Martinique – Le touristriel, une autre lecture de l’attractivité

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En Martinique, l’attractivité touristique ne se joue plus uniquement sur les plages, les paysages ou le patrimoine culturel. Elle se construit aussi, dans les coulisses du territoire : celles des filières productives, des savoir-faire locaux et des infrastructures qui rendent possible un développement cohérent. À l’occasion de la Semaine touristrielle, Richès Karayib s’est intéressé à une dynamique encore peu explorée : l’ouverture de sites industriels comme levier d’attractivité, en donnant à voir, de manière concrète, comment le territoire fonctionne réellement.

À l’échelle du territoire, cette dynamique s’inscrit dans le cadre de l’AMPI (Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie). À travers ses entreprises membres, dont BATIMAT Recyclage, elle déploie un cycle cohérent alliant structuration des filières, ouverture des sites industriels et transmission des savoir-faire.

Le touristriel : comprendre avant de consommer

Le mot touristriel prend ici tout son sens. Il désigne une expérience de compréhension du territoire, fondée sur l’ouverture, la pédagogie et la mise en lisibilité des savoir-faire. Visiter un site industriel, c’est accepter de déplacer son regard : s’intéresser aux flux, aux matières, aux contraintes, aux choix techniques et environnementaux qui façonnent le territoire.

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Pour Charles Larcher, président de l’AMPI, l’enjeu est clair :

« Ouvrir nos usines, c’est permettre aux Martiniquais comme aux visiteurs de découvrir leur industrie, de rencontrer les salariés et de comprendre les savoir-faire locaux. L’industrie est un patrimoine, elle fait partie de l’âme d’un territoire. »

Le touristriel n’ajoute pas une offre de plus : il enrichit l’offre existante, en apportant de la cohérence entre discours sur le tourisme durable et réalité productive.

Charles Larcher

BATIMAT Recyclage : ouvrir pour expliquer, pas pour séduire

Sur le terrain, BATIMAT Recyclage illustre parfaitement cette approche. Spécialisée dans le recyclage des déchets inertes du BTP, l’entreprise transforme gravats, bétons et matériaux issus de la déconstruction en ressources réutilisables, s’inscrivant pleinement dans une logique d’économie circulaire.

Pour Yannis Bride, responsable Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement, l’ouverture du site ne répond pas à une stratégie touristique au sens strict :

« On ouvre nos portes parce qu’on n’a rien à cacher. Montrer nos process, expliquer comment on gère les déchets, comment on limite nos impacts, c’est une manière de rendre notre action compréhensible et visible. »

Cette transparence suscite une curiosité : scolaires, élus, professionnels, mais aussi visiteurs de passage. Une curiosité tournée vers la compréhension des flux de déchets et des choix structurants qui conditionnent la durabilité d’une île.

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Attractivité territoriale : la crédibilité avant l’image

Le lien entre industrie et tourisme ne repose pas sur la mise en scène, mais sur la crédibilité. Un territoire qui accueille des visiteurs tout en externalisant la gestion de ses déchets, de ses matériaux ou de ses ressources perd en cohérence. À l’inverse, une filière locale structurée renforce la confiance et l’image globale de la destination.

À l’échelle de la Martinique, cette logique dépasse largement le seul secteur du BTP. Agroalimentaire, énergie, construction, recyclage : autant de domaines où l’ouverture et la pédagogie peuvent devenir des leviers d’attractivité indirects, en montrant que le territoire produit, transforme et innove.

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Une dynamique caribéenne encore à structurer

Les échanges menés lors de la Semaine touristrielle ont également mis en lumière un enjeu plus large : la coopération caribéenne.
Si les défis sont communs — gestion des déchets, ressources limitées, contraintes environnementales — les réponses restent souvent fragmentées, freinées par les normes, les réglementations et l’absence de stratégie partagée.

Pour l’AMPI comme pour BATIMAT Recyclage, l’ouverture des sites peut aussi devenir un point de départ pour des échanges professionnels régionaux, des benchmarks et, à terme, des collaborations inter-îles. Là encore, le touristriel agit comme un révélateur : il crée des espaces de dialogue là où il n’y avait jusque-là que des silos.

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Montrer pour mieux accueillir

Le touristriel révèle l’industrie comme une composante vivante et lisible du territoire. Il contribue ainsi à transformer le regard porté sur la Martinique. En ouvrant leurs portes, des acteurs comme BATIMAT Recyclage, soutenus par la vision portée par l’AMPI, participent à une attractivité plus mature, fondée sur la compréhension, la cohérence et la responsabilité. Une attractivité qui ne se contente pas de séduire, mais qui rassure, crédibilise et inspire.

Dans une Caraïbe en quête de modèles durables et adaptés à ses réalités insulaires, cette approche pourrait bien devenir l’un des marqueurs d’un tourisme plus conscient — et d’un développement territorial mieux assumé.

FAQ

Le touristriel désigne une approche qui associe tourisme et industrie, en ouvrant des sites productifs afin de faire comprendre les savoir-faire, les contraintes et les choix qui structurent le territoire martiniquais.

Le touristriel renforce l’attractivité en apportant de la cohérence entre discours sur le développement durable et réalité productive. Il valorise la crédibilité du territoire avant l’image, en montrant comment il produit, recycle et innove localement.

Non. Le touristriel s’adresse aussi aux Martiniquais, aux scolaires, aux élus et aux professionnels. Il favorise la compréhension collective du fonctionnement du territoire et ouvre la voie à des coopérations locales et caribéennes.

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