte aussi par ses épaves, ses routes maritimes, ses vestiges sous le sable, ses traces amérindiennes et les mémoires liées à l’esclavage.

Mais ce patrimoine impose une règle. On ne touche pas. On ne prélève pas. Les objets appartiennent à l’histoire commune. C’est peut-être la meilleure leçon laissée par ces Journées européennes de l’archéologie : apprendre à regarder la mer autrement, non comme un décor, mais comme une bibliothèque fragile de la Martinique.

Journées européennes de l’archéologie
Journées européennes de l’archéologie

Les Journées européennes de l’archéologie sont un rendez-vous consacré à la découverte du patrimoine archéologique. En Martinique, l’édition 2026 a mis en avant la mer, les épaves, les objets retrouvés sous l’eau et les traces patrimoniales conservées dans les fonds marins. L’événement a permis au public de mieux comprendre une partie de l’histoire martiniquaise souvent invisible, située sous la mer, dans les baies, sur les plages et sous le sable.

L’archéologie sous-marine est importante pour la Martinique parce qu’elle révèle des fragments d’histoire que l’on ne voit pas depuis la terre. Les épaves, ancres, canons, objets anciens ou vestiges immergés racontent les routes maritimes, les naufrages, les échanges entre les îles et les liens de la Martinique avec la Caraïbe. Ce patrimoine est fragile, car le sel, le sable, la houle et le corail peuvent progressivement le transformer ou le faire disparaître.

L’ARVPAM, présidée par Jean-Sébastien France, travaille à faire connaître le patrimoine archéologique sous-marin de la Martinique. L’association sert de relais entre les plongeurs, les photographes, les institutions, les archéologues et le grand public. Son rôle est de sensibiliser les Martiniquais à cette mémoire sous-marine, de valoriser les objets et les épaves, mais aussi de rappeler que ce patrimoine doit être protégé, étudié et transmis dans le respect des règles scientifiques.

Au Grand Carbet du parc culturel Aimé-Césaire, Maureen-Alycia Lucéa-Merlin a reçu la couronne de Miss Martinique 2026. À 24 ans, la jeune femme originaire de Fort-de-France arrive avec un parcours lié aux aînés, au soin et à la transmission. Son sacre raconte une autre manière de représenter la Martinique.

Une soirée au Grand Carbet

Samedi 13 juin, au Grand Carbet du parc culturel Aimé-Césaire, les cris du public ont accompagné la fin d’une soirée attendue. Dix candidates étaient en lice. Sur scène, les regards se sont tournés vers Maureen-Alycia Lucéa-Merlin, candidate numéro 6, au moment de l’annonce du résultat. En quelques secondes, une nouvelle page s’est ouverte. Maureen-Alycia Lucéa-Merlin est devenue Miss Martinique 2026, devant un public venu soutenir les candidates et vivre un moment fort du calendrier martiniquais. La couronne changeait de main. Elle succédait à Léaline Patry, élue l’année précédente.

Le concours peut sembler familier. Une scène, des tenues, des applaudissements, un classement. Mais derrière l’image officielle, une question revient toujours : que représente vraiment une Miss pour son territoire ? Dans le cas de Miss Martinique 2026, la réponse dépasse le soir de l’élection.

Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026

Une Martiniquaise de 24 ans

Maureen-Alycia Lucéa-Merlin a 24 ans. Elle est originaire de Fort-de-France. Son élection a été décidée par le jury et par les votes du public. À ses côtés, Nathanëlle Hélène a été désignée première dauphine, Loane Nodin deuxième dauphine, Laura Laventure troisième dauphine et Laurine Lixfe quatrième dauphine. Ces détails comptent. Ils donnent à l’événement son cadre précis. Miss Martinique 2026 n’est pas une histoire abstraite de représentation. C’est une élection ancrée dans une ville, dans une scène culturelle, dans un public, dans une promotion de candidates martiniquaises.

Ce qui distingue aussi Maureen-Alycia Lucéa-Merlin, c’est son parcours professionnel. Elle travaille dans le secteur des EHPAD, auprès d’un public âgé. Cet élément donne une autre couleur à son année de règne. La nouvelle Miss arrive avec une expérience du lien, de l’écoute et du quotidien des personnes âgées.

Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026

La couronne et les aînés

Dans beaucoup de territoires caribéens, les aînés occupent une place particulière. Ils gardent les histoires familiales, les récits de quartier, les souvenirs de migrations, les mots créoles, les gestes appris avant les écrans. En Martinique, cette mémoire est aussi une force culturelle. Le parcours de Maureen-Alycia Lucéa-Merlin permet donc d’ouvrir un sujet rarement associé aux concours de Miss : le regard porté sur les personnes âgées. Derrière l’écharpe, il y a une jeune femme qui connaît le monde du grand âge, ses exigences, sa pudeur, ses fragilités et sa dignité.

Miss Martinique 2026 peut être racontée comme une actualité people. Mais elle peut aussi être lue comme le sacre d’une jeune femme qui place la bienveillance et la transmission au centre de son image publique. Dans un concours souvent résumé à l’apparence, cette dimension change le récit. Elle rappelle qu’une représentante de territoire porte aussi une manière de parler, de se tenir, de regarder les autres et de choisir les causes qui l’accompagnent.

Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026

Représenter la Martinique

Le titre de Miss Martinique 2026 donne une visibilité immédiate. Pendant plusieurs mois, Maureen-Alycia Lucéa-Merlin sera associée à l’image de la Martinique dans les médias, les événements et les rendez-vous liés à Miss France. Cette visibilité n’est jamais neutre. Pour un territoire, une Miss devient souvent une vitrine. Elle est attendue sur son élégance, mais aussi sur sa parole, sa présence et sa capacité à dire d’où elle vient. Dans le cas de la Martinique, cette parole peut porter beaucoup : l’histoire, la langue, les communes, les familles, les femmes, la jeunesse et la mémoire.

Il faut donc éviter de réduire l’élection à une simple compétition. Le classement final dit qui a gagné. Mais l’année de règne dira ce que Maureen-Alycia Lucéa-Merlin choisira de mettre en avant. C’est là que Miss Martinique 2026 pourra vraiment prendre son sens.

Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026
Miss Martinique 2026

La prochaine étape

Après son sacre local, Maureen-Alycia Lucéa-Merlin doit représenter la Martinique lors de la prochaine élection Miss France. Cette étape nationale lui donnera une audience plus large. Elle devra y défendre une image personnelle, mais aussi une part du territoire martiniquais. Le défi est double. Il faudra exister dans un concours très médiatisé, tout en restant fidèle à ce qui a construit son parcours. Pour Miss Martinique 2026, l’enjeu ne sera pas seulement d’être vue. Il sera aussi entendu.

Une candidate ne représente pas seulement un lieu sur une carte. Elle porte une mémoire, une manière de vivre, un accent, des références et parfois des sujets que l’Hexagone regarde trop peu.

Une année à suivre

Le sacre de Maureen-Alycia Lucéa-Merlin ouvre donc une année à observer. Son parcours, son lien aux aînés et sa manière d’habiter le titre peuvent donner à cette couronne une portée plus profonde que l’image attendue. Miss Martinique 2026 commence avec une soirée, un nom et une écharpe. La suite dira ce que Maureen-Alycia Lucéa-Merlin choisira d’en faire. Une couronne peut rester un symbole. Elle peut aussi devenir une parole. En Martinique, cette parole sera suivie de près.

Miss Martinique 2026 est Maureen-Alycia Lucéa-Merlin. Originaire de Fort-de-France, elle a été élue au Grand Carbet du parc culturel Aimé-Césaire. Son parcours se distingue par son lien avec le secteur des EHPAD et le monde des aînés. Au-delà de la couronne, son élection met en avant une jeune femme martiniquaise attachée à la transmission, à l’écoute et à la représentation de son territoire.

L’élection de Miss Martinique 2026 dépasse le cadre d’un concours de beauté. Elle donne une visibilité nationale à une jeune Martiniquaise chargée de représenter son territoire, son histoire, sa culture et sa jeunesse. À travers Maureen-Alycia Lucéa-Merlin, cette couronne peut aussi porter un message autour des aînés, de la dignité et du lien entre les générations.

Après son élection locale, Miss Martinique 2026 doit représenter la Martinique lors de la prochaine élection Miss France. Cette étape lui permettra de porter l’image du territoire sur une scène plus large. Son défi sera de rester fidèle à son parcours, tout en faisant entendre une parole martiniquaise forte, humaine et ancrée dans la transmission.

Avec WHO, Wil Aime signe son premier long-métrage et revient aux Antilles avec une équipe, une méthode et une histoire de création. En Guadeloupe et en Martinique, sa tournée a révélé l’envers du décor : celui d’un film porté pendant des années, entre création indépendante, soutien territorial et désir de faire son propre cinéma.

Une tournée pensée comme un retour

Le public a vu les salles, les rencontres, les photos, les échanges après projection. Derrière cette tournée de WHO en Guadeloupe et en Martinique, il y avait une mécanique précise. Des dates à organiser. Des partenaires à mobiliser. Une équipe à faire venir. Une envie surtout : présenter le film là où une partie de son imaginaire a pris racine.

Du 30 mai au 1er juin 2026, Wil Aime et son équipe ont enchaîné plusieurs temps forts : séance spéciale au Cinestar, Creative Talk au Café Papier à Jarry, séance au Madiana, puis rencontre avec des professionnels, étudiants, médias et acteurs culturels. Dans l’entretien réalisé autour de cette venue, Wil Aime explique que présenter le film aux Antilles comptait pour lui. La Guadeloupe et la Martinique apparaissent comme des territoires d’attachement, d’inspiration et de retour.

WHO
@Wil Aime

Un film nourri par les Antilles

Certaines séquences de WHO ont été tournées en Guadeloupe. Le film circule entre plusieurs espaces : France, DROM-COM, Belgique, Suisse, Canada et Afrique francophone. L’œuvre naît d’un créateur guadeloupéen, se développe dans un cadre indépendant, puis cherche son public au-delà des frontières habituelles du cinéma français.

Dans la Creative Talk, Wil Aime parle des Antilles comme d’un lieu qui a nourri le film. Il évoque ces îles, leur place dans le monde francophone, leur position dans un imaginaire plus vaste. Le film laisse passer quelque chose du rapport au territoire : les paysages, les tensions, les identités, la manière de se situer quand on vient d’un espace souvent présenté comme petit, alors qu’il produit des talents capables d’aller très loin.

WHO
WHO

Faire son cinéma

Le cœur de cette histoire se trouve peut-être dans une nuance. Pendant l’échange avec le public, Wil Aime parle du rêve de “faire mon cinéma”. Avant le long-métrage, il y a eu les vidéos. Des formats courts. Des récits à tiroirs. Des scénarios où le détail compte. Avec WHO, cette grammaire construite sur les réseaux sociaux change d’échelle.

Le passage au long-métrage impose une autre discipline. Wil Aime le reconnaît lui-même : passer des réseaux sociaux au cinéma l’a obligé à apprendre à transmettre sa vision. Sur un film, une idée doit être comprise, portée et exécutée par beaucoup plus de monde.

Chaque Détail Productions, une équipe construite dans la durée

Dans les coulisses de WHO, il y a un collectif : Ashley, Samira, Gary, Yasser, Emmanuel et les autres membres de Chaque Détail Productions. Beaucoup ont appris sur le terrain. Le mot qui revient est la polyvalence.

Ashley, cofondatrice et sœur de Wil Aime, raconte une aventure née avant même que la structure existe vraiment. Samira évoque un démarrage autour d’un smartphone. Gary parle de son apprentissage technique. Yasser insiste sur le rôle de terrain. Emmanuel apporte une expérience de production, de distribution et de diffusion. Ce collectif donne à WHO une dimension concrète. Le film avance grâce à une équipe qui apprend, s’adapte, cherche des solutions et accepte de travailler hors des chemins les plus confortables.

WHO
Samira Chaban
WHO
Yasser Saïd Soilihi
WHO
Emmanuel

Transmettre une vision à 400 personnes

L’un des passages les plus forts de l’interview concerne le défi du management artistique. Wil Aime explique que son équipe proche fonctionne presque comme une seule personne. Avec elle, les idées circulent vite. Le vrai défi arrive quand il faut élargir cette vision à une équipe beaucoup plus grande.

Il parle de 400 personnes ayant travaillé sur le film. À cette échelle, la vision doit être transmise, comprise, reformulée, portée par chaque département. Pour lui, c’est l’une des plus grandes difficultés du projet. Il a fallu apprendre à communiquer autrement.

WHO
Wil Aime

La Guadeloupe comme territoire de création

La Région Guadeloupe a accompagné le film, notamment dans le cadre de sa post-production. Avec le CTIG, elle a aussi soutenu la venue de Wil Aime et de son équipe en Guadeloupe et en Martinique. Derrière ce soutien, il y a un enjeu plus large : montrer que la Guadeloupe peut être un territoire d’accueil pour les tournages, un espace de création audiovisuelle et un lieu d’émergence pour de nouveaux talents.

Un film comme WHO interroge la place des créateurs ultramarins dans les industries culturelles. Il montre l’importance des passerelles entre Guadeloupe, Martinique, France hexagonale, Canada francophone et Afrique francophone.

Ce que WHO ouvre

Dans la Creative Talk, une idée traverse plusieurs prises de parole : comment faire grand quand on vient d’un territoire souvent perçu comme petit ? Wil Aime répond par l’utilité, la sincérité et le commencement modeste. Il parle de famille, de proches, de premiers cercles. Il rappelle qu’un projet grandit souvent à partir d’un espace réduit, d’une petite chambre, d’un carnet.

C’est peut-être là que WHO devient un cas d’école pour une génération de créateurs caribéens qui cherchent à raconter autrement, à produire autrement, à circuler autrement. Son parcours montre les difficultés, les détours, les refus, les négociations, les apprentissages.

La suite dira ce que Chaque Détail Productions construira après cette étape. Pour l’instant, WHO laisse une question ouverte aux territoires caribéens : comment transformer ces réussites en filière durable, pour que d’autres rêves de cinéma trouvent eux aussi leur chemin vers l’écran ?

WHO marque une étape importante parce qu’il porte le premier long-métrage de Wil Aime, créateur guadeloupéen connu pour ses récits courts et ses thrillers psychologiques. Le film met aussi en lumière la Guadeloupe comme territoire de création, d’inspiration et d’accueil pour des projets audiovisuels capables de circuler en France, aux Antilles, au Canada et en Afrique francophone.

La Guadeloupe et la Martinique ont été au cœur d’une tournée spéciale autour de WHO, avec des projections, des rencontres avec le public et des Creative Talks destinés aux professionnels, étudiants, médias et acteurs culturels. Pour Wil Aime, cette venue aux Antilles avait une valeur particulière, car ces territoires ont nourri l’imaginaire du film et représentent un espace de retour pour son équipe.

Les coulisses de WHO montrent une aventure collective construite dans la durée. Autour de Wil Aime, l’équipe de Chaque Détail Productions a avancé avec une méthode indépendante, beaucoup de polyvalence et une volonté forte de garder une vision artistique claire. Le projet raconte aussi le passage d’un créateur venu des réseaux sociaux vers le cinéma, avec les défis humains, techniques et créatifs que cela implique.