OECO : un partenariat stratégique avec l’Alliance solaire internationale pour transformer la transition énergétique

OECO

L’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) a franchi une nouvelle étape dans son engagement en faveur du développement durable en signant un protocole d’accord avec l’Alliance solaire internationale (ISA). Cet accord a été conclu à Santiago du Chili lors de la septième réunion du Comité régional de l’ISA pour l’Amérique latine et les Caraïbes, du 4 au 6 août 2025.

Plus qu’un simple document technique, il incarne une vision collective : accélérer la transition énergétique des petits États insulaires grâce à l’énergie solaire et réduire la dépendance aux importations coûteuses de combustibles fossiles.

OECO : un acteur central de la Caraïbe orientale

Créée en 1981, l’OECO regroupe actuellement onze membres, dont six États indépendants : Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Cette organisation régionale joue un rôle fondamental dans l’intégration économique, la gouvernance partagée et la coordination de politiques publiques dans des domaines stratégiques tels que l’éducation, la santé, le climat et l’énergie.

La signature de ce protocole avec l’ISA s’inscrit donc dans une logique plus large : renforcer la résilience économique et environnementale d’une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique, des ouragans dévastateurs et de la volatilité des prix de l’énergie.

OECO
©OECO

Les atouts de l’Alliance solaire internationale

L’ISA, fondée en 2015 à l’initiative de l’Inde et de la France, rassemble aujourd’hui 124 États membres répartis sur quatre continents. Elle se positionne comme un accélérateur de la transition solaire, en offrant des financements innovants, un appui technique et des programmes de renforcement des capacités. Son expertise est particulièrement précieuse pour les pays du Sud, qui doivent concilier développement économique et impératifs climatiques.

Dans le cadre de l’accord, l’ISA s’engage à :

  • ✅ promouvoir l’énergie solaire dans les États membres,
  • ✅ mobiliser des fonds publics et privés via le Fonds solaire mondial et d’autres instruments de finance climatique,
  • ✅ renforcer les compétences locales grâce aux Centres de ressources d’applications technologiques solaires (STAR–C).
OECO
©OECO

Une coopération tournée vers l’action

Pour l’OECO, l’accord signé avec l’ISA dépasse la simple coopération institutionnelle. Il vise des résultats concrets :

  • ✅ développer des projets solaires capables de réduire la dépendance au diesel,
  • ✅ faciliter l’accès aux financements pour les gouvernements comme pour les entreprises,
  • ✅ créer de l’emploi qualifié dans les filières vertes,
  • ✅ mutualiser les achats d’équipements solaires pour abaisser les coûts.

Cette stratégie s’aligne parfaitement avec la « Décennie de l’énergie durable » lancée par l’OECO pour la période 2025–2035. L’objectif est clair : faire du solaire une pierre angulaire du développement économique et social des États membres.

OECO
©OECO

Les défis spécifiques des petits États insulaires

Les pays membres de l’OECO appartiennent à la catégorie des petits États insulaires en développement (PEID). Leur vulnérabilité est multiple :

  • géographique, car les ouragans et phénomènes climatiques extrêmes peuvent détruire en quelques heures les infrastructures énergétiques ;
  • financière, puisque l’accès aux crédits internationaux reste limité en raison de la taille réduite de leurs économies ;
  • structurelle, avec une forte dépendance aux importations de carburants fossiles qui pèsent sur les budgets nationaux et les balances commerciales.

Kerryne James, ministre de la Résilience climatique et coprésidente du Comité régional de l’ISA pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a souligné ce point : « Nous devons reconnaître que l’accès au financement pour la transition énergétique demeure un défi majeur pour les PEID. »

Un centre régional d’excellence pour l’énergie solaire

L’un des volets les plus innovants de cette coopération  est la création d’un Centre régional d’excellence pour l’énergie solaire. Celui-ci servira à développer l’expertise locale, favoriser le partage de connaissances et mettre en place des formations adaptées aux réalités caribéennes.

Selon Ashish Khanna, Directeur général de l’ISA, cette initiative permettra aussi de tirer parti des innovations numériques : « En favorisant les achats groupés d’énergie solaire grâce à des plateformes d’appel d’offres digitales, nous améliorerons l’efficacité, réduirons les coûts et attirerons des investissements privés de grande ampleur. »

Une vision de long terme pour la Caraïbe

Pour Dr Didacus Jules, Directeur général de l’OECO, l’accord signé ne se limite pas à une question énergétique. Il s’agit d’un véritable investissement stratégique dans la résilience et l’indépendance économique de la région. En transformant le secteur énergétique, l’OECO entend offrir à ses citoyens une meilleure qualité de vie, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

La Décennie de l’énergie durable (2025–2035) marque ainsi un tournant : l’énergie solaire n’est plus considérée comme une option parmi d’autres, mais comme un pilier de l’avenir économique et social des îles de la Caraïbe orientale.

L’OECO en chef de file régional

En signant cet accord avec l’Alliance solaire internationale, l’OECO confirme son rôle de chef de file dans la transition énergétique caribéenne. En misant sur l’énergie solaire, elle trace une voie crédible vers plus de résilience, d’indépendance et de prospérité pour ses États membres. Au-delà de l’aspect technique, ce partenariat incarne une ambition : permettre aux petits États insulaires de transformer leur vulnérabilité en atout, en devenant des laboratoires de solutions durables à l’échelle mondiale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus d'articles de RK

Martinique – Panama City
AÉRIEN
Tolotra

Martinique – Panama City : une nouvelle porte vers les Amériques

Du 11 décembre 2026 au 5 mars 2027, la liaison Martinique – Panama City sera proposée deux fois par semaine par Air France, avec un passage par Pointe-à-Pitre. Plus qu’une nouvelle destination, cette route pourrait transformer la manière dont les Martiniquais rejoignent l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud et plusieurs territoires caribéens. Martinique – Panama City redessine la carte du voyage Depuis la Martinique, certaines villes du continent américain paraissent proches sur une carte et pourtant difficiles à atteindre. Pour rejoindre Quito, Lima, San José ou Tegucigalpa, les voyageurs doivent souvent composer avec des itinéraires longs et des correspondances peu pratiques. La nouvelle desserte doit réduire cette impression d’isolement. Les passagers partiront de Fort-de-France avant une étape à Pointe-à-Pitre, puis poursuivront vers Panama City. Il ne s’agit donc pas d’un vol direct, mais d’un nouvel itinéraire régional reliant les Antilles françaises à l’un des principaux points de connexion du continent américain.

Lire la suite "
Saint-Eustache
TOURISME
Tolotra

Sint Eustatius : 11 coups de canon face à Oranje Bay

À Fort Oranje, le regard descend vers la mer avant de remonter vers le cône verdoyant du Quill. Les canons alignés sur les remparts rappellent qu’ici, le 16 novembre 1776, onze tirs répondirent au salut d’un navire américain. Cette scène historique offre une clé pour parcourir Saint-Eustache, île de la Caraïbe néerlandaise où les paysages conservent la mémoire du monde. Saint-Eustache, là où onze coups ont résonné Ce jour-là, l’Andrew Doria entra dans Oranje Bay sous le pavillon des colonies américaines insurgées. Après les treize coups tirés par le bâtiment, le gouverneur Johannes de Graaff autorisa Fort Oranje à répondre par onze coups, conformément au protocole maritime. L’épisode est resté connu sous le nom de First Salute, premier hommage officiel rendu par une autorité étrangère au nouveau drapeau américain. L’intérêt du lieu dépasse pourtant l’événement diplomatique. Depuis les remparts, le visiteur comprend immédiatement pourquoi l’île comptait tant. La baie permettait

Lire la suite "
Aéroport Martinique Aimé Césaire
AÉRIEN
Tolotra

Aéroport Martinique Aimé Césaire : préserver l’hospitalité martiniquaise face au rush estival

Entre les départs en vacances, les retours familiaux et l’arrivée de visiteurs, l’Aéroport Martinique Aimé Césaire traverse l’une des périodes les plus intenses de l’année. Jusqu’au 6 septembre 2026, un dispositif renforcé doit permettre d’absorber la hausse du trafic sans réduire la qualité de l’accueil. Derrière les files, les contrôles et les valises, un autre enjeu se dessine : préserver une hospitalité martiniquaise visible dès les premières minutes. Aéroport Martinique Aimé Césaire : préserver la qualité de l’accueil pendant la haute saison La haute saison a débuté le 26 juin. Selon la SAMAC, plusieurs centaines de milliers de passagers doivent transiter par la plateforme durant l’été, avec un trafic annoncé supérieur à celui de l’année précédente. Les compagnies aériennes, les assistants en escale, la Police aux frontières, les Douanes et les équipes aéroportuaires ont donc renforcé leur coordination. Cette mobilisation répond à un besoin opérationnel évident. Elle touche aussi à

Lire la suite "

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

conTACT RK

Nous serions ravis de connaître votre avis sur l'expérience que vous avez acquise jusqu'à présent.

Rejoignez la liste

Rejoignez notre communauté Richès Karayib ! Inscrivez-vous à notre lettre d’information.

Vous voulez maximiser votre présence sur Riches Karayib ?

Remplir le formulaire pour commencer la demande