Dans un contexte marqué par les tensions économiques, les transitions accélérées, la Martinique s’interroge sur sa capacité à rester attractive, crédible et désirable. Attractive pour les investisseurs, pour les entrepreneurs, pour les talents, mais aussi pour sa propre jeunesse, appelée à choisir entre partir, rester ou revenir.
C’est autour de ces enjeux que s’est tenue la troisième édition de La Rencontre du Monde Économique, organisée par le MEDEF Martinique. Une matinée de débats structurée en cinq panels, où élus, chefs d’entreprise, institutions, acteurs de la formation et jeunes ont confronté leurs visions d’un territoire à un moment charnière de sa transformation économique.
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Au fil des échanges, une conviction s’impose : l’attractivité ne se résume plus à des dispositifs fiscaux ou à des incitations ponctuelles. Elle se construit dans la durée, à l’intersection de la stabilité institutionnelle, de la qualité des infrastructures, de la connectivité aérienne et maritime, de la sécurité, de la capacité à produire localement… et surtout de la manière dont un territoire donne envie de s’y projeter.
De la compétitivité des entreprises à la transition énergétique, de l’intelligence artificielle à la formation des compétences, de la logistique au tourisme, cette Rencontre du Monde Économique a mis en lumière une question centrale : quelle Martinique voulons-nous rendre attractive, et pour qui ?
En ouverture de cette troisième édition, Catherine Rodap, présidente du MEDEF Martinique, a posé un cadre clair, à la fois politique et économique. Refusant toute posture de renoncement, elle a rappelé que la mobilisation des acteurs économiques traduisait une réalité forte : l’économie martiniquaise tient, mais au prix d’une résilience poussée à l’extrême. Une situation qu’elle juge intenable dans la durée.
Pour elle, la Martinique se trouve à un moment charnière, où les choix — ou les non-choix — pèseront durablement sur la compétitivité des entreprises, l’emploi, l’attractivité du territoire et la capacité de la jeunesse à s’y projeter.
« La résilience ne peut pas être un projet de société. »
Panel 1 – Regards institutionnels
Stabiliser et transformer l’économie martiniquaise
Ce premier panel donne le cadre politique et institutionnel de la Rencontre du Monde Économique 2025. Une séquence dense, parfois frontale, où les élus nationaux et territoriaux dressent un constat lucide : la Martinique dispose d’atouts différenciants dans son environnement caribéen, mais son développement reste freiné par l’instabilité des règles, la lourdeur administrative et un modèle économique arrivé à bout de souffle.
Pour Alexandre Ventadour, élu territorial et président de la commission Attractivité, Développement économique, Numérique et Tourisme, la Martinique conserve une singularité stratégique. Stabilité institutionnelle, dispositifs fiscaux, accès au financement et position géostratégique constituent encore des leviers d’investissement, à condition d’assumer un changement de paradigme. Le territoire ne peut plus se penser uniquement comme une extension économique de l’Hexagone, mais comme un espace capable de produire, d’exporter et de bâtir des souverainetés, notamment alimentaires.
« Être en Martinique en ce moment, c’est aussi être à l’endroit où on rebâtit un nouveau système économique. »— Alexandre Ventadour
La sénatrice Catherine Conconne introduit une tonalité plus critique, ancrée dans la réalité quotidienne des chefs d’entreprise. Elle pointe l’instabilité permanente des dispositifs économiques, en particulier LODEOM, et dénonce un décalage profond entre les discours institutionnels et les obstacles concrets rencontrés par les investisseurs. Si la Martinique bénéficie d’un État de droit sécurisant — un avantage comparatif réel dans la Caraïbe — elle souffre, selon elle, d’un excès de procédures, de lenteurs et d’un déni collectif face à l’ampleur des blocages.
« Sortons du déni et affrontons la réalité avec de vraies lunettes. »— Catherine Conconne
La députée Béatrice Bellay replace le débat dans un contexte budgétaire et macroéconomique contraint. Elle rappelle la fragilité des économies ultramarines face aux arbitrages de l’État et plaide pour une réforme structurelle des dispositifs existants, afin de les rendre plus lisibles et plus efficaces. Pour elle, la stabilisation de l’économie martiniquaise passe par une véritable planification, une meilleure intégration régionale et une remise en question des modèles économiques locaux, afin de créer des emplois mieux rémunérés et durables.
« Nos tissus économiques et sociaux sont fragiles. Ils méritent une attention particulière. »— Béatrice Bellay
Enfin, le député Giovanni William insiste sur la difficulté persistante à faire entendre les réalités martiniquaises au niveau national. Entre évolutions législatives permanentes et empilement normatif, les entreprises évoluent dans un climat d’incertitude peu propice à l’investissement. Il appelle à un véritable choc de simplification et à une adaptation plus fine des lois aux réalités économiques du territoire.
« Il faut un choc de simplification. On en parle depuis des années, mais on ne le fait pas. » — Giovanni William
Ce premier panel pose ainsi un socle clair : la transformation de l’économie martiniquaise ne pourra se faire sans stabilité, lisibilité et rupture assumée avec certains réflexes institutionnels. La question n’est plus seulement d’attirer l’investissement, mais de créer les conditions d’une valeur ajoutée durable, ancrée dans le territoire et ouverte sur la Caraïbe.
Panel 2 – Coûts structurels, LODEOM & fiscalité Outre-mer
Quelle stabilité pour 2026 ?
Ce deuxième panel entre dans le dur des réalités économiques martiniquaises : les coûts structurels, souvent invoqués mais rarement documentés avec autant de précision. D’emblée, le diagnostic posé est clair : l’insularité, la dépendance aux importations, la taille réduite du marché et la faible diversification productive constituent des handicaps durables, impossibles à effacer totalement, mais dont les effets peuvent être atténués par des choix ciblés.
Pour Patrick Croissandeau, directeur de l’IEDOM, ces contraintes ont des traductions très concrètes sur la compétitivité des entreprises. Besoins en fonds de roulement plus élevés, marges réduites, valeur ajoutée plus faible, coût du financement supérieur à l’Hexagone : l’économie martiniquaise supporte un surcoût systémique qui pèse sur la création de richesse.
« Nous importons près de 80 % de nos biens de consommation, ce qui alourdit durablement les coûts logistiques et financiers des entreprises. »
Face à ce constat, Sandra Casanova, Conseillère à l’Assemblée de Martinique. Présidente de la commission Stratégies logistiques du territoire – Politique de la recherche et de l’innovation, propose un changement de focale : penser la logistique comme un levier stratégique de transformation économique. Selon elle, la Martinique ne pourra devenir un territoire de production et d’exportation sans un cadre réglementaire adapté, notamment via la mise en place d’une zone franche douanière réellement opérationnelle, capable d’attirer des activités industrielles créatrices de valeur ajoutée.
« La logistique, c’est la politique industrielle silencieuse du développement économique. »Â
Du côté des entreprises, Guillaume Gallet de Saint Aurin, vice-président de la FEDOM et gérant de Sintorin, insiste sur un enjeu central : la stabilité fiscale. Après les menaces de rabot sur la LODEOM et l’aide fiscale à l’investissement outre-mer, la mobilisation collective a permis d’éviter un choc brutal pour les entreprises. Mais l’enjeu reste entier pour 2026 : sécuriser les dispositifs, mieux les encadrer et préserver les mécanismes favorisant l’innovation et la montée en gamme.
« Les rabots envisagés auraient été cataclysmiques pour nos territoires et pour l’emploi. »Â
Enfin, Franck Zameo, représentant de la Chambre de commerce et d’industrie de Martinique, rappelle que face à ces contraintes structurelles, l’accompagnement des entreprises est devenu un impératif quotidien. Export, logistique, performance, numérique, accès aux aides et prévention des difficultés : la CCIM se positionne comme un amortisseur économique, au plus près des réalités du terrain.
« En 2024, la CCI Martinique a accompagné plus de 300 entreprises à l’export et à la logistique export. »Â
Ce deuxième panel met ainsi en lumière un point clé : la compétitivité des entreprises martiniquaises ne se jouera ni sur le déni des contraintes structurelles, ni sur des dispositifs instables, mais sur des politiques lisibles, ciblées et pensées à long terme, capables de transformer ces handicaps en leviers de développement.
Panel 3 – Transformer les entreprises
Numérique, IA & transition énergétique
Ce troisième panel marque un basculement : celui des leviers de transformation opérationnels des entreprises martiniquaises. Numérique, intelligence artificielle et énergie ne sont plus des horizons lointains, mais des outils déjà à l’œuvre, même si leur appropriation reste inégale et parfois encore fragile.
Sur le volet numérique et IA, Chams Kora (directeur régional de FASFOX) souligne que l’intelligence artificielle est déjà massivement utilisée… mais souvent de manière isolée, non sécurisée et hors cadre stratégique. L’enjeu pour les entreprises n’est plus la découverte de l’IA générative, mais son intégration maîtrisée dans les processus métiers, à partir de données internes fiables, sans dépendance à des plateformes grand public.
« Aujourd’hui, l’usage est encore très individuel, parfois contre les directives de la hiérarchie, avec des outils qui posent des questions de souveraineté et de fiabilité. »
La transition énergétique s’impose ensuite comme un pilier stratégique, notamment pour l’industrie et la continuité économique du territoire. Pour Michel Yp-Tcha (directeur statégie et Transition de la SARA), la sécurité énergétique repose sur une combinaison de leviers : diversification des approvisionnements, capacité industrielle locale et adaptation à un environnement géopolitique instable. La transformation énergétique ne peut être dissociée des réalités économiques, des volumes de marché et de la nécessité de garantir l’accessibilité des coûts.
« L’énergie est stratégique pour nos territoires, et c’est cette capacité industrielle locale qui nous permet d’assurer la continuité d’approvisionnement. »
Enfin, le rôle du financement apparaît comme un accélérateur décisif. Franck Sannier rappelle que la transition énergétique est désormais intégrée au cœur de la stratégie bancaire. Diagnostics énergétiques, structuration de projets, financement des énergies renouvelables et accompagnement des entreprises dans la durée constituent les nouveaux standards du dialogue banque–entreprise.
« Le financement durable est devenu un pilier central de notre stratégie, avec une accélération très forte sur les énergies renouvelables. »Â
En complément de l’intervention de Franck Sannier, Rachida Anaïs, Directrice du Centre d’Affaires Entreprises BNP Paribas Antilles-Guyane, précise le rôle opérationnel des banques dans la transition énergétique des entreprises locales. Son intervention met en lumière un changement profond du métier de banquier, désormais pleinement intégré aux enjeux ESG, de performance énergétique et de transformation des modèles économiques.
« Aujourd’hui, notre rôle de banquier intègre pleinement les enjeux environnementaux, sociétaux et de gouvernance que rencontrent nos clients. »
Elle souligne notamment l’accompagnement des entreprises dans des projets concrets — photovoltaïque, autoconsommation, modernisation des outils de production, mobilité, traitement des déchets — avec des conditions de financement bonifiées, pensées comme un levier d’accélération de la transition énergétique et de compétitivité.
Ce panel met en lumière une réalité claire : la transformation des entreprises martiniquaises est déjà engagée, mais elle exige méthode, sécurisation et accompagnement. IA, énergie et finance ne sont efficaces que lorsqu’elles sont pensées ensemble, au service d’un modèle économique plus robuste, plus sobre et plus compétitif.
Panel 4 – Attractivité économique et touristique du territoir
Stabilité, connectivité et confiance : les fondations d’un récit caribéen crédible
Ce panel, sans doute le plus structurant de la Rencontre du Monde Économique 2025, aborde l’attractivité de la Martinique comme un système global : stabilité économique, qualité des services publics, connectivité aérienne et maritime, sécurité, infrastructures et image du territoire. Un fil rouge s’impose : sans confiance, il n’y a ni investissement durable, ni développement touristique crédible.
Pour Étienne Desplanques, représentant de l’État, l’année 2025 reste marquée par une conjoncture fragile, héritée notamment des tensions sociales de 2024. Dans ce contexte, l’État doit jouer un rôle clair de facteur de stabilité, condition indispensable à l’attractivité. Le préfet alerte également sur des fragilités structurelles majeures — eau, déchets, électricité — qui pèseront lourdement sur la capacité du territoire à attirer entreprises et investisseurs s’ils ne sont pas traités rapidement.
« Les chefs d’entreprise ont besoin de stabilité, surtout après une année 2024 marquée par une crise sociale de forte ampleur. »
La présidente du MEDEF Martinique, Catherine Rodap, prolonge cette analyse en appelant à sortir du pessimisme ambiant, sans nier les difficultés. Elle défend une lecture à 360° des dispositifs comme la LODEOM, rappelant qu’ils génèrent aussi de l’activité, de l’emploi et des recettes fiscales. Elle met également en lumière deux enjeux critiques pour l’attractivité : le risque de hausse massive des coûts énergétiques pour les entreprises et l’impact délétère du narcotrafic sur la confiance des partenaires économiques.
« L’attractivité réelle du territoire passe aussi par la neutralisation de cette économie parallèle. »
La question de la connectivité aérienne, pilier du tourisme et de l’ouverture régionale, est ensuite portée par Nathalie Sébastien. Elle rappelle que, pour un territoire insulaire, l’aérien n’est pas un confort mais une condition de développement. Depuis la crise Covid, la stratégie repose sur la diversification des marchés émetteurs et des destinations, avec une ouverture accrue vers l’Europe, l’Amérique du Nord et la Caraïbe.
« Pour un territoire comme le nôtre, le transport aérien est un levier stratégique de développement économique et touristique. »
Du point de vue des acteurs touristiques, Patrice Fabre insiste sur un paradoxe martiniquais : une destination aux atouts exceptionnels, mais pénalisée par une fréquentation trop saisonnière. Pour lui, l’enjeu n’est pas seulement l’aérien, mais la capacité collective à attirer des visiteurs toute l’année, condition de rentabilité des investissements hôteliers et de dynamisation de l’ensemble de l’écosystème local.
« Comment voulez-vous être rentables quand on est remplis quatre à cinq mois par an ? »Â
L’attractivité passe aussi par la mer. Philippe Rech replace la Martinique dans les flux logistiques caribéens et internationaux. La création du hub CMA CGM Antilles à l’horizon 2026, fruit d’un partenariat public-privé, doit permettre de renforcer la connectivité régionale, de fluidifier les échanges et de repositionner le territoire dans les chaînes logistiques mondiales.
« La région Caraïbe est dynamique et la connectivité maritime est une opportunité autant qu’un enjeu de compétitivité. »Â
Enfin, Jean-Marc Poullet rappelle que l’attractivité se joue aussi au sol. Désenclavement routier, résilience des réseaux essentiels, adaptation des infrastructures au changement climatique : autant de chantiers structurants pour améliorer la qualité de vie, réduire les coûts pour les entreprises et renforcer l’image du territoire.
« Les embouteillages ont un impact social, économique et commercial direct sur l’attractivité du territoire. »
Ce panel 4 révèle une évidence forte pour Richès Karayib : l’attractivité de la Martinique ne se décrète pas. Elle se construit à l’intersection de la stabilité institutionnelle, de la connectivité régionale, de la sécurité, de la qualité des infrastructures et d’un récit collectif assumé, capable de projeter le territoire dans son environnement caribéen et international.
Panel 5 – Jeunesse, compétences et transmission
Former, attirer, retenir : le capital humain au cœur de l’attractivité
Dernier temps fort de la Rencontre du Monde Économique 2025, ce panel recentre le débat sur un levier souvent présenté comme une contrainte, mais qui apparaît ici comme un facteur clé de transformation : le capital humain. Jeunes, compétences, formation, recrutement et transmission ne sont plus des sujets périphériques ; ils conditionnent directement la capacité de la Martinique à se projeter économiquement.
La parole donnée aux jeunes plante le décor sans détour. Léa Nicolas, lycéenne, exprime un attachement fort au territoire, tout en assumant le besoin de mobilité pour se former et gagner en expérience.
« J’aimerais continuer mes études à l’étranger et, si j’ai de bonnes opportunités, revenir travailler en Martinique, parce que c’est mon île. »
Son témoignage est complété par celui de Elison Jean-Marie Alphonsine, qui met en lumière une réalité souvent tue : l’accès à l’emploi existe, mais il exige sélectivité, exigences élevées et capacité à répondre aux attentes des entreprises.
« Il faut être à la hauteur des exigences du monde du travail. »Â
Du côté des institutions de l’emploi, Paul Eddy Paulin, directeur stratégie relation extérieur France-Travail Martinique rappelle que les difficultés de recrutement restent élevées, même si elles reculent légèrement. Au-delà des chiffres, il insiste sur un changement profond des attentes des jeunes, plus sensibles aux projets, aux valeurs et à la responsabilité sociétale des entreprises.
« Les jeunes ne se projettent plus forcément dans un CDI, mais dans un projet. »Â
Cette évolution est analysée plus structurellement par Yannick Decompois, qui démonte l’idée reçue d’un simple décalage formation–emploi. Vieillissement démographique, attractivité des métiers, pénibilité perçue et manque de structuration des filières expliquent en grande partie les tensions actuelles. Pour lui, les entreprises doivent devenir actrices de la formation, et non de simples consommatrices.
« Les entreprises ne peuvent pas se positionner uniquement comme consommatrices de la formation. Elles doivent en être des actrices. »Â
Sur le terrain, Audrey Florent, directrice du développement commercial de Skillfor Campus, illustre cette approche par des exemples concrets. Formations construites avec les entreprises, alternance, nouveaux métiers liés à l’IA, à la data, à la cybersécurité ou encore aux services à la personne : la formation devient un outil stratégique d’ancrage des compétences sur le territoire.
« L’objectif n’est pas de former pour former, mais de former utile, en réponse à des besoins identifiés. »Â
Enfin, Charles Larcher, président de la commission Éducation, Formation et Emploi du MEDEF Martinique, pose un diagnostic sans détour : chômage des jeunes élevé, méconnaissance des métiers, déficit de passerelles entre orientation, formation et entreprise. Il plaide pour une montée en puissance de l’apprentissage, y compris à des niveaux de qualification élevés, et pour une meilleure transmission des savoir-faire.
« Les jeunes ne rejettent pas l’entreprise, ils demandent des passerelles plus fortes entre la formation et le monde économique. »Â
Ce dernier panel agit comme une conclusion en soi : sans stratégie claire sur les compétences, la transmission et l’intégration des jeunes, aucune politique d’attractivité — économique, touristique ou industrielle — ne peut tenir dans la durée. Pour la Martinique, l’enjeu n’est pas seulement de former, mais de donner envie de rester, de revenir et de s’engager.
L’attractivité comme responsabilité collective
Au terme de cette troisième édition de La Rencontre du Monde Économique, une certitude s’impose : l’attractivité de la Martinique ne se résume ni à un slogan, ni à un dispositif isolé. Elle est le résultat d’un équilibre fragile entre stabilité, lisibilité des règles, qualité des infrastructures, capacité à produire localement, ouverture régionale et confiance collective. Une construction patiente, exigeante, qui engage autant les entreprises que les institutions publiques.
Des débats sur les coûts structurels à ceux sur la transition énergétique, de l’intelligence artificielle à la connectivité aérienne et maritime, de la compétitivité des entreprises à la formation des compétences, chaque panel a rappelé que les trajectoires économiques ne se décrètent pas. Elles se construisent par des choix cohérents, assumés dans le temps, et par une vision capable d’embarquer les forces vives du territoire.
La question de la jeunesse, omniprésente tout au long de la matinée, en est sans doute le révélateur le plus fort. Former, attirer, retenir, mais aussi donner envie de revenir : l’attractivité humaine conditionne désormais l’attractivité économique. Un territoire qui ne propose pas de perspectives crédibles à sa jeunesse fragilise durablement son avenir.
À travers cette Rencontre, le MEDEF Martinique a posé un cadre clair : celui d’une économie qui refuse le renoncement, mais qui ne peut plus se contenter de résilience. L’enjeu est désormais de transformer l’endurance en projet collectif, et de faire de l’attractivité non pas un objectif abstrait, mais une responsabilité partagée, inscrite dans la durée et ouverte sur la Grande Caraïbe.
FAQ
La Rencontre du Monde Économique est un événement annuel organisé par le MEDEF Martinique. Il réunit chefs d’entreprise, représentants de l’État, élus et acteurs de la formation afin d’échanger sur les grands enjeux économiques du territoire et d’identifier des leviers concrets de transformation.
Cette troisième édition du MEDEF Martinique a porté sur plusieurs axes majeurs : la stabilité économique et institutionnelle, les coûts structurels et la fiscalité Outre-mer, la transformation des entreprises (numérique, IA, transition énergétique), l’attractivité économique et touristique, ainsi que la jeunesse, les compétences et la transmission.
Parce qu’elle permet au MEDEF et à l’ensemble des acteurs économiques et institutionnels de confronter les réalités du terrain, de poser les limites des dispositifs actuels et de réfléchir collectivement à des solutions durables pour renforcer l’attractivité, la compétitivité et l’emploi en Martinique.