Le Bouillon d’Awara est bien plus qu’un simple plat en Guyane ; c’est une véritable institution culturelle. Ce mets traditionnel, préparé principalement durant les fêtes de Pâques, incarne l’identité culinaire et sociale du territoire. Avec la création récente de la Confrérie Gastronomique du Bouillon d’Awara, cette spécialité locale bénéficie désormais d’une reconnaissance officielle, tant au niveau national qu’international. Mais qu’est-ce qui rend ce bouillon si spécial, et pourquoi mérite-t-il une telle attention ?

Histoire et Origines du Bouillon d'Awara

Le Bouillon d’Awara est entouré de mythes et légendes qui ajoutent une dimension presque mystique à ce plat. Une histoire populaire raconte qu’une jeune femme autochtone aurait créé ce bouillon pour prouver son amour à un étranger, en y intégrant les saveurs de toute la Guyane. Cette légende reflète bien l’essence même du bouillon : un mélange harmonieux de cultures, d’ingrédients et de traditions.

Préparé uniquement à Pâques, ce plat symbolise également le rassemblement familial et communautaire. Sa préparation complexe, qui s’étale souvent sur plusieurs jours, mobilise toute une équipe, renforçant les liens sociaux et familiaux.

Bouillon d’Awara
Awara. Source : Ti molokoy
Bouillon d’Awara
Bouillon d’Awara. Source : Ti molokoy

Les Ingrédients et la Préparation

Le secret du Bouillon d’Awara réside dans ses ingrédients variés et locaux. Parmi eux :

  • La pâte d’awara, issue du fruit du palmier awara, véritable base du plat.

  • Des viandes fumées (poulet, poisson) et salées (morue, jambon).

  • Des légumes comme le chou, l’aubergine ou les épinards.

  • Des épices locales pour relever les saveurs.

La préparation est un véritable art, nécessitant patience et savoir-faire. Le bouillon mijote pendant 24 à 36 heures, permettant aux saveurs de s’harmoniser lentement. Le résultat final est un ragoût riche, onctueux, et à la couleur orangée si caractéristique.

La Confrérie Gastronomique du Bouillon d'Awara

Créée officiellement lors de la 10ᵉ édition des Journées des Goûts et Saveurs de Guyane, le 12 avril 2025, cette confrérie compte onze membres fondateurs, dont des chefs renommés, des passionnés et des spécialistes de la gastronomie guyanaise. Elle est présidée par Serge Fulgence.

Sa mission est triple :

  • Préserver l’authenticité du bouillon d’Awara à travers ses codes et son art de vivre.
  • Promouvoir sa reconnaissance bien au-delà de la Guyane.
  • Transmettre les savoir-faire aux nouvelles générations.

La Confrérie a obtenu une reconnaissance nationale prestigieuse en recevant son diplôme d’intégration aux Confréries de France, et est désormais rattachée au Conseil européen des confréries œno-gastronomiques via l’ambassade du Languedoc et du Roussillon.

« Une confrérie, ça sert à mettre en valeur un plat, à défendre son authenticité, et à le faire rayonner bien au-delà de ses frontières » – Jean Claude Estirac, vice-président du Conseil européen des confréries œno-gastronomiques.

Bouillon d’Awara
Bouillon d’Awara
Intronisation de Serge Fulgence le président de la Confrérie gastronomique du Bouillon d'Awara
Bouillon d’Awara
Jean Claude Estirac vice-président du Conseil européen des confréries oeuno-gastronomiques

Un Soutien Politique et Culturel Fort

À l’occasion de cette reconnaissance, Emmanuel Prince, vice-président de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG), a salué l’engagement des membres :

« L’awara est un symbole. Il est mémoire, partage, création. Et à travers le Plan Wara, nous voulons le faire rayonner bien au-delà de nos frontières. »

Ce plan de valorisation du patrimoine a été lancé avec une conférence scientifique et historique tenue le 27 septembre 2024. Celle-ci a présenté les résultats de 9 mois de recherche menés par Emmanuel Garnier du CNRS, qui a plongé aux racines historiques et culturelles du bouillon d’Awara.

La cérémonie a également été l’occasion d’introniser de nouveaux membres d’honneur, dont Jean-Paul Fereira et Emmanuel Prince.

Le Bouillon d'Awara : Un symbole de patrimoine vivant

Au-delà de sa dimension gastronomique, le Bouillon d’Awara est un véritable pilier du patrimoine vivant guyanais. Célébré chaque année lors des Journées des Goûts et Saveurs, il attire aussi bien les habitants que les visiteurs internationaux curieux de découvrir cette richesse culinaire.

En mettant en lumière ses racines culturelles, son ancrage communautaire et son originalité gustative, le Bouillon d’Awara s’impose comme un ambassadeur de la culture guyanaise, prêt à séduire le monde entier.

Le Rhum Fest 2025 , organisé au Parc Floral de Vincennes à Paris, est devenu l’un des événements les plus emblématiques pour les amateurs, les experts et les professionnels du monde du rhum. L’édition 2025, qui s’est déroulée du 12 au 14 avril, a rassemblé près de 8 000 visiteurs, des passionnés comme des curieux, ainsi que plus de 150 distilleries venues de 36 pays. Parmi elles, les distilleries des Antilles françaises ont marqué les esprits par leur authenticité, la qualité de leur production et leur capacité à transmettre leur héritage.

Une immersion dans l’univers du rhum

Le Rhum Fest n’est pas un salon ordinaire. C’est une véritable immersion dans l’univers complexe du rhum : ses origines, ses méthodes de fabrication, ses arômes, ses terroirs, ses histoires humaines. C’est aussi un moment de rencontres entre producteurs, distributeurs, cavistes, journalistes, restaurateurs et amateurs. L’événement propose des dégustations, des conférences pédagogiques, des masterclasses et des rencontres professionnelles.

Pour les novices, c’est une occasion idéale de s’initier au monde du rhum sans pression, en goûtant, en posant des questions, en découvrant les différences entre un rhum agricole, un rhum de mélasse ou encore un rhum vieilli en fût de chêne. Pour les connaisseurs, c’est une chance d’approfondir leur compréhension des profils aromatiques, des spécificités de chaque région, des millésimes ou des techniques de vieillissement.

Rhum Fest 2025
Source : Rhum Fest Paris
Rhum Fest 2025
Source : Rhum Fest Paris

Les Antilles françaises à l’avant-scène

Le Rhum Fest 2025 a consacré une large place aux Antilles françaises. En effet, la Martinique et la Guadeloupe sont mondialement reconnues pour la qualité de leur rhum agricole, élaboré à partir de pur jus de canne à sucre, contrairement au rhum traditionnel issu de mélasse.

La Martinique est la seule région au monde à bénéficier d’une AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) pour le rhum, ce qui garantit une production selon un cahier des charges strict et un lien fort avec le terroir. Les distilleries comme La Favorite, Neisson, ou Baie des Trésors étaient présentes, chacune défendant une identité forte, des méthodes artisanales et un attachement au territoire.

Stéphane Gouyer, maître de chai de Baie des Trésors, partage : « L’AOC permet de structurer notre travail tout en mettant en valeur la richesse de nos sols. C’est une vraie reconnaissance pour le travail des agriculteurs et des distillateurs. »

En Guadeloupe, bien que l’AOC n’existe pas, la tradition du rhum est tout aussi ancrée. Les distilleries comme Longueteau, Bologne ou Reimonenq offrent des rhums aux profils très expressifs. Jordan Lognos, représentant la quatrième génération de la distillerie Reimonenq, souligne : « Nous misons sur l’innovation tout en respectant nos valeurs. Le Rhum Fest nous permet de raconter notre histoire, de faire déguster nos créations et de répondre directement aux attentes des amateurs. »

Un espace d’échanges et d’éducation

L’un des points forts du Rhum Fest est son aspect éducatif. Contrairement à un simple salon de dégustation, il met l’accent sur la transmission des savoirs. Les visiteurs peuvent assister à des ateliers où l’on apprend, par exemple, à distinguer les types de rhum selon les régions, à reconnaître les arômes secondaires issus du vieillissement, ou à comprendre les effets du climat sur la canne à sucre.

Les producteurs des Antilles ont joué le jeu à fond, partageant avec générosité les subtilités de leur métier. Le public parisien, averti ou novice, a ainsi pu mieux comprendre ce qui fait la particularité du rhum agricole, sa complexité, son équilibre, sa fraîcheur et son potentiel de garde.

Source : Rhum Fest Paris
Source : Rhum Fest Paris

Le spiritourisme : un levier pour les territoires

Le Rhum Fest met également en lumière le développement du spiritourisme, une forme de tourisme centré sur la découverte des spiritueux à travers les visites de distilleries, les ateliers sensoriels et les rencontres avec les producteurs.

En Martinique, le spiritourisme est déjà bien ancré. Des routes du rhum ont été mises en place, les distilleries proposent des visites guidées, des expériences immersives et des ventes directes sur place. Cela participe à la valorisation du patrimoine local et renforce l’attractivité touristique de l’île.

En Guadeloupe, l’offre se structure progressivement. Jordan Lognos précise : « Nous souhaitons proposer des expériences complètes à nos visiteurs : la visite, la dégustation, mais aussi la compréhension de notre histoire et de nos méthodes. »

Ce développement est prometteur pour l’ensemble de la filière. Il permet de créer de l’emploi local, d’élargir l’offre touristique et de renforcer le lien entre le produit et son territoire.

Rhum Fest 2025

Un avenir ancré dans les racines

En valorisant les producteurs des Antilles, le Rhum Fest 2025 contribue à leur rayonnement international. Ces derniers ne se contentent pas de produire un excellent rhum ; ils racontent aussi une histoire, celle d’un héritage, d’un savoir-faire transmis, d’une identité façonnée par la terre et le temps.

Alors que la demande mondiale en rhum de qualité ne cesse de croître, les distilleries des Antilles françaises apparaissent comme des références incontournables. Leur authenticité, leur rigueur et leur engagement en faveur de la qualité en font des modèles dans le secteur.

Lors du Seatrade Cruise Global 2025, un panel s’est penché sur les nouvelles attentes des voyageurs de croisière, en particulier des jeunes générations, et sur la manière dont ces changements imposent une réinvention complète des expériences proposées à terre.

Seatrade Cruise Global 2025 : de la visite guidée à l’expérience personnalisée

Modérée par Shannon McKee, présidente de Access Cruise, la discussion du Seatrade Cruise Global 2025 a réuni des figures clés de l’industrie : Tracey Diaz (Princess Cruises), Christine Manjencic (Norwegian Cruise Line Holdings), Marc Melville (Chukka Caribbean Adventures), Leyla R. Osorio (Global Cruises LLC) et Claudine Pohl (Lemoneight).

Dès les premières interventions du Seatrade Cruise Global 2025, le constat est posé : les croisiéristes d’aujourd’hui attendent bien plus qu’un simple tour panoramique. « Ce que cette nouvelle génération recherche, c’est une vraie expérience », affirme Christine Manjencic. Elle cite l’exemple d’un « selfie tour » initialement conçu pour Norwegian Cruise Line et adapté à Oceania Cruises sous l’intitulé Capturing the Moment – une requalification simple mais efficace pour séduire un public premium.

Seatrade Cruise Global
Christine Manjencic

« Aujourd’hui, une nouvelle génération découvre la croisière… et ne la considère plus comme une activité pour les retraités. »
Tracey Diaz
rappelle lors du Seatrade Cruise Global à quel point la pandémie a changé les attentes : voyager n’est plus un acquis, mais un privilège. Les passagers recherchent désormais des expériences plus intimes, plus vraies, plus humaines.

Seatrade Cruise Global
Tracey Diaz

L’authenticité comme moteur de différenciation

Pour les opérateurs touristiques, le défi est double : rester innovant tout en s’ancrant dans le réel. Pour Marc Melville, la réponse tient en un mot : authenticité. « Notre force, c’est d’être résolument local, sans compromis. Ce qui semble banal pour nous est souvent ce qui marque le plus un visiteur. »

Il insiste sur l’importance du récit. Un geste aussi simple que poser la main sur un arbre peut devenir un souvenir marquant, dès lors qu’il est contextualisé. « Il n’y a pas de prix pour une expérience locale et authentique », souligne-t-il.

Seatrade Cruise Global
Marc Melville

Avec une présence dans 140 destinations, Leyla Osorio observe que les croisiéristes réguliers ne veulent pas revivre la même excursion. « Nous devons proposer une nouvelle lecture du lieu, avec un autre regard, une autre narration. » Elle met aussi en avant lors du Seatrade Cruise Global l’importance d’adapter les excursions à l’identité propre de chaque compagnie maritime.

Seatrade Cruise Global
Leyla Osorio

Innover, collaborer et anticiper

Tous les intervenants du Seatrade Cruise Global 2025 s’accordent : l’avenir du secteur dépendra de l’innovation, de l’anticipation… et d’une collaboration renforcée.

Christine Manjencic a partagé des données révélatrices sur l’évolution des comportements depuis la pandémie : « Avant le COVID, nous mettions en ligne les excursions 2 à 3 mois avant la croisière et seuls 20 % étaient vendus à l’avance. »

« Aujourd’hui, nous ouvrons à 365 jours et atteignons 75 % de préventes. »

Elle ajoute, non sans fierté : « En 2019, nous avons envoyé 4,3 millions de passagers en excursions à terre. L’an dernier, nous avons frôlé les 6 millions. »

Une progression spectaculaire, qui montre à quel point l’anticipation, la veille des tendances et la personnalisation sont devenues essentielles dans la conception des offres.

Claudine Pohl rappelle lors du Seatrade Cruise Global 2025 que la compétence à raconter une histoire est aussi précieuse que l’itinéraire lui-même. « Sans formation à la prise de parole, vos guides ne transmettront pas l’expérience. »

Leyla Osorio, pour sa part, a insisté sur une nouvelle dimension essentielle dans le design d’expérience : « Une excursion doit être immersive, authentique… et photogénique. »
À l’heure des voyages dictés par les réseaux sociaux, il ne suffit plus de vivre une expérience : il faut pouvoir la partager, visuellement, et en tirer des “bragging rights”.
Elle encourage les destinations à intégrer des éléments marquants – esthétiques, symboliques, instagrammables – qui deviennent des souvenirs autant que des preuves sociales.

Seatrade Cruise Global

Enfin, Marc Melville lors du Seatrade Cruise Global 2025 a conclu avec un appel engagé : « La Caraïbe n’a jamais eu autant d’opportunités. Saisissons-les. Travaillons main dans la main avec nos partenaires croisière pour que nos îles rayonnent encore davantage. »

Seatrade Cruise Global
Seatrade Cruise Global
Shannon McKee
Seatrade Cruise Global

Les croisiéristes ne cherchent plus des tours, mais des émotions.

Ce panel offre une boussole précieuse pour les territoires de la Caraïbe souhaitant rester attractifs face à des croisiéristes en quête de sens et d’authenticité.

👉 Assumer pleinement l’ancrage local. Comme le souligne Marc Melville : « Ce qui est banal pour vous peut devenir extraordinaire pour un visiteur. » Il est essentiel de miser sur le récit, l’immersion sensorielle et l’expression culturelle plutôt que de se conformer à des standards globalisés.

👉 Proposer une valeur exclusive croisière. Un produit à terre doit offrir ce que les visiteurs ne peuvent pas réserver seuls sur Internet. Parfois, cela tient à un geste, un plat, un lieu symbolique ou un moment à partager… pourvu qu’il touche.

👉 Coopérer à tous les niveaux. Claudine Pohl rappelle l’importance de mobiliser chauffeurs de taxi, artisans, guides et autorités locales. Un simple « Bienvenue » bien pensé ou une mise en scène visuelle peuvent transformer l’expérience.

En résumé : il ne s’agit plus seulement d’accueillir, mais de transmettre une histoire.

La matinée d’ouverture du Seatrade Cruise Global 2025 a donné le ton : l’avenir de la croisière passe par la collaboration, l’innovation et la durabilité.

Une vision mondiale pour une industrie en transition

Richard Sasso, président de MSC Cruises USA, a ouvert l’événement en présentant les grandes lignes du 2025 Global Cruise and Destination Outlook. Ce panorama stratégique a permis de rappeler que, malgré un contexte mondial en constante évolution, l’industrie de la croisière progresse avec ambition et responsabilité.

Mettant en avant l’importance croissante d’un tourisme plus durable et d’expériences authentiques, Richard Sasso a insisté sur le besoin d’adapter les offres non seulement aux enjeux économiques, mais aussi aux attentes d’un public de plus en plus soucieux de son impact.

Seatrade Cruise Global 2025
Richard Sasso

Anticiper les attentes des nouvelles générations

Le premier panel de la journée du Seatrade Cruise Global 2025, « Naviguer à travers les générations et repenser les expériences à terre », animé par Marc Blum, a réuni plusieurs acteurs majeurs : Mark Edson (Royal Caribbean), Alexander Gumbs (Port de Saint-Martin), Mike Maura (Nassau Cruise Port), Natasha Salzedo (Carnival Cruise Line) et Ugo Savino (Département d’État américain).

Ensemble, ils ont exploré les leviers d’adaptation face à l’évolution des profils voyageurs, soulignant l’importance de l’innovation technologique, d’une meilleure intégration des destinations et d’une approche plus personnalisée de l’expérience client.

Seatrade Cruise Global 2025
Seatrade Cruise Global 2025

Regards croisés sur le tourisme de croisière mondial

La matinée du Seatrade Cruise Global 2025 s’est achevée par un panel intitulé « World Cruise Tourism Summit : mises à jour régionales », animé par Ioannis Bras, avec la participation de représentants du MedCruise, de Cruise Arabia, de la Caribbean Tourism Organization et de Cruise Saudi. Ce tour d’horizon a mis en lumière les réalités spécifiques de chaque région, tout en convergeant sur des enjeux communs : mieux gérer les flux de passagers, développer des infrastructures résilientes, et renforcer la coopération entre ports.

Une idée forte s’est dégagée de cette ouverture : les décisions doivent reposer sur des données concrètes, et l’avenir se construira par l’alliance des savoir-faire.

Nous reviendrons ultérieurement de manière plus détailées sur ces interventions.

Seatrade Cruise Global 2025
Seatrade Cruise Global 2025

Le tourisme dans les Caraïbes connaît une transformation grâce à Breeze Travel Solutions (BTS). Dirigée par Casey Davy, spécialiste marketing certifié AMA, Breeze Travel Solutions restructure le secteur en intégrant des technologies avancées. Son objectif est de simplifier les réservations et d’améliorer l’expérience des voyageurs. Avec sa filiale Caribbean Travel and Tours (CTT), BTS unifie un marché encore fragmenté en une solution efficace et harmonieuse.

Les défis du tourisme dans les Caraïbes

Le secteur touristique caribéen souffre de procédures obsolètes et d’un manque de coordination entre les acteurs locaux. De nombreux prestataires utilisent encore des méthodes manuelles ou des outils inadaptés, rendant les réservations complexes. Cette fragmentation limite la visibilité des offres et réduit les opportunités pour les petits acteurs du marché. Casey Davy souligne : « Ces obstacles constituent un frein pour les voyageurs qui souhaitent organiser leur séjour en toute sérénité. » BTS a été conçue pour résoudre ces problèmes grâce aux nouvelles technologies.

Les innovations de Breeze Travel Solutions

Caribbean Travel and Tours : une plateforme tout-en-un


CTT constitue le pilier des innovations de Breeze Travel Solutions. Contrairement aux plateformes classiques qui se limitent aux hébergements, CTT propose une interface intuitive permettant de réserver vols, hébergements, activités et transferts en un seul endroit. Cette approche simplifie la planification des séjours et améliore l’accessibilité des offres. Elle permet aussi aux agences de voyages et aux hôteliers locaux de mieux structurer leurs services et d’attirer une clientèle plus large.

L’intelligence artificielle au service des voyageurs


L’IA joue un rôle clé dans la personnalisation des offres de Breeze Travel Solutions. En analysant les données et les préférences des utilisateurs, elle permet de proposer des itinéraires adaptés à leurs intérêts, qu’il s’agisse d’activités sportives, de bien-être ou de découverte culturelle. « L’IA nous permet de fournir des recommandations précises et pertinentes », explique Davy. Ce système favorise également une meilleure gestion des flux touristiques en évitant la surfréquentation de certains sites.

Engagement envers la sécurité et le développement communautaire

Sélection rigoureuse des fournisseurs

Breeze Travel Solutions collabore uniquement avec des prestataires respectant des critères stricts, notamment l’enregistrement légal, l’assurance responsabilité civile et la conformité aux règles locales. Cette approche garantit un service de qualité et une expérience sécurisée pour les voyageurs. La transparence et la sécurité sont des éléments clés pour rassurer les touristes et encourager des séjours sans encombre.

Programme de développement communautaire

Pour aider les entreprises locales à atteindre ces standards, BTS a mis en place un Programme de développement communautaire. Il accompagne les prestataires dans la certification de leurs services et leur transition vers la digitalisation. Cette initiative favorise l’intégration économique locale et participe à la croissance du tourisme régional. En facilitant l’accès aux plateformes de réservation et en formant les acteurs locaux, BTS crée un écosystème plus solidaire et performant.

Promotion d'un tourisme responsable et authentique

Valorisation du patrimoine culturel

Breeze Travel Solutions ne se limite pas aux offres balnéaires. Il met en avant l’histoire, la gastronomie et les traditions des îles caribéennes. En collaborant avec les communautés locales, l’entreprise veille à ce que les retombées économiques bénéficient directement aux populations. Cette approche permet aussi de diversifier l’offre touristique en s’éloignant du modèle standardisé souvent proposé aux visiteurs.

Soutien aux initiatives écologiques

L’entreprise s’engage à intégrer des solutions écoresponsables, en sélectionnant des hébergements durables et des activités axées sur la conservation environnementale. Cette approche préserve les écosystèmes fragiles des Caraïbes tout en offrant des expériences enrichissantes aux voyageurs. BTS collabore également avec des associations locales pour sensibiliser les touristes à l’impact de leur présence sur les milieux naturels et culturels.

Breeze Travel Solutions
Source: Caribbean Travel & Tours
Source: Caribbean Travel & Tours
Breeze Travel Solutions
Source: Caribbean Travel & Tours
Breeze Travel Solutions
Source: Caribbean Travel & Tours
Breeze Travel Solutions
Source: Caribbean Travel & Tours

Breeze Travel Solutions modernise le tourisme caribéen en combinant technologie et développement durable. Avec ses plateformes intuitives et ses programmes communautaires, l’entreprise améliore l’expérience des voyageurs tout en respectant le patrimoine naturel et culturel des îles. Son approche innovante permet d’optimiser l’offre touristique tout en soutenant l’économie locale et en préservant les richesses de la région.

La Politique de tourisme durable 2025–2035 marque une étape décisive dans le développement économique des États membres de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECO). Lors de la huitième réunion du Conseil des ministres du tourisme, tenue le 28 mars 2025 à l’hôtel Beachcombers à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les ministres ont officiellement approuvé cette politique ambitieuse. Cette initiative s’impose comme un outil structurant à long terme pour l’ensemble de la région.

Elle vise à transformer le secteur touristique en un moteur économique durable, tout en promouvant la conservation environnementale, l’inclusion sociale et la résilience face aux défis globaux. Elle remplace la politique commune de tourisme de 2011, en apportant une nouvelle direction stratégique mieux adaptée aux enjeux contemporains.

Les piliers stratégiques de la politique

Vision et mission renouvelées

La Politique de tourisme durable 2025–2035 propose une vision claire : le tourisme ne doit pas seulement générer des revenus, mais devenir un levier de développement équitable et respectueux de l’environnement. Sa mission est de favoriser une croissance équilibrée, profitable aux communautés locales, tout en préservant les ressources naturelles et culturelles de la région.

Trois objectifs stratégiques principaux

La politique repose sur trois grands axes :

  1. La transformation économique régionale par le tourisme.
  2. La promotion de pratiques durables.
  3. L’amélioration de la résilience face aux crises climatiques et économiques.

Ces objectifs sont accompagnés de douze sous-objectifs concrets, incluant le développement d’infrastructures écologiques et le soutien aux initiatives communautaires.

Objectifs spécifiques et principes directeurs

Les principes directeurs de la Politique de tourisme durable 2025–2035 incluent une gouvernance responsable, une gestion environnementale rigoureuse, et un engagement fort envers les droits sociaux. Ces principes visent à assurer que chaque État membre œuvre dans une dynamique coordonnée vers des résultats mesurables.

Développement thématique et directives communes

Huit domaines thématiques prioritaires

La Politique de tourisme durable 2025–2035 identifie huit axes prioritaires, parmi lesquels :

  • Le marketing touristique ciblé.
  • Le développement du tourisme bleu, axé sur les ressources marines.
  • La gestion des impacts climatiques.
  • L’intégration technologique dans le secteur.

Cette structuration permet une approche transversale, conciliant performance économique et préservation de l’environnement.

Directives politiques communes

Des directives ont été établies pour :

  • Encourager l’utilisation d’énergies renouvelables.
  • Promouvoir la formation continue des professionnels du secteur.
  • Protéger les écosystèmes fragiles.

Elles garantissent que les projets développés soient en adéquation avec les normes élevées fixées par l’OECO.

Politique de tourisme durable 2025
Huitième réunion du Conseil des ministres de l'OECS Tourisme, SVG Mars 2025

Défis et opportunités dans le secteur du tourisme en 2025

Impacts du changement climatique et évolution des attentes

Le changement climatique fragilise les atouts naturels de la région, tels que les plages et les récifs coralliens. Par ailleurs, les visiteurs sont de plus en plus attentifs à l’impact de leurs séjours. La Politique de tourisme durable 2025–2035 encourage l’investissement dans des hébergements écologiques et des expériences ancrées dans la culture locale.

Méga navires de croisière : entre opportunité et vigilance

Les navires de croisière de grande capacité peuvent générer des retombées économiques importantes, mais présentent des risques pour l’environnement côtier. Le Directeur général de l’OECO, Dr Didacus Jules, appelle à une gestion équilibrée, reposant sur des ports écoresponsables et des partenariats durables avec les opérateurs maritimes.

Collaboration régionale et retombées économiques

Rôle actif des États membres

La réussite de cette politique repose sur la mobilisation de tous les États membres. Grenade, Saint-Kitts et Nevis, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines, notamment, coordonnent leurs efforts pour une mise en œuvre harmonisée.

Emploi et développement local

Le tourisme soutient déjà une part importante de l’emploi régional. La Politique de tourisme durable 2025–2035 pourrait accroître ces opportunités, en particulier dans les domaines émergents comme la gestion environnementale ou les services touristiques spécialisés.

La Politique de tourisme durable 2025–2035 va au-delà d’un simple cadre réglementaire. Elle représente un engagement collectif pour un modèle touristique équilibré, conciliant développement économique, inclusion sociale et respect de l’environnement. Forte de cette vision commune, l’OECO dispose aujourd’hui des outils nécessaires pour relever les défis futurs et poser les bases d’un tourisme pérenne dans la Caraïbe orientale.

Nevis, une petite île nichée dans les Caraïbes, est aujourd’hui sous le feu des projecteurs internationaux grâce à des articles récents dans des publications prestigieuses. Ce joyau tropical attire non seulement les touristes mais aussi les investisseurs et les amateurs de gastronomie, confirmant son statut d’île dynamique et pleine d’opportunités.

Nevis : Une île en plein essor économique

Le 17 mars 2025, le magazine britannique Business Matters a publié un article intitulé « Nevis is open for business », mettant en lumière l’économie florissante de cette île caribéenne. Selon cette publication, Nevis offre un environnement propice aux affaires grâce à ses processus simplifiés et ses politiques favorables aux entrepreneurs.

Les investisseurs trouvent sur cette île une multitude d’opportunités dans divers secteurs :

  • Le tourisme, avec ses plages immaculées et son riche patrimoine culturel.
  • L’agriculture, qui mise sur la durabilité et la production locale.
  • Les services financiers, bénéficiant d’un cadre réglementaire attractif.
  • L’immobilier, avec des projets innovants et respectueux de l’environnement.
  • Les énergies renouvelables, un secteur clé pour l’avenir de l’île.

Ces atouts font de Nevis une destination idéale pour ceux qui souhaitent combiner affaires et qualité de vie exceptionnelle. Avec une fiscalité avantageuse et une administration efficace, Nevis se positionne comme un modèle économique dans les Caraïbes.

Une scène culinaire unique en son genre

Deux jours après cet article économique, le 19 mars 2025, LA Weekly, le magazine américain lu par plus de quatre millions de visiteurs mensuels, a mis en avant un autre aspect fascinant de Nevis : sa gastronomie. Intitulé « Nevis’ culinary scene sets it apart from other Caribbean islands », cet article met en avant la créativité et l’authenticité des saveurs locales.

La cuisine de l’île  se distingue par :

  • L’utilisation d’ingrédients locaux frais tels que les fruits tropicaux et les épices.
  • Une fusion unique entre traditions caribéennes et influences internationales.
  • Des établissements locaux qui innovent tout en respectant leur héritage culinaire.

Pour les amateurs de bonne cuisine, visiter l’île est une expérience sensorielle inoubliable qui reflète parfaitement l’identité culturelle de l’île. Que vous soyez un fin gourmet ou simplement curieux, la scène culinaire névicienne saura vous séduire par sa diversité et son authenticité.

Le potentiel énergétique renouvelable de Nevis

Le 25 mars 2025, International Business Times (UK) a publié un article intitulé « Nevis: Renewable Energy Potential Attracts Major Foreign Interest ». Cette publication met en avant le potentiel énorme de l’île en matière d’énergies renouvelables. Grâce à son gouvernement proactif, l’île attire déjà l’attention des investisseurs étrangers intéressés par ce secteur prometteur.

Parmi les initiatives notables :

  • Le développement géothermique pour produire une énergie propre et durable.
  • Des projets solaires visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles.
  • Un cadre réglementaire favorable pour encourager les investissements étrangers.

Cependant, malgré ces avancées, des défis subsistent. Le besoin d’infrastructures modernes et d’une main-d’œuvre qualifiée reste crucial pour maximiser ce potentiel énergétique. Ces efforts montrent que l’île ne se contente pas d’être une île paradisiaque ; elle aspire également à devenir un leader régional en matière d’énergie verte.

La vision du premier Ministre Mark Brantley

Lors d’une conférence de presse tenue le 31 mars 2025, le Premier Ministre Mark Brantley a exprimé sa fierté face à la reconnaissance internationale croissante dont bénéficie son île. Selon lui, ces publications prestigieuses ne sont qu’un début pour positionner Nevis comme un leader régional en matière d’innovation et d’investissement.

Il a également souligné :

  • L’importance pour les habitants de soutenir cette dynamique positive.
  • Les retombées économiques potentielles liées à cette visibilité mondiale.
  • La nécessité de protéger les ressources naturelles tout en exploitant les opportunités économiques.

Pour M. Brantley, l’île est bien plus qu’une destination touristique ; c’est une île capable d’inspirer le monde entier par son ambition et sa résilience.

Nevis
The Honourable Premier Mark Brantley, Minister of Foreign Investment in the Nevis Island Administration.

Nevis : Une destination Touristique à part entière

Au-delà des affaires et des investissements, l’île séduit également par ses attraits touristiques uniques. Ses plages immaculées offrent un cadre idyllique pour se détendre tandis que ses montagnes luxuriantes invitent à l’exploration. Le tourisme durable est au cœur du développement touristique local, garantissant que la beauté naturelle de l’île reste préservée pour les générations futures.

Nevis s’impose aujourd’hui comme une destination importante grâce à sa combinaison unique d’atouts économiques, culturels et environnementaux. Qu’il s’agisse d’investissements lucratifs ou d’expériences culinaires mémorables, cette petite île prouve qu’elle peut rivaliser avec les plus grandes destinations mondiales. Avec une vision claire portée par ses dirigeants et une reconnaissance internationale croissante, l’avenir semble prometteur pour ce joyau caribéen.

Le secteur Airbnb en Jamaïque traverse une véritable “révolution”, selon le sénateur Delano Seiveright. Lors de son intervention au Sénat durant le débat sur le projet de loi de finances 2025, il a souligné à quel point l’essor de cette plateforme transforme les communautés locales et l’économie du pays.

Une croissance spectaculaire

En 2017, la Jamaïque comptait 59 500 visiteurs via Airbnb. Ce chiffre a littéralement explosé, atteignant plus de 800 000 visiteurs en 2023. Cet afflux massif a généré plus de 32 milliards de dollars jamaïcains (J$) de revenus pour les propriétaires locaux.

Seiveright décrit cette croissance comme une démocratisation du tourisme : “De Trench Town à Treasure Beach, de Portland à Negril, les Jamaïcains ouvrent leurs portes, partagent leur culture et leurs talents avec le monde tout en générant des revenus.” Airbnb permet ainsi à des habitants ordinaires de tirer parti de l’attrait touristique du pays.

L'investissement dans le potentiel créatif de la Jamaïque

Le sénateur Seiveright a également mis en avant les efforts du gouvernement dirigé par Andrew Holness pour renforcer l’industrie touristique en soutenant les travailleurs, les créatifs et les entrepreneurs. Parmi les initiatives phares, on retrouve :

  • Le régime de pension des travailleurs du tourisme : un dispositif unique au monde comptant déjà plus de 10 000 contributeurs et 4 milliards de dollars jamaïcains sous gestion.
  • Le plan d’assurance pour les artistes et créatifs : lancé en 2024, il garantit une protection financière aux figures culturelles du pays.
  • L’académie de l’industrie du tourisme et du divertissement : lancée le 27 mars sous l’égide du Fonds d’Amélioration du Tourisme (TEF), elle propose des formations, du mentorat et des opportunités de réseautage pour les artistes et entrepreneurs culturels.

Seiveright insiste: “Ce ne sont pas que des paroles, mais des actions concrètes financées par le budget, offrant aux Jamaïcains les outils pour prospérer dans une industrie en plein essor.”

airbnb
Sénateur Delano Seiveright

L'impact sur les petites entreprises et les communautés locales

L’essor d’Airbnb a permis à de nombreuses petites entreprises locales de prospérer. Les restaurants, les chauffeurs de taxi, les guides touristiques et les artisans bénéficient directement de l’augmentation du nombre de visiteurs. Cette dynamique favorise un modèle économique plus inclusif, réduisant la dépendance aux grands complexes hôteliers et répartissant mieux les richesses générées par le tourisme.

De plus, certaines communautés qui n’étaient pas historiquement des destinations touristiques majeures, comme Port Antonio ou Treasure Beach, connaissent un essor économique grâce à l’accueil de voyageurs cherchant des expériences authentiques loin des circuits traditionnels.

Une vision positive pour l'avenir

Le sénateur a appelé la population à célébrer les progrès réalisés. Il a notamment mis en avant la réduction significative des crimes violents, le regain d’espoir dans les communautés et les performances économiques notables dans plusieurs secteurs.

Des fondamentaux économiques solides

En défendant le budget national de 1,26 billion de dollars jamaïcains, Seiveright a affirmé que les bases économiques du pays sont robustes.

“Malgré les difficultés de 2024, notamment l’ouragan Beryl et la tempête tropicale Raphael, l’économie jamaïcaine est restée résiliente grâce à une gestion fiscale prudente et stratégique”, a-t-il expliqué.

Les indicateurs clés incluent :

  • Une croissance du PIB réelle prévue à 2,2 %.
  • Des réserves internationales nettes dépassant 5,5 milliards de dollars américains.
  • Un taux de chômage historiquement bas à 3,5 %.
  • Une réduction du ratio dette/PIB à 68,7 %, avec un objectif de 63,7 % l’année prochaine.
  • Une inflation sous contrôle et une stabilisation des prix alimentaires.

En outre, l’agence Fitch a réaffirmé la note de crédit BB- de la Jamaïque avec une perspective positive, renforçant la confiance des investisseurs.

Défis et opportunités pour l'industrie Airbnb en Jamaïque

Si l’essor d’Airbnb est indéniable, il soulève également des défis. L’un des principaux enjeux concerne la régulation du secteur afin d’assurer une concurrence équitable avec les hôtels traditionnels tout en garantissant la sécurité des voyageurs.

Le gouvernement envisage plusieurs mesures :

  • L’instauration d’une taxe spécifique sur les revenus Airbnb, afin de générer des ressources supplémentaires pour le développement touristique.
  • Un encadrement des normes de sécurité et de qualité, pour garantir une expérience optimale aux voyageurs et éviter les abus.
  • Un soutien accru aux propriétaires indépendants, notamment via des formations sur la gestion locative et l’accueil des touristes.

La “révolution Airbnb” en Jamaïque est un moteur de transformation économique et sociale, redéfinissant le paysage touristique du pays. Sous l’impulsion de figures comme le sénateur Delano Seiveright, le gouvernement investit dans le potentiel des Jamaïcains et renforce l’attractivité de la destination. Alors que l’île poursuit sa croissance, il est essentiel de célébrer ces avancées et d’encourager une participation accrue de la population à cette dynamique positive.

L’économie orange, fondée sur la créativité, l’innovation et les savoirs culturels, s’impose aujourd’hui comme un levier de développement stratégique dans la Caraïbe.

Mais comment se traduit-elle concrètement dans nos territoires ?

Dans une région riche en patrimoines vivants, en expressions artistiques et en dynamiques communautaires, elle ouvre la voie à de nouveaux modèles économiques durables, portés par les talents locaux.

Parmi les déclinaisons les plus prometteuses figure le tourisme créatif — ou tourisme orange — qui combine immersion culturelle, valorisation des savoir-faire et participation active des visiteurs. À l’heure où les attentes des voyageurs évoluent, ce type de tourisme propose une alternative plus authentique et plus inclusive, en phase avec les transitions écologiques, sociales et numériques en cours.

Du tourisme de masse au voyage durable et créatif

L’évolution du tourisme est étroitement liée aux transformations économiques mondiales et aux avancées technologiques. Dès les années 1950, l’élargissement de la classe moyenne et l’augmentation du revenu disponible ont entraîné une explosion des voyages internationaux — passant de 25 millions de touristes dans les années 1950 à 1,5 milliard en 2019. Mais cette croissance a révélé une fragilité : le tourisme est extrêmement sensible aux crises économiques. En 2008, par exemple, les premières coupes budgétaires opérées par les ménages ont concerné les vacances.

Ce modèle de tourisme de masse a progressivement laissé place à des formes alternatives, plus responsables et durables, portées par un nouveau type de voyageur : le touriste conscient. Ces voyageurs recherchent bien plus que du divertissement : ils aspirent à des expériences authentiques, à une immersion culturelle et à un respect de l’environnement. C’est dans ce contexte qu’ont émergé l’écotourisme, le tourisme rural, le tourisme communautaire, ou encore les voyages éducatifs et religieux.

économie orange

Le tourisme durable repose sur une approche hybride, combinant les initiatives des gouvernements (top-down) et la participation des communautés locales (bottom-up). Il reconnaît que pour être viable, le tourisme doit respecter l’environnement, valoriser les cultures, être économiquement rentable et socialement juste — en incluant l’égalité de genre et la préservation des savoirs traditionnels.

L’émergence de l’économie orange et du tourisme créatif

Le terme « économie orange » a été popularisé en 2011 par l’écrivain britannique John Hawkins. Aussi appelée économie créative ou culturelle, elle englobe les activités économiques fondées sur la créativité et la propriété intellectuelle : arts, musique, cinéma, design, technologie, publicité, etc. Selon l’UNESCO, cette économie représente 3 % du PIB mondial et plus de 30 millions d’emplois à l’échelle globale.

Le tourisme orange se situe à la jonction de cette économie créative et du secteur touristique. Contrairement au tourisme classique, il ne se contente pas de consommer la culture : il invite à y plonger. Cela passe par des séjours dans les communautés locales, la participation à des ateliers d’artisanat, des cours de musique traditionnelle, des leçons de cuisine ou encore des initiations à la voile. Il ne s’agit plus seulement de voir, mais de faire avec les habitants, d’interagir, de partager. Ce type de tourisme favorise l’engagement, les retours fréquents, et même parfois des formes d’investissement personnel dans les communautés visitées.

économie orange

Le tourisme orange ouvre également la voie à la création d’emplois indirects à travers les technologies numériques — développement d’applications, plateformes de réservation d’activités, ou outils facilitant les démarches administratives, la logistique et l’hospitalité. L’objectif : transformer les idées créatives en opportunités économiques grâce à l’innovation culturelle et digitale.

À quoi pourrait ressembler le tourisme orange dans la Caraïbe ?

Le tourisme orange dans la Caraïbe pourrait prendre des formes variées, ancrées dans les réalités culturelles, les savoir-faire locaux et les aspirations créatives des territoires. Plusieurs pistes concrètes peuvent être explorées pour structurer cette offre :

Le tourisme agricole, par exemple, permettrait aux visiteurs de participer à des expériences immersives dans des exploitations locales, notamment en permaculture ou en hydroponie, en découvrant les techniques agricoles caribéennes et en prenant part aux récoltes.
Les activités nautiques traditionnelles, telles que des leçons de voile ou de navigation artisanale, pourraient mêler transmission de savoirs, aventure et valorisation des patrimoines maritimes.
Les ateliers de musique offriraient aux visiteurs l’opportunité d’apprendre à fabriquer et jouer des instruments traditionnels (tambours, cordophones, percussions), tout en découvrant les racines culturelles des musiques locales.
L’artisanat, avec des sessions de création de poupées, bijoux, poteries ou textiles inspirés des traditions locales, renforcerait le lien entre créativité, mémoire collective et économie solidaire.
La gastronomie, quant à elle, constitue une porte d’entrée puissante pour explorer l’identité caribéenne : des ateliers de cuisine centrés sur les produits locaux et les recettes ancestrales pourraient renforcer l’attrait de la destination tout en valorisant les circuits courts.

À ces expériences s’ajoutent les opportunités offertes par le numérique. Qu’il s’agisse de faciliter l’accès à l’information, de valoriser les offres culturelles ou de fluidifier l’expérience du voyageur, les outils digitaux jouent un rôle croissant dans la transformation du tourisme caribéen. Le développement d’initiatives locales en ce sens pourrait renforcer l’attractivité des territoires tout en soutenant les écosystèmes créatifs.

Enfin, des initiatives structurantes comme la création de musées vivants ou de parcours patrimoniaux immersifs pourraient permettre de revivre des moments clés des cultures caribéennes — carnavals, festivals, concours emblématiques — grâce à des installations physiques ou virtuelles, mêlant mémoire, transmission et innovation.

économie orange

Une voie à saisir pour les territoires caribéens

Le tourisme orange incarne aujourd’hui une voie d’avenir pour les territoires caribéens. À la croisée de la culture, de la créativité et de l’innovation, il permet de transformer les ressources immatérielles — savoirs, récits, pratiques locales — en expériences porteuses de sens pour les visiteurs, et en opportunités économiques durables pour les communautés.

Ancré dans l’économie orange, ce modèle touristique ouvre de nouveaux horizons : il valorise les identités culturelles, stimule la création d’emplois dans des secteurs non délocalisables, et renforce la résilience des territoires face aux crises globales. Encore faut-il l’accompagner par des politiques publiques adaptées, des infrastructures appropriées et un soutien actif aux porteurs de projets culturels et créatifs.

En misant sur le tourisme orange, la Caraïbe ne se contente pas d’accueillir le monde : elle l’invite à entrer en dialogue avec ses territoires, ses peuples et ses imaginaires.

Miser sur les talents pour construire l’avenir du tourisme en Martinique : telle est la conviction qui a réuni, le 28 mars 2025 à l’Habitation Fonds Rousseau à Schœlcher, l’ensemble des acteurs du secteur à l’occasion de la 3ᵉ Semaine des Métiers du Tourisme.
En présence de Nathalie Delattre, ministre déléguée chargée du Tourisme, cette matinée a été l’occasion de souligner l’importance de la formation, de l’accompagnement des parcours professionnels, et de la reconnaissance des compétences locales. À travers les échanges, les prises de parole et les distinctions remises, une vision commune s’est affirmée : celle d’un tourisme martiniquais exigeant et durable, fondé sur la valorisation des talents locaux.

Un lieu porteur de mémoire pour accueillir cette rencontre

Pierre Sainte-Luce, propriétaire de l’Habitation Fonds Rousseau, a ouvert les portes de ce site patrimonial pour accueillir l’événement. Son intervention, sobre et marquée par l’émotion, a rappelé l’attachement profond de ce lieu à l’histoire de la Martinique. Dans un décor empreint de mémoire, les échanges sur l’avenir des métiers du tourisme ont pris une dimension particulière, résonnant avec la vocation de transmission et de valorisation des racines du territoire.

Tourisme
Pierre Sainte-Luce en compagnie du préfet Etienne Desplanques

Former, mobiliser, valoriser : une stratégie territoriale partagée

Madame Marie-Luce Lebon, sous-préfète de la circonscription du Centre, a rappelé les défis auxquels la Martinique doit faire face pour renforcer sa compétitivité : transition environnementale et numérique, accessibilité, diversification de l’offre, montée en compétences, et surtout, adaptation aux nouvelles attentes des clientèles. Elle a insisté sur le rôle essentiel des ressources humaines dans ce processus.

Elle a également souligné l’importance d’un positionnement stratégique, face à une concurrence caribéenne parfois fondée sur une guerre des prix à laquelle la Martinique ne peut – et ne doit – répondre. La solution : la montée en gamme par les compétences, l’innovation dans l’accueil et la valorisation des métiers.

Cela suppose de renforcer les dispositifs de formation, mais aussi de changer le regard sur les métiers du tourisme, souvent victimes d’un déficit d’image. La semaine des métiers, dans ce contexte, constitue un levier précieux pour sensibiliser, faire découvrir la diversité des parcours possibles et stimuler des vocations.

Tourisme

Le tourisme : un pilier économique fragilisé par la pénurie de main-d’œuvre

Dans son intervention, Nathalie Delattre a replacé le tourisme dans le cadre national. Ce secteur représente 8 % du PIB, 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et 2 millions d’emplois directs et indirects. En Martinique, près d’un million de visiteurs sont accueillis chaque année, pour environ 10 000 emplois, ce qui en fait un moteur de l’économie locale.

Mais ce moteur s’essouffle par manque de bras. En 2022, 60 % des entreprises de l’hôtellerie-restauration déclaraient avoir freiné leur activité faute de personnel. Un constat alarmant partagé dans l’Hexagone comme en Martinique.

La ministre a insisté sur la diversité des métiers du tourisme – plus de « mille et un », selon ses mots – et sur la difficulté de les rendre visibles. C’est là tout l’enjeu de la semaine des métiers : permettre à des jeunes, mais aussi à des personnes en reconversion, de rencontrer directement les professionnels, de poser leurs questions, et d’éprouver, parfois, un déclic.

Elle a aussi salué la hausse du nombre d’actions labellisées, passé de 2 500 à plus de 3 200 cette année, preuve d’une mobilisation croissante. Elle a souligné l’importance de témoignages inspirants, comme celui de Nina Métayer, meilleure cheffe pâtissière du monde 2023-2024, marraine nationale de cette édition.

Tourisme

Une dynamique locale vivante et collaborative

Autre moment fort de la matinée : l’intervention de Catherine Vatblé, chargée de mission à la DEETS et référente nationale de la Semaine des Métiers du Tourisme. Visiblement émue, elle a salué l’investissement des nombreux partenaires martiniquais, malgré des moyens financiers parfois limités.

Elle a mis en lumière les 48 événements labellisés sur le territoire, avec une attention particulière portée cette année à la thématique de la mer, grâce à la collaboration du campus des métiers de la mer, du cluster maritime, de la direction de la mer, et de nombreuses associations culturelles, dont Cariculture, Watouabi et Tambou Gornal.

Un “causer”, organisé l’après-midi à Fort-de-France, visait à croiser les regards entre monde culturel, scolaire, économique et politique, autour d’une idée forte : transformer les événements culturels traditionnels (carnaval, Tour des Yoles…) en véritables leviers de développement économique durable.

Le pavillon final de la semaine devait prendre place au sein du village du cacao et du chocolat, incarnant une volonté de lier patrimoine, transmission, économie locale et rayonnement.

Tourisme

Partenaire actif de l’événement, la ville de Schœlcher a joué un rôle structurant dans l’organisation de cette étape martiniquaise de la Semaine des Métiers du Tourisme. Présent au nom de la municipalité, Monsieur Gonier, membre de l’équipe technique, a été chaleureusement salué pour son engagement. Ce soutien logistique et humain témoigne de la volonté de la commune de s’impliquer dans la structuration d’un tourisme ancré localement, capable de créer des passerelles entre éducation, culture et économie.

Tourisme
Josette Cinna (Martinique Terroir d'Excellence) - Nathalie Delattre - Emile Gonier - Catherine Rodap

Faire émerger des carrières durables et valorisantes

Catherine Rodap, présidente du MEDEF Martinique, a salué l’écoute accordée par la ministre aux réalités martiniquaises, bien au-delà d’une simple visite protocolaire. Elle a souligné combien chaque entreprise, chaque activité touristique repose avant tout sur des hommes et des femmes passionnés et compétents.

Elle a insisté sur le rôle clé de la formation, qui doit être experte, adaptée, mais aussi connue du grand public. Pour elle, il est essentiel de lutter contre les idées reçues et de montrer qu’il est non seulement possible, mais aussi valorisant de faire carrière dans les métiers du tourisme.

« L’excellence ne se décrète pas, elle se construit jour après jour », a-t-elle rappelé, appelant à renforcer les ponts entre le monde éducatif et le monde économique. Le MEDEF, a-t-elle assuré, continuera à s’impliquer pleinement dans cette dynamique collective.

Tourisme

Fabrice Di Geronimo, représentant de France Travail Martinique, a rappelé l’importance de rendre les métiers du tourisme plus visibles et accessibles. Il a notamment insisté sur la nécessité de sensibiliser les jeunes dès le collège, pour leur permettre de mieux comprendre les opportunités de ce secteur souvent méconnu. Dans un contexte de tension sur le marché de l’emploi, il a souligné que de nombreuses entreprises touristiques peinent à recruter, faute de profils formés ou informés. France Travail s’engage ainsi à proposer des dispositifs d’accompagnement adaptés, visant à rapprocher les publics éloignés de l’emploi des besoins concrets exprimés par les professionnels du secteur.

Tourisme

Deux parcours d’exception distingués par la médaille du tourisme

Moment fort de la matinée, la remise des médailles du tourisme est venue saluer l’engagement de deux personnalités dont le parcours incarne deux visions complémentaires du développement touristique en Martinique.

Françoise Riveti, directrice générale de l’Hôtel Bambou, s’est vue décerner la médaille de bronze pour avoir su transformer un hôtel familial en un complexe hôtelier de référence, tout en gardant une ligne claire : allier confort, qualité environnementale, accessibilité, et culture antillaise. Portée par une vision humaine et exigeante de l’hospitalité, elle incarne le renouveau de l’hôtellerie martiniquaise face à la concurrence régionale.

Hector Elisabeth, sociologue et ancien directeur de l’Agence Régionale de Développement Touristique de la Martinique (ARDTM), a reçu la médaille d’or. Visionnaire et stratège, il a œuvré pendant des décennies à inscrire le tourisme martiniquais dans une logique de développement intégré, en lien étroit avec l’identité locale, la formation, la structuration du secteur et l’émergence d’un tourisme interne accessible à tous. Son engagement a posé les fondations de ce qui deviendra le Comité Martiniquais du Tourisme.

À travers ces deux distinctions, c’est à la fois l’héritage et l’innovation, la stratégie et la gestion de terrain, la mémoire et l’adaptation, qui ont été mises à l’honneur. Un hommage rendu à des femmes et des hommes qui, par leur engagement, contribuent à bâtir un tourisme martiniquais plus résilient, plus responsable, et profondément ancré dans son territoire.

Tourisme
Françoise Riveti - Nathalie Delattre - Hector Elizabeth
Tourisme
Tourisme
Tourisme
Tourisme
Tourisme
Tourisme